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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 17:32
Bastards de Ayerdahl (Au diable Vauvert)

A force d’entendre du bien de Ayerdhal, en particulier sur le site de Jean Marc Actu du Noir, il fallait bien que j’essaie cet auteur. Et je dois dire que c’est un roman très original, aux frontières des genres, entre roman noir, roman d’espionnage, polar et fantastique. Tout cela avec un style d’une fluidité rare et de multiples rebondissements.

New York, de nos jours. Alexander Byrd est un écrivain à succès, ou devrais-je dire était. Depuis son dernier roman, et depuis qu’il a reçu le prix Pulitzer, c’est la panne sèche. Il attend, joue la montre, mais il faut bien se rendre à l’évidence que l’inspiration n’est plus au rendez vous. Quand un ami écrivain lui parle d’un fait divers, et qu’il insiste pour qu’il s’y intéresse, il décide de faire son enquête.

Le fait divers, c’est une octogénaire qui a tué ses trois agresseurs avec un sarcloir, aidée par son chat. Alors qu’il discute avec un enquêteur du FBI, il apprend que ce fait divers n’est pas isolé et tous les indices le mènent vers une vieille dame qu’il va rencontrer : Janet Bond. Mais cette recherche va déclencher un cataclysme dont il n’a pas idée, le laissant imaginer une guerre entre services secrets.

Je ne peux pas vous en dire plus, sur l’intrigue de ce livre, au risque d’en dire trop. Car dans ce roman qui va vite, très vite, les rebondissements s’enchainent, qui vont aboutir à des acènes de bagarres décrites comme les meilleures scènes d’action. Si ce roman est pour moi une découverte de l’univers de Ayerdhal, c’est surtout une révélation : ce roman est impressionnant de bout en bout.

Car après nous avoir présenté ce romancier en panne d’inspiration, on plonge dans du pur roman d’action, avant d’obliquer dans un domaine de roman fantastique, nous montrant une guerre souterraine entre le bien et le mal, entre les chats et les serpents. Le style est extraordinairement visuel et les dialogues parfaitement agencés, c’est du pur thriller fantastique comme j’en ai rarement lu, qui m’a beaucoup fait penser à Laurent Fetis.

Outre les personnages qui sont formidablement dessinés, il ya le style qui est très visuel et qui nous plonge dans des milieux qui sont si habituels, (un simple appartement par exemple, qui deviennent dans les mains de Ayerdhal des endroits inquiétants. Et que dire des entrepôts où des scènes de combats nous font sursauter ou encore des caves qui donnent sur des galeries souterraines humides et inquiétantes. Ayerdhal est réellement un auteur avec un énorme talent.

Et au-delà du roman d’action, Ayerdhal nous donne les clés de son roman : il ne s’agit pas uniquement de parler de la lutte du bien contre le mal, mais aussi de parler littérature. Tous ceux qui vont aider Alexander sont de grands écrivains, comme pour montrer que le salut est à chercher du coté de la littérature. Et les forces obscures sont celles de Wall Street qui mènent le monde à sa perte pour leur seul besoin de pouvoir. Et même si ce roman est essentiellement un roman d’excellent divertissement, même si j’y ai trouvé quelques longueurs surtout dans la deuxième partie, il n’est pas interdit de lire intelligent. Lisez donc ce roman, et vous serez comme moi : impressionné !

Ne ratez pas l'avis de Jean Marc ici

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 17:55
Vous cherchez des idées de polars ?

Sur le Ring – Le sang appelle le sang de Ange MARANDO (IS éditions)

Angelo, jeune Calabrais dont la famille s'est exilée à Marseille, se découvre une passion pour la boxe durant sa jeunesse. Doué pour ce sport, un ami de la famille lui propose d'aller exercer son art en professionnel aux États-Unis. De l'autre côté de l'Atlantique, grâce un excellent entraîneur, il gagne ses combats et gravit tous les échelons qui le mènent alors jusqu'au championnat du monde. Seul problème et de taille, la mafia locale va se mêler à la

compétition pour le titre suprême...

Pourtant, malgré les dramatiques menaces qui pèsent sur lui et sa famille, Angelo ne pourra se résoudre à abandonner ses ambitions et avant toute autre chose, son honneur...

Basée sur une histoire fortement inspirée de faits réels – la vie d'un boxeur et celle d'un chef d'une organisation mafieuse –, la trame de "Sur le ring" suit une route à sens unique, mais si réaliste qu'elle renoue avec le genre.

Pour son premier roman, Ange Marando a su allier boxe, famille et mafia dans un style très fluide, rendant la lecture agréable. Le livre s'adresse à un public majoritairement masculin, mais il peut tout à fait conquérir les lectrices grâce à des ingrédients tels que l'histoire d'amour du boxeur mais aussi et surtout des drames inattendus, qui captiveront toute leur attention.

Jeune auteur marseillais âgé de trente ans, Ange MARANDO est issu d'une famille italienne, plus particulièrement calabraise. Ce détail géographique va avoir son importance puisque l'histoire de cette région, fortement marquée par la célèbre organisation mafieuse "Ndrangheta", va directement inspirer Ange Marando.

Vous cherchez des idées de polars ?

