Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 18:04
Le chouchou du mois d’avril
Voici donc le moment tant attendu du chouchou du mois. Encore une fois, j’aurais eu beaucoup de chances dans mes lectures, puisque je compte rien moins que deux coups de cœurs pour ce mois d’avril. Le premier est la réédition du formidable roman de Jim Thompson L’assassin qui est en moi, et le deuxième l’extraordinaire roman de Sam Millar On the brinks, qui est une autobiographie, qui retrace deux épisodes incroyable de la vie de cet auteur de noir.
Dans les auteurs que j’adore, j’aurais particulièrement apprécié le très bon retour de George Pelecanos avec le début d’une nouvelle série dont les premières aventures sont un polar classique mais tellement bien fait qu’il se lit en un rien de temps. Ça s’appelle Une balade dans la nuit. Il y a aussi Carlos Salem, qui continue à fouiller ses thèmes de prédilection dans un roman où flotte de l’humour, de l’autodérision et de la poésie dans Un jambon calibre 45. Enfin, Sébastien Gendron nous aura fait parcourir les routes de France à 100 à l’heure avec son roman incisif et amoral, avec une fin tout particulièrement réussie et qui donne à son roman Road Tripes une réflexion intéressante sur le bien et le mal.
Au rayon des découvertes, j’aurais été très agréablement surpris par trois auteurs que je n’avais jamais eu la chance de lire auparavant. Elisa Vix avec Rosa Mortalis a construit un roman policier dont les personnages sont très attachants et les intrigues multiples. Muriel Mourgue m’aura fait passer un très bon moment de lecture avec deux nouvelles Association de malfaiteuses et Green Gardenia, et je suis curieux de lire cette auteure sur un livre plus long. Enfin j’aurais découvert un « jeune auteur » en devenir, à savoir Gilles Morris (qui a derrière lui plus de 200 romans) avec Le Bout de l’horreur.
Le titre du chouchou du mois revient donc à Philipp Meyer, avec son formidable Un arrière gout de rouille, un roman choral d’une puissance incroyable, un portrait d’une Amérique qui se fissure, une peinture d’un pays qui a oublié ses âmes, qui a perdu son âme, et des habitants qui poursuivent un idéal, dépassé par une société qui les a oubliés. Un premier roman magnifique, de plus de 500 pages et pendant lesquelles on n’a jamais l’impression qu’il y en ait trop. Remarquable !
Il n’y aura pas de rubrique Oldies le mois prochain, puisque nous aurons quelque chose à fêter ! Et n’oubliez pas le principal, lisez !
Un arrière gout de rouille existe aussi en format poche chez Folio

Un arrière gout de rouille existe aussi en format poche chez Folio

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans Le chouchou du mois
commenter cet article
24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 18:15

Rosa MortalisBlack Novel vient de migrer sur la nouvelle plateforme Overblog. Si vous voulez être tenus au courant des publications, vous devez vous réinscrire à la newsletter. Voilà, maintenant que j'ai passé ce petit message personnel, passons à la lecture du jour.

Après deux lectures décevantes, il me fallait choisir un roman distrayant, qui me permettrait de me relancer dans l’envie de lire sans se prendre la tête. Je ne sais pourquoi, le nom de Elisa Vix me faisait de l’œil. De Elisa Vix, j’avais le choix entre deux de ses romans, qui trônaient dans une de mes bibliothèques : La nuit de l’accident ou Rosa Mortalis. Le premier avait été choisi dans la sélection Polar SNCF, le deuxième est une enquête d’un personnage récurrent. Et c’est la couverture en noir et blanc d’une rose qui m’a fait choisir Rosa Mortalis.

Soissons, de nos jours. Le lieutenant Thierry Sauvage n’est pas le genre tête brulée, à courir après les meurtriers. Il s’occupe de la réception des plaintes, remplissant les mains courantes et se complait dans un travail de bureau monotone mais qui ne lui occasionne aucun stress. Car son stress est plutôt à chercher dans sa vie privée où sa première femme Maryse va lui laisser la garde de son premier enfant Victor, et où sa deuxième compagne Valérie vient d’avoir des jumelles sans son accord.

Malheureusement pour lui, le capitaine Lamotte, collègue de Sauvage vient d’avoir une appendicite aigue, ce qui l’oblige à le remplacer au pied levé. Et cela arrive juste au moment où l’on découvre le corps de la jeune Bernie Sainte-Croix chez elle, étranglée, gisant au milieu de pétales de roses bleues. Les Sainte-Croix sont les dirigeants de la célèbre entreprise Royal Soup, qui fabrique et vend de la soupe lyophilisée. Bernie est la sœur jumelle de Thérèse et sont bien différentes : alors que Bernie est expansive et tient une rubrique sur une radio FM, Thérèse est plus secrète et dirige l’entreprise.

Voilà un roman policier qui, outre son intrigue bien menée et bien touffue, va brasser plusieurs thèmes et plusieurs trames qui font de ce livre une lecture fort agréable. Tout d’abord les personnages dont la psychologie est bien maitrisée au travers des dialogues parfois très succulents, sont un régal. Et en particulier Thierry Sauvage qui est un jeune homme qui veut rester jeune et inconscient, refusant la paternité car il considère que cela lui enlève l’affection de ses compagnes. Et puis il y a Joanna, marquée par le viol de sa mère, dont elle est la descendance puisque son père, le violeur, n’a jamais été arrêté.

