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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 18:10

Etranges rivagesIncroyable ! Erlendur is back ! Pardon, Erlendur est de retour ! Cela faisait deux ans que nous n'avions plus de nouvelles, nous étions inquiets, et nous avions tort. Erlendur était bien en pèlerinage sur les hauteurs de Bakkasel, là même où il a perdu son frère. Erlendur arpente donc ses plaines battues par le vent, qui ne sont pas encore recouvertes de leur manteau neigeux et immaculé. Erlendur continue sa quête sans espoir d’y trouver la moindre solution, cela ne fera pas revenir son frère disparu.

Erlendur a l’habitude d’arpenter ces contrées, peut-être moins de prendre le temps de discuter avec les gens du cru. Depuis quelque temps, il était intrigué par une affaire ayant eu lieu en 1942. Il y eut à cette époque une tempête de neige, semblable à celle qui a été fatale à son frère. Une troupe britannique s’était égarée en plein marasme, et plusieurs soldats y avaient laissé la vie. Une jeune femme aussi était partie de chez elle et on ne l’avait plus jamais revue.

Elle s’appelait Mathildur, venait de quitter son mari Jakob, elle est partie de chez elle, s’est perdue dans la neige et n’est jamais revenue. Cette histoire va forcément interpeler Erlendur, car d’un coté elle va le soulager par rapport à sa culpabilité personnelle, elle va aussi titiller son instinct policier. Il va donc chercher à comprendre un peu mieux ce qui a bien pu arriver à cette jeune femme Mathildur.

Ce que j’adore avec Arladur Indridason se trouve dans les premières dizaines de pages : l’air de rien, il décrit les pensées et les actes de Erlendur, et sans être trop descriptif, ni trop superficiel, il nous fait entrer dans la tête de notre inspecteur favori. Arnaldur Indridason arrive à trouver le juste milieu, la bonne moyenne, le juste nécessaire pour plonger, impliquer le lecteur. Et comme c’est remarquablement écrit, encore une fois, je suis à la fois admiratif et fou de joie de lire une nouvelle enquête de Erlendur.

Ce roman est lent, très lent, plutôt à mettre dans la veine de la dernière enquête de Erlendur, à savoir Hypothermie. C’est un roman très introspectif, très tourné voire enfermé dans la tête de l’inspecteur. Dans ce roman là, c’est sur, de nombreux voiles vont se lever concernant son passé et ce traumatisme avec lequel il n’a décidément pas fini de souffrir.

Si l’enquête est lente, comme je le disais, elle est comme d’habitude fort bien faite mais aussi très tournée vers la psychologie des gens que Erlendur interroge, les dialogues sont très travaillés, très réalistes et montrent bien les qualités de Erlendur à faire parler ceux qui ne le veulent pas. D’ailleurs, on voit bien dans ce roman le caractère bien particulier des Islandais, des gens bourrus, enfermés chez eux et en eux-mêmes, pas diserts pour un sou. Par contre, Indridason nous montre des personnes âgées pressées de vider leur conscience, de s’épancher et de soulager leur mémoire.

Et puis, il y a ces passages, ces fragments de souvenirs du drame qu’a vécu Erlendur. Ce sont les seuls passages du livre écrit au présent, comme s’ils étaient omniprésents dans l’esprit de l’enquêteur. Ce sont aussi les passages les plus poignants, les plus dramatiques et les plus difficiles à lire, que ce soit l’effondrement de ses parents après la perte de Beggi ou cette tempête quand Erlendur lâche la main de son frère sans le sentir tellement il fait froid. Je ne vais pas vous cacher que j’ai versé ma petite larme, tant ils sont prenants et émotionnellement très forts, grâce à leur écriture si simple, mais aussi grâce au talent de Eric Boury, qui a su rendre tous les sentiments que Indridason a rendu dans son texte.

Alors même si l’enquête est classique et peut paraitre un peu fade, ce roman continue cette série avec brio, soulevant des pans que nous attendions tout en les redoutant. Et le résultat n’est pas décevant, loin de là, nous avons à nouveau le droit à une galerie de personnages fort attachants et à des scènes d’une très grande force. Merci Monsieur Indridason pour cet excellent moment de lecture.

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 18:41

Partons à la découverte d’un jeune auteur, dont voici le premier roman. C’est un thriller pur et dur, qui va plaire au plus grand nombre. On va y trouver ce qu’il y faut d’action, de mystère et de suspense pour se divertir.

