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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 17:43

Soldats aube 1Il était temps que je lise un roman de Deon Meyer. L’occasion était trop bonne de commencer par Les soldats de l’aube lors de sa ressortie en poche dans la collection Points2. Et c’est génial !

Johannesburg, 2001. Zatopeck Van Heerden, dit «  Zet », est un ancien policier qui essaie de surmonter sa dépression. Son collègue Kemp vient le sortir de prison pour lui proposer une affaire qui devrait le remettre en selle. Il lui demande d’enquêter en tant que détective privé pour le compte d’un cabinet d’avocats.

Il rencontre donc Hope Beneke, qui lui présente l’affaire en question. Johannes Jacobus Smit a été torturé à la lampe à souder avant d’être assassiné d’une balle de M16 dans le tête. Ses agresseurs ont vraisemblablement cherché à avoir le code de son coffre fort, lequel contenait le testament que sa maîtresse Wilma veut retrouver. Si Wilma ne met pas la main sur le testament, elle n’héritera de rien, alors qu’elle a vécu avec lui plus de dix ans.

Le meurtre ayant eu lieu dix mois auparavant, Van Heerden a sept jours pour retrouver le testament. Rapidement, il se penche sur le passé de Smit, et s’aperçoit que celui-ci vit sous une fausse identité. Qui était réellement Smit ? Pourquoi s’est-il caché sous une fausse identité ? Quel était donc le passé de ce paisible et reconnu antiquaire ?

Quel pied ! C’est la remarque que je me suis faite à chaque page lue, jusqu’à ce que j’aie refermé le livre. Car tout frise la perfection : l’intrigue est menée impeccablement, le personnage de Van Heerden est passionnant à suivre, les autres personnages sont consistants, et toutes les scènes sont un régal à lire, qu’elles soient des scènes intimistes ou d’action. C’est un livre assez conséquent en nombre de pages, que j’ai avalé en trois jours, tant le style est fluide et évident. Du vrai régal je vous dis.

J’ajouterai un petit mot sur la construction, assez particulière. L’enquête est entrecoupée de passages à la première personne du singulier, racontant la vie et le parcours de Van Heerden. Ces passages, parfois un peu long, montrent une psychologie du personnage complexe, d’un homme éduqué par sa mère seule, ayant perdu son père tôt. Van Heerden est un gentil, élevé dans le respect des autres et des lois. C’est un homme qui va toute sa vie être confronté au dilemme entre le bien et le mal, entre son éducation et la réalité de la vie. Passionnant à lire et extrêmement bien fait.

Soldats aube 2Ce roman est aussi l’occasion de montrer un monde en mutation, un pays en évolution. L’Afrique du Sud est une jeune démocratie, avec son héritage, ses blessures et ses cicatrices. Loin de nous faire une démonstration magistrale comme le ferait un professeur, Deon Meyer nous assène quelques vérités au travers des différents personnages par quelques petites touches subtiles. Cela fait de ce livre une pierre à l’édifice de l’histoire sud-africaine.

Vous l’aurez compris, c’est un livre à lire, à ne pas rater, à dévorer urgemment. Un dernier petit mot sur le format Points2, que j’avais testé précédemment lors de la lecture de Mémoire assassine de Thomas H.Cook. Ce format m’a permis de le loger dans une poche de veste. Comme j’avais du temps à perdre, et que je n’avais pas prévu de lecture, j’ai ressorti ce livre aux dimensions minuscules. Grand bien m’en a pris. Du coup, j’ai pris l’habitude de toujours me balader avec un de ces formats en poche. Une bonne idée que ce format Tom Pouce !

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Published by Pierre faverolle - dans 2012
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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 17:31

Un petit jeu de mots faisant référence aux Beatles, pourquoi pas ? Car vous avez bien lu, ce sont 4 romans qui débarquent de chez Jigal, trois nouveautés et une réédition en poche. Et quand vous saurez que, dans le lot, il y a le dernier Philippe Georget, et deux premiers romans, vous allez lire ce billet plus dans le détail. Et, une fois lu les quatrièmes de couverture, vous vous précipiterez chez votre libraire.

A noter aussi que Jigal change le visuel de ses couvertures. Au photos sur fond jaunes, on a droit à des variantes de couleur. Les nouvelles couvertures ne copient sur personne, ont leur propre identité et me plaisent beaucoup … mais ce n’est que mon goût !

