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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 17:48

Cette semaine, j’ai décidé de parler d’un auteur que j’adore, et dont l’actualité va être riche durant ce mois d’avril. Il s’agit de Pascal Dessaint, auteur de romans noirs dont la profondeur psychologique et l’analyse sociologique sont à placer au dessus du lot.

Son nouveau roman « Maintenant le mal est fait » vient de sortir chez Rivages, et vous en entendrez bientôt parler ici. Dans le même temps, deux de ses précédents romans sortent en poche chez Rivages Noir, « Les derniers jours d'un homme » roman magnifique et « Tu ne verras plus ». J’en profite aussi pour vous donner le lien vers le site officiel de l’auteur : http://www.pascaldessaint.fr/Pascal_Dessaint.html

Voici donc une présentation de ces trois romans :

Maintenant le mal est fait de Pascal Dessaint (Rivages) :

Maintenant-le-mal-est-fait.jpg« Être soi-même se révèle parfois une faute, ou une erreur. Il y a une grande différence. La faute est impardonnable, très souvent. L’erreur est rectifiable, si on a le temps pour soi. Ma mère ne paraissait pas vouloir accorder ce temps à mon père, ni lui pardonner. »

La disparition troublante d'un homme va changer le regard que ses amis portent sur eux-mêmes, perturber l'équilibre déjà fragile d'une petite communauté qui voit son existence contrariée par un projet de route. Comment saisir les forces qui gouvernent la vie de chacun, et s'en accommoder ? Au-delà d'un roman sur l'amitié et les risques qu'elle fait courir, "Maintenant le mal est fait" est une réflexion sur la frénésie de notre monde et sur le progrès, sur les rapports complexes que les hommes entretiennent avec la Nature et sur le mal qui peut en découler.

Les derniers jours d’un homme de Pascal Dessaint (Rivages Noir) :

Derniers-jours-homme.jpgDans une ville sidérurgique du nord, deux voix se répondent à quinze ans d'intervalle. Celle d'un père, Clément, et celle de sa fille, Judith. Clément raconte la mort de sa jeune épouse et l'horreur de l'usine, jusqu'au drame qui va tout faire basculer. Judith, elle, est âgée de dix-huit ans et orpheline. L'usine n'est plus là mais elle a laissé un terrible héritage : crassiers, pollution des sols et des cours d'eau, maladies, chômage. Judith se remémore son enfance et, surtout, cherche à comprendre qui était son père et comment il a trouvé la mort.

Romancier de l'intime et du réel, Pascal Dessaint évoque le scandale de l'usine MétalEurop qui fut liquidée sans préavis, laissant une région entière sinistrée.

"Dessaint excelle à faire surgir l'indicible des sentiments, attentif au détail, proche de chacun de ses personnages." (Michel Abescat, Télérama)

Voici le lien vers mon billet : http://black-novel.over-blog.com/article-les-derniers-jours-d-un-homme-de-pascal-dessaint-rivages-50407903.html

Tu ne verras plus de Pascal Dessaint (Rivages noir) :

tu-ne-verras-plus.jpgLe capitaine de police Félix Dutrey broie du noir en l'absence de sa compagne, mais une affaire insolite va bientôt le sortir de sa torpeur : un taxidermiste a été retrouvé mort dans son atelier et ses yeux ont été remplacés par des billes de verre, comme si le corps avait été naturalisé.

Aidé de ses collègues Marc et Magali, Félix mène une enquête en forme d'errance mélancolique, ponctuée d'épisodes tragiques ou désopilants, telle cette attaque de "Peaux-Rouges" en plein centre de Toulouse.

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 17:46

On the brinksCoup de coeur ! si je lis des romans, c’est bien pour ressentir ce genre d’émotions, pour être emporté par des émotions qui me dépassent. Et si ce roman n’en est pas un, puisque c’est une autobiographie, la vie de Sam Millar s’avère être un scenario de roman noir tellement extraordinaire que l’on ne peut pas rester insensible, ni dans le fond, ni dans la forme à ce qui y est raconté. Ce livre est divisé en deux parties, l’une qui se déroule en Irlande, l’autre aux Etats Unis.

Belfast. Alors qu’il nait dans une famille protestante, sa mère lui donne une éducation catholique. Toute son enfance est bercée par les conflits entre les catholiques irlandais, les protestants et l’armée britannique. Nous allons suivre ses premiers pas dans le monde adulte ; sa prise de conscience politique s’éveille quand il commence à travailler aux abattoirs et l’assassinat de son meilleur ami Jim Kerr. A dix sept ans, Sam est enfermé à la prison de Long Kesh, pour activisme terroriste. Là bas, il va y subir les pires pressions et les pires tortures que l’on puisse imaginer.

Je peux vous dire que cette première partie n’est pas près de vous laisser tranquille, tant elle est forte et horrible. J’en ai perdu quelques nuits de sommeil, non pas parce que je me suis identifié au personnage de Sam, mais par la description de ce que l’on faisait subir aux prisonniers. Car cette partie est écrite avec un détachement, une froideur qui fait froid dans le dos, justement.

Le but de cette partie comme l’ensemble de ce livre n’est pas de prendre position pour les uns ou les autres, mais bien pour l’auteur d’écrire son histoire en forme de testament, de mettre noir sur blanc ses traumatismes pour en faire un exorcisme personnel. Le détachement et le regard froid de ces passages joue beaucoup dans la pression permanente que vivent les prisonniers, que j’ai ressenti à la lecture.