Quatrième de couverture :

Theoreme-de-Roarchack.pngJe me nomme Kyle Ashcroft, je suis professeur de mathématiques ; dans quatre mois, je vais sauver le monde… mais je l’ignore encore... » Rien n’avait préparé Kyle Ashcroft, modeste professeur dans une université de Virginie-Occidentale, à connaître un tel chaos. Comment, d’ailleurs, aurait-il pu prévoir que la découverte fortuite de cette étrange formule mathématique, un soir d’octobre 2002, entraînerait dans son sillage une telle litanie de meurtres ? Et pourtant… Dans ce monde post-11 septembre où les ennemis les plus dangereux ne sont pas toujours ceux qu’on croit, Kyle n’aura d’autre choix que de fuir pour survivre, avec comme seul but de déchiffrer la formule, et de comprendre pourquoi il est devenu une cible.

Mon avis :

Théorème de RoarchackQuand je me suis plongé dans la lecture de polars, il y a bien longtemps, j’ai adoré ces romans où le personnage principal était une personne lambda, comme vous et moi, qui se retrouvait plongé au cœur d’une machination qui le dépassait. Et cette personne se retrouvait devenir un héros, qui parfois arrivait à sauver le monde. Dit comme ça, cela peut sembler puéril, mais quand c’est bien fait, on se laisse prendre au jeu et on avale les pages sans même s’en rendre compte.

Ici, nous avons un professeur de mathématiques, travaillant dans une université américaine, qui se retrouve devant une énigme. En parallèle, son meilleur ami, Kowacs professeur lui aussi, va disparaitre et Kyle va être obligé de prendre la fuite, aidé en cela par une jeune femme très belle, mais aussi très directrice, et très mystérieuse.

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman, car cela allait trop vite, il y avait trop peu de psychologie et on sentait l’envie de l’auteur de rentrer rapidement dans le vif du sujet. Erreur de jeunesse, sans doute, mais ensuite on est intrigué, et surtout époustouflé par certaines scènes où l’auteur sait parfaitement doser ses mots pour instiller une ambiance digne des meilleurs films d’angoisse.

On va ainsi se retrouver avec tous les ingrédients du thriller, les voyages de Charleston à Paris en passant par Berlin ou Rome et même le Mexique. Nous avons un personnage sympathique, cherchant à comprendre en quoi son père peut être impliqué dans cette énigme. En parallèle, nous suivons l’enquête de Palmer et Bishop, deux flics de Charleston qui vont en découvrir de belles, en cherchant l’assassin de Kowacs.

Au global, on se retrouve là avec un premier roman, fort prometteur et vous auriez bien tort de ne pas succomber. C’est bien écrit, rapide dans ses scènes, avec de très bonnes mises en situation. Et même si certains indices semblent tomber du ciel (2 ou 3), ce roman remplit son objectif : nous divertir. Johann Etienne, un auteur à suivre, assurément.

Ce roman se trouve aussi bien sous forme papier que sous forme numérique. C’est aux éditions Ex Aequo et ça s’appelle Le théorème de Roarchack.

http://editions-exaequo.fr/shop/article_9782359621716/Le-th%C3%83%C2%A9or%C3%83%C2%A8me-de-Roarchack-de-Johann-Etienne

Vous pouvez aussi trouver la lettre de l’auteur sur l’excellent site Livresque du noir :

http://www.livresque-du-noir.fr/2011/07/le-theoreme-de-roarchack-par-johann-etienne/

 

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 18:52

la mort pas amisJ’avais raté Mortelles voyelles, il était hors de question que je passe à coté de ce roman, d’un auteur dont je ne cesse d’entendre du bien. Et pour une découverte, ce roman policier est tout simplement épatant.

Fin 1924, début 1925. La Grande Guerre est encore dans tous les esprits, et la société se dirige vers une situation politique chaotique. Camille Baulay, jeune journaliste à succès au Petit Journal, s’occupe des faits divers. Grace à ses relations avec le commissaire Gardel, elle arrive à être au courant avant les autres des derniers meurtres survenus dans la capitale. Ce matin-là, Gardel l’appelle, un corps vient d’être retrouvé.

En plein Marais, un corps est retrouvé affublé d’une cape rouge et le sexe peint en noir. La mort est survenue à cause d’un coup de stylet porté en plein cœur, avec une précision chirurgicale. La mise en scène fait aussitôt penser au célèbre tableau surréaliste Au rendez-vous des amis de Max Ernst. C’est donc dans ce milieu assez particulier que Camille va diriger son enquête en parallèle de celle de Gardel.

