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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 21:45

Underworld-USA.gifS'il y a un livre que vous devez lire en 2010, alors je vous conseille celui-là ! Neuf ans ! Cela fait neuf ans que j’attends ce moment. La suite de Underworld USA, la fin de la trilogie sur les événements qui ont bouleversé les Etats-Unis et ont probablement forgé l’histoire du monde. Alors, dès le premier jour … je cours l’acheter : 840 pages, pas gros mais lourd. Mes prochaines soirées vont être bien occupées. La quatrième de couverture est vraiment bien faite. Elle donne envie de le dévorer. Le seul bémol est la photo que je ne trouve pas belle du tout. Je m’étais habitué aux dessins des deux autres volumes.

La période observée à la loupe par ce monumental roman va de 1968 à 1972. Les assassinats de John Kennedy, Martin Luther King et Robert Kennedy viennent d’avoir lieu. Et celui de Martin Luther King engendre des révoltes de la part de la communauté noire. En parallèle de cela, les Etats-Unis sont toujours noyés dans la guerre du Vietnam, et Fidel Castro est toujours à la tête de Cuba. La première partie du roman montre comment le FBI et la mafia font tout pour faire élire Nixon et pour contenir voire annihiler les noirs. C’est Edgar Hoover, à la tête du FBI, qui mène sa propre croisade contre les noirs. Pour cela, il utilise trois personnages qui vont être les protagonistes de ce roman : Dwight Holly son bras droit, Wayne Tudrow un ancien flic et Eddie Crutchfield un détective privé. Avec en filigrane, le mystère d’un hold-up d’un fourgon blindé en 1964 et la construction de casinos en République Dominicaine par les parrains.

Ellroy est historien : Ce roman parcourt tous les jours (ou presque) chronologiquement qui vont montrer l’avènement de la mafia dans l’économie et la politique américaines. La construction est assez classique chez Ellroy car chaque protagoniste a droit à un chapitre. Son imagination, ajoutée aux faits historiques, font de ce roman un monument aussi bien pour les fans de polar politique que pour les historiens contemporains. Car, ne nous y trompons pas : même si la recherche documentaire est impressionnante, je doute que tout soit vrai. Je pense que Ellroy s’est donné comme objectif de réécrire l’histoire américaine, ou plutôt d’écrire sa propre vision de l’histoire américaine. 

Ellroy est va droit au but : Là où il est surprenant, c’est dans son style. Nous étions habitués à un style télégraphique, fait de mots assemblés les uns aux autres pour faire ressentir une ambiance. Ici, Ellroy nous fait des phrases, courtes certes, mais des phrases ; et le récit ne perd rien de son efficacité. Au contraire, il y gagne en force, et même en puissance d’évocation. On reste tout de même dans une écriture épurée au maximum. Sans aucun doute, ce roman sera plus facile à appréhender par les néophytes que certains de ses prédécesseurs.

Ellroy aime-t-il ses personnages ? Comme dans tous les romans de cette trilogie, les personnages ne sont pas sympathiques, on ne passe pas une page à décrire leurs états d’âme, leurs actes suffisent à décrire leur personnalité. Et on ne s’identifiera pas à eux, on les suivra parce qu’on veut savoir comment l’Histoire avec un grand H se déroule logiquement, comment tous les petits actes s’imbriquent les uns dans les autres pour arriver à la conclusion inéluctable et connue de tous. Alors, non, il ne les aime pas, il les utilise, il les manipule à ses fins, menant le lecteur par le bout du nez pour suivre sa démonstration, pour donner la priorité à l’intrigue.

Ellroy s’intéresse enfin aux femmes : La grande nouveauté pour les Ellroynomanes se situe dans les personnages féminins. Enfin, on a droit à des femmes fortes, et plus intelligentes et rusées que nos trois … amis. J’avais cru qu’il était incapable d’une telle profondeur, j’avais cru qu’il était misogyne au point de laisser les personnages féminins au second plan dans ses livres et je me suis trompé. On a droit ici à de beaux portraits féminins, de femmes fatales d’une ingéniosité et d’une perversité rares, et j’ai adoré les femmes que Ellroy nous présente que ce soit Celia, Joan ou Mary Beth.