Cette première partie ne vous laissera pas tranquille, vous empêchera de dormir, car Sam Millar additionne les scènes, d’une efficacité incroyable et sans sentiment. Ce que nous donne à voir Sam Millar, ce sont aussi des hommes qui font la guerre, qui sont entrés en résistance en refusant de travailler. Sans vouloir juger de la situation politique, on ne peut qu’être révolté devant les scènes de tabassage, de torture, de harcèlement qui furent réalisées dans ces geôles. C'est une pure plongée en apnée dans le monde de l'horreur.

Et puis, on plonge dans la deuxième partie, comme si on nous avait plongé la tête sous l’eau pendant quelques minutes, à bout de souffle. Millar est sorti de prison après la mort de Bobby Sands et a immigré aux Etats Unis illégalement. Il va être licencié quand la police ferme le casino dans lequel il travaillait. Il va alors monter, avec quelques complices, l’incroyable vol du dépôt de la Brinks à Rochester.

Là aussi, on est frappé par le calme qui ressort de ces pages, que l’on peut opposer à la furie de Belfast. Mais c’est un homme qui veut survivre auquel on a droit ici, qui ne ressent plus rien, si ce n’est la nécessité de se procurer de l’argent. A la lecture plus classique de cette partie, je me suis dit que la vie de cet homme là est tout simplement incroyable, et qu’elle dépasse tous les scenarii que l’on aurait pu imaginer.

On the brinks, aller au bout des choses. Sam Millar a osé porter un regard sur son passé, nous jeter en pleine face ce qu’il a vécu, sans en rajouter, pour se livrer et pour livrer aux lecteurs un roman noir brillantissime. On pourra toujours se demander pourquoi il a été enfermé, où est passé l’argent de la Brinks, pour quel usage a-t-il été utilisé ? Il n’en reste pas moins que ce roman est parfait de bout en bout, que c’est un roman qui, à mon avis, a plus été écrit pour l’auteur lui-même que pour ses lecteurs, un roman sans concession, une confession noire d’un passé à ne pas oublier, qu’il faut ranger du coté de La bête contre les murs de Edward Bunker. Coup de cœur !

Dans les quelques avis piochés ici ou là, allez voir ceux de Jean Marc, Claude et Yan.

Ce billet est dédié à Claude (il saura pourquoi), à Richard (pour le conseil), à Coco (pour le prêt du livre), et à ma femme qui va me l'offrir pour la fête des pères. 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:13

Assassin qui est en moiPour notre découverte d’anciens romans, je savais où je mettais les pieds. J’adore Jim Thompson dont j’ai lu une dizaine de romans il y a plus de vingt ans maintenant. C’est un monstre du roman noir, un monument avec des œuvres qui m’ont très fortement marqué. Et pourtant on a tendance à l’oublier quand on cite les grands auteurs de polar. Heureusement, Rivages vient de rééditer deux de ses romans dont le gigantesque Killer inside me, celui que je vous propose aujourd’hui.

Jim Thompson (Anadarko (en), Oklahoma, 27 septembre 1906 - Los Angeles, Californie, 7 avril 1977) est un écrivain américain de roman noir, un nouvelliste et un scénariste de cinéma (...) Jim Thompson a écrit plus de trente romans la plupart entre la fin des années 1940 et la moitié des années 1950. La plupart de ses romans sont en partie autobiographiques. Peu reconnu de son vivant, la notoriété de Thompson s’est accrue dans les années 1980 avec la réédition de ses livres, et l’adaptation de certains romans au cinéma. François Guérif l'a publié dans la collection Rivages/Noir : le numéro un de la collection est une traduction de Recoil (Liberté sous condition).(Source Wikipedia)

Si les maîtres du hard boiled décrivaient la société décadente avec une certaine distance, Thompson, lui, s’implique dans chacune de ses pages (…) L’ignoble, l’odieux, l’infâme, le scatologique le plus abject et l’inceste s’y côtoient (…) On y trouve aussi de bien minables escrocs, des tocards, péquenots en tous genres, des malades, des frustrés, des alcooliques, des psychopathes. Mais également quelques bouffées d’air pur, de lumineuses éclaircies, certains petits joyaux et trouvailles poétiques à l’instar de la prière qui clôt Le démon dans ma peau. (Source Dictionnaire des littératures policières)

4ème de couverture :

Lou Ford est un jeune adjoint au shérif avenant, serviable, séduisant. Son supérieur, sa fiancée, les jeunes qu’il soutient, les coups de mains qu’il donne volontiers font sa popularité. Bref, dans la petite ville un peu endormie de Central City, Texas, on lui donnerait (presque) le bon Dieu sans confession. A tort. Les apparences sont trompeuses. Atteint d’un trouble psychiatrique, Lou Ford a jadis commis un crime, et c’est son frère Mike qui a été condamné à sa place. A sa sortie de prison, ce dernier est mort sur un chantier, un drame dont Lou Ford tient Chester Conway, le magnat local de la construction, pour responsable. Grâce à une prostituée avec qui il entretient une liaison et qui a séduit le fils Conway, Lou Ford entend se venger. Mais le plan dérape, et pour se couvrir, Lou Ford est entraîné dans une fuite en avant de plus en plus dangereuse…

Mon avis :

Ce qui frappe dans ce roman, c’est avant tout la modernité du récit. Même si cela se passe dans les années 50, le style lui est intemporel, car sans concession, direct, efficace. Et puis, avec le personnage de Lou, on a affaire à un voyage à l’intérieur d’un esprit malade, complètement paranoïaque, dépassé par ses pulsions meurtrières. On ne sait jamais comment il va réagir, et d’ailleurs Jim Thompson cache suffisamment son jeu pour surprendre à chaque fois le lecteur.

