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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 18:06
Adieu de Jacques Expert (Livre de poche)

Adieu est un roman qui va me permettre de découvrir un nouvel auteur français et je dois dire que j’ai bien apprécié cette lecture au scenario implacable. Du pur plaisir pour ceux qui aiment se faire manipuler.

Ce roman se déroule entre 2001 et 2011, soit dix ans de la vie du commissaire Hervé Langelier. L’histoire commence en 2011, lors du pot de départ en retraite de Langelier. Il ne tient pas forcément à ce genre de cérémonie, mais tous ses anciens collègues sont présents pour fêter le départ d’un des enquêteurs les plus doués mais aussi les plus controversés. Après quelques coupes de champagne, il décide de raconter ses dix dernières années et surtout son enquête sur les meurtres de 2001.

Février 2001. Une femme et ses deux enfants sont découverts assassinés chez eux. La femme a été égorgée dans la cuisine et les enfants étouffés dans leur sommeil. On ne retrouve aucune trace du père. Au mois de mars 2001 un autre couple est retrouvé selon le même scenario se reproduit, une femme et trois enfants morts et pas de traces du mari. Puis la même chose se reproduit en avril et mai.

Alors que la police sous l’impulsion du chef de Langelier, Jean Louis Ferracci pense à un tueur en série, Langellier est persuadé, envers et contre tous, avoir affaire à un des pères qui a monté un scenario pour se débarrasser de sa famille. Si cela parait trop diabolique pour Ferracci, Langelier va se plonger dans cette hypothèse jusqu’à un dénouement à la fois inattendu et redoutablement bien construit.

Globalement, on peut diviser ce roman en deux parties, la première présentant les 4 meurtres de 2001 et l’enquête qui a suivi puis l’histoire racontée par Langelier sur dix années de sa vie à trouver et démontrer que son hypothèse est la bonne. Si la première partie est très détaillée et occupe un quart du livre, la deuxième partie est plus intéressante au sens où on entre dans la tête de cet homme qui va petit à petit s’enfoncer dans ses certitudes jusqu’à ne plus être objectif, jusqu’à la folie.

Car si la quatrième de couverture indique un duel entre Langelier et Ferracci, c’est surtout le personnage de Langelier qui occupe le devant de la scène, menant son équipe sur une de ses idées jusqu’à ce qu’il se retrouve petit à petit abandonné par tous, puis complètement isolé. Langelier va donc s’enfermer dans ses certitudes, et plonger dans les abimes de son esprit malade jusqu’à basculer dans une folie autodestructrice, juste pour se persuader qu’il a raison, qu’il est seul contre tous, et qu’il sera enfin reconnu pour ses mérites.

Langelier va tout perdre, aussi bien dans sa vie personnelle que professionnelle pour se consacrer à son enquête, découvrant au moindre indice tous les arguments pour étayer son hypothèse. On est loin des thrillers au rythme effréné, puisqu’il s’agit plutôt d’une enquête minutieuse consistant à assembler les pièces d’un puzzle, avec tout ce qu’il faut de fausses pistes et de témoignages subjectifs.

Et le lecteur que je suis va suivre le témoignage de Langelier page après page, en avalant tout ce qui est dit, en acceptant toutes les hypothèses avancées jusqu’à s’percevoir dans les dernières pages qu’il s’est bien fait manipuler. Et si parfois je peux regretter quelques longueurs, je dois avouer que le scenario de ce roman est bien construit et que l’on ressort de ce voyage dans un esprit malade avec la satisfaction d’avoir lu un bon roman.

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 18:13

Etrange-destin-Katherine-carr.jpgVoici le dernier roman en date d’un de mes auteurs favoris. Pour qui a lu Les feuilles mortes, Mémoire assassine ou bien Au lieu-dit Noir Etang, tout roman de Thomas H.Cook fait office d’événement. Celui-ci reprend les obsessions de l’auteur sur une variation originale.

George Gates est journaliste dans un journal local. Son fond de commerce est d’écrire des portraits des gens simples du cru. Il n’a pas eu une vie facile, ayant perdu sa femme lors de l’accouchement de son fils. Il y a sept ans, son fils a été enlevé par un homme, et le corps du petit garçon a été retrouvé plus loin, noyé. George ne se remettra jamais de la mort de Teddy, son petit garçon qu’il n’a jamais su protéger, d’autant plus que l’assassin court toujours. L’assassin de son fils n’a jamais été arrêté.