Cela va être l’occasion pour Camille de fréquenter des personnages aussi anarchistes qu’artistes tels que Aragon, Eluard, Prévert, Breton ou Desnos. Tout le monde pense à Fantômas, ce personnage étrange et qui nargue la police. Au travers de sa relation avec Blanche, la femme  du député Théodore Dieuleveult, Camille est aussi en contact avec les hommes politiques, qui sentent bien que la situation peut dégénérer si le coupable n’est pas arrêté rapidement. Bientôt, un deuxième corps est découvert avec la langue peinte en noir.

Ce roman est un roman policier, classique dans sa construction, avec des enquêteurs et des indices qui font avancer l’intrigue. Mais là où il se distingue des autres, c’est au travers de la peinture de ce microcosme que fut le groupe des Surréalistes. A travers une documentation sans faille, faisant vivre de multiples personnages historiques avec des attitudes ou des dialogues formidablement écrits, ce roman est une perle à lire, du pur plaisir à chaque page.

Bien qu’il soit relativement court, j’ai trouvé ce roman passionnant, démontrant que l’art peut être considéré comme une arme politique, plus surement que tous les fusils de l’armée. Il y est aussi parfaitement décrit la lutte entre le dadaïsme, qui fait l’apologie du rien et le surréalisme qui fait l’apologie du tout. Sans être pompeux, Gilles Schlesser nous montre de façon éloquente comment la philosophie peut servir à régir la vie et la société.

Et l’enquête, me direz-vous ? Elle avance rapidement, ce qui fait qu’il n’y a pas de temps mort, et que l’on va trembler, s’émouvoir, adorer, suivre, aimer Camille. Sans en faire trop, avec un très bon équilibre entre descriptions et dialogues, ce roman montre une parfaite maitrise des codes du roman policier tout en nous faisant réfléchir sur ce mouvement artistique, anarchique et politique. Et comme il est publié en format de poche, cela fait de ce roman un excellent rapport qualité/prix. Alors n’hésitez plus, jetez vous dessus et plongez dans le monde des années 20 et du surréalisme.

 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 18:50

Je pourrais commencer ce billet d’information par : Nos régions ont du talent ! Mais je crois que cela a déjà été pris ! Et pourtant, il peut être intéressant d’aller jeter un œil du coté de Geste éditions. Geste éditions ont une collection de romans policiers, Geste Noir,  dont voici les sorties du mois de mars.

Sur le site, on peut y lire (http://www.gesteditions.com/) :

Installé au cœur du département des Deux-Sèvres depuis 1992, Geste éditions s'attache à promouvoir la culture entre Loire et Gironde en publiant chaque année une soixantaine d'ouvrages sur les régions du Centre-Ouest.

Lune de miel à la morgue de Franck Linol :

Lune-de-miel-a-la-morgue.jpg4ème tome de la série Meurtres en Limousin, Lune de miel à la morgue présente un Dumontel affaibli, en proie à des doutes et à des démons qui le poursuivent depuis la mort de sa collègue Rachida.

Une jeune fille vêtue d’une robe de mariée en organza est retrouvée morte au pied du monument aux morts de Cieux. Aucune trace de violence ou de sang et la jeune fille reste inconnue des services de police. Peu de temps, après une autre jeune fille est découverte dans la même mise en scène macabre.

Franck Linol est né à Limoges où il est aujourd’hui enseignant et formateur à l’IUFM. Grand amateur de romans policiers, il apprécie tout particulièrement les atmosphères à la fois noires et mélancoliques d’Henning Mankell ou d’Arnaldur Indridason.

Roulette charentaise de Alain Mazère :

Roulette-charentaise.jpgÀ l’aube d’une journée comme les autres, le directeur du casino de Chassenon est retrouvé assassiné entre deux poubelles sur l’aérodrome de Brie-Champniers. Cet événement tragique répand une onde de choc sur tout le département de la Charente. Peu de temps après, dans un train en Italie près de Vérone, un voyageur originaire de la Charente et connu pour son passé louche se donne la mort.

Sur fond de trafic de stupéfiants, Anne-Marie Saint-Angeau devra mener une équipe franco-italienne, gérer les intrusions d’un journaliste qui s’invite dans l’enquête pour le compte d’un quotidien régional et rétablir l’ordre dans la commune où les habitants sont mis en danger par cette affaire.

Alain Mazère est né en 1951, en Charente. Après des études à Angoulême puis à Paris, docteur d’État en droit, il a exercé des fonctions administratives et juridiques dans l’industrie. Membre de l’Académie d’Angoumois, il consacre ses loisirs aux activités culturelles. Roulette charentaise est son premier roman policier.

