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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 20:05

Pour être totalement honnête, si ce roman n’avait pas été sélectionné par Polar SNCF, jamais je n’aurais eu l’idée de lire ce livre. Car le sujet est loin de ce que je cherche dans les romans noirs, ensuite le sujet est classique, enfin cela se passe au Japon et c’est un pays qui ne m’intéresse pas beaucoup. Ce n’est qu’un avis personnel !

Cela se passe donc au Japon dans les années 2000. Jinwaki est un cadre supérieur dans un magasin de luxe et il apprend qu’il va être viré. Tout son environnement s’écroule et il décide de n’en rien dire à sa famille. Sa femme Kaori est une femme au foyer qui dépense tout l’argent que lui ramène son mari. Ils vivent sous le même toit mais ne vivent pas dans la même vie : ils font chambre à part, ils se voient peu, ils ne se parlent pas. Jinwaki rencontre Saya, une jeune étudiante qui se livre à la prostitution pour payer ses études. Cela s’appelle là-bas des rapports subventionnés. Jinwaki et Saya vont bientôt vivre une véritable histoire d’amour, vouée à l’échec.

Ce roman, pardon, ce véritable roman est à nouveau à la limite de plus en plus ténue entre la littérature et le roman noir. C’est plutôt une bonne surprise en ce qui me concerne, et je peux vous dire que je l’ai lu en trois jours. La grande qualité de cet ouvrage est de nous montrer la vie au Japon sans en rajouter, par petites touches, racontée par les personnages eux-mêmes. En effet, les trois protagonistes sont les narrateurs à tour de rôle, et il n’aurait pas été crédible qu’ils rentrent dans des descriptions sans fin de leur vie de tous les jours.

L’écriture est très littéraire, comme si on lisait trois journaux intimes (ce qui est le cas). On a donc très peu de dialogues, très peu de personnages secondaires, très peu de détails psychologiques. Les villes ou les paysages ne sont décrits que si les personnages en ressentent le besoin, s’ils veulent nous faire partager leurs sentiments.

L’autre aspect de ce livre est le décalage entre le besoin de liberté des personnages et le carcan de la société japonaise. Le ton est très libertaire, sexuel parfois, et condamné par tout un chacun. On a l’impression que les trois personnages font ce que tout le monde voudrait faire. Il n’y a pas de descente en enfer, juste une fin inéluctable pour deux amoureux à l’amour impossible qui ne peut que mal se terminer.

J’ai parfois regretté que cela soit un peu plat, mais il y a des moments extrêmement touchants, et l’auteur ne juge pas ces personnes, ne les encourage pas non plus. Et au bout du compte, on ressort de ce livre en ayant l’impression d’avoir passé un bon moment, un très bon moment.

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 20:04

Voici un des romans qui fait partie de la sélection automnale de Polar SNCF. Comme je me suis décidé à en lire au moins cinq sur les six, voici le deuxième.

Deux chasseurs américains vont faire une partie de chasse en Mongolie. Ils attirent vite les foudres des gens du coin, par leur manque de savoir vivre et leur manque de respect. Soudain, l’un d’eux disparait. L’inspecteur Yesugei part donc à sa recherche, et comme il est tenace, il va mener cette enquête comme une partie de chasse à l’antilope.

Je ne veux pas dire de mal d’un livre, par respect pour les auteurs. Je n’ai pas aimé ce livre car il vient au mauvais moment. Je venais de finir Vendetta de R.J.Ellory, et je n’avais pas envie de lire de genre de livre, ou bien j’étais de mauvaise humeur

J’ai trouvé l’histoire trop classique, les personnages surfaits, à la limite de l’anti’américanisme primaire, l’histoire lente. A contrario, les paysages sont bien décrits et m’ont donné envie d’aller visiter ces plaines immenses avec une personne au kilomètre carré.

J’ai donc eu l’impression de lire le guide bleu plus qu’un roman policier. Donc ce livre ne restera pas dans mes annales, mais si vous aimez les policiers exotiques qui vous font voyager, alors ce livre est pour vous.

