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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 17:36
Le chouchou du mois de juin 2013

Voici venir le moment de choisir le chouchou du mois. Comme tous les mois, je m’oblige à mettre en avant un roman parmi ceux qui furent chroniqués, et ce choix est bien souvent difficile. Une fois n’est pas coutume, si je m’écoutais, je décernerais bien cette palme fictive et virtuelle à trois ou quatre romans.

Mais revenons sur ce mois de juin, qui fut marqué par beaucoup de très bons romans français. Sur 9 chroniques, six sont des romans français. Ce qui montre la richesse de notre production nationale. Ce mois de juin montre aussi toute la diversité que l’on peut trouver dans le polar, et j’en aurais profité en parlant d’un roman américain, un roman égyptien et un roman finlandais.

Je commence donc par parler de Natural enemies de Julius Horwitz (Baleine noire), roman qui entre dans la catégorie Oldies mais qui est surtout pour moi un formidable coup de cœur et probablement l’un des dix romans les plus forts que j’ai lus. Je ne peux que vous conseiller de le lire au plus vite, tout en vous prévenant que le sujet (un homme se lève un matin en décidant de tuer sa femme et ses enfants) et la façon de le traiter sont irrémédiablement marquants.

Chez les français, on y trouve forcément des premiers romans (c'est ma passion), dont Les hamacs de carton de Colin Niel (Rouergue noir), qui m’aura fait voyager en Guyane, et On se retrouvera de Laetitia Milot et Johana Gustawsson (Fayard noir) dont où l’on ressent toute la passion des auteures pour un sujet difficile, la violence faite aux femmes et l’impunité envers ces criminels.

Chez les Français toujours, même si ce ne sont pas des premiers romans, ce sont pour moi de bonnes découvertes, voire plus. C’est le cas de Dernier refrain à Ispahan de Naïri Néhapatian (Liana Levi), qui nous montre l’oppression faite aux femmes en Iran, roman fort malgré une intrigue simple, et de Colère noire de Jacques Saussey (Les nouveaux auteurs) un roman policier formidable esptampillé Coup de cœur par Frank Thilliez et c’est grandement mérité. Il y a aussi Le boucher de Guelma de Francis Zamponi (Folio Policier) qui aborde un pan de l’histoire franco-algérienne que je connais bien peu, à savoir les massacres qui ont eu lieu en mai 1945 à Guelma.

Chez les étrangers, il n’y a que les nordiques pour nous écrire des histoires lentes et malgré tout belles et passionnantes. C’est le cas pour Le royaume des perches de Martti Linna (Gaïa), qui fait la part belle aux pêcheurs et à la nature. Ne ratez pas aussi Utopia de Ahmed Khaled Towfik (Ombres noires), un roman noir égyptien qui est à la lisière de l’anticipation, mais qui aborde le gouffre qui se créé entre les riches et les pauvres au travers d’une intrigue apocalyptique et de formidables personnages.

Le titre du chouchou du mois revient donc ce mois-ci à Sa vie dans les yeux d’une poupée de Ingrid Desjours (Plon), tant j’ai trouvé ce roman parfait, un pur moment de divertissement, avec un scenario tiré au cordeau et une psychologie des personnages qui fait que Ingrid Desjours nous manipule d’une façon extraordinaire.

J’espère qu’au travers de ces quelques chroniques, je vous aurais donné des idées de lecture. Quoiqu’il en soit, n’oubliez pas le principal : lisez !

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Published by Pierre faverolle - dans chouchou
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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 17:29

Voici deux romans policiers dont l’intrigue se situe dans des pays étrangers, et que l’on peut lire pour s’imprégner d’un pays étrangers. J’ai bien aimé ces deux romans pour plusieurs raisons que je détaillerai par la suite. Pour les sujets, je vous donne la quatrième de couverture :

Deux romans policiers pour voyager intelligent

Le premier s’appelle Dernier refrain à Ispahan de Naïri Nahapétian et est publié aux éditions Liana Levi :

Interdit de montrer ses cheveux. Interdit de s’habiller sans respecter l’uniforme islamique. Et interdit de chanter en public. Les ayatollahs ne manquent pas d’idées quand il s’agit d’entraver la liberté des femmes. Pourtant, lorsque la grande chanteuse Roxana revient dans la ville de son enfance, après un long exil aux États-Unis, certains de ses airs résonnent encore dans les taxis d’Ispahan. Son projet? Donner un concert dans lequel se produiront d’autres femmes. Un projet qui ne verra jamais le jour car Roxana sera définitivement réduite au silence. Et elle ne sera pas la seule à subir ce sort… C’est justement à ce moment-là que Narek, un jeune journaliste franco-iranien venu prendre le pouls de la révolte de 2009, rejoint la ville. Cette enquête lui permettra encore une fois de découvrir une facette insoupçonnée de la réalité iranienne.