L’intrigue est située dans une petite ville des Etats Unis, Central city, cité imaginaire dominée par une entreprise de pétrole, mais on pourrait y voir de nombreuses villes existantes. La règle générale y est l’hypocrisie, il ne faut pas faire de vagues. Et Lou utilise les règles à son avantage, pour calmer ses pulsions. D’ailleurs ce personnage mystérieux dont il restera des parts d’ombre ne nous épargnera rien : il décrira sa vie, ses pensées, ses meurtres avec moult détails.

J’avais lu ce roman il y a plus de vingt ans maintenant, quand il paraissait dans la Série noire. Je dois dire que j’ai lu ce roman comme si c’était la première fois. D’une violence évidente, il en ressort un malaise constant, rehaussé par la nouvelle traduction de haute volée (Chapeau, M.Gratias !). Vous devez lire ce livre, un des meilleurs de son auteur, à classer aux cotés de Les Alcooliques, 1275 âmes, et surtout Rage Noire.

A noter que ce livre est paru dans la Série Noire en 1966 sous le titre Le démon dans la peau, réédité en 2010 sous le titre The killer inside me dans une traduction incomplète.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 17:02

Voici une petite sélection de pavés pour la plage de cet été, que je n'ai pas encore lus. Certains sont déjà sortis, d’autres vont arriver dans vos bibliothèques, tous sont fortement attendus et vont vous procurer des sensations … Bref, plus que jamais, n’oubliez pas le principal, lisez !

Comme d’habitude, cette sélection n’engage que moi.

Ils vivent la nuit de Dennis Lehane – Rivages Thriller (Sorti le 20 mars 2013) :

Ils-vivent-la-nuit.jpgBoston 1926. En pleine Prohibition, l’alcool coule à flots dans les speakeasies, les armes font la loi et Joe, le plus jeune fils du capitaine Coughlin (Un pays à l’aube), est bien décidé à se faire une place dans le milieu de la pègre. Il commence par braquer un bar clandestin appartenant au parrain local Albert White, mais commet l’erreur de séduire sa maîtresse. La vengeance de White ne se fait pas attendre et Joe se retrouve derrière les barreaux. Entre son père et Maso Pescatore, le parrain qu’il rencontre en prison, son choix est fait. Pescatore se charge de son « éducation ». Joe se retrouve en Floride à Ybor City, à la tête d’un réseau de trafic de rhum, noue des liens avec les Cubains et bâtit un empire. Mais la Prohibition prend fin et les temps changent. Pour Joe, le chemin de la rédemption est aussi pavé d’embûches, car traîtres et ennemis ne manquent pas dans ce monde.

Comme dans Un pays à l’aube, Lehane affirme de manière éclatante son talent de raconteur d’histoires.

Drôle, émouvant, palpitant, tranchant, noir, il a toutes les cordes à son arc. « Ils vivent la nuit, c’est Le Parrain pour ceux qui savent penser. » Stephen King

22/11/63 de Stephen King - Albin Michel (Sorti le 27 février 2013) :

22-11-63.jpg22 novembre 1963 : 3 coups de feu à Dallas.

Le président Kennedy s'écroule et le monde bascule.

Et vous, que feriez-vous

si vous pouviez changer le cours de l'Histoire ?

2011. Jake Epping, jeune professeur au lycée de Lisbon Falls dans le Maine, se voit investi d'une étrange mission par son ami Al, patron du diner local, atteint d'un cancer. Une « fissure dans le temps » au fond de son restaurant permet de se transporter en 1958 et Al cherche depuis à trouver un moyen d'empêcher l'assassinat de Kennedy. Sur le point de mourir, il demande à Jake de reprendre le flambeau. Et Jake va se trouver plongé dans les années 60, celles d Elvis, de JFK, des grosses cylindrées, d'un solitaire un peu dérangé nommé Lee Harvey Oswald, et d'une jolie bibliothécaire qui va devenir l'amour de sa vie. Il va aussi découvrir qu'altérer l'Histoire peut avoir de lourdes conséquences...

Une formidable reconstitution des années 60, qui s'appuie sur un travail de documentation phénoménal. Comme toujours, mais sans doute ici plus que jamais, King embrasse la totalité de la culture populaire américaine.

Envoutée de Megan Abbott – Editions du masque (Sorti le 27 février 2013) :

Envoutee.jpgMarion Seeley est abandonnée par son mari médecin à Phoenix, Arizona. Dans la clinique où elle trouve un travail comme secrétaire, elle se lie d'amitié avec Louise, une infirmière délurée et sa colocataire, Ginny, une blonde tuberculeuse. Très vite, Marion, toute réservée et sainte-nitouche qu'elle paraît, est entraînée par la vie exubérante de ses deux amies qui arrondissent leurs fins de mois en organisant de folles soirées avec les notables de la ville.

