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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 11:00

Alors 2010, c’était comment ?

Comme vous avez la liste des coups de cœur de Black Novel, je ne vais pas en rajouter trop. Mais 2010 aura été une année riche en découvertes … et en lectures. En découvertes avec plein de nouveaux copains blogueurs, plein de lecteurs, plein de commentaires pour discuter des romans chroniqués. En lectures parce que, avec 94 livres lus, j’ai pu augmenter le nombre de nouveaux auteurs et le nombre de coups de cœur. Là où avant, je retirai d’une année environ 5 coups de cœur, cette année, il y en a eu huit.

Et mon préféré ?

Je dois dire que je suis heureux que trois de mes auteurs favoris se soient montrés à un excellent niveau :

James Ellroy avec Underworld USA

Dominique Manotti avec Bien connu des services de police

Antoine Chainas avec Une histoire d’amour radioactive

Mais les deux romans que je garderai bien au chaud près de mon cœur sont :

Pascal Dessaint avec Les derniers jours d’un homme

Sophie Di Ricci avec Moi comme les chiens

Et puis, il y aura eu Indridason (Hypothermie) avec un roman intimiste poignant, la trilogie de William Tapply, Ken Bruen bien sur avec deux excellents romans, Mons Kallentoft très surprenant, Keigo Higashino avec La maison où je suis mort autrefois fantastique, Simon Lelic avec Rupture, Max Obione avec Scarelife, un superbe John Harvey, un Grandiose Lucarelli. Sans oublier le dernier Patrick Bard, ni les 4 mousquetaires de la collection Nuit Blanche de chez Plon (Thierry Brun, Laurent Brard, Laurent Terry et Ingrid Desjours).

Je n’oublie pas non plus les auteurs qui m’ont écrit ce qui me fait énormément plaisir, les éditeurs avec qui j’ai échangé mes points de vue.

Grande année 2010 en ce qui concerne Black Novel.

Alors j’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2011. Qu’elle soit riche en découvertes pour vous aussi. Bonheur, joie, santé … A bientôt ou plutôt à l'année prochaine et n’oubliez pas le principal : lisez !

 

Et pour 2011 ? Réponse dès ce dimanche.

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Published by Pierre faverolle - dans 2010
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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 20:30

Eclipse nuit hiverUne curiosité ! Dup de Book-en-stock m’a fortement conseillé de lire ce roman policier. Son billet ne doit pas vous faire hésiter. Et ce roman donne fortement envie de se plonger dans l’œuvre de Richard Albisser.

Nous sommes à Roubaix et ses environs, en 2008, et les préparatifs de la Saint Valentin occupent le capitaine Drassir et son épouse Jasmina. Lui travaille donc pour la police et elle est devenue écrivain de polars. Après un premier roman plein de promesses, Jasmina cherche en vain la bonne idée pour démarrer le deuxième. Mais ses pensées vont ailleurs : son projet est d’accueillir la petite Marie, une jeune haïtienne qu’ils ont décidé d’adopter.

Jasmina reçoit la visite de André Mendus, qu’ils ont rencontré lors d’une précédente enquête. Celui-ci raconte à Jasmina comment des faits étranges ont fait irruption dans sa vie, des faits anodins liés au trois de carreaux, une carte d’un jeu de tarot. Ceci pourrait faire l’objet d’un roman, pourquoi pas ?

Bruno Valet, 27 ans, chef de rayons liquides chez Soulier et compagnie, se fait écraser dans l’allée L de l’entrepôt. La police classe rapidement l’affaire comme accident mais sa femme Valérie Valet n’y croit pas. Elle se rend au commissariat pour porter plainte, et la main courante est enregistrée par le commandant Steenman, qui va bientôt disparaître.

Alors qu’elle se baladait, Jasmina est prise à partie alors qu’elle va pour reprendre sa voiture. Elle se rend compte qu’elle est suivie puis pourchassée. Elle accélère alors l’allure mais ne fait pas attention aux feux rouges. Elle va percuter une voiture et se retrouver dans le coma. Le capitaine Drassir va devoir mener de front toutes ses enquêtes en ayant en tête que sa femme se bat contre la mort sur un lit d’hôpital. Cette enquête aux nombreuses ramifications va se dérouler bien éprouvante.