Deux romans policiers pour voyager intelligent

Le deuxième s’appelle Les hamacs de carton de Colin Niel et est publié aux éditions Rouergue noir :

Sur la rive française du Maroni, en Guyane, une femme et ses deux enfants sont retrouvés sans vie. Comme endormis dans leurs hamacs. Inexplicablement. En charge de l’affaire, le capitaine Anato débarque dans un village où les coutumes des Noirs-Marrons comptent autant que les lois de la République. Et bien qu’il soit un « originaire », un Guyanais de naissance, le prisme de la métropole où il a grandi retient les secrets du fleuve et ses traditions. Tandis que l’on ordonne les rites funéraires et que le chef coutumier s’apprête à faire parler les défunts, l’enquête officielle entraîne le capitaine à la confluence des communautés guyanaises, loin, très loin du fleuve, là où les parias rêvent d’un meilleur destin. De Cayenne aux rives du Suriname, elle le conduira à un orpailleur en deuil, un repris de justice amoureux, une fonctionnaire intransigeante. Mais le ramènera aussi, dans un troublant ressac, aux questions lancinantes qui le hantent depuis le décès accidentel de ses parents et à la compréhension de ses propres frontières.

Mon avis :

Dans les deux cas, nous avons droit à une enquête policière plongée dans un environnement étranger, en Iran pour Dernier refrain à Ispahan et en Guyane pour Les hamacs de carton. Dans les deux cas, l’intrigue est classique et plutôt linéaire mais ce n’est pas pour cette raison que ces romans sont intéressants à lire, car les auteurs font preuve d’amour pour leur personnage et on lit ces romans avec plaisir.

Ce qui m’a attiré dans ces romans, c’est bien cette vision d’un pays vue de l’intérieur. Dans Dernier refrain à Ispahan, Naïri Néhapatian va nous montrer l’oppression subie par les femmes en Iran, en les obligeant à se couvrir, en les empêchant de chanter. Cette description est tout simplement révoltante et la fin du roman ne nous laisse pas beaucoup d’espoir d’évolution, même s’il nous reste un espoir au travers de deux personnages fort courageux qui apparaissent ici comme des témoins voulant montrer un état de fait pour que cela change un jour. Comme son précédent roman Qui a tué l’ayatollah Kanumi ? vient de sortir chez Points, il y a de fortes chances que je relise très bientôt un roman de Naïri Néhapatian.

Dans le cas des Hamacs en carton, c’est la vie des petites gens de la Guyane qu’il nous montre au travers d’une enquête policière où le corps d’une femme et de ses deux enfants sont retrouvés sans vie, allongés sur leur lit. Le personnage du capitaine Anato est bien trouvé, au sens où il est originaire de cette ile, mais il a été élevé en métropole. Il va donc découvrir les mœurs et coutumes des gens, en même temps qu’il va être accepté par eux car il a encore de la famille là bas. C’est un premier roman fort réussi, et l’auteur a laissé suffisamment de mystères en plan pour que je sois d’hors et déjà impatient de lire les deuxièmes aventures du capitaine Anato quand elles sortiront.

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 17:13
Souvenirs de Saint Maur en poche

Juste après avoir rencontré et discuté longuement avec Alexis Aubenque, ce fut ma première rencontre avec Hervé Commère. Et nous avons devisé de notre passion commune pour Jean Paul Dubois !

Souvenirs de Saint Maur en poche

Puis ce fut ma première rencontre avec John Connoly, qui s'est appliqué pour la dédicace, afin de décrocher le BAC ! Magnifique !

Souvenirs de Saint Maur en poche

Rencontre dans les allées de deux grands auteurs : Jacques Saussey et Gilles Caillot, les yeux ouverts !

Souvenirs de Saint Maur en poche

Voici une grande dame du thriller français, j'ai nommé Ingrid Desjours

Souvenirs de Saint Maur en poche

Dominique Manotti est une de mes auteures favorites, ses livres sont importants et je dois dire que j'étais très impressionné, comme un adolescent devant son idole

Souvenirs de Saint Maur en poche

Au détour d'une allée, je l'ai quand même trouvé, même s'il se cache derrière ses romans. Voici Monsieur Gilles Schlesser

Souvenirs de Saint Maur en poche

Vous allez beaucoup entendre parler de Paul Colize sur Black Novel dans les semaines à venir, et pour cause ...

Souvenirs de Saint Maur en poche

Un monument du polar, celui qu'on n'oublie pas et qui vous fait éclater de rire. Nadine Monfils bien sur !

Un dernier mot : Merci à vous tous, messieurs et mesdames les auteurs !

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 18:02
Colère noire de Jacques Saussey (Les nouveaux auteurs)

Voici un roman fortement recommandé par mon ami Richard, qui a réalisé une interview de Jacques Saussey que vous trouverez ici. Et effectivement, c’est un roman bigrement efficace pour lequel Franck Thilliez a eu un coup de cœur et je comprends pourquoi.

Un célèbre industriel est retrouvé chez lui, électrocuté dans sa baignoire. Son appartement est fermé à clé de l’intérieur, les fenêtres aussi. Il ne reste plus qu’à conclure à un accident ou à un suicide. Il faut dire que Serge Taillard connaît de grosses difficultés avec son entreprise Toolsteel, mais pour autant, l’absence de lettre explicative semble bizarre. De même qu’il parait difficile au poste de radio de tomber accidentellement de l’étagère très large sur laquelle il était posé.

Le capitaine Daniel Magne va aborder cette enquête avec un œil neuf, et une nouvelle collaboratrice Lisa Heslin. Lisa va découvrir par hasard un petit trou et des cavaliers, sorte de clou en forme de U, et cette découverte va les aiguiller vers une hypothèse de meurtre. Daniel va donc partir pour Sens pour retourner aux sources de Taillard et découvrir une marque de fil de pêche soluble dans l’eau que l’assassin aurait pu utiliser.