Il y a aussi le contexte, très politique, puisque Soissons est secouée par des manifestations altermondialistes où des groupuscules se battent contre la société de consommation à outrance en brulant les prospectus sur la place publique. Et Sauvage est d’autant plus impliqué que son ex-femme fait partie de ce groupe. Cela donne aussi droit à quelques remarques acerbes bien trouvées.

L’ensemble donne un roman qui aurait pu partir dans tous les sens mais qui au final est parfaitement maitrisé. Et comme les scènes alternent entre un fil de l’intrigue et l’autre, le lecteur que je suis n’a pas eu le temps de s’ennuyer. Et donc cette lecture a parfaitement rempli son rôle : celui de me distraire. En tous cas, ce fut une belle découverte d’une auteure qui maitrise parfaitement son sujet.

L'avis de Claude est ici

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2013
commenter cet article
23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 18:00

La finale est lancée pour décerner les trophées 813. Je vous rappelle que ces trophées sont décernés après vote des adhérents de l’association en deux étapes : une première où l’on propose des romans étant parus l’année d’avant, une deuxième où le vote doit désigner le vainqueur dans quatre catégories. Voici donc les 4 catégories avec la liste des romans et documents en lice, ce qui peut vous donner des idées de lecture. Toutes les infos sont bien sur disponibles sur le blog 813 : http://blog813.over-blog.com/

Alors rejoignez l'association 813 et recevoir plein d'infos sur le polar et défendre les romans que vous aimez

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

TROPHEE DU ROMAN FRANCOPHONE :

Back-up de Paul Colize :

Quel rapport entre la mort en 1967 des musiciens du groupe de rock Pearl Harbor et un SDF renversé par une voiture à Bruxelles en 2010 ? Lorsque l'homme se réveille sur un lit d'hôpital, il est victime du Locked-in Syndrome, incapable de bouger et de communiquer. Pour comprendre ce qui lui est arrivé, il tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Des caves enfumées de Paris, Londres et Berlin, où se croisent les Beatles, les Stones, Clapton et les Who, à l'enfer du Vietnam, il se souvient de l'effervescence et de la folie des années 1960, quand tout a commencé...

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

I Cursini de Alix Deniger :

'Félix Codaccioni s'installe au volant... La vitre conducteur explose, une, deux, puis trois décharges de chevrotines le déchirent. Douleur fulgurante, sang et lambeaux de chair qui éclaboussent le cuir... Une silhouette noire se recule légèrement. Une autre s'avance à droite, une Kalach crache une longue rafale qui hache l'habitacle. Un troisième homme s'approche, un Beretta 92 à la main. Il tire encore deux coups dans le visage déjà fracassé. Les tueurs s'éloignent tranquillement, indifférents aux fenêtres qui s'entrouvrent. Les témoins parleront de combinaisons, de cagoules, d'une Mercedes noire...' Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Peut-être est-ce pour cela que le sujet du terrorisme en Corse et du combat, par nature secret, des clandestins n'a que rarement été traité dans le roman policier, peu désireux d'écorner le mythe bâti par ses acteurs. Au-delà des accusations de dérive mafieuse et de barbouzeries que se renvoient flics et cagoulés, I cursini, premier roman d'Alix Deniger, nous présente sans concession les acteurs de la tragi-comédie qui se joue dans l'île depuis trente-cinq ans.

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

Balancé dans les cordes de Jeremie Guez :

Finaliste prix SNCF du polar « Tout y est, la noirceur sociale des grands écrivains américains et le sens de la mouise de Léo Malet. » Renaud Monfourny Les Inrockuptibles Balancé dans les cordes Tony est un jeune boxeur. Garçon sans histoires, il consacre sa vie au sport, prépare son premier combat pro et se tient à l'écart des trafics qui rythment la vie de sa cité. Mais il doit composer avec une mère à problèmes, qui se laisse entretenir par des voyous. Tout dérape lorsque l'un d'entre eux la bat et l'envoie à l'hôpital. Tony décide de faire appel à Miguel, le caïd de la ville, pour étancher sa soif de vengeance. Dans ce milieu, rien n'est jamais gratuit. La faveur demandée a un prix, celui du sang.

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

Arab jazz de Karim Miské :

Dans le 19e arrondissement de Paris toutes les communautés, religieuses et ethniques, se côtoient au quotidien. Sushis casher, kebabs, restaurant turc – point de ralliement de tous les jeunes du coin –, la librairie d’occasion farcie de romans policiers jusqu’au plafond, coiffeur juif…

Seul Ahmed Taroudant – qui a l’horrible privilège de découvrir le corps sanguinolent de sa voisine et amie, Laura Vignola, suspendu au-dessus de son balcon – se tient à distance de cette population cosmopolite : prisonnier d’une histoire personnelle traumatisante, rêveur, lecteur fou de polars… Il constitue le coupable idéal de ce crime abominable.

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

L’homme à la bombe de Christian Roux :

Dans une France minée par le chômage et les plans sociaux, Larry, ingénieur acousticien, perd son emploi. Même pour un travail non qualifié, on ne veut pas de lui. Trop diplômé. Lassé des entretiens d'embauche qui ne mènent nulle part, écoeuré, aux abois, il fait une bêtise. Fabrique une bombe. Elle est fausse, mais lui seul le sait et le pouvoir de persuasion de la bombe est immense...

Depuis Le Couperet de Westlake, la souffrance au travail, la peur du chômage et la détresse induite par la perte d'emploi, sont des thèmes plus actuels que jamais. Christian Roux s'en empare dans ce road-novel intense aux accents de fable politique.