Sanglante vérité de Frank Klarczyk :

Sanglante-verite.jpgOriginaire du Nord, Gabriel Marcini est un brillant officier de police qui a réussi à intégrer le commissariat de Tulle et est promis au grade de capitaine. Marié et père d’une petite fille, on lui confie une affaire de trafic de stupéfiants qui parasite tout le Limousin.

Gabriel Marcini se lance à corps perdu dans cette affaire infiltrant les milieux de la drogue et traquant la «Black-Dream», cette nouvelle drogue dont Interpol annonçait l’arrivée en France. Quand Marco, l’un de ses indicateurs, se fait assassiner, il va découvrir que ses collègues ne sont pas tous blancs dans cette affaire.

Depuis plus de vingt ans, Frank Klarczyk est un ‘policier de la rue’. Après avoir fait ses premières armes en région parisienne, il a exercé dans le Pas de Calais où sont ses racines.

Puis, tombé sous le charme du Sud-ouest, il a aujourd’hui obtenu sa mutation en Corrèze. Cinéphile et passionné de littérature policière, il apprécie les auteurs américains Harris, Connelly, King, Lehane comme les auteurs français Grangé, Chattam et, surtout, Thilliez.

Mauvaise graisse de Patrick K. Dewdney :

Mauvaise-graisse.jpgLui c’est François Martin, c’est bien François Martin, c’est passe-partout... Il est cadre commercial dans la Creuse et sa spécialité c’est l’arnaque des petits vieux.

Ce que vous ne savez pas encore c’est qu’en fait son vrai nom c’est François Pirelli, qu’il vient de Marseille et que suite à des histoires pas très nettes de braquage raté, il a voulu se mettre au vert. Sa vie n’est qu’une longue dégringolade et à 52 ans, au détour d’un virage, il prend conscience que tout n’a été qu’une farce minable. Il a bien pensé à se suicider mais même pour ça il n’a pas eu le courage.

Et là, tout s’enchaîne, la panne de voiture, la tempête de neige qui va le bloquer au fin fond de la campagne creusoise. Il trouve refuge dans une ferme et fait connaissance de son occupant, Fabien, un jeune homme brun, les yeux bleus, très souriant un peu trop souriant.

Patrick K. Dewdney est né en Angleterre en 1984, et réside en France, depuis 21 ans. Il vit actuellement près de Saint Eloi les Tuileries dans la campagne limousine. Après un cursus scolaire dans la filière des lettres, il publie son premier roman, Neva, en 2007. Après la sortie de cet ouvrage, il renonce à poursuivre son master pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Perséphone Lunaire, son premier recueil de poésie, est publié en 2010. Patrick K. Dewdney habite actuellement dans la campagne limousine, où il expérimente l’autosuffisance et la réflexion sociale en parallèle avec son écriture.

Noire porcelaine de Franck Bouysse :

Noire-porcelaine.jpgÀ la suite de la découverte d’un corps de femme massacré en plein cœur de Limoges, Bélony et Dalençon, deux flics que tout oppose, se lancent à la poursuite d’un meurtrier qui ne cesse de leur glisser entre les doigts.

Ce dernier les observe dans l’ombre et semble s’amuser avec eux enchaînant crime sur crime et dévoilant la noirceur de son âme. Le capitaine Jacques Belony, « vieux flic de la Criminelle » vient de perdre sa femme et sa fille dans un accident de voiture tandis que Marie Dalençon, sa jeune collègue, subit les tourmentes de relations amoureuses chaotiques.

Franck Bouysse vit à Limoges. Il aime marcher dans les villes, s’arrêter dans un bar, écrire en écoutant Antony and the Johnsons, Billie Holiday et fumer d’immondes cigares italiens. Il publie un roman noir (L’Entomologiste), puis ensuite sa trilogie H. (Le Mystère H., Lhondres ou Les Ruelles sans étoiles et La Huitième lettre). Il réalise également les dossiers introductifs de l’intégrale BD de Théodore Poussin (par Frank Le Gall) et participe ça et là à divers projets collectifs.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 19:00

Mannequins filles modèlesOlivier Gay reprend son personnage de Fitz, avec qui nous avions fait connaissance dans Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, un premier roman pour lequel son auteur a remporté le prix du premier roman lors du festival de Beaune 2012.

Nous retrouvons donc avec grand plaisir nos trois compères, John-Fitzgerald dit Fitz notre noctambule dealer de drogue à la petite semaine, son ami Moussah consommateur de soleil (entendez par là cocaïne) et videur de boite de nuit, et Deborah enseignante et parasite comme eux. Le postulat de base est simple : Moussah est amoureux de Cerise Bonnétoile (ça ne s’invente pas !), une jeune femme mannequin de vingt cinq printemps, belle comme une fleur en fleur.