Il faut dire que Taillard a bien quelques amis mais pléthore d’ennemis. Outre qu’il a fait partie d’un groupe d’extrême droite, ses connaissances vont des industriels à des hommes politiques, et tous vont faire pression pour que la police ne fasse pas trop de vagues. Une nouvelle fois, l’enquête va se révéler ardue pour Daniel et Lisa.

Impeccable, c’est le premier adjectif qui me vient à l’esprit après la lecture de ce roman. Car, ses 500 pages se lisent à une vitesse incroyable sans que l’on ne ressente la moindre lassitude, et je dirai même plus, on a hâte d’ouvrir le livre pour se retrouver en compagnie de Daniel et Lisa.

D’ailleurs, j’ai beaucoup apprécié la façon de brosser les personnages ; il y a Daniel obsédé par son travail et prêt à sacrifier sa famille, avec cette dualité qui en fait un personnage complexe : autant il est moteur dans son travail, autant il est passif et fataliste dans sa vie privée, considérant qu’il ne peut récupérer sa femme. Lisa fait figure elle de tempête, avec son franc-parler et sa façon « rentre dedans » dans les interrogatoires.

Impressionnante aussi la maitrise de Jacques Saussey dans la conduite de l’intrigue, qui est tout de même complexe et qui comporte un nombre important de personnages. Ayant construit son scenario comme une toile d’araignée, il suit patiemment chaque fil avant d’en rajouter un nouveau. Je dois dire que cela permet au lecteur de bien suivre les trajectoires des personnages et cela s’avère donc redoutablement efficace. D’aucun aurait mené toutes les intrigues en parallèle, au risque de perdre le lecteur en route, ici, chaque piste est suivie consciencieusement pour déboucher sur un final bigrement émouvant.

Si le roman est estampillé thriller sur la couverture, il est aussi un remarquable roman policier qui n’hésite pas à nous faire voyager dans l’Yonne mais aussi à New York ou en Afrique du Sud. J’ai particulièrement apprécié l’efficacité du style qui ne fait jamais d’esbroufe mais instaure une tension croissante grâce à plusieurs situations de haut stress. Ce roman est un coup de cœur de Franck Thilliez, ce qui est un gage de qualité, et je peux vous assurer que c’est particulièrement mérité.

Enfin, je ne vous cache pas que cette lecture est une vraie découverte et que, non seulement je vais lire ses prochaines parutions, mais je vais m’empresser de lire ses deux romans précédents, à savoir De sinistre mémoire et Quatre saisons blanches, qui sont en fait les deux enquêtes suivantes de Daniel et Lisa.

Pour lire l’interview de l’auteur réalisée par notre concierge favori, c’est par ici.

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 17:11
Le boucher de Guelma de Francis Zamponi (Folio)

On ne peut pas dire que les Français aiment parler de leur passé, surtout leur passé sombre, celui où on n’a pas à en tirer une quelconque fierté, mais plutôt celui qui fait que devant le monde entier on passe pour des cons, des fêlés ou même des assassins. Avant de lire ce livre, je n’avais aucune idée de ce qui s’est passé en Algérie, la faute d’abord à moi-même qui n’ai jamais ressenti le besoin de connaitre l’histoire contemporaine, mais aussi la faute au programme scolaire qui, quand je somnolais sur les bancs de l’école, ne m’inculquais que les Egyptiens, la première guerre mondiale et surtout la seconde guerre mondiale.

Alors, certes, j’étais au collège à la fin des années 70, au lycée dans les années 80, et il est difficile d’avoir le recul nécessaire pour inculquer un pan de l’histoire française avec seulement 10 à 20 ans de recul. Mais quand même, la lecture de ce roman me fait poser des questions quant à la pertinence du programme scolaire d’histoire, quoiqu’il ait pu évoluer depuis … Bref, au mois de mai 1945, à Guelma, en Algérie, eut lieu un soulèvement de la population locale puis un massacre des habitants, perpétré par la police française entre autre. Le nombre de victimes s’élèverait entre 6 000 et 45 000 victimes.

Le personnage principal de ce roman se nomme Maurice Fabre. Alors qu’il est à la retraite et part en voyage en Tunisie, son avion est obligé de s’arrêter en Algérie pour faire le plein de carburant. Il fait un chaleur d’enfer dans l’avion et il demande à boire, et devant le refus de l’équipage de bord, il fait un scandale. La police algérienne l’arrête alors et découvre qu’il est en fait celui que l’on nomme Le boucher de Guelma, le sous-préfet qui a ordonné les massacres qui ont commencé le 8 mai 1945 et qui ont duré un mois.

Le 8 mai 1945, les Français fêtent la capitulation de l’Allemagne. Les Algériens en profitent pour organiser des manifestations demandant leur indépendance. Lorsque les militaires tuent un scout qui brandit le drapeau algérien, les insurrections commencent et la répression va irrémédiablement se mettre en place.

Ce roman est terrible au sens où il est écrit à la première personne. D’un vieillard qui part en vacances, il va passer par plusieurs phases et le lecteur va découvrir plusieurs facettes de cet horrible personnage. Il va tout d’abord préparer sa défense, se révélant un raciste dédaigneux, puis s’avérer un manipulateur hors pair, avant de se montrer sous son jour le plus sombre, un fou meurtrier qui n’écoute que son ambition personnelle, un véritable psychopathe qui n’en a rien à faire des hommes inferieurs, des indigènes comme il les nomme.

