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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 10:00

Avis aux amateurs de romans à suspense qui comportent un fond historique. On me signale un nouvel auteur, dont le deuxième roman s’appelle Code Salamandre. Le sujet, qui parait passionnant, est aussi étayé par une documentation historique garantie par les nombreuses recherches de l’auteur. Code Salamandre est édité par les éditions Belfond.

 

Quelques mots sur l’auteur :

Né en 1978, Samuel Delage a grandi dans le Saumurois, sur les bords de la Loire qui servent de toile de fond à son roman. C’est en menant de longues recherches autour de l’histoire de la Renaissance et de sa cryptologie qu’il a nourri le projet d’en faire partager les fruits à travers une autre de ses passions, le thriller. L’auteur a conçu l’intrigue de son roman avec la précision de l’ingénieur qu’il est dans sa vie professionnelle. Il a publié son premier opus, Arrêt Wagram, en 2010 aux éditions Les Nouveaux Auteurs. Code Salamandre est son premier roman à paraître aux éditions Belfond.

 

Et enfin, le sujet du roman :

Code-Salamandre.jpgLors d’une vente aux enchères, Yvan Sauvage, expert en art et commissaire-priseur, retrouve son ancien professeur de l’Ecole du Louvre. Victime d’un malaise, celui-ci s’éclipse en oubliant un dossier qu’Yvan Sauvage récupère dans l’intention de le rendre à son propriétaire. Mais le vieil homme décède, et Yvan se retrouve légataire d’un secret prodigieux : le professeur était sur le point de déchiffrer un code de la Renaissance menant à un trésor constitué sous le règne de François Ier. Yvan n’a alors plus qu’une obsession : résoudre cette énigme. Une de ses étudiantes, Marion Evans, entre dans son jeu, et le duo se lance dans l’aventure avec une énergie farouche. Il faut avant tout décrypter les messages codés que recèlent châteaux, statuaires et monuments édifiés par les architectes de François Ier, dont Léonard de Vinci. Puis explorer des itinéraires dont la cartographie occulte et étonnamment précise de la Renaissance a fixé le tracé. Tout à leur quête, Yvan et Marion se montrent inconscients du danger qui les guette. Car un homme épie leurs moindres faits et gestes sous les ordres d’un mystérieux commanditaire. Mais cet espion poursuit aussi un autre objectif, celui de s’emparer de Marion pour en faire la proie de ses obsessions sadiques. Il est déjà passé à l’acte, et son profile ressemble étrangement à celui du serial killer qui rôde dans une banlieue tranquille de Paris. Une course-poursuite s’engage, où la recherche érudite déclenche une traque sanguinaire tandis que piétine l’enquête de police…

Dans une note finale, l’auteur indique que tous les éléments historiques contenus dans son ouvrage sont véridiques et demeurent vérifiables sur les sites visités par ses héros, mais qu’aucune autorisation de fouille n’a été donnée à ce jour à l’emplacement probable du dépôt royal.

 

Une intrigue forte, des personnages bien dessinés et un contexte historique basé sur de nombreuses recherches, de quoi combler les fans du genre.

Allez voir du coté de la page Facebook :  https://www.facebook.com/Samuel.Delage.Officiel

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 19:30

Breakfast on plutoLes éditions Asphalte ont le don de dénicher des auteurs rarement connus chez nous, et qui sont d’une grande qualité littéraire. Ce roman irlandais recèle de grandes qualités sur un sujet original traité avec humour.

Dans le petit village de Tyreelin, dans le comté de Cavan, la vie est compliquée pour les habitants à cause de la guerre qui sévit entre les deux Irlande. Et comme ce village est situé à quelques kilomètres de la frontière, le quotidien des habitants est parsemé d’attentats, d’arrestations et de morts violentes.