Moussah est donc tout heureux de présenter sa chérie à ses meilleurs amis, et compagnons de cocaïne dans un bar. Cerise, tout de suite à l’aise, se présente. Elle a vingt cinq ans, et va se présenter à un concours de beauté pour l’agence Podium. Tous sont d’accord pour l’accompagner, ce sera le week-end prochain qu’aura lieu la sélection des postulantes à la grande finale.

Je vous passe les détails de cette sélection, même si c’est l’occasion pour Fitz de draguer et d’observer les parents qui amènent leur progéniture, même si les jeunes filles sont prêtes à tout pour gagner. Il faut dire que cela peut rapporter un paquet d’argent pour quelques photos ! Bref, Cerise est qualifiée. Le problème, c’est que quelques jours plus tard, Cerise ne donne plus signe de vie. Après quelques recherches, nos amis se rendent compte qu’elle a reçu des messages de menace pour ne pas se présenter au concours, et doivent de rendre à l’évidence que leur Cerise a bel et bien été enlevée.

Si vous avez aimé Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, vous allez adorer celui-ci, et c’est mon cas ! Non pas que je sois passionné par les parasites de la nuit, les dealers à la petite semaine. Mais, il y règnent tout au long du livre une bonne humeur, une bonne dose d’autodérision qui ne peut laisser indifférent. Que cela soit clair : ce livre n’est pas sérieux, il est même dangereux, au sens où vous risquez d’en ressortir avec des crampes aux zygomatiques.

Moussah et Deborah ont quand même un rôle plus étoffé que dans le premier roman, et c’est tant mieux. Moussah apparait comme un gros bourru au cœur tendre, un peu perdu, fonçant tète baissée avant de réfléchir. Deborah est plus subtile, collée aux deux autres pour s’amuser, comme une merde sur une semelle de chaussure, mais c’est aussi une jeune femme en mal d’amour, fragile. Et puis Fitz, égal à lui-même, est un grand gaffeur, qui se rapproche de plus en plus d’un Gaston (Lagaffe bien sur), toujours à proposer des idées qui ne sont pas les bonnes, les événements allant toujours à l’inverse de ce qu’il a prévu.

On a aussi droit à des scènes hilarantes, des discussions abracadabrantes. Et par sa maitrise de certaines scènes comiques, on n’est pas loin de ce qu’aurait pu imaginer un Westlake, par la façon d’amener le gag mais de nous faire patienter pour que l’effet que l’on pressent gros le soit encore plus à la fin. En parlant de fin, elle vous réservera une belle surprise, car sous ses dehors de comédie, il y a tout de même un suspense pour savoir qui est qui, et je ne vous dis rien.

Et même si on peut y noter des incohérences ou des choses étranges (maintenant, nos trois compères ne sont pas complètement comme vous et moi …), je suis d’une grande indulgence devant la grosse dose de bonne humeur que m’a insufflée ce roman. Pour son deuxième roman, Olivier Gay a fait mieux que le premier, c’est une franche réussite, et cela promet pour le troisième ! A la prochaine Fitz !

Voici quelques billets des blogueurs amis (et que ceux que j’ai oublié me pardonnent) :

http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/article-olivier-gay-les-mannequins-ne-sont-pas-des-filles-modeles-115316940.html

http://www.unwalkers.com/les-mannequins-ne-sont-pas-des-filles-modeles-dolivier-gay-le-masque-par-sweetie/

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 18:29

Chiennes de vieDepuis quelque temps, on voit apparaitre une nouvelle vague d’auteurs américains, qui écrivent surtout du roman noir, et veulent montrer l’autre face de la plus grande démocratie du monde. C’est le cas de Eric Miles Williamson, de Donald Ray Pollock, de Larry Fondation. Gallimard a trouvé en Frank Bill un auteur fort prometteur, qui montre au travers de ce recueil de nouvelles beaucoup de qualités.

Comme bon nombre de ses compatriotes, Frank Bill créé des personnages de la campagne, ceux qui vivent de peu, de rien, ceux qui font leur trafic de méthamphétamine pendant les matches de boxe, ceux qui tirent plus vte que leur ombre. Le message au travers ces 17 nouvelles n’est pas folichon, et d’ailleurs, il vaut mieux avoir le moral avant d’attaquer ce recueil.