Mais arrêtons là les palabres, voici les trois nouveautés et la réédition de ce printemps 2012, dont vous allez entendre parler sur Black Novel :


Les Violents de l'automne de Philippe Georget :

Violents-de-l-automne.jpgÀ Perpignan, l’automne est une saison tumultueuse. Le vent violent le dispute à la pluie diluvienne. Un temps à ne pas mettre un flic dehors. Pourtant un retraité pied-noir est retrouvé dans son appartement, assassiné d’une balle dans la tête... Le sigle OAS laissé près du cadavre, la destruction quelques jours plus tard d’une stèle controversée et la découverte d’un autre ancien Français d’Algérie abattu au volant de sa voiture sèment la panique dans la communauté. Le lieutenant Sebag, qui a par ailleurs promis à sa fille de faire toute la lumière sur l’accident mortel survenu à un de ses amis, est officiellement chargé de l’enquête. Flic réputé et intuitif, il va, en traquant le tueur avec son équipe, faire ressurgir du passé un mystérieux commando ayant sévi, il y a bien longtemps, du côté d’Alger. C’est dans ce contexte que les derniers mois de poudre et de sang de la guerre d’Algérie, ses horreurs, ses espoirs, ses trahisons et ses errances vont remonter à la surface jusqu’à la nausée... Cinquante ans plus tard, il est temps de régler l’addition...

Tous les détails sont ici : http://www.polar.jigal.com/?page=liens&p=103

 

Réseau d’état de Hugues Leforestier :

Reseau-d-etat.jpgÀ la veille des élections présidentielles, un homme à bout de souffle qu’on essaie — en très haut lieu — de faire passer pour un terroriste, est traqué par toutes les polices de France. La cible, un ancien gauchiste devenu mercenaire pour une obscure officine spécialiste des coups tordus, a dans sa jeunesse entretenu des relations plus que privilégiées avec plusieurs hommes d’État. Et détient peut-être des dossiers compromettants sur certains d’entre eux... Une excellente raison sans doute de déclencher les manœuvres sans foi ni loi des cercles rapprochés du pouvoir afin de le faire disparaître au plus vite... et définitivement ! De la Françafrique à la présidence de la Commission européenne, en passant par les fameux dîners du Siècle, il faudra toute la perspicacité de Lou, journaliste politique d’un grand quotidien national, talentueuse et opiniâtre, pour dénouer les fils complexes de cet écheveau politique à l’allure très contemporaine...

Tous les détails sont ici : http://www.polar.jigal.com/?page=liens&p=102

 

Parjures de Gilles Vincent :

Parjures.jpg« Il songea au crissement des ciseaux sur le col de la chemise, à la gorge tranchée... Il imagina les suppliques masquées derrière le sparadrap du condamné... Il songea encore au regard terrorisé face au châtiment suprême...». Aïcha Sadia, commissaire de police, est une femme désespérée depuis la mystérieuse disparition de son compagnon Sébastien au large d’une plage. Mais quand plusieurs cadavres décapités d’ex-taulards sont découverts dans des entrepôts abandonnés de la ville, c’est elle et son équipe qui se retrouvent en première ligne. Certains indices laissent penser que quelques extrémistes pourraient avoir trouvé là, un moyen radical de remettre la peine de mort au goût du jour. À sa sortie de prison, Abdel Charif, condamné pour meurtre puis finalement gracié, leur échappe de justesse... Et pour sauver sa peau et obtenir sa réhabilitation, il propose à Aïcha un étrange marché : elle prouve son innocence, il la mène jusqu’à Sébastien... Manipulations, horreurs et parjures vont alors guider Aïcha dans une enquête libératrice... Jusqu’à la mort !