Ellroy est monumental : Ce roman est un monument comme on en fait peu, comme il n’en sort qu’un seul en France par an, comme seuls les Américains savent les écrire. Un sacré pavé de 840 pages, divisés en 6 parties. 131 chapitres à dévorer tout cru pour le plaisir du lecteur. Car Ellroy est avant tout un charmeur, un savant. Sous ses dehors de brute, il n’écrit pas pour lui, ou pas pour laisser une trace dans l’histoire de la littérature contemporaine, ou pas seulement. Il sait agencer tout cela petit à petit et cela devient forcément passionnant. On pourra trouver que certaines scènes violentes sont parsemées pour relancer l’intérêt de la lecture mais cela ne se voit pas. Il garde son habitude de rajouter des manchettes de journaux, et des extraits de journaux intimes. Plus que pour renforcer la psychologie des personnages, cela relance le rythme et varie les points de vue.

Ellroy est indispensable : Et ce livre l'est encore plus : Passionnant, monumental, grandiose, impressionant, sans pitié, violent, sans concession, brillant, subtil, dénonciateur, en un mot génial. Cet auteur, qui fait partie de mes préférés vous l’aurez compris, est unique en son genre. Il est capable de me surprendre une nouvelle fois, de me faire vibrer une nouvelle fois, de me passionner une nouvelle fois. Pas de pitié ici, les événements sont implacables car ils sont les sillons du champ de l’histoire américaine. Je ne connais pas d’équivalent dans la littérature américaine (polar ou roman noir), donc je n’ai pas peur de le dire : Ellroy est UNIQUE. Je souhaite seulement que ce livre, écrit en forme de testament, ne soit pas son dernier.

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 21:59

Callisto.gifEn attendant le critique du monumental Ellroy, voici un petit billet pour se rappeler  de ce grand roman qu'est Callisto. Ce roman, j’avais décidé de le lire après un article élogieux dans Les Inrockuptibles en 2007. Et puis, lors de discussions avec mes copains blogueurs, je me suis rappelé que cela valait le coup d’en reparler, et qu’il est Ô combien d’actualité. Cela fait deux ans que je l’ai lu, et je m’en rappelle comme si c’était hier. C’est signe d’un excellent roman.

Au moment où, guerre en Irak oblige, l’armée américaine a fort besoin de jeunes recrues, Odell Deefus, grand benêt de vingt et un ans, voit là sa chance de tracer son chemin dans le monde... Hélas, sa vieille Chevy rend l’âme à quelques kilomètres du bureau de recrutement des marines de Callisto, dans le Kansas, devant le pavillon de Dean Lowry, petit trafiquant de drogue récemment converti à l’islam. Pour Odell, c’est la fin d’une carrière militaire et le début des ennuis. Car le voici avec un, puis deux cadavres sur les bras, dans le collimateur de policiers corrompus, avec un dangereux télévangéliste et des services secrets hypocrites aux trousses. Les chaînes d’information ont tôt fait de s’en mêler, le FBI rapplique et Odell, entre petites combines et gros poissons, est entraîné dans un tourbillon d’aventures délirantes...

Ce n’est pas parce que ce roman a été écrit en pleine guerre d’Irak qu’il est démodé ou daté. Certes le contexte est celui des années post-11 septembre, de la folie paranoïaque des Etats-Unis, mais le plaisir est assurément au rendez vous. Le début commence par une sorte de farce, avec un personnage haut en couleurs, et tout de suite sympathique, sur qui il va tomber des mésaventures toutes plus drôles les unes que les autres. Le rythme est soutenu, la langue extraordinaire, les situations hilarantes. Ce livre n’a pas été écrit par un amateur, c’est sur.

Les scènes s’amoncellent telles ce cadavre enterré et déterré pas moins de six fois, les personnages secondaires qui sont une formidable charge contre les soi-disant bien pensants, les déclarations d’amour ( !) à Condoleezza Rice. Les occasions de rire ne manquent franchement pas.