Une ombre au tableau de Joseph Hone (Baker Street)

Ben Contini, peintre à Dublin, d’origine italiano-irlandaise, trouve dans le grenier, après la mort de sa mère, un somptueux tableau dont il est immédiatement convaincu qu’il s’agit d’un authentique nu de Modigliani. Mais il tombe le même jour sur quelque chose d’encore plus troublant : une liste d’un certain nombre de grands tableaux et d’objets d’arts qui semblerait former une sorte d’inventaire. Il commence alors à se poser des ques­tions... D’autant plus qu’aux funérailles de sa mère, Ben a été approché par une inconnue, surgie de nulle part, qui lui a transmis un message urgent de la part de son père mourant, parlant d’un lien mystérieux entre sa fa­mille et celle de Ben.

Ben et Elsa vont partir sur les traces du tableau. Dans une course effrenée à travers l’Europe, de Dublin en Italie, en passant par Paris et l’Allemagne, ils seront entraînés dans le sombre univers des spoliations nazies. Le passé de leurs pères va se révéler bien plus complexe qu’ils ne l’auraient jamais imaginé.

Ce thriller très contemporain vous entrainera dans une aventure pleine de rebondissements. Joseph Hone nous embarque dans un périple où s’enchainent découvertes et coups de théâtre, avec toujours, au centre, ce désir lancinant de faire jaillir la vérité sur les êtres et les choses, quel qu’en soit le coût.

L'auteur, irlandais, s'est déjà faite une belle réputation comme écrivain de thrillers internationaux dans la tradition de John le Carré ou de Len Deighton, avec un soupçon de Graham Greene.

Vous cherchez des idées de polars ?

Gasoline Alley de Pierre Mikaïloff (Alpen éditions)

Dans le Paris interlope des années 2010, Andy, un receleur sans ambition, Vladimir Schmack, un ex-fl ic poussé à la retraite anticipée pour alcoolisme, les frères Ashton, des vétérans du Vietnam à la fortune douteuse, Paula, une prédatrice à la rousse crinière, Gabriel, un ex-agent soviétique, et une poignée de figurants peu reluisants, s’aff rontent dans un ballet frénétique, absurde et destructeur.

Des circonstances imprévues vont précipiter ces personnages qui n’auraient jamais dû se rencontrer dans la quête d’un Saint Graal incarné par une carte-mère réalisée d’après les recherches d’un mathématicien jésuite du XVIIIe siècle.

Plus agités qu’actifs, ce dernier terme sous-entendant une certaine efficacité, les protagonistes se livrent une lutte sans merci où la barbarie le dispute à la bouffonnerie. S’il fallait leur trouver un point commun, ce serait l’addiction. À la nourriture, à l’argent, au pouvoir, à l’alcool, à la drogue, aux jeux SM, aux armes à feu (la liste n’est pas exhaustive)… Un échantillon d’humanité à la dérive, saisi à un moment critique de son histoire, qui tente de survivre et, pour partie, y parviendra.

Ex-guitariste des Désaxés et de Jacno, Pierre Mikaïloff est écrivain, journaliste (Rolling Stone, Rock & Folk, Gonzaï…) et conférencier. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages : polars, poésie, Le Dictionnaire des années 80 (éditions Larousse), et plusieurs biographies de référence (Alain Bashung, Téléphone, Daniel Darc, Noir Désir…). Pour la télévision, il a écrit une cinquantaine d’épisodes de la série documentaire Nous nous sommes tant aimés, diffusée sur France 3 depuis 2010. Pour la scène, il a coécrit deux fictions musicales : [Re] Play Blessures (avec Arnaud Viviant) et Dernières nouvelles de Frau Major (avec Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre), toutes deux consacrées à Alain Bashung.

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 17:09
Petite Louve de Marie Van Moere (La Manufacture de Livres)

Aux éditions de la Manufacture de livres, voici un premier roman d’une jeune auteure dont il va falloir suivre les prochaines parutions, tant sa façon de mener l’intrigue est prometteuse. Ne passez pas à coté de cette Petite louve.

Le premier chapitre est dur : il commence par une scène de meurtre. Une femme abat un homme d’une balle dans la tête. Avant de l’enterrer, elle lui éclate la tête pour récupérer la balle, pour ne pas laisser de traces … comme si cela pouvait effacer le passé. Elle vient de se débarrasser de celui qui a violé sa fille de 12 ans. Puis, elle et sa fille partent pour échapper aux éventuels poursuivants.

Car celui qu’elle vient de tuer est un gitan, Toni. Sa famille n’a plus de nouvelles de lui, alors elle lance aux trousses des deux jeunes femmes Ari et Ivo, les deux frères de Toni. Ce sont deux brutes, sans aucun état d’âme. La course poursuite va se dérouler sur l’ile de beauté, la Corse, devenue pour le coup l’ile des cauchemars. Un voyage entre Marseille et la Corse, un voyage en plein cauchemar.

La louve protège ses petits. Avec un sujet mille fois abordé, Marie Van Moere décline le thème de la vengeance et de l’instinct maternel sur des tons noir sur bleu, noir pour l’ambiance, bleu pour la mer corse et le ciel immaculé. Et ce qui est impressionnant dans ce premier roman, c’est la maitrise de l’intrigue, cette façon de raconter une histoire dramatique, sans en rajouter, mais en nous attirant dans le piège des dernières pages.

Ce que je trouve étrange, c’est aussi cette absence d’émotion. L’auteure reste très distante, très efficace dans son style et rend donc cette histoire d’autant plus dure qu’aucun sentiment ne va alléger cette histoire noire. Et même si par moments, je trouve certains passages inutilement démonstratifs dans une volonté de faire efficace (par exemple en utilisant des morceaux de phrases sans verbe, ce qui n’est pas utile au propos), l’efficacité de l’ensemble m’a épaté. Et je trouve incroyable que les femmes écrivent des romans aussi durs, voire même beaucoup plus durs que ceux écrits par des hommes.

