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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 18:48

Retour à WhitechapelJe ne sais pourquoi j’ai accepté cette lecture, quand HC éditions m’a proposé ce roman. Peut-être que les arguments utilisés ont porté leurs fruits. Toujours est-il que moi qui n’aime pas les romans historiques (à quelques rares exceptions près), j’ai commencé ce livre … et je n’ai pas pu m’arrêter de lire. Le résultat est … tout simplement … impressionnant. Et plutôt que de vous faire un résumé des premières pages au rabais, je préfère mettre ici la quatrième de couverture, tant elle est bien faite et suffisamment explicite.

Le 24 septembre 1941, pendant le Blitz qui écrase Londres sous des tonnes de bombes, Amelia Pritlowe, infirmière du London Hospital, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n'est pas morte d'une maladie pulmonaire, comme l'histoire familiale le prétend ; Mary Jane Kelly a été la dernière victime de Jack L’Éventreur. Amelia Pritlowe avait 2 ans.

À compter de ce jour, Mrs Pritlowe va se lancer dans une traque méticuleuse et acharnée, poussée par le besoin vital de découvrir la véritable identité de Jack L’Éventreur. Grâce aux archives d'une pittoresque société savante de “riperristes”, en confrontant témoins et survivants, elle va reconstruire dans ses carnets les dernières semaines de sa mère et la sanglante “carrière” de l'Éventreur.

En décryptant des documents d'époque, Michel Moatti recompose l'atmosphère nocturne et angoissante de l'East End du XIXe siècle. En redonnant vie aux victimes, en recomposant leurs personnalités sociales et affectives, il propose une solution à l'énigme posée en 1888 : qui était Jack the Ripper ?

Ce roman va reprendre trois années d’enquêtes que l’auteur a consacrées à Jack L’éventreur. Pour les ignares, ou ceux qui viennent d’une autre galaxie, Jack l’éventreur fut un tueur en série britannique, qui tua cinq jeunes femmes entre le 31 aout et le 9 novembre 1888, de façon horrible, à Londres et qui ne fut jamais arrêté. D’ailleurs, on ne sait pas qui il est. C’est dire si ce mystère peut inspirer de nombreux auteurs. Ce roman m’a remis les idées en place car ces jeunes femmes acceptaient de coucher pour de l’argent, pour vivre ou se payer une chambre, tant la misère ravageait l’Angleterre de cette époque.

Je pensais avoir lu l’ouvrage ultime sur jack l’éventreur, à savoir From Hell de Maître Alan Moore, je me trompais. Michel Moatti va reprendre de façon exhaustive les indices qu’il a dénichés, ajoutés à ceux qui sont plus connus pour nous proposer une hypothèse de l’identité d’un des plus célèbres tueurs en série de l’histoire. Et pour que le lecteur suive son histoire, la forme choisie est celle du roman, au travers le carnet d’une infirmière qui n’est autre que la fille de la dernière victime.

On va y trouver trois formes de récits dans ce roman dont le carnet de Amelia, qui montre toute la logique de cette infirmière, mais aussi toute son émotion à l’idée de retrouver des bribes de l’histoire de sa mère. Amelia va aussi nous montrer l’horreur sous les bombes allemandes, puisqu’elle officie à Londres en 1941. La deuxième forme de récit est les nombreux allers et retours en 1888, sous forme d’interrogatoires du jury d’enquête. Michel Moatti a recréé les personnages, les ambiances et les réactions des différents protagonistes, des juges aux flics, des aristocrates aux petites gens.

Enfin, il y a ces nombreux passages qui décrivent le Londres de cette époque lointaine, les rues sales, les mendiants en grand nombre crevant de faim, les rues humides et le pavé gras, les manifestations d’ouvrières défigurées à cause des produits utilisés dans leur usine. Ces passages sentent le sang, la sueur, la saleté, les passages sont totalement bluffants tant on est plongé dans ce Londres d’un autre siècle.

Ce roman m’a impressionné, m’a immergé dans cette fin du dix neuvième siècle, me montrant au travers d’une enquête un paysage sombre, une ville inhumaine, et des gens cherchant à vivre, par tous les moyens. Quant à l’enquête et à l’identité de Jack, la démonstration est tellement logique que l’on se demande pourquoi tout ceci est resté un mystère aussi longtemps. Indéniablement, ce livre est à lire, que l’on soit passionné par l’histoire ou que l’on cherche un roman de poursuite de serial killer.

Ne ratez pas les avis des amis Oncle Paul et Jean.