Tous les détails sont ici : http://www.polar.jigal.com/?page=liens&p=101

 

Franco est mort jeudi de Maurice Gouiran :

Franco-est-mort-jeudi.jpgLe 20 novembre 1975, Franco meurt au petit matin à Madrid. Lorsqu’Élisa, réfugiée espagnole, apprend la nouvelle à la Manufacture des Tabacs de la Belle de Mai, c’est son passé, tragique et douloureux, qui ressurgit brutalement. L’été 1936 à Madrid, l’hiver 1938 à Barcelone, la Retirada — cette longue cohorte de désespérés, cette horde de vaincus, de malades, de blessés fuyant l’Espagne et parqués sur la plage glaciale d’Argelès — la mystérieuse disparition de Ramon, son père, alors officier dans l’Armée Populaire Républicaine... Une foule d’images et de vieux fantômes submergent alors ses jours et ses nuits... 35 ans plus tard, Élisa n’est plus et l’Espagne met fébrilement à jour les charniers du Franquisme. C’est Manu, son fils, un looser, un peu voyou, un peu paumé, qui, en recevant d’Espagne une lettre destinée à sa mère, va permettre à ce terrible passé de remonter à la surface. Mais Manu n’aurait sans doute pas été bien loin si sa route n’avait croisé celle de Clovis Narigou... Clovis, qui de Marseille à Madrid démêle l’écheveau et tente de percer les mystères entourant la famille espagnole de Manu. Clovis qui enquête, pare les coups et pénètre le Barcelone de la grande époque, celui de Dali et de Picasso... Clovis qui découvre, ahuri, le camp de Karaganda et les horreurs de la guerre civile...

Tous les détails sont ici : http://www.polar.jigal.com/?page=liens&p=100

 

Vous hésitez encore ? Alors regardez donc Jimmy Gallier présenter lui-même ses quatre romans ici : http://www.dailymotion.com/video/xqp8t2_jigal-polar-les-nouveautes-de-mai-2012_creation

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 18:11

Prions pour la mortExcellente découverte à réserver à ceux qui ont du souffle, genre marathonien, car quand vous lirez ce livre, vous n’aurez pas le temps de reprendre votre souffle. Accrochez vous, ça commence là :

Romain Martonne est à la tête du petit laboratoire pharmaceutique Martocosme. Si sa position est très loin des mastodontes du genre, sa nouvelle invention va faire grand bruit. Il vient en effet d’inventer le Néfédron, un médicament contre le cancer du poumon. Romain va donc tout faire pour mettre sur le marché le Néfédron, ce qui tombe bien, car cela lui permet d’oublier Dawn, l’amour de sa vie qu’il a perdu dans un accident de voiture.

Martocosme est un petit laboratoire qui essaie de survivre au milieu des géants du domaine. Parmi ces géants de la pharmaceutique, Ellsner International est dirigé par Calixte Ellsner. C’est un homme qui n’hésite pas à user de tous les moyens en son pouvoir pour atteindre ses objectifs, quitte à tuer ou faire tuer ses adversaires, tout en soignant son image de bienfaiteur.

Martonne est en phase finale du lancement de son médicament, mais il manque cruellement de financements. Sa banque lui refuse un nouveau prêt, car elle vient d’être rachetée mystérieusement par un grand groupe, et c’est un de ses amis Flémand qui va lui présenter un Allemand qui va l’aider à décrocher un prêt en l’échange d’une introduction partielle en bourse. Mais ses ennuis ne font que commencer dans une mer infestée de requins.

Ne croyez pas que ce roman va vous noyer dans des notions chimiques incompréhensibles, ou sur des batailles financières sans fond. C’est un pur roman d’action, bourré de scènes et de rebondissements, qui ne vous laissera aucun répit. Ça part à fond la caisse de la première à la dernière page, et vous n’aurez pas la solution de l’intrigue avant le dernier chapitre.

Alors, prenez bien votre respiration, préparez vous à un sacré marathon car le style de l’auteur est à l’avenant, et participe beaucoup au plaisir de lecture. Les chapitres sont courts, les descriptions sont courtes, les phrases sont courtes, les dialogues sont courts et les situations sans cesse créatives.

Le sujet de fond, qui décrit la bataille d’un petit contre les grands n’est pas nouveau, connu depuis David et Goliath en passant par Au bonheur des dames de Zola, mais le plaisir de lecture d’un vrai roman populaire d’action est bien là. Ce roman est une réédition en format de poche de la première parution de 2005, totalement remaniée par l’auteur, et cela donne un roman au rapport plaisir / prix imbattable, une fois de plus : le prix est de 7,50 euros.

Ce livre fait l'objet d'un coup de coeur chez l'immense Claude ici.

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 18:10

MapucheC’est toujours pareil avec Caryl Ferey : on s’attend à lire un roman noir, dans un pays exotique et violent, et à chaque fois, on en prend plein la figure. Une nouvelle fois, l’intrigue est menée impeccablement, et Caryl Ferey prend son temps pour nous asséner quelques vérités sur l’état de notre monde.

