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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 19:51

indic 6C’est avec un mois de retard que je vous informe ou rappelle la sortie du numéro 6 de l’Indic. Cette revue consacrée au polar est éditée par l’association Fondu au noir. Elle comporte des interviews, des critiques et un dossier. Le dossier de ce trimestre est l’homme et le femme dans le polar, sujet vaste qui mériterait une suite à mon avis, tant il y a à dire. Vous pouvez contacter l’association par mail à l’adresse suivante :

fonduaunoir44[AT]gmail[POINT]com

ou par courrier à

Fondu Au Noir
27 rue Anatole Le Braz
44000 NANTES

Le sommaire du numéro 6 est le suivant :

Dossier "L'image de l'homme et de la femme dans le polar"
Interrogatoires : Adlène Meddi et Eric Maneval
Eclats : Bastons sous-marines et matassinades dans le roman d'espionnage

On connaît la chanson : Sale Rengaine,
La musique adoucit les moeurs : Quatuors pour Lovecraft 
Scoop : Discussion avec Renaud Marhic

Dernière séance : Qui a tué Baby Jane ?
Verdict :

Shopping ! Bang Bang ! - Jean Marc Flahaut et Daniel Labedan,

À travers temps - RC Wilson (par Emeric Cloche)

Eboueur sur échafaud - Abdel Hafed Benotman,

Un nageur en plein ciel - Lorent

Classe dangereuse - Patrick Grenier de Lassagne

Minuit Privé - Kris Saknussemm

King Kong Théorie - Virginie Despentes
Affaires classées : Jean-François Vilar

 

Maintenant, une information reçue par mail qui ravira tous les fans de Deon Meyer. Une interview de cet auteur est disponible sur le site Cercle Points (www.lecerclepoints.com) à l’adresse suivante. Cette interview ne fait que démontrer que j’ai tort de ne jamais avoir pris le temps de lire un roman de Deon Meyer. Mais cela ne saurait tarder.

 

Enfin, une info ... limite personnelle. L'un des premiers fans de Black Novel vient de réaliser son premier album de musique. Auto-écrit, auto-produit, auto-réalisé, auto-vendu. Le genre, c'est du rap d'ambiance à texte (bon, j'aime tous les tyles, donc ...). Si vous voulez écouter un morceau, c'est là : link.

Si vous voulez acheter ce monument (j'en fais un peu trop, non ?), le contact est sur www.airone-production.com; ça coûte 10 euros avec 2 euros de port. Ce n'est pas cher !


A bientôt

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 11:38

Allez ! moi aussi j'ai besoin de vacances !

Donc, je vais m'absenter pendant 3 semaines.

Mais comme j'ai bien travaillé, j'ai décidé d'essayer la programmation d'articles.

De cette façon, vous aurez des artciles pendant mon absence.

Le seul inconvénient, c'est que vous n'aurez pas de réponses à vos commentaires.

Je vous souhaite du fond du coeur de très bonnes vacances, et surtout n'oubliez pas : Lisez !

En ce qui me concerne, je pars sans ordinateur mais avec 6 livres.

Chut ! Vous saurez tout à mon retour.

A bientôt

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Published by Pierre faverolle - dans 2010
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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 18:53

Et qu'advienne le chaos

L’un des sites que je visite souvent, Entre deux noirs pour ne pas le citer, en a fait son coup de cœur deux mois de suite. Vous croyez que l’on peut résister à cette tentation ? Moi pas ! Et il faut dire que le titre est tout bonnement génial. Alors voilà de quoi ça parle.

Des phénomènes bizarres ont lieu en différents lieux du monde. Un homme qui voyage en avion, sort des toilettes et s’aperçoit que tout le monde a disparu, pilotes compris. Une femme qui voyageait dans le métro londonien se rend compte que les rames se sont vidées d’une station à une autre. La femme de ménage qui travaille chez Biométrics se retrouve seule sans se rendre compte qu’elle est dans le hall surpeuplé de la société.