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 19:57

Vous savez tout le bien que je pense du premier roman édité en France de R.J.Ellory, Seul le silence, œuvre majestueuse et grandiose de cet auteur encore inconnu en France. Alors, forcément, je n’allais pas rater le deuxième roman toujours édité par Sonatine, alors que le premier sort au Livre de poche. Et je n’ai pas été déçu, loin de là.

La fille du gouverneur de la Lousiane, Catherine Ducane, a été enlevée. Le FBI est sur les dents pour la retrouver au plus vite. Le ravisseur contacte le FBI et accepte de se rendre à la seule condition qu’il puisse raconter sa vie à un petit fonctionnaire, alcoolique à ses heures, Ray Hartmann. Le ravisseur, Ernesto Perez va donc raconter sa vie au milieu de la mafia, des années 50 à nos jours, en tant que tueur à gages, étape par étape.

Le premier terme qui me vient à l’esprit pour parler de ce livre est : impressionnant. Quel souffle épique, quelle aventure, quel savoir faire de Ellory pour mener une telle histoire sans jamais ni se répéter, ni digresser, ni nous lasser. On connait maintenant sa facilité à raconter une histoire, à nous plonger dans une ambiance, on connait maintenant ses capacités d’historien. En prenant un sujet casse-gueule (excusez le terme), il raconte par le petit bout de la lorgnette l’histoire de la mafia, vue par un « petit », mêlant les grandes figures de l’après-guerre aux personnages de fiction. Il ne rentre pas dans les détails de ce qui peut se passer tout en haut de la pyramide car le narrateur n’en a pas tous les tenants et les aboutissants. Cela donne un vrai roman, et pas un livre enquête comme peut les écrire James Ellroy.

Ensuite, il faut rendre hommage au traducteur qui donne la pleine mesure de l’écriture de Ellory. C’est un livre que j’ai dévoré avec énormément de plaisir, malgré des 650 pages qu’il comporte. La construction du livre alterne entre un chapitre pour Perez et un chapitre pour Hartmann et même si cela n’est pas original, cela donne un certain rythme entre d’un coté  le récit du tueur qui prend son temps et de l’autre le FBI qui court après une enquête dont les tenants et les aboutissants sont maitrisés par Perez lui-même.

Ne vous attendez pas à un style direct, ici, comme dans le précédent roman, on a affaire à de vraies phrases, de vraies descriptions, de vraies ambiances et de vrais personnages. Et on s’y croit, à Cuba, à New York, à Las Vegas ou à Chicago. On visualise très bien les quartiers, les villes, la vie qui évolue. Car c’est aussi une chose que j’ai adoré : Perez nous décrit sa vie, et montre les changements de son environnement. Et on voit très bien comment le monde change, avec son âge qui avance, et le fait que le monde va de plus en plus vite pour un homme qui va de plus en plus lentement.

Que dois-je dire de plus pour que vous courriez acheter ce livre et le dévorer ? Evidemment, il y a le suspense, lié à la tension des flics, qui cherchent désespérément cette fille, qui savent qu’ils se font manipuler par ce tueur, mais qui ne peuvent rien faire d’autre que de l’écouter en espérant qu’il laissera le bon indice en route. Et le lecteur fait plein de suppositions, plein d’hypothèses, jusqu’au dénouement final … Quelle maitrise, quelle construction. R.J.Ellory est décidément très fort.Et on retrouve ce qui semble être l'obsession de l'auteur : est-on maître de son destin ? Dans Seul le silence, la vie du personnage principal était guidée par les meurtres ayant lieu dans son enfance. Là, la vie des protagonistes (Hartmann et Perez) est très liée à l'environnement, en l'occurence au lien qui les unit à leur père respectif. Mais peut-être ce thème n'est-il qu'un hasard étant donné les dates de parution originale. Attendons les prochains opus traduits en français pour savoir. Et je peux vous dire que je suis impatient.