Dans un bar, George est attablé à sa place habituelle. Arlo, un flic à la retraite le rejoint. Il est hanté par deux enquêtes qui n’ont pas abouti : la mort de Teddy et la disparition d’une jeune femme vingt ans plus tôt. Elle s’appelait Katherine Carr. George voit en Arlo un bon sujet d’article, alors il feint de s’intéresser à la disparition de Katherine. Celle-ci a laissé des poèmes ainsi qu’un bout de roman étrange, qui alterne entre présent et passé.

George rencontre aussi la petite Alice, atteinte de progeria, la maladie du vieillissement accéléré. Une relation va se créer entre eux, George y voyant un autre sujet d’article et Alice une occasion de parler avec un adulte sans a priori. George va lui parler de Katherine et ils vont tous deux lire le roman de l’auteure et essayer de comprendre ce qui lui est arrivé.

Je ne pouvais pas passer au travers du dernier roman en date de Thomas H.Cook, qui fait partie des auteurs dont j’achète les yeux fermés (et ce n’est pas facile) les livres. Et au travers des thèmes qui hantent l’œuvre de cet auteur, la famille, la mémoire, les souvenirs, il était normal que Thomas H.Cook mette dans un de ses romans un personnage dont il insérerait des mémoires.

Alors, certes, ce ne sont pas des mémoires mais un roman écrit par Katherine Carr. Et puis, il divise en trois parties les 300 pages de cette intrigue, une par personnage (Arlo, Alice et Katherine Carr). Comme d’habitude, le style est envoutant, la psychologie subtile et le rythme lent. Et on se laisse porter par ce faux rythme pour ne découvrir la chute qu’à la toute dernière page. Il y a quelque chose d’intemporel dans tout ce qu’écrit Thomas H.Cook.

Ceci dit, je dois dire que ce roman m’a moins emporté que les autres. Je ne me suis pas laissé prendre par l’histoire de George Gates, je n’y ai pas trouvé les petits détails qui d’habitude me harponnent comme de petits hameçons. Et puis, si le but est bien de manipuler le lecteur, il m’a fallu plus de la moitié du roman pour être accroché à l’histoire. C’est un roman que j’aurais lu sans passion, et à coté duquel je suis probablement passé, parce que je n’ai pas su y trouver la scène, la petite phrase, le sourire ou le dialogue qui m’aurait époustouflé, tenu en haleine, intrigué ou ému. Ce roman à l’atmosphère évanescente, mystérieuse et brouillardeuse m’aura laissé indifférent. Mais cela ne change en rien ce que je pense de Thomas H.Cook et de son œuvre. N’hésitez pas à me donner votre avis, pour me faire regretter ce que j’ai raté !

 

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 17:45

Criminels ordinairesRevoici donc Larry Fondation, après la sortie l’année dernière de Sur les nerfs, une sortie fort remarquée grace au style de l’auteur, sans concession, fait à base de saynètes. Sur les nerfs abordait les années 80 à Los Angeles, Criminels Ordinaires aborde les années 90.

Quatrième de couverture :

La flash-fiction de notre époque : rapide, violente et sexy.

Après Sur les nerfs (Fayard, 2012), Larry Fondation ouvre un nouveau chapitre d'une vaste biographie de Los Angeles, qui se veut aussi l'histoire de la pauvreté au cœur de la plus grande démocratie du monde.

Ses criminels sont les citoyens ordinaires de la jungle urbaine. Par un passage à l'acte, ils libèrent le mal tapi en eux. Délit de fuite, racket, mensonge, cavale éternelle. En quelques mots, simples et flagrants comme un délit, Larry Fondation fait surgir un concentré de réalité. Et nous embarque avec lui.

Médiateur de quartier, il ne nous parle pas de la vie comme dans les livres, mais comme nous la vivons.

Mon avis :

Larry Fondation parle de sa ville au travers de cartes postales, de moments volés, de scènes probablement réelles. Il n’y a donc pas à proprement parler d’intrigue à suivre, de personnage principal à aimer ou détester. Fondation nous montre (plus qu’il nous décrit) la vie des petites gens, leur quotidien fait de sexe et de violences.

A nouveau, j’ai été emporté par le style efficace et bigrement évocateur de cet auteur. En une phrase, il va vous placer dans un bar, au milieu de poivrots ou de junkies, et en une phrase, l’un d’eux va se prendre trois balles dans le corps. Ce roman est plein de sexe comme si ce n’était que le seul échappatoire à un quotidien dominé par les émeutes de Los Angeles, mais c’est du sexe sale, violent, méchant. De même, la moindre scène est pleine de rage, de sang, de morts.