Peu à peu, le roman devient un peu plus sérieux et on rit jaune, puis on ne rit plus du tout. Car le but de cette histoire est de nous faire réfléchir sur la tournure qu’a pris notre monde, sur la folie qui a pris nos dirigeants, et qui se transmet jusqu’au plus petit maillon de notre société.

Ce roman est tellement bien écrit qu’il se lit d’une traite, sans s’arrêter tant c’est à la fois drôle, passionnant, mais aussi à cause du personnage principal. Odell, ce grand benêt, veut juste être un bon citoyen, et il se retrouve embringué dans une histoire dont il finit par ne plus ni contrôler ni comprendre ce qui lui arrive.

Personne ne sait qui est Torsten Krol. Il paraîtrait qu’il s’agit du pseudonyme d’un grand auteur américain. On peut regretter que l’auteur en question ait utilisé ce subterfuge, car cela aurait donné plus de poids et de lecteurs à ce roman exceptionnel, vraiment à part par son humour grinçant et cynique à souhait. C’est un roman du niveau de Le Bibliothécaire de Larry Beinhardt, mais en plus décalé, ce qui permet à son message d’être d’autant plus frappant et flippant.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 09:01

Il est l’heure de vous souhaiter une super année 2010, qu’elle soit meilleure que 2009 et moins bien que 2011, comme disait ma grand-mère. Cette année 2009 restera pour moi comme celle de la création de ce blog mais aussi par la découverte de grands auteurs. Comme j’adore faire des listes, des classements, voici le noir bilan de mon année :

Avec presque 60 romans lus (58 exactement) , il m’est difficile de les classer car ils sont si différents et ce ne sont pas forcément tous des nouveautés. Je les ai donc mis en deux catégories : ceux que j’ai adoré, et ceux que j’ai beaucoup aimé. Voici ce que cela donne :


J’ai adoré :

La griffe du chien de Don Wonslow (Points Seuil)

Un pays à l’aube de Dennis Lehane (Rivages Thriller)

Seul le silence de RJ.Ellory (Livre de Poche)

Fakirs de Antonin Varenne (Viviane Hamy)

Le dernier baiser de James Crumley (Folio Policier)

Chemins de croix de Ken Bruen (Série noire Gallimard)

Tranchecaille de Patrick Pécherot (Série noire Gallimard)


J’ai beaucoup aimé :

L’hiver de Frankie Machine de Don Winslow (Editions du Masque)

La bannière était en noir de Christian Roux (Suite Noire)

Les éclaireurs de Antoine Bello (Gallimard)

Cœurs solitaires de John Harvey (Rivages Noir)

Au-delà du mal de Shane Stevens (Sonatine)

Un pied au paradis de Ron Rash (Editions du Masque)

Vendetta de RJ.Ellory (Sonatine)

Moisson rouge de Dashiell Hammett (Série noire Gallimard)


Si vous le voulez, vous pouvez m’envoyer vos classements 2009, et si il y a beaucoup de réponses, je publierai les résultats. En attendant, je vous envoie mes meilleurs vœux en attendant impatiemment le nouveau James Ellroy qui doit sortir le 6 janvier.


BONNE ANNEE A TOUS

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 22:09

Un-jour-en-mai.jpgAllez ! Un petit dernier (article) pour 2009 !

Chouette ! Un nouveau Pelecanos ! Depuis que j’ai lu Les jardins de la mort, je suis accro ! Je ne m’y connais pas assez pour juger ce roman par rapport à tout ce qu’il a écrit, alors voici donc simplement l’avis d’un lecteur ignare dans le domaine Pelecanien.

Washington, printemps 72. Ivres et drogués, trois jeunes Blancs, Billy Cachoris, Peter Whitten et Alex Pappas, vont provoquer des Noirs dans leur quartier, en leur jetant une tarte aux fraises. L’affaire tourne mal lorsqu’ils font face aux frères Monroe et à Charles Baker. Peter s’enfuit, mais Billy est tué et Alex y perd presque un œil. James Monroe sera condamné à dix ans de prison.

