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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 18:21
Back-up de Paul Colize (Folio Policier)

Je l’avais raté quand il est sorti en grand format, voici donc une séance de rattrapage pour ce roman qui a tous les attraits de l’excellent polar, et dont la réputation sur la blogosphère n’est plus à faire, tant il croule sous les éloges. D’ailleurs, Paul Colize a remporté entre autres le Balai d’Or du concierge masqué 2012, c’est dire ! Il est aussi finaliste de trophée 813 dans la catégorie roman francophone. Et effectivement, c’est un polar de grande qualité qui mérite tout le bien qu’on a dit sur lui.

Larry speed arrive à l’aéroport de Majorque le samedi 18 mars 1967, en provenance de Berlin. En tant que leader du groupe de rock’n’roll Pearl Harbor, il sort d’une session d’enregistrement avec eux et vient de proposer quelques jours de vacances. Dans un night-club, il récupère une prostituée, passe la nuit à se droguer et baiser. Le lendemain matin, il est retrouvé noyé dans la piscine de l’hôtel. En quelques jours seulement, les quatre membres du groupe auront donc connu la mort.

Février 2010. Un piéton vient d’être renversé par une voiture à proximité de la gare du midi à Bruxelles. Si l’on peut penser qu’il est un SDF, certains indices montrent qu’il n’en est rien. Par contre, rien ne permet de déterminer son identité. Quand il sort du coma, il s’avère qu’il est victime du syndrome de locked-in, c'est-à-dire qu’il peut entendre mais pas communiquer ni bouger (sauf ses paupières). Les infirmières vont le surnommer X Midi. Son kinésithérapeute Dominique va tenter de créer un lien avec lui et essayer de comprendre qui il est et ce qu’il a vécu.

Il va m’être difficile de parler de ce roman, tant il est foisonnant et forme finalement un puzzle dont le lecteur n’aura la solution que dans les dernières pages. Car aussi bien dans sa construction que dans sa narration et dans sa documentation musicale, ce roman est une véritable mine d’information en même temps qu’une source de surprises, de bonnes surprises.

Le roman est morcelé, menant de front plusieurs histoires en parallèle, pour se rejoindre à la fin. Il y a tout d’abord l’histoire du groupe Pearl Harbor, puis celle du journaliste Michael Stern qui est chargé par les familles de découvrir pourquoi les 4 membres sont morts, puis Dominique qui essaie de communiquer avec X Midi, et enfin X Midi lui-même qui raconte sa biographie. Dit comme ça, cela peut sembler complexe voire compliqué, et pourtant je ne me suis jamais senti perdu, retrouvant à chaque fois l’époque et les personnages correspondants. Et l’ensemble donne un puzzle avec un nombre incommensurable de pièces que Paul Colize va nous aider à résoudre.

Et puis, il y a toute cette description des années 60, tout ce foisonnement autour des arts et de la musique en particulier, cette sensation de joie, de liesse et de liberté que l’on ressent à la lecture de la vie de X Midi, qui est formidablement bien rendu. Evidemment, la bande-son est à la hauteur de ce que Paul Colize nous décrit, et c’est tellement bien fait que j’ai vraiment eu l’impression de lire une biographie en oubliant que j’étais dans un polar. Quel plaisir de plonger dans les caves de Berlin, d’errer dans les rues de Pairs ou Bruxelles, de plonger dans les studios de Londres, de vivre au rythme de la batterie, d’entendre retentir les guitares virevoltantes et de vivre les sons magiques des chansons rock ou pop de ces années en or.

Et puis, derrière cette folie pleine d’insouciance, il y a le spectre des menaces de guerre, les conflits aux quatre coins du monde qui ne sont rien d’autre que des combats USA – URSS déportés. Il y a une menace qui apparait petit à petit dans le bouquin jusqu’à devenir omniprésent, jusqu’à une fin originale … que je vous laisse découvrir. N’hésitez plus, prenez un ticket pour les années 60, ouvrez Back-Up de Paul Colize.

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Published by Pierre Faverolle - dans 2013
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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 18:15
Purgatoire des innocents de Karine Giebel (Fleuve noir)

Il est vrai qu’à force de lire du bien des romans de Karine Giebel, je me rends bien compte que je n’en lis pas assez. A ce jour, je n’en ai lu qu’un seul, que j’avais trouvé excellent d’ailleurs, et qui était Les morsures de l’ombre. Comme j’ai eu la chance d’être sélectionné parmi les participants du partenariat de Book en stock, j’ai donc lu (mais le terme dévoré conviendrait mieux à ma lecture) son dernier roman en date. Et je peux vous dire que c’est un excellent thriller, qui joue sur toutes les cordes de l’émotion. Fichtre !