Ce qui est terrible dans ce roman, c’est qu’il est écrit à la première personne du singulier, et que l’on entre directement dans cet esprit malade en se faisant manipuler de la même façon que la juge qui est chargée de l’interroger. Et ne croyez pas que ce roman est lourd à lire, car le scenario de ce roman est impitoyable, relançant le rythme grâce à des révélations qui font changer notre perception de cet assassin. Et quand, en plus, l’auteur insère des documents officiels tels que des articles de journaux ou des lettres à caractère officiel en provenance de la France ou bien des extraits d’interrogatoire des témoins, il est bien difficile de discerner la part de vérité de ce qui n’est que pure invention. L’auteur a beau nous signaler que ce roman est une fiction, j’ai eu bien du mal à le penser et je suis allé me documenter sur Internet.

En fait, je vois ce roman comme un éclairage sur un épisode sombre de l’histoire de France, un roman qui vous oblige à vous poser des questions et vous documenter pour savoir ce qui s’est réellement passé. Et on a bien du mal à se dire que ce n’est qu’un roman. C’est un roman impressionnant et passionnant à lire, que je classe immédiatement aux cotés de La mort est mon métier de Robert Merle. C’est un beau compliment pour un roman important qu’il faut lire.

Et ne ratez pas l'excellente interview de l'auteur par le Maître Concierge masqué ici

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 17:28

Vous le savez probablement, mais je le répète car je suis fou de joie. Le gagnant 2013 de la catégorie polar de Polar SNCF est Jérémie Guez avec Balancé dans les cordes. Il est indiqué aussi que plus de 19 000 personnes ont participé à ce vote, ce qui rehausse d’autant plus l’intérêt et le mérite de ce prix.

L’information du mardi : Polar SNCF 2013 puis 2014

Balancé dans les cordes de Jérémie Guez (La Tengo & J’ai lu) :

Tony est un jeune boxeur; garçon sans histoires, il consacre sa vie au sport, prépare son premier combat pro et se tient à l'écart des trafics qui rythment la vie de sa cité. Mais il doit composer avec une mère à problèmes, qui se laisse entretenir par des voyous. Tout dérape lorsque l'un d'entre eux la bat et l'envoie à l'hôpital. Tony décide de faire appel à Miguel, le caïd de la ville, pour étancher sa soif de vengeance. Mais dans ce milieu, rien n'est jamais gratuit. La faveur demandée à un prix, celui du sang. Tony, qui doit payer sa dette, entame alors une longue descente aux enfers... Balancé dans les cordes est le second roman de Jérémie Guez, l'auteur de Paris la nuit.

Il est à noter que pour l’occasion, Les éditions La Tengo ont réalisé un tirage spécial pour fêter l’événement. Mon avis coup de cœur quant à lui est ici

La saison 2014 est aussi mise sur les rails ! Pour la sélection été, vous devez choisir et voter parmi 4 romans. Inutile de vous dire que cela peut être une bonne occasion de choisir dans cette liste vos lectures de cet été. A présent, le sort de ces quatre polars est entre vos mains : à vous de les juger et d’attribuer vos notes jusqu’au 23 septembre 2013, à minuit. Pour voter, il suffit de s’inscrire sur le site http://www.polar.sncf.com/login. les quatre polars à départager sont donc :

L’information du mardi : Polar SNCF 2013 puis 2014

Des nœuds d’acier de Sandrine Collette (Denoel Sueurs froides)

Après dix-neuf mois de rapports humains violents et âpres, Théo Béranger sort enfin de prison. Démuni, et sans but particulier – il n’a personne à retrouver –, il ressent seulement le besoin de marcher. Son errance le mène au fin fond de la France, dans une région semi-montagneuse couverte d’une forêt noire et dense.

Là, kidnappé par deux frères déments, il va replonger en enfer. Un huis-clos implacable, où la tension devient insoutenable.

L’information du mardi : Polar SNCF 2013 puis 2014

Deux petites filles de Cristina Fallarás (Métaillié)

Deux petites filles de trois et quatre ans sont enlevées en plein jour ; l’une d’elles est retrouvée morte, atrocement mutilée, l’autre est portée disparue. Enceinte jusqu’aux dents, Victoria González, journaliste et détective, reçoit un chèque anonyme de 30 000 euros avec l’ordre d’enquêter sur l’enlèvement, et surtout de retrouver au plus vite la deuxième petite fille.

Flanquée parfois d’un adjoint accro à la bière brune, Victoria plonge alors au cœur de l’enfer. Elle écume les bas-fonds de Barcelone, du Raval, peuplé de prostituées, d’alcooliques et de tous les immigrés échoués là en attendant l’avenir, jusqu’aux Viviendas Nuevas, cité semi périphérique sinistrée, ghetto de pauvres où tout s’achète et se vend à ciel ouvert, y compris les pires perversions.

Entre les toxicos qui divaguent, les clodos passifs, les tueurs à gages sentimentaux, les mères folles, toute la ville semble avoir un penchant pour l’horreur et personne ne sera sauvé. Victoria elle-même a bien du mal à échapper à ses vieux démons, à son passé de petite frappe bourrée d’addictions. Seul moyen de se calmer les nerfs : la haine systématique contre d’innocents petits animaux domestiques.