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

Le dernier lapon de Olivier Truc :

L’hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul-Emile Victor. C’est un événement dans le village. Dans la nuit le tambour est volé. On soupçonne les fondamentalistes protestants laestadiens : ils ont dans le passé détruit de nombreux tambours pour combattre le paganisme. Puis on pense que ce sont les indépendantistes sami qui ont fait le coup pour faire parler d’eux.

La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. Deux enquêteurs de la police des rennes, Klemet Nango le Lapon et son équipière Nina Nansen, fraîche émoulue de l’école de police, sont persuadés que les deux affaires sont liées. Mais à Kautokeino on n’aime pas remuer les vieilles histoires et ils sont renvoyés à leurs courses sur leurs scooters des neiges à travers l’immensité glacée de la Laponie, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes dont les troupeaux se mélangent. Au cours de l’enquête sur le meurtre Nina est fascinée par la beauté sauvage d’Aslak, qui vit comme ses ancêtres et connaît parfaitement ce monde sauvage et blanc.

Que s’est-il passé en 1939 au cours de l’expédition de P-E. Victor, pourquoi, avant de disparaître, l’un des guides leur a-t-il donné ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks, ces chants traditionnels que chante le sympathique vieil oncle de Klemet pour sa jeune fiancée chinoise ? Que dissimule la tendre Berit malmenée depuis cinquante ans par le pasteur et ses employeurs ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et a l’air de bien connaître la géologie du coin ? Dans une atmosphère à la Fargo, au milieu d’un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hypermodernité et de la tradition d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

TROPHEE Michèle WITTA- ROMAN ETRANGER :

La tristesse du samouraï de Victor del Arbol :

Trois générations marquées au fer rouge par une femme infidèle. L'incartade a transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel.

Victor del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après avoir étudié l'Histoire, il travaille dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Il est l'auteur de deux romans, dont La Tristesse du samouraï, paru dans la collection "Actes noirs" en 2012.

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

A la trace de Deon Meyer :

Chacun des protagonistes de ce roman aux intrigues apparemment distinctes laisse des traces. Toutes, à un moment donné, vont se croiser. Milla, mère de famille qui plaque son foyer et rejoint l?Agence de Renseignement Présidentielle au moment où un groupuscule islamiste s?agite de manière préoccupante. L?aventurier Lemmer qui protège le transfert à la frontière du Zimbabwe de deux inestimables rhinos noirs. Lukas Becker, l?archéologue aux prises avec les gangs de la plaine du Cap. L?ex-flic Mat Joubert, devenu détective privé, chargé d?enquêter sur la disparition d?un cadre de l?Atlantic Bus Company. Comparée à l?univers du polar américain (corruption, drogue, prostitution), la matière romanesque de À la trace, qui allie « le monde animal, inhérent à notre culture », des contrebandes pittoresques, l?émancipation des femmes, la culture gangsta des villes, frappe par sa richesse et sa diversité. Deon Meyer est un des rares auteurs qui, tout en maîtrisant avec brio les règles du genre, ouvre grand le champ des problèmes contemporains de son pays.

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

Le diable tout le temps de Donald Ray Pollock :

Dès les premières lignes, Donald Ray Pollock nous entraîne dans une odyssée inoubliable, dont on ne sort pas indemne.

De l'Ohio à la Virginie Occidentale, de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s'entrechoquent. Williard Russell, rescapé de l'enfer du Pacifique, revient au pays hanté par des visions d'horreur. Lorsque sa femme Charlotte tombe gravement malade, il est prêt à tout pour la sauver, même s'il ne doit rien épargner à son fils Arvin. Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et enlève de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste. Roy, un prédicateur convaincu qu'il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Théodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.

Toute d'ombre et de lumière, la prose somptueuse de Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages à la fois terrifiants et malgré tout attachants. Le diable tout le temps n'est pas sans rappeler l'univers d'écrivains tels que Flannery O'Connor, Jim Thompson ou Cormac Mc Carthy.

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

Le monde à l’endroit de Ron Rash :

Travis Shelton, 17 ans, découvre un champ de cannabis en allant pêcher la truite au pied de Divide Mountain, dans les Appalaches. C'est un jeu d'enfant d'embarquer quelques plants sur son pick-up. Trois récoltes scélérates plus tard, Travis est surpris par le propritéaire, Toomey, qui lui sectionne le tendon d'Achille, histoire de lui donner une leçon.

Mais ce ne sera pas la seule de cet été-là: en couflit ouvert avec son père, cultivateur de tabac intransigeant, Travis trouve refuge dans le mobile home de Leonard, un prof déchu devenu dealer. L'occasion pour lui de découvrir les lourds secrets qui pèsent sur la communauté de Shelton Laurel depuis un massacre perpétré pendant la guerre de Sécession. Confronté aux ombres troubles du passé, Travis devra également affronter les épreuves du présent.

Le père, Toomey, Leonard, trois figures qui incarnent chacune une forme d'autorité masculine, vont tragiquement façonner son passage à l'âge d'homme.

Ce roman, le troisième de Ron Rash - après Un pied au paradis et Serena - à être traduit en français, confirme par son lyrisme âpre que cet écrivain est avant tout un poète, ardent défenseur de sa terre et de la mémoire de celle-ci.

L’information du mardi : La finale des Trophées 813 2013

Pike de Benjamin Whitmer :

Pike n'est plus l'effroyable truand d’autrefois, mais il a beau s'être rangé, il n’en est pas plus tendre. De retour dans sa ville natale des Appalaches proche de Cincinnati, il vit de petits boulots avec son jeune comparse Rory qui l'aide à combattre ses démons du mieux qu’il peut. Lorsque sa fille Sarah, disparue de longue date, meurt d’une overdose, Pike se retrouve en charge de sa petite-fille de douze ans. Mais tandis que Pike et la gamine commencent à s'apprivoiser, un flic brutal et véreux, Derrick Kreiger, manifeste un intérêt malsain pour la fillette. Pour en apprendre davantage sur la mort de Sarah, Pike, Rory et Derrick devront jouer à armes égales dans un univers sauvage, entre squats de junkie et relais routiers des quartiers pauvres de Cincinnati.

