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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 17:36
Un corbeau au 36 de Aurélie Benattar (Les nouveaux auteurs)

Ce roman a reçu un coup de cœur de Eliette Abecassis dans le cadre de l’élection du Grand Prix Femme Actuelle. Mais ce n’est pas pour cela que je l’ai lu, mais bien parce qu’il s’agit d’un premier roman. Eh bien, je me suis laissé prendre au jeu de ce bon roman policier. Et retenez bien ce nom, Aurélie Benattar, car elle pourrait bien devenir un nom dans le roman policier français.

Tout commence par un meurtre dans une pizzeria : une femme est découverte dans les toilettes assassinée de plusieurs coups de couteau. Stephane Fontaine et son équipe du 36 quai des Orfèvres sont appelés sur les lieux. Au moment de partir, Fontaine découvre sur son bureau une lettre, écrite par une femme, qui dénonce un viol. Fontaine n’en parle à personne, pressé qu’il est d’aller sur la scène du crime.

Jean Paul Richard, le chef de la police criminelle annonce aussi à Fontaine qu’il va être secondé par Sophie Dubois, une jeune stagiaire. Les constatations sur place font penser à un crime prémédité et les policiers cherchent parmi les proches de la victime. Mais Fontaine, de retour au bureau, parle de la lettre du corbeau, surtout quand une deuxième apparait. L’auteur semble faire partie de la police criminelle et ils décident de faire appel à une graphologue Anne Bourdon pour déterminer la psychologie du corbeau.

Je dois dire que le début ne m’a pas trop plu, car j’ai été ennuyé par le style simpliste de l’auteur et par certains dialogues que j’ai trouvés trop longs. Voilà ! ce sont les seuls reproches que je peux faire à ce roman, car pour ce qui est du reste, ce roman est une vraie découverte basée sur le doute. Et comme le style est uniforme, il est impossible de déterminer qui est qui, qui joue avec qui, qui manipule qui. Jusqu’à une fin qui est des plus surprenantes …

Aurélie Benattar a du bien potasser l’organisation de la police criminelle, car des lieux à la hiérarchie, tout y est impeccable. Le déroulement est parfaitement logique et suit la logique d’une enquête policière. On y suit donc Stéphane Fontaine et son équipe, ainsi que les nouveaux arrivants, sous la direction du juge.

Mais ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la manipulation de l’auteur tout au long du livre. Stéphane Fontaine est au centre de l’histoire, alors on le suit allègrement, et on se prend immédiatement en sympathie. Au fur et à mesure que les lettres du corbeau arrivent, on se pose des questions et l’auteur nous enfonce la tête dans le seau en insistant sur le fait que le corbeau fait partie du 36. Au bout d’un moment, on se met à soupçonner tout le monde, on est à l’affut de la moindre remarque, de la moindre description, de la moindre parole, pour essayer de deviner qui est qui.

Fichtre ! J’aurais passé un sacré bon moment avec ce roman, ayant été surpris par le dénouement, manipulé de bout en bout, mais heureux de m’être fait avoir comme cela. J’ajouterai juste que c’est un roman policier pur jus et qu’il est plutôt à réserver aux fans du genre plutôt qu’aux adeptes de thriller rythmé. Je vous le disais en introduction, ce premier roman est une réussite, et le nom d’Aurélie Benattar est à noter sur vos tablettes.

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 17:31
Lames de fond de Chris Costantini (Editions Glyphe)

Après la critique dithyrambique de RTL dans c’est à lire, il fallait que je lise ce roman. Ayant raté l’auteur à Saint Maur, voici donc ma séance de rattrapage.

Thelenious Avogaddro dit « Thel » est un ancien policier à New York qui s’est reconverti en détective privé. Alors que son ami John Davenport lui installe internet dans son tout nouveau bureau, une jeune femme débarque dans son bureau. Elle vient de recevoir un appel d’un avocat lui annonçant la mort de son père, alors qu’elle est sensée être orpheline depuis l’âge de 4 ans. Après son adoption, elle a pris le nom d’Ingrid Malowre.

L’avocat en question lui envoie une carte postale représentant un paysage de Tanzanie, et expédiée d’Afrique en 1945. Ingrid qui sait qu’elle est née en Allemagne lui demande de faire le jour sur ses origines, d’autant plus qu’elle est atteinte d’une maladie incurable et qu’elle n’en a plus que pour quelques semaines. Thel, qui vient d’embaucher Carol une acienne collègue de la police va se lancer dans cette enquête dans l’espoir de récupérer la moitié de l’argent de l’héritage … s’il y en a un.