Mikael Korta est un éminent chercheur qui travaille chez Biometrics, une société qui stocke et gère les empreintes génétiques des criminels pour le gouvernement américain. C’est un être génial comme l’a pu être Einstein. Il a son travail officiel, et en douce, il travaille à sa dernière découverte : les calques. Cela lui permettrait d’être enfin le seul être au monde. Korta a, petit à petit, nourri sa maladie mentale, de son enfance en se coupant les veines en voulant découper un ver de terre jusqu’à son agoraphobie extrême qui le pousse à foncer en voiture sur des squares d’enfants pour démolir les jeux. Il a trouvé un moyen d’isoler / trier les gens par leur iris.

Il est en contact avec April, une jeune chercheuse anglaise qui travaille sur le même sujet. April a peur que les fonds gouvernementaux britanniques pour ses recherches ne soient coupés. Alors qu’elle vit dans une certaine instabilité professionnelle, elle parvient à aboutir sur ses études de l’iris grâce à un coup de téléphone avec Korta. Son entretien avec un jeune avocat des causes perdues nommé Vincent la confirme sur le fait qu’elle est capable d’isoler des gens d’un même calque. Mais, elle nourrit quelques doutes sur l’utilisation potentielle de ces trouvailles.

Un dernier mot sur cette découverte : Tout le monde est classable via leur iris qui peuvent être répertoriés en catégories appelées calque. Chaque calque peut contenir jusqu’à 99 personnes. Il s’agit d’un calque dans le temps, et quand on superpose les calques, on retrouve le monde tel que nous le vivons. Il est possible d’isoler un calque et cela seulement durant 9999 secondes. Pendant ce laps de temps, ces personnes ne voient que les gens appartenant à leur propre calque.

J’ai mis un peu de temps à entrer dans ce roman, surtout à cause de la galerie de personnages et par le style assez déconcertant. Mais, une fois pris dans l’engrenage, on ne peut plus en sortir. Car il faut bien se rendre à l’évidence que ce roman, entre son analyse psychologique des personnages et l’intrigue qui flirte avec la science fiction ou l’anticipation a pour lui d’être bigrement original. Et ça en devient même flippant par moments.

L’originalité vient aussi de la façon de mener l’intrigue, avec un chapitre par personnage, l’histoire avance doucement. Le rythme est plutôt lent, mais le style coupé, acéré, brutal rend tout cela très angoissant. Malgré ces phrases courtes, l’ensemble reste très explicite, mais je conseillerais plutôt de lire ce livre rapidement pour rester dans l’histoire, ce que je n’ai pas fait au début pour des raisons personnelles (trop de boulot !)

J’ai trouvé ce livre angoissant, étouffant, oppressant, mais bigrement attachant. Ce fut pour moi une bonne découverte d’un auteur sacrément particulier par le sujet, par sa façon de mener son histoire et par son style définitivement personnel. Car l’auteur est allé au bout de son œuvre sans concession, ni dans sa façon de mener son histoire, ni dans son style. On retrouve dans ce roman complexe et foisonnant l’opposition entre un savant fou et des personnages humains voire humanistes. Le seul conseil que je donnerais, c’est qu’il faut lire la première moitié du livre d’une traite pour entrer dans l’histoire et être aspiré par la spirale infernale de l’intrigue. Hadrien Klent a réussi un sacré roman chaudement recommandé pour tous ceux qui aiment les livres au sujet original traité de façon très personnelle. Un OVNI .

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 19:22

faux semblantsVoilà une curiosité, parue en fin d’année dernière. Son auteur m’a contacté directement pour me proposer son livre et lui dire ce que j’en pense. Et cela donne un polar très intéressant. En voici donc le début de l’intrigue :

Marseille, aujourd’hui. Le commissaire Lébovitch est tout juste sorti de l’école et se retrouve à la tête d’une petite équipe dont le commandant Marquez et les lieutenants Vidal et Mariani. Depuis cette loi voulant limiter les corruptions dans la police, les commissaires changent de lieu géographique tous les deux ans. Lébovitch se retrouve donc en terrain inconnu à Marseille, au milieu d’une équipe qui fait son travail et finit sa journée au bar pour l’apéritif à écouter les blagues sexistes et homophobes de Marquez, le bout en train du groupe.