Patrick Braden est un enfant qui naît dans ce monde en guerre, fils illégitime d’un curé et d’une mère qu’il n’a jamais connu puisqu’elle l’a abandonné. Je dis il mais je devrais dire elle, car, depuis tout petit Patrick se sent femme. Malgré les moqueries dans la rue quand il porte un vêtement volé à La Moustachue, la femme qui l’élève, il cherche avant tout le bonheur dans sa personnalité féminine en se faisant appeler Pussy.

Pussy ne peut pas vivre longtemps comme ça. Elle quitte le domicile soi-disant familial pour se retrouver entre les bras de Totoche, le surnom qu’elle a donné à un politicien marié. Celui-ci trouvant la mort dans un attentat, elle part à nouveau, et son départ qui passe par Dublin et Londres, devient autant une fuite de son monde qu’une recherche de sa vraie mère et qui elle est.

Quand on n’a pas de chance, quand on commence la vie sans repère, sans famille et sans personnalité, la vie ne peut qu’être un enfer. Celle de Pussy en est un, mais comme le roman est écrit à travers son personnage, et qu’elle ne veut pas se laisser aller au désespoir, le ton est résolument léger, désinvolte et désenchanté, voire grinçant ou cynique. Patrick McCabe nous montre un pays, soumis à des attentats violents et aveugles. Et au milieu, il y a des gens, des peuples qui ne comprennent pas, essayant de vivre leur vie. Il n’y a pas meilleur moyen pour montrer l’absurdité d’un tel conflit. Mais le sujet n’est pas là, il est dans une quête d’identité.

Car c’est bien le personnage de Pussy qui remplit les pages. Pussy est bavarde, elle parle, digresse, est légère, parfois se fait plus grave mais elle a toujours la bonne remarque pour repartir de l’avant. C’est un garçon qui rêve, qui vit dans ses rêves, et qui ne cherche qu’une chose, trouver l’amour qu’on ne lui a jamais donné. C’est écrit comme une improvisation, additionnant les personnages et les situations d’un point de vue détaché, humoristique, et on se prend à suivre ses pérégrinations avec beaucoup d’empathie pour ce garçon fille qui ne sait pas qui il est. C’est une lecture originale et prenante qui pourra en rebuter certains par les longueurs dues au personnage de Pussy qui est une bavarde inconditionnelle. Une leçon d’optimisme !

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 10:00

un-nomme-peter-karras.gifLe 20 octobre prochain, les éditions Points vont ré-éditer Un nommé Peter Karras de George Pelecanos. De tous les fans Pelecaniens, c’est son meilleur roman. Alors pour fêter l’événement, je vous propose de réaliser une gigantesque lecture commune.

Que vous soyez blogueurs ou simples lecteurs, lancez vous dans cette aventure. Il suffit de me signaler votre participation via un commentaire ou le mail inscrit sur cette page, et sur une page dédiée à cet effet, vos noms ou pseudo seront notés. Les liens vers les articles des blogueurs seront ajoutés, ainsi que pour les non blogueurs leurs commentaires et avis.

Voici l’occasion de mettre en valeur un roman qui promet d’être exceptionnel. Et comme je ne l’ai pas lu moi-même, ce sera aussi une découverte. Cette opération, totalement bénévole de ma part, just for fun, se terminera le 20 novembre, soit 1 mois après la sortie du roman aux éditions Points.

 

En voici le résumé :un nomme peter karras

Peter le Grec et Joe le Rital ont grandi ensemble dans le Washington D.C. miteux des années 1930. Pour ces gosses d’immigrés, c’était la truande ou la misère. Si Joe compte bien devenir un caïd dans le milieu du crime organisé, Peter, après un passage à tabac, décide se ranger. Mais depuis qu’un cinglé s’amuse à découper des prostituées, les règles du jeu ont changé : il s’agit de sauver sa peau…

George Pelecanos est né en 1957 aux États-Unis. Écrivain, il a notamment collaboré en tant que producteur et scénariste à la série Sur écoute (The Wire). La plupart de ses ouvrages sont disponibles en Points.

« L'écriture de Pelecanos le place parmi les grands auteurs de romans noirs actuels. » Télérama

 

Avis aux amateurs !