Si la plus grande partie du roman est la course poursuite entre les gitans et le couple des deux femmes à distance, l’auteure évite soigneusement les redites, prouvant là encore sa grande maitrise de son intrigue. On ne cherchera pas à s’identifier aux uns ou aux autres, mais on recevra les scènes comme autant de coups de poings, avec le lecteur en guise de punching-ball.

On y trouve aussi des scènes plus calmes, tout aussi réussies, qui permettent de souffler un peu, mais rassurez vous, la noirceur du propos revient fort vite. Là aussi, dans l’alternance des rythmes, Marie Van Moere fait très fort.

C’est clairement un roman fort prometteur, qui va plaire à tous les amateurs de romans noirs, un roman qui mérite que l’on suive les prochains romans de l’auteure, qui m’a beaucoup impressionné et marqué. Et merci Coco pour le prêt du livre.

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 17:38
Dragon bleu, tigre blanc de Qiu Xiaolong (Liana Levi)

Cela faisait un bon moment que je n’avais pas lu de roman de Qiu Xiaolong, depuis Les Courants fourbes du lac Tai que j’avais bien aimé mais que j’avais trouvé naïf dans son propos. Ce roman relance l’intérêt de cette série d’enquêtes réalisées par l’inspecteur Chen Cao, dont c’est le neuvième volume.

Quatrième de couverture :

Stupeur à la brigade des affaires spéciales de la police de Shanghai. Sous couvert d’une promotion ronflante, l’inspecteur Chen est démis de ses fonctions. Après tant d’enquêtes menées contre les intérêts du pouvoir, pas étonnant qu’on veuille sa peau.

Forcé d’agir à distance, inquiet pour sa vie, Chen affronte l’affaire la plus délicate de sa carrière tandis qu’à la tête de la ville, un ambitieux prince rouge et son épouse incarnent le renouveau communiste. Alors que dans les rues résonnent les vieux chants révolutionnaires, ambition et corruption se déclinent plus que jamais au présent.

Avec une amère lucidité, Qiu Xiaolong réinterprète à sa manière le scandale Bo Xilai qui secoua la Chine en 2013.

Mon avis :

C’est un roman un peu particulier, au sens où il n’y a pas de meurtres, ni d’enquête policière à proprement parler. En fait, l’inspecteur Chen a reçu une promotion, il est nommé directeur de la réforme judiciaire. C’est un titre qui sonne comme le glas d’une carrière pendant laquelle il a titillé les personnages les plus importants de Chine. Mais à force de dénoncer les travers de la société chinoise, on finit par gêner.

Chen a donc pris acte de sa nomination, et est en congés pendant une semaine pour s’occuper de la tombe de son père. Outre sa paranoïa car il pense être à tout moment espionné ou suivi dans la rue, il cherche la raison de son éviction parmi les dernières affaires dont il a la charge. Et cette intrigue permet à Qiu Xiaolong de montrer avec brio combien la société chinoise s’éloigne de ses idéaux.

Certes, l’intrigue avance lentement, mais c’est pour mieux s’arrêter sur tous les aspects, comme un touriste qui se baladerait dans les rues et trouverait à chaque fois qu’il jette un œil à droite ou à gauche des raisons de s’horrifier de ce que son pays est devenu. Du prix du terrain au cimetière qui est tellement élevé qu’il faut être riche pour s’acheter une concession pour la tombe d’un proche à la nourriture bourrée d’hormones voire impropre à la consommation pour que des Gros-Sous puissent se faire plus d’argent sur le dos des pauvres gens, la situation est éloquente.

Etrangement, le style est distant et pas du tout révolutionnaire ou revendicateur. Qiu Xiaolong se contente de nous montrer une situation à propos de laquelle il ne peut rien, et qui ne risque pas de changer, puisque la corruption atteint tous les étages de la société. Et ce qui m’a le plus plu, c’est quand Chen contacte ses amis, d’anciens policiers, et qu’il montre leur honnêteté par rapport aux jeunes cadors, qui ont pris le pouvoir pour l’argent qu’ils peuvent en tirer. En fait, le décalage entre le peuple et les hautes personnalités est remarquablement bien montré et d’autant plus frappant par la manière qu’a l’auteur d’amener son intrigue.

Avec des personnages à la recherche de toujours plus d’argent, quitte à mettre en danger son prochain, Chen trouve refuge dans la poésie et de nombreux passages s’opposent aux différents scandales tels ces porcs morts de maladie qu’un Chinois a racheté à bas prix pour en faire des saucisses qu’il revend à des supermarchés.

Et quand Qiu Xiaolong dit que « la vie en Chine est encore plus invraisemblable que dans ses romans », cela fait peur, très peur. Dragon bleu, Tigre blanc fait partie des bons opus de cette série avec Mort d’une héroïne rouge et Le très corruptible mandarin.

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 17:59
Niglo de Jean Louis Nogaro (Coëtquen éditions)

Niglo, cela veut dire hérisson en langage gitan. Niglo, c’est l’occasion de découvrir un nouvel auteur. Et on se retrouve avec une intrigue policière menée par un groupe de trublions, qui sont journalistes et éditent une feuille de chou locale.