Dans un petit hotel sordide qui sert aux prostitués masculins, on retrouve un homme de 55 ans qui a été assassiné d’horrible manière. Il a d’abord été assommé, avant d’être éviscéré et sodomisé à l’aide d’un gourdin on d’un objet y ressemblant. Il s’agirait d’un client venant profiter de rencontres sexuelles masculines. Alors, dans le quartier, c’est la panique : tous les prostitués pensent que c’est à eux qu’on en veut et non à leurs clients, comme le confirme Galinette, un travesti lors de son entretien avec le commissaire Lébovitch.

Lébovitch, persuadé qu’il a affaire à un psychopathe ou du moins à un malade mental, se renseigne auprès des institutions psychiatriques puis auprès des psychiatres. Mais tous lui opposent le secret médical. Tous sauf une : Marie-Claire Savy. Un de ses patients en analyse, Benjamin Reynaud, est un prostitué travesti. Il a toujours été obsédé par le sexe masculin comme un signe de virilité. De fellations en rencontres sexuelles, il en vient à se prostituer puis à se travestir. Cette spirale de l’enfer équivaut pour lui à un suicide, qu’il a déjà essayer de faire durant son adolescence chaotique.

Bientôt, un deuxième meurtre similaire au précédent survient. Il a lieu dans un petit hôtel, l’hôtel Horizon. Là aussi, les prostitués et leurs clients prennent une chambre pour leurs ébats. Là aussi, le client a le ventre ouvert et a subi une sodomie post-mortem. Mais l’interrogatoire du veilleur de nuit arabe ne les aide pas beaucoup. Plus l’enquête avance, plus les coupables en puissance sont nombreux, plus les notables sont impliqués, plus les pistes se multiplient.

Voilà une bonne surprise avec ce premier roman. Il y a d'abord les personnages fort bien dessinés par leurs actes, sans effet de style inutile. L'oppositon vieux flic / jeune flic est certes classique. Mais quand on y ajoute une psychologie opposée, cela donne une facette d'autant plus intéressante. On se retrouve avec un vieux flic en apparence homophobe qui succombe à la chair homosexuelle et un jeune flic obsédé par son boulot et aveuglé par ses convictions, se demandant comment s'y prendre, perdu dans son travail et dans sa sexualité.

Il y a un style aussi, tendu, court, tranchant qui étonne au premier abord mais auquel on s'habitue rapidement. Et avec cela, Guillaume Fortin a un sens des dialogues qui est superbe, et qui fait avancer l'histoire. Car il ne faut pas chercher de grandes descriptions, tout avance surtout grace aux situations et aux oppositions (interrogatoires) des protagonistes. Et malgré le sujet sanglant, les scènes de crimes ne sont pas mises en évidence de façon outrageante, il faut juste signaler que les scènes de sexe, elles sont explicites. Donc c'est tout de même un livre à ne pas mettre entre toutes les mains.

Enfin, plus le livre avance et plus les pistes se multiplient, à tel point que pendant un moment j'avais compris de quoi il retrounait et que soudain, toutes mes certitudes étaient balayées en quelques paragraphes. C'est très plaisant pour le lecteur d'être manipulé même si j'ai trouvé le livre un peu court. Pour finir, l'exemplaire que j'ai eu entre les mains comportaient par moment de nombreuses fautes d'orthographe ou de frappe. J'espère que cela a été corrigé car cela m'a vraiment gêné. Une bonne découverte d'un premier roman dont j'espère qu'il sera suivi par de nombreux autres.

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 19:23

3 accidents et 1 suicideC’est la quatrième de couverture qui m’a attiré. Cette histoire de tueur, narré à la première personne, avec une bonne dose d’humour noir et de cynisme avait tout pour me plaire. En voici donc l’histoire.