Pike est un remarquable roman noir dans lequel Benjamin Whitmer, digne héritier de Jim Thompson et David Goodis, plonge dans l’âme du lecteur pour y laisser une empreinte indélébile.

TROPHEE MAURICE RENAULT (essai, étude, article de presse, magazine…)

Le Blog Action suspense de Claude Le Nocher

Le blog Actu du noir de Jean Marc Lahérrère

Le site Klibre

L’association Fondu au noir

La tête au noir

TROPHEE ALBUM BD

Blast de Manu Larcenet

Castilla drive de Anthony Pastor

La peau de l’ours de Zidrou et Oriol

Pizza roadtrip de cha eldiablo

Zone blanche de Jean C.Denis

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
commenter cet article
21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 17:41

Arrière gout de rouilleJe ne vais pas tourner autour du pot … ce roman est magnifique. Et ça commence par ce titre, un arrière gout de rouille, comme un gout amer dans la bouche dont l’on ne peut pas se débarrasser, comme s’il ne restait dans cette région reculée des Etats Unis que des regrets, l’impression de ne rien pouvoir faire, d’être dépassé par les événements. Un arrière gout de rouille annonce la mort d’un pays, par la mort de ses âmes, le déclin d’une civilisation par la perte de toute illusion.

Et c’est dans un roman choral à six voix que Philipp Meyer nous dessine sa toile noire. Dans la petite ville de Buell, les industries sidérurgiques ont toutes fermées les unes après les autres. Les grands fours ont été dynamités et il ne reste que quelques vestiges qui sont petit à petit rongés par la rouille. Même les forêts alentour n’ont plus leur éclat. Et comme le dit Grace : « Il fallait de l’argent pour partir, il fallait partir pour trouver de l’argent ».

L’intrigue démarre avec deux adolescents d’une vingtaine d’années, Isaac English et Billy Poe, qui veulent partir de Buell, pour trouver une meilleure vie ailleurs. Car à Buell, il n’y a aucun avenir. A peine sortis de la ville, ils se trouvent pris à partie avec quelques personnages peu engageants et l’un d’eux menace Poe avec son couteau. Isaac lui balance alors une boule d’acier qui tue l’assaillant.

Isaac, c’est le gringalet intelligent, celui qui pourrait s’en sortir avec sa tête, décrocher une place dans une université grâce à ses facultés intellectuelles. Poe, c’est le sportif, reconnu comme excellent en football américain, qui pourrait aussi trouver une université avec ses dons sportifs. Cet accident va bouleverser leur vie : Isaac va s’enfuir et Poe rester. Isaac va s’apercevoir que le reste du pays est en train de sombrer et Poe va être arrêté et décider de ne rien dire.

C’est Harris qui va se charger d’arrêter Poe. Il est shérif dans la petite ville de Buell, et c’est le travail qu’il a trouvé pour ne pas quitter cette ville. Son idéal n’est pas de rendre la justice, son secret, c’est qu’il est amoureux de Grace, la mère de Poe. Cette affaire va lui permettre de se rapprocher d’elle, au risque que cela se termine mal. Il est aussi confronté aux réductions de budget, ce qui lui impose de se séparer de plusieurs hommes alors que la délinquance augmente dans une région ravagée par le chômage. Grace aurait pu partir quand elle en avait l’occasion, mais elle a préféré se sacrifier pour son fils, en étant obligée de l’élever seule puisque son mari ne revient que très épisodiquement.

Arriere-gout-de-rouille-folio.jpgIsaac va rendre visite à Lee, sa sœur, la seule qui ait eu le courage de partir faire des études ailleurs. Elle est diplômée de Yale mais a été obligée de revenir s’occuper de leur père, paralysé à la suite d’un accident du travail lors de la fermeture des fours. Et puis, l’habitude aidant, la routine finit par vous prendre dans ses bras impitoyables jusqu’au point de non retour où vous ne pouvez plus quitter votre quotidien.

Vous l’aurez compris, au travers de ces personnages aux psychologies très fouillées et très différentes, Philipp Meyer dont c’est le premier roman prend le temps d’aborder de nombreux thèmes sans jamais prendre parti, mais en ne se gênant pas pour lancer quelques vérités, en particulier sur la prédominance des gains économiques sur les vies humaines. Et pourtant ce livre a été publié en 2009, avant la crise financière de cette même année.

Tout au long de ces 535 pages, ces personnages errent à la recherche d’un idéal, confrontés à leurs problèmes bien sur, mais surtout à la recherche d’un but, d’un espoir. Et la ville, la campagne est de la même couleur morose que leur vie, la couleur est triste comme la rouille qui empoisonne leur vie est les maintient bloqués dans cette région maudite, vouée à mourir. Et jamais, je n’ai ressenti de lassitude, toute phrase a sa justification, les dialogues sont étincelants de justesse et le résultat est noir, éloquent, magnifique.

Tous ces personnages sont des gens courageux, des battants qui ont envie de faire quelque chose. On a l’impression qu’ils sont assommés, dépassés par des forces qui les dépassent. Ils ont l’impression de ne plus avoir leur destin entre leur main, ils sont bloqués dans une région qui ne peut vouloir dire que la mort pour eux. Et ce pays qui prône le rêve américain, est finalement impitoyable envers ses gens pour faire plus d’argent.