Ça commence par un casse. Ils sont trois, ils ont bien préparé leur coup. Il y a Imir qui avait repéré le distributeur de billets de banque. Bernard, dit le Nard, avait emprunté le camion grue et avait simulé toute la semaine des travaux dans la rue. Léon Farges dit le Barge avait eu l’idée d’arracher le distributeur et de récupérer l’argent. Imir lança la Dauphine à 100 à l’heure, le Barge à ses cotés, Le Nard rangeant les billets dans le sac. Quand une moto s’arrête à leur coté à un feu rouge, Imir envoie deux balles dans la tête du motard. La jeune passagère hurle, le Nard s’enfuit alors que les flics ouvrent le feu. La course poursuite s’engage, et se termine dans un véhicule. Imir s’enfuit alors que la voiture explose et prend feu, laissant un cadavre à son bord.

Trois ans plus tard, la fête du 14 juillet s’approche. A Latourbière-sous-Pilat, près de Saint Etienne, un camp de gitans vient d’être ouvert. L’accueil des premières caravanes est froid, la peur fait des ravages parmi les habitants, surtout quand on découvre le corps d’un gitan assassiné. La gendarmerie va essayer de trouver le ou les coupables et un groupuscule de journalistes locaux qui éditent Le vilain canard va mener leur enquête en parallèle.

Je dois avouer que j’ai été surpris. Surpris par la rapidité, surpris par le style, surpris par l’intrigue aussi. Le résumé que je viens de vous faire est contenu dans les vingt premières pages du roman ; cela vous donne une idée de la vitesse à laquelle avance le roman. Surpris par le style ensuite, car si l’intrigue se situe dans un village des environs de Saint Etienne, si de nombreux personnages apparaissent, l’auteur ne s’attarde pas ni sur les paysages, ni sur les psychologies, pour privilégier la vitesse et l’efficacité. Surpris par l’intrigue je fus, car je m’attendais à plus d’imprégnation dans la vie nomade des gens du voyage et que l’on se retrouve plutôt à suivre une petite bande bien sympathique de journalistes amateurs et indépendants.

Ils sont donc quatre, et veulent faire survivre la tradition des journalistes fouineurs, à la recherche de la vérité. Lucien, Lola, Lucile et Yvon vont donc se démener pour comprendre ce sac de nœuds. Leur jeunesse leur permet d’être inconscient et légèrement irresponsables mais en tous cas jamais prêts à vendre leur âme au nom de l’indépendance. Ils refusent les conclusions hâtives de la gendarmerie, et en cela, je trouve que les membres de la maréchaussée sont peints de façon un peu trop caricaturale. Par contre, en ce qui concerne l’intrigue, Jean Louis Nogaro s’amuse à brouiller les cartes, et dès que vous avez cru comprendre de quoi il retournait, il mélange les cartes pour rendre l’enquête encore plus complexe. Vous l’aurez compris, c’est un bon polar qu’il faut plutôt destiner aux amateurs de romans policiers et qui vous fera passer un bon moment, d’autant plus que la fin, la dernière page, est tout bonnement géniale.

Ne ratez pas le mot de l’auteur sur l’excellent site Livresque du noir qui finira par vous décider à acheter ce roman.

http://www.livresque-du-noir.fr/2014/03/niglo-par-jean-louis-nogaro/

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:30
Quatre pour le prix d'un

Depuis quelque temps, les éditeurs nous proposent des nouvelles ou des novellas en format poche à des prix relativement bas. Voici quatre lectures d’auteurs différents qui peuvent vous donner quelques idées de lecture

Maitres du jeu de Karine Giebel (Pocket)

4ème de couverture :

Il y a des crimes parfaits.

Il y a des meurtres gratuits.

Folie sanguinaire ou machination diabolique, la peur est la même. Elle est là, partout : elle s insinue, elle vous étouffe... Pour lui, c est un nectar. Pour vous, une attente insoutenable. D où viendra le coup fatal ? De l ami ? De l amant ? De cet inconnu à l air inoffensif ? D outre-tombe, peut-être...

Ce recueil comprend les nouvelles Post-mortem et J’aime votre peur.

Mon avis :

Ce recueil proposé à moins de 3 euros est clairement une très bonne affaire.

Post-Mortem nous propose une intrigue machiavélique qui n’est pas sans rappeler les meilleurs romans de Jean Pierre Ferrière. Au menu, un style fluide, et de la créativité dans le scenario qui en fait un excellent moment de divertissement.

J’aime votre peur est plus classique, proposant une course poursuite après un serial killer qui vient de s’échapper d’un hôpital psychiatrique. Si la trame m’a paru déjà vue, je dois dire que la façon de mener l’histoire est bigrement vicieuse et met même mal à l’aise. Mais on a l’habitude avec Karine Giebel !

Quatre pour le prix d'un

Plein gaz de Joe Hill & Stephen King (JC.Lattès)

4ème de couverture :

Sur une route désolée du Nevada, un gang de motards est pris en chasse par un camion fou, apparemment bien décidé à les éliminer un à un. Il n’existe qu’une seule issue pour sauver sa peau : ne jamais ralentir…

Inspiré par le désormais classique Duel, de Richard Matheson, adapté au cinéma par Steven Spielberg dans son premier film, Plein Gaz marque la première collaboration entre Stephen King et Joe Hill.

