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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 18:43

Après avoir exploré l’univers de Fabio Mitchelli avec La verticale du fou, je me replonge dans le deuxième tome de la trilogie. Et finalement, je pense que le troisième tome ne va pas faire long feu.

Quatrième de couverture :

A-la-verticale-des-enfers.pngAprès le succès de "La verticale du fou", découvrez la suite....

Six mois après le terrible drame de la mort de Clarisse, Chris Lanzmann, Lieutenant de police à la criminelle, met fin à ses jours en se jetant du haut des trente mètres de son immeuble. Hébété, au moment de l’impact de son corps sur le trottoir, le jeune flic aperçoit des corps humains, flottant à quelques mètres du sol. Lanzmann ne comprend pas la symbolique de cette vision, encore moins la raison pour laquelle il possède toujours sa conscience...

Sohan Ordell, le flic chargé de l’enquête de vérification concernant le suicide de Chris Lanzmann, décèle alors avec l’aide du jeune médium Melvin Meideiros, que l’ex amant de Clarisse n’avait pas les mains aussi propres qu’on le disait. Peu à peu, les enquêteurs découvrent que l’investigation les rapproche ostensiblement d’une effroyable affaire : les corps de plusieurs jeunes femmes sont retrouvés horriblement mutilés, dans une représentation cauchemardesque du Vitruve de Léonard de Vinci.

Qui sont ces êtres avec lesquels Lanzmann communique ? De quoi l’ex-flic était-il coupable ? Qui est l’étrange gérant de la boutique du Papillon Noir ?

Un infernal jeu de piste les mènera tous aux confins du physique, à mi-chemin entre le réel, le cauchemar et la folie...

Nous retrouvons dans ce second volet de la trilogie des Verticales les personnages rencontrés dans La verticale du fou ; mais nous les retrouvons sous un angle auquel nous n'étions pas préparés ; et c'est bien là que doit résider le talent d'un auteur : surprendre ses lecteurs et se renouveler sans se renier lui-même. Fabio M. Mitchelli réussit cette fois encore la performance de nous emmener là où ne serions pas allés de nous-mêmes, au seuil de mystères sur lesquels il jette une lumière nouvelle. Dans ce deuxième opus il inverse l'angle sous lequel nous envisageons la mort, car après tout, tout ce que nous en savons fait encore partie de la vie... mais jusqu'à quel moment ?

Dans A la verticale des enfers l'auteur nous transpose dans une contre-plongée à l'issue de laquelle vous ne regarderez plus certaines choses sous le même angle, je vous le promets.

Mon avis :

Voici un roman court qui se lit vite, trop vite. En fait, c’est à la fois aussi bien que La verticale du fou, et mieux par d’autres cotés.

Aussi bien car il reprend le principe de faire parler des morts, mais l’enquête menée par Sohan Ordell nous permet d’avoir une narration plus classique. Il y a donc un mélange entre le royaume des morts et l’enquête réelle.

J’ai trouvé dans ce roman une progression dans le style et l’intrigue, l’ensemble est plus maitrisé, plus facile et agréable à suivre. Pour autant, ce qu’on y gagne d’un coté, on le perd de l’autre. Et j’y ai trouvé moins d’originalité que dans le premier.

Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est un très bon thriller qui se prête bien au format électronique par le coté roman court et les chapitres rapides.

A noter que la trilogie des Verticales est disponible en ebook à 4,99 euros. C’est donné !

http://black-novel.over-blog.com/article-chronique-virtuelle-la-verticale-de-fou-de-fabio-mitchelli-ex-aequo-114532906.html

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 18:46

Dernier roi de brighton-copie-1Après Promenade du crime, voici le deuxième tome de la trilogie consacrée à Brighton, station balnéaire de Grande Bretagne. Ce roman s’avère plus grand, plus fort, plus imposant, exemplaire.

Ce roman est composé de deux parties. La première est consacrée aux années 60, la deuxième se déroule de nos jours. En 1963, John Hathaway est un jeune adolescent dont la passion est la musique. Avec ses copains Charlie, Dan et Bill il forme le groupe des Avalons, et fait la tournée des petits clubs en reprenant des chansons à succès. Il se débrouille tout seul, ses parents étant en Espagne pour une durée indéterminée. Et c’est Reilly, l’homme de confiance de son père qui l’aide dans sa vie de tous les jours.

La ville de Brighton est plongée dans des affaires criminelles retentissantes : on y parle encore du tueur à la malle qui date des années 30, mais aussi de l’attaque du fourgon postal qui est une affaire plus récente. John va s’apercevoir que ses concerts sont organisés dans des clubs grâce à la réputation de son père, que la police lui fait les yeux doux parce qu’il est le fils de Dennis. Entre sa petite vie et Barbara, une trentenaire devenue son amante, il mène une vie facile et nocturne, jusqu’à ce que son père rentre avec sa mère, prise de délires et que son père attribue à la ménopause.

Son père va chasser Barbara, qui est une de ses employées et lui demander de travailler dans son organisation ; tout d’abord, il lui demande de transporter de l’argent, puis de la drogue, puis de vendre de la drogue pendant ses concerts. Petit à petit, il va comprendre l’étendue de l’organisation de son père. Cette formation et ce passé douteux va avoir des conséquences sur sa vie actuelle, quand quarante années plus tard, un homme se fait atrocement empaler.

Le portrait que fait Peter Guttridge de la superbe et riche ville de Brighton est bien peu ragoûtant. En effet, il prend son temps pour montrer comment dans les années 60, le principal gang de Brighton détenait le commerce illicite, des paris au trafic de drogue qui commence (les petites pillules que les jeunes avalent pendant les concerts pour mieux s’amuser !), de la prostitution à la pédophilie. A cela, on ajoute la police qui profite de cet argent, mais qui le dirige aussi tant la hiérarchie est impliquée.

Peter Guttridge a choisi une narration très classique, mettant en opposition deux époques, qui sont les années 60 et les années 2000. Il donne l’impression qu’avant la criminalité était moins violente, moins barbare. Il montre une époque ivre d’amusements, de musique, de joie de vivre, qu’il oppose à notre monde contemporain plus froid, plus brutal. D’ailleurs, dans la première partie, les titres des chapitres reprennent des titres de morceaux populaires, qui disparaissent dans la deuxième partie. Cette première partie, sur les années 60 est exemplaire à tous points de vue, tant elle est parfaitement écrite.