Trente-cinq ans plus tard, Alex gère le restaurant hérité de son père. Son fils cadet est mort en Irak et son aîné étudie la restauration. De son côté, Raymond Monroe, qui est inquiet pour son fils, soldat en Afghanistan, travaille à l’hôpital Walter Reed où l’on soigne les blessés de guerre. Alex et Raymond se retrouvent. Charles Baker, lui, a passé l’essentiel de sa vie en prison. Pour lui, l’événement de 1972 l’a entrainé dans la voie de la délinquance et il va falloir que Alex et Peter paient d’une façon ou une autre.

Parlons du plaisir ! Le plaisir de rencontrer des personnages vrais, que l’on a l’impression de connaître depuis longtemps, alors que cela ne fait que quelques pages qu’on les côtoie. Le plaisir d’être plongé dans une époque pas si lointaine que cela, mais qui est si décalée. Le plaisir de voir Washington, comme si on y était, sans pour autant avoir des dizaines de lignes de descriptions. Le plaisir d’une bande-son musicale qui aide à nous imprégner de cette ambiance. Le plaisir de dévorer les phrases les unes après les autres sans jamais avoir l’impression de sentir l’auteur travailler derrière.  

Alors, je suis époustouflé, abasourdi par la maîtrise de l’intrigue, par le contrôle des personnages, par les détails parsemés ici ou là pour subtilement faire avancer l’histoire. Le parallèle années 1970 – années 2000 est saisissant, les dialogues formidables.

Et derrière toutes ces qualités, outre la cohabitation Noirs/Blancs, c’est le sujet du coupable / victime, du pardon opposé à la vengeance. Le sujet est superbement traité pour ne pas prendre position, rester factuel et laisser le lecteur se faire sa propre opinion. Et c’est bigrement agréable pour nous. Le livre est partagé en deux parties, une en 1972, une en 2007 et entre les deux parties, les agresseurs deviennent les agressés et inversement. Quand on se rappelle que tout est parti d’une bêtise, cela montre bien la poudrière sur laquelle nous sommes tous assis.

Je regrette juste la fin, qui m’a paru un peu tirée par les cheveux. Je trouve que cela fait presque trop moralisateur, après tout ce qu’il nous a décrit. Je n’en dis pas plus, pour ne poas la dévoiler, et cela ne gâche pas le plaisir de ce roman. Ce roman est un excellent roman, une formidable histoire avec de fantastiques personnages. C’est d’ailleurs majoritairement l’avis que vous pouvez lire chez mes copains blogueurs.

Avis aux Pelecaniens de tous poils, si vous avez des conseils sur le prochain Pelecanos que je dois lire, h’hésitez pas !

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 08:30
Voilà !
La période de Noel est arrivée !
Les enfants sont fous de joie ! Les parents aussi, forcément !

je souhaite à tous les visiteurs de ce blog, fidèles et occasionnels de joyeuses fêtes de fin d'année. Que le père Noel vous apporte tous les romans dont vous rêvez. Ce qui va être mon cas, j'en suis sur !

Pour ma part, je vais m'attaquer à quelques pavés, prendre un peu de repos, pour attaquer une année 2010 sur des chapeaux de roue.

Profitez en bien, mangez et buvez bien mais pas trop !
 
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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 22:03
tout-peut-arriver.jpgIl faut bien s'amuser dans la vie ! Comme je ne savais pas quoi attaquer comme livre, j'ai demandé à ma fille de 4 ans de m'en choisir un. Evidemment, elle en a pris un à sa hauteur, et, ne sachant pas lire, elle a pris une couverture dont elle apprécie la couleur. Résultat : Tout peut arriver parce que la couverture est violette (dans l'édition Fleuve noir).

