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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 21:27
bien connu des services de policeAttention ! Coup de coeur ! Dominique Manotti fait partie des auteurs dont je lis les romans par son approche analytique et sans concession de la société française. Celui-là est excellent !
Le commissaire Le Muyr dirige le commissariat de la ville de Panteuil, située en proche banlieue parisienne. On compte sur elle à haut niveau pour être le fer de lance de l'amélioration des chiffres de la délinquance en vue des élections présidentielles qui auront lieu dans deux ans.
Noria Ghozali travaille aux RGPP. Elle enquête sur les agissements parfois hors-la-loi de la police. Elle surveille tout cela en accumulant les faits et preuves, tout en restant dans l'ombre. Elle a une certaine animosité envers le commissaire Le Muyr et est donc très motivée dans son enquête.
Un incendie se déclenche dans un squat de Maliens. Au milieu des trafiquants de drogue et des proxénètes, cette affaire qui fait quinze morts va mettre la France en émoi, et mettre en lumière une situation que tout le monde va pouvoir exploiter à son avantage ou presque ...
Dominique Manotti, comme je le disais plus haut, fait fort à nouveau dans son analyse de la société française. Car elle nous permet de suivre les affaires à différents niveaux, du policier débutant au vieux de la vieille, des truands aux plus hauts politiques. Le livre fourmille de personnages hauts en couleurs, facilement reconnaissables, qui ont tous leurs objectifs personnels, leur destinée, leur faculté à diriger ou subir les événements.
Et même si la situation qu'elle décrit est révoltante, le message frappe d'autant plus fort que Dominique Manotti ne prend pas parti tout au long du roman. Elle reste très froide dans son style, décrit rarement les sentiments des protagonistes et se contente de décrire les faits. Et c'est gràce à son talent que ça se lit vite, et avec énormément de plaisir. C'est gràce à son talent
Alors, certes, ça se révèle un roman militant, qui dévoile des incohérences et des déviances du système policier, sa gestion et son utilisation devant et pour les medias. Mais Manotti nous laisse nous faire notre propre opiniion.
Comme dans Lorraine Connection, elle pointe son doigt sur des situations plus que sur des disfonctionnements, reste en retrait pour démontrer et démonter des états de fait. Et souvent, en lisant ce roman, je me disais : "pourvu que ça ne soit pas vrai". Chez Manotti, on n'est pas dans une dualité Bon / Mauvais ou Noir / Blanc mais plutôt Gris clair / Gris foncé. Et comme dans tous ses livres (ou du moins ceux que j'ai lus), il y a des gagnants et des perdants, des gagnants qui deviennent perdants et des perdants qui seront toujours perdants.
Bref, un très bon roman à lire absolument, et un coup de coeur Black Novel. Décidément, février 2010 est un beau mois pour le polar noir.
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 20:57

hypothermieChouette ! Voici venir la livraison annuelle des aventures de Erlendur. Oui, je les ai tous lus … et dans l’ordre s’il vous plait. Oui, je les ai tous aimés sauf  Hiver Arctique. Celui là est excellent, alors n’hésitez plus.

Maria est retrouvée pendue dans son chalet au bord d’un lac par sa meilleure amie Karen. La police conclut très rapidement à un suicide. Maria est une femme perturbée qui a connu des drames dans sa vie, entre la mort par noyade de son père et la mort de sa mère, avec qui elle était très proche. Karen refuse de croire que Maria s’est donnée la mort et demande à Erlendur d’enquêter, en lui confiant une cassette. Sur cette cassette, Maria participe à une séance avec un médium qui la met en contact avec l’esprit de son père. Erlendur, qui a du temps libre, cherche à comprendre ce geste et creuse dans le passé de cette famille.

On retrouve avec plaisir Erlendur, après une aventure (Hiver arctique) que j’avais moins appréciée car moins intimiste, moins bien maîtrisée.

On retrouve l’art de Indridason de mener ses intrigues doucement, sans heurts, centré sur la psychologie des personnages et sur ses dialogues ciselés.

On retrouve enfin cette ambiance si particulière où, sans réelle esbroufe, il nous emmène dans ce pays si froid (par le climat, mais aussi par ses habitants méfiants, un peu renfermés).

On retrouve ce plaisir de lecture si intense, cette sensation de suivre ce bon camarade de Erlendur, avec ses problèmes familiaux, ses maladresses quand il doit s’adresser aux gens, mais aussi ses failles intérieures, ses blessures si profondes et qui font si mal.