C’est aussi un roman de formation, d’initiation, au travers le personnage de John. Ce jeune homme va petit à petit perdre son innocence, jusqu’à devenir le nouveau parrain de Brighton, suivant en cela les pas de son père. Et le jeune homme de la première partie va se révéler un maitre du crime, que l’on va retrouver au travers d’enquêtes menées par Robert Watts dans une deuxième partie d’une narration plus classique.

Indéniablement, ce Dernier roi de Brighton s’avère un polar costaud, que j’ai eu bien du mal à lâcher, tant la façon qu’a Peter Guttridge de mener son histoire me convient bien : elle est centrée sur les personnages, avance surement grâce à des dialogues remarquablement bien faits, et ne s’appesantit jamais sur des futilités. Ce deuxième tome de la trilogie de Brighton est brillant, étincelant comme les joyaux de cette station balnéaire.

Ne ratez pas l'article de l'ami Claude ici

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 18:40

Ce sont donc trois nouveautés qui viennent de débarquer, et deux rééditions en format poche. Comme je n’ai pas lu les quatrièmes de couverture (private joke pour Jimmy), voici donc ce que nous réserve Jigal par ces températures négatives :

J'AI FAIT COMME ELLE A DIT de Pascal Thiriet :

Fait-comme-elle-a-dit.jpgElle c’est Sahaa, lui c’est Pierre. Elle est un peu asiatique, lui plutôt méditerranéen. Il est amoureux d’elle, elle est craquante et déjantée... Par hasard elle est devenue la clef vivante d’un coffre-fort abritant une découverte scientifique qui pourrait faire sauter la planète... un secret que certains voudraient voir disparaître au plus vite ! Pour échapper à une bande de tueurs qui dézinguent à tout va, Pierre et Sahaa – parfois chasseurs, parfois gibiers – décident de prendre la tangente, le pactole en ligne de mire... L’Allemagne abritera furtivement leurs émois, Anvers gardera une trace sanglante de leur passage, à Zurich se profilera la thune... Et tout au bout du voyage, après cette fuite éperdue, peut-être que Venise leur ouvrira les portes du paradis

Sur la bande son, les Garçons Bouchers chantent «... dans la salle du bar tabac de la rue des martyrs...» À l’écran, dans un train, un bus ou une limousine, dans un hôtel de luxe ou au cœur du Barbès helvétique, avec dans les rôles principaux, une Sahaa corrosive et pétillante et un Pierrot lunaire... Pascal Thiriet nous entraîne pour ce premier roman sur la banquette arrière d’un road-movie particulièrement allumé entre rockers alternatifs, chercheurs de miracles, call-girl diplômée en astrophysique, skinhead(e) au cœur tendre, banquiers avides, assureurs véreux, drogués repentis, tueurs énervés et gosses de riches plus vrais que nature. C’est une fuite éperdue qui déménage, drôle, sensible, souvent caustique, parfois philosophe mais toujours exaltée...

BESO DE LA MUERTE de Gilles Vincent :

Beso-de-la-muerte.jpg« En parcourant les derniers mètres avant la pension, Aïcha Sadia songea aux troubles ressentis face aux crimes atroces. Elle avait appris, il y a longtemps, que ces troubles ne forment en fait qu'un habile déguisement de l'âme. La mort, se dit-elle en poussant la porte d'entrée, pareille à une vieille enjôleuse, n'en finirait sans doute jamais de fasciner les vivants...» Août 1936, en Espagne, on assassine Garcia Lorca, accusé de sympathie républicaine. Août 2011, à Marseille, on découvre le corps calciné d'une femme, abandonné entre les rails. Entre ces deux morts, s’écrivent les tragédies du vingtième siècle, les secrets d’État, les coulisses de la démocratie espagnole naissante et la passion dévorante d’une jeune femme pour l’ombre du poète... Entre ces deux âmes suppliciées, un pacte étrange, bien au-delà du temps, va profondément bousculer la nouvelle enquête de la commissaire Aïcha Sadia...

Il le dit lui-même... au travers de ses romans, un seul sentiment l’intéresse, le sentiment amoureux et ses multiples déclinaisons : aimer, quitter, désaimer, découvrir, être quitté, retrouver, perdre, attendre, espérer... Dans BESO DE LA MUERTE, c’est la passion poussée jusqu’à la folie qui est ici mise en scène. Un soir qu'il rentre chez lui, plus imbibé que d'habitude, Thomas Roussel, commissaire à la PJ de Pau, ne sait pas que sa vie va lui péter à la gueule. Claire, sa jeune compagne, au final d'une soirée apocalyptique, lui balance ses quatre vérités, rassemble ses affaires et claque la porte. Départ sans retour. Dépression, alcool, nuits blanches et bitures à répétition. Jusqu'à ce qu'il rencontre Délia qui le sort de la mouise. Non contente de l'extirper de la bibine, la belle Délia lui offre ses bras, l'amour et tout le tralala... Quatre ans plus tard, jour du mariage. Thomas Roussel danse au milieu des flonflons... Le téléphone sonne. C'est Claire, qui appelle de Marseille, qui dit qu'on va la tuer, qui le supplie de venir la chercher, de la sortir de là... Le lendemain, des cheminots marseillais découvrent le cadavre calciné d'une jeune femme. Roussel prend sa bagnole et fonce, tandis qu’à Marseille, la commissaire Aïcha Sadia prend l'affaire en main.

TORTUGA'S BANK de André Blanc :

Tortuga-bank.jpgOn est en juillet, c’est la canicule et dans le salon d’un appartement bourgeois du centre-ville de Lyon, les mouches s’en donnent à cœur joie... Le commandant Farel, chef de groupe de la BRB, ruisselant de sueur, se penche sur le cadavre de l’ancien préfet, assassiné quelques jours plus tôt. Des bibles rares et hors de prix ont été dérobées tandis que les bras en croix, le corps semble disposé pour un rituel religieux... Au fil de l’enquête, un monde souterrain sort de l’ombre : magouilles politiques, détournement de fonds, mafia, blanchiment et banques exotiques... La ville semble être tenue par un certain Vauclin, un curieux personnage, proche du pouvoir, ancien communiste devenu affairiste sans scrupule. Matignon s’inquiète, des réseaux parallèles entrent en action... Un contrat est lancé, un flic est abattu, un autre dans le coma... Touché au cœur, Farel, ex-commando indestructible, va alors s’affranchir de la loi et réactiver son propre réseau pour se jeter dans la bataille...