C’est l’Argentine qui passe sur la table d’autopsie du docteur Ferey, celle d’aujourd’hui, qui doit faire face à un passé bien peu reluisant lors des dictatures qui se sont succédées dans les années 70 et 80. L’image que l’on découvre devant nos yeux effarés est celle d’un pays vivant dans la misère, qui a oublié la belle époque du tango enchanteur de Carlos Gardel ou la victoire inoubliable de l’équipe de football en 1978.

Au fin fond des docks, à Buenos Aires, dans les bars crasseux ou au milieu des ordures immondes qui jonchent les rues, les femmes comme les hommes se prostituent pour quelques pesos, pour manger, pour vivre, pour survivre. C’est sur la découverte du corps de Luz, un travesti, que s’ouvre le roman, avec cette image noire, dure, intolérable, d’un assassinat dont tout le monde se fout, parce que c’est tellement commun. Les gens disparaissent ; parfois, on retrouve leur corps, mais personne ne s’intéresse à ces cas-là.

Il y a bien Ruben Calderon, un ancien prisonnier des geôles de la dictature, celles là même qui ont été mises en place avec les anciens nazis qui ont fui l’Allemagne pour un pays lointain qui leur ouvrait les bras. Ruben en a réchappé ; parfois les tortionnaires relâchaient des prisonniers pour qu’ils décrivent ce qu’ils ont vu et vécu. Cela permettait de faire grimper la peur auprès du peuple. Ruben n’a rien dit, jamais, il a préféré créer son agence de détective pour poursuivre les disparus et leurs bourreaux.

De son coté, Jana Wenchwn est Mapuche, d’un petit peuple indien expulsé de ses terres et exterminé pour le bienfait de riches propriétaires terriens. Elle a vendu son corps auprès de vieux ignobles, pour une bouchée de pain, pour se payer ses études, pour survivre. Aujourd’hui sculptrice, elle est va contacter Ruben pour retrouver Luz, une amie. Ruben refuse.

C’est bien difficile de faire un résumé de cette intrigue, tant elle est touffue et plonge dans les abîmes d’un pays, dont le passé est aussi horrible que les pires pages de l’histoire mondiale du vingtième siècle. Caryl Ferey nous avait habitué à écrire de grands romans noirs, celui-ci en est un de plus à mettre à son actif. Car à son style journalistique et distancié, il ajoute une touche humaine, voire humaniste à travers deux formidables personnages : d’un coté un revenant qui mène sa croisade personnelle, de l’autre l’ange ingénu en lutte contre le mal.

A la fois roman foisonnant, grandiose et intimiste, Caryl Ferey nous épate, nous en met plein la vue, nous emmène là où il veut, et nous force à lire ce que l’on ne veut pas voir, ni savoir. C’est une démonstration à la force du poignet, au souffle romanesque épique. Et il ressort de cette aventure que les dirigeants d’hier sont pareils que ceux d’aujourd’hui, et que ce sont toujours les mêmes qui s’en sortent.

Le pays dévasté que nous donne à voir Caryl Ferey n’est pas beau à voir, empêtré dans son histoire, hanté par ses démons, ses meurtres, ses massacres. C’est une lutte pour la mémoire, pour que l’on n’oublie pas, comparable à celle des juifs contre les nazis, un combat dont on ne parle pas beaucoup ici car elle est située à plusieurs milliers de kilomètres de chez nous. La force de Caryl Ferey, c’est de nous y plonger la tête, de nous impliquer.

C’est un roman noir mat, brut et brutal, par moments fleur bleue pour nous étouffer par la suite, brutal, violent, important, essentiel. C’est un appel à l’humanisme basique, à la justice élémentaire. A nouveau, Mapuche est un coup de maître, de ces livres dont on n’oublie pas les personnages, ni les messages. Tout se résume dans cette phrase piochée page 294 : « Non : la cruauté des hommes n’avait pas de limites … ».

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 18:03

Talons hauts rapprochent les filles du cielQuelle bonne idée j’ai eue de prendre ce roman ! Car en terme de distraction, c’est un excellent choix, en même temps que la découverte d’un jeune auteur qu’il va falloir suivre. Je vous le dis, On va en reparler de Olivier Gay.