C’est un véritable roman d’apocalypse, vu au travers de ses victimes que nous donne à voir Philipp Meyer. Et ce roman n’a jamais été aussi contemporain, aussi impressionnant, car il nous montre ce paysage de l’intérieur, à travers des gens ordinaires. Il est bien facile de passer outre, de se boucher les yeux, et d’allumer la télévision. L’autre alternative est d’ouvrir ce roman, et d’accompagner ses six personnages dans leur vie, et votre vision des gens en sera changée.

Ce roman qui a été publié par Denoel en 2010, a été repris par Folio à la fin de l’année dernière. Il n’y a donc aucune raison de ne pas le lire. C’est un roman noir magnifique.Et merci Richard pour cette lecture, un immense merci !

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2013
commenter cet article
19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 17:02

Muriel Mourgue est une auteure lorraine, qui a eu la gentillesse de me faire parvenir deux de ses nouvelles, chacune éditée chez Ex-Aequo. Les deux nouvelles qui se déroulent à des époques fort différentes s’avèrent être très bien écrites et fort intéressantes. . Une auteure à suivre.

 

Association de malfaiteuses :

Association-de-malfaiteuses.pngParis en 2022. Depuis le cataclysme de 2019, les pays européens ont enfin décidé de se regrouper en fédération, et ont choisi comme nom l’Europe Unie (UE). Alors que la profileuse Angie Werther a décidé de prendre sa retraite parce qu’elle trouve que l’Europe trop aseptisée, elle est appelée pour une dernière mission par son chef Luc Malherbe : Conny Vaning une tueuse à gages a été identifiée à Lisbonne. Le risque que le groupe terroriste L’Etoile Noire refasse son apparition est grand.

Mon avis :

En fait, ces vingt pages se passent dans le centre de sécurité nationale. Comme l’Europe est criblée de caméras, d’analyses ADN at autres joyeusetés, la sécurité peut être gérée à distance. Donc, Angie va gérer cette situation de crise à distance entre images video, coups de fil et de téléphone. Et la force de Muriel Mourgue, c’est au fil des vingt pages que dure cette nouvelle, de faire monter la pression chez le lecteur jusqu’à un dénouement … mais chut ! ça ce sera à vous de le découvrir.

 

Green Gardenia :

Green-gardenia.pngDans les années 50, à New York. Thelma Vermont vient d’ouvrir une agence de détective privée et elle ne peut pas refuser d’affaires car elle a cruellement besoin d’argent. Justement, une jolie brunette de trente ans vient lui proposer de retrouver son mari, un modèle de fidélité, qui vient tout juste de disparaitre. Cette affaire va se révéler plus compliquée que prévu !

Mon avis :

Dans le registre des détectives privés, Muriel Mourgue est aussi à l’aise. Et même si j’ai préféré les mises en situation de la nouvelle précédente, l’histoire est bigrement bien racontée et on n’a qu’un seul regret, c’est qu’elle ne dure pas plus longtemps et que l’on ne reste pas plongé un peu plus dans cette période trouble des années 50.

 

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2013
commenter cet article
17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 17:19

Road-tripes.jpgSi j’ai lu ce roman, c’est grâce à l’oncle Paul qui m’a gentiment envoyé ce roman, alors c’est aussi l’occasion de vous rappeler d’aller voir son site pour bénéficier d’excellentes chroniques quotidiennes sur le polar. Merci Paul !

Vincent est un jeune homme qui a fait de longues études et qui se retrouve sur le carreau. Le voilà à distribuer des encarts publicitaires dans les boites aux lettres. Il a depuis bien longtemps laissé tomber sa fierté et sa volonté de se battre et a entamé une autre phase de sa vie que l’on pourrait appeler survie.

C’est alors qu’une porte de voiture s’ouvre, Vincent entre, la porte se ferme, et il se retrouve assis à coté de Carell, un homme déjanté fan de Johnny Halliday. Après avoir mis le feu aux tracts (ce qui va entrainer un feu de forêt), ils vont entamer une folle équipée de 4000km à travers la France, entre vols de voitures et bastons.

Ce roman est une bouffée d’air frais, qui ne ressemble à rien de ce que j’ai lu auparavant. Et pourtant, je connais Sébastien Gendron depuis 2008 et son Tri sélectif des ordures (sorti en 2008 et bizarrement absent de la bibliographie en fin de roman), son univers déjanté et décalé, plein de dérision et d’inventivité. D’ailleurs, c’est amusant que j’ai lu ce roman juste au moment où je venais d’acquérir son premier roman Mes amis mortels. Bref, ce roman semble marquer une sorte de tournant dans la carrière de Sébastien Gendron, où l’humour déjanté était de mise. Ici, l’humour est plus grinçant.

Ce roman est clairement écrit comme un film, et on peut se demander ou espérer qu’il en devienne un. Les remerciements (en fin de roman) sont écrits d’ailleurs en forme de générique. Il faut dire que la plupart des 285 pages sont des dialogues sur la vie, la société de ces deux personnages dont l’un, Vincent, est éteint, marqué par un événement dramatique qui a eu lieu dans sa vie personnelle et l’autre, Carell, qui est un peu dingue et surtout sans autre limite que de rouler à 200 à l’heure sur les routes.