À Lyon comme ailleurs, quand les cadavres commencent à joncher les arrière-cours, il est temps de faire le ménage... Et Farel, en découvrant ce matin-là le cadavre d’un ex-préfet, se doute bien qu’il vient de mettre le nez dans un dossier explosif... En ville le business prospère, mais les bruits courent et plusieurs affaires qui se télescopent – la femme d’un notable qui vient d’être enlevée, un contrat qui plane sur la tête d’un flic – créent un climat de suspicion générale... Le binôme F2 – c’est ainsi qu’on surnomme dans les dîners en ville la juge Fournier et le commandant Farel ¬– est le grain de sable qui en haut lieu, en irrite plus d’un... Mais face au mystérieux Lupus et ses loups lâchés dans la nature, seront-ils de taille... ? De ses fonctions politiques passées, André Blanc se serait-il inspiré ? Un vieux proverbe local ne dit-il pas : « Paris pour voir, Lyon pour avoir » ?

LE CHASSEUR DE LUCIOLES de Janis Otsiemi (réédition en format poche)

Chasseur-lucioles.jpgÀ Libreville, une prostituée est découverte sauvagement assassinée dans un motel de la périphérie. Les agents de la PJ — de fidèles abonnés des bordels de la capitale — pensent tout d’abord à un crime de rôdeur... Quand une seconde fille est retrouvée égorgée dans un autre hôtel du quartier, les policiers sont encore loin d’imaginer qu’ils ont affaire à un client bien décidé à nettoyer la ville de toutes ses lucioles... Celui qui te veut du mal la nuit a commencé à t’en vouloir le jour. C’est dans ce climat de psychose générale que les gendarmes de la DGR enquêtent de leur côté sur le braquage d’un fourgon de la Société Gabonaise de Sécurité dont le butin de plusieurs millions de francs CFA attise bien des appétits...

Après LA BOUCHE QUI MANGE NE PARLE PAS, un roman unanimement salué par la critique, Janis OTSIEMI récidive aujourd’hui avec LE CHASSEUR DE LUCIOLES. Présenté à juste titre comme un des talents africains actuels dans le domaine du polar, Janis OTSIEMI avec « sa verve extraordinaire, nous donne à voir la face cachée de l’Afrique » (ALIBI). Il dresse un portrait brutal et sans complaisance non seulement des bas-fonds gabonais, mais aussi d’une société où le pouvoir et la corruption règnent en maître ! Janis Otsiemi décrit admirablement Libreville, « cité cosmopolite rongée par la criminalité, la prostitution, le chômage, le délabrement des infrastructures, le népotisme et le détournement de la manne pétrolière... » Ici la galère n’a de frontière que la misère, alors pour s’en sortir, tout n’est pas forcément permis, mais à l’évidence, tout est toujours possible ! Et puis il y a la langue, les mots de Janis OTSIEMI, « toniques et agiles comme le cabri », bruts, imagés, drôles, savoureux, son style, vif et coloré « aux trouvailles langagières qui font étinceler le récit » (LIBÉ). « Une langue entre deux rives, moins un jargon qu’une force de frappe » (K-LIBRE). Un vrai talent à (re) découvrir d’urgence.

MARSEILLE LA VILLE OU EST MORT KENNEDY de Maurice Gouiran (réédition en format poche)

Marseille-Kennedy.jpgEn 1963, à Marseille une époque tire à sa fin. À Dallas, le président Kennedy meurt sous des balles inconnues. Quelque quarante ans plus tard, Clovis Narigou toujours plus enclin à se laisser nonchalamment vivre dans les collines de l’Estaque qu’à venger la veuve et l’orphelin, se voit, bien malgré lui, embarqué sur les traces des assassins de JFK. Et de la French Connection aux grèves brisées en 47 sur le port, Clovis va rouvrir un pan entier de l’Histoire de Marseille. Un passé peu glorieux et jalonné de morts violentes où se mêlent politique, hommes de l’ombre, mafia, CIA, complot, milliards de dollars, trafic de drogue et pouvoir. Un cocktail explosif qui des années après continue à malmener truand repenti, journaliste véreux et malfrat aux dents trop longues...

Dans un de ses polars, on avait croisé Khrouchtchev en balade dans les quartiers nord de Marseille et voilà que surgit Kennedy. Mais... Kennedy mort à Marseille??? A priori, on aurait tendance à penser que Maurice a encore abusé du pastaga lors d’une sieste prolongée au cagnard... Mais, en le connaissant bien, en sachant son goût immodéré pour traquer les failles dans l’Histoire contemporaine... on se dit que peut-être... que sait-on jamais... que... avec lui, il faut s’attendre à tout... Et surtout à la vérité... celle dont on n’a jamais entendu parler, qu’on n’a même pas osé imaginer d’ailleurs... Et bien oui, Kennedy et Marseille... Mais alors, pourquoi? Peut-être parce que Joe Kennedy, le père, et la prohibition? ou Kennedy, le fils JFK, le Vietnam et la CIA? ou bien encore, Kennedy le frère, Bobby, et Cuba? Des raisons, il semble ne pas en manquer... Alors ensuite, de Kennedy à Marseille il n’y a qu’un pas... Et si JFK n’est (apparemment) pas mort sur les quais du Vieux Port, il demeure fort probable que le soleil du midi lui ait fortement cogné sur la tête ! Et Maurice ne s’arrête pas là, puisqu’il profite du passage de son héros, Clovis, à Dallas, pour se livrer à une charge en règle contre les couloirs de la mort aux USA... Utile, impressionnant et une fois de plus citoyen ! Bref, Maurice sort de sa besace un sujet brûlant, prétexte à réflexion sur l’Histoire et ses multiples zones d’ombres... Chapeau... !

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 18:59

Dans la boiteBingo ! Voilà un premier roman épatant, rempli de qualités et à propos duquel j’ai bien du mal à identifier des défauts. Ce serait un roman à classer du coté des romans policiers, même si on y trouve des aspects bien stressants et un début bien noir. Mais trêve de palabres et entrons dans le vif du sujet.

Tout commence donc avec un personnage de flic, seul, séparé de sa femme, obsédé par son boulot et alcoolique, accroché qu’il est à sa bouteille de vodka. Il patauge dans une enquête sur un tueur en série qui s’amuse à ajouter des piercings sur ses victimes. Aucun indice ne permet d’avancer. Alors Jeff déprime, et s’enferme le soir chez lui, pour naviguer sur Internet.

Il tombe alors sur un site étrange qui ressemble à une boite noire, qui s’appelle la boite noire. Le code d’entrée de ce site confidentiel est son matricule de flic. Poussé par la curiosité, il entre et, sous pseudo, participe à des forums où des collègues flics comme lui partagent leurs affaires. L’addiction au site est immédiate et intense. Si cela ne l’aide pas dans son affaire en cours, il devient un des participants des plus actifs.