Il s’appelle John-Fitzgerald ! La faute à ses parents, qui croyaient sûrement qu’il suivrait les traces de l’illustre homonyme, sans les balles fatales bien sur. Dans son microcosme, on le surnomme Fitz. C’est bien plus présentable pour quelqu’un qui passe sa vie à écumer les boites de nuit de luxe. Car Fitz est un parasite, vivant la nuit dans les carrés VIP, à vendre ses doses de cocaïne pour les stars de la télévision, les sportifs de tous poils ou les hommes politiques qui veulent se faire voir et bien voir.

Il passe sa semaine à boire, se droguer ou draguer de jeunes femmes pour passer le temps, rentre chez lui pour jouer aux jeux vidéo en ligne et dort le jour. Une petite vie bien réglée, qui ne gêne personne, jusqu’au jour où une de ses ex-compagne le contacte. Jessica est une commissaire de police, en charge d’une affaire bien sombre : un serial killer tue et découpe de jeunes femmes chez elles, et le seul point commun entre elles, c’est qu’elles vivent la nuit comme Fitz. Fitz est bien obligé de l’aider, sinon Jessica donnera une photographie où on le voit vendre un sachet de drogue. Voilà notre homme, anti-héros par excellence, maladroit et nonchalant, en train de mener une enquête contre son gré.

Au début, je m’attendais à un roman plein d’humour, que j’imaginais décalé, pour que l’on s’attache à ce personnage qui n’est rien d’autre qu’une sangsue qui vit aux basques des nantis inutiles de notre société. Ce n’est pas tout à fait le cas, même si le ton n’est pas sérieux. L’auteur nous fait rentrer dans la peau de Fitz, en suivant ses pérégrinations dans un Paris illuminé, détaillant par le menu la vie d’un homme comme un autre.

Ce qui est formidable dans ce roman, outre son personnage et les décors détaillés de la vie nocturne, c’est l’intrigue, menée de main de maître, rebondissant de façon fort réaliste, et fort passionnante. Je vous garantis qu’une fois ouvert, vous ne lâcherez plus ce livre. Et on comprend bien pourquoi il a reçu le Prix de premier roman du festival de Beaune, tant l’ensemble est incroyablement maîtrisé. Et on y prend un plaisir dingue à lire les aventures de Fitz et de ses amis.

Dans la catégorie polar populaire, de ceux qui vous racontent une très bonne histoire, avec des personnages consistants, et un suspense constant, cette lecture est obligatoire. Aussi à l’aise dans les bagarres que dans les dialogues, sans psychologie bavarde et superflue, ce roman est un excellent divertissement. Je vous le dis, Olivier Gay est un auteur à suivre de près. Et puis, je vais vous dire : Quand j’ai tourné la dernière page, pas celle du roman mais la couverture, je suis tombé sur le prix. C’est marqué : 6,60 euros. A ce prix là, cela donne un rapport plaisir / prix exceptionnel.

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 19:01

Un grand merci à toutes et à tous pour ces quelques blagues.

Comme je n’arrive pas à me décider, ce n’est pas un mais trois gagnants qui vont recevoir des livres. J’ai en effet ajouté deux romans que je viens de finir de lire et qui m’ont fait passer un excellent moment de lecture.

Mais, fini le suspense ! Voici donc les noms des gagnants.

Samuel remporte Une femme seule de Marie Vindy (Fayard) pour ses deux excellentes blagues.

Foumette remporte Les talons hauts rapprochent les filles du ciel de Olivier Gay (Editions du masque) pour son mec bourré

Al1 remporte Prions pour la mort de Olivier Gérard (Lokomodo-Asgard) pour sa devinette sur les blondes.

Un grand bravo pour les gagnants et un grand merci aux autres.

Mais ne quittez pas. Je referai ce genre de concours pour vous faire gagner des livres.

Merci aux gagnants de m’envoyer leur adresse via l’adresse mail inscrite sur la première page du blog (en haut à droite, sous la bannière).

Les livres partiront vendredi 18 mai.

A bientôt

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 18:38

A la folieCe roman, je l’avais noté du coin de l’œil chez ma copine Marine, entre autres.(http://lespolarsdemarine.over-blog.fr/article-a-la-folie-pascal-marmet-101032447.html) L’auteur m’a ensuite contacté et forcément, il fallait que je le lise. Je dois dire que Pascal Marmet s’avère un auteur très prometteur.