Zach Est un jeune homme d’une trentaine d’années qui a tout pour être heureux. Il travaille en tant qu’intermédiaire et, en tant que tel a de l’argent, sa femme est superbe et il doit bientôt se marier, son meilleur ami et co-locataire est millionnaire. Tout bascule le jour où il commence à uriner du sang. Alors apparaissent toutes les petites failles qui font que sa vie n’est pas idéale : son travail devient trop stressant, son père qu’il n’a pas revu depuis vingt ans refait son apparition, il tombe amoureux de la veuve de son meilleur ami qui est mort deux ans auparavant dans un accident de voiture. Et Zach va commencer à changer sa vie et changer de vie.

Je ne sais trop que dire sur ce livre. Si ce n’est que je ne me rappelle plus ce qu’il fait dans ma bibliothèque, que ce n’est pas un livre que j’aurais acheté d’emblée, et que j’aurais eu tort. Ce personnage narrateur de cette histoire nous est facilement rendu sympathique car ce qui lui arrive est en général drôle, ou décrit de façon détachée légère et humoristique. On le lit donc assez vite et avec pas mal de plaisir. Jonathan Tropper a un talent certain pour démontrer la psychologie de son personnage sur un ton de rigolade ou presque. Clairement, il ne se prend pas au sérieux. Ou alors, il le fait bien étant donné la gravité du sujet.

Ce qui m’a le plus gêné dans ce livre, c’est surtout le personnage et son contexte : cela ressemble beaucoup aux romans des années 90, où on avait affaire à un homme riche qu’il faut plaindre car il a plein de problèmes. C’est parfois un peu énervant. De même, l’égocentrisme du narrateur fait peur et amène forcément à des longueurs que l’on a tendance à passer. Par contre, tropper se laisse aller, devient plus léger, moins dépassé par son sujet, et l’optimisme de son écriture fait mouche, pour donner des moments purement magiques comme la scène du concert de punk-rock du frère de Zach.

Alors, au final, je retiendrai un livre qui risque d’être aussi vite oublié qu’il a été lu, avec quelques reflexions amusantes voire brillantes qui ne dépareilleraient pas dans un livre de Woody Allen, mais trop rares pour que cela en fasse un livre indispensable. A réserver aux amateurs de littérature américaine légère. Dans le genre plus sérieux, personnellement, je préfère Brett Easton Ellis, Martin Amis ou Philip Roth.

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 21:29

La sélection finale du polar SNCF vient de tomber. Je vous rappelle qu’il y a deux catégories : Polar français et Polar européen. Les finalistes sont donc :

Polars français :

L’exil des anges de Gilles Legardinier (Fleuve Noir)

Le serpent aux mille coupures de DOA (Série Noire)

Les Coeurs déchiquetés de Hervé Le Corre (Rivages Thriller)

Polars européens :

Un torse dans les rochers de helene Tursten (Michel Lafon)

Sacrifice de Sharon Bolton (Fleuve Noir)

Petits meurtres entre voisins de Saskia Noort (Denoel)

 

Pour ma part, ma préférence va pour Les cœurs déchiquetés et Sacrifice. Je regrette que certains romans des précédentes sélections (L’heure trouble ou Darling Jim) n’aient pas été retenus, mais c’est un vote. Donc, je m’incline. Vous avez jusqu'au 21 janvier 2010 pour enregistrer votre vote.

 

Dans le style « je suis impatient d’y être », j’ai trouvé une liste des romans qui devraient arriver au début de l’année prochaine. C’est ici, sur le site du Parisien dont j’ai déjà parlé. Il y est indiqué les dates de sortie des nouveautés que nous attendons tous, dont le nouveau Ellroy (Underworld USA) pour le 6 janvier ou le nouveau Indridason (Hypothermie) pour le 4 février et le nouveau Deon Meyer (13 heures) pour le 4 février aussi et de nombreux autres.

(Message personnel : Je sais, Vincent, je n’ai jamais lu de Deon Meyer! D’ailleurs, jsi ’en parle, c’est pour toi).

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 21:24

Voilà un livre que j’avais mis sur ma liste avant même de lire un quelconque avis sur la toile ou dans les revues. Car sa réputation est telle que, pour un fan de roman noir, il est indispensable à lire.