 

Gerard Quinn dit Gerd Quinn est un tueur professionnel, ou plutôt un organisateur de meurtres. Après un court passage à l’IRA en réaction à la mort de son père tué par l’armée britannique, il a décidé de se mettre au service du caïd local de Dublin Paddy Toner. Son travail a consisté d’abord à aider Paddy à se débarrasser des anciens bandes de truands, puis il est devenu le bras armé de Paddy pour réaliser des arnaques dont ils sont tous les deux friands, pas pour l’argent mais pour le plaisir de passer entre les mailles de la police et de la presse.

Gerd vit donc comme n’importe quel homme d’affaires, avec une vie de famille normale et une femme et des enfants. Il organise les coups et les fait réaliser de façon à ce que personne ne sache que c’est lui qui réalise les basses besognes. De l’extérieur, c’est un homme normal sans problèmes. Il part le matin en costume avec sa petite serviette et rentre le soir après une journée de travail, travail qui consiste à préparer une arnaque ou un meurtre pendant plusieurs semaines s’il le faut, en construisant un scénario, en analysant les différentes possibilités et en ayant toujours une possibilité pour s’en sortir si la police ne croit pas à son scénario. Seule sa vie de famille bat de l’aile. Sinead sa femme est partie après qu’on lui ait dit Que Gerd la trompait. Elle part avec ses deux fils et demande le divorce.

Jimmy Byrne propose à Paddy une nouvelle affaire. Jimmy est un raté qui a réussi à épouser Carol Hasset, la fille de Tom Hasset, propriétaire millionnaire des entreprises immobilières Hasset. Tom est âgé maintenant et se retire petit à petit des affaires en laissant la gérance de son entreprise à Jimmy. D’autant plus que sa femme Bridie est atteinte de la maladie de Parkinson. Jimmy ne veut pas attendre. Il demande donc de supprimer les parents Hasset et leur deux filles Annie et Carol. Gerd va donc mettre en œuvre toute son ingéniosité et sa créativité pour inventer trois accidents et le suicide de Carol. Il ne reste plus qu’à exécuter son scénario, avec son comparse Kevin Maguire (qui ne connaît pas l’existence de Gerd, d’ailleurs) mais le temps presse car les époux Hasset ont prévu de faire un tour du monde avant que la mère ne soit trop malade.

C’est un drôle de personnage auquel on adroit dans ce thriller. Un personnage qui est obsédé par deux choses : la première est de ne pas aller en prison, la deuxième est de réaliser le meurtre parfait. Alors, c’est un homme qui vit dans l’ombre d’un caïd, agissant comme un organisateur des basses œuvres, en ayant sa main d’oeuvre (un tueur) qui ne le connaît pas. Tout est organisé pour qu’il n’apparaisse jamais au devant de la scène.

Ce personnage est très bien décrit grâce à la narration à la première personne, avec ses problèmes personnels et ses problèmes professionnels. On croirait lire la biographie d’un business man standard, à la différence près que son domaine de prédilection c’est le crime. Et la lecture en est particulièrement agréable grâce à l’humour noir, au cynisme du personnage. J’ai lu la plupart du bouquin le sourire aux lèvres, avec parfois quelques grincements mais cela est parfaitement voulu par l’auteur. Ajoutez à cela une intrigue qui se déroule facilement, et vous aurez un livre fort distrayant.

Manquent peut être à ce livre un peu plus d’ambiance (mais c’est probablement voulu là aussi par l’auteur, en montrant que la seule chose qui intéresse Gerd, c’est le meurtre parfait) et un peu plus de sobriété (j’ai trouvé par moments le livre un peu bavard). Mais ce fut une bonne découverte d’un auteur menant une intrigue de qualité et originale sans temps mort, qui tient uniquement sur la force de son personnage. Un beau challenge d’humour noir fort réussi.

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 19:24

usurpéQuoi de mieux qu’un bon thriller à lire pendant l’été. On s’installe tranquillement dans un fauteuil ou sur un banc, on se laisse porter par les aventures du livre, oubliant ce qui se passe autour, et on tourne les pages une par une en oubliant le temps qui passe. Et bien voilà un très bon candidat pour vous accompagner cet été.