C’est un roman aussi court que le précédent, 150 pages de fulgurances, d’instantanés comme des polaroids que l’on regarderait. La différence, c’est que Larry Fondation nous plonge la tête dans le seau, il n’apporte pas de message, ce n’est pas son rôle ; Il agit comme un journaliste qui ne prend pas position pour montrer le monde tel qu’il est réellement.

Sur-les-nerfs.jpgComme pour le premier roman, si je suis ébahi devant le talent d’évocation de cet auteur, je dois dire que j’ai du mal à me raccrocher à une intrigue ou un personnage. Cela me donne l’impression de lire des nouvelles, dont le contexte est le même. Et Criminels Ordinaires me parait plus abordable que Sur les nerfs, si le talent d’évocation de Larry Fondation est toujours évident et flamboyant, j’ai tout de même un peu de mal à me passionner pour un roman qui ne me parait pas en être un.

Que cela ne vous rebute pas, Larry Fondation est probablement l’un des auteurs contemporains les plus doués de sa génération, à l’égal d’un Donald Ray Pollock ou un Eric Miles Williamson, et vous devriez essayer. Il se pourrait que cela soit pour vous un choc comme vous en aurez rarement ressenti.  

Sur les nerfs vient de sortir en poche, au Livre de poche.

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 18:21
Femmes sur la plage de Tove Alsterdal (Actes sud)

Voici un premier roman d’une jeune auteure suédoise qui aborde un sujet délicat et difficile, l’esclavagisme moderne.

Quatrième de couverture :

A l’aube, Terese, une jeune Suédoise, se réveille sur une plage du Sud de l’Espagne. Elle descend vers la mer en chancelant et trébuche sur le cadavre échoué d’un Africain. A la faveur de la nuit, une femme débarque en cachette dans le port voisin. Elle est arrivée en bateau clandestinement et a été sauvée des vagues. Elle s’appelle Mary, mais plus pour très longtemps. A New York, Ally tente désespérément de joindre son mari, un journaliste célèbre qui travaille en free-lance. Il s’est rendu à Paris pour écrire un article sur l’esclavage moderne et le commerce d’êtres humains. Bravant sa claustrophobie, Ally s’envole pour l’Europe afin de retrouver le père de l’enfant qu’elle porte.

A travers le douloureux destin de trois femmes, Tove Alsterdal interroge nos préjugés les plus ancrés et fouille les zones d’ombre d’une Europe prête à tous les marchandages. De Stockholm à Tarifa en passant par Paris, Prague et Lisbonne, elle signe un thriller troublant qui conjugue les verbes “acheter”, “vendre” et “tuer” à tous les modes.

Mon avis :

Nous allons suivre le chemin de trois femmes, mais c’est surtout Ally, la jeune épouse de Patrick Cornwall qui occupe le devant de la scène. Alors qu’elle tombe tout juste enceinte, elle va rechercher son mari qui est parti pour un reportage en France à Paris. Elle va découvrir les dessous de l’immigration illégale, mais aussi l’esclavagisme moderne, celui qui consiste à faire venir des Africains pour effectuer des travaux « que les Européens ne veulent pas faire ».

La documentation et la description de Paris est tellement bluffante, les faits divers décrits tellement actuels que l’on s’y croirait. Assurément, Tove Alsterdal a bien potassé son sujet pour les insérer dans son intrigue. Et le roman se lit très facilement, basé essentiellement sur des dialogues.

Mais c’est là où j’ai eu du mal à accrocher : j’y ai trouvé bien peu de psychologie, les dialogues me semblant bien plats et l’ensemble me paraissant finalement plus bavard que passionnant. Et pourtant, le sujet, le commerce de hommes et femmes, me paraissait bien intéressant, et méritait certainement mieux que ce roman au final bien moyen. Voilà donc une lecture qui laissera bien peu de traces.

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 17:36
Un corbeau au 36 de Aurélie Benattar (Les nouveaux auteurs)

Ce roman a reçu un coup de cœur de Eliette Abecassis dans le cadre de l’élection du Grand Prix Femme Actuelle. Mais ce n’est pas pour cela que je l’ai lu, mais bien parce qu’il s’agit d’un premier roman. Eh bien, je me suis laissé prendre au jeu de ce bon roman policier. Et retenez bien ce nom, Aurélie Benattar, car elle pourrait bien devenir un nom dans le roman policier français.