Dix ans qu’il l’a perdue ! Ludmilla, l’amour de sa vie ! Depuis ce drame, la vie est bien terne, bien triste. Pascal Langle, propriétaire d’un théâtre à Nice et metteur en scène n’en finit pas de ressasser cette perte. Jusqu’à ce qu’un notaire le contacte. Le psychiatre de Ludmilla vient de mourir. Elle lui avait confié ses cahiers intimes et demandé à ce qu’ils reviennent à ceux qui ont compté dans sa vie. Pascal va hériter du cahier numéro onze. La tentation est grande de découvrir à qui vont revenir les dix autres cahiers.

Joanna Marcus est une jeune fille alerte, pleine de vie, sans gêne aussi. Elle est blogueuse, et arrive à s’introduire dans les locaux d’un grand journal féminin. Elle a un défi : décrire les avantages et inconvénients d’un sac besace. Alors qu’elle revient chez elle, enfin, chez sa colocataire, le notaire l’appelle pour lui remettre le cahier numéro trois.

Ces deux personnes vont se rencontrer alors que rien ne pouvait les rapprocher, et se retrouver au milieu d’un mystère qui recèle de bien ignobles révélations.

De toute évidence, ce roman, aux allures de romantisme, change par rapport à ce qu’on a l’habitude de lire. Dans un monde tous les jours plus impitoyable et inhumain, le ton et l’intrigue font du bien, c’est un petit plaisir à lire, comme un morceau de chocolat avec un café bien noir, un petit moment de douceur fort bien construit.

Car cela pourrait tourner au ridicule, mais ce n’est pas du tout le cas. L’une des grosses qualités de Pascal Marmet, c’est de rentrer dans la psychologie des personnages, de décrire à la première personne les sensations et les sentiments des deux protagonistes principaux, avec un ton triste, mélancolique et désenchanté pour Pascal, un rythme et une énergie débordante pleine d’humour et de désinvolture pour Joanna.

Toute la première partie du livre fonctionne à merveille, alternant les chapitres de Pascal à Joanna, avec beaucoup de rythme, et sans que l’on s’y perde. La suite du livre m’a semblé moins réussie. J’ai moyennement aimé les autres jeunes filles, bien que les chapitres soient écrits à la première personne aussi. Mais j’étais tellement bien assis confortablement, à écouter Pascal et Joanna, que cela m’a déconcerté.

Enfin, la fin est bien trouvée, originale, bien que dévoilée un peu tôt, à mon goût. Il me restera ces deux personnages, tellement vivants, si agréables à côtoyer, que j’aurais aimé les rencontrer en vrai. A la folie se révèle un roman au ton original, qu’il serait dommage de ne pas découvrir.

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 09:42

Voici quelques romans à noter sur vos tablettes et dont les auteurs m’ont fait part. A vous de vous faire une idée sur ces intrigues qui me paraissent fort prometteuses :

La conjuration des masques de Jean Marie Palach :

Conjuration-des-masques.jpgLorsque le corps d’un jeune homme est découvert, un matin, dans son appartement parisien, la mise en scène macabre — un masque a été déposé sur le bas-ventre — convainc la commissaire Clémence Malvoisin, de la brigade criminelle, que l’affaire n’est pas ordinaire.

Deux autres victimes sont retrouvées. La commissaire comprend alors que la traque sera longue pour mettre fin à cette folle série. Une traque qui la conduira à Venise, sur les traces des grands artistes du seizième siècle et de Casanova et qui l’obligera à décrypter la logique du meurtrier pour mieux le confondre.

Ce roman est édité par Corsaire éditions dans la collection Pavillon noir. Tous les détails sont ici :

http://www.polarspavillonnoir.com/product/LA-CONJURATION-DES-MASQUES-Jean-Marie-PALACH2

 

Serenitas de Philippe Nicholson :

Serenitas.jpgParis dans une ou deux décennies. Á peine. Dans une France effondrée, après la « Grande Crise » qu’ont connue la plupart des pays européens, et au bord de l’insurrection, avec une violence accrue et une résurgence de l’extrémisme, Fjord Keeling, journaliste au grand quotidien Le National (premier groupe médias de l’hexagone sous la houlette d’un homme d’affaires chinois qui a fusionné l’ensemble des rédactions et veille au bien être de ses salariés), se retrouve au centre d’une machination infernale, à la solde des plus puissants. Un thriller « orwellien » ultra réaliste, en phase avec les crises actuelles, sur fond d’état en faillite, de multinationales véreuses, d’attentats chocs, et de meurtres en pagaille...