Le roman commence de façon fort classique, puisqu’il s’agit d’un braquage d’une bijouterie qui commence mal. Raphael Orgione vient de monter un hold-up avec son frère William et deux complices Fred et Christel. A la sortie de la bijouterie, une voiture de flics les attend. La fusillade fait rage, un policier tombe, une passante meurt et William est touché, salement amoché. Ils s’enfuient et se réfugient à 300 km de là, dans un village proche de Châteauroux, chez une vétérinaire.

Elle se nomme Sandra, et Raphael la prend en otage le temps qu’elle remette son frère sur pied. Son mari, qui se nomme Patrick, est gendarme et est absent de la maison pour quelques jours. Quand Patrick va rentrer, le rapport de force va évoluer, et pas forcément dans le sens que l’on imagine.

La grande force de Karine Giebel, c’est de forger des personnages aux psychologies inoubliables, et de nous toucher avec des émotions qu’elle va nous arracher au plus profond de nous-mêmes. Et quoi de mieux qu’un huis-clos pour fouiller, décortiquer, découper, détailler des personnages. Outre Raphael et William, dont les liens sont très forts, se soutenant l’un l’autre, il y a Fred et Christel qui forment un couple « je t’aime moi non plus », puis Sandra qui de victime devient de plus en plus étrange et forte. Et puis, il y a Patrick … bref, vous l’aurez compris, des personnalités très marquées, exacerbées, extrêmes, pour nous pousser dans nos retranchements dans la suite de l’histoire.

L’autre grande force de Karine Giebel, c’est de jouer avec les personnages comme avec des pions. L’histoire passe en premier, il est très difficile de savoir où elle veut nous emmener et on est d’autant plus surpris quand elle nous assène en une phrase, une scène choc, suffisamment évocatrice pour qu’elle nous marque au fer rouge. Karine Giebel déroule son intrigue et peu importe qu’elle choque le lecteur ou pas, avec une logique implacable. Elle n’est pas là pour ressentir de l’empathie ou de la pitié, et donc le lecteur qui commençait à bien aimer un personnage est très surpris quand il arrive sur un passage où il s’en prend plein la figure. Karine Giebel ne juge pas ses personnages, elle n’en place pas un au dessus des autres, ce sont juste des acteurs au sens hitchcockien du terme, au service de l’intrigue. C’est redoutablement efficace quand il s’agit de surprendre le lecteur.

Enfin, l’écriture est d’une fluidité rare. Le style Karine Giebel est facilement reconnaissable, fait de dialogues excellents et de phrases courtes voire coupées. On n’y retrouvera pas de descriptions sans fin, tout est laissé à la disposition du lecteur pour qu’il se fasse sa propre idée du décor, des portraits des personnages. Cela participe aussi à l’imprégnation de lecteur dans l’histoire, et c’est d’autant plus marquant quand un des personnages que l’on a imaginé nous même meurt soudain, au détour d’une page.

C’est donc un roman sous haute tension, qui m’aura fait passer par toutes sortes d’émotion et en cela c’est définitivement et indéniablement très réussi. Et même si parfois c’est un peu gros, difficilement croyable, j’ai couru comme un malade devant cette histoire pour arriver à une conclusion du livre extraordinaire. Ce roman va vous faire passer par une quantité incroyable d’émotions parmi celles qui jonchent votre palette, jusqu’à une petite larme à la fin. C’est un thriller excellemment réussi que je vous conseille fortement.

J’en profite pour remercier les filles de Book-en-stock et les éditions Fleuve Noir pour m’avoir permis de lire ce formidable roman. J’en profite pour vous signaler que sur Book-en-stock, le mois de septembre, c’est justement le mois de Karine Giebel, et que c’est l’occasion d’aller poser plein de questions à cette auteure pleine de talent. Allez y de ce pas, c’est ici.

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:39
Oldies : Tout ce qui meurt de John Connoly (Pocket)

Dans le cadre des Oldies du mois de septembre, voici un roman qui me faisait de l’œil depuis que Jean Marc de Actu-du-noir et Petite souris de Passion Polar (dont le blog tout nouveau vient de renaitre à l'adresse suivante http://www.passion-polar.com/) chroniquent ses romans. Ce fut une bonne occasion de démarrer le cycle de Charlie Parker, le personnage récurrent, et le premier volume se nomme Tout ce qui meurt.