L’information du mardi : Polar SNCF 2013 puis 2014

Il faut tuer Lewis Winter de Malcolm Mackay (Liana Levi)

Calum Maclean aime le travail bien fait. Et son job de tueur à gages n’a pas l’air de lui poser le moindre problème de conscience. En revanche, il est très attaché à son statut de freelance, un statut qui ne le lie à aucun gang en particulier. Aussi, quand Jamieson, un boss de la mafia locale, lui demande d’éliminer un dealer sans envergure du nom de Lewis Winter, la seule chose qui lui importe c’est de sauvegarder cette liberté. Il le prend en filature avant de passer à l’action pour mener à bien sa mission.

Malheureusement pour lui, Winter a récemment fait affaire avec un autre boss de Glasgow et son meurtre pourrait bien déclencher une guerre des gangs, dont Calum serait la première victime… Tandis que Zara Cope, petite amie de Lewis Winter et croqueuse de diamants intelligente et ambitieuse, a décidé de se servir du meurtre pour grimper les échelons, Calum devient lui-même une cible. Quant à la police, il lui sera difficile de démêler l’embrouille.

L’information du mardi : Polar SNCF 2013 puis 2014

Orchid Blue de Eoin McNamee (Editions du Masque)

Hiver 1961. L’inspecteur Eddie McCrink revient de Londres à Newry, une petite ville étriquée d’Irlande du Nord, pour enquêter sur le meurtre sauvage de Pearl Gamble, jeune fille de 19 ans retrouvée étranglée et poignardée au lendemain d’un bal à la salle paroissiale. Il faut que justice soit faite !

L’unique suspect, Robert McGladdery, un dur à cuire un peu limité, est confondu par une série de preuves indirectes et peu convaincantes ; quant au juge qui préside, il a lui-même perdu sa fille unique neuf ans auparavant, poignardée par un forcené. Dès lors, il est clair que McGladdery aura du mal à avoir un procès équitable.

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 17:09
On se retrouvera de Laetitia Milot et Johana Gustawsson (Fayard noir)

Voici un nouveau premier roman, que j’aurais mis deux jours à lire ; c’est dire si je l’ai lu avec plaisir. Il aborde un sujet difficile, la violence envers les femmes sous la forme d’une recherche des coupables.

Margot travaille à son compte, vendant des habits de prêt-à-porter féminins par Internet, avec son amie Alice. Elle est au chevet de sa mère, Christiane qui est atteinte d’un cancer incurable. Sur son lit de mort, Christiane va lui avouer qu’elle a été violée et torturée par quatre hommes dans sa jeunesse, et que Margot est l’enfant issue de ce viol.

A partir de là, Margot va rechercher les coupables impunis, parmi lesquels elle compte son père. Elle commence par rechercher des nouvelles dans les archives des journaux locaux. Un simple entrefilet la mène sur la piste de la journaliste qui a suivi l’affaire. Puis, elle va retrouver les gendarmes en charge de l’affaire. Cette quête va chambouler sa vie, puisqu’elle va aller de découverte en découverte et trouver sur son chemin l’amour.

Comme je le disais plus haut, c’est un livre que j’ai lu en deux jours, tant il est facile à lire. Il n’y a pas de temps mort, et on passe d’une scène à l’autre très rapidement. Le personnage de Margot est suffisamment complexe pour que l’on s’y attarde : elle est tout à fait normale dans sa vie de tous les jours mais se transforme en furie dès qu’elle est en présence d’un des violeurs. D’ailleurs l’alternance entre les moments de la vie de tous les jours et ses recherches sont un des points forts de ce livre, nous permettant de souffler, et ménageant des calmes entre les temps forts.

Il y a aussi les dialogues, remarquablement bien faits, qui m’ont paru d’une efficacité et d’une véracité rare pour un premier roman. Et puis, il y a ces séances chez le psychologue, qui nous éclairent sur la psychologie de Margot et qui en même temps, nous donne plein de pistes à suivre. Bref, on trouve dans ce livre plein d’idées que l’on trouve chez d’autres romanciers mais qui ont été mis au service de l’histoire, et qui ont été assimilés.

Alors évidemment, c’est un premier roman à propos duquel on ne peut que donner des conseils : il y a parfois une volonté d’insister dans les scènes fortes avec des synonymes comme pour insister sur une scène ou une action alors qu’une expression bien trouvée, une image bien peinte en une phrase aurait suffi. Et puis il y a cette fin, la découverte du dernier coupable qui est définitivement ratée puisque tombée du ciel d’une façon bien maladroite.

