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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 17:35
La 5e saison de Mons Kallentoft (Seuil)

Voici le cinquième tome du cycle des saisons, après Hiver, Eté, Automne et Printemps. Autant vous dire que j’étais content de retrouver Malin Fors, le personnage principal de cette série, jeune femme fragile qui a la faculté d’entendre les morts.

L’intrigue se déroule évidemment à Linköping, et Malin Fors s’octroie quelques vacances avec Peter, son compagnon. Elle a peu de nouvelles de sa fille Tove, mais essaie d’arrêter de boire. Lorsque l’on retrouve le corps d’une jeune femme horriblement mutilée en pleine forêt, Malin Fors fait le parallèle avec une affaire vieille de sept ans, qui la hante. En effet, Maria Murvall avait été retrouvée violée et mutilée en pleine forêt. Elle a survécu à son martyre mais en est ressortie muette, et depuis elle est internée dans un hôpital psychiatrique.

Alors que Peter la presse pour avoir un enfant, car ils approchent de la quarantaine, Malin va se plonger dans cette affaire, et le fait que d’autres meurtres apparaissent lui démontre qu’elle bien face à un puzzle dont la conclusion va semer le doute dans sa vie, ses croyances et ses illusions sur la société suédoise.

C’est la deuxième fois en peu de temps que je lis un roman qui démontre et dénonce les travers de la société suédoise. Ce pays parait de l’extérieur si beau, si lisse, si parfait que, à l’instar de Henning Mankell, ces auteurs montre ce qui se cache derrière le décor. Et le résultat n’est pas beau, fait de personnes haut placées qui se permettent de transgresser les règles, n’acceptant aucune limite et s’auto-protégeant face aux risques de la justice.

Si ce roman ne brille pas par son suspense, au sens où l’on comprend à la moitié du livre qui assassine ces jeunes femmes, il en ressort une tension palpable. Mons Kallentoft a écrit là un livre dur, violent, et sa plume sèche, acérée nous assène des coups de poignard aussi profonds pour dénoncer la corruption généralisée et surtout une société de plus en plus violente sans raisons. Malin Fors est le témoin d’un pays où des gamins se font planter dans la rue, où des gens sont assassinés pour de la monnaie, où des professeurs sont agressés sans raison. Certes cela n’est pas nouveau, mais le propos porte remarquablement bien.

Et malgré cela, même si j’ai été véritablement choqué par ce livre, par certains passages très durs et malgré tout sans scènes sanguinolentes, j’ai été moins convaincu quand Mons Kalletoft réduit la course poursuite de Malin Fors à une lutte entre le bien et le mal. Certes cela ne fait que quelques courts passages dans ce roman de 450 pages, mais cela m’empêche de mettre un coup de cœur.

Car j’aurais lu avec avidité ce livre, il m’aura par moment laissé abasourdi par des scènes ou des propos et, la dernière page tournée, je ne souhaite qu’une seule chose : retrouver Malin Fors pour une prochaine enquête … enfin j’espère. Car il est indiqué sur la quatrième de couverture, que c’est la dernière enquête de Malin Fors. Ah zut ! je viens de vous dévoiler que Malin Fors ne meurt pas à la fin. Il ne vous reste plus qu’à lire le reste du livre pour savoir ce qui va lui arriver. Car elle n’en sortira pas indemne.

Les 4 saisons de Mons Kallentoft sont disponibles chez PointsLes 4 saisons de Mons Kallentoft sont disponibles chez Points
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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 17:11

Je vous avais parlé de Zeus de Sébastien Gendron, une lecture numérique que j’avais beaucoup aimé. Ceux qui ne sont pas équipés de liseuse numérique vont avoir la chance de trouver des petits textes noirs sous format papier.

Les éditions Intervalles ont lancé en octobre 2012, en collaboration avec la maison d’édition numérique StoryLab, la collection « One Shot », qui regroupe des nouvelles contemporaines.

Ces « shots » de littérature, à l’origine publiés au format numérique, embarquent le lecteur dans des univers forts à l’écriture incisive.