L’auteur (Source Wikipedia) :

John Connolly est un écrivain irlandais né à Dublin le 31 mai 1968. Avant de devenir un romancier à temps plein, John Connolly travaille comme journaliste, barman, fonctionnaire du gouvernement local, serveur et coursier au grand magasin Harrods à Londres.

Après avoir obtenu un Baccalauréat en arts d'anglais au Trinity College de Dublin et une Maîtrise en arts de journalisme à l'Université de Dublin, il travaille pendant cinq ans comme journaliste pigiste pour le journal The Irish Times. Il devient rapidement frustré par la profession, et commence à écrire "Every Dead Thing" (Tout ce qui meurt) pendant son temps libre qui obtient un Shamus Award – Best First Private Eye Novel.

Il cite Ross Macdonald, James Lee Burke et Ed McBain comme influences majeures, et il est souvent apprécié pour son style riche et introspectif d'une qualité rarement atteinte par les autres auteurs du genre. Il est un lecteur passionné et collectionneur de musique, et a également la cuisine et la gymnastique comme passe-temps.

Quatrième de couverture :

Charlie Parker, un flic new-yorkais qu'on surnomme Bird, est parti se soûler après une dispute avec sa femme, un soir de décembre. En rentrant chez lui, titubant, Bird ne sait pas encore qu'il vient de franchir pour longtemps la porte de l'enfer : dans la cuisine, maculée de sang, gisent les corps atrocement mutilés de sa femme Susan et de sa fille Jennifer. Rongé par la culpabilité, Bird démissionne de la police et part sur les traces du monstrueux assassin.

De New York à La Nouvelle-Orléans, il suit celui qu'on appelle le Voyageur, fin stratège et amateur de poésie macabre qui sème derrière lui des cadavres, comme autant d'appâts. La traque mène alors les deux hommes dans les bayous de Louisiane, qui digèrent lentement les victimes écorchées du Voyageur...

Mon avis :

John Connoly aurait pu créer un personnage lisse, bon jusqu’à la moelle, ou bien quelqu’un de ravagé. Il a fait de Charlie Parker un détective humain. Dans ce roman, Charlie Parker vient de s’engueuler avec sa femme. Avant d’aller plus loin, il préfère sortir aller boire un coup, ou plutôt plusieurs coups. Quand il rentre, complètement saoul, il découvre sa femme et sa fille massacrées. Une voyante lui indique que le tueur serait le Voyageur.

Ce premier roman est incroyablement fort, par son thème, mais aussi par ses enquêtes. Charlie Parker va être rongé par le remord, regrettant de s’être emporté, regrettant sa vie d’avant, et plongeant dans un monde d’une noirceur absolue. Il va arpenter la Virginie, puis la Louisiane, pour découvrir l’envers du décor, des personnages tous plus bizarres et glauques les uns que les autres. Indéniablement, ce roman tire son attraction de la psychologie réaliste des personnages, qui sont à la fois attachants et plein d’humour.

Son style ne nous épargne rien, les scènes sont incroyablement visuelles, les descriptions d’une violence crue et réaliste. Si l’on ajoute une intrigue foisonnante qui semble partir dans tous les sens mais qui nous mène vers une conclusion impressionnante, si l’on ajoute des scènes d’une beauté impressionnante et en particulier celle de l’enterrement ou bien les courses poursuites dans les bayous, ce roman en forme de thriller inaugure une série de thrillers matinée de roman noir que j’aurais grand plaisir à suivre. A suivre donc …

Allez voir les avis des amis Claude et Hannibal !

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Published by Pierre Faverolle - dans 2013 Oldies
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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 17:47
Blue Jay Way de Fabrice Colin (Livre de poche)

Quand ce roman est sorti en grand format, on en a beaucoup parlé et son auteur a eu l’occasion de passer à la Grande Librairie. Ce n’est pas rien, et cela prouve que ce roman à mi chemin entre polar et chronique contemporaine est de grande qualité.