Le seul petit reproche que je ferai, par rapport à son précédent roman, c’est que je l’ai trouvé moins émouvant que le premier. Mais, y a-t-il une once de sentiment chez les gens de la mafia ? Le personnage de Hartmann, censé donner le change à Perez est tout de même moins passionnant que le récit lui-même. Mais passez sur ces considérations de détail, car il faut vraiment lire ce roman, 650 pages d’histoire passionnantes, écrites par un auteur définitivement doué pour la littérature, capable de nous mener par le bout du nez, et de nous manipuler pour notre plus grand plaisir. J’attendais beaucoup de ce roman, et je n’ai pas été déçu, loin de là. Pour sur, je lirai le prochain.

Pour votre information, l’auteur a un site personnel en Anglais, dans lequel on apprend qu’il a écrit sept romans (un par an !), et sur lequel on peut lire sa biographie, écrite avec un humour très british. C’est là : link

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 20:21

Les deux romans élus par les lecteurs volontaires (il suffit de s’inscrire sur le site) sont :

Dans la catégorie roman français,  DOA avec Le Serpent aux mille coupures (Gallimard). Il faut dire que la sélection était difficile et personnellement j’avais voté pour Antonin Varenne et son Fakirs

Dans la catégorie roman européen, Sharon Bolton avec Sacrifice (Fleuve Noir). Je suis plutôt du même avis et dans mon esprit, ce roman était ex-aequo avec les deux autres.

Six nouveaux romans sont proposés.

Pour les polars français

Saya de Richard Colasse (Seuil)

Des myrtilles dans la yourte de Sarah Dars (Editions Philippe Picquier)

Les Coeurs déchiquetés de Hervé Le Corre (Rivages)

Pour les polars européens

Darling Jim de Christian Mørk (Le Serpent à plumes)

Comme des chiens de Mark Billingham (Le Masque)

Petits meurtres entre voisins de Saskia Noort (Denoël)

Vous avez jusqu’au 10 décembre 2009 pour voter. Avis aux amateurs ! Je viens de tous les acheter.

C'est confirmé : Le nouveau roman de James Ellroy ne sortira pas avant janvier 2010. Le célébrissime grandissime génie du roman noir politique (j’en passe et des meilleures et je m’arrête là sinon, je ne vais pas pouvoir me retenir) sera en France grâce aux éditions Rivages. Il nous faudra donc attendre plus de trois mois pour dévorer "American Madness" (titre français) ou Blood’a a rover (Titre anglo-saxon) qui boucle la trilogie "Underworld USA". Ce roman tant attendu (au moins par moi et par tant d’autres j’imagine) est disponible en Anglais depuis le 22 septembre 2009. Il continue à disséquer les Etats-Unis de 1968 à 1972. Tout un programme !

Pour patienter, on peut toujours consulter une présentation du livre par l'auteur himself in english in ze text : link

A bientôt pour une chronique sur Vendetta de R.J.Ellory

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 19:45

Jake Lamar fait partie des auteurs dont je lis tous les livres, ou du moins dont j’achète les livres dès qu’ils sortent. Forcément, j’avais été conquis par La caméléon noir et surtout Nous avions un rêve. Voici donc le petit dernier.

Marva Dobbs est une sexagénaire, propriétaire d’un restaurant situé sur la butte de Montmartre. Sa vie est un succès, pour elle et son mari, Loïc Rose, célèbre avocat parisien. En cet été 2001, elle vit une aventure extraconjugale (pas mal le terme !) avec un jeune cuisinier qu’elle vient d’embaucher Hassan Mekachera. Alors qu’un attentat vient de frapper le WORTHEE, un organisme culturel américain, le petite vie de Marva est chamboulée. A tel point qu’après un accident de voiture, elle se retrouve à l’hôpital. Loïc, son mari appelle alors leur fille, Naima, qui fait des études de cinéma aux Etats Unis. Et Naima débarque en France quand sa mère est soit disant enlevée par Hassan, quand son père disparait sans laisser de traces, et quand Hassan est soupçonné d’être un terroriste.

Jake Lamar est américain d’origine, vivant depuis plus de quinze ans à Paris dans le 18ème arrondissement. Alors, forcément, il connait Paris et le présente avec ses yeux à lui. Et, quand il nous décrit une portion de l’histoire de France, c’est pour ses lecteurs américains mais surtout sa façon à lui de s’imprégner de notre culture.