Car il n’y a pas d’espoir quand on laisse les hommes livrés à eux même. D’ailleurs, il y a bien longtemps qu’il n’y a plus aucune limite nulle part, ni morale, ni humaine. Chaque nouvelle va montrer une tranche de vie d’un personnage et va se terminer mal. C’est d’ailleurs ce que je reprocherai à ces nouvelles : se terminer un peu de la même façon.

Mais vous auriez tort de passer outre ce nouvel auteur. La peinture est tout juste brossée mais tellement juste, les gens vivent de rien et sont réduits à vivre de contrebande ou de vol, ou obligés de vendre leurs enfants. Accrochez vous, ou bien allez chez votre libraire et lisez les trois premières nouvelles, (les plus réussies à mon avis). Après avoir reçu ces trois claques dans la figure, vous achèterez ce livre.

Nul doute que cet auteur est à suivre, et je suis curieux de savoir ce que serait son œuvre sur une distance un peu plus longue. Pour finir de vous convaincre, je reproduis l’avis de Donald Ray Pollock qui apparait sur la quatrième de couverture : « Bon sang, mais d’où il sort, ce type-là ? Il carbure à toute blinde et cogne fort, très fort, vous laissant sonné comme si vous aviez pris un coup de masse sur le crâne après avoir sniffé de l’acide de batterie ».

Je dois rendre hommage à Jean Marc qui m’a donné envie de lire ce livre. Son article est ici.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 19:10

La dernière fois, je vous disais que les éditions Krakoen devenaient SkA. Erreur ! Alors, je m’en excuse auprès des intervenants. Max Obione est parti créer SkA, éditeur exclusivement numérique, et Gilles Guillon reprend le flambeau des éditions Krakoen. Les éditions Krakoen deviennent donc les Nouvelles Editions Krakoen, et je vous présente dans ce billet leurs dernières sorties :

Entourlooping de Gérard Streiff & Mateo Montesinos :

entourlooping.jpgDans le dédale de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, Vera une jeune Roumaine se cache pour échapper au mac qui veut lui faire découvrir les trottoirs de Paris. Au même moment, Mateo Montesinos, jeune flic marseillais muté à la capitale, et son collègue corse Bati s’intéressent à un copieux détournement de fonds : les comptes du comité d’entreprise d’une compagnie aérienne ont été vidés par des individus peu scrupuleux. Les investigations de Mateo et Bati dérangent. Plus l’enquête avance, plus elle recule. Et ce n’est pas un effet d’optique.

Même si l’intrigue d’Entourlooping est une pure fiction, ce roman est inspiré de faits réels survenus dans les années quatre-vingt-dix au sein du Comité central d’entreprise d’Air France : l’achat à des tarifs exorbitants de semaines de vacances en time-share. Ces bizarreries cachaient des détournements de fonds qui, une fois découverts, n’ont jamais été jugés, malgré plusieurs enquêtes de police.

Journaliste, Gérard Streiff a été correspondant à l’étranger et a fait partie de plusieurs rédactions parisiennes. Il est docteur en Histoire de Sciences Po Paris. Ecrivain, il a publié une cinquantaine d’ouvrages (essais, récits historiques, biographies, polars, littérature enfantine, nouvelles) et a dirigé la collection policière Polarchives, créée chez Baleine et reprise aux éditions Le Passage/Seuil. Il dirige une collection de romans policiers jeunesse aux éditions Jasmin. Chargé de cours à l’Université Paris VIII (Communication) sur l’Histoire des médias, Gérard Streiff anime régulièrement des ateliers d’écriture.

Mateo Montesinos est le nom de plume d’une figure du syndicalisme méridional. Coauteur d’Entourlooping, il a apporté à Gérard Streiff sa connaissance du dossier des détournements de fonds du CCE d’Air France.

Veuve Coquelicot de Léo Lapointe :

veuve-coquelicot.jpgUne vieille dame héritière d’un empire économique dont le fleuron est une prestigieuse maison de champagne, un conflit familial, des vautours qui guettent, certains depuis le sommet de l’Etat, voilà les ingrédients de l’affaire Berthe Woettencourt. Quand débarque une jeune journaliste un peu naïve, envoyée pour écrire une biographie de la vieille dame, rien ne va se passer comme prévu. De la glace dans le champagne, c’est un crime !

Veuve Coquelicot s’inscrit dans un contexte de règlements de compte familial au sein de l’une des grosses fortunes françaises. Le crépuscule d’une héritière à la tête d’un empire convoité par ses descendants mais aussi par des ministres peu scrupuleux. Cela, bien entendu, ne saurait présenter la moindre similitude avec une actualité politico-financière récente….