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 19:30

Un père idéalAprès Un employé modèle, premier thriller de Paul Cleave, il fallait absolument que je lise le deuxième tant l’originalité et le cynisme du premier m’avait plu. Eh bien, celui-ci est totalement différent, avec des ressemblances.

Edward n’a pas eu une vie facile. Ayant passé une enfance heureuse, son père Jack se fait arrêter devant sa famille. Edward, qui a 9 ans, restera marqué par cet événement. Son père est condamné à perpétuité pour avoir assassiné 11 prostituées, et tout le monde va faire le parallèle entre Jack et Edward. Un an plus tard, sa mère mourra par suicide et sa sœur deviendra prostituée droguée et mourra d’overdose. Elevé par ses grands parents, il va se reconstruire.

Vingt ans plus tard, Edward vit heureux entouré de sa femme Jodie et de sa fille Sam. Il est devenu comptable, comme sa femme mais ils ne travaillent pas dans la même entreprise. Au moment de Noel, qui est très chaud en nouvelle Zélande, ils envisagent de changer de maison, acheter quelque chose de plus grand avec au moins une pièce supplémentaire.

Ils prennent rendez vous à la banque pour se renseigner sur leur futur emprunt. A ce moment là, six truands entrent pour braquer la banque. Ils assomment le vigile, et descendent le responsable de la banque. Pour ressortir, ils envisagent de prendre en otage une caissière. Edward, n’écoutant que son courage, leur demande de partir puisqu’ils ont ce qu’ils veulent. Ils décident alors de prendre Jodie en otage et lui tire dans le dos devant la banque. Fou de douleur, il doit gérer sa nouvelle vie sans Jodie. La police n’avançant pas assez vite, il se demande s’il ne doit pas les chercher lui-même, jusqu’à ce que son père lui téléphone pour la première fois depuis vingt ans.

Ce n’est pas facile d’avoir un père serial killer. Tout le monde pense alors que vous ètes comme lui, ou que ce n’est qu’une question de temps, que votre destin est de suivre les traces sanglantes de votre généalogie. Le drame qui lui tombe dessus va chambouler sa petite vie et le plonger dans un enfer qu’il a toute sa vie cherché à éviter.

La première partie de ce livre est tout bonnement bien faite, et ce roman est à la fois comparable à son précédent roman, Un employé modèle et très différent. Comparable au sens où c’est un roman qui oscille entre roman noir et thriller, où la qualité de l’intrigue et de l’écriture fait qu’on tourne les pages très rapidement sans avoir envie de s’arrêter. Différent, au sens où il n’y a plus cet humour noir voire ce cynisme que j’avais adoré dans le premier. Et Paul Cleave s’avère aussi doué et à l’aise dans les dialogues, que dans les scènes intimistes ou les scènes d’action.

Si on lit ce roman au premier degré, on se retrouve avec un roman course poursuite où le chasseur devient le chassé, avant de redevenir le chasseur. Au second degré, l’auteur ne tombe pas dans le piège de l’apologie de la vengeance, grâce à des scènes de meurtres quelque peu humoristiques dans le style « je ne l’ai pas fait exprès », et c’est tant mieux à mon goût car moins subversif.

Si ce n’est pas un chef d’œuvre, ce roman est un excellent divertissement, un Page-turner impitoyable, un appel à des nuits blanches. L’intrigue me semble mieux construite, la spirale infernale fort bien construite, et la narration orientée vers la psychologie de Edward. C’est une nouvelle démonstration que Paul Cleave sait partir d’une idée originale pour en faire des romans passionnants. Il est à signaler tout de même quelques scènes sanglantes à ne pas mettre entre toutes les mains.

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 10:00

Polar SNCF :

Avant d aller dormirLes résultats du vote pour le polar SNCF de la sélection estivale sont tombés. Les votants de Polar SNCF ont choisi Avant d’aller dormir de Steve J.Watson. Voici donc un roman qu’il va falloir que je lise.