Elihu Willsson a créé la petite ville minière de Personville. Lors des grèves des miniers, il a été obligé de faire appel à la pègre locale pour étouffer ces mouvements sociaux. Mais, en contrepartie, il doit maintenant laisser prospérer les truands dans sa ville. Il installe son fils Donald à la tête des journaux locaux, et celui-ci décide de mener une croisade contre ceux qui gangrène la ville. Donald fait appel à une agence de détectives privés de San Francisco, qui envoie notre narrateur. Quand il arrive en ville, Donald se fait tuer, et notre détective privé va commencer à nettoyer la ville de tous ses hors-la-loi.

Donc je me suis attaqué à un monument du roman noir. Cet ouvrage est à peu près l’équivalent de Victor Hugo pour la littérature française, ou Emile Zola pour le roman social du XIXème siècle. Car effectivement, il ne s’agit pas que d’une histoire de truands ou de policiers pourris. J’avais une image pessimiste des romans des années 20, par rapport à tout ce que j’ai lu. J’avais peur d’une vision de la société que j’aurais trouvé datée. C’est pour cela que j’ai mis autant de temps à lire ce livre. Et je peux vous dire que finalement je l’ai avalé.

Evidemment, tous les fans de roman noir l’auront déjà lu, auront admiré le travail des traducteurs. J’avais lu un article dans Le Nouvel Observateur qui montrait la différence entre la première traduction et la nouvelle. Il n’y a pas photo ! Ce travail a manifestement été fait avant tout dans le respect de l’œuvre originale. Et là, je salue bien bas. C’est un travail d’orfèvre.

Car, le style est une des qualités essentielles de ce roman. Quelle efficacité !  J’ai été épaté par la façon qu’a, par exemple, Dashiell Hammett de décrire les personnages. Tout tient en une phrase. Deux grand maximum. Et tout de suite, on visualise le type, ou le lieu. Les dialogues sont du même tonneau : courts, percutants, efficaces. Voici un exemple pris au hasard :

"Dick Foley était un Canadien au visage pointu et irascible, de la taille d'un adolescent. Il mettait des talons pour se grandir, parfumait ses mouchoirs et se montrait extrèmement économe en paroles."

Vous connaissez beaucoup d'auteurs aussi efficaces ? Moi pas. Ou très peu.

L’intrigue bénéficie d’un rythme effarant : Quand on prend le bouquin, ça va tellement vite, qu’on a du mal à le lâcher. Ça va dans tous les sens, ça tire à tout va. Et l’auteur n’oublie pas la psychologie du personnage, puisque, après avoir décidé d’être le bras de la justice, le narrateur va petit à petit tomber du coté obscur de la force (clin d’œil humoristique à destination des quelques fans de science fiction guerre des étoilesque qui se seraient égarés sur ce blog).

Certes, certaines scènes ou attitudes ou expressions sont clairement estampillées années 20. Mais je souhaite de tout cœur que cet article vous ait donné l’envie de lire ce roman, qui pour nous, amateurs de romans noirs, est l’équivalent de la bible. Le plaisir de lecture est garanti, la découverte d’un univers garantie.

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 21:19

Je continue mon cycle Charlie Resnick. J‘avais besoin d’un roman policier. Alors, autant prendre un John Harvey, une valeur sure. Comme, en plus, je me suis fixé comme objectif de lire tout le cycle resnick, voilà donc le deuxième.

Harold et Maria Roy se font cambrioler. Lui est metteur en scène pour la télévision britannique, elle ne travaille pas. Lors de leur témoignage respectif, ils sont obligés de mentir. Harold ne peut pas dire qu’il y avait dans son coffre 1 kilogramme de cocaïne, et Maria est tombée amoureuse d’un des voleurs. Charlie Resnick s’aperçoit bien vite que les témoignages ne sont pas cohérents et va mettre en place une stratégie pour arriver à ses fins et arrêter les coupables.

On retrouve avec plaisir le personnage de Resnick, avec son air de gros nounours, son amour du jazz et sa démarche structurée. Personnellement, il se retrouve ennuyé car il cherche à vendre sa maison. Mais il est toujours aussi sympathique et attirant pour les femmes.