Un nouveau tueur fait son apparition, un tueur de flics. Sa première victime, Catherine, une collègue de Jeff, avec qui il aurait pu avoir une aventure. Ce nouveau coup dur dans la vie de Jeff arrive au moment où le site propose une nuit dans un manoir à huit de ses membres, dont le thème sera de partager leurs enquêtes. Jeff est choisi et rejoint un manoir perdu dans les Ardennes belges. Chaque participant devra amener une boite avec cinq indices concernant une affaire sur laquelle ils travaillent. Le jeu peut commencer …

Ce qui m’a immédiatement attiré dans ce roman, c’est le talent qu’a l’auteur de vous accrocher à une intrigue, cette façon de vous impliquer, de vous plonger dans un lieu, une ambiance, un personnage. Et si la biographie succincte de l’auteur dit qu’il est un touche-à-tout, c’est aussi ce qui transparait dans ce roman. Nous allons en effet avoir droit successivement à du roman noir, du roman policier, du huis clos stressant, des périodes intenses comme un thriller, et tout cela fonctionne à fond.

On débute donc avec ce personnage désespéré de flic solitaire et alcoolique. Rien de bien nouveau, sauf que, magie du style, de l’évocation, on court, on s’imprègne de la noirceur, du désespoir de Jeff. Puis vient l’horreur et un attentat à la bombe visant le plus de flics possibles. Le style devient alerte, l’horreur non décrite mais suggérée. C’est très fort ! Et puis, on entre dans ce manoir et l’intrigue se transforme en huis clos à la Agatha Christie.

Chaque flic, à tour de rôle, va donner des indices qui évoquent une affaire qu’ils ont connue, ou qui les a passionné. Et chaque flic va raconter à sa façon son affaire, dans un chapitre dédié. Si l’auteur n’en rajoute pas dans la psychologie des huit flics, leur façon de raconter leur affaire en dit beaucoup plus, de ceux qui prennent du recul à ceux qui sont impliqués, compatissants, passionnés. Toutes ces affaires, qui ressemblent à des nouvelles, auraient pu faire l’objet d’un roman à elles seules tant les détails de lieux, de personnage, et l’inventivité des intrigues sont grandes. Et même quand on aurait pu penser que cela aurait pu être un point faible du roman, l’auteur le transforme en point fort.

Une fois le principe assimilé par le lecteur, le livre nous regorge une belle surprise, une belle péripétie. Il s’avère que le tueur de flics est parmi eux. Comme ils ne se connaissent que par forum interposé, le stress s’empare de nous, qui du gentil au désagréable, qui de l’effacé à l’extraverti, qui de l’excitante à l’ancien peut donc être le coupable. On entre dans une autre dimension, car on se dit (je me dit) que Madame Agatha Christie n’aurait pas renié ce roman. Le compliment est-il trop grand ? Que nenni ! Lisez ce roman, vous allez être bluffé, emporté, passionné. Et que vous soyez amateurs de thrillers, de romans policiers, ou de romans noirs, C’est dans la boite joue avec tous les genres, et le fait redoutablement bien.

Je ne serai pas juste si je ne parlais pas de la fin. Car elle est aussi réussie que le reste du roman, et se permet même de terminer avec de l’humour noir, bien noir, comme je l’aime. Ce livre est une excellente surprise, un livre mutant qui flirte avec tous les genres, une lecture jouissive qui se termine en apothéose. Et quand je pense que c’est un premier roman, je n’ose imaginer le prochain, même si je l’attends avec impatience. D’ailleurs, j’ai bien envie de le relire, juste pour y déceler les indices parsemés ça et là. En tous cas, ne ratez pas ce roman, c’est du pur plaisir garanti. 

N’hésitez pas à aller voir ces quelques articles glanés sur la toile :

http://passion-romans.over-blog.com/article-c-est-dans-la-boite-de-frederic-ernotte-noir-c-est-noir-112446574.html

http://www.fannylebez.com/polar/c-est-dans-la-bo%C3%AEte-fr%C3%A9d%C3%A9ric-ernotte/

http://www.concierge-masque.com/2012/12/22/frederic-ernotte-cest-dans-la-boite/

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 18:29

Roman-du-parfum.jpgC’est avec beaucoup de gentillesse que Pascal Marmet m’a proposé de lire son nouveau roman. J’avais bien aimé son précédent opus, A la folie, et il m’a prévenu que celui-ci n’était pas un polar. En fait, Pascal Marmet a mis dans son livre toute sa passion pour le parfum (d’où le titre) mais aussi son admiration pour l’acteur américain Tony Curtis. Autour de ces deux sujets, il a bâti une intrigue, à propos de laquelle il laisse planer un mystère : cette rencontre a-t-elle eu lieu ?

La rencontre, c’est celle entre la narratrice et un vieil homme dans un avion. Il s’en faut de peu que Sabrina manque son vol pour les Etats Unis. Cette jeune fille, douée pour tout ce qui touche à l’odorat va être reçue pour un entretien afin d’intégrer la prestigieuse école des nez de Guerlain. Elle arrive presque trop tard, le vol est archi plein.

La seule place qui reste est celle à coté d’un vieux monsieur, frot disert et courtois, toujours séducteur et engageant. Il s’appelle Tony Curtis, mais le nom ne dit rien à la jeune femme. Une discussion va s’engager entre ces deux personnages, et nous permettre de découvrir le monde de la parfumerie et une partie de la biographie du célèbre acteur.

Nous allons donc tout au long de ce voyage au long cours, alterner entre les dialogues qui vont parler de l’histoire des senteurs, des Egyptiens aux moyens modernes pour déterminer la composition des nectars. Dans ces chapitres, les dialogues permettent de nous apprendre plein de choses. Cela fait parfois encyclopédie mais par contre, c’est passionnant. Je ne me doutais pas de toutes ces batailles de toutes ces nuances, même si j’avais entendu parler des nez, bien entendu. Ce fut réellement surprenant en ce qui me concerne.

Et puis, au détour d’un mot, d’une phrase, Tony Curtis va remonter en arrière, faire un voyage dans le temps et revivre les grands épisodes de sa vie, les rencontres qui ont fait basculer sa misérable vie de cireur de chaussures en pleine crise de 1929, jusqu’aux studios de Hollywood, en passant par la guerre du pacifique (trop survolée à mon gout, mais peut-être l’acteur n’aimait-il pas en parler de son vivant).

