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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 18:09
African Tabloid de Janis Otsiemi (Jigal)

Janis Otsiemi est un auteur que j’adore pour ses intrigues polardesques, pour la description vue de l’intérieur du Gabon et surtout de son style, parfait mélange de phrases efficaces et d’expression du cru imagées. Une nouvelle fois, Janis Otsiemi m’a enchanté.

Nous allons suivre deux groupes d’enquêteurs dans ce roman, Koumba et Owoula de la Police Judiciaire d’un coté ; et Boukinda et Envame de la gendarmerie de l’autre. Koumba et Owoula sont très occupés depuis qu’ils sont à la recherche d’un homme qui a écrasé une femme et son enfant. Mais ce n’est pas la seule affaire dont ils ont la charge. Des jeunes filles sont retrouvées assassinées, et il semblerait que cela soit du au fait qu’elles apparaissent sur des vidéos pédophiles sur internet.

Baoukida et Envame ont affaire quant à eux à une affaire plus chaude. Un corps est retrouvé près de la résidence du président, executé d’une balle dans la tête et les deux doigts d’une main coupée. Cela ressemble à un meurtre de la pègre locale, mais cela devient étrange quand on connait l’identité du mort : le célèbre journaliste Roger Missang. Entre l’indignation de la presse et le risque de voir le président mouillé dans une affaire alors qu’il est très agé et proche de la fin, la pression est grande sur nos gendarmes.

Le titre est évidemment un hommage à James Ellroy, plus qu’à Jean Hugues Oppel, pour mieux montrer l’influence de la politique sur la vie de tous les jours des policiers. Car c’est évidemment eux qui sont au centre de l’intrigue, ou plutôt des intrigues. Comme pour ses précédents romans, Janis Otsiemi nous fait découvrir un autre pan de son pays, avec son langage si beau, parsemé de mots du cru ou d’expressions explicites comme par exemple : « Quand le tambour change de rythme, le danseur change de pied. »

Je suis étonné de la facilité avec laquelle cet auteur arrive à installer des personnages sans en rajouter plus que ça, d’une efficacité qui force le respect. Evidemment, les policiers ne sont pas très clairs, pas tout blancs. Chaque infraction qu’ils voient leur permet de négocier auprès du fautif du liquide pour éviter une amende ou un procès. Mais quand cela touche le pouvoir en place, c’est un peu plus difficile.

Ce roman lève un nouveau voile de la société gabonaise, à savoir les hommes blancs venant utiliser les jeunes filles mineures pour faire des vidéos pédophiles jetées sur internet. Cela permet aussi à l’auteur de montrer l’impunité dont font preuve les blancs par rapport aux Gabonais. Par moments, sans en avoir l’air, Janis Otsiemi jette quelques remarques bien acerbes qui sont fort bien senties.

On s’aperçoit aussi que les policiers, aussi doués soient ils pour faire des déductions et trouver les coupables en sont réduits à suivre les indices donnés par leurs indics, devant le manque de moyens qu’ils ont à leur disposition pour résoudre les meurtres. On y voit aussi les rivalités entre services, ce qui semble exister dans tous les pays. Bref, vous l’aurez compris, si vous ètes fan de Janis Otsiemi, vous allez adorer. Si vous ne le connaissez pas, ce roman est une bonne occasion de lire un auteur africain témoin de son pays, porte parole des pauvres gens. J’adore !

Ne ratez pas son message sur livresque du noir : Janis Otsiemi écrit sans trame par avance, il se laisse porter par ses personnages. Alors, moi je dis : formidable et chapeau bas !

Ne ratez pas également les avis des amis Claude, Oncle Paul et Yvan.