Pour chaque titre acheté en librairie, un titre au choix de la collection est disponible gratuitement en téléchargement sur le site www.storylab.fr.

Le format de ces instantanés est de 105 x 150 mm pour 48 pages et le prix est de 5 €.

L’information du mardi : Les éditions Intervalles

UN PSYCHOPATHE ET DEMI, D’ELIAS JABRE

Résumé :

Rien de plus délicat que d’annoncer une rupture surtout quand votre partenaire pense vivre le parfait amour. Et puis cette histoire de serial killer qui tourne en boucle à la télé ne vous met pas dans les meilleures conditions pour amorcer la fameuse discussion. Et si... Et si c’était votre jour de chance ?

Elias Jabre

Elias Jabre est né en 1975 dans un village de la montagne libanaise. Quatre mois plus tard, il débarque à Paris et décide de s’y établir jusqu’à nouvel ordre. En 2004, il publie Immortalis, un roman d’anticipation aux éditions du Masque. Depuis, il multiplie les formes d’écritures, des romans aux scénarios, en changeant régulièrement d’avatar.

L’information du mardi : Les éditions Intervalles

ZEUS, DE SÉBASTIEN GENDRON

Résumé :

Zeus est un tueur-né. Zeus aime le sang, il est violent, il est incontrôlable. Tom, petite frappe du banditisme bordelais, aurait préféré ne jamais croiser sa route. Mais quand on veut jouer dans la cour des grands...

Sébastien Gendron

La naissance de Sébastien Gendron advient seulement quatre-vingt dix jours après la mort de François Mauriac, et à peine vingt après celle du Général de Gaulle. Ses parents en sont si troublés qu’ils hésitent longuement sur le prénom : sera-ce François ou Mon Général ? Ils optent finalement pour un « Sébastien » qu’ils imaginent neutre et moins handicapant. Bien mal leur en prend.

À quarante ans, non seulement Sébastien Gendron n’a pas libéré la France, mais en plus, il n’a toujours pas obtenu de prix Nobel pour l’ensemble de son oeuvre. Ce qui est désespérant, pour ses parents surtout.

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 17:54
Envoûtée de Megan Abbott (Editions du Masque)

Quelle joie de lire le dernier roman en date de Megan Abbott, qui est en fait sorti en 2009 aux Etats Unis. Megan Abbott est en train de construire une œuvre noire de très haute qualité, et celui-ci ne dépareille pas par rapport à ses précédents romans.

Nous sommes en 1930. Le docteur Everett Seeley a trouvé un poste au Mexique, en plein marasme économique. Il va donc partir travailler là-bas, en espérant se défaire de son addiction à la morphine et laisser derrière lui sa femme Marion, qui logera dans un petit appartement de Phoenix, et travaillera comme secrétaire dans une clinique.

Rapidement, elle sympathise avec Ginny et Louise, une infirmière. La solitude lui pesant, elle va rapidement passer de folles soirées avec les deux amies, qui ne semblent pas avoir de soucis d’argent tant leurs invités leur apportent des présents qu’elles monnayent en les revendant à la boutique du coin.

Marion, qui est une jeune femme pure et innocente, va petit à petit découvrir un monde de la nuit qu’elle ne soupçonnait pas, tester de nombreuses drogues et les troubles de l’alcool, mais aussi s’encanailler avec Joe Lanigan, un homme très séduisant, mi homme politique mi truand, dont elle va tomber amoureuse.

Megan Abbott va s’emparer de l’affaire de la tueuse à la malle, où deux malles ont été trouvées à la gare de Los Angeles avec des corps humains à l’intérieur, pour bâtir un roman noir exemplaire, d’une finesse et d’une subtilité rares. Ceux qui ont aimé ses précédents romans vont adorer celui-ci qui se situe entre Adieu Gloria et la fin de l’innocence, soit mes deux romans préférés de cette auteure.