Sinon, je dois dire que ce roman est une bonne surprise avec un scenario plausible, et plutôt linéaire, avec quelques retours dans le passé, des passages en italique pour insister sur les pensées de Margot qui m’ont paru bien venu. Et puis, on sent que ce livre a été écrit avec passion, que les auteures avaient à cœur d’écrire cette histoire, et que la dénonciation des violences faites aux femmes est bien un thème important, même si j’ai du mal à accrocher à celui de la vengeance personnelle pour pallier aux manques de la justice. Mais si ce livre me fait réagir, c’est qu’il m’a intéressé, non ? Alors à votre tour de découvrir ce bon roman.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 17:03
Le royaume des perches de Martti Linna (Gaïa)

Ce roman policier est bien particulier, car à première vue, rien ne peut attirer un lecteur à la lecture de la quatrième de couverture. Et pourtant, la somptuosité de la couverture attirera l’œil à la recherche d’une esthétique simple et silencieuse. Et l’intrigue, résumée à l’arrière du livre, ne rendra pas hommage à la beauté des paysages et au calme ambiant que l’on peut y trouver. Il faut dire qu’il est bien difficile de faire ressentir les émotions qui vont traverser le lecteur durant cette lecture.

L’intrigue est d’une simplicité extrême : Ilpo Kauppinen est un pêcheur invétéré de perches. Tous les étés, il loue un bungalow perdu au fin fond des forêts finlandaises, à l’abri de tout bruit de la civilisation, et passe ses journées sur sa barque, à la recherche de la Grosse Perche. Pendant ce temps là, sa femme l’attend sur la rive, en fumant des cigarettes.

Lors d’une de ses parties de pêche, sa femme l’appelle sur son portable, lui disant qu’un homme tente de pénétrer dans leur bungalow. Il revient rapidement à la rame, et s’aperçoit que sa femme a disparu. Il appelle la police qui va chercher cette femme, en espérant qu’elle ne soit pas morte. Mais le capitaine Sudenmaa de la police criminelle va s’apercevoir que Ilpo est plus intéressé par les perches que par le sort de sa femme.

Et Martti Linna va réussir un tour de force puisque, à partir d’une intrigue si mince, il va tenir le lecteur en haleine pendant presque 200 pages, sans que l’on ressente un quelconque ennui. De par la psychologie des personnages, décrite avec beaucoup de subtilité, à la beauté des paysages de la Finlande, du silence qui plane au dessus des lacs aux odeurs des sous bois, on lit ce livre en ouvrant grand les yeux, tant on a l’impression d’y être.

Alors certes, l’intrigue est mince, mais intéressante, entre un homme seulement intéressé par sa façon de piéger les poissons et un inspecteur empêtré dans ses affaires familiales compliquées, mais le rythme est lent et les descriptions si belles que l’on tourne les pages doucement pour ne pas faire de bruit et effrayer les perches qui pourraient être curieuses.

Certains auteurs nordiques sont doués pour installer des ambiances et nous faire partager des atmosphères calmes. Martti Linna nous montre, avec ce roman, qu’il est un auteur à suivre, et que ce livre est à ranger aux cotés de Johan Theorin. Excusez du peu, cela démontre bien que ce livre est à lire pour tous ceux qui sont adeptes de littérature au rythme calme et aux univers silencieux. Un peu de douceur dans un monde de brutes.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 17:10

Voici quelques idées de lecture polar dont on m’a fait part et que je voudrais partager avec vous. Ces informations m’ont été communiquées par les auteurs eux-même de façon fort courtoise ; voici donc les romans en questions :

L’information du mardi : quelques idées polar.

Les damnés du Ceallach de David Le Yaouang (Editions Yoran Embanner)

Alors qu'une terrible tempête se prépare, un homme hanté par la disparition mystérieuse de son père revient sur l'île où il est né pour tenter d'élucider les circonstances exactes du drame survenu 12 ans plus tôt. Que s'est il réellement passé sur l'île de Ceallach dans la taverne O'Brien ce funeste soir de Novembre 1788 ? Quel sombre secret unit les derniers habitants de cet îlot rocheux inhospitalier perdu dans la mer d'Irlande au milieu des brumes et des pluies ?

À travers l'histoire du clan Macnamara et la disparition du vieux Tomas, ce récit nous fait revivre la tentative de soulèvement des "Irlandais unis" de 1798. Théobald Wolfe Tone, leader de l'insurrection et père du nationalisme irlandais, y perdit la vie ainsi que plusieurs dizaines de milliers de patriotes.

De l'attitude héroïque et exemplaire de ces hommes allait naître un courant irréversible en faveur de l'indépendance, jusqu'à l'établissement définitif de la république d'Irlande.

David LE YAOUANG, né en 1972,est passionné par l'histoire de la Bretagne, de l'Irlande et des pays celtiques en général. Il nous livre ici un premier roman prometteur doté d'une intrigue surprenante.

L’information du mardi : quelques idées polar.

Dommages Collatéraux de André Bruneau (Editions Bénévent)

Répondant à l’invitation de son ami Gerry, Richard Hamilton passe quelques jours à Montréal au cours desquels il tombe amoureux de l’épouse de celui-ci, Carole Anne. À son retour à Boston, il est l’objet de harcèlement qu’il attribue à la jalousie de son collègue. Les évènements se précipitent, l’intimidation et les menaces se précisent. Sans nouvelles de Carole Anne, il broie du noir jusqu’à ce que celle-ci communique avec lui.

Richard entraîne alors ses collègues de travail et Carole Anne dans une guerre sans merci où tous les coups sont permis. Qui participe à ce complot visant à les faire taire ? Que veut-on les empêcher de découvrir ? Quels sont les intérêts en jeu ?

Les uns et les autres s’investissent pleinement non sans en subir des Dommages collatéraux.

L’information du mardi : quelques idées polar.