Décidément, le Nord regorge d’auteurs de talent, ou du moins les romans que je lis sur le Nord sont de bonnes pioches. Car celui-ci est un très bon roman passionnant à lire. Si on ne peut reprocher une chose à Richard Albisser, c’est bien l’art de mener une intrigue, en prenant plusieurs affaires et en les faisant converger petit à petit. C’est extrêmement plaisant à lire, car, en plus, c’est très bien écrit. Les personnages sont forts, beaux et vivants. Et puis, il y a la fin, une véritable pirouette, un pied de nez à tous les détectives en herbe que nous sommes. Richard Albisser m’aura envoyé une belle, superbe claque.

Au-delà de l’aspect policier du roman, le contexte social est très présent et bien introduit dans l’histoire, sans qu’on ait l’impression que cela soit rajouté pour faire beau. Les policiers sont tous des immigrés ou fils d’immigrés. Cela leur donne une certaine acuité dans leur vision de notre société. Et on a droit à des réflexions, liées aux personnages, qui sont suffisamment bien placées pour que cela fasse corps avec le personnage, sans que l’on ait l’impression que l’auteur nous assène ses vérités. C’est très bien fait et très plaisant, car cela rajoute plus de profondeur aux personnages. Et tout le monde en prend pour son grade, du système policier à la justice, des hôpitaux aux programmes télévisés, au milieu du racisme ambiant, ordinaire, celui qu'on ne remarque même plus. Et tout est écrit avec de l’humour cynique, ce qui aide à faire passer des messages.

Les deux petits bémols tiennent dans le choix de style de l’auteur et dans la police de caractère de l’éditeur. Richard Albisser a conçu son livre sans beaucoup de dialogues, mélangeant ceux-ci avec des impressions, décrivant par ci par là des situations par des phrases longues sans forcément nécessité. Ensuite, la police de lecture, est trop petite ; certes cela permet de faire un format de poche au prix extrêmement abordable (10€), mais comme je lis le soir, ça m’a gêné.

Ces deux petits défauts ne m’empêcheront pas de lire le prochain, ça c’est sûr. Pour finir, un grand merci à Dup pour son conseil, et aux éditions du Riffle noir pour cette découverte.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 20:30

LeviatempsJe ne suis pas un fan de Maxime Chattam, ayant essayé plusieurs fois ses romans sans avoir été convaincu. C’est sur la recommandation de Dup de Book en stock que je me suis attaqué au dernier en date : Léviatemps.

Nous sommes en plein Paris, en 1900, alors que l’exposition universelle va bientôt ouvrir ses portes. Guy de Timée est un journaliste reconnu, devenu romancier à succès, qui connaît le drame de la page blanche. Son inspiration s’est tarie, et pourtant sa volonté est de pouvoir écrire un livre à l’égal de Arthur Conan Doyle, qui représente tout ce vers quoi il veut tendre.

Pour retrouver son inspiration, il va falloir qu’il se plonge dans les bas-fonds de Paris, pour se mettre en danger, mais aussi pour rencontrer la matière même de sa future œuvre. Du jour au lendemain, il abandonne sa femme et sa famille et loge dans le grenier d’une maison close, chez Julie de Sailly. C’est une maison de bonne réputation où une partie des bourgeois viennent pour assouvir leurs besoins sexuels, ou pour faire bonne figure en société en bonne compagnie.

Un soir, l’une des jeunes prostituées Milaine est retrouvée assassinée. Son corps est tendu en arc de cercle, sa peau sue du sang et ses yeux sont complètement noirs. Quand la police débarque, l’interrogatoire montre que les deux policiers n’en ont rien à faire de cette affaire. Par contre, le sens de leurs questions montre qu’ils ont connu un ou des cas similaires vers la rue Monjol, dans un quartier situé derrière Ménilmontant où tous les pauvres habitent dans des conditions déplorables.

Guy va alors prendre en charge l’enquête, aidé par Faustine, l’une des pensionnaires de la maison close et de l’inspecteur Perroti secrètement amoureux de Milaine. Ils vont se rendre compte que le cas de Milaine n’est pas le seul, qu’il y a au moins trois meurtres horribles qui sont survenus dans les deux derniers mois. La traque du mal peut donc commencer dans le Paris du début du siècle dernier.