Car ce livre est centré avant tout sur le personnage de Erlendur. Il se retrouve face à une femme qui a cru qu’avec l’aide de médiums, elle pouvait entrer en contact avec sa mère défunte. Ce que Erlendur aimerait tant faire lui-même avec son frère. Il s’obstine sur cette enquête car il tient à démontrer que l’irrationnel n’est pas une solution à son problème personnel. Ce livre est la superbe démonstration d’un homme blessé, qui ne veut pas guérir, pour garder un souvenir, pour garder un but dans la vie. Ce livre est la superbe démonstration que Indridason aime profondément ses personnages. Ce livre est la superbe démonstration que Indridason est un personnage à part dans le monde du roman noir.

Tous les livres de cette série sont très bons, voire très très bons, voire excellents. Ce sont des livres lents, avec une enquête qui suit finalement le rythme d’un pays si particulier. Si vous connaissez l’univers de Indridason, alors vous devez lire celui-ci. Si vous ne connaissez pas Indridason, il serait mieux de les lire dans l’ordre. Embarquez donc sur le bateau Indridason ! Le commandant de bord s’appelle Erlendur, et vous passerez un excellent moment de lecture. A mon avis, c'est indéniablement un des meilleurs de la série Erlendur, très différent mais excellent.

De nombreux avis trainent chez mes amis blogueurs, et ils sont tous positifs. Voici une sélection non exhaustive, loin de là. Allez voir chez Liberty Valence , Jean Marc , Lire lire lire , carnets de sel ou Hannibal .

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 20:44

Tijuana city bluesPour mes lectures, j’aime bien alterner les gros romans avec des livres plus petits. C’est pourquoi je lis la collection Suite Noire (en dehors du fait que la couverture cartonnée me fait craquer). C’est la première raison pour laquelle j’ai acheté ce livre, la deuxième étant la couverture que je trouve très belle.

L’avocat Miguel Ángel Morgado, établi à Mexico, se voit demander par un charpentier, Alfonso Keller Padilla dit Blondie, de résoudre le mystère de la disparition de son père, Timothy Keller, à Tijuana en décembre 1951. Tim, étudiant américain et sympathisant de gauche, s’était réfugié à Mexico pour échapper à la guerre de Corée et fréquentait un milieu d’expatriés, où venaient d’arriver le romancier William S. Burroughs et sa femme. Pour Alfonso, son père s’est laissé entraîner par naïveté en acceptant de convoyer jusqu’à Tijuana, à la demande de Burroughs, un paquet destiné à une connaissance américaine, Alan Brod. À la suite d’une fusillade dans un bar de Tijuana, Tim a disparu. Bref, une livraison d’héroïne qui a mal tourné. Par amitié pour Alfonso, et par curiosité, Morgado va à Tijuana et commence à creuser : à mesure qu’il cherche, les choses se compliquent, quant à savoir qui a trahi qui.

A roman court, article court. Avec leur couverture, avec leur format, avec leur qualité de papier, le plaisir du lecteur qui aime les beaux livres est aussitôt aiguisé. Cette petite maison d’édition a mis tous les atouts de son côté au détriment du prix, qui est somme toute élevé : 12,50 euros pour 87 pages.

Mais parlons de ce roman. Je ne suis pas un connaisseur de littérature sud-américaine, donc je ne vais pas m’étendre sur des comparaisons ou des commentaires ciblés. Par contre, pour moi, cet auteur est une très bonne découverte.

Il est très difficile de faire tenir une histoire en si peu de pages, avec des personnages principaux et secondaires aussi vivants, avec des évocations de la situation du Mexique aussi bien passée (les années cinquante) que contemporaine.

Et la magie de l’ensemble se tient grâce à un style direct, puncheur, qui ne se complait pas dans des descriptions longues et sans intérêt. Tout est fait pour faire dans l’efficace, dans le concret, dans la suggestion.

J’ai particulièrement apprécié le personnage principal, un avocat débonnaire qui est à l’écoute de son prochain, un personnage immédiatement sympathique à l’allure débonnaire qui prend fait et cause pour « les petites gens ». J’ai aussi apprécié les deux anciens, l’un cul-de-jatte et l’autre bibliothécaire, dépositaires de la mémoire, de tout ce que les gens oublient. Vous l’avez compris, j’ai adoré les personnages, surtout au travers de leurs dialogues.