Tout commence par un meurtre dans une pizzeria : une femme est découverte dans les toilettes assassinée de plusieurs coups de couteau. Stephane Fontaine et son équipe du 36 quai des Orfèvres sont appelés sur les lieux. Au moment de partir, Fontaine découvre sur son bureau une lettre, écrite par une femme, qui dénonce un viol. Fontaine n’en parle à personne, pressé qu’il est d’aller sur la scène du crime.

Jean Paul Richard, le chef de la police criminelle annonce aussi à Fontaine qu’il va être secondé par Sophie Dubois, une jeune stagiaire. Les constatations sur place font penser à un crime prémédité et les policiers cherchent parmi les proches de la victime. Mais Fontaine, de retour au bureau, parle de la lettre du corbeau, surtout quand une deuxième apparait. L’auteur semble faire partie de la police criminelle et ils décident de faire appel à une graphologue Anne Bourdon pour déterminer la psychologie du corbeau.

Je dois dire que le début ne m’a pas trop plu, car j’ai été ennuyé par le style simpliste de l’auteur et par certains dialogues que j’ai trouvés trop longs. Voilà ! ce sont les seuls reproches que je peux faire à ce roman, car pour ce qui est du reste, ce roman est une vraie découverte basée sur le doute. Et comme le style est uniforme, il est impossible de déterminer qui est qui, qui joue avec qui, qui manipule qui. Jusqu’à une fin qui est des plus surprenantes …

Aurélie Benattar a du bien potasser l’organisation de la police criminelle, car des lieux à la hiérarchie, tout y est impeccable. Le déroulement est parfaitement logique et suit la logique d’une enquête policière. On y suit donc Stéphane Fontaine et son équipe, ainsi que les nouveaux arrivants, sous la direction du juge.

Mais ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la manipulation de l’auteur tout au long du livre. Stéphane Fontaine est au centre de l’histoire, alors on le suit allègrement, et on se prend immédiatement en sympathie. Au fur et à mesure que les lettres du corbeau arrivent, on se pose des questions et l’auteur nous enfonce la tête dans le seau en insistant sur le fait que le corbeau fait partie du 36. Au bout d’un moment, on se met à soupçonner tout le monde, on est à l’affut de la moindre remarque, de la moindre description, de la moindre parole, pour essayer de deviner qui est qui.

Fichtre ! J’aurais passé un sacré bon moment avec ce roman, ayant été surpris par le dénouement, manipulé de bout en bout, mais heureux de m’être fait avoir comme cela. J’ajouterai juste que c’est un roman policier pur jus et qu’il est plutôt à réserver aux fans du genre plutôt qu’aux adeptes de thriller rythmé. Je vous le disais en introduction, ce premier roman est une réussite, et le nom d’Aurélie Benattar est à noter sur vos tablettes.

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 17:31
Lames de fond de Chris Costantini (Editions Glyphe)

Après la critique dithyrambique de RTL dans c’est à lire, il fallait que je lise ce roman. Ayant raté l’auteur à Saint Maur, voici donc ma séance de rattrapage.

Thelenious Avogaddro dit « Thel » est un ancien policier à New York qui s’est reconverti en détective privé. Alors que son ami John Davenport lui installe internet dans son tout nouveau bureau, une jeune femme débarque dans son bureau. Elle vient de recevoir un appel d’un avocat lui annonçant la mort de son père, alors qu’elle est sensée être orpheline depuis l’âge de 4 ans. Après son adoption, elle a pris le nom d’Ingrid Malowre.

L’avocat en question lui envoie une carte postale représentant un paysage de Tanzanie, et expédiée d’Afrique en 1945. Ingrid qui sait qu’elle est née en Allemagne lui demande de faire le jour sur ses origines, d’autant plus qu’elle est atteinte d’une maladie incurable et qu’elle n’en a plus que pour quelques semaines. Thel, qui vient d’embaucher Carol une acienne collègue de la police va se lancer dans cette enquête dans l’espoir de récupérer la moitié de l’argent de l’héritage … s’il y en a un.

Vous l’aurez deviné, ce roman (puisque je n’ai pas lu les romans précédents de Chris Costantini) est un hommage non déguisé à Raymond Chandler et son détective Phillip Marlowe. Et c’est un hommage réussi tant j’ai eu l’impression de lire une aventure de Marlowe au 21ème siècle. Et que c’est amusant de partager des enquêtes avec un personnage réticent envers les nouvelles technologies. Donc, l’enquête va se dérouler « à l’ancienne », à base d’interrogatoires, de voyages et de révélations.