Si je ne voue pas un culte envers Tony Curtis, il m’est apparu comme le jeune homme sympathique que l’on peut imaginer à la vision de Amicalement Votre (Série télévisée avec Roger Moore), un personnage qui ne s’est jamais départi de son humour, cherchant toujours à séduire les gens qu’il rencontrait. Il y a aussi cette ambition, cet orgueil qui fait qu’il laissera derrière lui des êtres aimés et beaucoup de regrets. J’y ai trouvé un personnage respectueux des autres, désireux de partager ses souvenirs, ses leçons, ses échecs, un personnage que j’aurais aimé rencontrer.

A la fois roman rencontre entre deux personnes qui ne se seraient jamais trouvé cote à cote, à la fois portrait d’une femme passionnée par son domaine, à la fois biographie, ce roman se révèle une lecture attachante, un roman tout en douceur, tout en légèreté, tout en subtilité, un roman original par son approche qui réussit à nous prendre dans son jeu, à nous intéresser, à nous instruire. Pari gagné.

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 18:45

Février, c’est l’époque des carnavals. Alors pourquoi ne pas jeter un coup d’œil du coté des sorties du masque. Voici une sélection toute personnelle parmi les sorties du mois de février :

La fin de la saison des guêpes de Denise Mina :

Fin-saison-des-guepes.jpgDans une banlieue cossue de Glasgow, Sarah Erroll, une jeune femme sans histoire, est retrouvée sauvagement assassinée dans la maison de sa mère. La paisible communauté est choquée par cette agression inexplicable, violente, dont la victime semble avoir été choisie au hasard. La commissaire Alex Morrow, enceinte de jumeaux, est appelée sur les lieux.

Au même moment, à des centaines de kilomètres, un riche banquier se pend devant sa demeure du Kent, laissant derrière lui deux enfants psychologiquement détruits et une femme brisée, sans parler de dettes abyssales.

La force du livre réside dans la construction narrative : l’histoire est dévoilée par quatre protagonistes, qui représentent toutes les strates de la société anglaise, en pleine récession. Le lecteur assiste dans le premier chapitre au meurtre sauvage de la jeune femme. Il sait qui mais pas pourquoi. Et l’explication ultime le laissera sans voix.

Sortie le 6 février 2013.

Les mannequins ne sont pas toutes des filles modèles de Olivier Gay :

Mannequins filles modèlesFitz, Deborah et Moussah forment un inséparable trio de noctambules parisiens. Ce soir, Moussah doit leur présenter sa nouvelle petite amie et ses deux complices sont un peu nerveux car ils redoutent son cœur d’artichaut. Aussi quand Cerise les rejoint dans la boîte où ils ont rendez-vous, ils restent sans voix devant la spectaculaire métisse. Elle leur apprend qu’elle va participer à un concours de mannequins et les invite à assister aux éliminatoires. Fitz accepte sur le champ. Parmi les candidates, il repère aussitôt Aurélie une superbe blonde à la beauté classique mais pétillante. Pendant le stage qui doit préparer les jeunes filles à la finale, Cerise, la favorite, disparaît. A-t-elle décidé de plaquer sur un coup de tête, son petit ami et le mannequinat ? Moussah supplie Fitz de l’aider à la retrouver. Bien sûr les autres filles avaient tout intérêt à éliminer Cerise de la compétition. Mais est-il possible que ces créatures de rêve se transforment en criminelles pour parvenir à leurs fins ? Fitz pensait pourtant que les mannequins étaient toutes des filles modèles…

Sortie le 1er février 2013.

Bientôt mon avis sur Black Novel

Jeux d’enfants de John Connor :

jeux-enfants.gif31 décembre 1999. À l’aube, dans un appartement luxueux de Leeds, un homme se fait immoler et défenestrer du neuvième étage. Le corps est rapidement identifié : il s’agit de Nicholas Hanley, riche propriétaire d’une agence immobilière dont les activités semblent suspectes. Les choses se compliquent lorsque Pete Bains, chargé de l’enquête, découvre que la maîtresse de la victime et la fille de celle-ci sont portées disparues… Au même moment, les services secrets sont à la recherche de l’inspectrice Karen Sharpe qui a elle aussi disparu… Il semblerait qu’elle soit aux mains d’un tueur à gages tortionnaire, engagé par des hommes d’affaires pakistanais à la moralité plus que douteuse.

Un inédit au format de poche

Sortie le 13 février 2013.

Carmen (Nevada) de Alan Watt :

Carmen.jpgNeil Garwin a dix-sept ans. Il vit à Carmen, petite ville près de Las Vegas. Abandonné par sa mère à l’âge de trois ans, il tient son père, le shérif local, pour responsable. Neil est beau, il est quarterback dans l’équipe de football américain de son lycée. Il est aussi cruel envers les garçons de son âge que son père est violent avec lui. Un soir, après une fête trop arrosée, Neil, au volant de la voiture de son père, fauche et tue un jeune garçon. Paniqué, il cache le corps dans le coffre et rentre chez lui dans tous ses états. Au matin, quand il trouve enfin un moment pour ouvrir le coffre, il est vide. Neil sait que son père a fait disparaître le corps mais aucun mot n’est échangé entre eux. Le shérif est appelé pour enquêter sur la disparition d’un jeune homme. À mesure que le noeud coulant se resserre autour de Neil, la tension entre le père et le fils monte…

Sortie de ce livre de poche le 13 février 2013.

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 18:59

Coule dans tes veinesJ'avais beaucoup aimé Séquestrée, et cette façon de présenter une intrigue au travers de séances chez une psychologue. Voici donc le deuxième roman de Chevy Stevens, qui reprend le même principe de narration. 

Sara Gallagher travaille chez elle à la restauration de meubles. Elle a été adoptée à sa naissance, et ses parents ne le lui ont jamais caché. Bien qu’ayant connu une vie pas facile, elle a eu une fille Ally avec un homme, et est fiancée avec un autre, Evan, avec qui elle envisage de se marier. C’est lors de la préparation de son mariage que son obsession de connaître ses vrais parents ressurgit.

Le fait que les services sociaux ouvrent leurs archives au public va la motiver à commencer sa recherche. Elle découvre rapidement que sa vraie mère s’appelle Julia Laroche. Après quelques coups de téléphone, elle retrouve la trace de sa vraie mère, qui est professeur dans une université. Mais elle refuse de répondre à ses appels voire même de la rencontrer. Alors elle décide de faire appel à un détective privé.