Thomas Eckelton se réveille un matin en plein milieu d’un bidonville qui lui est totalement inconnu. Il s’aperçoit qu’il est en fait à Bogotà et il n’a aucune idée de comment il est arrivé là. Tout ce dont il se souvient, c’est que samedi, il était sur son yacht à siroter un cocktail et que mardi il se retrouve dans la ville la plus dangereuse au monde.

Thomas Eckelton est le PDG d’une des start-up qui est vouée à un grand succès, Purple Incorporation. Il est l’inventeur d’un des meilleurs moteurs de recherche sur internet. Au fond d’une poche, il trouve un billet de 20 dollars. Cela lui permet de rejoindre l’ambassade des Etats-Unis. N’ayant que sa bonne foi pour lui, Thomas n’est pas cru par le responsable des ressortissants, Edward Tender. Mais celui-ci promet de se renseigner.

Thomas rejoint donc un hôtel miteux pour y passer la nuit. Thomas s’aperçoit en se regardant dans la glace, que ce n’est pas son visage. Pendant ce temps là, Tender récupère une photographie du Times et les empreintes digitales du disparu. Evidemment, rien ne correspond. Le lendemain, Tender refuse à Thomas toute aide.

Aux Etats-Unis, la police puis le FBI ont tous conclu à une mort accidentelle. Mais Hannah, la compagne de Thomas reçoit une demande de rançon de 10 millions de dollars. Le FBI enquête donc grâce à ses deux inspecteurs Frank Anderson et Sonny Raynes. Frank est passionné par son métier depuis que sa femme a disparu et qu’elle a été retrouvée morte. Sonny est un transfuge de la brigade des stupéfiants et plus brutal, plus speedé.

Lors de l’enquête, ils s’aperçoivent que la vie et l’avenir de Thomas Eckelton est moins rose que prévue. Certes, son entreprise marche très bien, mais elle est sur le point soit d’entrer en bourse, soit d’être rachetée par Techsystème. Sa femme Carole est toujours amoureuse de lui mais ne lui pardonne pas de l’avoir (dé) laissée pour son travail, Hannah joue la comédie et semble surtout intéressée par l’argent. Thomas et le FBI, chacun de leur coté, vont essayer de démêler cette pelote de laine.

La première chose que je me suis dite en ouvrant ce bouquin, c’est que Laurent Terry s’était bien compliqué les choses. Partir d’un héros que l’on défigure, dont on change les empreintes digitales et que l’on place en Colombie, quel défi ! Et c’est un défi fort bien relevé.

Car j’ai trouvé toutes les qualités d’un très bon thriller : Des chapitres courts avec un style fluide, un héros (en fait il y en a plusieurs) et des personnages réalistes, une intrigue bien menée et avec logique, un suspense bien entretenu avec des dénouements et des nouveautés savamment parsemées. Clairement, ce livre comporte toutes les qualités d’un très bon page-turner comme ils disent de l’autre coté de l’Atlantique.

Je peux même ajouter que, arrivé vers la page 200, j’ai préféré lire ce livre que de dormir. Ce qui fait que les nuits sont courtes, car le réveil, lui, est impitoyable. Car si le rythme est plutôt lent au début, tout d’un coup, dès que Thomas rentre aux Etats-Unis, le rythme s’accélère et c’est réellement difficile de le lâcher. Et tout le talent de Laurent Terry tient dans sa façon de mener et diriger son intrigue que dans sa construction qui elle est assez classique, passant un chapitre pour chaque protagoniste principal.

Je me rappelle avoir lu dans un blog sur une critique de thriller français que le blogueur en question préférait définitivement les romans américains et que l’on ne savait pas faire ce genre de roman en France. Eh bien, détrompez vous ! Usurpé démontre que, en France, on est capable de faire de très bon thrillers et celui est un excellent divertissement pour l’été qui s’annonce.

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 19:22

chambre 26

De la maison d'édition Les Allusifs, je connaissais les aventures de Morgado de Gabriel Trujillo Muñoz mais je ne savais pas qu’il y avait d’autres auteurs édités dans cette collection ¾ polar. Il aura fallu un commentaire de Michel pour que je m’intéresse à ce Chambre 26.