Avec de petites touches, Megan Abbott nous plonge dans cette époque des années folles qui finissent mal, et nous brosse le portrait d’une jeune femme qui va en quelques mois changer du tout au tout, comme si son mari l’avait empêcher de vivre auparavant. C’est une femme libre, mais surtout sans limites et on sait que dans ces cas là, cela se termine mal. Mais c’est aussi le portrait d’une femme forte, parfois plus forte que les hommes, ce qui est une constance chez Megan Abbott, qui semble prendre une intrigue typée masculine pour l’inverser et l’adapter aux femmes.

C’est donc un fabuleux portrait psychologique que j’ai pris énormément de plaisir à lire. Et si le rythme est lent, la fin s’avale à une vitesse incroyable avec un changement de rythme qui, personnellement m’a fait regretter que le roman n’ait pas quelques dizaines de pages de plus. Et puis, je peux vous garantir que la fin est formidable et que vous ne la devinerez pas, une fin bien cynique et amorale. Ce suspense psychologique est encore une belle réussite de la part de cette auteure qui écrit des polars noirs et intemporels.


L'avis de l'ami Claude est ici

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 07:57

Le gagnant de On the brinks de Sam Millar est Didier. Félicitations !

La bonne réponse était Dark souls, livre non traduit en français à ce jour

Concours 4 ans de Black Novel

On the brinks de Sam Millar :

De fait, le spectaculaire récit autobiographique de Sam Millar a tout d’un thriller. À ceci près que si on lisait pareilles choses dans un roman, on les trouverait bien peu crédibles.

Catholique, Millar combat avec l’IRA et se retrouve à Long Kesh, la prison d’Irlande du Nord où les Anglais brutalisent leurs prisonniers. Indomptable, il survit sans trahir les siens: voilà pour la partie la plus noire, écrite avec fureur et un humour constant.

Réfugié aux états-Unis après sa libération, il conçoit ce qui deviendra le 5e casse le plus important de l’histoire américaine. La manière dont il dévalise le dépôt de la Brinks à Rochester, avec un copain irlandais, des flingues en plastique et une fourgonnette pourrie, est à ne pas croire. Même Dortmunder, dans un roman de Westlake, s’y prendrait mieux. Il n’empêche, le butin dépasse les 7 millions de dollars!

Un procès et une condamnation plus tard, il retrouve la liberté, mais entretemps, la plus grande partie de l’argent a disparu. Millar semble avoir été roulé par ses complices… Saura-t-on jamais la vérité?

En tout cas, le FBI cherche toujours!

Né à Belfast en 1958, Sam Millar a fait de la prison en Irlande du Nord comme activiste politique, et aux États-Unis comme droit commun. De retour à Belfast où il vit toujours, il est devenu écrivain. Après deux romans, Poussière tu seras et Redemption Factory, et le best-seller international On the Brinks, il a commencé la série policière Karl Kane, à paraître au Seuil.

Mon avis sur ce livre Coup de Cœur est là

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 17:32
Ce qu’il faut expier de Olle Lönnaeus (Livre de Poche)

Voici une lecture dans le cadre de ma participation pour le meilleur polar 2013 de Livre de Poche. Et à nouveau, voici une bien belle découverte, qui m’a réservé une surprise quant à son classement dans la catégorie Thriller. Mais je vous en reparle juste après vous avoir fait un résumé des premières pages :

Konrad avait 7 ans quand il a été adopté par Herman et Signe. L’accueil a été mitigé, surtout de la part de Klas, leur fils naturel. A l’age de 17 ans, il a décidé de partir, fuir le quotidien compliqué d’un fils de Polonaise, rejeté par tous, pour parcourir le monde. Il est devenu grand reporter en Allemagne.

Son retour à Tomelilla est du au meurtre de ses parents adoptifs : ils ont été abattus d’une balle dans la tête dans leur maison. Evidemment, Klas et Konrad sont parmi les suspects, puisque leurs parents ont plusieurs millions sur leur compte en banque, qu’ils ont gagné à la loterie. Konrad va donc parcourir sa ville « natale », entre souvenirs et rencontres, sans forcément participer à l’enquête, mais en voyant le vrai visage de cette petite ville de la campagne suédoise.