Julia Laroche s’appelle en réalité Karen Christianson. Karen est la seule victime du Tueur des campings qui s’en est sortie. Le tueur a tué ses parents, l’a violée et elle a réussi à s’échapper. Quand Sara compare les dates, elle serait la fille du tueur. Sa situation va très vite se compliquer quand l’affaire apparaît sur un blog, relayé bientôt par de nombreux autres. Puis, son père naturel la contacte …

Le procédé de Chevy Stevens est exactement le même que celui utilisé pour son précédent roman, à savoir que l’intrigue nous est dévoilée au travers de séances chez sa psychologue. C’est donc Sara qui raconte sa vie, par épisodes tout au long de ces 24 séances. Cela a plusieurs avantages pour l’auteur et pour le lecteur : L’auteur ne nous dit que ce qu’elle veut bien nous dire puisqu’il y a beaucoup de subjectivité dans ce qui est raconté. De même, la psychologie du personnage de Sara est très fouillée, très détaillée et réaliste. Enfin, pour le lecteur, c’est un régal de suivre un personnage comme si on l’écoutait nous raconter sa vie par petits morceaux au fur et à mesure de quelques rencontres.

Seulement, la forme ne m’a pas paru judicieuse, au sens où Sara raconte son histoire et que sa psychologue y a un rôle secondaire (sauf vers la fin, mais je ne vais pas tout vous dire). En fait, ce roman raconte la relation entre Sara et son père au travers des différents coups de téléphone et l’impact que cela peut avoir sur sa vie privée. Et c’est suffisamment bien fait pour que cela ne soit ni répétitif, ni barbant. Par moments, j’ai même ressenti une forme de stress dans ces conversations qui tournent aux menaces. Et si je trouve que c’est un bon polar, il m’a manqué justement cette tension qui monte, ce stress permanent venant de la menace d’un serial killer.

C’est clair, Chevy Stevens sait écrire, sait construire une histoire, et nous livre avec Il coule aussi dans tes veines un bon polar. Et même si j’ai préféré Séquestrée, celui-ci se révèle un polar agréable qui confirme que Chevy Stevens est une bonne auteure de thriller, que j’aurais plaisir à retrouver.

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 18:55

des-noeuds-acier.jpgAttention, coup de cœur ! Et c’est un coup de cœur amplement mérité pour un premier roman, qui laisse augurer d’un futur radieux pour tous les amateurs de romans noirs sous haute tension. Alors, je vous préviens, accrochez vous ! ce roman est à déconseiller aux âmes sensibles, car c’est un véritable voyage en enfer qui vous attend.

L’affaire Théo Béranger a défrayé la chronique. C’était un homme simple, dans l’ombre de son frère Max, pour qui tout a réussi. Sa chance, c’était Lil; ils étaient amoureux, tout simplement. Quand Théo a appris que Max avait couché avec Lil, il a pété un câble, il est allé le voir et l’a tabassé jusqu’à le laisser pour mort. Il n’a même pas résisté quand la police est venue l’arrêter, il a accepté sa condamnation, 4 ans de prison.

Il en aura fait 19 mois. Il a connu l’enfer, derrière les barreaux. Il n’a pas osé rappeler Lil, mais il est allé voir son frère, dans son fauteuil roulant, à l’état de légume. Ça lui a donné du baume au cœur, jusqu’à ce qu’une infirmière le découvre dans cette chambre d’hôpital et qu’il s’enfuie, loin, au volant de sa BMW.

Il finit par s’arrêter dans une auberge, tenue par une vieille dame fort gentille et avenante. Elle lui conseille des chemins de randonnée, au milieu des bois, lui prépare ses repas, lui refait même ses ourlets de pantalon. Au détour d’un chemin, il tombe sur une masure en bois; le vieil homme qui habite là, l’invite à boire un café, qu’il accepte volontiers. Il se fait assommer et se retrouve enchainé dans la cave. Un pensionnaire est déjà là, Luc. Il lui apprend qu’il va devenir l’esclave de deux frères complètement fous.

Le sujet est d’une simplicité extrême, et c’est effectivement un huis clos, écrit sous haute tension. La force de ce roman réside dans le parti pris de l’auteur d’avoir écrit son roman à la première personne du singulier. Le médecin qui l’a récupéré ne fait que retranscrire les notes de Theo. Et, alors que l’on a du dégout envers Theo, au fur et à mesure, on finit par en éprouver de l’empathie puis à rentrer dans le personnage et à subir le lente dégradation qu’il va vivre.

Car Theo va petit à petit perdre son statut d’être humain pour devenir le chien des petits vieux, Joshua et Basile, l’esclave à tout faire. Quel que soit le temps, il devra faire toutes les taches qu’ils lui diront, sous peine de ne pas avoir ni à boire ni à manger pendant plusieurs jours. En fait, je pourrais vous dire tout ce qui se passe dans ce roman, cela ne changerait rien au plaisir que vous en aurez à la lecture.

Car tout réside dans le style de l’auteur. Ecrit dans un style simple voire simplissime, la fulgurance des scènes n’en est que plus violente pour nous. L’effet n’en est que plus redoutable. Et on n’arrive jamais à deviner quelles scènes d’horreur nous attendent deux pages plus loin. Tout y est remarquable de précision, tellement évident, tellement dur aussi. Car c’est très dur de voir et ressentir un homme qui perd son statut d’homme, relégué à l’état de bête qui quémande un verre d’eau.

Je n’ai jamais ressenti une lecture aussi forte, ou rarement. L’effet d’identification est tel que le stress est permanent. A certains moments, j’en avais des crampes, tant j’étais crispé sur le livre, j’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, juste à lire un paragraphe. Ce livre est un véritable cauchemar, sans verser dans le trash, sans scènes sanguinolentes et ignobles. Et comme c’est un premier roman, c’est plus qu’encourageant pour la suite. Vivement le prochain ! En attendant, êtes vous prêts pour l’enfer ? Laissez vous menotter par ces chaines, par ces nœuds d’acier.

Et un grand merci à Coco pour m'avoir signalé ce roman et me l'avoir prêté. Sans toi ...