Vous l’aurez deviné, ce roman (puisque je n’ai pas lu les romans précédents de Chris Costantini) est un hommage non déguisé à Raymond Chandler et son détective Phillip Marlowe. Et c’est un hommage réussi tant j’ai eu l’impression de lire une aventure de Marlowe au 21ème siècle. Et que c’est amusant de partager des enquêtes avec un personnage réticent envers les nouvelles technologies. Donc, l’enquête va se dérouler « à l’ancienne », à base d’interrogatoires, de voyages et de révélations.

Vous l’aurez compris, le personnage principal est fan de jazz, et le style légèrement nonchalant rappelle les rythmes lancinants de certains morceaux. On s’attache immédiatement à Thel, personnage éminemment sympathique, qui va démêler les fils de cette intrigue avec beaucoup de logique. Car Chris Costantini aura pris soin de semer des indices … Bref, tous les codes sont là.

Et le sujet, me direz vous ? Comme Ingrid est une personne âgée, c’est du coté de la deuxième guerre mondiale qu’il se situe, et en particulier au sujet de l’or des nazis, ces cargaisons qui ont disparu et que les Allemands auraient essayé de sauver pour former à l’étranger le quatrième Reich. Faisant preuve d’une grande recherche documentaire et d’une grande facilité pour nous informer sur cette énigme historique, je dois dire que ce roman est une franche réussite. Bref, ce Lames de fond est une très bonne lecture qui va me pousser à lire les précédents romans de Chris Costantini.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 17:23
Zalbac Brothers de Karel de la Renaudière (Albin Michel)

Un petit tour dans le domaine de haute finance, c’est le voyage auquel nous invite ce Zalbac Brothers, au titre mystérieux et au sujet qui peut être sulfureux.

Jean Demester est Français, il vient de finir ses études de mathématiques et finances et il quitte la France pour les Etats Unis suite à mort de sa mère. Il se retrouve alors voiturier pour un hotel de luxe de Park Avenue. C’est alors qu’une Maybach s’arrête à son niveau, avec au volant un vieil homme qui écoute de la musique classique. Au bout de quelques questions, il lui demande de passer à son travail, au siège de Zalbac Brothers.

Le vieil homme est Bruce Zalbac, propriétaire de Zalbac Brothers, la célèbre boite financière qui s’occupe de fusions d’entreprises. Jean n’a rien à perdre et se présente le lendemain. Paul Donovan l’accueille et lui fait visiter les bureaux. Au 17ème étage, c’est La galère, l’étage réservé aux stagiaires, « le niveau zéro de la conscience ». Ils travaillent comme des forcenés pour faire des photocopies de dossiers et apporter les cafés. Juste au dessus, il y a les analystes, les agents bêtas. Puis, viennent les vice-présidents sous la responsabilité des directors, et enfin les managings partners.

Jean Demester va donc découvrir le domaine sans pitié de la haute finance et gravir les échelons un par un dans une ascension vertigineuse, jusqu’à une chute programmée et irrémédiable.

Ce roman peut être lu à plusieurs niveaux. Karel de la Renaudière nous a concocté un thriller financier, fait de phrases courtes et de chapitres courts, allant à un rythme effrené pour suivre l’itinéraire foudroyant de Jean sur quelques années. On n’a pas le temps de s’ennuyer tant cela va vite, et tous les ingrédients sont là pour passionner le lecteur, car tout est expliqué simplement jusqu’à une histoire d’amour avec une riche héritière. Si on est loin d’un Martin Eden de Jack London, j’ai plutôt eu l’impression de revivre les premiers Paul Loup Sulitzer tels que Money ou Cash (avant que Sulitzer se perde dans des romans illisibles à mon gout).

Le deuxième niveau est la découverte du monde de la finance et le dégout que l’on peut éprouver à la lecture de ce roman. Les personnages sont tous aussi détestables et vains. Leurs seules motivations sont l’argent et le pouvoir, voyageant de palaces et palaces, fréquentant des gens de la haute comme on dit, entre rois du monde.

Même si Karel de la Renaudière veut rendre son personnage principal sympathique, le montrant gentil, plein d’envie et honnête (?), j’ai quand même eu du mal à éprouver de l’empathie envers ce jeune homme qui détruit des sociétés pour créer des conglomérats tous puissants. Il faut dire que les aspirations de ces gens là sont tout autres, qu’ils ne cherchent ni l’amour, ni la compagnie d’une bien-aimée, mais qu’ils veulent faire un gros coup, le plus gros coup pour faire le plus d’argent possible.