En même temps, est parue la liste de la sélection automnale, que voici, et il n’y a que du lourd :

Bienvenue à Oakland de Eric Miles Williamson (Fayard)

Le mur, le Kabyle et le marin de Antonin Varenne (Viviane Hamy)

Je reste roi d’Espagne de Carlos Salem (Actes sud)

L’Offense de Francesco de Filippo (Métaillié)

Un ange noir de François Beaune (Verticales)

Ça va être très dur de choisir, en ce qui me concerne ! Vous avez jusqu’au 3 janvier 2012 pour vous décider, sur http://www.polar.sncf.com.

 

Première impression

Premiere-impression.jpgOn dit que la première impression est souvent la bonne. C’est aussi le nom d’un concours organisé par Le Mouv’ et Les Editions La Tengo. Il est ouvert ouvert aux jeunes écrivains qui n’ont jamais été publiés.

Le lauréat du Prix Première Impression verra son premier roman édité par La Tengo et Radio France lors de la rentrée littéraire de septembre 2012. Les auteurs peuvent envoyer leur manuscrit jusqu’au 1er décembre 2011 à l’adresse suivante :

Prix Première Impression – Editions La Tengo,

174, rue du Temple

75003 Paris.

Le règlement du concours est disponible sur www.la-tengo.com et www.lemouv.fr

Le comité de lecture est composé de

- Joseph d’Anvers, auteur et musicien, parrain de cette première édition

- Frédéric Bonnaud, Cyril Sauvageot, Olivier Cachin (Le Mouv’)

- Dominique Pensec (Editions Radio France)

- Frédéric Houdaille et Alexandre Chabert (Editions La Tengo

 

813 fait peau neuve :

Deux nouveautés pour l’association 813, alors que les adhérents réfléchissent à leur vote pour les trophées 813. Le site 813 a fait peau neuve avec un nouveau visuel plus animé et moderne et une nouvelle adresse : http://www.site813.com/

De même, l’association 813 a créé un blog dont l’adresse est http://blog813.over-blog.com/ où vous pourrez trouver plein d’informations, de suggestions de lectures. A noter qu’il y a une newsletter sur laquelle vous pouvez vous inscrire pour recevoir un avis de publication à chaque nouvel article.

Deux nouvelles adresses donc pour être au courant de l’actualité polar.

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 19:30

Désordre du templeQuand j'ouvre un roman des éditions Krakoen, j'ai l’assurance de passer un excellent moment de lecture, avec des intrigues et des personnages forts et passionnants. Celui-ci est conforme à la règle.

De nos jours, en région parisienne. Gilles est un jeune homme, Disc Jockey homosexuel, qui tombe amoureux de tout les hommes séduisants qu’il rencontre. C’est le cas de Dominique de Saint-Claude, Disc Jockey aussi et propriétaire d’une boite de nuit située dans la Marais. Dominique participe aussi à des soirées privées payantes ayant pour but de reproduire dans les costumes d’époque des célébtations de l’ordre des Templiers.

Justement, ce soir là, Dominique ne peut y aller. Il charge Gilles de le remplacer et ce à quoi assiste Gilles est tout bonnement hallucinant : Entre un combat contre des soldats, la cérémonie et la punition des Templiers qui ont fauté, tout semble incroyablement réaliste, jusqu’à la décapitation d’un jeune Templier nommé Jehan.

Le lendemain, Gilles est réveillé par sa voisine d’au dessus, Chloé. Elle lui ramène son chat à garder, car elle doit visiter un ancien résistant dans le cadre de sa thèse en histoire. Elle fait la relation entre le spectacle de la veille et une affaire entendue aux informations sur un jeune décapité aux pieds duquel on un message de punition des Templiers qui ont fauté. Quand elle revient récupérer son chat, Gilles a été tabassé et une lettre similaire est trouvée sur son bureau. Ils décident d’enquêter avant de faire appel à la police alors que les cadavres s’accumulent avec les mêmes types de lettres et qu’un mystérieux manuscrit de Nostradamus a disparu.templiercom

Le polar ésotérique, ce n’est pas trop mon genre. Surtout que dans ce domaine, les auteurs ont tendance à en faire trop, à étaler leur science en criant presque à la face du monde : « vous voyez ? Je connais plein de choses, et j’ai trouvé une faille dans l’Histoire qui me permet de vous proposer une explication qui à défaut d’être réaliste va vous paraître scandaleuse ».