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 18:36

Fayard noir a décidé de démarrer son année en février. Pourquoi pas ? Ceci dit, il semblerait bien que nous, lecteurs, ayons eu raison de patienter, voire d’attendre. Pourquoi je dis cela ? Lisez donc ces quatrièmes de couvertures et vous allez comprendre. Pour lancer le bal, le dernier Larry Foundation, puis 2 premiers romans. Et comme j’aime lire les premiers romans, il y a de fortes chances que vous en entendiez parler ici même. En attendant, voici de quioi vous mettre l’eau à la bouche …

Criminels ordinaires de Larry Fondation  (sortie le 6 février) :

Criminels-ordinaires.jpgCriminels ordinaires est le deuxième roman de Larry Fondation, après Sur les nerfs (qui sort au Livre de poche), et le deuxième d’un cycle de huit titres consacrés à la ville de Los Angeles : The Unanimous Night. Sur une vingtaine d’années, du milieu des années 1980 au milieu des années 2000, chacun de ces romans est un chapitre d’une vaste biographie de la ville des Anges, et une histoire de la pauvreté dans la plus grande démocratie du monde. Larry Fondation donne un corps, un visage et une voix aux plus pauvres et à tous ceux qui se marginalisent : jeunes en rupture, individus irresponsables, escrocs, voleurs, proxénètes, junkies, sans-abris…

Criminels ordinaires. Les personnages de Larry Fondation sont au bord de la marginalisation. À deux doigts du passage à l’acte qui libère le criminel tapi en soi. Une femme provoque la mort d’un mendiant au feu rouge et prend la fuite. Une bande d’adolescents hyper-alcoolisés viole un de leur copain et sa mère. Un inconnu meurt sous les coups de son racketeur. Un couple de braqueurs vit une cavale éternelle au Mexique…

En 1992, année des émeutes de L.A., la ville compte plus de 1000 homicides par an. À l’époque, les rappeurs afro-américains NWA, originaires de Compton, banlieue sud de L.A., étaient les seuls à en parler, et étaient vivement critiqués. Mais aucun écrivain de fiction ne s’était encore aventuré à écrire, dire, raconter la criminalité ordinaire, le fait-divers cru à Los Angeles.

À l’époque, pour les plus pauvres, Los Angeles ressemble à l’Enfer.

Cet enfer, Larry Fondation le saupoudre d’humour, noir bien sûr. « Pour qu’en dépit de leurs luttes, cran d’arrêt à la main, pour qu’en dépit de la drogue, les flingues, la maladie et la mort, mes personnages survivent, dit-il. Pour qu’ils s’en sortent, d’une façon ou d’une autre.»

Criminels ordinaires débute par une série d’instantanés. L’action se situe alors que les émeutes enflent et que la Garde nationale débarque en ville pour reprendre le contrôle de la rue. La dernière histoire est celle d’une baise à haut risque, entre une prostituée séropositive et un jeune homme désespéré, jouissant de se mettre en danger. Ces deux histoires embrassent et résument le propos du roman : une histoire collective des Angelins, sur le point de sombrer dans la folie et la haine collectives, ou tout simplement corrompus, adaptés à la violence ordinaire, habitués à lutter. Déterminés malgré tout à vivre, à avancer. Et à jouir de l’existence – celle qu’il leur reste.

Dans le film de Martin Scorsese, Raging Bull, Robert de Niro interprète le rôle du boxeur Jake La Motta. En un round, La Motta met KO le favori, Sugar Ray Robinson. Plus tard, au cours d’un autre combat, Robinson amoche sévèrement La Motta. Mais ce dernier ne renonce ni ne sombre. Il se relève et fait front : « Tu ne me mettras jamais KO, Ray. Tu ne me feras jamais tomber. »

Voilà, en un mot, la morale de Criminels ordinaires.

Trottoirs du crépuscule de Karen Campbell (sortie 10 avril 2013)

Trottoirs-du-crepuscule.jpgLe sergent Anna Cameron est nommée à la tête de la Brigade « Flexible », chargée de répondre vite et bien, sur le terrain, à la petite délinquance urbaine (vols de voitures, larcins, vandalisme, agressions). Leur secteur couvre le « Drag », les quartiers chauds de Glasgow où deal, toxicomanie et prostitution sont monnaie courante.

En constant sous-effectif, la brigade est submergée, d’autant que Rankin, le chef d’Anna (clin d’oeil à une autre star du polar écossais ?) exige que le Drag soit régulièrement surveillé et quadrillé. Vu le petit nombre de cellules de garde à vue dont dispose l’équipe, elle doit assigner un ordre de priorité aux délits qu’elle peut traiter.

Anna Cameron s’efforce de filtrer la marée de crimes alimentée par l’alcool, la drogue, la pauvreté et l’ennui. Certaines scènes, dotées d’une véritable puissance documentaire, révèlent le quotidien de ces policiers en première ligne, qui se battent pour tenter de sauvegarder un semblant d’humanité dans le sordide sans s’y enliser eux-mêmes.

Les subordonnés d’Anna, un cocktail de fortes têtes et de tire-au-flanc notoires, lui donnent du fil à retordre. Les choses ne s’arrangent pas quand Anna y retrouve Jamie Worth, son ex-petit ami rencontré à l’école de police. Jamie est désormais marié à Cath, la rivale d’Anna à l’époque, et père d’un premier enfant. De son côté, elle vit une histoire plutôt morne avec un de ses supérieurs, un homme marié, présent par intermittence (ce qui lui convient très bien). Son père, lui-même flic, est mort quand elle était enfant ; sa mère vit en Espagne et se désintéresse de son sort.

Pour l’heure, le principal problème du sergent Cameron est d’arrêter un sadique qui s’en prend aux prostituées en leur lacérant le visage. Anna a récemment fait la connaissance d’un charmant vieux monsieur : Ezra Wajerski, un Juif polonais victime d’une agression raciste. Quand le vieil homme est retrouvé mort dans le misérable réduit qu’il habite, Anna accuse le choc et subodore qu’il ne s’agit pas d’un simple cambriolage qui aurait mal tourné.

Au cours d’une patrouille de nuit, elle est à son tour victime d’une agression, assommée et poussée dans un escalier, probablement par le sadique qu’elle recherche. Gravement blessée, physiquement et moralement ébranlée, elle doit être hospitalisée plusieurs semaines.

À ces premières affaires vont se mêler les relations triangulaires entre Anna, Jamie et Cath. Cette dernière se débat dans ses problèmes de poids, de couple et de dépression postnatale. Convalescente mais toujours éprouvée, Anna prend le risque professionnel de faire appel à elle, en sa qualité d’ancien policier, pour lancer une enquête parallèle sur la mort d’Ezra Wajerski. Les deux femmes se lient d’une amitié équivoque. Deux destins de femmes, parallèles, échangeables. Chacune aurait pu avoir le destin de l’autre si elles n’avaient pas fait, ou subi, des choix différents.

Écrit dans une langue riche, nourrie de vocabulaire et d’argot glaswegian, Trottoirs du crépuscule donne vie à des personnages justes, authentiques, émouvants. Rien de mièvre dans ce roman, où tout est sensible, quoique dur et sans complaisance. Souvent d’un humour au vitriol, rêche comme le parler de Glasgow. Sur cette tenture noire, visqueuse et brumeuse comme la ville, se détachent les femmes flics.