Maxime Chattam est reconnu pour être un auteur dont l’obsession est le mal et qui sait raconter des histoires avec des personnages à la psychologie complète (à défaut d’être complexe, mais c’est mon avis). J’ai commencé par l’âme du mal, que je n’ai jamais fini car c’était trop sanguinolent pour moi, j’ai lu avec plaisir Les arcanes du chaos même si c’était très loin de l’extraordinaire Le bibliothécaire de Larry Beinhart (sur un sujet similaire) et j’ai détesté Prédateurs que j’ai trouvé trop gratuitement démonstratif. Dup m’avait assuré que celui-ci n’était pas sanguinolent, et son article m’a convaincu de me jeter à l’eau.

Eh bien, ce roman est le meilleur que j’ai lu de lui. Je me suis laissé prendre par l’intrigue, bien menée grâce à un personnage principal dont les qualités d’auteur ont permis à Maxime Chattam de construire son livre. Guy a une façon d’approcher la psychologie du tueur en s’appropriant ses faits. Avec son esprit de déduction, il arrive ainsi à avancer, grâce aussi à son double féminin Faustine. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ces aventures, car je dois reconnaître que le style est fluide, facile à lire, avec des dialogues toujours justes.

Ce roman est aussi un hommage aux romans populaires avec un héros qui se cherche, en suivant une ligne qui le mènera au pire. Avec un héros profondément bon attiré par le mal, aidé de deux acolytes qui le soutiennent et le poussent, on retrouve tous les ingrédients pour passionner le lecteur dans un cadre magistral : celui du Paris du début du vingtième siècle et ses innovations qui vont bouleverser le monde moderne tel que nous le connaissons.

Maintenant que j’ai listé les arguments positifs, voici ceux pour lesquels je mets un bémol pour ce roman. Le contexte justement me parait esquissé, j’aurais aimé plus de descriptions de ce Paris de l’exposition universelle, plus que ces quelques touches par ci, par là. On est loin d’un roman comme l’Aliéniste de Caleb Carr par exemple, qui nous plonge dans le monde du début du vingtième siècle. Ensuite, la technique de Maxime Chattam pour faire avancer son intrigue est ce que j’appellerai celle du Petit Poucet. Je trouve une pierre blanche (un indice ou une idée) donc j’avance, puis je m’arrête, je réfléchis, je fais la synthèse de ce que j’ai trouvé, puis je trouve une nouvelle pierre blanche, et ainsi de suite. Je ne vais pas dire que cela m’a gâché ma lecture, mais le principe est parfois trop voyant.

Pour être honnête, j’ai bien aimé ce roman, qui me réconcilie avec Maxime Chattam. J’ai apprécié de suivre les aventures de Guy et Faustine, j’ai aimé être mené vers de nombreuses fausses pistes. Je regrette juste qu’avec un tel sujet, l’auteur n’en ait pas fait un chef d’œuvre. Cela n’empêche pas que ce roman m’aura fait passer un bon moment et j’en remercie encore ma copine Dup.

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 20:30

RictusJe persiste dans la découverte du roman noir français des années 50 à 70 avec cet excellent roman noir signé Jean Pierre Ferrière, toujours édité par Plon dans leur décidément excellente collection Noir Rétro.

Que faire quand on est père de famille et que l’on se sait condamné à court terme pour mettre sa famille à l’abri du besoin ? C’est la situation à laquelle est confronté Mathieu Collard, marié à Jeanne, père d’un petit François de deux ans, et ouvrier aux Cartonneries du Loiret. Depuis quelques temps, il a des douleurs à l’estomac et dort très mal. Son docteur généraliste Jean Louis Tristan l’ausculte, lui fait passer des radios et en arrive à la terrible conclusion qu’il lui reste entre six et huit mois à vivre. Comme il doit payer sa maison et assumer la vie future de sa famille, Collard cherche une solution rapide pour gagner de l’argent : gagner au loto ou commettre un acte illégal.

Alors, Collard erre dans les rues, ne laissant rien transparaître de ses problèmes de santé, ni à sa femme, ni à son travail. Il rencontre Sandra, une prostituée, à qui il se confie, puis Mlle Simone, la secrétaire du docteur Tristan qui va lui apporter une solution : en l’échange de 150 000 francs, il devra tuer Alexandre Chassagne. Après négociation, il touchera 100 000 francs avant le meurtre, et 50 000 francs après. Une nuit, il intercepte la voiture de Chassagne et l’étrangle.