Rien de cela ici. Je me suis laissé prendre, et presque envoûter par le style de l’auteur, une écriture fluide et directe, efficace, qui ne s’étale pas dans des descriptions inutiles, mais qui donne la meilleure place aux personnages. Et je me suis dit : « Finalement, pas besoin d’en faire des tonnes, on prend un début avec des personnages normaux, et on déroule logiquement pour le pur plaisir du lecteur ». Et ça marche à fond.

Que ça parait facile ! Mais que nenni, cela s’appelle du talent. Il y a du rythme, de l’action, une enquête mystérieuse, des personnages attachants. Ce roman est un excellent divertissement et il serait bien dommage de passer à côté. Croyez moi, c’est passionnant de partir à la recherche du manuscrit volé.

A noter que ce roman est une version revue corrigée et actualisée de Templiers.com, paru aux éditions Le Passage en 2004.

 

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :La trilogie marseillaise de Jean Claude Izzo (Folio)

A bientôt.

 

4ème de couverture :

Trilogie marseillaiseDes quartiers nord aux ruelles du Panier, des quais du Vieux Port aux calanques les plus reculées des bords de mer, Fabio Moniale en sait tellement sur Marseille qu'il sent battre en lui les pulsations de la ville. Flic déclassé. fils d'immigrés appréciant les poètes, le jazz, la pêche et les femmes, il est à l'image de cette ville tant aimée. un homme sensible dont le passé parfois douloureux resurgit au fil des enquêtes... Réunir en un seul volume les trois romans qui mettent en scène le personnage de Fabio Montale est l'occasion. pour les Editions Gallimard, de rendre un hommage appuyé à Jean-Claude Izzo qui aura toute sa vie lutté pour être ait plus près de ses rêves. Cette trilogie, véritable prolongement romanesque d'un homme, offre, par sa cohérence, la possibilité de (re)découvrir le très grand talent d'un homme de cœur et d'engagements.

 

Mon avis :

Ces romans noirs, plus que romans policiers, est probablement celui qui parle le mieux de Marseille. Jamais, je n’ai lu un auteur qui a aussi bien su retranscrire le plaisir du soleil, des gens à l’accent chantant, les vieux quartiers ou les petits déjeuners au bord de la plage. Cette trilogie est aussi une illustration parfaite d’un adage que l’on devrait se rappeler : la violence engendre la violence dans une spirale infernale. Une œuvre magistrale dont il vaut mieux oublier les adaptations télé. 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 19:30

La france tranquilleQuid de ce roman, qui fait partie de la rentrée littéraire noire de Fayard ? Un sujet bien noir, cynique sur la vie provinciale en proie aux affres d’un tueur en série, voilà de quoi allécher tout amateur de roman noir.

Nogent-les-chartreux a tout d’une ville de province paisible où il fait bon vivre. Il y a les petits commerces du centre ville, les usines qui permettent d’employer les ouvriers, les cités du quartier du Bas qui regroupent les pauvres, et les maisons bourgeoises qui abritent les … bourgeois. Bref, vraiment, c’est une vie somme toute classique qui coule comme un ruisseau sans remous.

La gendarmerie est sous la direction du commandant Paul Garand et est composée d’une cinquantaine d’hommes. Garand arbore une bonne cinquantaine d’années, est divorcé de Nadine mais doit s’occuper de son fils Gregory. Se laissant aller depuis le départ de sa femme pour un docteur parisien, il accuse plus d’un quintal sur la balance. Fainéant, aimant le calme, il aspire, à l’image de sa ville, à une tranquillité qui lui permet d’aller pêcher la carpe.