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Published by Pierre Faverolle - dans 2013
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commentaires

Oncle Paul 15/10/2013 18:03

Bonjour Pierre
Pour moi c'est un roman noir en couleurs et j'aime son style débridé et sa vision du Gabon de l'intérieur. Une langue savoureuse, et une intrigue ma foi pas si légère qu'il y parait.
Amitiés

Pierre FAVEROLLE 15/10/2013 20:44

Salut Paul, tu résumes parfaitement les raisons pour lesquelles j'aime ce qu'écrit janis Otsiemi. Amitiés

Indira 15/10/2013 11:30

et encore un livre sur ma liste de Noël :)

Pierre FAVEROLLE 15/10/2013 20:44

Tu peux y aller, la hotte est gigantesque !

The Cannibal Lecteur 14/10/2013 21:35

Une fois de plus, je succombe à la tentation !! Merci pour cette critique, Pierre.

Oui, les masochistes qui voient leur PAL monter sont assez fous que pour dire "merci" de nous faire découvrir tous ces auteurs qui le méritent bien :)

Pierre FAVEROLLE 14/10/2013 21:37

et les blogueurs sadiques répondent : "de rien"

La Petite Souris 14/10/2013 18:32

un auteur que j'ai découvert avec son précédent roman . Une très belle surprise, un roman plein de couleurs et un ton et une écriture originales. J'ai hâte de découvrir celui ci que j'ai prévu de lire, incessamment sous peu !!!

Pierre FAVEROLLE 14/10/2013 20:48

Courage ! les vacances arrivent à grands pas, mon ami

collectif.polar 14/10/2013 06:21

Et bien, quel avis enthousiasme. Je me sens très con tout à coup. Personnellement j'ai énormément de mal avec cet auteur ou plus exactement avec sa langue. Ses expressions gênent ma lecture, j'arrive pas à rentrer dans le texte. Et puis l'intrigue ou les intrigues sont à mon goût trop légères. En revanche je suis d'accord avec toi, c'est un beau témoignage sur le Gabon d'aujourd'hui, sur sa société vérolées, sur un pouvoir corrompu.

Pierre FAVEROLLE 14/10/2013 20:47

Lis la vie est un sale boulot, si tu ne l'as déjà fait.

collectif.polar 14/10/2013 15:19

non, tu as raison, elle ne peut être qu'un prétexte. Mais la langue, le style et puis le manque d'intrigue...Cela fait beaucoup de petites choses qui font que je m'accroche pas.

Pierre FAVEROLLE 14/10/2013 06:36

Il faut accrocher au style et aux expressions du cru. Cela me permet de plonger dans ce pays, en ce qui me concerne, ça me dépayse. Pour les intrigues, est-ce le principal ?

Marine 13/10/2013 20:43

Une bien belle chronique que voilà Pierre !
Je suis en train de le lire. On verra si nos avis se recoupent.
Amitiés.
Marine

Pierre FAVEROLLE 14/10/2013 06:34

J'attends ton avis avec impatience Marine. Amitiés

Claude LE NOCHER 13/10/2013 20:41

Salut Pierre
Non, les flics "ne sont pas très clairs, pas tout blancs" au Gabon ! (quel déconneur, ce Pierre !) Eh oui, c'est une fois encore un excellent roman... noir (quel déconneur, ce Claude !) de Janis Otsiemi. Bon, oublions cet humour lourdingue pour dire : lisez tous ses romans !
Amitiés.

Pierre FAVEROLLE 14/10/2013 06:33

Salut Claude, finalement, il y a peu de différences entre la France et le Gabon ? Quel déconneur je fais ! Amitiés

gruz 13/10/2013 20:15

Nos avis divergent en partie, convergent aussi. Je comprend en tout cas le tiens, qui est comme à ton habitude parfaitement argumenté.
C'est super intéressant de confronter nos ressentis !

Pierre FAVEROLLE 13/10/2013 20:37

J'adore Janis et son style imagé, et il construit une oeuvre qui est un témoin de la vie au Gabon. Une oeuvre importante. J'adore. J'avais lu ton avis et on en avait discuté d'ailleurs ! Je te conseille La vie est un sale boulot. c'est le premier que j'ai lu et c'est ce qui a créé mon intérêt pour cet auteur. Amitiés

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