Contrairement au premier tome de ses aventures, Cœurs Solitaires, où il y avait une analyse de la solitude des gens dans notre société, et où donc il y avait peu de dialogues, John Harvey nous montre ici tout son art dans la maîtrise des dialogues : ils sont étincelants, logiques, sonnent juste. Mais ceux qui connaissent Harvey ne seront pas étonnés

J’ai particulièrement apprécié l’intrigue : Resnick est un chat qui joue avec ses souris, c’est une araignée qui tisse sa toile, patiemment, et qui pousse doucement ses proies dans son filet. Alors, certes, le rythme global de l’intrigue est lent, mais le résultat est jouissif.

De même, par rapport, au précédent, je trouve l’analyse sociologique moins intéressante. Alors, certes, on sent bien la critique du petit monde de la petite lucarne, leur appât pour un petit gain, le voyage au royaume des artistes qui n’ont pas assez de talent pour se faire remarquer par le grand public, mais j’ai trouvé cela peu intéressant comparé à la qualité du déroulement de l’intrigue.

Au final, voilà un bon roman, plaisant à lire, écrit par une valeur sûre du polar, mais qui, à mon avis, n’est pas son meilleur.

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 20:48

  Je continue dans cette série avec le dernier sorti en date. Sylvie Granotier est un auteur que je ne connais pas mais dont j’ai beaucoup entendu parler. D’ailleurs, j’avais acheté Tuer n’est pas jouer pour ma femme, après avoir lu d’excellentes critiques dans toutes les revues qu’elle achète. Et je n’avais pas pris le temps de le lire, vu ce qu’elle m’en a dit : « je comprends rien, c’est nul ». Bon ! je le lirai un jour, bientôt d’autant plus qu’il vient de sortir en poche ; ça m’apprendra à faire des cadeaux (je plaisante).

Jeanne est une étudiante qui tombe amoureuse d’un arabe dans le RER, qu’elle va appeler Ali. Par la même occasion, elle se rend compte qu’un borgne a une attitude douteuse et bizarre et décide de lui voler son portable. Ces deux événements font qu’elle va se retrouver au milieu d’un groupuscule musulman qui planifie un attentat. Mais son amour pour Ali va la pousser à le suivre et elle va être entraînée dans des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres.

La première chose que j’ai aimé dans ce livre est le portrait d’un jeune femme, étudiante, immature et irresponsable, mais qui ne se laisse jamais abattre. Quelque soit ce qui lui arrive, elle court après un idéal, uniquement au nom de l’amour de sa vie. Rien ne compte, rien n’est important, aucune idéologie ne peut l’arrêter. Comme quoi, l’amour est plus fort que tous les illuminés que porte cette Terre. C’est beau la jeunesse quand elle est insouciante comme ça.

La deuxième chose que j’ai aimé, c’est le rythme. Ça va vite, tellement vite que l’on se retrouve parfois à bout de souffle. Jeanne court et on court avec elle. Les phrases sont courtes, la psychologie à l’image du personnage qui ne réfléchit pas beaucoup. Sylvie Granotier nous a concocté un sprint de cent mètres … euh pardon … de cent pages.

Et le style de Sylvie Granotier est à l’avenant de ce personnage. Alerte, gai, rythmé, avec un leitmotiv, quand elle se retrouve dans une situation inextricable,  qui est : « Je dois réfléchir ». Jeanne est une jeune femme qui agit avant de réfléchir. Ça se lit en un tour de main, mais c’est aussi le principe de cette collection, ça se déguste avec un sourire au coin des lèvres, et les situations s’amoncellent, toutes plus invraisemblables les unes que les autres. Mais l’humour de Jeanne m’a fait passer un bon moment.

Une lecture bien agréable, bien divertissante, sans autre volonté que de nous faire passer un bon moment. Pari réussi. Et en ce qui me concerne, il me reste à retrouver "Tuer n'est pas jouer" et à le remettre dans ma PAL pour bientôt.

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  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
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