J’ai aussi adoré lire ce livre pour son intrigue, simple, limpide, qui se suit tranquillement. C’est le genre de livre qu’on lit d’une traite, parce qu’il est court et qu’om est impatient d’en découdre. A la fin, on n’est pas surpris, juste un peu déçu parce qu’on aurait bien aimé que cela se termine bien, mais finalement, on s’aperçoit que l’on a un peu trop rêvé, que le monde est comme ça, et on se dit que cela ne pouvait pas se terminer autrement. Un très petit roman finalement.

Vous pouvez lire les avis des collègues blogueurs chez Jean Marc, BMW & MAM, Lire, voir et entendre ou Hannibal.

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 07:40
Et c'est reparti ! La nouvelle sélection est arrivée pour le printemps.
Après les victoires de L'exil des Anges de Gilles Legardinier dans la catégorie Polar français, et de Petits meurtres entre voisins de Saskia Noort pour le polar européen, voici les 6 livres qu'il va falloir noter :

Pour les polars français :
  • L'Eté tous les chats s'ennuient de Philippe Georget (Jigal)
  • Aux malheurs des dames de Lalie Walker (Parigramme)
  • Kadogos de Christian Roux (Rivages)
Pour les polars européens :
  • Trafic Sordide de Simon Lewis (Actes Sud)
  • Hiver de Mons Kallentoft (Suède) (Serpent à plumes)
  • SweetHearts Club de Jo-Ann Goodwin (Angleterre) Flammarion
Pour être honnête, je me documente pour savoir lesquels je vais lire.
Je vous rappelle que c'est très simple. Vous vous inscrivez sur le site et vous votez. Il y a 6 romans à lire par trimestre ou saison (printemps, été, automne). Chaque gagnant se retrouve dans la sélection finale.
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 21:13
Pour commencer, Polar SNCF vient de rendre son verdict pour le Grand Prix Polar SNCF 2009. Les gagnants sont :
L'Exil des anges de Gilles Legardinier (Fleuve noir)
Petits meurtres entre voisins de Saskia Noort (Denoël)
Bon, ce n'est pas exactement ceux pour qui j'avais voté.
J'attends avec impatience la sélection du printemps 2010 pour me relancer dans une nouvelle aventure.

Ensuite, une librairie vient d'ouvrir dans ma ville. J'habite à Montgeron. La librairie s'appelle 4 pages plus tard. C'est situé 29 avenue de la République. Le cadre est sympa, et l'accueil très chaleureux. Si vous passez dans le coin, n'hésitez plus. C'est ouvert de 10H00 à 19H00 du mardi au samedi.

Enfin, deux petits liens supplémentaires qui vous aideront dans vos recherches :
Noir Suspense est un blog très intéressant qui parle de noir et de suspense : tout ce qu'il me faut
Toute une histoire est le blog de Liberty Valence qui est de très bon conseil
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 21:12
Patrouille aubeL'année dernière, je m'étais fait deux Winslow (La griffe du chien et L'Hiver de Frankie Machine), une façon pour moi de ma faire pardonner de l'avoir laissé de côté. Le premier était excellent, le deuxième très bon. Alors, cette année, pas question de passer au travers du dernier en date.

La patrouille de l'aube, c'est un groupe de surfers de la côte pacifique, et un groupe d'amis. Il y a quatre garçons et une fille : Boone Daniells, Hang Twelve, Dave le dieu de l'amour, High Tide, et Sunny Day. Boone est un ancien flic qui a démissionné suite à une affaire de pédophile. Il est détective privé, mais pas par passion, uniquement pour lui permettre de pratiquer sa passion : le surf. Petra Hall débarque dans son bureau. Elle travaille pour une compagnie d’assurance et lui demande de trouver Tammy Roddick qui doit témoigner à un procès dans quelques jours. Cela n’arrange pas Boone, car on annonce la plus grosse vague de ces dernières années. En parallèle, une jeune femme est retrouvée morte dans un motel. Quelqu’un l’a jeté du cinquième étage. Si au début, la police croit que c’est Tammy, Boone sait qu’il s’agit de la meilleure amie de Tammy, Angela Hart. Petit à petit, la simple enquête de routine va montrer à Boone un monde qu’il ne connaissait pas.