Nul doute que ces gens là existent dans le monde d’aujourd’hui, et l’auteur n’a pas voulu montrer le tableau plus beau qu’il n’est. Il a bâti un thriller aussi réaliste que possible, qui pourra ravir les amateurs de thrillers financiers car il tient la dragée haute à certains auteurs américains, mais en ce qui me concerne, cela n’aura fait que me confirmer dans mes opinions.

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 17:47
Fin d’Amérique de Damien Ruzé (Krakoen)

Cette chronique pourrait s’appeler A la découverte d’un nouvel auteur. Alors, retenez bien ce nom, Damien Ruzé, car il se peut bien que vous en entendiez parler dans un futur proche. Cet auteur a un incroyable talent pour allier force psychologique des personnages et brossage d’ambiance. Voici Fin d’Amérique, un fantastique roman policier.

2004, Loiret. Une voiture est découverte dans la Loire. Le lieutenant Zollinger de la police judiciaire est appelé sur les lieux. Il s’avère que cette voiture aurait participé à un braquage d’un bar quelques jours auparavant. Lors de leur fuite, les voleurs ont percuté une jeune fille en scooter, qui est dans un état critique à l’hôpital. Zollinger ouvre le coffre, suivant une sorte de sixième sens … et découvre à l’intérieur le cadavre d’un jeune homme.

Rapidement, le corps livre son identité, il s’agit de David Lagardière, jeune acteur de films X sous le nom de Woodendick pour la taille de son appendice. Mais c’est aussi le fils du célèbre homme politique Jean Marc Lagardière, qui a participé à quelques magouilles financières avec des puits de pétrole en Ukraine. Entre les jaloux des films pornographiques, les histoires de cœur, les trafiquants de drogue et les truands de haut vol, qu’ils soient de l’est de l’Europe ou de France, Zollinger va avoir fort à faire pour démêler les fils de cette intrigue complexe.

Le plaisir de lire un livre commence par sa couverture. Si celle de Fin d’Amérique est sobre, noire avec un cerf agrémenté de quelques taches de sang, elle est en fait cartonnée, d’un carton épais comme l’était celle de la Série Noire d’antan. Cela donne une impression de sérieux, d’importance, et cela se démarque de ces couvertures cartonnées souples qui se cornent au moindre transport. Vous allez me trouver maniaque ? Peut-être. C’est aussi la raison pour laquelle je m’étais abonné à France Loisirs il y a fort longtemps avant qu’ils ne décident de passer aux couvertures souples. C’est donc avec un énorme plaisir que j’ai ouvert ce livre.

Et dès les premières pages, il est clair que Damien Ruzé est un auteur avec un style très littéraire, très posé. A force de lire des romans avec des phrases tronquées, des dialogues d’une demi ligne, on oublie que l’on est capable de raconter une histoire de façon littéraire, que l’on est capable de faire monter la tension en écrivant bien, clair et explicite, mais juste ce qu’il faut. Et si dans les dialogues apparaissent des anglicismes ou des abréviations, c’est pour mieux nous imprégner de l’époque. Et cela montre un sacré décalage avec le style que je n’ai pas trouvé désagréable.

Le personnage de Zollinger occupe le centre de l’intrigue, puisque l’histoire est racontée à la première personne. Dans la façon d’aborder la psychologie du personnage, dans la façon de raconter sa vie quotidienne, j’y ai retrouvé du Philippe Djian, cette manière d’être explicite mais pas trop dans la fouille psychologique du personnage principal. Ce flic n’est pas alcoolique, il abuse juste de café et de cigarettes. Il n’est pas divorcé ni veuf, il est juste amoureux et a peur de s’engager, préfère se plonger dans son enquête plutôt que de se poser des questions sur sa vie privée.

On y retrouve aussi au travers de ces 5 chapitres et 360 pages beaucoup de références et beaucoup de styles différents. Et ce que j’ai trouvé extraordinaire, c’est que Damien Ruzé est à l’aise et convaincant dans tous les styles. Que ce soient les scènes intimistes ou les scènes d’action, les déductions ou les dialogues, ce roman est un petit joyau de plaisir de lire. Si les chapitres sont longs, c’est aussi pour mieux nous imprégner du récit déroulé par Zollinger, avec un talent littéraire incroyable. Et puis, Zollinger étant un chasseur, nous avons droit à des passages de chasse dans les bois d’une beauté saisissante, qui m’ont rappelé Deer Hunter (Voyage au bout de l’enfer en français) du génialissime Michael Cimino.