Les nouveautés de SkA de mai :

SkA est un éditeur exclusivement numérique et publie entre autres des romans et nouvelles noires. Voici quelques titres et résumés qui vont surement vous faire craquer. N’hésitez pas à aller fouiller sur le site http://skaediteur.net/ et quand vous verrez les noms des auteurs, nul doute que vous allez y faire un tour !

SO de PhD :

CE N’ÉTAIT PAS A VRAIMENT PARLER un parpaing, plutôt un bloc, un cube, comme un casier à disques rempli de ciment, voir un bac à fleurs. Ça ne faisait pas ouvrier, fin de chantier, balancé. Ça sentait amateur. Ça sentait domestique. Comme coulé dans son salon sur un plastique pour protéger le tapis. Gégé, d’un grand ballant du bras, abattit son marteau sur un coin du ciment. Un pied apparut aussitôt. Un petit pied. Un squelette de pied. — Merde ! grogna Nubrait.

Bouches cousues de Sylvette Heurte :

A TABLE, je regarde ses longues mains claires piquetées de taches rousses, on ne se ressemble pas. J’ai hérité de la peau café au lait et des membres courts du Méchant Nain, notre paternel. Mon frère est tout en longueur et pâleur rouquine. Je reviens à la charge : — Mais toi, tu l’as déjà entendu parler de Toulouse ?

Fin de parcours de Paul Colize

FRANKIE-GROS-BRAS porte bien son nom. Le 357 Magnum qu’il braque sur moi est minuscule et semble se recroqueviller dans sa main. Il me dépasse de deux têtes et d’une bonne centaine de kilos. Enfoncés dans la graisse, ses petits yeux cruels me dévisagent jusqu’au fond de la prostate. J’anticipe sa question. — Heu, salut, Frankie, je vais tout t’expliquer.

Manger M’Alice de Olivier Bordaçarre

POUVOIR IDÉAL ET PARFAIT t’intégrer à ma chair, M’Alice, ton sang dans mon sang, nos foutres à la même coupelle, tes petits os flottent dessus pour me nourrir mes muscles. Te sens, M’Alice, circuler dans mes veines sans fin, faire le vent dans mes vaisseaux et chanter dans m’oreilles Don’t worry et tes yeux dans mes mains. Tu t’enfuiras jamais M’Alice, sortiras jamais de moi, j’a tout cousu les trous et bientôt plus parler juste avec la cervelle et donner des signes et c’est tout. L’amalgame, toi et moi, ça donne ça. Puissance Pure, toujours. Peuvent observer, les chefs, savoir tout de nous… dès la sortie de Freddy, c’est the end pour eux. Jeu d’enfant ! Because nous, on est le précieux de tout : la Vérité.

Lac noir de Jan Thirion

UNE SECONDE LUI SUFFIT pour mettre un prénom sur ce visage. Chloé. Elle était avec lui au centre de rééducation en Savoie, après la perte de son bras, là où on apprend à vivre avec son nouvel handicap et à s’adapter à sa prothèse. Chloé avait perdu une jambe dans un accident de moto. Une fille sympa, gentille, jolie, qu’on avait envie de consoler, de prendre dans ses bras, même avec un seul bras. Il n’était resté que quatre semaines, mais il avait eu le temps de tomber amoureux. Ils n’avaient pas fait l’amour, mais ils avaient échangé de fougueux baisers la dernière semaine. Le centre était une bulle à l’extérieur du monde. Après, chacun est retourné à son existence. Ils ne se sont pas revus depuis. Elle avait un copain. Elle habitait Nantes. Lui, il n’était pas arrivé à imaginer une vie commune entre un manchot et une cul-de-jatte. — Chloé !

L’homme gris de Max Obione

IL A PEUR SOUDAIN lorsqu’elle le pousse à la renverse sur le lit et qu’elle vient s’allonger contre lui. Ils restent immobiles, il est désappointé, elle semble aux anges. La situation est incongrue, il voudrait chasser cette folle, cette allumeuse. Mais elle susurre des paroles de désir à son oreille, elle distille des murmures si doux. Le cœur en tumulte, le vieux monsieur n’y croit pas. Ou du moins, au fond de lui-même, sans que sa conscience y prenne part, il ne souhaite pas ne pas y croire. Cette double négation exprime un désarroi aride qui l’emplit de confusion. Son cœur est en proie au doute. « Serais-je encore vivant ? » Sans le vouloir, il trouve les lèvres de la femme qui répond par un baiser profond. Sa langue est de miel.

Erika de Hafed Benotrman

ALLEZ, PARLEZ DONC ENTRE VOUS, pour une fois que vous êtes tous OK ! De fenêtre en fenêtre. D’étage en étage, du premier au troisième, du troisième au rez-de-chaussée. Elle tourne bien l’impuissance au rendez-vous des cons. Vous savez pas d’où ça vient, ce bordel ! ce boucan ? Cherche cherche cherche oua oua les chiens c’est un loup qui hurle aououououou…. ! Vingt-deux heures ? Ah oui, il est vingt-deux heures ! Le taulard ? C’est tatillon sur la loi quand elle l’arrange !