Lors de l'une d'elles, Marion fait la connaissance de Joe Lanigan, un homme politique local, séducteur, truand sur les bords, et habitué des lieux. Envoûtée par son charme viril et fougueux, Marion perd la raison, découvre le sexe illicite - « ce qui ne se fait pas » - et sombre dans les affres de la jalousie. Cette histoire est tirée d'un fait divers qui a défrayé la chronique dans les années trente : un agent de la gare de Los Angeles trouve les corps découpés de jeunes femmes dans deux malles de voyage.

Note de moi même : ce n'est pas un pavé mais j'adore cette auteure !

Broken de Karin Slaughter - Grasset (Sortie le 3 avril 2013) :

Broken.gifSuite à un appel anonyme à Lena Adams, le corps d'une jeune femme est découvert au fond du lac glacé de Grant. Un mot griffonné sur une feuille de papier semble indiquer qu'il s'agit d'un suicide. Pourtant, il apparaît bien vite qu'il n'en est rien : Allison Spooner, 21 ans, a été poignardée dans le cou et enchaînée à des parpaings avant d'être abandonnée aux eaux du lac. C'est dans ces circonstances que Sara Linton, après une longue absence, revient en ville pour voir sa famille.

Entraînée par une spirale d'événements, elle se retrouve mêlée à cette sordide affaire de meurtre. Le principal suspect, arrêté alors que Lena et ses hommes fouillaient la chambre de la victime, demande à la voir, mais lorsqu'elle arrive au commissariat, il est déjà trop tard : le garçon gît sans vie dans sa cellule, son cri d'innocence barbouillé sur les murs. Quelque chose cloche dans la déposition du suspect et Sara, qui n'a aucune confiance en Lena, appelle le Georgia Bureau of Investigation qui dépêche sur les lieux l'agent spécial Will Trent.

Mais celui-ci se heurte aors à un mur de silence, car Grant County est une petite communauté qui protège ses secrets. Et la seule personne qui pourrait révéler la vérité est morte.

La 5ème saison de Mons Kallentoft – Seuil (Sortie le 4 avril 2013) :

Cinquieme-saison.jpgLe printemps vient de commencer lorsqu’on trouve le corps d’une femme atrocement mutilée dans la forêt. Les blessures rappellent à Malin Förs l’affaire « Maria Murvall » qu’elle avait suivie dans Hiver. Maria avait été violée et frappée sauvagement dans la forêt, et depuis, elle reste murée dans le silence, à l’asile. Malin rencontre une psychiatre à l’hôpital qui fait état d’un cas semblable. Soudain, Malin comprend que Maria Murvall n’est qu’une petite pièce d’un terrible puzzle. Si terrible qu’il est impossible d’y mettre des mots. L'enquêtrice met toute son énergie pour résoudre l’énigme. Elle qui avait été obsédée par le sort de Maria Murvall dans Hiver. Parviendra-t-elle à la sortir du silence ?

Cinquième volet des enquêtes de Malin Förs, La 5e Saison séduira les amateurs de Hiver et les autres car l’enquête peut se lire même si on ne connait pas Hiver. Comme toujours dans les livres de Mons Kallentoft, les morts parlent et la nature se déchaine. Malin Förs quant à elle reste ce mélange de force et de fragilité très apprécié des lectrices.

Fantôme de Jo Nesbo – Gallimard série noire (Sortie le 12 avril 2013) :

Fantome.jpgTrois ans après avoir démissionné de la police norvégienne et s'être exilé à Hong Kong, Harry Hole revient à Oslo. Mais, cette fois-ci, l'affaire s'annonce plus difficile que prévue, intime et douloureuse : Oleg, le fils de Rakel, le grand amour de Harry, a été arrêté pour le meurtre d'un dealer avec lequel il s'était acoquiné. Tout semble accabler le jeune homme. Ne manque plus que le mobile. Très vite, Harry découvre que la victime et Oleg officiaient pour un mystérieux groupe de dealers, dirigé par quelqu'un dont on ne sait pour ainsi dire rien, hormis son nom : Dubaï.

L'apparition de Dubaï à Oslo a coïncidé avec celle d'une nouvelle drogue dans les bas-fonds de la ville, la fioline, une substance créant une dépendance très forte mais qui n'est pas aussi destructrice que d'autres stupéfiants comme l'héroïne. Alors que la corruption semble gangréner les différents échelons du pouvoir politique et de la police locale, Harry met, sans le savoir, les pieds dans une fourmilière criminelle et va très vite devenir la proie des différents malfrats qui oeuvrent dans l'ombre pour le maintien d'un statu quo.

Avec ce neuvième volet des enquêtes de Harry Hole, Nesbø est au sommet de son art et s'affirme comme le grand maître du thriller international.

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 17:58

Quand j’ai lancé cette rubrique du chouchou du mois, le but était de mettre en avant un roman qui, pour une raison ou une autre, méritait d’être mis en avant car j’en garderai de bons souvenirs. Vous savez, le genre de roman où une scène vous hantera longtemps, ou bien le dialogue ou la réplique que vous réutiliserez. Evidemment, le choix m’appartenant, je mettais de coté des romans qui m’ont aussi fortement plu car je ne parle que des romans que j’aime et que je veux défendre.