On rencontre aussi des personnages complètement dingues, des gendarmes nostalgiques, des sectes encore plus frappées que Carell, des collectionneurs de R16 … L’imagination de Sébastien Gendron est exactement comme Carell, elle est sans limite et a pour but de nous distraire, nous amuser, nous faire grincer aussi quand il raconte que la personne qu’ils ont tuée est un paisible père de famille, par exemple.

Au bout de 100 pages, on se demande bien quel peut être le but de ces 2 gars là et ils s’en fixent un : attaquer une banque. Au bout de 200 pages, on se demande quelle fut la vie de ces deux gars là, et ils se racontent. En fait Sébastien Gendron répond aux questions que se pose le lecteur juste avant qu’il ne se les pose. Et puis quel plaisir de lire ce style sautillant, décalé, à la limite du langage parlé, mais toujours très imagé. Bref, c’est un livre qui s’avale, qui n’est pas là pour faire plaisir, qui dérange parfois, mais qui remplit son rôle de nous passionner.

Il faut aussi que je vous parle de la fin. Car l’auteur donne un sens à son livre, nous montrant qu’il y a bien peu de distances entre le bien et le mal, entre la construction et la destruction. Et après 285 pages de carnage et meurtres, il démontre qu’il ne faut pas grand-chose, d’une étincelle pour que tout pète. Ces deux portraits sont des personnages sans but, sans espoir, sans limite, sans avenir. Et on s’perçoit que sous un certain angle, il y a plus fou qu’eux, plus dangereux qu’eux et que la limite est ténue entre normalité et criminalité. Bon, il ne faut tout de même pas prendre tout ça au sérieux tout de même ! Mais c’est un livre trop vite lu mais surement pas oublié de sitôt.

D'ailleurs, l'avis de l'oncle Paul est ici

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2013
commenter cet article
16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 17:40

Les éditions des Ragosses (une branche des éditions Apogées) sortent deux nouveaux romans noirs dans leur collection noire justement, très différents dans leur genre. Si j’en parle aujourd’hui, c’est parce que leur sujet est bigrement tentant et qu’ils sont tous deux sortis au format poche. Alors, allez voir sur le site à cette adresse là : http://www.editions-apogee.com/

 

Rouge ballast de Jean-Claude Le Chevère :

Rouge-Ballast.jpgDans ce village baigné dans l’odeur de sang émanant de l’abattoir, même le train n’a pas le potentiel poétique ou utilitaire qu’on peut lui attribuer ailleurs. Ici, lorsque les habitants, et plus particulièrement les femmes, prennent le train, c’est en pleine face, et sans retour. Mais quand Mathilde franchit le parapet, la rumeur enfle : l’a-t’elle fait volontairement? Le vieux Bob, le « mûrisseur de clous », n’en semble pas persuadé, ni les jumelles, intarissables commères de l’école, ni les enquêteurs qui viennent fouiner dans le secteur. Au milieu de toute cette agitation, Gaby assure l’intendance en s’occupant de ses frères Djezon et Jirès, et en surveillant le couple infernal que forment Bruno, son père irascible, et sa dernière compagne, la grande Louise, plus férue de manucure que de vie de famille. Seul son ami Djamel, alias Frank, lui apporte un peu de réconfort.

Si J.-C. Le Chevère a choisi pour narratrice une jeune fille de 15 ans, c'est pour mieux montrer l'incurie des adultes qui l'entourent et leur incapacité au bonheur. Les personnages, la vie du village, le décor (en odorama!), nous apparaissent d'autant plus glauques à travers son regard et sa clairvoyance. Est-ce aux abords des voies ferrées ou dans l'intimité des intérieurs que se réveille la jalousie qui teinte peu à peu en rouge ce roman noir?

Plus d’informations ici : http://www.editions-apogee.com/vient-de-paraitre/rouge-ballast.html

 

Trousse cocotte de Jean Kergrist :

Trousse-cocotte.jpgSeptembre 2024, au bar-tabac-poste-épicerie-boulangerie Le Kreiz Breizh, le jeune et frétillant Dorig Conan, curieux et emmerdeur professionnel, s’amourache bêtement de la belle Manon, une aguicheuse à double tiroir. Elle va le mener sur la route du poulet, du centre Bretagne aux pentes neigeuses de l’Himalaya : Peshawar, Leh, Shrinagar… dans une histoire de trafic de pierres précieuses, d’aliment hors-sol, d’espions, de marchands d’armes, de porteurs de valises et de tontons flingueurs.

Le jour, un petit train à vapeur transporte les touristes chinois le long du canal de Nantes à Brest tandis que la nuit, d’autres transferts, occultes ceux-là, prennent le relais en direction du nouvel aéroport international Notre-Dame-de-Guiscriff. Au cœur de ces activités louches, un immense poulailler souterrain et une auberge de Glomel, tenue par Gordon Lefébur, lord anglais, ex-diplomate au Moyen-Orient. Dorig Conan, héros malgré lui, va remonter cette piste clandestine…

Si un quidam se reconnaissait dans l’un ou l’autre de ces personnages, l’auteur ne pourrait que se trouver flatté d’une telle parenté fortuite…

L’avis de l’ami Claude est là : http://action-suspense.over-blog.com/jean-kergrist-trousse-cocotte-%C3%89ditions-des-ragosses-2013

Plus d’informations ici : http://www.editions-apogee.com/vient-de-paraitre/trousse-cocotte.html

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
commenter cet article
14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 17:11

Jambon calibre 45Quand on commence un roman de Carlos Salem, il faut s’attendre à être surpris tant son univers légèrement décalé mais superbement imagé va nous surprendre et nous ravir. Ce jambon là ne dépareille pas dans l’œuvre d’un auteur bien particulier.