Comme je vous le disais, je ne comprends pas pourquoi ce roman a été classé dans les thrillers. Car il n'en a aucun des atouts, aucune des caractéristiques, aucun des codes, ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas intéressant, loin de là. Nous suivons Konrad, sorte de personnage apatride, sans passé, sans présent et avec un futur incertain qui revient dans sa petite ville natale à la suite du meurtre de ses parents adoptifs.

Cela donne à l'auteur l'occasion de décrire la vie des petites gens, et le roman, qui au départ semble une peinture bien propre de la société suédoise, se fissure pour laisser place à une image bien terne d'un pays en crise, prise avec ses démons du passé et ses douleurs, ses cicatrices et ses horreurs. Il y a quelque chose de pourri dans la société suédoise, comme aurait dit Robin Cook.

Olle Lonnaeus prend son temps pour dérouler son enquête à travers les yeux d’un homme qui n’est pas directement impliqué (à part qu’il fait partie des suspects), le rythme est lent mais c’est aussi pour mieux montrer les cicatrices qui minent les habitants de Tomelilla, en particulier leur implication dans la seconde guerre mondiale aux cotés des nazis et le racisme ordinaire qui ne se voit que difficilement.

Konrad va donc, de rencontres en souvenirs, se rendre compte que cette ville qu’il a fui est finalement un champ de mines, que tous, des commerçants aux voisins, des professeurs aux membres de sa famille d’adoption font tout pour s’enfermer dans leur cocon, et se retournent vers les étrangers, ceux qui ne sont pas du coin et qu’ils abhorrent parce qu’il faut bien un bouc émissaire pour supporter un quotidien pesant.

Si le sujet est classique, on pourrait penser que ce roman est classique, que cela a déjà été maintes fois lu et rabâché. Mais avec un style qui est empreint de nostalgie et de nonchalance, il s’avère un beau portrait d’un témoin de la société suédoise, où tout se veut bien propre vis-à-vis de l’extérieur, mais qui en réalité est bien sombre et dégueulasse quand on frotte le vernis en surface.

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 17:11

Il est rare que je parle de livres autres que des romans ici. Mais je me dois de vous parler maintenant de deux essais exceptionnels de deux personnes qui font énormément pour la promotion du polar. Le premier est signé Claude Mesplède, l’auteur et coordinateur du dictionnaire des littératures policières, qui a sorti un recueil d’une partie de ses écrits sur le polar. Le deuxième est François Guérif, créateur des éditions Rivages noir, qui vient de sortir un livre d’entretiens. Revenons sur ces deux documents exceptionnels.

L’information du mardi : Deux livres exceptionnels sur le polar

30 ANS d’ÉCRITS SUR LE POLAR de Claude Mesplede (Krakoen)

Ce document (qui est le premier tome) regroupe des articles très différents. Dans la première partie, sobrement intitulée Le polar, Claude Mesplede livre la partie la plus « intime » de son combat pour promouvoir le genre qu’il aime, mais aussi son combat pour que les gens lisent (auquel j’adhère à 200%). C’est une partie militante que j’ai trouvé passionnante, entre biographie littéraire et manifeste pour un combat.

Ensuite, Claude Mesplède ayant une connaissance énorme sur la série noire de Gallimard, nous avons le droit à neuf articles thématiques sur cette collection mythique, qui a découvert tant d’auteurs aujourd’hui connus et reconnus.

Enfin, vient une partie sobrement intitulée Portraits qui fait la place belle à des auteurs tels que James Lee Burke, Jim Thompson ou Jack London. Cette partie est suivie de quelques entretiens, dont ceux avec James Ellroy ou le gigantesque et regretté Robin Cook. Puis viennent des chroniques, qui sont des articles sur des thématiques liées au polar. Dans cet exercice, Claude Mesplède excelle sans pour autant étaler sa culture polardesque. Cela m’a permis aussi de noter des romans dont je n’avais jamais entendu parler.