Je ne m’attendais pas à être en face d’un choix tellement difficile que, au moment où j’écris en improvisant, ce petit billet, je ne sais toujours pas qui va remporter ce trophée … enfin cette distinction. Je me retrouve dans la position de l’auteur qui, face à une page blanche, se demande comment il va faire évoluer son intrigue. Et c’est dans ces moments là que l’on ressent une grande solitude et que je me rends compte que je ne serai jamais un auteur ! D’un autre coté, ce n’était pas mon ambition, donc je ne suis pas déçu.

Bref, je disais donc que je ne savais pas qui allait être distingué. A cela, il y a plusieurs raisons mais la principale est que je n’ai lu et chroniqué que de très bons romans. Ils ont tous un petit quelque chose (ou un grand quelque chose) qui rend ce mois de mars 2013 un bon, voire un très bon mois de lecture. Et puis surtout, ils sont tous originaux, attachants, attendrissants, et de style différent. Donc, j’ai bien peur que le choix ne doive se faire par élimination, et dans ce domaine, quand il s’agit de trouver de fausses excuses, je suis champion. Bref, si vous lisez ce billet jusqu’au bout, sachez que tous les romans qui suivent ont remporté la palme du chouchou du mois mais, qu’à la fin … il n’en restera qu’un !

La rubrique Oldies était l’occasion de se plonger dans la collection Spécial Police, avec un roman de Paul Sala, Monsieur Lucien. Comme cette rubrique est hors jeu, pour moi, c’est facile.

Dans la catégorie Humour, deux excellents romans très différents mais qui remplissent leur rôle de nous faire rire. Il s’agit de Les mannequins ne sont pas des filles modèles de Olivier Gay et de La vieille qui voulait tuer le bon dieu de Nadine Monfils. N’hésitez pas, les deux sont, chacun dans leur genre, de très bons romans.

Dans la catégorie Je fouille l’Histoire, j’ai lu deux excellents romans qui sont Retour à Whitechapel de Michel Moatti, une enquête romancée et rigoureuse sur Jack L’éventreur, dont la valeur est dans la peinture du Londres du 19ème siècle et La mort n’a pas d’amis de Gilles Schlesser qui lui va nous initier aux groupes des surréalistes. Deux romans français de deux auteurs à suivre car très talentueux.

Vieille qui voulait tuer le bon dieuDans la catégorie Emotions, La plage des noyés de Domingo Villar nous propose une intrigue chez les pêcheurs de Galice tout en subtilité, Etranges rivages de Arnaldur Indridason nous dévoile une part des cicatrices de notre commissaire adoré Erlendur, et dans Chiennes de vie de Frank Bill, nous avons droit à du noir violent sans concession. Enfin, je n’oublierai pas Le théorème de Roarchack de Johann Etienne, un thriller et premier roman fort attachant qui en appelle d’autres.

Jusque là, je ne me suis pas trop mouillé, et c’est la mort dans l’âme, que je vais choisir le chouchou du mois de mars : il s’agit de … La vieille qui voulait tuer le bon dieu de Nadine Monfils.

En conclusion, n’oubliez pas le principal, lisez !

 

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 19:07

Vieille-qui-voulait-tuer-le-bon-dieu.JPGLâchez les chiens, Mémé Cornemuse est de retour. Cette mamie qui ne s’encombre de rien ni personne, qui n’a ni foi ni loi va encore nous en faire voir de bien belles. Nous avions fait sa connaissance dans Les vacances d’un serial killer, que je n’ai pas encore lu, nous l’avions suivi dans le génial La petite fêlée aux allumettes. Cette fois-ci, elle revient en bonne compagnie, en duo avec Ginette.

Alors qu’elle vient de rompre avec son amant flic, Mémé Cornemuse devient concierge … après avoir planté un couteau de boucher dans le dos de la précédente concierge pour prendre sa place. Elle qui est une fan de Jean Claude Van Damme, à qui elle emprunte de nombreuses répliques et dont le poster trône au dessus du canapé, et une inconditionnelle d’Annie Cordy dont elle n’hésite pas à chanter ses plus grands succès, elle s’est trouvé un comparse nommé Jef, qui vit dans la cave, et qui creuse un tunnel pour voler le bijoutier qui habite juste à coté.

Ginette mariée à Marcel Durite trompe son mari pour la première fois de sa vie conjugale, avec un beau male rencontré à un abribus. Alors qu’elle venait d’acquérir une paire de chaussures ayant appartenu à Lady Di, sa journée était comblée jusqu’à ce qu’elle rentre chez elle et découvre son mari mort et découpé en tranches, les mains et les pieds sectionnés et le sexe planté au milieu du camembert dans le réfrigérateur. Heureusement, Mémé Cornemuse est là pour la débarrasser du corps et pour s’assurer un peu de calme pendant son futur vol de bijoux.

Seulement voilà ! Micheline Martini, complice d’un célèbre pédophile, sort tout juste de prison et décide de se retirer au couvent … qui est situé juste en face de chez Mémé Cornemuse. Pour la tranquillité, on a vu mieux.

Le monde de Pandore peut s’apparenter au nôtre, à la différence près que Mémé Cornemuse y vit. Et heureusement que vous ne la rencontrerez jamais, sinon votre espérance de vie ne serait pas bien longue. Nadine Monfils, dans la continuité de Les vacances d’un serial killer et de La petite fêlée aux allumettes nous concocte là un roman à l’humour corrosif et cynique à souhait.