Né en 1953 à Boulogne/Mer, Léo Lapointe partage sa vie entre Côte picarde, Belgique et des missions à l’étranger (Afrique, Moyen-Orient, Amérique Latine). Loin de sa vie professionnelle consacrée aux questions plutôt arides de la politique sociale et des problématiques de l’emploi, il écrit des polars. Ses romans ont la particularité d’être solidement ancrés dans leur environnement géographique et dans des contextes économiques et professionnels toujours très documentés.

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Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 19:11

Né en 1921, Paul Sala fut policier jusqu’à sa retraite, en 1976. Dès 1970, il publia des romans dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. Il créa entre autres le personnage du Savoyard, héros de cinq romans.(Article de Claude Le Nocher)

S’il s’est servi du nom de son épouse pour signer ses romans, c’est par pudeur, pudeur qui englobe sa carrière de fonctionnaire de l’état dont il ne parle quasiment jamais dans les entretiens qu’il a accordés. Il est nettement plus prolixe lorsqu’il parle de sa passion, l’écriture. (Article de Paul Maugendre)

Quatrième de couverture :

Monsieur-Lucien.jpgTITRE

Monsieur Lucien

SUJET

Magouille politicarde

VEDETTES

Drajevic Servo, M. Lucien

ACTEURS

Le commissaire Grant, Thomas Bernard, Birgit et Baby, les Scandinaves, Antony, des call-girl, le général, des proxénètes, Gus les mains blanches, Vladi, l'ombre du pouvoir.

ACCESSOIRES

Un browning 9mm, une bagheera, essence et allumettes

DECORS

Un commissariat, un clandé, le Club 104, un hôtel de passes, l'administration, et la forêt de Senlis

MISE EN SCENE

Paul Sala

PRODUCTION

Fleuve Noir

Mon avis :

Ça commence avec un meurtre dans la forêt de Senlis, une jeune femme abattue puis brulée dans un taillis. Puis une prostituée de luxe d’origine suédoise s’inquiète du fait que sa sœur ne donne plus signe de vie depuis trois jours. Cela suffit pour que jusqu’au plus haut niveau de l’état, et dans les ambassades étrangères, on se mette en branle pour comprendre ce qui se passe.

A une époque où les hommes politiques organisent des parties fines, et s’en tirent en versant quelques millions de dollars, ce roman, à l’intrigue impeccablement menée fait office de précurseur. J’exagère bien sur, mais il ressort de ce roman que Paul Sala sait mener son histoire, pour amuser et distraire le lecteur.

D'ailleurs, c’est quelque chose que l’auteur revendiquait, faire de la littérature du divertissement. Et avec son inspecteur d’origine basque, un peu bourru, rentre dedans, il a bigrement réussi son coup. A noter aussi que le roman fait de nombreux rappels à de précédentes enquêtes, et que jamais le lecteur n’est perdu. Un bien bel exemple pour un roman qui remplit son rôle, nous divertir.

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Published by Pierre faverolle - dans Oldies
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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 19:08

Ce n’est pas parce que le mois de février est un mois plus court que les autres, qu’il faut moins en faire. Donc, durant ce mois rigoureux d’hiver, propice aux soirées auprès du feu, sous une grosse couverture, il y eut de nombreuses et fort belles lectures.

Comme tous les mois, je vous rappelle le roman de Ross Mac Donald, Cible mouvante, qui a fait l’objet de la rubrique Oldies. En effet, Gallmeister a publié 2 enquêtes de Lew Archer, et celui-ci était la première. Ne la ratez pas, de du très bon polar.

Dans la boiteEnsuite, il y eut un coup de cœur, et quel coup de cœur ! De quoi en perdre les heures de sommeil, de quoi y songer toute la journée, de quoi ne pas s’arrêter de lire tant que la dernière page n’est pas tournée. Des nœuds d’acier de Sandrine Collette (Denoël Sueurs Froides) est un livre dément, un premier roman qui plus est, qui mettra vos nerfs à rude épreuve et fera la démonstration qu’une histoire simple servie par un style dépouillé peut faire un livre génial pourvu que l’auteur ait le talent de faire monter la pression.