Enfin, le dernier chapitre, ou peut-être devrais-je dire la dernière partie est d’une tension incroyable. Et je peux vous dire que lire cent pages en apnée, sans respirer, c’est dur. J’ai terminé ce roman réellement emballé et un peu rouge (à force de ne pas respirer). Et si cela se termine par le mot Fin, je n’ai qu’un regret : c’est le risque de ne pas retrouver Zollinger. Hey, Monsieur Ruzé, ne pourriez-vous pas faire comme M.Finger, c'est-à-dire nous écrire une autre enquête de Zollinger ?

L'avis de l'oncle Paul est ici

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 05:02
Djebel de Gilles Vincent (Jigal)

Jigal nous a dégotté là une véritable petite perle noire, de la part d’un auteur que j’avais eu la chance de découvrir avec Parjures. Déjà, j’étais tombé sous le charme de son héroïne principale et j’avais été envouté par l’efficacité du style. Si l’on ajoute un sujet important et bigrement émouvant, cela donne un excellent polar que vous vous devez de lire rapidement sous peine de passer à coté d’un excellent moment de lecture.

Mars 1960, à Ouadhia en Kabylie. Antoine Berthier est un jeune soldat qui vient de passer dix huit mois en pleine guerre. A trois jours de la quille, il a comme un gout amer dans la bouche. Le capitaine Murat l’a choisi pour être son opérateur radio car il le juge trop tendre pour les combats, et du coup, Antoine se demande ce qu’il va bien pouvoir raconter sans passer pour un pleutre. Il n’aura assisté à aucun combat, n’aura tué aucun Algérien. Alors, ses camarades Ferrero, Mangin, Michaud et Hadj lui préparent un baptême du feu. Sur le bateau du retour, à l’arrivée à Marseille, on remet à la famille d’Antoine son cercueil, en leur expliquant qu’il est mort en héros au combat.

Septembre 2001, Marseille. Viviane Dimasco, la sœur jumelle d’Antoine contacte Sébastien Touraine, ancien flic à la brigade des mœurs et aux stups, et détective privé de son état. Un des camarades d’Antoine aurait dit sur son lit de mort qu’Antoine s’est en fait suicidé sur le bateau du retour. Elle l’engage donc pour qu’il découvre la vérité et qu’il soulage Viviane. Mais, rapidement, tous les anciens soldats et compagnons d’Antoine meurent dans des circonstances suspectes.

254 pages ! Pendant 254 pages, Gilles Vincent va vous prendre par la main et vous faire courir. Grace à son style rapide et sec, avec juste ces deux ou trois petits détails qui suffisent à décrire une scène, il va construire un modèle de polar. Du prologue qui vous cuit sur place par le soleil écrasant des montagnes de pierre jusqu’au final haletant, le rythme de ce roman est tout simplement hallucinant. De la première ligne à la dernière.

Et que dire de l’intrigue, tirée au cordeau, toujours sous tension, sans aucun temps mort, avec des rebondissements aussi inattendus que violents et surtout marquants. Fichtre ! Quand vous ouvrez ce livre, c’est pour le reposer au bout de 70 pages, par hasard, parce que quelqu’un vient de vous poser une question qui vous sort de ce marasme.

Le thème est tout aussi important et formidablement bien traité. Car si on peut penser à une recherche d’un tueur, j’ai vite ressenti de l’empathie envers les victimes, avant de me rendre compte que l’on parlait de la guerre, et qu’une guerre propre, ça n’existe pas. D’un coté comme de l’autre, on se bat pour un bout de territoire ; d’un coté comme de l’autre il s’agit de descendre l’autre, l’ennemi, avant qu’il vous descende ; d’un coté comme de l’autre, on fait des horreurs inimaginables en temps de paix.

Et puis, ce roman qui est le premier d’une trilogie consacrée à Sébastien Touraine est aussi l’occasion de la rencontre entre Sébastien et Aïcha Sadia, jeune femme d’origine kabyle aujourd’hui commissaire principale. Si on peut penser que ces moments vont être de tout repos, détrompez-vous. Même dans ces scènes, il y règne une tension, liée aux origines même d’Aïcha.