On va retrouver donc avec énormément de plaisir ce style si particulier fait de verve et de dérision, d’humour noir et de cynisme pour mieux montrer aussi l’absurdité de notre quotidien. On aime ou on n’aime pas. 9a flingue, ça descend mais toujours au nom de l’humour. C’est sautillant, bondissant, ça décoiffe et ça se termine toujours par une phrase de Jean Claude Van Damme qui ne demande pas de réponse.

J’adore, et je ne peux que vous conseiller d’essayer car c’est un bon remède contre la morosité. On lit ce roman avec le sourire aux lèvres, et on éclate de rire lors de la chute de la scène. En parlant de scènes, il y en a de désopilantes (ne ratez pas celle dans l’agence matrimoniale ou les dialogues entre notre Mémé et Jef) et le mieux que je puisse faire, c’est de vous mettre quelques extraits que j’ai relevés dans la première partie du livre. D’ailleurs, j’aurais pu n’écrire mon billet qu’avec des morceaux choisis, tant ils sont savoureux.

L’amour, c’est comme les chips. C’est vite périmé, et au bout d’un moment ça n’a plus de goût.

Tout le monde porte des cornes, et c’est, je trouve bien plus séant qu’un bête chapeau. Les rares femmes qui n’en portent pas, c’est soit parce que leur jules a un petit zizi, soit parce qu’il est tarte. Et pour les maris, c’est kif : ceux qui ont des nanas à petits nichons, ou à tronche de cake, ils ne risquent pas d’être cocus.

La grandeur d’un homme se mesure à la démesure de ses rêves.

 

N'hésitez pas non plus à aller voir du coté des amis Jean Marc ou Claude

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 19:12

Les éditions L’Archipel avaient inauguré l’année dernière une nouvelle collection qui s’appelle Cœur noir, dont le principe est de créer une intrigue de polar à partir d’une date historique. Cette collection est dirigée par Noel Simsolo. Etaient parus l’année dernière, Les anneaux de la honte de François Thomazeau et Je pars demain pour une destination inconnue de Maud Tabachnik.

Les deux nouveaux romans vont arriver sur les étals, et ils sont écrits par de grands auteurs de polars. Jetez donc un coup d’œil à ces deux titres que sont Le lion des Flandres de Roger Facon et Têtes de Maures de Didier Daeninckx

Le lion des Flandres de Roger Facon et Têtes :

Lion-des-flandres.jpg1936. L'inspecteur Frémont, dit « le Lion », est promu au ministère de l'Intérieur et chargé des « affaires réservés ». Il devient le conseiller de Roger Salengro, nouveau ministre de l'Intérieur. Le temps de se familiariser avec ses nouvelles fonctions, il est chargé d'une enquête délicate : Fernand Lemoine, ancien inspecteur de police et membre du « Souvenir Jaurès », a été abattu en rentrant de Berlin. La piste du « Souvenir » le mène à un certain Paolo Gras de Boeuf, truand ch'ti qui a fourni son faux passeport à Lemoine.

Séraphin Mangin, chroniqueur corrompu et créateur de Confidentiel Défiance, journal anticommuniste prisé des grands industriels nordistes, reçoit la visite d'un certain Hans Bauer, à qui il doit une dette de taille. Ce dernier l'a aidé à évacuer un cadavre, possède des clichés de la scène et lui fait aujourd'hui du chantage : il doit monter un dossier à charge contre Roger Salengro.

Côté Lion, l'enquête progresse : Lemoine s'était rendu à Berlin à la demande d'un certain « Curé Rouge », membre du « Souvenir Jaurès ». Il fait suivre Mangin par un contact du Curé Rouge, mais parviendra-t-il à localiser sa planque ? Et quel avenir pour les frontières françaises avec la menace hitlérienne qui se précise ?

Têtes de maures de Didier Daeninckx :

Tetes-de-maures.jpgMelvin Dahmani, un désoeuvré qui vit de petites escroqueries sur le Net, se rend en Corse pour l'enterrement d'une jeune femme. Là, il apprend que Lysia Dalestra, l'amour d'un été qu'il a connue dix ans plus tôt, s'est suicidée. Que quelques mois plus tôt son frère, Orso, a été déchiqueté par la bombe qu'il destinait à une villa construite trop près des plages. Lors des obsèques, un inconnu qui tente de parler à Melvin est abattu. Chacun des quinze jours qu'il passe sur l'île de Beauté est marqué par une disparition brutale.

Lysia a laissé derrière elle quelques indices, à la manière du Petit Poucet : un cahier, et surtout deux têtes de poupées maures. Ils conduisent Melvin à s'intéresser à l'histoire du domaine de Corto-Bello où vivent les Dalestra. Un épisode inconnu de l'histoire insulaire se dévoile : l'expédition militaire organisée en 1931 par Pierre Laval, président du Conseil et ministre de l'Intérieur. Il faudra qu'il risque sa tête pour faire le lien avec le suicide de Lysia...

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 18:07

Plage-des-noyes.jpgJe l’avais raté quand il est sorti en grand format aux éditions Liana Levi, le voici donc lors de sa sortie en format poche, chez Le Livre de Poche. Un roman policier classique mais avec une atmosphère et une description d’un microcosme qui en font un livre charmant.