Une enquête effrénée et haletante, menée tambour battant dans une société qui s’effrite, avec de puissants conglomérats qui décident, seuls, du sort de la France. Roman d’anticipation, Serenitas est le deuxième livre de Philippe Nicholson (ancien journaliste financier), après Krach Party et sa plongée en apnée des les coulisses brutales du monde de la bourse (Carnets Nord, 2009).

Ce roman est édité par Carnets noirs. Tous les détails sont ici :

http://www.carnetsnord.fr/titre/serenitas

 

Une valse à trois temps de Christian Barrière (Editions Benevent)

Valse-a-trois-temps.jpgUn ouvrage dans lequel Christian Barrière fait surgir de l’oubli une odieuse affaire d’empoisonnement qui s’est déroulée dans son village natal, Les Cars en Haute-Vienne, au cours du deuxième semestre de l’année 1944.
Une jeune fille de 21 ans a empoisonné, tour à tour et en l’espace de quelques mois, son demi-frère, sa demi-soeur et enfin sa mère. Son père adoptif, prisonnier en Allemagne à l’époque des faits, a probablement échappé à cette hécatombe. Après son retour au pays, il en a gardé les stigmates à jamais…
L’affaire n’étant pas juridiquement prescrite, l’auteur n’a pas eu accès au dossier de justice. Il a donc effectué un long travail de recherche en recueillant des témoignages auprès des villageois et des articles de presse auprès des archives départementales. Il a pu ainsi reconstituer le parcours de vie et le cheminement psychosomatique de cette empoisonneuse.
D’une manière adroite et romancée, il prête sa plume à la criminelle comme si c’était elle qui nous confessait le cheminement de ce qui l’a conduit à commettre le pire…
L’ouvrage est complété d’une annexe riche en commentaires et en documents de la presse locale qui s’était faite à l’époque l’écho, de cette épouvantable et méconnue affaire ! Cette Valse à trois temps empoisonnée, oubliée ou passée inaperçue pour raison majeure d’un pays en guerre, n’avait pourtant rien à envier à d’autres affaires criminelles inscrites dans la mémoire collective car beaucoup plus connues et médiatisées !

Tous les détails sur http://www.editions-benevent.com/


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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 18:12

Lieux infidèlesJ’avais acheté La mort dans les bois, premier roman de Tana French. Mais je ne sais plus où je l’ai mis. Celui-ci m’a été fortement conseillé par ma femme, donc je n’ai pas le choix : il fallait que je le lise !

En décembre 1983, Franck Mackey décide de quitter le quartier misérable où il a grandi, Les Liberties en Irlande, alors qu’il est agé de 16 ans. Il a décidé de partir avec la jeune femme qu’il aime, Rosie Daly, et de laisser derrière lui sa famille qu’il déteste. Ils veulent refaire leur vie en Angleterre. Alors qu’il l’attend devant le numéro 16 Faithful place, elle ne vient pas. A l’intérieur de la masure dans laquelle il entre, il trouve un mot de Rosie.

Vingt deux ans plus tard, Franck, divorcé et père d’un enfant, est devenu policier à Dublin. Alors qu’il doit passer le week-end avec sa fille Holly, il reçoit plusieurs messages sur son répondeur de la part de sa sœur Jackie. C’est le seul membre de la famille avec lequel il a encore des contacts. Il faut qu’il la contacte au plus tôt, elle a quelque chose d’urgent à lui dire.

Jackie est hystérique : Alors qu’une maison des voisins de ses parents est en train de se faire démolir, les ouvriers découvrent dans la cheminée une valise. A l’intérieur se trouvent les affaires et un certificat de naissance de Rosie. Franck va être obligé de renouer avec sa famille et tenter de comprendre ce qui a bien pu arriver à Rosie ce soir là.

Quel titre étrange ! Et quel sujet intéressant ! Peut-on réellement tourner le dos à sa famille, à son pays, et vivre une vie sereine ? Franck a abandonné ses parents, ses frères et ses sœurs pour faire sa vie en Angleterre et Rosie était une bonne excuse. Le voilà obligé de plonger la tête dans le misérabilisme de se vie d’antan, avec un père alcoolique qui battait sa famille, avec ses aînés qui travaillaient pour ramener l’argent que le père dépensait en alcool. Le voici obligé de regarder les yeux grands ouverts un passé qu’il aurait tant voulu oublier.