D’une voix rare et surprenante dans le roman policier (on songe à The Wire pour l’ampleur, la précision documentaire et la complexité sociale), Karen Campbell révèle leurs failles, leurs déchirements et leurs sentiments sur le front des quartiers déshérités de Glasgow, au coeur desquels elle nous entraîne, sans jugement, en posant le regard du flic qu’elle a elle-même été.

La Quatrième Théorie de Thierry Crouzet (sortie 27 mars 2013)

La-quatrieme-theorie.jpgTéléphone, mails, SMS, réseaux sociaux : nous n’avons jamais autant communiqué. Cloud computing, nanotechnologies : l’homme s’unit de plus en plus étroitement à la machine.

Cette effervescence technologique nous transforme et transforme le monde. Les puissances politiques, financières et spirituelles traditionnelles y voient un moyen de contrôle des masses ; d’autres au contraire, entités émergentes et adeptes de théories révolutionnaires, la promesse d’une nouvelle ère.

Anonymous, LulzSec, MalSec, pirates, hackers… autant d’activistes qui agissent notamment sur Internet. Et si, sans même le savoir, à cause de vos idées, de votre façon de vivre, de consommer, de vous amuser, vous étiez l’une ou l’un d’entre eux ?

Pour raconter ces transformations bien réelles, Thierry Crouzet a écrit sur Twitter pendant 16 mois, au rythme effréné des échanges numériques, un thriller interactif et ultracontemporain qui n'est pas sans rappeler la littérature à contrainte de l’Oulipo. 140 signes max par phrase : un style mitraillé, entraînant, révolté.

23 décembre, 23 heures. Pleins phares, Idé enchaîne les méandres d’un chemin communal. Il a rendez-vous avec Jos, un ami qu’il n’a pas vu depuis vingt ans. Un accident. Des gendarmes improbables. Un téléphone abandonné. L’appareil sonne et tout bascule. « Cours, cours, ordonne Jos. On se retrouvera. Nous t’aiderons, mais n’attends rien de nous. » La chasse est lancée.

Dans leur fuite face aux Croisés, Idé et sa famille rencontrent les Freemen. Ces individus libres offrent un cyberespace inédit de résistance. Adeptes d’un nouveau « vivre ensemble », la quatrième théorie, à l’heure où l’homme s’enchaîne aux nouvelles technologies, ils cultivent un modèle de société organisée en réseau mais non hiérarchisée. Tous recherchent Jos.

Terroriste pour les uns, prophète d’une nouvelle humanité pour les autres, Jos éveille nos consciences : l’homme du XXIe siècle se présente comme l’artisan de son destin, sûr de lui et autosuffisant. Deux visions du monde s’affrontent. La guerre a commencé.

Ancien journaliste, auteur chez Fayard de J'ai débranché, le récit d'un burn-out numérique, Thierry Crouzet a été l’un des premiers internautes français. Il a publié près d’une trentaine de guides de vulgarisation, à plus de 100 000 exemplaires. Depuis la sortie du Peuple des connecteurs (2005) il décrypte les réseaux sociaux, faisant de son blog et de sa communauté de plusieurs

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Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 18:54

Cible-mouvante.jpgDans la rubrique Oldies de ce mois-ci, voici le premier roman de Ross MacDonald. Quand on lit des polars, beaucoup de polars, la curiosité est toujours grande de retourner aux sources. Quand Gallmeister a réédité dans une nouvelle traduction les deux premiers romans de Ross MacDonald, il fallait que je les lise.

Kenneth Millar, dit Ross Macdonald, est un écrivain canadien et américain de roman policier, né le 13 décembre 1915 à Los Gatos, Californie et mort le 11 juillet 1983 à Santa Barbara, Californie. Il est célèbre pour ses romans dans lesquels figure le détective privé Lew Archer (Source Wikipedia).

Dans son livre suivant, Il est passé par ici (The moving target, 1949), il crée le détective privé Lew Archer … Dans une vingtaine de romans et plusieurs nouvelles, Lew Archer va opérer à Santa Teresa (le Santa Barbara où vivaient les époux Millar), en Californie du Sud. L’influence de Chandler est évidente dans ses premières enquêtes ; Archer rappelle Philip Marlowe par certains cotés, avec moins d’humour mais plus d’humanité et de compassion. (Source Dictionnaire des littératures policières)

Avec cette réédition et cette nouvelle traduction, on peut gouter à l’importance de l’œuvre de Ross MacDonald. Dès le départ, Lew Archer débarque chez les Sampson, une riche famille qui a fait fortune dans le pétrole. Il s’agit de retrouver Ralph, qui a disparu depuis quelques jours, à la sortie d’un casino. Vous n’y trouverez pas de longue scènes d’introduction, le lecteur est immédiatement plongé dans l’enquête, et vous ne trouverez pas le moindre défaut dans le déroulement de l’intrigue.

Car Ross MacDonald va disséquer les liens familiaux, l’attitude étrange de sa femme Elaine Sampson, qui n’est pas plus inquiète que cela, car elle en a vu d’autres. Elle souligne juste le chagrin de son mari devant la perte de son fils à la guerre. Et puis, il y a Miranda, à la recherche de l’image du père idéal, Alan le pilote privé d’avion qui joue sur la fibre sentimental de Ralph en jouant le role du fils, et puis il y a la pègre, de petits malfrats, tout un petit monde qui tire la langue devant l’argent omniprésent.

On va y trouver dans ce roman, tout ce qui va faire le succès du hard-boiled américain : une enquête impeccable, un personnage intelligent presque froid mais en tous cas mystérieux, des femmes fatales, des bagarres, des voitures, de l’argent … Ce qui est hallucinant dans ce roman, c’est sa modernité. Jamais on n’a l’impression de lire un roman vieux de plus de soixante ans.

Et puis, le point fort de Ross MacDonald est clairement la psychologie de ses personnages. Alors que Lew Archer semble un observateur, un témoin des différentes scènes, les autres personnages sont décrits au travers des dialogues et des attitudes. Quelle modernité ! Par contre, on n’y trouvera pas de description détaillée de Lew Archer, et d’ailleurs, on a l’impression de vivre dans le film La dame du lac de Robert Montgomery, de suivre l’histoire par le biais d’une caméra subjective.

Bref, voilà une riche idée que de ressortir cette œuvre, que pour ma part, je ne connaissais pas du tout, et qui m’a donné envie de poursuivre la découverte. Comme j’avais acheté Cible Mouvante et Noyade en eau douce, nul doute que vous allez entendre parler du deuxième. N’hésitez plus, c’est du pur joyau.

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