Enfin, ce document finit en beauté avec une aventure du Poulpe, écrite par Claude Mesplède lui-même, revue, complétée et corrigée. Je ne l’ai pas encore lue mais sachez que cela s’appelle Le cantique des cantines. Puis viennent des témoignages de 30 personnes sur Claude et le polar. Quand je vous dis que c’est un document exceptionnel, je ne vous mens pas !

L’information du mardi : Deux livres exceptionnels sur le polar

DU POLAR – Entretiens avec François Guerif (Rivages)

Celui là, je ne l’ai pas encore lu, mais ça vient. Voici donc la quatrième de couverture.

Auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le cinéma américain, et notamment le film noir, fondateur de la revue Polar, lauréat du Ellery Queen Award en 1997 et surtout éditeur des auteurs les plus prestigieux du genre aux Éditions Rivages, François Guérif est aujourd'hui sans doute l'un des plus grands spécialistes français du roman policier.

Au fil de ces entretiens à bâtons rompus avec le journaliste Philippe Blanchet, François Guérif revient sur la genèse du polar, de Conan Doyle à Agatha Christie, sur les premiers classiques modernes (de Dashiell Hammett à Raymond Chandler) et sur les grands auteurs actuels. Tout au long de ce livre à la fois érudit et passionné, il analyse les principales étapes du genre. Évoque sa carrière, ses coups de coeur (David Goodis, James Cain, Jim Thompson), ses amitiés (Léo Malet, Jean-Patrick Manchette, Robin Cook, James Ellroy...), ses souvenirs et ses livres de chevet.

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 17:11

complexe du prismeSon premier roman s’appelait Vengeance sans visage. Et je le classais dans les romans policiers régionaux. Avec Le complexe de prisme, on garde la même région de Besançon, on sort de l’échiquier le commissaire Desvigne, et on y place le commissaire Bracq, Marianne Bracq. D’ailleurs, à propos de ce roman, je ne suis plus sur de vouloir le classer dans la catégorie Roman Policier. Mais j’y reviens.

Besançon, le 15 juin. Une silhouette se promène dans Besançon. Elle connait les lieux, les recoins de la ville. Arrivée à la Porte Noire, qui n’a jamais si bien porté son nom, une clocharde l’interpelle, pour un peu de monnaie. Elle l’entraine alors dans un endroit un peu plus calme, et avec un stylet acéré comme un cutter, transperce le cœur de la pauvre hère. Puis, elle lui ouvre l’abdomen, pour découper les veines et artères qui retiennent le cœur. La silhouette dépose à coté de la grille son trophée, le cœur de la clocharde.

Marianne Bracq était commissaire à Bergerac. Elle a décidé d’accepter cette promotion à Besançon. Ses premiers contacts se passent bien avec son équipe, contrairement au procureur. Elle se lance dans son travail, sachant que dans une semaine, ses deux filles la rejoindront, deux filles qu’elle a eu avec deux hommes différents. A peine posés ses bagages, la voilà lancée dans cette enquête, où un prisme retrouvé près du corps lui rappelle celui qu’elle a chez elle dans un carton. Et à la suite du deuxième meurtre, elle doit bien se rendre à l’évidence qu’elle est malgré elle bien plus impliquée qu’elle ne le voudrait.

Je vais vous dire une chose : ce roman justifie à mes yeux mon envie de lire des premiers romans. Le premier roman de Fabrice Pichon était un roman policier qui démontrait un talent pour brosser des portraits vivants de personnages et une grande qualité dans la façon de mener une intrigue. Et pour celui-ci, Fabrice Pichon n’a pas grimpé une marche, il en a sauté trois ou quatre tant il fait preuve de maitrise et s’amuse avec les nerfs de son lecteur.

On peut séparer ce roman en deux parties : la première est une enquête policière que je qualifierai de classique, avec ces petits plus qui font que l’on n’a pas envie de lacher le roman. Le personnage de Bracq, flic direct, pressée le jour, déçue en amour, et mère de deux enfants le soir, ses enfants qui lui manquent terriblement. En alternance, des chapitres sont consacrés à l’assassin qui est décrit comme La silhouette. Quelle belle trouvaille, tant je me suis demandé si c’était un homme ou une femme. Et je peux vous dire que ça m’a agacé (dans le bon sens du terme) ! Et puis, on se demande comment les flics vont résoudre ces meurtres qui sont commis sur des personnes pris au hasard dans la rue, sans aucune piste, sans aucun mobile.