Traduit de l’anglais par Antoine Chainas

Mon avis :

L’alliance entre le père et le fils ne m’a pas passionné plus que cela. Soit le roman est trop court, soit il est trop long. En tout état de cause, beaucoup de sujets sont évoqués mais à mon avis juste effleurés ce qui fait que je suis resté sur ma faim, comme par exemple la relation entre le père et le fils, justement. La poursuite apparait tard dans l’histoire et même là, je n’y ai pas entendu le bruit de l’acier que l’on broit, je n’y ai pas vu le sang couler. Et comme je ne me suis pas attaché aux personnages, le résultat m’a paru bien fade et décevant. Finalement, j’ai ressorti le DVD de Duel de Steven Spielberg, et je me suis fait un bon trip autour de ce grand téléfilm.

Quatre pour le prix d'un

L’encre et le sang de Laurent Scalese et Frank Thilliez (Pocket)

4ème de couverture :

Au fond d'un vieux garage hongkongais, elle est là. Elle l'attend.

La machine.

Il suffit de taper. Et tout s'écrira, dans la réalité.

Très vite, l'écrivain William Sagnier comprend qu'il tient là l'instrument de sa vengeance. La femme qui l'a trompé. L'homme qui lui a volé son livre. Tous ceux qui l'ont humilié, utilisé, détruit, seront punis à leur tour.

La vie, la mort, la toute-puissance au bout des doigts, là ou se mélangent l'encre et le sang...

Mon avis :

Voici encore une fois une excellente affaire, un roman inédit de deux auteurs reconnus. Et je peux vous dire qu’à la lecture, je me suis éclaté ! J’ai eu l’impression de revenir trente ans en arrière, et de retrouver en train de lire une nouvelle de Stephen King. Car on y retrouve une ambiance impeccable, une inventivité dans cette intrigue fantastique (dans les deux sens du terme. Et quand on a fini les 120 pages de cette histoire, on regrette que cela ne soit pas un peu plus long. Cette histoire, c’est du pur plaisir, de la jouissance littéraire à l’état pur.

Quatre pour le prix d'un

Hécate de Frédéric Jaccaud (Gallimard série noire)

4ème de couverture :

«Le fait divers déverse, divertit, met en branle l’imagination mauvaise de tout un chacun. Sa nécessité ne fait pourtant aucun doute, parce qu’il agite les sentiments de pitié et de mépris sans aucune implication morale ; on ne ressent aucun remords en s’y projetant. Il commence et se termine dans l’impersonnel. Les acteurs de ces petites pièces décadentes n’incarnent personne en particulier ; ils évoluent à l’état brut de caractères théâtraux.»

Le 2 février 2010, Sacha X., médecin de Ljubljana, est retrouvé sans vie à son domicile, le corps déchiqueté par ses trois bullmastiffs. Là s’arrêtent les faits chroniqués en leur temps par la presse internationale. Entre alors en scène un jeune flic, Anton Pavlov, témoin imaginaire de cette scène indescriptible. Cet amoureux secret de littérature se laisse dès lors entraîner dans une quête du sens qui le mènera au-delà de l’obscène : comprendre l’histoire de cette mort étrange, trancher le voile et découvrir derrière celui-ci la beauté, la vérité ou la folie.

Mon avis :

D’un fait divers, Frédéric Jaccaud créé une nouvelle (ou un court roman) qui met franchement mal à l’aise. Entre les scènes explicites et très violente et la descente aux enfers de ce policier, l’auteur pose des questions et laisse le lecteur faire ses propres réponses. Le style de cette nouvelle est formidable, le sujet brulant, et l’ensemble assez impressionnant. On se retrouve en position de voyeur, et on se pose la question de ce qui peut passionner les gens qui s’intéressent aux faits divers. Si le fond est louable et intéressant, la forme parfois « donneuse de leçons » de certains passages peut agacer. En tout état de cause, je vous conseille cette lecture qui est assurément marquante, bien que la violence soit très explicite et donc que certaines pages ne soient pas à mettre entre toutes les mains.

Et n'oubliez pas le principal, lisez !

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 18:01
Filles de Frederick Busch (Folio Policier)

Le choix de ce roman tient à deux personnes : Une amie de mon dealer de livres Coco qui n’arrêtait pas de lui demander quand je me mettrais à découvrir l’univers de cet auteur … à la limite du harcèlement littéraire ! Je lui fais tout de même de gros bisous, à Sophie, et je lui dédie ce billet. La deuxième personne est l’excellent Yan, de l’excellent blog Encoredunoir, qui a écrit un excellent billet ici.

L’auteur :

Frederick Busch est un écrivain américain né le 1er août 1941 à Brooklyn et décédé le 23 février 2006 à Manhattan.

Busch est diplômé du Muhlenberg College et obtient sa maitrise à l'Université Columbia. Il est professeur de littérature à l'Université de Colgate, à Hamilton , New York de 1966 à 2003[1].
Il remporte de nombreux prix, y compris l'American Academy of Arts and Letters Fiction Award en 1986 et le PEN / Malamud Award en 1991.

Il est le père de l'acteur Benjamin Busch .

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Parce que sa vie lui échappe, parce que sa petite fille de quelques mois est morte et que son couple se désagrège, parce qu’il va mal, Jack, ancien flic devenu vigile à l’université, accepte d’enquêter sur la disparition d’une adolescente, Janice Tanner.

Quelque temps plus tard, une autre fillette disparaît... Autour de Jack, s’étend l’interminable hiver nord-américain, la neige qui recouvre tout et étouffe tous les bruits, la terre si dure qu’on n’enterre pas les morts.