Et en plein milieu de cette lecture en apnée, qui va à 100 à l’heure, on y trouve des vérités, qu’il ne fait pas bon dire. Alors il vaut mieux les écrire. Celle-ci que j’ai prélevée vers la fin illustre bien les cicatrices encore ouvertes, qui ne saignent plus mais à propos desquelles il ne faudrait pas grand-chose pour dégénérer. Et je la trouve remarquable de vérité, d’efficacité, de vérité :

« Et quarante ans après, nos deux pays en sont toujours à se méfier l’un de l’autre. Et tu sais pourquoi ? Parce que de chaque coté de la Méditerranée, les hommes ont la mémoire qui saigne encore. Voilà pourquoi. C’est pas la peine d’aller chercher plus loin. »

Remarquable du début à la fin, avec des personnages bien trempés, un sujet fort, ce roman est une véritable petite perle noire. Et comme c’est édité au format poche, vous n’avez aucune excuse pour ne pas le lire. Quant à moi, je souhaite de tout cœur que Jigal réédite les deux volumes suivants, mettant en scène Sébastien Touraine et Aïcha Sadia. Pour finir, voici quelques avis glanés sur le net, dont celui de Carine sur le blog Lenoiretmoi qui m’a poussé à lire si rapidement ce livre.

http://lenoiremoi.overblog.com/djebel-de-gilles-vincent

http://unpolar.hautetfort.com/archive/2013/06/07/djebel-de-gilles-vincent.html

http://lectureamoi.blogspot.fr/2011/03/djebel-de-gilles-vincent.html

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 18:07
L’information du mardi : La sélection finale du Balai d’or

Si je tiens à rendre hommage aux Balais d’or, c’est surtout parce qu’ils sont organisés par Richard, dit Le concierge Masqué. Outre que c’est un ami, c’est aussi quelqu’un avec un cœur d’or et un passionné comme j’en ai peu rencontré à ce jour. C’est aussi quelqu’un avec un courage grand comme ça, et là j’écarte les bras et vous ne les voyez pas parce qu’ils sortent de l’écran !

Les balais d’or, c’est un concours dirigé par un homme, et soutenu par un jury de plus d’une dizaine de lecteurs passionnés qui vont devoir élire le futur gagnant du balai d’or. Sera choisi aussi le détenteur du Balai de la découverte qui récompensera un premier roman.

Les deux premières éditions du Balai d’or avaient vu la consécration de Roger Smith avec Mélanges de sang et Paul Colize avec Back-up. La troisième édition promet d’être serrée au vu des titres sélectionnés. Et vous qui cherchez des lectures estivales, n’hésitez plus, vous pouvez piocher les yeux fermés dans cette liste.

Pour le Balais D’Or 2013, les 12 présélectionnés sont :

Marie Neuser pour son roman Je tue les enfants français dans les Jardins (L’écailler)

Marin Ledun pour son roman Dans le ventre des mères (Ombres Noires)

Jérémie Guez pour son roman Balancé dans les cordes (La Tengo)

Bernard Minier pour son roman Le Cercle (XO)

Marie Vindy pour son roman Une femme seule (Fayard noir)

Olivier Truc pour son roman Le dernier Lapon (Editions Métailié)

Jacques Saussey pour son roman Colère noire (Les nouveaux Auteurs)

Philippe Meyer pour son roman Un arrière-goût de rouilles (Denoël)

Eric Miles Williamson pour son roman Bienvenue à Oakland (Fayard)

Thomas H. Cook pour son roman L’étrange destin de Katherine Carr (Seuil)

Benjamin Whitmer pour son roman Pike (Gallmeister)

Sam Millar pour son roman On the Brinks (Seuil)

Pour le Balai de la Découverte 2013, les présélectionnés sont

François Médéline pour son roman La politique du Tumulte (La manufacture de livres).

Frédéric Ernotte pour son roman C’est dans la boîte (Avant-Propos Éditions)

Dorothée Lizion pour son roman Précieux cadavres (Ysec Éditions)

Tove Alsterdal pour son roman Femmes sur la plage (Actes Sud)

Frédéric Bertin-Denis pour son roman Viva la Muerte (Kyklos Éditions)

Pour plus d’informations, ainsi que pour lire les interviews du concierge masqué, n’hésitez plus à visiter son site : http://www.concierge-masque.com/2013/07/01/la-preselection-du-balai-dor-2013/

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 17:50
Les justes de Michael Wallace (MA éditions)

Si j’ai choisi ce roman dans ma liste himalaillesque de livres, c’est par curiosité pour la communauté des Mormons, dont on entend souvent parler. Michael Wallace étant issu de cette communauté, j’en attendais forcément beaucoup.