Ici, le sujet est plutôt orienté espionnage, avec de nombreux personnages plutôt secondaires, car le vrai sujet, c’est Naima. Elle qui a vécu vingt ans avec ses parents se retrouve au milieu d’un tumulte, en ayant l’impression que finalement, elle ne connait rien d’eux. Alors, elle court (car il se passe pas mal de choses tout au long de ces 300 pages) en se raccrochant à l’image qu’elle a d’eux.

Et puis, c’est le roman de l’avant 11 septembre 2001. Le ton est désinvolte, l’écriture assez épurée et rapide. Les personnages vivent comme s’il ne pouvait rien arriver. Il y a bien Al Qaida, des attentats en Afrique, mais c’est trop loin pour qu’on s’en inquiète ! cela en fait un bon petit roman léger.

Après Rendez vous dans le 18ème, que je n’avais pas du tout apprécié car trop superficiel, Jake Lamar revient à un niveau acceptable (par rapport à ce que j’en attends). L’intrigue se suit facilement, ça se lit vite, c’est agréable. Donc Jake Lamar revient à un bon niveau avec un roman plus ironique qu'humoristique, sympatique finalement. Et je trouve qu'il retranscrit assez bien l'innocence qui était la nôtre avant l'attentat du World Trade Center, et qui, sans qu'on le veuille a bien changé notre façon de voir le monde.

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 20:45
Parce que je vais être un peu débordé par le boulot (eh oui, ça arrive !) et que je viens d'attaquer un pavé, je vous conseille quelques livres de poche qui viennent de sortir ou qui vont sortir. Je les ai lus en grand format, et apprécié et donc par conséquent, voici mes conseils :

Déjanté de Hugo Hamilton chez Points : Voilà l'histoire d'un flic un peu fou, un peu révolté racontée dans un style bourré d'humour au deuxième, troisième voire quatrième degré. De quoi passer du bon temps pour les gens qui apprécie l"humour et l'autodérision. J'ai le deuxième (Triste flic) qui attend dans ma biblitothèque et nul doute que je me jetterai dessus dès que j'aurais envie de lire quelque chose de drole. Attention toutefois : l'humour peut parfois désarçonner. Je connais des gens qui n'ont pas fini le livre.

Le samaritain de Richard Price chez 10/18. Là, on a affaire à du gros, du lourd. Au sens de très bon roman, pas au sens de lourdingue. J'avais décidé de lire Ville balnche, ville noire quand Le samaritain était sorti, histoire de faire des économies et finalement j'avais été conquis par son analyse de la société et la faculté des gens de vivre avec d'autres gens différents. Un maitre dans la microscopie sociétale (décidément, j'ai l'art de trouver des mots impressionnants en ce moment ...) et un maitre aussi dans l'art des dialogues. Je n'ai pas encore acheté le dernier, mais il est sur ma liste.

Seul le silence de RJ.Ellory chez Livre de poche. Inutile d'en dire plus que ce qui est ici : R.J. Ellory : Seul le silence (Sonatine) . Pour moi, c'est un des grands monuments de la litérature contemporaine. Tous ceux à qui j'ai prêté ce livre l'ont adoré. N'hésitez pas ! Un roman hors du temps qu'il faut avoir lu.

Les morsures de l'aube de Karine Giebel chez Pocket. Elle a obtenu le grand Pric Polar SNCF de l'année dernière, donc vous pouvez être sur de la qualité du bouquin. Personnellement, je n'avais pas voté pour elle (j'aurais plutot plébiscité Versus de Chainas), mais il faut se rendre à l'évidence : cette histoire de séquestration m'est resté en mémoire, et je me rappelle que tout au long du bouquin, je ne me suis pas ennuyé. Un bon roman par une auteure que je vais peut-être suivre pour son talent à raconter les histoires.