L’action se déroule à Paris, le 25 octobre 2008, à l’hôtel Saint André des Arts. Le corps d’un homme est retrouvé dans la baignoire de la chambre 26. La porte de l’hôtel et la porte de la chambre sont ouvertes. Le corps a été découvert car la baignoire commençait à goutter et de l’eau tombait sur le comptoir de la réception.

L’homme est un inconnu. Tout ce que l’on sait de lui, c’est qu’il possède deux chiens, Masa et Dasa. Immédiatement, une dame qui séjourne souvent dans l’hôtel se propose d’adopter les deux chiennes. Elle s’appelle Maya Ney, est polonaise, et semble savoir des choses.

Patrick Vernier, jeune inspecteur de la police criminelle, mène l’enquête et retrouve l’identité de la victime : Josephy Hlavatsy. Celui-ci est originaire de la république tchèque et fait la manche à Paris, vivant de la bonté des passants. Les différentes recherches l’amènent vers ce qui s’est passé derrière le rideau de fer vingt années auparavant.

C’est une vraie belle découverte que ce livre, à mi chemin entre roman policier et grande littérature. Les personnages sont très bien décrits, les situations efficacement explicites et l’histoire poignante à souhait. La description des petites gens et de leur vie derrière le rideau de fer m’a réellement touché, entre ceux qui luttent pour survivre et ceux qui profitent du système.

Vous allez me dire que tout ça, c’est du très classique. Certes, mais quand on prend un plaisir fou à chaque phrase, que tout y est d’une fluidité et d’une simplicité qui frise le génie sans que l’on ressente le travail de l’auteur, on peut se dire que  l’on tient une auteure de qualité. Sur une trame classique de vengeance et de rancune mesquine mais néanmoins mortelle. Et puis, il ya le personnage de Maya, tellement humain mais malheureusement seulement esquissé.

Alors pourquoi n’est-ce pas un coup de cœur ? Parce que ce roman est court, trop court, bien trop court. Et ça ne nuit pas à l’ensemble du roman qui est très cohérent, loin de là. J’ai plutôt trouvé cela frustrant. Le livre aurait fait 200 pages de plus, il aurait été un pur chef d’œuvre. Malgré cela, ce roman est fortement recommandé pour le musicalité de la langue qu’il déploie. Ce n'est pas un gros diamant, c'est un petit bijou.

Pour être tout à fait honnête, ma femme n'a pas aimé. Elle préfère les livres avec un peu plus de rythme, et celui là est plutôt une enquête. Chacun ses goûts, n'est-ce pas ?

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 18:43

chat sauvage en chute libre

Attention, coup de cœur ! Ce roman a été chaudement recommandé par Claude le Nocher . Et comme je suis d’une nature curieuse, je me suis jeté dessus. Comme c’est un roman australien, cela me permet aussi de finir mon Défi pour la littérature policière des cinq continents.

Le narrateur dont on ne connaîtra pas le nom est en prison pour une peine de dix huit mois. Il a dix neuf ans, est un métis, moitié aborigène moitié blanc, et va bientôt sortir. Il sort mais sait très bien qu’il va retourner en prison, alors il va déambuler en ville, et, au gré de ses rencontres va se rappeler les événements passés qui ont forgé sa vie, sa personnalité.

Tout petit, le narrateur a été un enfant modèle, appliquant à la lettre ce que sa mère lui demandait de faire. C’est un métis, né d’une femme aborigène et d’un homme blanc. Sa mère lui a dit de toujours fréquenter les blancs, de se comporter comme un blanc, de toujours être un blanc. Car c’est la seule solution pour bien réussir sa vie.

Lui a mal interprété ce message, et dès l’age de neuf ans, il vole des vêtements et de l’argent pour que sa mère soit la plus belle. C’est son premier séjour en maison de correction. Il cherche à s’enfuir, est repris et entre tout doucement dans une spirale infernale où on ne lui donne pas de travail et où le vol devient un moyen de subsistance.

