Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
Il aura fallu la sortie en format de poche de ce Padana city pour que je le ressorte moi-même de ma bibliothèque. Malgré les avis divergents sur ce roman, je ne pouvais pas
rater un Massimo Carlotto, même s’il est écrit en collaboration avec quelqu’un d’autre. En voici un bref résumé :
Francesco Visentin est issu d’une grande famille d’avocats. Son père est propriétaire d’un grand cabinet, et comme lui il embrasse la même carrière. Mais il a tout fait par lui-même, a fait ses études avec succès et ouvert son propre cabinet avant d’envisager de rejoindre son père. Car il doit épouser la femme de sa vie : Giovanna. C’est d’ailleurs le jour (ou la nuit) où il enterre sa vie de garçon que sa vie va basculer, pour le pire.
Giovanna est découverte le lendemain, noyée dans sa baignoire. L’enquête préliminaire ne laisse aucun doute : il s’agit d’un meurtre. Quand
le juge apprend que Giovanna avait un amant, et qu’elle envisageait de tout dire à Francesco, ce dernier est rapidement soupçonné. Heureusement, son ami d’enfance Filippo qui était l’ancien petit
ami de Giovanna lui sert un alibi en or. Mais Francesco va enquêter pour connaître la vérité.
Alors que le père de Francesco et la mère de Filippo s’arrangent pour brouiller les pistes, corrompre les indices et communiquer via leur propre chaîne de télévision, Francesco se demande si le coupable n’est pas son ami ; ainsi ils se servent mutuellement d’alibi. Mais, quand il découvre que Giovanna enquêtait sur les malversations dans le domaine du recyclage des déchets, ses certitudes sont remises en cause.
Massimo Carlotto s’est donc associé avec Marco Videtta pour écrire un roman à quatre mains, qui respecte l’œuvre du maître italien du roman noir. Car Marco Videtta est un scénariste et cela se retrouve dans ce livre, à savoir que l’histoire ne comporte pas de chapitres, mais des petites scènes, pour faire avancer l’intrigue. L’intrigue elle-même peut être divisée en deux parties : la première moitié montre Francesco obligé de se défendre d’une accusation injuste, la deuxième partie montre son enquête pour découvrir la vérité.
Un roman très carré dans sa forme en somme, mais qui poursuit la quête de Massimo Carlotto : montrer et démontrer les travers de la société italienne. Des petits arrangements entre gens de bonne société en passant par la manipulation des media ou les dysfonctionnements de la justice et de la police, tout y est. Avec ce détachement habituel de Carlotto qui montre que tout cela est parfaitement normal. Et je ne parle pas des trafics sur les déchets.
Bref, c’est agréable à lire mais ce n’est pas extraordinaire. Si le style est vif et bref, les fans de Massimo Carlotto resteront sur leur faim. Nous avons l’habitude de lire des portraits de méchants personnages, voire d’ignobles individus avec Carlotto. Ici, on a droit à un gentil monsieur bien lisse. Et si j’ai eu beaucoup de plaisir à avaler cette histoire, je dois dire que je considère ce roman comme une introduction en douceur au monde de Massimo Carlotto. Donc, si vous ne connaissez pas cet auteur, plongez dans le monde noir italien.