Alors qu’il est prêt pour sa partie de pêche, on lui signale un corps étranglé et brulé. Aucun autre indice ne permet d’aiguiller les gendarmes si ce n’est une indication : « SUGET 0 » avec une belle faute d’orthographe. Quand les cadavres continuent à s’accumuler dans les trois mois qui suivent, la ville devient folle et ressortent des tentations sécuritaires et extrémistes qui vont dérégler cette petite ville paisible de province.

Je serais tenté de dire que ce roman est un bijou de peinture d’une ville de province, avec ses petits on-dit, ses faibles, ses lâches, ses discussions de bistrot, ses honnêtes, ses malhonnêtes, tout un petit microcosme qui vit protégé de la grande délinquance de la ville, et qui s’adapte aux nouvelles règles du libéralisme actuel. Les usines ferment, les négociations syndicats patrons n’en ont que le nom, les gens s’enferment chez eux devant la télévision, les petits commerces ferment …

Quand tout va bien, l’équilibre est maintenu. Quand un caillou se glisse dans les rouages, l’homme redevient un loup pour l’homme, on cherche les coupables, on installe des caméras de surveillance, on fait venir l’armée, on met au pilori ceux d’en Bas, qui ne travaillent pas et donc sont des voleurs voire des assassins. Par cet aspect là, qui est traité avec beaucoup de cynisme, ce roman est une vraie réussite, et les dialogues une réelle bénédiction.

C’est aussi parce que le personnage central (plutôt que principal) est quelqu’un de désabusé, détaché qu’il va réussir à garder son calme, et trouver la solution d’une énigme à laquelle les autres, des commerçants aux policiers, des commerçants aux politiques, n’auraient pas pensé, plus occupés qu’ils sont à sauver leur petite image, leur petite vie, leurs petits avantages.

Je dois dire que, au début du roman, j’ai eu du mal, tant le style de l’auteur allie un cynisme de bon aloi avec une méchanceté et une agressivité pas forcément utile. C’est du moins ce que j’ai ressenti à cette lecture, avant de me faire emporter par cette histoire qui peut paraître absurde mais qui tient par la force de ses personnages et les situations décrites.

Vous voulez du noir, du tristement comique, du révoltant, voir la société par l’autre bout de la lorgnette comme l’aurait fait un Desproges, alors ce livre est pour vous. Car, Olivier Bordaçarre veut nous faire réfléchir, en prenant un peu de hauteur à notre vie de tous les jours. Cette ville paisible peut aisément être transposable à un pays tout entier, et tout le monde y passe. Il n’y a pas de héros ici, mais y en a-t-il dans la vraie vie ? Honnêtement, il serait bien dommage de ne pas lire ce livre car vous passeriez à coté d’une partie de rigolade bien jaune et grinçante.

D’ailleurs, mon ami Bruno a adoré et L’ami Claude le recommande fortement, sans oublier l'ami Yan. Que vous faut il de plus ?

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 10:00

Un nouvel auteur nordique va faire son apparition sur les étals des libraires. Il s’appelle Jussi Adler-Olsen, et le premier roman à paraître s’appelle Miséricorde. Ce roman, qui est le premier d’une série, sera disponible à partir du 6 octobre 2011.

Outre les compliments dithyrambiques que l’on peut lire sur la quatrième de couverture, il semblerait bien que ce soit un thriller bigrement passionnant mâtiné de politique fiction. Mais jugez par vous-même :

 

Misericorde.jpgPourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une chambre pressurisée depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ?

Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encre. Mais, faute d’indice, la police avait classé l’affaire.

Jusqu’à ce que les improbables Carl Mørck et Hafez el Assad, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne, en charge du Département V, département des affaires classées, décident de rouvrir le dossier…

 

Couronné par les prix scandinaves les plus prestigieux, de La Clé de Verre aux Golden Laurels des libraires, le thriller de Jussi Adler-Olsen, première enquête de l’inspecteur Mørck, est un véritable phénomène d’Édition mondiale.