Vous l’aurez compris, le personnage principal est fan de jazz, et le style légèrement nonchalant rappelle les rythmes lancinants de certains morceaux. On s’attache immédiatement à Thel, personnage éminemment sympathique, qui va démêler les fils de cette intrigue avec beaucoup de logique. Car Chris Costantini aura pris soin de semer des indices … Bref, tous les codes sont là.

Et le sujet, me direz vous ? Comme Ingrid est une personne âgée, c’est du coté de la deuxième guerre mondiale qu’il se situe, et en particulier au sujet de l’or des nazis, ces cargaisons qui ont disparu et que les Allemands auraient essayé de sauver pour former à l’étranger le quatrième Reich. Faisant preuve d’une grande recherche documentaire et d’une grande facilité pour nous informer sur cette énigme historique, je dois dire que ce roman est une franche réussite. Bref, ce Lames de fond est une très bonne lecture qui va me pousser à lire les précédents romans de Chris Costantini.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 17:23
Zalbac Brothers de Karel de la Renaudière (Albin Michel)

Un petit tour dans le domaine de haute finance, c’est le voyage auquel nous invite ce Zalbac Brothers, au titre mystérieux et au sujet qui peut être sulfureux.

Jean Demester est Français, il vient de finir ses études de mathématiques et finances et il quitte la France pour les Etats Unis suite à mort de sa mère. Il se retrouve alors voiturier pour un hotel de luxe de Park Avenue. C’est alors qu’une Maybach s’arrête à son niveau, avec au volant un vieil homme qui écoute de la musique classique. Au bout de quelques questions, il lui demande de passer à son travail, au siège de Zalbac Brothers.

Le vieil homme est Bruce Zalbac, propriétaire de Zalbac Brothers, la célèbre boite financière qui s’occupe de fusions d’entreprises. Jean n’a rien à perdre et se présente le lendemain. Paul Donovan l’accueille et lui fait visiter les bureaux. Au 17ème étage, c’est La galère, l’étage réservé aux stagiaires, « le niveau zéro de la conscience ». Ils travaillent comme des forcenés pour faire des photocopies de dossiers et apporter les cafés. Juste au dessus, il y a les analystes, les agents bêtas. Puis, viennent les vice-présidents sous la responsabilité des directors, et enfin les managings partners.

Jean Demester va donc découvrir le domaine sans pitié de la haute finance et gravir les échelons un par un dans une ascension vertigineuse, jusqu’à une chute programmée et irrémédiable.

Ce roman peut être lu à plusieurs niveaux. Karel de la Renaudière nous a concocté un thriller financier, fait de phrases courtes et de chapitres courts, allant à un rythme effrené pour suivre l’itinéraire foudroyant de Jean sur quelques années. On n’a pas le temps de s’ennuyer tant cela va vite, et tous les ingrédients sont là pour passionner le lecteur, car tout est expliqué simplement jusqu’à une histoire d’amour avec une riche héritière. Si on est loin d’un Martin Eden de Jack London, j’ai plutôt eu l’impression de revivre les premiers Paul Loup Sulitzer tels que Money ou Cash (avant que Sulitzer se perde dans des romans illisibles à mon gout).

Le deuxième niveau est la découverte du monde de la finance et le dégout que l’on peut éprouver à la lecture de ce roman. Les personnages sont tous aussi détestables et vains. Leurs seules motivations sont l’argent et le pouvoir, voyageant de palaces et palaces, fréquentant des gens de la haute comme on dit, entre rois du monde.

Même si Karel de la Renaudière veut rendre son personnage principal sympathique, le montrant gentil, plein d’envie et honnête (?), j’ai quand même eu du mal à éprouver de l’empathie envers ce jeune homme qui détruit des sociétés pour créer des conglomérats tous puissants. Il faut dire que les aspirations de ces gens là sont tout autres, qu’ils ne cherchent ni l’amour, ni la compagnie d’une bien-aimée, mais qu’ils veulent faire un gros coup, le plus gros coup pour faire le plus d’argent possible.