Enfin, pour la bonne bouche, le génial Nous avions un rêve de Jake Lamar chez Rivages Noir. Ce roman m'avait ému tant le portrait de cet homme politique, tellement horrible mais tellement sûr de ses convictions se retrouve ébranlé dans ses certitudes. Certes, il y a les défauts d'un premier livre (si je ne me trompe pas, c'est bien son premier), mais le portrait de cet homme et sa chute sont prenants au point que quatre ans après l'avoir lu, j'en garde encore des phrases en tête. Pour les amateurs de politique fiction, mais centrée sur un homme, pour les amateurs de portraits psychologiques complexes, ce livre est pour vous. Pour les autres, lisez la quatrième de couverture, et vous sucomberez. Et vous vous direz peut-être au détour de quelques pages que ce roman est diablement et tristement d'actualité.

Bonne lecture à tous !
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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 16:04

Ce roman est le premier de cette rentrée 2009, que l’on m’a prêté, et autant vous dire tout de suite qu’il faut vous jeter dessus. Mon coup de cœur de septembre.

A Jocassee, au fin fond des Appalaches, Holland Winchester, qui revient de la guerre en Corée, disparait. Le sheriff Alexander est chargé de l’enquête ; il est le seul dans ce village des Etats Unis à avoir fait des études à l’université. La mère de Holland est sure que son fils est mort, car elle a entendu un coup de feu chez le voisin Billy. Mais on ne retrouve aucun corps. Mais, détrompez vous, ce n’est pas une enquête que l’on suit mais cinq voix qui racontent tour à tour leur version de ce drame et leur vie.

Le point fort de ce roman noir, poignant et sensible est sa narration et son écriture. Jamais il fait une démonstration de ce que fut la vie des champs dans les années cinquante. Cela se fait par petites touches, par les actions des protagonistes, par leurs remarques, leurs réactions. Il montre aussi comment les fermiers sont laminés par le progrès, leurs terres étant réquisitionnées pour créer un lac artificiel.

Mais ce n’est pas le sujet principal du livre. Ron Rash fait la part belle à ses personnages, avec une bonté et une humanité que je n’avais pas lues depuis longtemps. Il ne les juge jamais et creuse leur psychologie par petites touches, aidé en cela par son choix de la narration. Et là encore, il fait fort ; il choisit d’adapter son écriture et son style au personnage, avec une poésie simple, qui vient de la terre :

Le sheriff qui est le seul à avoir fait des études et donc qui a le respect de ses citoyens, précis, analytique, obstiné, persévérant mais avec des a priori

La femme du voisin qui est romantique, torturée par son envie de devenir mère, courageuse, toute en retenue, superstitieuse

Le voisin qui est un vrai fermier honnête, travailleur, foncièrement bon et croyant, et défenseur de son foyer

Le fils du voisin qui voit son éducation remise en cause

L’adjoint du sheriff qui clôt magistralement cette fresque du sud des Etats Unis.

Ce roman, qui aurait eu sa place dans le rayon Littérature est une grande découverte d’un auteur qu’il faudra suivre. Son amour pour ses personnages transparait dans chacune de ses phrases. On est loin des histoires contemporaines, violentes et sanglantes. Ici, tout se passe au rythme de la nature, du lever au coucher du soleil car l’électricité n’existe pas encore dans le sud des Appalaches. « Jocassee, c’était pas un coin pour les gens qui avaient un foyer. Ici, c’était un coin pour les disparus ». Il faut absolument que vous lisiez ce voyage dans un passé si proche mais qui vous paraitra si lointain. Mon coup de cœur du mois de septembre.

Plusieurs avis sont disponibles sur ce roman dont en voici quelques uns :

Actu du noir : link

Journal d’une lectrice : link

Lire et écrire : link
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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 16:15

Vladimir Pichon est un militant communiste à la retraite. Il avait juré sur le lit de mort de son père qu’il ferait la peau des neuf professeurs qui lui ont mené la vie dure en 1965. En 2008, il en reste cinq, et il va tous les éliminer un par un. Alors qu’il vient d’apprendre qu’un de ses fils, trader, vient d’être poussé au suicide par un magnat de la finance, lui qui a toujours eu horreur du capitalisme décide que le chef de son fils doit mourir.