Il ne verra jamais la deuxième partie de la somme, mais cela lui permet de payer sa maison et de s’offrir une voiture. Lors d’un accident de la route, sa femme et son enfant meurent, et il se retrouve à l’hôpital, seul rescapé, seul. Il apprend alors par le docteur Brunel qu’il n’est pas condamné, qu’il n’a qu’une simple gastrite. Commence alors pour Collard sa quête de vengeance.

Ce roman est l’exemple type d’une histoire simple racontée avec logique. Outre le fait que le roman soit court (170 pages), il se lit vite grâce aux grandes qualités littéraires de la narration. Si l’intrigue est positionnée dans les années 60-70, la psychologie des personnages n’a pas d’age. Car nous suivons Collard dans toute sa logique de père de famille responsable, dont l’obsession est de sauver sa famille d’une vie pénible, sans argent, sans avenir. Puis, après son drame, il se retrouve sans attache, sans but, sans avenir. La logique de Collard est effrayante, la talent de Jean Pierre ferrière pour nous le faire ressentir énorme.

Les autres personnages ne sont pas là en tant que faire valoir. Ils sont aussi importants dans le déroulement de l’histoire que peut l’être Collard. Faire vivre six ou sept caractères en aussi peu de pages, c’est aussi une épreuve de force réalisée par ce livre. Du docteur à la prostituée, tous ont leur motivation, leurs objectifs, leur petite vie, leurs amours, leurs soucis. Parfait dans sa description, subtil dans son style simple et imagé, ce roman est un régal dans une collection qui s’affirme de plus en plus comme une mine de petits trésors.

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 20:30

Parce que c'est écritLes éditions de la Licorne m’ont donné l’occasion de découvrir un nouvel auteur, dont c’est le premier roman, avec un sujet bien aguichant. C’est aussi l’occasion de découvrir un nouvel auteur.

Flora est peintre, et vit sur les bords du lac Léman, avec son mari Daniel, avec lequel elle vit un amour fusionnel. Sa vie personnelle est heureuse, sa vie professionnelle tranquille, puisque sa dernière exposition à Genève s’est bien passée. Elle se prépare pour le grand saut, une exposition à New York, où sa carrière devrait décoller, grâce à l’appui de Thibault, directeur de la galerie. Avant de partir, elle tire son avenir dans le tarot et aperçoit un avenir sombre, voire même dramatique non pour elle mais pour son entourage.

Thibault est un homme à femmes. Sans même le vouloir, il exerce sur elles un attrait et une envie sexuelle alors que lui ne désire pas forcément de rapports. Il est amoureux de Charlotte, l’assistante d’un de ses meilleurs clients. Pour le moment, ses occupations sont essentiellement l’exposition de New York, pour laquelle il met toutes les chances et audaces esthétiques de son coté, afin que cela soit un succès pour lui et Flora.

Effectivement, cette exposition des toiles de Flora est un succès sans précédent, et ils sont même obligés de rajouter des jours d’ouverture, pour combler les demandes. Mais, des événements bizarres ont lieu : tout d’abord, un homme mystérieux semble épier les moindres faits et gestes de Flora, Flora reçoit une lettre étrange, une des vendeuses se fait tabasser, un policier se fait même tuer. Et puis 5 acheteurs mystérieux veulent se porter acquéreur d’une toile de Flora : Le regard. L’escalade vers la violence ne fait que commencer pour Flora et Thibault.

Reconnaissons à Véronique VanHaren une grande qualité : celle de prendre une situation simple et de créer une atmosphère intrigante et mystérieuse qui tient en haleine. Son style est fluide, rapide à lire, agréable et on a envie de comprendre de quoi il retourne de tous ces événements aux multiples meurtres.

Le roman est surtout basé sur les dialogues, qui sont fort bien faits et réalistes. Il n’y a pas de descriptions des lieux longues de plusieurs pages, ni de descriptions des actes qui n’en finissent pas. Si l’on ajoute à cela que les chapitres sont courts, ce roman se lit donc très vite, avec une intrigue menée avec rapidité et logique. Avec une ambiance de mystère, quelques soupçons de fantastique, c’est une enquête somme toute classique à laquelle on a affaire.

Mais tout cela m’a laissé un peu sur ma faim. Comme c’est un premier roman, je ne peux que regretter cette omnipotence des dialogues, qui au global, laissent de coté à la fois les lieux (j’aurais aimé une description de New York vue par une peintre) et la psychologie des personnages réduite au minimum.