Nul doute que ces gens là existent dans le monde d’aujourd’hui, et l’auteur n’a pas voulu montrer le tableau plus beau qu’il n’est. Il a bâti un thriller aussi réaliste que possible, qui pourra ravir les amateurs de thrillers financiers car il tient la dragée haute à certains auteurs américains, mais en ce qui me concerne, cela n’aura fait que me confirmer dans mes opinions.

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 17:47
Fin d’Amérique de Damien Ruzé (Krakoen)

Cette chronique pourrait s’appeler A la découverte d’un nouvel auteur. Alors, retenez bien ce nom, Damien Ruzé, car il se peut bien que vous en entendiez parler dans un futur proche. Cet auteur a un incroyable talent pour allier force psychologique des personnages et brossage d’ambiance. Voici Fin d’Amérique, un fantastique roman policier.

2004, Loiret. Une voiture est découverte dans la Loire. Le lieutenant Zollinger de la police judiciaire est appelé sur les lieux. Il s’avère que cette voiture aurait participé à un braquage d’un bar quelques jours auparavant. Lors de leur fuite, les voleurs ont percuté une jeune fille en scooter, qui est dans un état critique à l’hôpital. Zollinger ouvre le coffre, suivant une sorte de sixième sens … et découvre à l’intérieur le cadavre d’un jeune homme.

Rapidement, le corps livre son identité, il s’agit de David Lagardière, jeune acteur de films X sous le nom de Woodendick pour la taille de son appendice. Mais c’est aussi le fils du célèbre homme politique Jean Marc Lagardière, qui a participé à quelques magouilles financières avec des puits de pétrole en Ukraine. Entre les jaloux des films pornographiques, les histoires de cœur, les trafiquants de drogue et les truands de haut vol, qu’ils soient de l’est de l’Europe ou de France, Zollinger va avoir fort à faire pour démêler les fils de cette intrigue complexe.

Le plaisir de lire un livre commence par sa couverture. Si celle de Fin d’Amérique est sobre, noire avec un cerf agrémenté de quelques taches de sang, elle est en fait cartonnée, d’un carton épais comme l’était celle de la Série Noire d’antan. Cela donne une impression de sérieux, d’importance, et cela se démarque de ces couvertures cartonnées souples qui se cornent au moindre transport. Vous allez me trouver maniaque ? Peut-être. C’est aussi la raison pour laquelle je m’étais abonné à France Loisirs il y a fort longtemps avant qu’ils ne décident de passer aux couvertures souples. C’est donc avec un énorme plaisir que j’ai ouvert ce livre.

Et dès les premières pages, il est clair que Damien Ruzé est un auteur avec un style très littéraire, très posé. A force de lire des romans avec des phrases tronquées, des dialogues d’une demi ligne, on oublie que l’on est capable de raconter une histoire de façon littéraire, que l’on est capable de faire monter la tension en écrivant bien, clair et explicite, mais juste ce qu’il faut. Et si dans les dialogues apparaissent des anglicismes ou des abréviations, c’est pour mieux nous imprégner de l’époque. Et cela montre un sacré décalage avec le style que je n’ai pas trouvé désagréable.

Le personnage de Zollinger occupe le centre de l’intrigue, puisque l’histoire est racontée à la première personne. Dans la façon d’aborder la psychologie du personnage, dans la façon de raconter sa vie quotidienne, j’y ai retrouvé du Philippe Djian, cette manière d’être explicite mais pas trop dans la fouille psychologique du personnage principal. Ce flic n’est pas alcoolique, il abuse juste de café et de cigarettes. Il n’est pas divorcé ni veuf, il est juste amoureux et a peur de s’engager, préfère se plonger dans son enquête plutôt que de se poser des questions sur sa vie privée.

On y retrouve aussi au travers de ces 5 chapitres et 360 pages beaucoup de références et beaucoup de styles différents. Et ce que j’ai trouvé extraordinaire, c’est que Damien Ruzé est à l’aise et convaincant dans tous les styles. Que ce soient les scènes intimistes ou les scènes d’action, les déductions ou les dialogues, ce roman est un petit joyau de plaisir de lire. Si les chapitres sont longs, c’est aussi pour mieux nous imprégner du récit déroulé par Zollinger, avec un talent littéraire incroyable. Et puis, Zollinger étant un chasseur, nous avons droit à des passages de chasse dans les bois d’une beauté saisissante, qui m’ont rappelé Deer Hunter (Voyage au bout de l’enfer en français) du génialissime Michael Cimino.