Le roman commence par une visite à l’hôpital. Leo Caldas, inspecteur de police de Vigo en Galicie, rend visite à son oncle en compagnie de son père. Son oncle a bien peu de chances de s’en sortir, et le chagrin est lourd à porter. Mais cette scène nous permet de comprendre que les Galiciens sont des gens bourrus qui ne se livrent que rarement. Leo Caldas anime aussi une émission de radio qui fait intervenir des auditeurs qui ont des questions à propos de la police et de son travail.

A la sortie de l’hôpital, Leo Caldas reçoit un coup de téléphone de son adjoint Rafael Estevez qui l’informe qu’on vient de retrouver un cadavre rejeté par la mer. Rapidement, ils mettent un nom sur la dépouille, malgré son piteux état : il s’agit de Justo Castello, l’un des trois derniers pêcheurs de ce petit village de Galicie. On aurait pu croire à un suicide, si ce n’est que le cadavre a les mains liées derrière le dos.

Leo Caldas va donc mener son enquête auprès des habitants qui ne veulent pas en dire beaucoup, qui ne parlent pas aux étrangers, et qui vivent chichement de leur travail dur et éprouvant qu’est la pêche. Il semblerait tout de même que le meurtre, si c’en est un, soit lié de près ou de loin au naufrage du bateau qui a couté la vie au capitaine Sousa.

Si nous allons trouver tous les ingrédients d’un roman policier, avec deux inspecteurs que tout oppose, avec une énigme, avec de fausses pistes et une fin fort bien trouvée et surprenante, l’attrait de ce livre est assurément à chercher ailleurs, et tout d’abord dans ce formidable personnage de policier, qui ne s’avoue jamais vaincu, qui mène son enquête avec une grande logique, et qui conduit les interrogatoires avec beaucoup d’intelligence.

Ce roman est avant tout très bien écrit, découpé en petits chapitres de 10 pages maximum comme autant de petites scènes. A croire qu’il a été prévu pour être adapté au cinéma ou en série télé. Les dialogues sont très bien faits, juste ce qu’il faut, avec de petits détails ajoutés pour y insérer la psychologie des personnages.

Dans les qualités de ce roman, il y a aussi la description du monde des pêcheurs, qui travaillent sans s’arrêter six jours sur sept, et qui vendent bien difficilement le produit de leur pêche. Il y a beaucoup de respect dans cette peinture d’un monde que nous connaissons mal et qui est loin des gros chalutiers qui ramènent des tonnes de poissons.

Dans le style aussi qui s’adapte à ce monde, j’y ai trouvé beaucoup de nostalgie, de nonchalance, de lenteur qui s’adapte bien au rythme de vie de cette petite station de pêche. Et je ne peux m’empêcher de comparer Domingo Villar à Arnaldur Indridason dans sa façon de décrire les gens, les ambiances, les petites vies des petites gens. Il est clair que les amateurs de thrillers speedés doivent passer leur chemin, sauf s’ils veulent découvrir une autre facette du polar : celle de prendre son temps pour regarder les autres et s’assoir pour comprendre ce qu’est leur vie.

Pour moi, cet auteur est une excellente découverte, et comme cette enquête est le deuxième de la série, j’espère de tout cœur que les prochaines seront publiées. Et dans ce cas, je ne raterai pas sa prochaine énigme, ça c’est sûr !

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 18:48

Retour à WhitechapelJe ne sais pourquoi j’ai accepté cette lecture, quand HC éditions m’a proposé ce roman. Peut-être que les arguments utilisés ont porté leurs fruits. Toujours est-il que moi qui n’aime pas les romans historiques (à quelques rares exceptions près), j’ai commencé ce livre … et je n’ai pas pu m’arrêter de lire. Le résultat est … tout simplement … impressionnant. Et plutôt que de vous faire un résumé des premières pages au rabais, je préfère mettre ici la quatrième de couverture, tant elle est bien faite et suffisamment explicite.

Le 24 septembre 1941, pendant le Blitz qui écrase Londres sous des tonnes de bombes, Amelia Pritlowe, infirmière du London Hospital, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n'est pas morte d'une maladie pulmonaire, comme l'histoire familiale le prétend ; Mary Jane Kelly a été la dernière victime de Jack L’Éventreur. Amelia Pritlowe avait 2 ans.

À compter de ce jour, Mrs Pritlowe va se lancer dans une traque méticuleuse et acharnée, poussée par le besoin vital de découvrir la véritable identité de Jack L’Éventreur. Grâce aux archives d'une pittoresque société savante de “riperristes”, en confrontant témoins et survivants, elle va reconstruire dans ses carnets les dernières semaines de sa mère et la sanglante “carrière” de l'Éventreur.

En décryptant des documents d'époque, Michel Moatti recompose l'atmosphère nocturne et angoissante de l'East End du XIXe siècle. En redonnant vie aux victimes, en recomposant leurs personnalités sociales et affectives, il propose une solution à l'énigme posée en 1888 : qui était Jack the Ripper ?

Ce roman va reprendre trois années d’enquêtes que l’auteur a consacrées à Jack L’éventreur. Pour les ignares, ou ceux qui viennent d’une autre galaxie, Jack l’éventreur fut un tueur en série britannique, qui tua cinq jeunes femmes entre le 31 aout et le 9 novembre 1888, de façon horrible, à Londres et qui ne fut jamais arrêté. D’ailleurs, on ne sait pas qui il est. C’est dire si ce mystère peut inspirer de nombreux auteurs. Ce roman m’a remis les idées en place car ces jeunes femmes acceptaient de coucher pour de l’argent, pour vivre ou se payer une chambre, tant la misère ravageait l’Angleterre de cette époque.