« Filles, roman d’amour, roman du désir et roman de la déliquescence, de la bassesse humaine, est un livre-choc. Ces Filles-là fouaillent nos tripes, dégraissent notre conscience. Chantent un hymne à l’amour quand il n’y a que le désamour. » Martine Laval, Télérama

Mon avis :

Quand on commence ce roman, on entre dans un univers, à la fois littéraire et psychologique. D’emblée, on est plongé dans la tête de Jack, un homme malade, dont il ne reste que quelques ruines, de par son passé que l’on va découvrir plus tard. On y retrouve une abondance de petits détails, sur tous les petits gestes qui font notre quotidien, car Jack ne vit plus, il erre comme un fantôme, essayant de sauver ce qui peut l’être dans sa misérable vie.

Jack est marié à Fanny. Depuis qu’ils ont perdu leur enfant en bas âge, leur vie n’est plus la même. S’ils continuent à survivre, ils passent leur temps à supporter leur quotidien fait de routine. Alors, Jack regarde les autres et s’intéresse à leur va et vient. La disparition de cette jeune adolescence va lui donner un objectif, et lui permettre de chercher une rédemption envers les autres, mais surtout aussi envers lui-même. De même, il regarde les femmes, les jeunes filles, et ressent du désir ; il arrive à se prouver qu’il est encore vivant, malgré le fait que son esprit soit mort en même temps que l’enterrement de sa fille.

Ce roman est littérairement impeccable, irréprochable, et c’est passionnant d’un point de vue psychologique. L’enquête n’est ici qu’un prétexte pour fouiller le mental de cet homme à la dérive, et cela pourra en rebuter certains, de la même façon que d’autres y verront un roman culte. Inutile de vous dire qu’en lisant ce roman, j’ai eu l’impression de découvrir un énorme auteur, malheureusement injustement reconnu et trop peu traduit en France. Je ne peux que vous recommander cette lecture incroyablement forte et vraie, pour peu que vous aimiez les romans psychologiques.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 18:30
Ombres et soleil de Dominique Sylvain (Viviane Hamy)

Après l’excellent Guerre sale, voici le tout dernier roman de Dominique Sylvain, qui vient fêter en beauté les 20 ans de la collection Chemins Nocturnes de Viviane Hamy. Guerre Sale fut un coup de cœur Black Novel. Et Ombres et soleil, qui en est la suite aurait tout aussi bien pu l’être. Ma seule réserve est qu’à mon avis, il vaut mieux avoir lu Guerre Sale (qui vient de sortir en format poche chez Points) avant de lire celui-ci.

Lola Jost s’ennuie, ou du moins, elle se retrouve seule, depuis qu’elle a quitté la police et depuis que son amie de toujours Ingrid Diesel est repartie aux Etats Unis. Mais cela ne dure pas longtemps, car le corps du patron de la Police Criminelle Arnaud Mars a été retrouvé sur un chantier d’une maison. Le corps a été abandonné, et il semble qu’il a été abattu d’une balle dans la tête. Mais la température est tellement chaude et le climat tellement humide que le corps est dans un état de décomposition avancé.

L’analyse balistique de la balle montre que l’arme utilisée est celle de Sacha Dugain, l’amie de Lola et ancien amant d’Ingrid. Arnaud Mars a été abattu de front, son assassin lui a pointé l’arme sur le front et a tiré sans remord. Il n’en faut pas plus pour Lola pour se jeter à corps perdu dans cette enquête et démontrer l’innocence de son ami.

Dans Guerre Sale, Dominique Sylvain avait déjà fait une incursion dans la politique étrangère africaine de la France, mais il semblerait que le sujet méritait d’être creusé encore plus profondément. Et en allant un peu plus profond, on se découvre des magouilles nauséabondes, que l’auteure montre, démontre, démonte et dénonce, au travers de faits imaginaires (quoique !) qui vont impliquer les plus hautes personnes de l’état.

Des différents ministères jusqu’aux candidats aux élections présidentielles, tous se battent pour décrocher le Graal, uniquement pour leur illusion de petit pouvoir. Les malversations sentent de plus en plus mauvais, et on s’aperçoit avec ce livre que quand on soulève le tapis, l’odeur nauséabonde devient de plus en plus tenace, dégoutante et révoltante.

Evidemment, on retrouve nos deux héroïnes favorites, toujours aussi actives, ne se laissant pas faire et sachant tirer toutes les ficelles à travers une intrigues aux rebondissements nombreux et incessants, qui laissent au lecteur à la fois peu de temps pour respirer au lecteur mais aussi une envie de dévorer ce roman à la vitesse de l’éclair.

Il y a aussi, je trouve, une évolution dans le style de Dominique Sylvain. Il m’a semblé qu’elle a épuré ses phrases, enlevé tout adjectif superflu, pour ne plus laisser que l’ossature principale. En cela, et avec les sujets évoqués, j’ai trouvé beaucoup de similitudes avec les romans de Dominique Manotti (et pour moi, c’est un hommage !). Et rassurez vous, si vous pensiez avoir tout lu sur les magouilles politiciennes, détrompez vous ! Ce roman va encore plus loin et va bien vous surprendre. Mais auparavant, il vous faudra lire l’excellent Guerre Sale !

