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Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com

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Les anges s’habillent en caillera de Rachid Santaki (Moisson Rouge-Le Syndikat)

les anges s habillent en caillera

Voici un roman dont on va parler, un roman qui va faire du bruit. Car le sujet est brûlant, ça touche ce que l’on appelle dans les médias la petite délinquance. Au passage, je remercie les éditions Moisson Rouge pour la découverte d’un nouvel auteur et pour ce très bon moment de lecture.

Ce roman est basé sur une histoire vraie, mais c’est un roman. Ilyès est un voleur à la ruse (un terme que je ne connaissais pas), probablement le meilleur que l’on ait connu. Il a commencé en 1998, alors qu’il avait 13 ans et a perpétré ses larcins à Saint Denis. Accompagné de deux complices, il volait les sacs à main dans les voitures arrêtées au feu rouge, avant de passer au vol à la tire.

En 2008, Ilyès, que l’on surnomme le Marseillais, sort de la prison de Villepinte. Il vient de purger 18 mois. Son cousin l’attend à la sortie. Il retrouve alors les gens qui peuplent son microcosme et apprend que c’est Hervé qui l’a donné aux flics. Il demande alors à l’ancien de retrouver Hervé. Un peu plus tard, dans une cave, les Serbes amènent Hervé et Ilyès le descend de cinq balles.

Ilyès vient de franchir une nouvelle étape dans la spirale infernale de la délinquance. Pourtant, il a toujours refusé le vol avec violence. Quand il était mineur, il ne risquait rien avec le vol à la tire. Puis il a rencontré Many qui officie à Paris. Il apprend d’autres méthodes comme le vol de carte bleue mais Many utilise la torture pour obtenir la carte et son code. Ilyès finit par faire bande à part en s’arrangeant à noter les codes confidentiels et à voler les cartes sans violence. Il amasse l’argent et en profite, devenant un habitué des sorties nocturnes parisiennes. C’est là qu’il rencontre Hervé, qu’il considère comme son pote.

Ce roman aurait pu être un vrai casse gueule, un hymne à la petite délinquance, avec le risque de faire de Ilyès un héros. C’est un sujet très sensible, traité à la façon d’un équilibriste sur un fil distendu. Ce roman aurait pu être un total échec, un roman apportant un scandale de plus. Et finalement, c’est une totale réussite. Et le meilleur moyen de vous faire lire ce livre, c’est de vous conseiller d’aller dans une librairie, d’ouvrir ce livre, de lire la préface écrite par Oxmo Puccino (que je ne connais pas) qui parle de Rachid Santaki et de sa volonté d’aider et d’occuper les jeunes, de lire aussi l’Avant propos écrit par Rachid Santaki lui-même qui parle du contexte et de son choix d’auteur. Après cela, vous achèterez le livre.

J’ai suivi le parcours de Ilyès, avec la peur au ventre. Avec la quatrième de couverture, j’étais inquiet du sujet, et surtout de son traitement. Il aurait été facile et dangereux de faire un mode d’emploi du parfait petit voleur, de donner vie à un personnage auquel on se serait identifié. Grâce aux choix littéraires et au style de Rachid Santaki, les pièges ont été évités et le roman en devient passionnant, par le fait qu’il ne prend pas position, qu’il ne juge personne, qu’il ne justifie pas les actes mais se contente de placer quelques traits qui sonnent justes.

Les passages écrits à la première personne sont tout bonnement impressionnants, on a l’impression d’avoir Ilyès en face de nous, en train de nous conter son parcours, nous expliquant qu’il est conscient que ce qu’il fait est mal, mais que d’un autre coté, cela permet à ses parents de retourner au bled chaque été. Toujours, Ilyès oscille sur cette balance avec une lucidité et est prêt à assumer ses actes. Tout est une question de risques. Et dire qu’il a commencé comme ça pour passer le temps, presque s’amuser.

Le roman regorge de personnages, tellement vrais, esquissés par de simples phrases, dont les frères, cousins, parents, flics pourris (ce sont les passages que j’ai le moins aimé). Tous parlent leur langage, entre le verlan et l’arabe, et cela aide à nous plonger dans ce monde, si proche de nous mais si lointain aussi. On y sent le décalage entre les parents qui travaillent et ces jeunes attirés par tant de facilité, par l’accès au luxe qu’ils n’auraient aucune chance de connaître autrement. Je ne cautionne en aucun cas ni ces actes, ni ces choix de vie, mais j’ai eu l’impression de comprendre un peu mieux, même si Ilyès n’est probablement qu’un cas. Pour finir, je citerai le dernier paragraphe de Oxmo :

Malgré tout ce que l’on peut voir et entendre des grands médias, j’ai la chance de rencontrer des personnes animées par un vrai désir politique et d’autres sont sur le terrain, porteurs d’espoir. Donc, je deviens optimiste et … oui, je suis convaincu que tout ira mieux lorsque tous donneront à bon escient ce qu’ils ont de plus cher : un peu de leur temps.