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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commentaires

Willow 26/03/2013 20:42

Hello Pierre, j’ai toujours aimé l’époque victorienne dans les romans. Que dire de Jack l’éventreur, sinon que son histoire fascine. Avec toi c’est simple, une envie chasse l’autre et ma liste
s’allonge. Un avantage pour mes proches qui peuvent y puiser l’idée de petits bonheurs à venir. ;O)

Pierre faverolle 27/03/2013 21:31



Désolé pour le porte monnaie mais celui est très bon ... à mon gout


A bientôt



Oncle Paul 23/03/2013 18:09

Bonjour Pierre
Je m'immisce dans la conversation pour répondre à Gridou
Effectivement il n'y a que 5 victimes avérées. Celles du livre.
et il y a 6 victimes supposées ou possibles. Mais tu sauras tout sur le lien suivant :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_l%27%C3%89ventreur
Amitiés

Pierre faverolle 23/03/2013 20:31



Je vous laisse tous les deux



Foumette 23/03/2013 12:48

Ben dis donc...On sent qu'il t'a vraiment plu!!!! Il me tente bien aussi tiens....
Je termine "Sale temps pour le pays" de Michael Mention que tu as lu, je pense...et il est question aussi de Jack! J'espère que les deux livres ne sont pas trop semblables??? Des fous bisous

Pierre faverolle 23/03/2013 20:32



Salut Foumette, sur un sujet connu et archi connu, l'auteur a su mettre en avant la société de l'époque et c'est une grande réussite. j'ai en effet beaucoup aimé et je souhaite que beaucoup de
gens le lisent ... dont toi bien sur.BIZ



gridou 22/03/2013 14:24

Je suis un peu ignarde, je ne savais pas qe Jack n'avait tué "que" 5 femmes. Je pensais que c'était beaucoup plus pour être devenu une telle légende. ça m'a l air d'être une sacré performance de
romancier de mêler comme ça le roman et l Histoire à différentes époques...

Pierre faverolle 22/03/2013 20:33



Salut Gridou, c'est un roman exemplaire à bien des égards. On ressent la passion de l'auteur pour son enquête, et surtout cette peinture du 19ème siècle, les bombardements de Londres ... Un très
bon polar. BIZ



Le Papou 21/03/2013 16:49

Je ne l'avais pas noté avant, mais là, je ne peux pas passer à côté.
Amitiés
Le Papou

Pierre faverolle 21/03/2013 20:41



Salut Papou, Bonne lecture, alors et à bientôt



Jean 21/03/2013 12:05

Hello Pierre,

Et une chronique de plus, chronique magistrale pour un bouquin épatant ! Je suis d'ailleurs très heureux de l'avoir dans ma bibliothèque.
La peinture sociale de l'époque est formidable en même temps qu'elle glace le sang !
Il était de loin préférable de faire partie des nantis que de tous ces pauvres hères pour lesquels le mot "survivre" n'était pas vain.
Et je te remercie pour le lien, mon ami. Jean.

Pierre faverolle 21/03/2013 20:41



Salut Jean, c'est vrai que la peinture de l'époque est une des grandes réussites de ce roman. J'espère que l'auteur continuera à écrire, car sa force d'évocation force le respect.


Amitiés



sirene 20/03/2013 21:24

Bonsoir
Ben voilà une lecture qui me plait je note bonne soirée evy

Pierre faverolle 21/03/2013 06:39



Je ne peux que te souhaiter une bonne lecture


A bientôt



Oncle Paul 20/03/2013 20:00

Bonsoir Pierre
Effectivement c'est un très bon roman qui n'est pas seulement historique. Le contexte social y est abordé de façon magistrale, les ouvrières au visage ravagé lors de la fabrication des allumettes
par exemple. Mais ce n'est pas tout et parfois je pensais être en train de lire un roman de Dickens. Jack l'éventreur est un mythe. Cinq assassinats de femmes, plus si l'on compte ceux qui lui sont
imputés mais pas démontrés. Et le journal d'Amelia nous plonge au cœur du Blitz. L'auteur reprend une partie de la thèse de Patricia Cornwell mais l'étoffe et donne plus de crédibilité à sa propre
interprétation et au nom du coupable.
Merci pour le lien
Amitiés

Pierre faverolle 20/03/2013 20:19



Salut Paul, je n'ai pas lu la thèse de Patricia Cornwell, mais, sans être passionné par Jack l'éventreur, j'ai été emporté par cette peinture du Londres du 19ème siècle. Et tous les avis, dont le
tien vont dans ce sens ! Un très très bon roman !


Amitiés



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