Nicolas Sotanovsky est un immigré argentin qui déambule dans Madrid, un jeune écrivain en panne d’inspiration, dont le principal problème pour le moment est de trouver un endroit pour dormir. Après une rencontre avec le Maigrichon, on lui propose de squatter chez Noelia, une jeune femme rousse qui s’est absentée.

Rien d’extraordinaire à cela, si ce n’est qu’un malabar gonflé aux hormones et ayant la sympathie d’un taureau en furie débarque à grands renforts de menaces. Ses mains sont comme des battoirs, et son surnom est tout trouvé : Jambon, voire même un jambon de calibre 45, vu la taille de ses doigts. Et imaginez, il s’appelle Serrano !

La mission que Nicolas doit remplir sous peine de mort, la sienne, est de trouver Noelia pour Jambon et son patron La Momie. Il a pour cela un week-end, pour retrouver une jeune femme qu’il n’a jamais vue, et Jambon le suivra pendant toute sa recherche, comme son ombre. Et pendant la semaine que va durer cette recherche, Nicolas va rencontrer nombre de personnages hauts en couleurs et connaître de nombreuses péripéties.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que quand on connaît Carlos Salem, on n’est pas étonné par ce roman, ce qui ne sera pas le cas de celui ou celle qui ne connaît pas le bonhomme. Car si on peut rapprocher ce roman d’un road book, on est très loin d’un roman noir ou d’un roman d’action. Ici tout est fluide et l’intrigue se déroule selon la vie de notre écrivain, c'est-à-dire comme un long fleuve tranquille.

Enfin presque : car quand un gros balaise vous tape dessus, ou quand vous essuyez des salves de tirs sans même savoir pourquoi, on s’aperçoit que la vie d’un écrivain n’est pas de tout repos. Reste que l’ensemble est comme d’habitude très imagé, parfois cru, parfois poétique, à mi chemin entre explicite et implicite, mais toujours écrit avec humour et dérision. Car il est difficile de ne pas voir en Nicolas quelques traits de Carlos lui-même.

D’ailleurs, on retrouve à nouveau dans ce roman les thématiques qui peuplent les romans de Carlos Salem : la fuite (de la réalité, de soi même), la quête d’un idéal, aussi futile soit-il, la logique illogique de la vie, le sexe, l’amour, le temps, les choix d’une vie … Bref, tout ce qui fait que ce roman est par moment aussi une source de réflexion.

Et puis, il y a des scènes d’une justesse, d’une fulgurance, d’une beauté esthétique incroyable, avec des phrases sorties de nulle part, des images d’une poésie folle, qui font que l’on fond (Tiens, ça rime !) à la lecture. En fait, l’écriture de Carlos Salem agit comme une drogue : quand on y a gouté, on ne peut plus s’en passer. C’est mon cas. Et chapeau pour ce roman qui m’a beaucoup touché !

L'avis de Petite Souris : http://passion-polar.over-blog.com/article-un-jambon-calibre-45-116475094.html

 

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2013
commenter cet article
12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 17:57

Mais pourquoi ai-je mis si longtemps à lire ce roman ? Peut-être est-ce à cause du titre qui me faisait peur, peur d’un roman gore ? En fait, en fouillant un peu après le début de ma lecture, j’ai découvert un auteur vétéran, au style jeune et littéraire, un roman avec des personnages bien vivants et que j’aurais un grand plaisir à suivre dans de nouvelles enquêtes.

Bout-horreur.jpgQuelques mots sur l’auteur :

G. Morris signe ici son grand retour au roman policier. C'est avec Assassin, mon frère (Presses de la Cité, 1955 et Grand Prix de la littérature policière) qu’il a démarré sa longue et fructueuse carrière d'auteur. Ses premiers romans sont parus aux Presses de la Cité, mais c'est sous la houlette d'Armand de Caro, le fondateur des éditions du Fleuve Noir, que G. Morris a écrit la majorité de ses quelque deux cents romans. G. Morris vit à Paris.

Le résumé de l’éditeur :

Esprit ouvert à toutes les disciplines, Rémy Cauvin est toujours prêt à partir en campagne, même sans en avoir été prié, pour éclaircir sur place, dans tous les coins de France, les mystères les plus insolites. C'est en cultivant les ressources de son esprit que le fougueux scientifique a acquis des facultés uniques telles que la perception des auras ou la sensibilité aux champs psychiques, qui font qu'à ses yeux, « le paranormal n'est pas la somme de nos inexplicables, mais de nos expliqués ».

Sans raison apparente, un bûcheron pourtant chevronné abat en pleine nuit un mélèze centenaire, appelé le Solitaire, et dont la chute lui fracasse le crâne. Cette nuit-là, un enfant de dix ans disparaît sans laisser de traces. Deux faits à première vue indépendants, mais dont la nouvelle insolite, relayée par la presse locale, alerte le professeur. Mal toléré par la gendarmerie locale, il n'en résoudra pas moins le double mystère qui le conduira... jusqu'au bout de l'horreur !

Bout horreurLe bout de l’horreur est le premier volume d'une série qui a pour héros le professeur Rémy Cauvin (en hommage au célèbre biologiste, Rémy Chauvin), sa fille Samantha (jeune et jolie intrépide) et de Patrice Delorme, (un fringant professeur d'arts martiaux séduit par les théories du professeur).

Mon avis :

A la lecture de ce polar, je me dis qu’il est bien inutile de lire des romans de 300-400 pages, à partir du moment où le scenario est bon et les personnages attachants. J’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman tant Rémy et Samantha sont fondants, avec leurs répliques toujours empreintes d’humour. Si on ajoute à cela un professeur de karaté qui entre dans leur jeu, le roman devient jouissif. Le style très littéraire, plein de dérision et très efficace fait que dès le début on est emporté par le simple plaisir de lire.