Je pensais avoir lu l’ouvrage ultime sur jack l’éventreur, à savoir From Hell de Maître Alan Moore, je me trompais. Michel Moatti va reprendre de façon exhaustive les indices qu’il a dénichés, ajoutés à ceux qui sont plus connus pour nous proposer une hypothèse de l’identité d’un des plus célèbres tueurs en série de l’histoire. Et pour que le lecteur suive son histoire, la forme choisie est celle du roman, au travers le carnet d’une infirmière qui n’est autre que la fille de la dernière victime.

On va y trouver trois formes de récits dans ce roman dont le carnet de Amelia, qui montre toute la logique de cette infirmière, mais aussi toute son émotion à l’idée de retrouver des bribes de l’histoire de sa mère. Amelia va aussi nous montrer l’horreur sous les bombes allemandes, puisqu’elle officie à Londres en 1941. La deuxième forme de récit est les nombreux allers et retours en 1888, sous forme d’interrogatoires du jury d’enquête. Michel Moatti a recréé les personnages, les ambiances et les réactions des différents protagonistes, des juges aux flics, des aristocrates aux petites gens.

Enfin, il y a ces nombreux passages qui décrivent le Londres de cette époque lointaine, les rues sales, les mendiants en grand nombre crevant de faim, les rues humides et le pavé gras, les manifestations d’ouvrières défigurées à cause des produits utilisés dans leur usine. Ces passages sentent le sang, la sueur, la saleté, les passages sont totalement bluffants tant on est plongé dans ce Londres d’un autre siècle.

Ce roman m’a impressionné, m’a immergé dans cette fin du dix neuvième siècle, me montrant au travers d’une enquête un paysage sombre, une ville inhumaine, et des gens cherchant à vivre, par tous les moyens. Quant à l’enquête et à l’identité de Jack, la démonstration est tellement logique que l’on se demande pourquoi tout ceci est resté un mystère aussi longtemps. Indéniablement, ce livre est à lire, que l’on soit passionné par l’histoire ou que l’on cherche un roman de poursuite de serial killer.

Ne ratez pas les avis des amis Oncle Paul et Jean.

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 18:44

Comme chaque année, la SNCF propose des polars pour élire le meilleur polar de l’année. Pendant 3 saisons, un seul est choisi par les lecteurs volontaires pour figurer en finale. Les trois prétendants sont donc maintenant connus. Je vous rappelle que c’est entièrement gratuit, il suffit de s’inscrire sur le site www.polar.sncf.com/, de lire et de voter. Cette année, le polar français est bien représenté avec 2 candidats … mais regardons cela en détail :

La tristesse du samouraï  de Victor Del Arbol (Actes noirs) :

tristesse du samouraïComme souvent au début des histoires il y a une femme sur un quai de gare au petit matin. Mise élégante, talons hauts, gants de cuir, elle dénote parmi des passagers apeurés qui n’osent croire que la guerre est finie. Isabel fait partie du clan des vainqueurs et n’a rien à redouter de ces phalangistes arrogants qui arpentent la gare de Mérida en ce rude hiver 1941. Quarante ans plus tard une autre femme a commis un meurtre et doit comparaître devant la justice des hommes mais pour cette brillante avocate, cela n’a guère d’importance.

Elle est atteinte d’une tumeur cérébrale et c’est à sa mémoire qu’elle doit des comptes. Sous un léger vernis de démocrates, les ex-phalangistes continuent de tirer les ficelles. Les personnages et les situations se répondent, marquant trois générations au fer rouge. Les carences affectives ont transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre.

Le dernier lapon d’Olivier Truc (Métaillié) :

Dernier laponL’hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul-Émile Victor. C’est un événement dans le village. Dans la nuit le tambour est volé. On soupçonne les fondamentalistes protestants laestadiens : ils ont dans le passé détruit de nombreux tambours pour combattre le paganisme. Puis on pense que ce sont les indépendantistes sami qui ont fait le coup pour faire parler d’eux.

La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. Deux enquêteurs de la police des rennes, Klemet Nango le Lapon et son équipière Nina Nansen, fraîche émoulue de l’école de police, sont persuadés que les deux affaires sont liées. Ils se lancent dans une enquête longue et déroutante ...

Balancé dans les cordes de Jérémie Guez (Editions La Tengo) :

balance dans les cordesTony est un jeune boxeur ; garçon sans histoires, il consacre sa vie au sport, prépare son premier combat pro et se tient à l’écart des trafics qui rythment la vie de sa cité. Mais il doit composer avec une mère à problèmes, qui se laisse entretenir par des voyous. Tout dérape lorsque l’un d’entre eux la bat et l’envoie à l’hôpital.

Tony décide de faire appel à Miguel, le caïd de la ville, pour étancher sa soif de vengeance. Mais dans ce milieu, rien n’est jamais gratuit. La faveur demandée a un prix, celui du sang. Tony, qui doit payer sa dette, entame alors une longue descente aux enfers…

Mon avis Coup de coeur est

 

Alors tous à vos votes ! Pour ma part, je voterai pour Balancé dans les cordes de Jérémie Guez … mais vous vous en doutiez, non ?

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Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
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