« Un thriller puissant, dérangeant. Un talent aussi impressionnant que déstabilisant. » The Independent

« On y retrouve tout ce qu’adorent les fans du polar scandinave. » The Guardian

 

Né à Copenhague, Jussi Adler-Olsen a étudié la médecine, la sociologie, le cinéma et la politique. Ancien éditeur, il connaît un succès sans précédent avec Section V, série best-seller qui compte déjà quatre tomes, dont le premier (Miséricorde) a été publié en 2007 au Danemark.

La série est aujourd'hui en cours de traduction dans une trentaine de pays.

Jussi Adler-Olsen vit au Danemark.

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 19:30

Brumes-du-passe.jpgVoici une nouvelle lecture dans le cadre de Meilleurpolar.com organisé par les éditions Points. Si je connais Leonardo Padura pour en avoir quelques uns qui traînent, je n’avais jamais lu de roman de cet auteur cubain.

Mario Conde a quitté la police et s’est reconverti en bouquiniste, à la recherche de romans qu’il vendra à des libraires cubains ou américains. Son immense érudition dans le domaine littéraire lui permet de mettre une valeur sur chaque livre qu’il découvre. Comme Cuba traverse une crise sans précédent, amenant la famine dans les familles, le Conde arpente les villas luxueuses à la recherche de la perle rare.

Mario Conde débarque par hasard chez Dionisio et Amalia Ferrero. Il doit estimer la valeur de leur bibliothèque. Ceux-ci pâtissent de la crise et n’ont plus rien à manger. Le Conde apprend que la maison appartient en fait aux Montes de Oca, et qu’ils attendent des nouvelles d’un des héritiers. Le Conde est ébahi devant la valeur de ces livres. Il les classera en trois types : ceux qui ont peu de valeur, ceux qui ont une grande valeur et ceux qu’il ne faudrait pas vendre car ils sont inestimables.

Puis, entre deux volumes, Le Conde trouve la photographie d’une femme, Violeta del Rio. Cette femme était chanteuse de boléro dans les années 50, et n’a enregistré qu’un seul disque. Le Conde va chercher à en savoir plus sur cette femme, tomber sous le charme de cette voix sensuelle et désabusée, jusqu’à être prêt à laisser tomber cette impossible quête. C’est alors que Dionisio est assassiné.

Ce roman est extraordinaire ! Et pourtant, j’ai bien failli l’abandonner vers sa moitié. Mais laissez moi m’expliquer. Le roman est découpé en deux parties, comme deux faces de disques. D’ailleurs, les titres des 2 parties sont les 2 titres des chansons enregistrées par Violetta. Cette partie concerne la quête de Conde vers un passé florissant et argenté et comporte de nombreux passages sur les livres de la bibliothèque. Et j’ai trouvé cela un peu lourd, ces descriptions de plusieurs pages sur les titres de romans introuvables, avec leurs années d’édition et leur éditeur.

Et puis je suis arrivé dans la deuxième partie. Et là, je comprends tout dans la construction du roman et dans la démonstration de Leonardo Padura. Du strass de la première partie, on découvre que derrière, c’était un peu moins joli, que la révolution est passé par là, avec ses promesses, mais que ce n’est pas mieux, et que comme avant, il y a les riches et ceux qui crèvent de faim.

Mais surtout, il y a dans cette deuxième partie tout une sensibilité que je n’ai pas forcément ressentie, cette nonchalance, cette tristesse, ce sentiment que quoi que l’on fasse, le pays continue son chemin sans plus se soucier de ses ouailles. Il y a ce portrait du Conde qui, à l’image de son pays abandonné par L’URSS qui implose, se retrouve abandonné, seul, refusant toute lueur d’espoir, parce que à quoi cela peut-il bien servir ? Clairement, les dernières pages m’ont fait pleurer, et c’est bête quand on lit ça sur une plage de vacances. Alors, je vous le dis : la lecture de ce livre est exigeante, elle se mérite, mais à la fin, quelle récompense !.

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