Dans ce court roman de 180 pages, ce qui commence comme un faits divers étrange de transforme en enquête policière pour se terminer en apothéose dans un final à la fois horrible et imaginatif. A la limite, la fin fait même froid dans le dos, mais heureusement, tout ceci n’est que fiction !

Et comme ceci constitue la première enquête de Rémy Cauvin, je me dis que de nombreuses heures de plaisir m’attendent. Et que ceux qui n’ont pas de liseuse électronique se rassurent : ce livre est disponible aussi bien en version numérique que papier, et tout se trouve sur le site de Genèse éditions. N’hésitez plus, le plaisir se trouve au détour de ces pages ! Et dire que je ne connaissais pas Gilles Morris ! Honte à moi !

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2013
commenter cet article
10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 17:23

Balade-dans-la-nuit.jpgGeorge P.Pelecanos nous revient en forme avec le premier roman d’une nouvelle série, dont le personnage principal s’appelle Spero Lucas. Nous voici donc avec un nouveau héros, jeune homme américain dont la famille est grecque, d’une petite trentaine d’année, ancien soldat ayant fait la campagne d’Irak et ayant trouvé la juteuse activité de réaliser des enquêtes pour un avocat qui s’appelle Peterson. Cette activité est très lucrative car elle lui permet d’empocher 40% des gains obtenus dans ces affaires.

Alors qu’il vient rendre visite à Peterson, il tombe sous le charme de la secrétaire de Peterson, Constance et vient conclure une affaire fortement lucrative. Un détenu le contacte pour un problème bien particulier : Anwan Hawkins est trafiquant de drogue, il utilise les services de FedEx pour livrer ses paquets de drogue à des adresses de personnes qui ne sont pas chez elles et ses acolytes récupèrent les colis grace au suivi par Internet. Ni vu ni connu, les livraisons se passent à merveille.

Sauf que deux colis de 130 000 dollars chacun ont été récupérés avant que les deux récupérateurs Tavon Lynch et Edwin Davis ne puissent mettre la main dessus. Cette perte sèche est inacceptable pour Anwan, d’autant plus qu’il a eu un enfant et envisage de se ranger après son procès. Spero Lucas va donc enquêter pour en savoir plus sur ces disparitions de colis de drogue.

Je ne vais pas vous rappeler que George Pelecanos est un grand auteur du polar. Et si ses récentes parutions ont pu paraitre bien fades, eu égard à ce qu’il a écrit précédemment, nous le retrouvons ici dans une forme pas olympique mais prête à regagner quelques rangs dans notre estime. Il pose en effet tous les ingrédients et tous les non-dits pour que nous soyons enclins de suivre les futures enquêtes de Spero Lucas.

Nous avons droit ici à une intrigue simple et limpide, menée de main de maître, avec tous ces petits détails que j’aime tant pour m’imprégner du décor et de la ville de Washington. D’ailleurs, on a vraiment l’impression d’y être, à Washington, et d’être capable de redessiner le plan de la ville, tant Pelecanos nous donne à voir cette ville de noirs devenue cosmopolite.

On a aussi droit aux thèmes chers à Pelecanos : un héros ni blanc ni noir mais suffisamment complexe pour qu’on cherche à le comprendre, un héros fort et faible à la fois, un héros attaché à des valeurs universelles telles que la famille, les amis, la loyauté et la fidélité. Dit comme ça, on a l’impression de relire les précédentes œuvres de l’auteur, mais le rythme est suffisamment soutenu et l’ensemble très bien écrit pour que l’on avale ce roman, que j’ai lu en deux jours.

Du classique, un classique ? Peut-être n’est ce pas un roman révolutionnaire, mais c’est assurément un bon polar qui sème les pistes pour ne pas nous aiguiller sur la suite qu’il donnera à cette série. Finalement, c’est un bon cru, et en tournant la dernière page, on a bigrement envie de lire la suite. N’est-ce pas ce qu’on demande aux livres ? de nous attirer dans leurs mailles pour nous donner envie d’en relire un autre ?

Et un grand merci à Coco pour le prêt de ce roman ! Sans toi ... 

Je tiens à vous signaler que vient de sortir un recueil de nouvelles dirigé par George Pelecanos qui s'appelle Washington noir (éditions Asphalte).
Washington-noir.jpgWashington, D.C. : le lieu évoque aussitôt les arcanes du pouvoir américains, la Maison blanche, le Capitole. Mais c'est aussi une ville à part des États-Unis, au taux de criminalité record. George Pelecanos et quinze autres plumes - des auteurs de noir, mais aussi un policier, un ancien taulard, un acteur... - nous font découvrir leur Washington, où se croisent drogués et prostituées, gangsters et flics de base, mais aussi politiciens et journalistes.
Avec des textes de Robert Andrews, Jim Beane, Ruben Castaneda, Richard Currey, Jim Fusilli, James Grady, Jennifer Howard, Lester Irby, Kenji Jasper, Norman Kelley, Laura Lippman, Jim Patton, George Pelecanos, Quintin Peterson, David Slater et Robert Wisdom.

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2013
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Pierre Faverolle
  • Le blog de Pierre Faverolle
  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
  • Contact

Sur ma table de nuit ...

Le blog reste ouvert.

Dorénavant, les nouveaux billets seront :

http://blacknovel1.wordpress.com/

   

Recherche

Archives

Catégories