Ce roman se déroule dans la communauté des Mormons de Blister Creek. Cette communauté est dirigée par le patriarche Kimball et pratique la polygamie. Leur règle de vie est de respecter les Saintes écritures et de se développer en faisant beaucoup d’enfants. Une nuit, Amanda veut s’enfuir en emmenant sa fille, mais elle est retrouvée au petit matin égorgée et la langue arrachée et sa fille couchée dans son lit. La façon de la tuer rappelle un châtiment réservé aux traitres qui parlent trop.

Dans la communauté de Harmony, le patriarche Christianson veut marier sa fille Eliza avec un des Mormons de Blister Creek. Il envoie donc sa fille et son fils Jacob avec deux objectifs : trouver un mari à Eliza et découvrir l’auteur de ce meurtre. Jacob, qui fait des études de médecine, est un être doué promis à un grand avenir et il va tenter de dénouer les fils de ce mystère tout en respectant les souhaits de sa sœur qui ne veut pas se marier tout de suite car elle ne se sent pas prête.

C’est un polar bien classique auquel on affaire ici, avec des personnages gentils et des êtres malfaisants. Nous aurons droit à des fausses pistes, voire même à la clé de l’énigme ou du moins au nom de quelques uns des meurtriers aux deux tiers du bouquin, mais la vérité sera bien plus horrible que prévue, surtout si l’on considère que nous sommes dans une communauté de bien, qui respecte à la lettre les Saintes Ecritures.

Je dois dire que si l’intrigue ne m’a pas transporté, les dialogues sont remarquablement bien faits et j’ai trouvé ce que je cherchais : une description de la vie de ces gens si proches de nous (enfin des Américains car je ne sais pas s’il en existe en France). Il est étrange de se dire que ces gens qui sont bien insérés dans notre vie moderne pratiquent encore la polygamie. De même, ceux qui sont chassés du clan sont appelés les Garçons Perdus, les gens du monde extérieur les Gentils.

On y apprendra aussi que cette communauté est régie par un conseil de sages, qu’ils respectent les messages de l’église, que les femmes ne choisissent pas leur mari, que ce meurtre ne peut avoir été commis que par quelqu’un d’extérieur car ils sont naturellement bons. Et malgré cela, ce roman va nous montrer que la folie expansionniste est mondiale, qu’elle touche tout le monde, même les Mormons.

Sans scène ultra violente, et sans juger cette communauté, même si Jacob et Eliza lors de leur conversation disent honnêtement ce qu’ils pensent, Michael Wallace en profite pour nous montrer avec beaucoup de justesse ce petit monde, tout en montrant beaucoup de respect et d’amour pour ses personnages. Le fait que Michael Wallace soit issu d’une communauté mormone fait beaucoup dans cette description réaliste de ces gens et de leur vie. Reste que ce roman est le premier d’une trilogie et que je me demande bien ce qu’il va trouver pour son deuxième roman sans se répéter. Ma curiosité est piquée au vif, après cette lecture fort agréable.

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 17:30
Stone Island de Alexis Aubenque (Toucan)

Voici le nouveau roman de Alexis Aubenque, après Canyon creek que j’avais beaucoup aimé. Stone Island est décorrélé du cycle de River Falls, mais il constitue le début d’un nouveau cycle, qui se déroule sur une ile paradisiaque.

Paradisiaque, si on veut. Certes, le cadre de cette petite ile du Pacifique semble bien agréable. Il y a bien du soleil, des plages de sable blanc, et des criques surmontées de parois rocheuses. Il y a bien des populations locales, les Ma’ohi, et des blancs qui dirigent l’ile, de riches propriétaires d’ailleurs si l’on en juge la propriété que découvre Fiona Taylor quand elle débarque chez son père, qu’elle n’a jamais vu. En effet, elle a été abandonné à la mort de sa mère et est de retour sur cette ile car elle vient d’apprendre la mort de son père. En tant qu’héritière des affaires de la famille McGregor, c’est avec une certaine appréhension qu’elle va faire la connaissance de sa grand-mère.

Tout commence avec un accident de voiture, dans lequel périssent M.Keawe et son fils ainé. Le commandeur de la police locale Jack Turner, assisté de Jerry Coupland, débarque sur les lieux. L’affaire s’avère bien plus complexe que prévue quand il se rend compte que la famille Keawe a été attaquée par un tueur mystérieux chez eux. De nombreux meurtres vont suivre et déterrer des secrets de famille qui auraient mieux fait de rester cachés. Et au milieu de ces imbroglios, la détective privée Jade va amener des pistes inattendues.

Alexis Aubenque nous donne à lire un roman d’aventure comme on en lisait il y a quelques dizaines d’années. N’y lisez pas un reproche dans ce que je lis, mais plutôt une description de la façon dont je l’ai apprécié. Ce roman est un pur divertissement, idéal pour l’été, pour ne pas se prendre la tête.