Et puis on arrive au chapitre 14, pierre angulaire de ce roman, situé en plein milieu, sorte de transition entre roman policier et thriller. Le parallèle entre Bracq et l’assassin est remarquable d’inventivité, la scène éloquente, les sensations extraordinaires à la lecture. A partir de ce moment là, on connait le nom de l’assassin, et on plonge dans un roman à suspense qui fait doucement monter la tension … jusqu’à la dernière page. Car la fin est tout simplement géniale. Elle est tout d’abord totalement logique par rapport au destin des personnages, et suffisamment ouverte et indécise pour qu’elle laisse une impression de délice.

Fabrice Pichon a parfaitement passé son examen du deuxième roman. Son style a gagné en efficacité, les dialogues en sobriété. Il confirme que l’on peut attendre de lui de formidables romans policiers à suspense. Et en refermant son roman, j’ai eu l’impression qu’il pouvait encore plus nous surprendre, nous éblouir. Pour reprendre une expression d’une amie blogueuse, « on sent bien qu’il en a encore sous le pied ». Alors, monsieur Pichon, je suis prêt à attendre le temps qu’il faudra … Celui-ci m’a emballé, vivement le prochain.

 

L’avis de Marine : http://lespolarsdemarine.over-blog.fr/article-le-complexe-du-prisme-fabrice-pichon-116265495.html

L’avis de Jacques : http://unpolar.hautetfort.com/archive/2013/03/03/le-complexe-du-prisme-de-fabrice-pichon.html

Et enfin, allez lire le message de l’auteur sur livresque du noir : http://www.livresque-du-noir.fr/2013/03/le-complexe-du-prisme-par-fabrice-pichon/

 

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 18:01
Unter Blechkoller de Michael Mention (Fantascope)

Voilà le petit dernier de Michael Mention, après le superbe Sale temps pour le pays sorti l’année dernière chez Rivages noir. En fait, chaque roman est différent, et ici on flirte entre huis clos et fantastique. Une sacrée expérience.

Quatrième de couverture :

Juillet 1944 : après avoir dominé les Forces Alliées, la Kriegsmarine perd l’avantage et la ferveur des débuts cède la place aux désillusions.

Cette amertume n’épargne pas l'équipage du U-2402, malgré l’autorité du capitaine Kholn. Repéré en surface, le U-Boot plonge en catastrophe et percute une barrière rocheuse. L’impact provoque une brèche, par laquelle l’eau s’engouffre et happe de nombreux hommes. Entre noyade et asphyxie, l’hécatombe se poursuit autant que la chute du sous-marin jusqu'à sa brutale stabilisation.

Verrouillées à temps, les portes protègent les survivants de la fureur aquatique. Immergés jusqu'au torse, ils se heurtent au froid et au manque grandissant d’oxygène avant de se retrouver confrontés à une autre menace, bien plus barbare. Entre détresse et instinct de survie, tous devront s’organiser en ce sous-marin devenu cage.

Mon avis :

Blechkoller : psychose des équipages de sous-marins provoquée par de longues périodes d'enfermement dans un environnement confiné.

A chaque roman, Michael Mention essaie quelque chose de différent, qu’il s’agisse de Une maison crée en 1959 qui est une réflexion sur la création, que ce soit La voix secrète qui revisite les derniers jours de Lacenaire, que ce soit Sale temps pour le pays qui est un roman policier. Ici Michael Mention s’essaie à l’huis-clos.

Et quoi de mieux, pour un huis-clos que d’enfermer des personnages dans un sous marin. Douze hommes ont donc huit heures à vivre, douze survivants mais pour pas longtemps. Ce roman va osciller entre stress et fantastique, faire monter la pression (hi hi) par des entêtes de chapitres qui font le décompte des minutes. Et la tension va monter chez le lecteur, par les dialogues et par l’irruption d’une créature (réelle ou imaginaire) qui va cohabiter avec ces marins désemparés. Enfin, cohabiter n’est peut-être pas la bonne expression.