En ce qui concerne les scènes « chocs », j’avoue ne pas avoir été impressionné, car j’ai eu l’impression d’une certaine retenue par le choix de descriptions succinctes. Forcément, en tant que fan de Chainas, je suis un peu blindé dans le domaine. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on peut le lire à tout age, mais ce roman ne m’a pas paru choquant. C’est donc un premier roman prometteur en terme d’intrigue et de dialogues, d’un auteur dont je suivrai la prochaine production. 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 20:30

Pour la place du mortAttention, coup de cœur ! Ce roman là, je l’avais noté sur son résumé de quatrième de couverture. Conforté dans mon choix par le billet de l’ami Claude Le Nocher, je l’ai bien vite acheté, puis stocké en attendant que l’actualité se calme. Le voici donc !

C’est l’histoire de 4 copains au début des années 80 : Paul, Hector, George et Andy. Paul est le plus grand, et veut s’engager dans l’armée, pour assouvir sa violence et s’éloigner de son père qui a raté ses études. Hector, mexicain d’origine, est un adorateur de punk rock comme Paul. Pour compléter le groupe, il y a George et Andy, les deux frères : George le grand fainéant et Andy le petit génie des mathématiques. Tous s’ennuient en cet été chaud.

Andy vient de faire une bêtise : il a laissé son vélo dans la rue sans l’attacher. Evidemment, il a été volé, et cela ne peut être que l’œuvre de Timo Arroyo. Celui-ci déboule la rue juché sur le vélo. Timo est le plus jeune du gang Arroyo, qui est composé de Francisco et Ramon, gang qui deale de la drogue au lycée. Lors d’un affrontement de nos 4 comparses avec les Arroyo, ils arrivent à récupérer le vélo.

En guise de représailles, ils décident d’aller cambrioler la maison des Arroyo. Ils fouillent toutes les pièces, découvrent de l’argent dont ils s’emparent, et finissent par tomber sur un laboratoire amateur de fabrication de drogue. Dans un réfrigérateur, ils trouvent des sachets de drogue et Paul s’empare d’un sachet de 500 grammes. Puis, ils continuent par la maison d’un voisin où ils volent des bijoux.

Paul passe un coup de fil anonyme à la police pour dénoncer les Arroyo, et la petite bande débarque chez Jeff, un copain d’école de leurs parents, qui a toutes les combines pour fourguer le résultat de leurs larcins. Seulement, on ne s’improvise pas bandit de grand chemin, surtout quand on a affaire à de vrais truands. Le décor est planté pour lancer la spirale dans laquelle ils vont s’enfoncer.

Le 9 décembre 1980, ma mère entre dans ma chambre pour me réveiller et m’annonce que l’on vient de tuer John Lennon. J’étais au collège et je n’écoutais que les disques des Beatles et de John Lennon. J’ai décidé de rester couché et de ne pas aller au collège. Je ne comprenais pas que l’on puisse tuer un homme, comme ça, sans raison, qui plus est quelqu’un qui prônait la paix. Quelques semaines plus tard sortait Back in black de AC/DC, album hommage à Bon Scott, mort dans sa voiture après une beuverie. Cet album résonnait pour moi comme un cri envers l’injustice de la mort.

Pourquoi cette petite digression ? Parce que les gamins de ce roman vivent par la musique, et que celle-ci est très proche de ce que j’ai écouté. Ce livre m’a fait vibrer dans sa première partie par cette similitude avec ma propre jeunesse, avec ces questions, ces envies, ces sensations, ces réactions envers le monde. Tout ça pour dire que nous avons été jeunes, nous avons fait des conneries, et nous avons tiré les leçons et les enseignements que la vie nous a fait subir.

Ce roman raconte une histoire simple, mais tout sonne juste : les caractères de nos quatre jeunes jusqu’à l’attitude de leurs parents, les situations et les dialogues, la psychologie des personnages sans en rajouter des tonnes, juste par petites touches, leurs rêves juvéniles venant en opposition à la dure réalité vécue par l’échec de leur père ou mère. Ça m’a fait frissonner et a fait résonner une once de nostalgie.

C’est un hymne à tous les parents qui pensent protéger leurs enfants, une symphonie à tous les jeunes qui font des bêtises et apprennent leurs gravités après en voir subi les conséquences. C’est un roman noir, avec cette différence entre la première et la deuxième partie, où d’abord on se prend de sympathie pour eux avant qu’ils fassent un petit tour en enfer, un superbe roman qui nous montre que la vie n’est pas si facile, et que l’expérience s’acquiert au prix de douloureuses épreuves. Avec un suspense haletant et une fin éblouissante, ce roman ne pouvait être qu’un coup de cœur Black Novel décerné haut la main. Vous l’aurez compris, c’est un livre à lire à tout prix.