La grosse qualité de Winslow, c’est évidemment sa facilité à dérouler une intrigue de façon extrêmement fluide. Donc, on a droit à une histoire très bien maitrisée, qui va vite et d’une grande limpidité. Les personnages sont nombreux (une petite dizaine) et ils sont suffisamment bien croqués pour que l’on suive avec grand intérêt leurs aventures. Le livre est fait de chapitres courts avec de très bons dialogues, teintés d’humour, ce qui donne une sorte de nonchalance, qui illustre bien la vie des surfers.

D’ailleurs, Don Winslow nous fait la visite de la cote pacifique, n’hésitant pas à nous faire l’historique de cette région, comme pour mieux nous imprégner de ce monde. Tout cela est redoutablement bien fait et très agréable. Et cette visite ne nous épargne rien : il commence par ce qui est beau, bleu, c'est-à-dire le paradis des surfers pour nous plonger dans un monde plus noir, plus ignoble qui est d’ailleurs le vrai sujet du livre.

Et malgré toutes ces qualités, il y a quelques choses qui m’ont gêné : tout d’abord, et cela est très personnel, toute l’histoire est conjuguée au présent et je n’aime pas ça. Ensuite, j’ai trouvé qu’il avait laissé certains personnages de côté, et qu’il les ressortait quand il le jugeait bon, et cela m’a parfois donné la sensation qu’il utilisait des pantins, des marionnettes. Et par moments, j’ai ressenti comme un manque d’émotion dans leurs réactions.

Par contre, tout au long de livre, on a l’impression de suivre une vague histoire d’enquête pour une société d’assurance, et je dois dire que toute la fin du bouquin et donc l’intrigue globale est extrêmement bien menée. Le sujet se révèle très noir, nous décrivant un paradis qui ne l'est qu'en surface. Ce dernier Winslow en date se révèle être un très bon livre, très agréable à lire, très au dessus de la moyenne, mais j’en attendais mieux.

Les avis de Jean Marc, Bibliofractale, et Cynic


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:07
les chiensCe roman fait partie d'une série de 12 volumes mettant en scène Varg Veum, un détective privé ayant un passé dans des ervices contre la maltraitance des enfants. Celui-ci est le septième de la série. J'avais lu il y a quelque temps le premier de la série qui s'appelle Un loup dans la bergerie. Si j'avais apprécié la façon dont l'auteur déroulait son intrigue, cela restait un roman classique avec tous les ingrédients d'un polar "américain". Et puis, l'article de Cynic63 m'a donné envie de le lire.
Mons Vassenden est un homme qui ne peut se passer des jeux de pari et miné par les dettes. Il débarque dans le bureau de Varg Veum, et lui propose une mission de garde du corps lors de son voyage à Oslo, où il est censé rembourser sa dette 0 Svein Grorud. L'atmosphère est tendue lors de l'entretien mais tout se passe bien. Varg remarque un homme Axel Hauger, qui semble être un truand ou l'homme qui dirige tout. De même, il assiste à des coups de fil qui semblent indiquer que plusieurs autres personnes doivent de l'argent à Grorud et Hauger. En sortant, Varg reconnait Marete, une jeune femme qu'il a connu presque trente ans plus tôt lors de ses études. Elle, par contre, refuse de le reconnaître. Il cherche à en savoir plus, et apprend que Marete est morte en 89. Et comme Varg est curieux, il va poursuivre son enquête jonchée de quelques cadavres.
Clairement, ce roman n'est pas écrit par un amateur du genre. Staalesen sait y faire pour créer une atmosphère, pour tisser une énigme, et contruire son intrigue petit à petit. Il sait parfaitement manipuler le lecteur, sans que cela ne se voit. Tout s'agence naturellement, et on n'arrive pas à deviner le dernier fil de la toile d'araignée avant les dernières pages. Et c'est d'autant mieux fait que l'auteur repose son livre sur des personnages forts, bien dessinés, très nombreux (plus d'une dizaine) et très intéressants. Mais on n'est pas perdu dans cette "pièce de théatre", les protagonistes sont immédiatement reconnaissables, et replacés intelligemment dans l'intrigue.
La construction du roman est pour beaucoup dans le plaisir de la lecture. Des chapitres courts, des descriptions claires et efficaces des dialogues très bien écrits et réalistes saupoudrés d'humour, m'ont donné envie d'aller vite pour comprendre ce qui se passait. D'ailleurs, un passage de ce livre se passe lors d'un marathon et le livre m'a fait penser à cela : Staalesen a créée un style qui fait penser à un coureur de fond. Varg court, comme nous, tout au long de l'intrigue, accélérant par moments, reprenant son souffle à d'autres, doublant certains concurrents ou les suivant à la trace.
 Enfin, on perçoit très nettement la dénonciation de Staalesen envers les dérives de la société nordique. Par petites touches, on voit poindre les signes d'un modèle de société qui part à la dérive (je vous rappelle que ce roman a été écrit en 93). Il distille quelques petites remarques au travers de l'avis de plusieurs personnages et j'ai bien eu l'impression qu'ils se rendaient compte de l'état de leur société sans pour autant savoir quoi faire, comme des passagers d'un train lancé à grande vitesse sans possibilité de freiner.
Au final, une enquête de très bon niveau, très divertissante pour le lecteur, avec tous les ingrédients qu'il faut (meurtres, chantages, extorsion, sexe, politique, argent, ...), menée de façon classique mais brillante. Et un petit merci à Cynic.
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 20:30