Enfin, le dernier chapitre, ou peut-être devrais-je dire la dernière partie est d’une tension incroyable. Et je peux vous dire que lire cent pages en apnée, sans respirer, c’est dur. J’ai terminé ce roman réellement emballé et un peu rouge (à force de ne pas respirer). Et si cela se termine par le mot Fin, je n’ai qu’un regret : c’est le risque de ne pas retrouver Zollinger. Hey, Monsieur Ruzé, ne pourriez-vous pas faire comme M.Finger, c'est-à-dire nous écrire une autre enquête de Zollinger ?

L'avis de l'oncle Paul est ici

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 05:02
Djebel de Gilles Vincent (Jigal)

Jigal nous a dégotté là une véritable petite perle noire, de la part d’un auteur que j’avais eu la chance de découvrir avec Parjures. Déjà, j’étais tombé sous le charme de son héroïne principale et j’avais été envouté par l’efficacité du style. Si l’on ajoute un sujet important et bigrement émouvant, cela donne un excellent polar que vous vous devez de lire rapidement sous peine de passer à coté d’un excellent moment de lecture.

Mars 1960, à Ouadhia en Kabylie. Antoine Berthier est un jeune soldat qui vient de passer dix huit mois en pleine guerre. A trois jours de la quille, il a comme un gout amer dans la bouche. Le capitaine Murat l’a choisi pour être son opérateur radio car il le juge trop tendre pour les combats, et du coup, Antoine se demande ce qu’il va bien pouvoir raconter sans passer pour un pleutre. Il n’aura assisté à aucun combat, n’aura tué aucun Algérien. Alors, ses camarades Ferrero, Mangin, Michaud et Hadj lui préparent un baptême du feu. Sur le bateau du retour, à l’arrivée à Marseille, on remet à la famille d’Antoine son cercueil, en leur expliquant qu’il est mort en héros au combat.

Septembre 2001, Marseille. Viviane Dimasco, la sœur jumelle d’Antoine contacte Sébastien Touraine, ancien flic à la brigade des mœurs et aux stups, et détective privé de son état. Un des camarades d’Antoine aurait dit sur son lit de mort qu’Antoine s’est en fait suicidé sur le bateau du retour. Elle l’engage donc pour qu’il découvre la vérité et qu’il soulage Viviane. Mais, rapidement, tous les anciens soldats et compagnons d’Antoine meurent dans des circonstances suspectes.

254 pages ! Pendant 254 pages, Gilles Vincent va vous prendre par la main et vous faire courir. Grace à son style rapide et sec, avec juste ces deux ou trois petits détails qui suffisent à décrire une scène, il va construire un modèle de polar. Du prologue qui vous cuit sur place par le soleil écrasant des montagnes de pierre jusqu’au final haletant, le rythme de ce roman est tout simplement hallucinant. De la première ligne à la dernière.

Et que dire de l’intrigue, tirée au cordeau, toujours sous tension, sans aucun temps mort, avec des rebondissements aussi inattendus que violents et surtout marquants. Fichtre ! Quand vous ouvrez ce livre, c’est pour le reposer au bout de 70 pages, par hasard, parce que quelqu’un vient de vous poser une question qui vous sort de ce marasme.

Le thème est tout aussi important et formidablement bien traité. Car si on peut penser à une recherche d’un tueur, j’ai vite ressenti de l’empathie envers les victimes, avant de me rendre compte que l’on parlait de la guerre, et qu’une guerre propre, ça n’existe pas. D’un coté comme de l’autre, on se bat pour un bout de territoire ; d’un coté comme de l’autre il s’agit de descendre l’autre, l’ennemi, avant qu’il vous descende ; d’un coté comme de l’autre, on fait des horreurs inimaginables en temps de paix.

Et puis, ce roman qui est le premier d’une trilogie consacrée à Sébastien Touraine est aussi l’occasion de la rencontre entre Sébastien et Aïcha Sadia, jeune femme d’origine kabyle aujourd’hui commissaire principale. Si on peut penser que ces moments vont être de tout repos, détrompez-vous. Même dans ces scènes, il y règne une tension, liée aux origines même d’Aïcha.