Julien a la double nationalité américaine par son père et française par sa mère. Il est étudiant et grand admirateur de l’auteure de thrillers Carolyn Gerritsen. Depuis le 11 septembre 2001, et la mort de son père dans le vol qui s’est écrasé sur le Pentagone, Julien a perdu ses repères. Il rencontre Carolyn lors d’une signature dans une librairie, et lui propose d’écrire un essai sur ses romans, ou bien une biographie. Carolyn, intriguée par ce jeune homme va rester en contact avec lui, lui envoyant ses romans en avant première ou bien en lui envoyant des lettres.

Après trois années, Carolyn va proposer à Julien de s’occuper en tant que précepteur de son fils Ryan, qu’elle a eu avec son premier mari Larry, un riche producteur de téléréalité. Il accepte et débarque à Los Angeles dans une gigantesque villa appelée Blue Jay Way, du titre de la chanson des Beatles. Il va y découvrir un monde totalement en décalage par rapport au monde réel, entre luxe et débauche, ennui et démesure, entre drogue, sexe et rock n’roll.

Ce roman est bien particulier au sens où on ne sait jamais si on oscille dans le présent ou dans le passé, dans le réel ou dans un rêve. A travers le regard désenchanté de Julien, Fabrice Colin fournit un portrait au-delà de toute imagination d’un monde de stars et de célébrités où tout se vend, tout s’achète et où l’ennui est la maitre mot qui dirige la vie de ces jeunes gens. Ryan et ses amis passent leur temps au bord de la piscine ou dans leur chambre à boire de l’alcool, ou se gaver de drogues aussi diverses que puissantes. Comme Julien est un témoin extérieur, cela donne des scènes délirantes, entre description chic et choc et hallucination colorée.

Et la tension est permanente entre les faux moments calmes, quand va advenir un des habitants de Blue Jay Way, et les étranges SMS à sens caché que Julien reçoit d’un expéditeur inconnu. A cette tension sous jacente, on peut y ajouter des chapitres d’un livre, qui viennent s’intercaler dans l’histoire (d’ailleurs, eux seuls ont droit à un titre de chapitre), qui décrivent la jeunesse de deux jeunes garçons, avant de sombrer dans un scenario qui met très mal à l’aise.

Et si parfois l’ensemble peut paraitre un peu longuet, c’est bien un thriller sous haute tension auquel on a droit ici, mais qui se sera bien caché sous des atours de roman contemporain. Ceux qui auront lu et adoré Brett Easton Ellis trouveront dans ce roman une pale copie du génie américain, surtout de ses premiers romans, les autres se laisseront bercer par ce ton nouveau et ce stress permanent, certes encombré de cadavres, mais qui aboutit à un dénouement inédit et bien trouvé.

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 17:21
Spartakusbund de Marc André Poisson (Editions Papier Plume)

Voici un billet qui s’adresse à des lecteurs nord-américains, qu’ils soient québécois ou canadiens, puisque ce roman est édité là bas et pas (encore) distribué en France. Il a toutes les formes du thriller d’espionnage et mérite que l’on se penche dessus.

Claude Sanche est informaticien, et vient d’accepter un nouveau poste à Montréal. Il vient juste de quitter son appartement à Vieux Québec et part au travail, en passant par le tunnel Louis Hippolyte Lafontaine. Deux Poids Lourds le dépassent alors ; et il lui semble bien que les deux conducteurs se sont salués. Vers le bout du tunnel, ils s’arrêtent, bloquant la circulation, descendent et sortent des mitraillettes pour arroser les gens qui vont au travail. Claude se couche miraculeusement sous son volant et sort indemne de la gigantesque explosion déclenchée par les terroristes.

S’il a vaguement vu qu’ils étaient blonds aux yeux bleus, il ne peut pas donner plus de détails aux policiers et agents secrets qui l’interrogent. Tout juste garde-t-il en tête cet étrange salut que les deux conducteurs se sont échangés avant de déclencher l’apocalypse. Il décide de mener l’enquête.

En parallèle, Jean Gabié, garde cote, intercepte un étrange message en Allemand en se rapprochant de l’ile de Rowley, au large de l’Arctique, une ile désaffectée qui comporte d’anciennes antennes de radio. Il décide d’y aller voir et des coups de feu éclatent. Son chef ne veut pas l’autoriser à aller enquêter alors il prend des vacances pour s’assurer de ce qui se passe et, avec Claude Sanche er Richard Siroix policier fédéral de son état, ils vont faire une équipe explosive.