On y retrouve d’ailleurs les qualités que j’avais appréciées dans Canyon Creek, cette façon de construire lentement une intrigue riche et complexe, cet amour de ses personnages, cette alternance entre les moments forts et les moments calmes. Si on ajoute à cela une bonne fluidité dans le style, ce roman se lit comme du petit lait. Tout juste, j’ai trouvé par moments quelques maladresses à force d’insister sur les réactions des personnages par exemple.

Par contre, Alexis Aubenque confirme sa capacité à construire des intrigues à la façon des grandes sagas américaines, en ajoutant des rebondissements, en faisant exprès de prendre le lecteur à rebours. Finalement, c’est un roman d’aventure bien distrayant, qui vous changera les idées, qui vous dépaysera en cet été qui tarde à arriver. S’il ne révolutionnera pas le genre, il remplira sa fonction : vous changer les idées.

N'hésitez pas à aller voir l'avis de l'ami Claude ici. Ainsi que l'avis de l'ami Paul là.

Enfin, voici l'avis d'un petit nouveau : Du Bruit dans les oreilles, De la poussière dans les yeux.

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 17:43
Oldies : Rien dans les poches de Dan Fante (13ème note)

J’en connais une qui va être heureuse. Dan Fante est l’auteur favori de Cathy, du blog Ecrits et délices, et lors de nos échanges électroniques à propos de John Fante, elle m’a parlé de son fils Dan Fante et a eu la gentillesse de m’offrir Rien dans les poches. Cathy, ce billet est pour toi ! Grace à toi, Bruno Dante va me hanter longtemps et j’ai déjà acheté le deuxième tome de ses élucubrations.

Je tiens à souligner aussi l’excellent travail des éditions 13ème note, qui éditent de très bons romans dans un format carré inédit avec une couverture cartonnée à rabat. Et comme j’aime les beaux livres, je dois dire que tenir en main un de leurs livres est déjà le premier plaisir de lecture. 13ème note a décidé d’éditer tous les romans de Dan Fante. Bravo !

L’auteur :

Dan Fante a suivi les cours du lycée de Santa Monica et fait ses études dans diverses institutions. Il s'est ensuite installé à New York où il a pratiqué plusieurs métiers : colporteur, chauffeur de limousines et chauffeur de taxi, laveur de carreaux, vendeur par téléphone, détective privé et gardien de nuit dans un hôtel. Après une vie relativement instable, il décide d'écrire sur le tard et réussit à se faire publier par une maison d'édition française grâce à la chanteuse April March. Il écrit d'abord de la poésie, des nouvelles et des pièces de théâtre, puis les quatre volets de la tétralogie Bruno Dante qui, à l'image de l'œuvre de son père, constituent une saga autobiographique. Ses principaux modèles littéraires sont Hubert Selby Jr., John Fante et Charles Bukowski. Après avoir vécu quelques années en Arizona (Sedona), Dan Fante est revenu vivre à Los Angeles avec sa famille. (Source Wikipedia)

Les quatre volets de la tétralogie Bruno Dante :

Les Anges n'ont rien dans les poches (Chump Change), 1996

La Tête hors de l'eau (Mooch), 2001

En crachant du haut des buildings (Spitting Off Tall Buildings), 2001

Limousines blanches et blondes platine (86'd), 2010

Mon avis :

Le roman est précédé d’une préface de l’auteur qui nous explique la valeur que ce roman revêt pour lui, ainsi que les circonstances de sa création et de son édition. Cette préface nous montre aussi les parallèles que l’on peut trouver dans le roman entre Dan et John, car derrière Bruno se cache Dan, et derrière Jonathan se profile John. Et si on peut voir dans ce roman autobiographique une forme d’hommage au grand auteur qu’est John Fante, c’est aussi et surtout un exorcisme de Dan Fante pour sortir de l’ombre du talent de son père.

Car Bruno / Dan, tout alcoolique et excessif qu’il est, se montre comme un homme cherchant à échapper à son quotidien, à oublier son statut de loser, à provoquer les autres pour mieux exister. Mais quand il se retrouve face à l’agonie de son père, sa première réponse est la fuite de lui, des autres, de la vérité qui lui éclate à la gueule à savoir qu’il se retrouve en première ligne, qu’il n’y aura plus personne pour le juger ou le recadrer.