Encore un volume de cette collection Suite Noire qui vient de se faire connaitre via France 2. En effet, cet été, 8 romans ont été adaptés au format télévisuel. Je dois avouer que je n’en ai vu aucun … à cause de l’horaire tardif. Il n’empêche que je les ai tous, tous lus et donc voici l’avant dernier en date.

Je ne connais pas Luc Baranger mais je dois dire que ce livre m’a pris aux tripes, tant le rythme est rapide et l’humour omniprésent et corrosif. Faisant toujours appel à la culture, générale et contemporaine, le roman foisonne de bons mots ou d’excellentes phrases. Le personnage est bien décrit, mais un peu superficiel, et cela est seulement du au format obligé de l’exercice : 95 pages. Difficile de raconter une vie entière en si peu de pages !

La construction est faite de flash backs, mais il manque des liens (explicites ou pas) avec le moment présent. En bref, un bon petit livre qui n’est pas le meilleur de cette Suite Noire mais qui est bien agréable à lire. Et puis, la couverture est cartonnée et, franchement, j’ai vraiment l’impression de lire un vrai livre.

Vous avez une heure de transport en commun pour allez au boulot ? Alors, achetez cette collection. Pour savoir ceux que j’ai préféré, allez voir là : Christian Roux : La bannière était en noir (Suite Noire N°29) & Nadine Monfils : Le bar crade de Kaskouille (Suite Noire N°30)

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 19:40

Je m’étais fixé un challenge : lire tous les romans de la sélection polar SNCF de cet été. Celui-là est le dernier. Pourtant le sujet ne me tentait pas plus que cela, et c’est d’une humeur moyennement positive que je l’ai commencé.

Tora Hamilton est une chirurgienne obstétricienne qui déménage dans une ile des shetlands, ile dont est originaire son mari. Ils ont une vieille ferme avec des chevaux. Alors qu’elle est en train de creuser la tourbe pour enterrer un de ses chevaux, elle découvre le cadavre d’une femme, qui a enfanté et été torturée avant de mourir. Tora se retrouve impliquée dans cette enquête et elle va découvrir rapidement que tout le monde a quelque chose à cacher, et que même ses proches semblent impliqués.

Comme je le disais, j’ai commencé ce livre en étant plutôt mitigé. Cela démarre assez vite, sans temps morts, mais je n’arrivais pas à être intéressé par ce qui se passait. Et puis, l’intrigue du roman se déplace : d’une simple enquête policière, on passe à une véritable paranoïa du personnage principal. La narration à la première personne y fait beaucoup. Et je dois dire que je me suis laissé prendre. Tous les personnages, observés sous un nouvel angle, semblent avoir un comportement suspect, des policiers aux collègues, de son chef à son propre mari. Je n’étais pas emballé par le rythme, mais par l’angoisse de Tora qui, devant ses découvertes, n’arrive pas à y croire, échafaude des hypothèses toutes plus horribles les unes que les autres.

Sharon Bolton est passionnée de cultures anciennes (c’est écrit sur la quatrième de couverture) et elle nous apprend quelques notions sur les runes. Mais ce sont les passages les moins réussis tant j’avais l’impression que le sujet du livre est tout autre : Connait-on vraiment les gens ou même nos proches ? Alors, certes, il y a des longueurs, les dialogues sont bons, sans plus. Mais les descriptions des paysages sont saisissantes et les personnages bien croqués. Pour un premier roman, on peut dire que dans l’ensemble c’est réussi. Ne vous attendez pas à un chef d’œuvre, Sacrifice est un bon roman qui se suit aisément, avec un sujet grave qui, comme on dit, pourrait être vrai.

Enfin, ce qui m’a épaté, c’est de lire la préface, où l’auteur nous dit qu’elle a inventé la plupart des villages et des paysages qu’elle décrit. Son sens du détail fait que j’y ai cru, je me suis senti imprégné de ces paysages, j’ai eu l’impression de côtoyer des personnages issu de ces iles nordiques. Pour ma part, je resterai aux aguets des prochains romans de Sharon Bolton, et si le sujet me plait, il n’est pas impossible que je le lise.

