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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 19:49

histoire amour radioactiveVoici donc le nouveau Chainas, auteur français à part dans le paysage littéraire et dont je lis tous les ouvrages depuis le début. C’est donc le cinquième roman après Aime-moi Casanova, Versus, Anaesthesia et Six pieds sous les vivants, et c'est un coup de coeur.

Une affaire secoue la France : Des malades incurables au stade terminal sont retrouvés suicidés. A chaque fois, ils sont atteints d’un mal qui se rapprocherait d’un empoisonnement, ils quittent l’hôpital de leur plein gré et sont retrouvés morts d’une mort volontaire. Et ils ont tous rencontré une jeune femme pendant leur maladie, belle à mourir.

Seuls deux flics Javier et Plancher ne croient pas aux coïncidences. Javier est un vieux de la vieille, Plancher un petit jeune. Ils vont tomber fous amoureux l’un de l’autre. Et quand Plancher tombe à son tour malade, Javier va mener l’enquête pour sauver le souvenir de l’amour de sa vie.

Un autre personnage parcourt cette histoire. Il s’appelle DRH (humour?), travaille dans une multinationale dont le but est de préparer les plans de licenciement pour des entreprises. Lui aussi tombe malade, lui aussi rencontre la jeune femme, artiste, qui se prénomme Veronika. Lui aussi va découvrir la valeur de la vie, de sa vie.

Antoine Chainas démontre une nouvelle fois qu’il est un personnage à part. Sa vision de notre monde, de notre société est d’une noirceur rare.  Cette Histoire d’amour radioactive est moins glauque que ses précédents romans, mais cela reste du noir pur jus, dopé à l’adrénaline. J’ai fait preuve de tant de naiveté quand j’ai attaqué ce livre, j’ai cru qu’il allait écrire un roman d’amour situé dans le milieu policier. Mais Avec Chainas, cela ne peut pas être une histoire d’amour comme les autres. Certes, ils sont homosexuels, mais ils sont aussi adeptes d’expériences que j’appellerais jusqu’au boutistes. En cela, ce roman, comme les précédents n’est pas à mettre entre toutes les mains.

Tout sonne juste dans ce roman : le style est court, précis, concis. Les dialogues formidables, les personnages vivants, l’intrigue menée au cordeau, les chapitres courts pour donner une impression de vitesse, car c’est une course contre la montre, une course contre la mort. Et les sujets de réflexion abondent de la vie de cadres dont le métier est de virer des gens pour atteindre leur objectif à celle plus philosophe de l’amour, de la valeur de la vie, mais aussi du conformisme, de la vie bien rangée que nous avons tous car la société nous formate pour ne pas dévier du bon sens commun.

Et là où Antoine Chainas fait fort, c’est que tout au long du roman, il joue avec le lecteur, écrivant des passages désespérés sur l’amour qui, par sa magie et sa maitrise, ne sont pas mièvres, pas lourds mais simplement beaux. Chainas nous a écrit un livre sur la beauté de la vie dans un monde qui court à sa perte. C’est aussi un livre sur la perte, sur la douleur, sur l’art, sur l’homosexualité, sur … Chacun y trouveras son compte, même si beaucoup de sujets sont effleurés pour mieux laisser le lecteur dans ses pensées.

C’est un livre que j’ai dévoré, parce que j’adore Chainas, parce que j’adore le noir, parce que j’adore le style. Comme tous ses romans, je n’arrive pas à le comparer à quelqu’un et c’est tant mieux. Mais il faut être prêt à voyager en sa compagnie dans son monde, dans sa vision de notre monde. Antoine Chainas n’est pas un extrémiste, c’est un marginal qui marche sur la ligne jaune, tout le temps en équilibre. De toute évidence, ce roman, comme les autres, suscitera beaucoup de commentaires, positifs ou négatifs. De toute évidence, ce roman, comme les autres, ne passera pas inaperçu et ne laissera pas indifférent. Moi, j’adore !

En bonus, j'ai trouvé cet article sur Rue89.

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Published by Pierre faverolle - dans 2010
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commentaires

automated trading systems review 12/01/2012 10:13

Il faudrait peut-être que je m'y remette. @Catherine : Bienvenue à Oakland est un des grands livres de l'année.

Pierre faverolle 12/01/2012 14:43



D'accord avec toi



Dup 07/05/2010 09:32


Et bien voilà, j'ai trouvé! Après Casanova, je vais lire ce dernier, et si le plaisir de lecture se confirme, je m'attaquerai aux autres.
Merci pour cette belle chronique!


Pierre faverolle 07/05/2010 13:45



Bonne lecture alors ! Avec Versus, ce sont à mon avis les meilleurs. Cet avis n'engage que moi, bien sur !