Avec des dialogues fort bien faits, des situations de panique qui vont crescendo au fur et à mesure des chapitres, avec cette eau gelée qui monte sans cesse, Michael Mention étouffe son lecteur dans un roman de 158 pages, qui nous fait presque regretter sa faible longueur. Mais, d’un autre coté, on a l’impression de lire un roman en temps réel, et cela participe aussi du stress qui ressort de ces pages. Bref, un exercice de style fort réussi.

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 17:58

C’est exactement ce que je disais l’année dernière, et j’ai l’impression que je me répète cette année. Et l’envie de partager est toujours là ! L’envie de lire, aussi ! Je n’aurais jamais imaginé que cette aventure durerait si longtemps. C’est aussi parce que j’essaie de créer de nouvelles rubriques. Cette année, j’en aurais créé deux nouvelles : Le chouchou du mois et Oldies.

Le chouchou du mois, c’est pour que les visiteurs de ce blog s’y retrouvent dans tous les articles que je publie, car tout le monde ne peut pas lire 10 à 12 livres par mois. A la suite que quelques remarques, j’ai donc mis en place cette rubrique pour que les visiteurs de ce blog puissent être guidés vers des romans qu’il me parait utile de mettre en avant.

La rubrique Oldies, c’est parce que j’ai énormément de livres dans mes bibliothèques et donc ça m’oblige à diminuer un peu mon « stock ». Ensuite, il est bon, voire essentiel de revenir aux sources, de lire des romans, qui pour la plupart me sont conseillés, pour découvrir d’autres univers, d’autres auteurs que l’on a tendance à oublier avec toutes les nouveautés qui sortent chaque mois.

Cela me donne donc moins d’articles à publier, et j’ai pris une décision : sur ce blog, n’apparaitront que des romans que j’ai envie de défendre, des romans que j’ai aimés un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. Il n’y aura plus de billets assassins, même si j’en ai fait très peu. Mais je ne critiquerai plus les romans que je n’ai pas aimé, ou que je trouve anodins, que je les ai finis ou pas.

Maintenant, je tiens à vous remercier, vous qui lisez mes avis, vous qui m’envoyez des commentaires, vous qui partagez mes avis sur les plateformes dites sociales, vous les amis qui me conseillez, me prêtez des livres, ou partagez mes états d’âmes (nombreux cette année). Ce blog, est à vous, pour vous. Faites partager votre passion de lire pour que plus et plus de gens lisent. Et s’ils lisent les livres que j’aime, tant mieux !

Déjà 4 ans de Black Novel

Pour vous remercier, les fidèles et les visiteurs passagers, je vous offre comme chaque année un de mes gros coups de cœur de cette année. Vous allez donc gagner un roman et j’ai choisi On the brinks de Sam Millar. Je tiens à préciser que ce roman est acheté avec mon argent ce qui m’évite de rédiger un règlement de concours. Le principe est simple : vous répondez à une question en envoyant un mail à concoursblacknovel@gmail.com. Le ou la gagnante sera contactée par mail pour son adresse postale. La date limite de réponse est le 8 mai 2013 à minuit. Le 9 mai, un billet donnera le nom du gagnant (ou son pseudo).

La question est : quel est le titre du premier roman écrit par Sam Millar.

Il se peut qu’il y ait un piège alors, si vous voulez plonger dans l’horreur que fut la vie de cet auteur de roman noir hors du commun, tentez votre chance. Un tirage au sort sera effectué entre les bonnes réponses.

Je n’ai plus qu’à ajouter : Merci, à bientôt et n’oubliez pas le principal : lisez !