Un petit coup de gueule pour terminer : le livre a un nombre inacceptable de fautes d’orthographe, de mots oubliés, voire de fautes de frappe. Je trouve cela scandaleux que l’éditeur est aussi peu de respect pour le lecteur et pour l’auteur. A 20,90 euros le livre, l’éditeur pourrait faire le strict minimum.

Finalement, j’ai rempli mon challenge personnel, j’ai fini les 6 romans de la sélection Polar SNCF. Et en vous baladant dans mes articles, vous verrez que mon favori est de loin Antonin Varenne et son Fakir.

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 19:50

Voilà un auteur que je considère comme un des plus grands, dans le monde du polar. Parce que l’Italie comporte des purs génies en matière de romans noirs aussi. Comme je venais de lire des romans un peu longs, je me suis jeté sur celui-là, que j’ai acheté parce que c’est un Carlotto.

Giorgio Pellegrini est un ancien terroriste, qui après un assassinat, est obligé de vivre en exil en Amérique du Sud. Après plus de dix ans là-bas, l’attrait du pays se fait sentir, et il revient. Il devient l’indic d’un flic pourri, fait quelques années de prison (forcément !) et trouve un travail dans une boite de striptease. A partir de ce moment, il construit sa vie et peut assouvir ses besoins : argent et femmes mures.

Difficile de résumer ce roman court (180 pages) et foisonnant. Le personnage de Giorgio est formidable, décrit avec tellement de justesse, que l’on aime détester ce type. J’allais dire un loser, mais c’est plutôt à un minable à qui on a affaire. Courant toujours après l’argent pour pouvoir bien vivre, aimant les femmes de plus de quarante ans car elles lui amèneront moins de problèmes que celles de vingt ans (sic !) et qu’elles sont plus faciles à manipuler.

Ce roman est un des premiers de ce magnifique auteur, mais on retrouve tout ce qui fait la qualité de cet auteur. Il prend un personnage et nous démonte toute la psychologie, par petits traits, sans jamais juger, uniquement par les actes. Formidable. Toute cette histoire est tellement logique, et son personnage subit ses actes, ses décisions, et assume.

Massimo Catlotto, c’est ça. Un personnage magnifique, mais aussi une écriture simple. Le style est comme toujours direct, chaque mot a sa place, chaque phrase est utile. Ne cherchez pas ici de descriptions de dix pages, de digressions qui détournent du déroulement de l’histoire, on n’a que le strict minimum pour une narration hyper efficace. Seul petit reproche que l'on pourrait faire à ce roman, c'est le classissisme de sa construction. Un chapitre pour chaque femme importante de sa vie. Sinon, ne cherchez pas d'humanité dans ce personnage, ni de romantisme dans cette histoire, le titre, en guise de trompe-l'oeil n'est là que pour mettre en valeur la noirceur du récit. A noter la couverture, qui est d'une beauté à couper le souffle, et je pense que vous allez craquer.

C’est le troisième Carlotto que je lis, j’ai les autres en stock, alors permettez moi de vous conseiller Rien, plus rien au monde (un condensé de 50 pages pour un pur chef d’œuvre, imaginez que je l'ai lu il y a 5 ans et je m'en souviens encore) et L’immense obscurité de la mort (un titre un peu pompeux pour un nouveau chef d’œuvre). Celui-ci est excellent, et après avoir lu les deux que je viens de citer, vous serez tellement drogué par Carlotto que vous courrez acheter les autres. Et peut-être que, comme moi, vous les garderez dans votre bibliothèque, juste pour le pur plaisir de savoir que vous avez des joyaux sous la main. Et, le jour où vous n’aurez rien à lire, où vous aurez besoin d’un vrai roman noir, vous en prendrez un au hasard (sept sont publiés en France à ce jour, si je ne m’abuse), et ce jour-là, vous choisirez un Carlotto.


D'autres avis sont présents sur la toile des blogueurs :

Noirs desseins : http://noirs-desseins.over-blog.com/article-30016806.html

Moisson noire : http://moisson-noire.over-blog.com/article-22173494.html

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  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
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Dorénavant, les nouveaux billets seront :

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