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 20:30

La sélection automnale de Polar SNCF s’est clôturée par les victoires de Benjamin LEGRAND avec Le cul des anges (Seuil roman noir) et Donato Carrisi avec Le chuchoteur (Calmann –Levy).
Si je suis content pour Le cul des anges, je suis un peu surpris par Le chuchoteur, car je pense que Rupture de Simon Lelic était bien meilleur.

Il ne reste plus qu’à voter pour la sélection finale, à savoir pour les romans français :

L’été, tous les chats s’ennuient de Philippe Georget (Jigal)

Cadres noirs de Pierre Lemaitre (Calmann Levy)

Le cul des anges de Benjamin Legrand (Seuil roman noir)

Et pour les romans européens :

Hiver de Mons Kallentoft (Le serpent à plumes)

L’écho des morts de Johan Theorin (Albin Michel)

Le chuchoteur de Donato Carrisi (Calmann Levy)

Il me reste le roman de Philippe Georget à dévorer et j’aurais fini mes votes. A vous de choisir les vôtres.

 

Sur le site des éditions Gallmeister, vous trouverez un beau cadeau de Noel, à savoir une nouvelle gratuite de Craig Johnson qui s’appelle : Un vieux truc indien. Un indispensable à télécharger ici : link


La ville de Liège (en Belgique) va organiser son 5ème festival du film policier. A cette occasion, est organisé un concours de nouvelles policières pour jeunes auteurs en herbe et il sera remis un Grand prix du roman policier. Toutes les infos sont là : link


 

Enfin, du côté des sorties, en cette fin d’année, c’est le calme plat. D’ailleurs, je vous conseille d’aller lire cet article sur le site Planète polar du Parisien qui propose de déplacer Noël de quelques mois pour nous les passionnés de polar.

 

L’auteur, réalisateur et producteur TV Gilles Rey dédicace son dernier polar “Méfiez-vous de vos voisins” (Ed.Papier libre/Polar en poche) les lundi 13 et mardi 14 décembre de 18h à 21h à la Galerie G. E’Terna. L’occasion de vous rencontrer autour de l’exposition d’une jeune artiste coréenne.

 

Pour ma part, je prépare ma liste 2011, et elle se remplit de façon impressionnante … et inquiétante ... 

Et n’oubliez pas le principal : lisez !

A bientôt

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 20:30

echo-des-morts.gifPour la deuxième année consécutive, Johan Theorin est sélectionné pour la sélection estivale de Polar SNCF. L’année dernière, c’était pour l’Heure Trouble, un roman brillant pour son intrigue, ses personnages et surtout son ambiance. Cette année, c’est L’écho des morts, que j’ai lu il y a quelques mois.

La famille Westin a décidé d’abandonner Stockholm pour s’installer sur l’île d’Öland. Ils ont acheté une vieille masure, située à côté des deux phares de Aludden. Sur les deux phares, un seul est encore en fonctionnement. Alors que Joakim doit retourner récupérer ses dernières affaires, il est pris d’un pressentiment. Il appelle chez lui et tombe sur une policière de proximité, Tilda Davidsson, qui lui annonce que sa petite fille Livia est morte noyée. Il refait la route inverse, écrasé par le chagrin. Quand il arrive tard cette nuit là, il s’aperçoit que la police s’est trompée, ses enfants Livia et Gabriel vont bien, c’est sa femme Katrine qui s’est noyée.

Tilda vient juste d’être nommée sur Öland, après être sortie de l’école de police. Sa mission sera d’assurer la présence policière sur cette île perdue dans la mer Baltique. Elle est de retour sur la terre de ses ancètres, puisque le frère de son grand-père n’est autre que Gerlof, rencontré dans l’Heure Trouble. Justement, elle a affaire à une série de cambriolages qui va agiter cette île d’habitude si calme.

D’ailleurs, Tommy et Freddy Serelius débarquent chez Henrik. Les deux frères proposent de faire quelques cambriolages pour animer les journées de Henrik, ancien taulard reconverti dans la menuiserie. Ils commencent donc par les résidences secondaires, abandonnées par leur propriétaire alors que l’hiver s’avance à grands pas, puis proposent de s’attaquer à des maisons habitées, pour mettre un peu de piment à leurs expéditions nocturnes.