J’aurais aussi adoré le deuxième tome de la trilogie consacrée à Brighton de Peter Guttridge. Cela s’appelle Le dernier roi de Brighton (Rouergue noir), et il est fait un parallèle entre les années 60 et aujourd’hui. C’est très bien fait, passionnant et par moments brillant. Impressionnant aussi, le documentaire sur le Chicago de 1890, celui de l’exposition universelle, où on retrouve un parallèle entre les architectes qui construisent la ville blanche et un serial killer qui se construit sur cette ville nouvelle. Il s’agit de Le diable dans la ville blanche de Erik Larson (Livre de poche)

Dans la boiteJ’aurais enfin continué de découvrir l’univers de Fabio Mitchelli, avec le deuxième tome de la trilogie des verticales, qui s’appelle A la verticale des enfers (Ex-Aequo) ; j’aurais apprécié le deuxième roman de Chevy Stevens, Il coule aussi dans tes veines (Archipel) qui reprend les mêmes recettes que le premier, à savoir des confessions chez une psychologue pour bâtir une intrigue qui n’a pas besoin de ce subterfuge, tant elle tient le lecteur en haleine. J’aurais enfin fondu devant la tendresse qui ressort de Le roman du parfum de Pascal Marmet (Editions du rocher), qui alterne entre le portrait de Tony Curtis et celui d’un nez (une jeune femme qui créé des parfums).

Le titre du chouchou du mois de février revient donc à Frédéric Ernotte avec son roman C’est dans la boite (Avant Propos). Parce que c’est un premier roman, parce que l’auteur a su s’approprier les codes de différents genres pour en faire un mix qui fonctionne du début à la fin. On a droit à un roman noir thriller roman policier à la Agatha Christie qui s’avère à la lecture bigrement jouissif. A ne pas manquer !

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Published by Pierre faverolle - dans Le chouchou du mois
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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 18:59

Diable dans la ville blancheJ’ai la chance de faire partie du jury pour élire le thriller 2013 du livre de poche, dont les romans sont choisis parmi les sorties de l’année. Je commence donc par ce roman imposant, 600 pages, et pas un dialogue. C’est marqué Thriller et le sujet est intéressant. Cela va me permettre de découvrir un pan de l’histoire américaine que je connais bien mal. Nous allons balayer une période allant de 1890 à 1895.

Le contexte est l’Exposition universelle de Chicago de 1893. Daniel Burnham est un jeune architecte qui s’est fait connaitre par la construction de gratte-ciel. Avec son associé, il va hériter d’un défi hors du commun : batir en à peine 4 ans une nouvelle cité, qui accueillera l’exposition universelle. Elle devra montrer la grandeur des Etats Unis mais aussi être plus imposante que celle de Paris de 1889.

En parallèle, nous allons suivre l’itinéraire du docteur Holmes, un jeune homme séduisant qui va faire sa fortune en assassinant des gens pour toucher leur assurance vie, puis en achetant une pharmacie. Il va ensuite faire construire un immeuble à Englewood, avec des appartements qu’il va louer à des jeunes femmes. Au sous-sol, il va aménager une salle totalement insonorisée et un four crématoire.

Le destin de ces deux hommes, Burnham et Holmes va être mis en parallèle tout au long de ces années. Mais dès les premières pages, le ton est donné : L’auteur, journaliste de formation a regroupé une documentation impressionnante pour retranscrire le Chicago du 19ème siècle et narrer une histoire à 100% vraie.

Je dois dire que ce roman n’est pas un roman, et encore moins un thriller. Mais Erik Larson, au travers d’une documentation sans faille et d’un style parfaitement fluide sait faire monter la pression chez le lecteur. De la pression sur les épaules de Burnham aux subterfuges de Holmes, des désastres naturels (ils vont subir une tempête extraordinaire) aux massacres de jeunes filles, ce livre se dévore même s’il n’est pas à proprement parler un roman.

En fait, Erik Larson a tout simplement écrit un fabuleux documentaire sur cette période de folie (merci Christian pour cette phrase), rendant l’ambiance de l’époque par des détails fort judicieux : la pollution, la saleté dans les rues, les mœurs des gens au travers des lettres et des attitudes des jeunes filles. Et puis, le parallèle entre la folie de la construction de cette ville et la folie de ce faux pharmacien est éloquente. Il montre aussi le développement de la criminalité avec la montée des pavillons. Et on peut se demander quelle est la responsabilité de la société dans la création d’un monstre tel que Holmes.

Tout est remarquablement fait et surtout passionnant à lire. Si vous êtes fan de thriller ou lecteurs exclusifs de romans, il vous faut savoir que ce roman se rapproche plus d’un documentaire. Mais que vous devriez laisser votre curiosité vous guider vers ce documentaire éloquent. Et puis, il y a cette phrase qui m’est sans cesse revenue à l’esprit : « Il ne s’agit en aucun cas d’une œuvre de fiction ». Hallucinant !

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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