L’heure du bouillon de Jeanne Desaubry

MONIQUE AVAIT SU RÉGLER LE PROBLÈME de la longévité excessive de Roger. Rien de terrible. Elle avait dilué dans un peu de sérum physiologique le petit sachet trouvé dans la chambre de son José. Il avait suffit de l’injecter ensuite dans la perfusion posée par l’infirmière de l’hospitalisation à domicile. Elle avait souri à Roger, lui avait allumé la télé, puis était allée prendre un bain, se demandant ce qu’elle trouverait au retour. Est-ce que la poudre blanche était toujours dangereuse après toutes ces années ?

Un de trop de Paul Colize

JOSETTE A DONC 1,2501 chance sur 2 d’avoir une crise cardiaque avant d’arriver à la maison. Si j’ajoute les pavés glissants, je dois pouvoir monter mes estimations de 0,4 point. Soit 1,6501 chance sur 2 de se casser la pipe. Si tel est le cas, ce soir, j’invite Maurice et Dédé pour voir le foot. On pourra se vautrer dans le canapé et mettre les pieds sur la table…

La glacière deMagali Duru

ASSISE SOUS LA VÉRANDA, Maman Ba étendit ses vieilles jambes fatiguées. Elle avait préparé le repas, puis, laissant sur la tiédeur des braises ses casseroles d’où montaient des effluves de coriandre, elle était venue s’installer avec son éventail. Le soleil venait de plonger. La nuit tropicale était tombée, définitive, sans la moindre précaution de crépuscule. Elle attendait. Sur ces genoux, deux coupures de journaux pas encore jaunies, déjà fatiguées. Et elle les dépliait encore une fois.

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Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 05:09
Utopia de Ahmed Khaled Towfik (Ombres noires)

Le polar n’a pas de frontières, et l’excellent polar est à trouver autour du monde. Cette fois-ci, c’est en Egypte que je pose mes yeux, pour un roman d’anticipation bien noir, et je ne peux que vous conseiller cette lecture.

2023, Le Caire, Egypte. Les riches se sont regroupés dans un quartier isolé qui s’appelle Utopia. Aux alentours, les pauvres, qu’on appelle les Autres, se sont regroupés dans des bidonvilles et tentent par tous les moyens de survivre, surtout depuis qu’on leur a coupé tout moyen de communication, de circulation, d’accès à l’eau ou aux médicaments. Utopia est une ville fortifiée protégée par des mercenaires, pour la plupart des Marines américains, et sont totalement indépendants du pays depuis que le gouvernement égyptien a disparu.

Le jeune fils d’un directeur d’une entreprise de médicaments mène une vie de débauche. Il faut dire qu’il n’y a pas grand-chose à faire, entre manger énormément jusqu’à vomir dans le couloir, ou passer son temps à se droguer avec la nouvelle drogue, la phlogistine. Le seul intérêt de tous ces jeunes est de faire une descente chez les Autres et d’en tuer un, puis de ramener un trophée, par exemple un bras coupé, que l’on fait empailler. C’est justement ce qu’il envisage de faire en emmenant avec lui une amie, Germinal. Sauf que de jeunes nantis ne peuvent faire illusion au milieu d’un monde de désolation. Heureusement, un homme de trente ans, Gaber, décide de les sauver, pour quelque temps …

J’ai la chance, en tenant ce blog, de pouvoir faire des découvertes et d’assouvir mon esprit curieux. C’est pour cela que j’adore lire les premiers romans. C’est aussi pour cela que j’essaie des romans venant d’horizons très variés. Ce roman nous arrive d’Egypte et c’est une bombe. Bien que je ne sois pas adepte de romans d’anticipation, je dois dire que celui-ci est un pur roman noir dans la tradition de ce qui se fait de mieux dans le monde du polar.

Il faut croire que l’éclatement de la société et la séparation inéluctable entre les riches et les pauvres, la création de castes, de deux mondes séparés avec ce que cela implique en terme de destruction de société. J’avais adoré Serenitas de Philippe Nicholson, j’avais beaucoup aimé Le jour du fléau de Karim Madani. Ici, c’est un vrai roman noir avec deux mondes qui vont se télescoper dans une intrigue … horrible.

Ahmed Khaled Towfik a décidé de ne pas assommer le lecteur de descriptions inutiles, optant pour une efficacité maximale, à base de petites phrases et de nombreuses péripéties. Le ton est dur, froid, il n’y a pas à s’identifier à l’un ou l’autre, ni à aimer ou détester quiconque … jusqu’à la fin. C’est une vraie grande découverte et je souhaite que de nombreuses personnes lisent ce livre, pour la logique de l’histoire future de notre monde, et pour réfléchir. C’est un roman que l’on pourrait situer n’importe où, et intemporel ! Je viens de découvrir un grand auteur de roman noir et pour vous décider, je vous livre le texte qui ouvre le roman :

« L’Utopia évoquée ici est un lieu imaginaire, comme le sont les personnages qui y vivent à l’intérieur et à l’extérieur, même si l’auteur est convaincu qu’elle existera bientôt. Toute ressemblance avec des lieux et des individus de la réalité actuelle est purement fortuite. »

De toute évidence, l’auteur a resserré sa plume pour faire un roman coup de poing, qui ne se pose pas de questions et qui flingue à tout va. L’imagination est laissée entre les mains du lecteur, qui ajoutera les couleurs grises qui manquent à sa peinture. De toute évidence, l’auteur a écrit avec ses tripes, avec sa rage, et cela se sent et c’est bigrement bon.

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Published by Pierre Faverolle - dans 2013
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