Je ne voudrais pas dévoiler l’intrigue de ce livre tant c’est touchant et moderne. Ecrit en 1965, on croirait lire un roman contemporain tant tout y est subtil, intelligent, suggéré, vrai, réaliste, avec une vraie réflexion sur les peuples dont le rêve est de vivre et qui cherchent à atteindre un rêve que les blancs ne veulent pas partager.

Ce personnage est fort à un point qu’on vit tout ce qu’il traverse, on entre sans problèmes dans sa logique et on finit par comprendre sa démarche pour conduire sa vie. Et il en va de sa relation avec sa mère, avec les filles qu’il rencontre, avec ses anciens amis, avec sa famille. C’est un être qu’on a éduqué avec des règles qui ne sont pas les siennes, et qui s’est brûlé les ailes à vouloir un bonheur qui, dès le départ, lui était interdit.

Vous l’aurez compris, ce livre est une visite d’une ville d’Australie, parsemée de flash back pour mieux comprendre son parcours. L’auteur utilise la passage de la première à la troisième personne du singulier, non pas pour passer du présent au passé mais pour montrer que le narrateur prend du recul par rapport à ce qu’il était, par rapport à ce qu’on lui a appris.

C’est indéniablement un roman fort, avec peu de sentiments, mais avec une psychologie et une narration impeccables. Sur une intrigue simple, Mudrooroo nous tisse un roman profond dans un style limpide et intemporel. Et à la question : est-ce qu’un chat sauvage en chute libre retombe sur ses pattes ? La réponse est non. C’était écrit, c’était son destin. C’est un coup de cœur de Black Novel. Un superbe roman noir comme je les aime.

Et comme je l'ai dit plus haut, ce superbe roman constitue mon dernier roman pour le défi de la littérature policière des 5 continents, dont vous pouvez lire les articles .

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 19:04

Bon, non, je ne pars pas en vacances, du moins pas encore. Mais je sais que plein de gens partent au mois de juillet. Alors c'est l'occasion pour moi de souhaiter aux juillettistes de bonnes, d'excellentes vacances, au soleil ou ailleurs.

C'est aussi l'occasion de vous rappeler les livres que j'ai aimés pour que vous partiez en bonne compagnie et que vous me disiez ce que vous en avez pensé à votre retour.

Alors on va commencer par les coups de coeur de ce premier semestre 2010, qui sont au nombre de quatre. Ce sont :

Underworld USA de James Ellroy (Rivages Thriller)

Bien connu des services de police de Dominique Manotti (Série Noire)

Une histoire d’amour radioactive d’Antoine Chainas (Gallimard Série noire)

Les derniers jours d'un homme de Pascal Dessaint (Rivages)

Et puis, il y a ceux qui ne sont pas passés loin du coup de coeur.

Dans la catégorie "Besoin de fraicheur" :  Hypothermie d’Analdur Indridason (Métallié)

Dans la catégorie "Vacances en pleine nature" : Casco bay de William G. Tapply (Gallmeister) 

Dans la catégorie "Besoin d'un avocat sympa" : Les raisons du doute de Gianrico Carofiglio (Seuil Policiers)

Dans la catégorie "Pas besoin de vacances" : Cadres noirs de Pierre Lemaitre (Calmann Levy)

Dans la catégorie "Vacances en province" : Surhumain de Thierry brun (Nuit Blanche-Plon) ou  Le fils des brulés de Laurent Brard (Plon)

Dans la catégorie "Vacances religieuses" : L'évangile du billet vert de Larry Beinhart (Série Noire)

Dans la catégorie "Vacances aux Etats Unis" :  Sans laisser de trace de Joseph Finder (Albin Michel)

Dans la catégorie "Vacances scandinaves" : Hiver de Mons Kallentoft (Le serpent à plumes)

Dans la catégorie "Tour d'Europe chez les espions" : L’issue de Olen Steinhauer (Liana Levi)


Enfin, n'oubliez pas mes 2 Hors Catégorie, Brooklyn requiem de Ken Bruen (Fayard Noir) et La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino (Actes Sud)

 

De toutes façons, je vous souhaite de bonnes vacances et n'oubliez pas le principal : Lisez !