De ce roman, à la fois comique et déjanté, mais aussi désespéré et déprimé, Dan Fante construit un roman fort qui pose la question des relations père / fils et de la difficulté d’exister face à un modèle incontournable. L’écriture est formidablement efficace et précise, hésitant comme son personnage entre outrance et poésie, avec des passages d’une beauté folle et d’une grande émotion.

Ce roman, qui constitue le premier tome d’une trilogie, va faire des petits dans ma bibliothèque. J’ai déjà acheté La tête hors de l’eau et je ne compte pas m’arrêter là. Indéniablement, Dan Fante s’est créé un nom et un prénom avec ce roman, et vient se placer aux cotés de Hubert Selby Jr, Bukowski ou Henri Miller, que des auteurs culte !

Et merci Cathy, du fond du coeur !

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Published by Pierre faverolle - dans 2013 Oldies
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 18:11

Je me suis amusé à répertorier les livres qui vont sortir en ce deuxième semestre 2013. Si cela peut vous servir à faire vos choix, n’hésitez pas, cela va être chargé ! Ce sera probablement le dernier billet de L’information du mardi pour cet été ! Profitez en !

Ma mort aura ton visage de Jean-Pierre Ferrière (Campanile) Date de parution : 28/06/2013.

La mort qu'on voit danser de Jean-Pierre Ferrière (Campanile) Date de parution : 28/06/2013.

Meurtres en bonus de Jean-Pierre Ferrière (Campanile) Date de parution : 28/06/2013.

Des relations de plage de Jean-Pierre Ferrière (Campanile) Date de parution : 28/06/2013.

Bronzage intégral de Jean-Pierre Ferrière (Campanile) Date de parution : 28/06/2013.

La fille au tatouage de Ohlsson, Kristina (J'Ai Lu) Date de parution : 03/07/2013.

Maraudeurs de Laurent Fétis (Lokomodo) Date de parution : 11/07/2013.

The singer's gun de St John Mandel, Emily (Rivages) Date de parution : 02/09/2013.

La maison des chagrins de Del Arbol Victor B (Actes Sud) Date de parution : 04/09/2013.

Le printemps du commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni (Rivages) Date de parution : 04/09/2013.

Premiere station avant l'abattoir de Romain Slocombe (Seuil) Date de parution : 05/09/2013.

Les guetteurs de Ian Rankin (Editions Du Masque) Date de parution : 11/09/2013.

Livre du roi (le) de Arnaldur Indridason (Metailie) Date de parution : 12/09/2013.

Ecrit en lettres de sang de Bolton Sharon (Fleuve Noir) Date de parution : 12/09/2013.

Dernier lapon (le) de Olivier Truc (Points) Date de parution : 12/09/2013.

Mauvais garcons de Linwood Barclay (Belfond) Date de parution : 19/09/2013.

Justicier d'athenes (le) de Pétros Márkaris (Seuil) Date de parution : 26/09/2013.

L'instructeur de Ace Atkins (Editions Du Masque) Date de parution : 02/10/2013.

Les enquetes du commissaire leon 7 et 8 de Nadine Monfils (Belfond) Date de parution : 03/10/2013.

Coyotes de Robert Crais (Belfond) Date de parution : 03/10/2013.

Atomka de Franck Thilliez (Pocket) Date de parution : 03/10/2013.

Dernier verre a manhattan de Don Winslow (Seuil) Date de parution : 03/10/2013.

Mauvaise etoile de R J Ellory (Sonatine) Date de parution : 03/10/2013.

American taste de Criaco Gioacchino (Metailie) Date de parution : 03/10/2013.

Meurtres a gotland de Hakan Östlundh (Prisma) Date de parution : 03/10/2013.

Puzzle de Franck Thilliez (Fleuve Noir) Date de parution : 03/10/2013.

Fetiche de Mo Hayder (Presses Cite) Date de parution : 10/10/2013.

Minnet av en smutsig angel (remembrance of a sullied angel) de Henning Mankell (Seuil) Date de parution : 10/10/2013.

Violation de domicile de William Katz (Presses Cite) Date de parution : 10/10/2013.

Ange du matin (l') de Thorarinsson Arni (Points) Date de parution : 24/10/2013.

Roi lezard (le) de Dominique Sylvain (Points) Date de parution : 14/11/2013.

Le moine de Képhas de Brasi Flamand (Toucan) Date de parution : 20/11/2013.

Le berceau des ténèbres de Jean-Luc Bizien (Toucan) Date de parution : 20/11/2013.

Trop près du bord de Pascal Garnier (Points) Date de parution : 21/11/2013.

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Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
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