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 18:07
L’information du mardi : Stéphane Bourgoin à l’honneur

Si vous ne connaissez pas Stéphane Bourgoin, il faut que vous sachiez qu’il est un des spécialistes mondiaux des tueurs en série. Il a parcouru le monde entier, interrogeant des êtres implacables et inhumains pour mieux comprendre leur psychologie. Il a aussi participé à plusieurs enquêtes en tant que consultant. Il est aussi un auteur d’essais où il fait part au grand public de son expérience. Deux documents exceptionnels viennent de sortir, l’un est une réédition en format poche, l’autre est un livre en grand format impressionnant.

L’information du mardi : Stéphane Bourgoin à l’honneur

Mes conversations avec les tueurs de Stéphane Bourgoin (Points)

"Cela fait trente ans que j'interroge les serial killers. J'ai rencontré plus de soixante-dix de ces tueurs et tueuses multirécidivistes aux quatre coins de la planète. J'ai accumulé des ouvrages de criminologie, journaux de faits divers, archives de police, photos et vidéos de scènes de crimes, confessions, dessins et écrits.

Dans mes livres, j'ai toujours présenté les serial killers de manière distanciée, sans porter le moindre jugement ni faire part de mon ressenti. Dans Mes conversations avec les tueurs, je désire vous faire partager l'envers du décor. Vous montrer l'épreuve physique de ces rencontres, les moments d'angoisse qui précèdent les entretiens, la peur, parfois. Vingt ans plus tard, mon corps se souvient encore de la terreur qui s'est emparée de moi lors de ma rencontre avec Gerard Schaefer, un ex-policier accusé du meurtre de 34 femmes en Floride. Dès l'instant où je me suis trouvé face à lui, j'ai eu le sentiment d'être confronté au Mal absolu.

Je suis préparé, mentalement, à rencontrer ces "personnages" plus ou moins hors du commun. Mais à mon retour à Paris, je me demande parfois si ces voyages ont eu lieu. Oui, ils sont bien réels. Et incroyables."

L’information du mardi : Stéphane Bourgoin à l’honneur

999 ANS DE SERIAL KILLERS de Stéphane Bourgoin (Ring)

LA PLUS GRANDE GALERIE DE TUEURS EN SÉRIE DE L'HISTOIRE

365 authentiques portraits de serial killers, un pour chaque jour de l’année, de l'antiquité jusqu’à nos jours.

Assassin à 13 reprises et condamné à mort, on oublie de le pendre pendant sept ans et il est gracié. Un auteur de nouvelles, fan d’Hannibal Lecter, éventre sa mère pour y placer une poupée. Policier à Miami et tueur en série de criminels, il inspire le héros de la série « Dexter ». Une adolescente dénonce son père serial killer dans un talk-show à la télévision. Un vampire suédois qui consomme la chair de ses deux sœurs. A Hong-Kong, des fillettes sont tuées puis violées pour « créer » des fantômes destinés à tourmenter l’épouse du meurtrier. Un serial killer travesti qui adore se déguiser en Adolf Hitler. Un père et son fi ls deviennent tueurs en série à 22 ans d’intervalle.

Schizophrène et serial killer, il rêve d’être Freddy Krueger. Un authentique tueur en série engagé pour jouer aux côtés de Val Kilmer. Icône gay et travesti, « Ryan le dépeceur » devient une vedette de la chanson dans le Couloir de la mort. Condamné pour huit des trente meurtres qu’il avoue, Thomas Quick est un serial killer qui n’a jamais existé. Un trio de cannibales qui vend des beignets de chair humaine. Une tueuse en série iranienne s’inspire d’Agatha Christie pour commettre ses forfaits. En prison, le tueur du Zodiaque épouse un criminel travesti qui exige de changer de sexe. Un serial killer canadien qui écrit des livres pour enfants. Une Australienne tue son fi ls de deux ans quand une voix lui affirme qu’il est Jack l’Eventreur...

Spécialiste mondialement reconnu des tueurs en série, auteur d’une vingtaine d’ouvrages et d’une centaine de documentaire télévisés, Stéphane Bourgoin a rencontré et interviewé plus de 70 serial killers à ce jour. Plus grande galerie de portraits de tueurs de l’histoire, 999 ans de serial killers est l’aboutissement de plus de trente ans de recherches et d’investigations à travers le monde.

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Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
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