Et en plein milieu de cette lecture en apnée, qui va à 100 à l’heure, on y trouve des vérités, qu’il ne fait pas bon dire. Alors il vaut mieux les écrire. Celle-ci que j’ai prélevée vers la fin illustre bien les cicatrices encore ouvertes, qui ne saignent plus mais à propos desquelles il ne faudrait pas grand-chose pour dégénérer. Et je la trouve remarquable de vérité, d’efficacité, de vérité :

« Et quarante ans après, nos deux pays en sont toujours à se méfier l’un de l’autre. Et tu sais pourquoi ? Parce que de chaque coté de la Méditerranée, les hommes ont la mémoire qui saigne encore. Voilà pourquoi. C’est pas la peine d’aller chercher plus loin. »

Remarquable du début à la fin, avec des personnages bien trempés, un sujet fort, ce roman est une véritable petite perle noire. Et comme c’est édité au format poche, vous n’avez aucune excuse pour ne pas le lire. Quant à moi, je souhaite de tout cœur que Jigal réédite les deux volumes suivants, mettant en scène Sébastien Touraine et Aïcha Sadia. Pour finir, voici quelques avis glanés sur le net, dont celui de Carine sur le blog Lenoiretmoi qui m’a poussé à lire si rapidement ce livre.

http://lenoiremoi.overblog.com/djebel-de-gilles-vincent

http://unpolar.hautetfort.com/archive/2013/06/07/djebel-de-gilles-vincent.html

http://lectureamoi.blogspot.fr/2011/03/djebel-de-gilles-vincent.html

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 17:50
Les justes de Michael Wallace (MA éditions)

Si j’ai choisi ce roman dans ma liste himalaillesque de livres, c’est par curiosité pour la communauté des Mormons, dont on entend souvent parler. Michael Wallace étant issu de cette communauté, j’en attendais forcément beaucoup.

Ce roman se déroule dans la communauté des Mormons de Blister Creek. Cette communauté est dirigée par le patriarche Kimball et pratique la polygamie. Leur règle de vie est de respecter les Saintes écritures et de se développer en faisant beaucoup d’enfants. Une nuit, Amanda veut s’enfuir en emmenant sa fille, mais elle est retrouvée au petit matin égorgée et la langue arrachée et sa fille couchée dans son lit. La façon de la tuer rappelle un châtiment réservé aux traitres qui parlent trop.

Dans la communauté de Harmony, le patriarche Christianson veut marier sa fille Eliza avec un des Mormons de Blister Creek. Il envoie donc sa fille et son fils Jacob avec deux objectifs : trouver un mari à Eliza et découvrir l’auteur de ce meurtre. Jacob, qui fait des études de médecine, est un être doué promis à un grand avenir et il va tenter de dénouer les fils de ce mystère tout en respectant les souhaits de sa sœur qui ne veut pas se marier tout de suite car elle ne se sent pas prête.

C’est un polar bien classique auquel on affaire ici, avec des personnages gentils et des êtres malfaisants. Nous aurons droit à des fausses pistes, voire même à la clé de l’énigme ou du moins au nom de quelques uns des meurtriers aux deux tiers du bouquin, mais la vérité sera bien plus horrible que prévue, surtout si l’on considère que nous sommes dans une communauté de bien, qui respecte à la lettre les Saintes Ecritures.

Je dois dire que si l’intrigue ne m’a pas transporté, les dialogues sont remarquablement bien faits et j’ai trouvé ce que je cherchais : une description de la vie de ces gens si proches de nous (enfin des Américains car je ne sais pas s’il en existe en France). Il est étrange de se dire que ces gens qui sont bien insérés dans notre vie moderne pratiquent encore la polygamie. De même, ceux qui sont chassés du clan sont appelés les Garçons Perdus, les gens du monde extérieur les Gentils.

On y apprendra aussi que cette communauté est régie par un conseil de sages, qu’ils respectent les messages de l’église, que les femmes ne choisissent pas leur mari, que ce meurtre ne peut avoir été commis que par quelqu’un d’extérieur car ils sont naturellement bons. Et malgré cela, ce roman va nous montrer que la folie expansionniste est mondiale, qu’elle touche tout le monde, même les Mormons.

Sans scène ultra violente, et sans juger cette communauté, même si Jacob et Eliza lors de leur conversation disent honnêtement ce qu’ils pensent, Michael Wallace en profite pour nous montrer avec beaucoup de justesse ce petit monde, tout en montrant beaucoup de respect et d’amour pour ses personnages. Le fait que Michael Wallace soit issu d’une communauté mormone fait beaucoup dans cette description réaliste de ces gens et de leur vie. Reste que ce roman est le premier d’une trilogie et que je me demande bien ce qu’il va trouver pour son deuxième roman sans se répéter. Ma curiosité est piquée au vif, après cette lecture fort agréable.

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