Ce livre est à lire, pour mieux comprendre, pour mieux aider, pour être plus tolérant, pour être positif, pour être moteur. D’aucun verront dans ce livre des exemples, des situations dont ils se doutent ou qu’ils imaginent au travers du miroir déformé des medias. On va en parler de ce livre, parce qu’il parle vrai, parce que le ton est réaliste et qu’il vaut mieux le lire que se boucher les yeux.

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V
Désabusé? Je ne pense pas.<br /> Pour avoir écrit:<br /> <br /> <br /> Sol ou sang, va chier!<br /> <br /> Notre monde<br /> s’arrête où s’arrêtent<br /> rires et larmes<br /> au bord de nos yeux<br /> vivons!<br /> <br /> (publié dans "slogan" sur lapetiteguerre.overblog.com)
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P
<br /> <br /> Autant pour moi !<br /> <br /> <br /> A bientôt<br /> <br /> <br /> <br />
V
Soyons optimistes, disais-je, de même à moi, pour avoir vécu et pas si mal quarante ans dans le désert, pas si désert, des banlieues,<br /> en prenant garde que l'Optimisme n'en vienne à nous cacher à nous-mêmes.<br /> Si ça semble sophistiqué, par ces temps prétendument retournés qui courent, volent et s'incarnent en Revanche, pour rattraper l'or de la pièce disparue, il me semble que ça se comprend<br /> naturellement, si nous y sommes, comme hommes.
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P
<br /> <br /> Rien à ajouter, un peu désabusé, mais très beau<br /> <br /> <br /> <br />
V
en effet, vous êtes très optimistes!
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P
<br /> <br /> On ne peut rien vous cacher<br /> <br /> <br /> A bientôt<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> En fait, c'est via Babélio que je suis remontée à ton article ;)<br /> Euh...pour la newsletter, faudra que je vois ça avec Phooka, c'est elle la chef technique !<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> ça me serait bien utile. Merci d'avance et à bientôt<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> Belle analyse Pierre. Je te rejoins complètement.<br /> Dans la mienne j'avais fait une interprétation erronée avec les "anges"...j'ai eu l'auteur après coup, les anges étaient encore du verlan = les gens ! :(<br /> Il n'empèche que c'est come tu le dis un livre à lire, vraiment.<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Salut Dup, ça fait un bout de temps que je l'ai lu celui là ! Effectivement, c'est un super bouquin, et je me rappelle qu'il a fallu que je me limite pour mon article, tant j'en avais à<br /> dire.Faisons en de la pub. A propos, il n'y a pas de newsletter sur ton site, ce qui fait que je passe à travers certains articles ! Merci<br /> <br /> <br /> A bientôt<br /> <br /> <br /> <br />
H
<br /> Je ne pense pas que ce soit une impression. Ça dépasse la fiction parce que c'est en (grande ?) partie de la non-fiction.<br /> Les histoires relatées par les articles de presse intercalés entre les chapitres et dont l'histoire s'inspire assez largement sont elles bien réelles. Et puis si tu lis bien les remerciements, tu<br /> te rendras compte que plusieurs personnages du livre existent bel et bien.<br /> J'ai bien aimé aussi. Ça m'a donné envie d'en lire plus sur la "banlieue".<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Salut Hannibal, on pourrait disserter des heures, mais effectivement le roman est très largement inspiré par la vie du Marseillais. Comme j'ai beaucoup aimé le livre, je veux que les gens le<br /> lisent; et je pense qu'il vaut mieux le prendre comme une fiction inspirée par des faits réels que comme une biographie romancée. Je joue sur les mots mais ça m'a paru important.<br /> <br /> <br /> Merci de ton commentaire et à bientôt<br /> <br /> <br /> <br />
G
<br /> Un sujet effectivement casse gueule...ça me rappelle (un peu) "la vie de ma mere" de Jonquet, qui est plutot négatif (déprimant même).<br /> En tout cas tu le vends très bien et ça me donne envie de le découvrir, bien que je redoute le langage verlan/arabe - encore un exercice casse gueule d ailleurs.<br /> Merci Pierre, pour ce bel article<br /> (message perso hors sujet - le 300ème est imminent...)<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> A mon avis, c'est un livre à lire. C'est vraiment passionnant et on a l"impression que ça dépasse parfois la simple fiction.<br /> <br /> <br /> A bientôt<br /> <br /> <br /> <br />
O
<br /> Ouch!<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> C'est un bon résumé. Et à lire, c'est encore plus prenant et hallucinant<br /> <br /> <br /> A bientôt<br /> <br /> <br /> <br />