Tous ces personnages vont voir leur destin se lier, mais les principaux personnages de ce roman, ce sont les morts, qui hantent cette maison d’Öland, tous ces gens qui ont fabriqué ces phares et cette maison avec les bois d’un bateau britannique naufragé, tous ces habitants qui sont morts noyés sur ces rochers glissants, tous ces gens de passage qui ont connu un destin tragique vers ces phares. Ces âmes vont hanter les nuits de Joakim Westin comme ils vont hanter les pages de ce livre.

La construction du livre alterne entre passé et présent, en passant en revue les noms des morts qui sont gravés dans la grange attenante à la maison. Et, encore une fois, Johan Theorin fait fort quand il s’agit de créer une ambiance. Et ici, on approche des ambiances glauques des films d’angoisse, en particulier ceux de M.Night Shyamalan ou Les Autres de Alejandro Amenabar. Et ne comptez par sur Johan Theorin pour accélérer le rythme, il prend son temps et c’en est presque de la torture.

Alors, même si j’ai regretté que Gerlof ait un rôle très secondaire dans cette histoire, même si j’ai trouvé quelques longueurs pour nous décrire les journées de Joakim, il y a de nombreux moments fort bien réussis dans cet Echo des morts. Et la fin est tout simplement une totale réussite. Je pense que globalement, cela reste un cran en dessous de l’Heure Trouble, mais ce roman confirme que Johan Theorin est un auteur d’ambiance à suivre de très près.

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 20:30

FratelliCela faisait plusieurs mois que l’on m’avait prévenu de la sortie de ce livre, en me soulignant une fantastique histoire de Pouy avec de superbes dessins de Pinelli. Le résultat ne m’a pas déçu, loin de là.

New York, 1946. Emilio vient de débarquer aux Etats-Unis en provenance de son petit village sicilien. Il vient retrouver son frère qu’il n’a pas vu depuis quarante ans, pour effacer le drame qui a endeuillé sa famille. En effet, quarante ans plus tôt, le frère cadet Roberto a été assassiné et son frère Ercole a disparu juste après. Pour Emilio, c’est l’occasion de retrouver l’honneur perdu et d’en finir avec ces fantômes qui le hantent, de terminer sa vie par un fratricide.

Ercole sait que son frère le cherche, il sait que l’issue sera dramatique. Il a l’avantage de connaître le terrain de cette bataille familiale. Il travaille à Little Italy, et ses recettes font fureur dans son restaurant. Lui, qui est en survivance depuis quarante ans, est nerveux dans l’attente de cette confrontation mortelle. Alors, il erre dans cette ville, mais sait que l’issue est inéluctable.

Le duel entre ces deux hommes étrangers à leur environnement, étrangers à leur monde sera sans surprises, violent, irrévocable, au milieu des brumes et des brouillards de ce nouveau monde qu’ils subissent sans le vivre. C’est un roman court d’une centaine de pages sans fioritures, sans suspense mais avec une ambiance à couper au couteau.

Jean Bernard Pouy a laissé de coté tous les effets de style pour se mettre au service d’une histoire de revanche, de vengeance, d’honneur, de liens de famille, de liens de sang ou du sang, avec une fin qui ressemble aux duels des westerns américains. Tout le livre se déroule dans la tête des protagonistes, fait d’impressions, de sensations, de souvenirs, de cauchemars, mais sans aucun doute sur leur objectif, sur leur avenir, sur leur destin.

Si l’on ajoute à cela les dessins / peintures de Joe Pinelli, tout en gris flouté, on en ressort imprégné d’un monde trouble, gris, où le monde n’est fait que d’impressions et jamais de claires images, de couleurs, d’espoir. C’est une fantastique illustration de ce monde d’après guerre, de ce monde qui parait si gris à Ercole et Emilio. C’est aussi une formidable rencontre entre deux artistes qui sont sur la même note, sur la même partition, pour le plaisir des yeux.