 

Aller simple carlos salemAprès avoir lu tant de critiques élogieuses sur ce livre, je l’avais forcément mis sur ma liste de livres à acheter. Mais à chaque fois que j’allais dans une librairie pour acheter un bouquin, j’en trouvais un autre à acheter. Finalement, je l’ai mis sur ma liste de Noel, et le Père Noel, dans son immense bonté, l’a déposé au pied de notre sapin. Après Underworld USA, j’avais décidé de le prendre pour m’aérer un peu, pour avoir une lecture plus légère que le dernier Ellroy. Et c’est le livre le plus déjanté, le plus loufoque que j’aie jamais lu.

C’est l’histoire d’Octavio qui est en vacances au Maroc avec sa femme. Il est marié depuis 22 ans, et cela fait 20 ans qu’elle le fait chier (excusez du terme). Il est fonctionnaire espagnol au registre d'Etat Civil. En plein milieu de ces vacances, sa femme fait une crise cardiaque, s’écroule sur le lit de leur hôtel, se relève, se cogne la tête contre la table de nuit, et tombe sur le sol morte. Octavio se rend vite compte qu’avec la trace de coup qu’elle porte sur la tête, personne ne va croire à une mort naturelle. Il décide de la cacher sous le lit et d’aller prendre l’air. Au bar, il rencontre Soldati, un pseudo anarchiste et lors de leur périple, ils en viennent à voler le manteau d’un Bolivien, qui s’avère être un truand. Dans le manteau, se trouvent des faux papiers et de l’argent, faux aussi. Soldati, qui a par le passé cherché à vendre des glaces aux Touaregs et qui dispose d’un camion réfrigéré, aide Octavio à récupérer sa femme. Mais lors de leur retour à l’hôtel, Ils y mettent le feu et s’échappent sans trouver le corps. Les voilà donc poursuivis par la police et par les trafiquants colombiens.

Que voilà un résumé bien long pour un petit livre de 260 pages. Mais en fait, cela ne couvre que les 50 premières pages. Car ce roman part sur des chapeaux de roues pour présenter le canevas de cette intrigue aussi loufoque qu’hilarante. Ici, rien n’est sérieux, c’est drôle du début jusqu’à la fin. Et la suite est du même tonneau, avec des rencontres toutes plus improbables et délirantes les unes que les autres, d’un réalisateur qui tourne un film sans pellicule à Carlos Gardel.

La grande force de ce roman réside dans ses personnages, tous plus humains les uns que les autres. Voilà un auteur à propos duquel je peux dire sans me tromper qu’il aime ses personnages. On s’y attache facilement, on les suit avec plaisir, et quand on croit que l’intrigue s’embourbe, Carlos Salem fait une pirouette, en général très drôle, et l’intérêt est relancé.

J’ai particulièrement apprécié aussi les réflexions pseudo philosophiques, peut-être pour montrer que tout le monde peut le faire, ou pour monter le polar au niveau de la grande littérature, ou juste pour faire rire. Aucun sérieux n’est à retenir, ceci est une gigantesque potache, une énorme blague, avec d’excellents bons mots qui mériteraient leur place dans tout bon dictionnaire de citations. Et donc, le plaisir de lire est au rendez vous. Et j’avais l’impression parfois de lire du Westlake, pas en ce qui concerne le style, ou la construction de l’intrigue mais plutôt en ce qui concerne la volonté affichée d’abandonner la rationalité et le sérieux, pour se laisser entraîner dans les délires de l’auteur.