Tana French fait aussi le procès d’un pays en déliquescence, où ceux qui ne veulent rien faire rêvent d’avoir tout, un règne d’envieux qui se complaisent dans leur malheur en enviant les autres. L’Irlande, vue par l’auteur, est un pays qui abandonne ses habitants car ils ne veulent plus se battre. Franck ne veut pas revivre son passé, il ne veut pas faire cette enquête, il veut tourner une page qui n’est pas complètement écrite. Jusqu’à la mort de son frère Kevin.

Tana French décrit dans le détail la vie de ces gens, fait des dialogues très longs et très réalistes pour montrer leurs centres d’intérêts, leurs motivations, leur psychologie. Mais c’est aussi son défaut principal : des passages sont d’une longueur incroyable, j’ai été obligé de sauter des paragraphes de dialogues car ils ne me semblaient pas apporter grand-chose à l’intrigue (il faut dire que le roman démarre à la page 200 avec la mort de Kevin). De pus, le roman est classé dans la catégorie Thriller alors que c’est plutôt un très bon roman policier.

C’est donc une bonne découverte. Certains passages sont d’une force émotionnelle intense, et c’est ce que je retiendrai de ce roman. Et au global, malgré des passages bavards, l’intrigue est bien menée, les suspects nombreux, et l’ensemble m’a accroché surtout grâce à son personnage et les thèmes abordés.

 

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Published by Pierre faverolle - dans 2012
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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 18:12

Décidément, en ce moment, je fais dans les recueils de nouvelles. Parler de l’adolescence n’est pas une chose facile, c’est le sujet de ce recueil qui convient bien au roman noir.

Pour que demain vienneValse lente :

Ce n’est pas la première fois que Nico fait une fugue. La première fois, cela a duré trois jours. Cette fois-ci, elle trouve que cela dure trop longtemps. Elle le surveille, elle l’épie, il est de l’autre coté de la rue. Et elle se rappelle les bons moments, depuis qu’il est tout bébé jusqu’à ce jour où tout va changer

Pas de deux :

Lioubov est une adolescente qui est prostrée dans les bois. Il fait froid. Elle regarde, cherche ses ennemis car c’est une jeune fille traquée. Rasko est un jeune homme qui ne s’en laisse pas conter, il est déjà un homme. Leur rencontre va-t-elle être pour le meilleur ou pour le pire ?

Pavane :

Elle a eu un enfant très tôt, trop tôt. Elle l’a abandonné, accouchement sous X, comme marquée d’une croix. Huit ans après, elle rêve de retrouver l’enfant de sa chair.

Bacchanales :

Il pleut. Alors, elle a du s’abriter dans une librairie. Un livre l’attire, une jeune fille derrière une vitre embuée attend, son titre est Adagio. Elle va lire, dévorer ce livre, jusqu’à ce que ça en devienne une obsession.

Séguedille :

Elle s’appelle Mlle Sullivan, c’est un star qui rêve d’anonymat, qu’on l’oublie un peu pour qu’elle puisse oublier le présent, oublier le passé et ce drame qui la hante et dont on ne se remet jamais. C’était il y a 25 ans …

 

Chaque nouvelle est un morceau de vie, une chronique du présent pesant des adolescents. Chaque nouvelle est une histoire à part entière, une vie à part entière. Et le titre est exceptionnel : Car ce demain, c’est la fin de cette période d’adolescence avant de devenir adulte. Adulte, ça veut dire quoi ? Devenir responsable ? Dans ce recueil, ça veut surtout dire supporter des situations trop lourdes à porter pour leurs frêles épaules.

Carole Pourtau décrit les vies de ces adolescents à leur place, elle dissèque les sentiments, elle décortique les impressions, elle décompose les pensées. Son style fluide et efficace nous entraîne dans leur peau, avec douceur, sans heurt. Et c’est au moment où on se sent bien qu’elle nous assène un coup derrière la tête. De vraies nouvelles bien noires et parfois très cruelles. C’est une excellente découverte et je serai curieux de lire Corine Pourtau sur la longueur d’un roman.

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