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 19:21

heureux au jeuHonte à moi ! Je suis allé sur internet, et je me suis aperçu que Lawrence Block faisait partie des plus auteurs de romans noirs, à l'instar du très regretté Donald Westlake. Et je n'en avais jamais entendu parler ! Eh bien, c'est maintenant chose faite, avec Heureux au jeu.

William Maynard est un tricheur professionnel, plutôt spécialisé dans les jeux de cartes. Il a commencé sa carrière à Chicago. Il était magicien, mais pas un grand magicien, plutôt un amateur éclairé qui aurait fini sa carrière dans un cabaret miteux. Pour les beaux yeux de sa partenaire, il accepte une proposition qu'on lui fait d'apprendre à tricher.

En quelques semaines, ses tours de passe-passe sont au point, et il se lance dans le grand jeu, au service de celui qui l'a initié. Puis, petit à petit, l'oiseau prend son envol et il se met "à son compte". Un soir, il est démasqué et il est tabassé, y perd deux dents, y gagne un pouce déboité,  et on lui demande de quitter la ville. Il décide donc de partir pour New York.

En route il s'arrête dans une petite ville où il en profite pour se faire refaire les deux dents qui lui manquent chez le docteur Seymour Daniels. Ils sympathisent et celui-ci lui propose une partie de poker avec des amis. Maynard n'a jamais su refuser quoi que ce soit, il accepte. Il a donc renddez vous chez un avocat Murray Rogers. 

Vraisemblablement, ce sont des amateurs et ils ne s'aperçoivent pas de la triche. Il gagne beaucoup d'argent. Toute cette petite mécanique déraille quand il rencontre Joyce Rogers, la femme de Murray. Elle voit bien qu'il triche, le fait savoir à Maynard en langage codé mais ne dit rien aux autres. Maynard n'a jamais résister aux belles femmes. Malgré cela, il ne fait rien.

C'est Joyce qui fait le premier pas. Elle lui rend visite à son hôtel, et lui explique qu'elle n'aime pas son mari, qu'elle l'a épousé pour l'argent, et que le contrat de mariage ne lui octroie rien si Murray meurt car tout revient à ses filles. Elle lui demande de trouver une solution pour récupérer l'argent (et elle par la même occasion). Maynard n'a jamais su dire non.

Au début, je n'ai pas fait atention à la date de publication de ce livre. Petit à petit, j'y ai ressenti un décalage, par les habitudes des personnages. Après vérification, l'action se situe dans les années 60 et le livre a été édité en 1964. A l'époque, les hôtels minables avaient quand même des gardiens et on avait le droit de fumer où on voulait. Donc, si vous commencez ce livre, ça se situe dans les années 60.

C'est à un beau personnage auquel on a droit. Escroc de profession, il lui reste quelques réminiscences de vivre une vie normale. Et c'est ce dilemme que nous décrit Lawrence Block au travers de cette histoire classique avec tous les poncifs du genre : Un escroc, des pigeons à plumer, une belle blonde fatale et le tour (de magie est joué).

Oui, mais ce livre va un peu plus loin. D'abord ce personnage de Maynard, ni bon ni mauvais, auquel on ne s'identifie pas, est un homme qui hésite. Sauf quand il s'agit de tricher, et il le fait tout le temps, Maynard ne sait pas s'il doit choisir l'escroquerie ou une vie normale d'agent d'assurances, s'il doit choisir la blonde fatale incendiaire ou la blonde calme. Et comme souvent dans ces cas, il se trompe, prend la rue à contre-sens pour son malheur.

Un bon roman noir donc, qui ne se démarquerait pas des autres s'il n'y avait ce style si pur, si simple (en apparence), s'il n'y avait cette narration si logique, s'il n'y avait pas cette qualité qu'ont les grands auteurs de raconter une histoire simple en donnant autant de plaisir au lecteur. Je l'ai avalé en deux jours, c'est vous dire, pour un bon moment de divertissement.

A noter que Keller en cavale vient de sortir au Seuil Policier et que je sais ce que je vais acheter dans les jours qui viennent.

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Published by Pierre faverolle - dans 2010
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