C’est aussi de très beaux portraits de personnages à la poursuite d’un objectif, d’un idéal qu’ils n’arriveront pas à atteindre. Entre Octavio qui cherche sa femme, le Bolivien qui court après un agenda, un réalisateur qui tourne un film sans pellicule, un écrivain qui cherche à écrire un livre, tous cherchent quelque chose qui donne un sens à leur vie. Même si ces objectifs sont plus loufoques les uns que les autres. On arrive à se demander si le monde entier n’est pas devenu fou.

Là où je suis un peu plus mitigé, c’est que par moments, j’ai décroché. Certes j’ai continué, et j’ai bien fait, car les rebondissements sont tellement bien faits que l’on est tout de suite repris par le rythme comique de l’ensemble. De plus j’ai regretté que les extraits des chansons de Gardel ne soient pas toutes traduites. Je ne parle pas espagnol, et j’ai peur d’être passé à coté de blagues supplémentaires ou tout simplement d’un peu de poésie. Enfin, des fautes d’orthographe en assez grand nombre m’ont un peu énervé.

En conclusion, Aller simple est une très bonne découverte, un auteur que je vais suivre pour son univers déjanté et décalé. Cela fait du bien de lire un polar différent et extrèmement bien construit, qui va au-delà de la simple blague. Je vous le conseille fortement. Un excellent polar qui n'est pas passé loin du coup de coeur en ce qui me concerne.

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 21:29
Je me suis amusé à compter les livres "grand format" qui sont disponibles dans mes bibliothèques. je suis arrivé à 92. Ce qui me fait environ 2 années de lecture. Et ça m'a fait sourire ... de joie. Je ne compte pas les livres de poche, car rien qu'avec les Rivages noir, je dois en avoir 400, et avec les autres, ça doit allégrement dépasser les 600.

En ce début d'année 2010, j'ai décidé de travailler un peu ce blog, suite à quelques commentaires et suggestions bienvenus.
Tout d'abord, il y a maintenant un index alphabétique des auteurs. Cela peut être utile pour s'y retrouver. Reste pour moi à ajouter une rubrique Coups de Coeur et une rubrique sur le livre que je lis (mais je cherche un titre qui me plaise)
Ensuite, j'ai enfin réussi à ajouter dans mes articles les vues des couvertures des livres qui me satisfasse. Ce fut une demande de quelques uns des visiteurs de ce blog.
De plus, Noirs Desseins a changé d'adresse. Le lien est mis à jour.
Enfin, j'ai mis à jour mes liens, et voici la liste de ceux que j'ai ajouté :


Action suspense, Le blog de Claude LE NOCHER, que je lis souvent car il est mis à jour très souvent (plusieurs fois par semaine) et que j'avais oublié.
Calibre 47, le site de Claude Mesplède, oublié aussi dans ma liste, et tout aussi indispensable
Noir comme polar : même remarque que ci-dessus
Polar pourpres : une des nombreuses bibles polar dont j'aime bien l'esthétique
K-libre : se présente comme un journal avec de nombreux articles bien argumentés
Le rayon du polar : Librairie dont le site propose des chroniques
Sur mes étagères : très beau site à suivre, plutot généraliste
Just read it : Site généraliste aussi découvert par hasard
Les polarophiles tranquilles : découvert récemment et bien fait
Réservoir blog : nom amusant pour un blog coloré
Serial lecteur : Je vais souvent dessus car il y a de nombreuses mise à jour. Les articles sont très courts.
Yspaddaden : Je le lis souvent et je l'avais oublié !!!