Et ne ratez pas l'avis de l'oncle Paul ici

Outre la sortie de Guerre Sale chez Points, les éditions Viviane Hamy proposent les deux polars adaptés Passage du désir et Manta corridor au prix de 5,99 € ainsi qu’un omnibus des trois premières aventures d’Ingrid et Lola au prix de 13.99 € (disponibles à partir du 20 mars) en édition numérique. Tous les autres romans en édition papier sont disponibles à 8,90€. Ne résistez plus !

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 18:52
Tendre comme les pierres de Philippe Georget (Jigal)

Depuis son premier roman L’été tous les chats s’ennuient, vainqueur entre autres du Prix du polar SNCF, je lis tous les romans de Philippe Georget, car je retrouve dans ses personnages une humanité qu’il devient de plus en plus rare de dégotter dans le polar. Le commissaire Sebag a poursuivi ses enquêtes dans le formidable Les violents de l’automne et on attend la prochaine. Entre temps, Philippe Georget nous avait enthousiasmé avec un roman noir que j’ai beaucoup adoré Le paradoxe du cerf-volant. Et voilà qu’avec Tendre comme les pierres, il nous offre un roman d’aventure, un vrai.

Pétra, Jordanie, de nos jours. Le personnage principal et narrateur de ce roman se nomme Lionel Terras, journaliste de profession, solitaire et agressif envers tout un chacun. Il arrive en Jordanie pour réaliser un reportage pour la société qui sponsorise le nouveau chantier archéologique de Rodolphe Moreau. Mais quand il arrive, il apprend que le vieil archéologue est en prison.

En effet, la veille, un jeune enfant sourd muet et attardé a été retrouvé dans le lit du professeur. Il est arrêté et accusé de pédophilie. Lionel Terras va donc profiter de son voyage pour décrocher un reportage supplémentaire, un scoop dans les termes du métier : l’arrestation du professeur. Sachant que le professeur est un homosexuel notoire, les amalgames vont vite se répandre.

L’associée de Rodolphe Moreau, Mélanie Charles va se confronter à ce personnage désagréable, et tenter d’obtenir son aide pour faire libérer le professeur Moreau, d’autant plus qu’il est agé de 82 ans, et qu’un séjour dans les prisons jordaniennes risque de lui être fatal. Bientôt, d’autres événements vont suivre, qui vont amener nos deux personnages à croire qu’un « coup monté » est dirigé contre le chantier de fouilles.

Ce roman comporte tous les ingrédients de ce que j’aime chez Philippe Georget : un décor … et quel décor ! Une ambiance … et quelle ambiance ! De formidables personnages … et quels personnages ! Philippe Georget nous invite à un voyage dans le royaume de l’aventure. Alors, évidemment, on est loin des films d’Indiana Jones, on ne va pas y trouver de poursuites infernales avec des méchants à tous les coins de rues, mais une enquête dans un cadre magnifique.

Car la Jordanie que Philippe Georget nous donne à contempler est magnifique, ces montagnes à fleur de désert, ces monuments créés il y a plus de trois mille ans et que nous serions incapables de copier aujourd’hui. Et non seulement, on contemple ces pierres, mais on sent aussi l’odeur du désert, cette absence de bruit, ce sable si chaud qui passe entre nos doigts. Et Philippe Georget nous fait aimer ces formidables paysages, mais aussi ses personnages.

Entre Lionel et Mélanie, la psychologie est diablement fouillée, sans oublier les autochtones. Lionel est un personnage complexe, cynique et agressif que l’on voit évoluer tout au long du livre. C’est aussi un personnage qui montre la futilité de ce métier de journaliste, toujours prêt à courir après les scoops au détriment des autres. Le personnage de Mélanie est complexe, elle est présentée comme une étudiante, une adjointe au grand professeur, passionnée par son métier mais le doute plane longtemps sur ses motivations : n’est-elle pas l’instigatrice ou l’une des instigatrices du complot contre le professeur Moreau ? C’est aussi une personne touchante, humaine, seule et qui a un profond besoin d’amour et de reconnaissance.

Et puis il y a les habitants, formidables dans leur attitude mais aussi dans leur mode de vie. Et là où Philippe Georget est fort, c’est qu’il arrive à nous plonger dans cette langueur due à la chaleur incessante du désert, à ce rythme nonchalant et à cette philosophie qui imprègne aussi bien les pierres que les monuments que les faits et gestes de tous les gens, leur volonté de bien accueillir les autres parce que c’est inscrit dans leurs gênes.

Les pages de ce roman regorgent d’humanité et de respect. Je vous ai choisi un extrait où l’auteur laisse parler un bédouin, qui se passe de commentaire tant on a l’impression que c’est un Bédouin qui nous parle :

« Notre âme à nous, elle est partout. Celle de nos ancêtres aussi. Notre âme, notre cœur, notre sang, notre vie, c’est le désert (…) Ce que le bédouin possède d’unique lui vient du désert : sa dignité, son courage, sa patience, sa résistance, son humour et sa foi. Les Saoudiens vivent dans des palais luxueux, ils traversent le désert en voitures climatisées, ils ne savent plus ce que c’est que d’avoir chaud et ils ne connaissent plus la faim. Ils suivent mot à mot les versets du Coran mais ils en ont perdu le sens premier qui n’est pas l’obéissance mais la soumission. La soumission à Dieu, mais aussi au désert, à la faim, au froid, à la chaleur et à la soif. Pour nous, Dieu et le désert, c’est pareil. »

Au travers des pages magiques que comportent ce roman, on y trouvera aussi une critique ouverte du journalisme moderne, des moyens de communication omniprésents mais aussi une virulente charge contre le tourisme, ce rouleau compresseur qui pour faire plaisir à quelques riches, n’a pour unique conséquence que de détruire les pays mais aussi leurs habitants dans ce qu’ils ont de plus cher : leurs racines.