 



Emeraude 18/04/2010 22:58


je n'ai pas suivi ton conseil et j'ai commencé par celui là (évidemment, mon chéri a débarqué à la maison avec, même si il les a tous et que j'aurai pu lire n'importe lequel) et j'ai effectivement
adoré. Une claque en effet mais une claque qui fait du bien !


Pierre faverolle 19/04/2010 07:01



Heureux que ça te plaise ! A mon avis, ça va faire débat ! Chainas est un auteur à part, un grand auteur :



Emeraude 15/04/2010 11:38


je n'ai encore jamais lu de Chainas mais ce n'est pas l'envie qui m'en manque... Ce prochain me semble effectivement très bien ! En attendant, je lirai sûrement anesthesia...


Pierre faverolle 15/04/2010 14:54



Pour entrer dans son monde, je te conseillerai plutot 6 pieds sous les vivants. ça te donnera une idée de son univers. Après, au choix, versus (mon préféré), anaesthesia ou le dernier (mon
deuxième préféré). En tous cas, bonne lecture, et attends à une claque. ça ne te laissera pas indifférente, j'en suis sur.



Jean-Marc Laherrère 13/04/2010 14:38


Je n'ai pas encore lu le Chainas (dont j'ai beaucoup aimé les romans précédents), mais je voudrais quand même rectifier un point.
J'ai eu la chance de le rencontrer et de passer quelques heures avec lui. Non, il n'a pas d'ego surdimmensionné. Même si on le compare (à mon avis à tord) à Dantec, je ne l'ai à aucun moment lors
de notre rencontre entendu prétendre à autre chose qu'à essayer d'écrire à sa façon les histoires qu'il a dans les tripes.
Il est même plutôt timide et vous le trouverez rarement dans les salons.
Pour le reste, on aime ou pas ses bouquins. Je vais vérifier d'ici peu si j'aime aussi son dernier.


Pierre faverolle 13/04/2010 15:12



Merci de cette précision. Comme tu le dis, on aime ou on n'aime pas mais il ne laisse pas indifférent. Et parfois, il fait aussi dans la provocation ... en fleurtant avec les limites.



Terry 11/04/2010 22:53


Parfait désaccord sur les deux derniers romans chroniqués. Chainas, c'est le ticket chic et choc. Admirez ma noirceur, mon moi souffrant et ma virtuosité pour le dire (moi je ne trouve pas,
évidemment). Noirceur à la brillantine, donc, et surtout très égo nombrilisée. A l'opposé de Roux, qui montre l'humain, l'extrême noirceur du monde, son injustice et sa complexité. Sans brillance,
sans admiration de lui-même... Pas chic mais très choc... et assez insupportable pour ceux qui veulent idéaliser le monde (et même la noirceur du monde). D'où, d'ailleurs, dans les comentaires sur
le roman de Roux, cette personne qui dit : les histoires d'enfant soldat, j'évite. Eh ouais. Eux, ils n'évitent pas!
Désaccord aussi sur la profondeur. Roux, me semble-t-il, évite de s'éterniser pour nous étaler sa philosophie personnelle du monde, mais ses personnages sont profondément taillés dans la chair...
Oui, un autre aurait sûrement fait un roman de cinq cent pages interminable - la taille best seller américain. mais il évite ça (et nous l'évite) alors que son histoire est d'une richesse
incroyable et je trouve ça très bien!
Cela dit, ça se trouve, ces deux auteurs s'adorent. Je les compare parce que c'est ce que vous avez fait dans les commentaires du blog précédent mais en fait, ça ne me serait pas venu à l'idée.
les goûts, les couleurs et tutti quanti...


Pierre faverolle 12/04/2010 10:49



Merci de ce commentaire très étayé.


Les deux auteurs ne sont pas à comparer car ils sont tellement différents. Sur Christian Roux, j'ai adoré ses autres romans (sauf un que je n'ai pas lu). kadogos, j'ai bien aimé, mais seulement
bien aimé. Oui, Christian Roux est un super auteur et je suis le premier à être malheureux de dire que Kadogos m'a un peu déçu.


Chainas, c'est la démesure. Comme je l'ai écrit, on va en entendre parler, en bien et en mal. Je conçois qu'il puisse énerver, exaspérer, et je pense qu'il peut aussi passionner. Oui, il a un égo
surdimensionné. Mais cela n'a rien à voir avec son écriture.Qu'on le veuille ou non, Chainas est un sacré personnage dans la littérature noire française.


Pour que je sois plus clair : Je me fais l'avocat du diable. Je ne cherche pas à te contredire, ni à te faire changer d'avis, juste à argumenter mon avis. Merci encore pour ton message



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