Là où les livres sont chez eux : Je le lis souvent et je l'avais oublié !!!
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 20:34

derive-sanglante.jpgLes deux fois où j’ai entendu parler de William G. Tapply, c’était sur RTL dans la rubrique C’est à lire (link) fin 2008 pour Casco Bay et en juillet 2009 pour l’annonce de sa mort. Fin 2008, j’avais donc acheté Casco Bay, et en 2009 le premier tome de la série Calhoun : Dérive sanglante :

Calhoun est un homme sans passé. Ayant pris la foudre, il se retrouve amnésique avec une cicatrice dans le dos. Après un long passage à l’hopital, il va s’installer dans le Maine et se construit une maison au fond des bois, avec l’aide de Lyle un jeune homme plein de bonne volonté, dont les passions sont la pêche , la chasse et les femmes. Calhoun trouve un travail comme vendeur – guide dans un magasin d’articles de pêche tenu par Kate. Rapidement, ils deviennent amants. Un matin de juin, un gros homme nommé Green veut trouver des coins inédits pour aller pêcher. Comme Calhoun ne le sent pas trop, il demande à Lyle de le guider. Deux jours plus tard, Lyle est retrouvé assassiné. Calhoun se sent coupable de l’avoir envoyé à la mort, et va se découvrir des qualités d’enquêteur … entre autres.

Comment puis-je commencer cet article ? Avez-vous déjà passé une matinée, au réveil, au bord de l’eau, avec une canne à pêche (pour faire bien, pas pour pêcher) ? Avez-vous déjà apprécié le calme, le silence, le temps qui passe au rythme de l’eau qui s’écoule et des poissons qui frétille ? Moi si. Quand j’étais plus jeune, ça m’est arrivé d’aller chercher un peu de calme comme ça. Et en cela, ce n’est pas très loin du personnage de Calhoun. Alors, évidemment, je me suis fortement identifié à ce personnage un peu particulier.

Le rythme de l’histoire est lent, calme comme l’eau qui s’écoule dans la rivière. Calhoun est un personnage qui apprécie la nature car il la connaît, il la comprend. C’est un personnage beau, fort (dans sa description psychologique, pas pour le physique !). Les personnages secondaires sont aussi parfaitement croqués, et facilement reconnaissables. Et on retrouve ce que j’apprécie : cette efficacité à décrire en quelques mots les traits physiques qui traduisent la psychologie du personnage.

L’enquête en elle-même sert plus d’alibi, car le vrai héros de ce roman, c’est le Maine. Ce sont ces forêts tellement luxuriantes le jour, tellement inquiétantes la nuit. Ce sont les rivières qui s’écoulent paisiblement. Ce sont les poissons qui vivent tranquillement, et Calhoun qui en observateur avisé, nous fait partager sa passion sans jamais faire de redites, ou nous lasser. Avis aux stressés de la vie : arrêtez vous cinq minutes, ouvrez ce livre et cela vous permettra de respirer cinq minutes. La grande qualité de ce livre est là : la pureté et le rythme de son écriture

En même temps, même si j’ai beaucoup aimé ce livre, l’histoire et son rythme peuvent être un de ses défauts. Il ne conviendra pas à ceux qui veulent du suspense, du rythme, de l’action. Ici, pas de course poursuite, pas de meurtre toutes les cinq pages. Cela se situe de nos jours, à la campagne, avec des gens qui ne vivent pas au même rythme que les citadins. Les préoccupations ne sont pas les mêmes, ces gens-là prennent le temps de vivre.

Pour finir, si vous n’êtes pas décidé à lire ce livre, je dois vous mettre en garde de ne pas vous fier à la quatrième de couverture. Je cite : « Calhoun se lance alors sur sa piste et accumule les découvertes macabres … Première aventure de Stoney Calhoun, Dérive sanglante nous promène à travers les paysages idylliques et chargés d’histoire du Maine, jusqu’à un final aussi violent qu’étonnant. ». Les découvertes macabres, je les cherche encore et la violence du final me laisse dubitatif. Je me demande si celui qui a écrit cela a lu le livre, ou s’il a juste été emporté par son enthousiasme, ou s’il a voulu faire du sensationnalisme pour vendre. En tous cas, ce roman n’a pas besoin de tels arguments falsifiés, c’est un roman rare, un OVNI face à beaucoup de publications actuelles. Je regrette aussi le titre car l’original « Bitch Creek » fait référence à l’étang où Lyle a été tué et cela aurait fait un bien meilleur titre.

Pour ma part, je lirai Casco Bay avant de lire le dernier tome qui se nomme Dark Tiger et qui sortira en mars 2010 aux éditions Gallmeister bien sur : les informations sont situées ici.

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  • : Le blog de Pierre Faverolle
  • Le blog de Pierre Faverolle
  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
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Dorénavant, les nouveaux billets seront :

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