Vous l’aurez compris, c’est un superbe livre qui nous conte une courte mais simple histoire dramatique. C’est un livre qui va naturellement trouver sa place dans votre hotte du père Noël, et qui ravira autant les amateurs de littérature que les aficionados de dessins à l’ambiance sombre. Une œuvre d’art qui se doit de figurer en bonne place dans votre bibliothèque.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 20:30

PotensRetour sur une lecture qui date un peu. Après Echo que j’avais pris beaucoup de plaisir à lire, il me tardait de lire la deuxième aventure du couple Patrik Vivier / Garance Hermosa. Ingrid Desjours semble être quelqu’un de doué pour batir des intrigues tordues et complexes avec une psychologie des personnages fouillée.

Charlotte Delaumait est mère de cinq enfants, a 35 ans, et vient de se faire assassinée chez elle dans sa cuisine.  Elle a été ébouillantée puis poignardée à de multiples reprises. C’est son fils Quentin qui la découvre et est naturellement sous le choc. Il s’avère que Charlotte faisait partie d’un club, Potens, regroupant des individus ayant un Quotient Intellectuel très élevé. Le policier Patrik Vivier mène l’enquête avec l’assistance de la psychologue Garance Hermosa. Celle-ci va s’inscrire dans ce club un peu particulier, pour essayer de découvrir l’identité de cet assassin.

Garance est rapidement persuadée que c’est dans ce club qu’elle doit chercher le tueur. Charlotte était une personne dépravée, passant d’un amant à l’autre, faisant un enfant avec certains de ses membres, et accumulant des détails dérangeants sur chaque membre qui pouvaient servir pour un éventuel chantage. Au nombre de ces potentiels suspects, on trouve le compagnon actuel de la victime, Jérémie Taudel, qui n’a pas d’alibi, le bavard Deplavat, l’omniprésent Vasili, Boisseau le patron de Charlotte, ou bien Albin Pomeni qui brigue la présidence de Potens. Alors que Potens ressemble plus à des réunions de salon de thé, Garance découvre qu’il pourrait cacher un groupe nommé Alpha Pi, dont le but serait de réunir une élite visant à obtenir de plus en plus de pouvoir et d’influence.

Garance, elle, n’est pas au mieux depuis la mort de sa sœur Felicia. Elle se plonge dans cette enquête, pour oublier, pour ne pas se retrouver seule, pour se donner un objectif. Elle se renferme sur elle-même et refuse toute aide de Patrik. Alors que les pistes se multiplient, les petits secrets de chacun se dévoilent sans que l’identité du tueur n’apparaisse. Garance est elle apte à résoudre cette affaire, ou bien se fait elle simplement manipuler par un esprit machiavélique ?

On retrouve dans ce roman toute la facilité de Ingrid Desjours à dérouler une intrigue complexe, basée essentiellement sur la psychologie des personnages. Et, par rapport au précédent opus, Echo, Potens a permis à Ingrid de franchir un pas : C’est tout aussi passionnant, mais moins bavard, moins démonstratif. Et comme c’est remarquablement écrit, sans grandes descriptions mais avec beaucoup de fluidité, le plaisir du lecteur est au rendez vous.

Le premier aspect qui m’a plu, c’est l’évolution du personnage de Garance, qui n’est plus aussi sure d’elle-même, mais qui est une personne qui souffre, qui doit surmonter un drame personnel. Par contre, le personnage de Patrik passe un peu au second plan, ce qui est dommage.

Le deuxième aspect qui m’a plu, c’est cette description de ce petit monde des génies, qui sont forcément à part, mais qui par voie de conséquence se replient sur eux-mêmes. Ces gens d’une intelligence supérieure deviennent sous la plume d’Ingrid Desjours des névrosés, avec chacun des déviances, des défauts, voire des maladies mentales. C’est un bien triste paysage.

Le troisième aspect de ce livre, c’est le nombre de personnages important et je dois dire que j’ai mis un peu de temps à mettre un nom sur un personnage. Si les profils des personnages sont très fouillés, la façon de nourrir l’intrigue au fur et à mesure, par petits dénouements, par petites révélations m’a donné un peu de mal. J'ai l'impression que, par rapport à Echo, on y perd en enthousiasme et en spontanéité mais on y gagne en efficacité de la narration. Mais, encore une fois, la fin du livre mérite que l’on lise ce livre.

Ingrid Desjours a quand même l’art de trouver des intrigues tordues et de nous mener par le bout du nez de façon assez incroyable. Dans ce livre très recommandable, je vous assure de passer un bon moment pour peu que vous soyez adepte de romans policiers avec des profils psychologiques poussés.

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Published by Pierre faverolle - dans 2010
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