Vous l’aurez compris, c’est un roman d’aventure comme on n’en fait plus, car la mode, celle qu’on nous impose, veut que l’on trouve des romans sans temps morts, qui ne prennent plus le temps de regarder les gens, ou même juste le temps de leur parler. Philippe Georget a écrit tout son amour pour ce pays, pour ses habitants, pour leur philosophie de vie que l’on retrouve en tête de chapitre au travers de citations. Et j’aime à la folie !

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 18:29
L’avis de Loley : La chambre d'Hannah de Stéphane Bellat (MA Editions)

Je ne suis pas peu fier d’accueillir pour le première fois une nouvelle invitée. Loley, c’est une jeune femme, complètement dingue de lecture, qui a créé sur Facebook un groupe de lecture appelé READ sur lequel on parle beaucoup de polar. Depuis quelque temps, elle propose ses chroniques à raison de deux par mois environ à différents blogueurs de ce groupe. Et je suis fier d’être parmi les heureux élus ! Pour sa première sur Black Novel, elle a choisi La chambre d'Hannah de Stéphane Bellat.

Je voudrais juste passer un message personnel : Loley, les portes de Black Novel te sont ouvertes, c’est quand tu veux pour une autre chronique !

Quatrième de couverture :

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d’un frère ou d’une soeur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l’espace confiné de son appartement, mise à l’écart parce que juive. Leurs routes n’auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c’est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes. Si La Chambre d’Hannah plonge ses racines dans l’Histoire la plus sombre, c’est aussi le roman sensible et lumineux d’une amitié entre deux enfants qui n’ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu’où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l’impossible ?

L’auteur :

Stéphane Bellat, né en 1961 dans l’ouest de la France, est spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Pendant une dizaine d’années, il rédige des articles pour des magazines d’histoire, devient guide et conférencier autour de la bataille de Normandie. En 2010, il se sent envahi par le besoin d’élargir son horizon et décide de revenir à sa première passion : la littérature fantastique.

L’avis de Loley :

J'ai d'abord rencontré Pierre, un enfant plutôt malchanceux, j'ai adopté son univers, sa famille, son expérience d'écolier, le tout présenté par une jolie plume.

Puis ce fût le tour d'Hannah, du même âge que Pierre mais a une autre époque, une époque bien différente, hostile, cauchemardesque, où l'horreur fût omniprésente de 1939 à 1945. J'ai ressenti le manque de cette petite fille, sa faim, son isolation dû à sa religion, l'injustice qui est sa vie.

Comment deux enfants vont-ils pouvoir faire connaissance avec les cinquante années qui les séparent? Comment est-ce possible? Je vous invite à lire le livre pour satisfaire votre curiosité, dès les premières lignes le lecteur ressent le besoin d'avancer sa lecture pour l'étancher.

Je reviens sur l'écriture car elle est belle et maîtrisée, l'auteur a su créer une symbiose parfaite entre ces enfants si différents mais aussi leurs vécus diamétralement opposés. Certains échanges entre les protagonistes m'ont fait sourire, il y a de la candeur car il est bien difficile de se comprendre avec un demi siècle d'écart tant le langage et les expressions ont évolué.

J'ai relevé ce passage pour vous, sa beauté m'a sautée aux yeux : "Et l'irréparable se produit alors. L'incroyable, le surprenant, l'imaginaire, les séquences aléatoires, les rencontres impossibles sont bannis. Seuls doivent demeurer le certain, le palpable, tous ces artifices qui forment la panoplie de la logique, des analyses rationnelles. C'est ce matin précis que choisit un enfant pour mourir et renaître dans l'enveloppe d'un adulte".

Il nous est tous arrivé de lire un livre sans rien ressentir de particulier, peut-être par manque de profondeur. Pour le coup, "La chambre d'Hannah" est sûrement un de ceux qui m'a le plus remué sur le plan émotionnel. Ce livre est un concentré de beauté face à toute cette horreur. La fin et le dénouement m'ont vraiment étonné, je n'ai rien vu venir quand les pièces du puzzle sont venues se mettre en place les unes après les autres et les larmes ont menacé de venir à de nombreuses reprises. A partir de la moitié du livre, les frissons ne m'ont plus quittée, j'ai eu peur pour ces petits personnages, j'ai vécu avec eux les camps de concentration, les rafles, la mort.

J'ai eu l'immense chance de discuter avec l'auteur, il m'a immergée dans l'histoire de notre pays, notre histoire, c'est un homme passionné mais pas seulement, il est particulièrement impliqué sur le plan personnel. J'en suis ressortie riche et la gorge nouée, des phrases en hébreu données puis traduites, une chanson juive écoutée mais aussi des informations et des faits réels échangés. Il nous parle d'une petite fille juive, une histoire magnifique et dure, j'y ai vu un superbe hommage à tous ceux qui sont morts pendant la seconde guerre mondiale, ceux qui ont été déportés mais aussi à toutes les personnes qui ont tentées d'arrêter ce génocide.

Je remercie Stéphane BELLAT et M.A Editions pour cette lecture enrichissante et émouvante.

Laissez-vous séduire par sa couverture classieuse, ce qu'il se passe derrière vaut le détour...

Nitra’e bekarov Stéphane (à bientôt en Hébreu).

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