Voilà une lecture bien rafraichissante, qui nous ramènent quelques années en arrière, du temps des romans d’espionnage de la guerre froide. Prenez un héros, innocent, n’ayant aucun rapport avec le pouvoir, et mettez-le dans une situation inextricable. Ajoutez lui un partenaire un peu plus féru, pour faire avancer l’intrigue, mélangez avec des rebondissements toutes les 5 pages, rédigez ça avec un style qui fuse, clair et efficace et vous aurez un très bon thriller.

La recette parait simple, mais en réalité, c’est très difficile à réaliser. Et je dois dire que celui-ci est une réussite. On s’attache tout de suite à Claude, et on suit ses aventures avec beaucoup de vitesse tant c’est écrit simplement. L’auteur n’en fait pas des tonnes, nous concocte des dialogues courts, des descriptions efficaces. Le tout se tient formidablement bien, se lit à grande vitesse pour notre plus grand plaisir. Je regrette juste que les présentations des personnages soient un peu longues et pas forcément utiles dans le déroulement du scenario.

On y trouve bien quelques maladresses, surtout dans le style, avant d’être enchanté par quelques mots québécois si évocateurs pour nous Français de métropole. Si vous êtes fan de polar d’action, d’espionnage et de suspense, alors ce roman est clairement pour vous. Il ne reste plus qu’à espérer qu’il soit distribué en France … A suivre …

Un grand merci à son auteur pour sa gentillesse et la découverte de son roman très divertissant.

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 17:35
Ils vivent la nuit de Dennis Lehane (Rivages Thriller)

Après un magnifique Pays à l’aube et un Moonlight Mile douteux, voici le très attendu et espéré dernier roman de Dennis Lehane. Ce roman ne fait pas partie du cycle Gennaro – McKenzie mais peut être considéré comme une suite de Un pays à l’aube.

Dans Un pays à l’aube, nous avions fait la connaissance de la famille Coughlin, et en particulier de Danny, le fils ainé qui a fini par quitter Boston et son métier de policier. Ils vivent la nuit va être centré sur l’autre fils du capitaine Coughlin, Joe, qui pour exister, veut devenir gangster. Lui qui, dès son plus jeune age arpente les rues de Boston, décide de commencer sa carrière en 1926, en pleine prohibition, en dévalisant avec des copains le bar d’un parrain Albert White.

Ce hold-up va doublement sceller son destin : il va basculer de l’autre coté de la ligne blanche et tomber amoureux de Emma Gould, la maitresse de Albert White. Dénoncé, il va être envoyé au pénitencier de Charleston et rencontrer Maso Pescatore qui va le prendre sous sa protection, avant à sa libération, lui demander de développer son commerce en Floride.

Dennis Lehane dressait le portrait du Boston des années 20 dans le magnifique Un pays à l’aube, voici qu’il se concentre sur la portrait d’un homme dans ce roman, tout en écrivant une page supplémentaire dans l’histoire des Etats Unis telle qu’il veut l’écrire. James Ellroy écrit son histoire en partant de Los Angeles, Pelecanos celle de Washington, Dennis Lehane part de Boston. Il veut repartir aux sources pour décrire la face moderne des Etats Unis, les racines contemporaines de la plus grande démocratie du monde.

Après la grève des policiers, voilà qu’il s’attaque à la Prohibition, cette période noire des Etats Unis où l’alcool était interdit, et pendant laquelle se sont créés de véritables empires du crime. Car Dennis Lehane le montre bien dans son roman, le crime est tentant par le fait qu’il ne connait par de limites, pas de contraintes. Joe Coughlin va surtout plonger dans le crime par opposition aux autres membres de la famille, mais aussi pour « faire le grand », montrer à son père qu’il existe. Danny, son frère s’est illustré dans la police, lui s’illustrera dans le crime.

Joe est un portrait fascinant de l’Amérique moderne, à la fois honnête et truand, simple et complexe, aimant et rêvant d’être aimé. Il ne rêve pas de grandeurs, il ne rêve pas de sommets, il ne rêve pas de meurtres sanglants ou de gloires éphémères, mais juste de se construire sa vie et de vivre une vie de famille. Et comme il a choisi le crime, pour montrer à son père, par provocation, qu’il existe, il va monter les échelons un par un du mauvais coté de la ligne blanche. Mais dans cette branche, soit tu montes, soit tu meurs, soit tu marches, soit tu crèves. Dans l’Amérique moderne, il n’y a pas de place pour la vie de famille.

Evidemment ce nouveau roman de Dennis Lehane est formidable, fantastique, incroyable d’intimité et fort dans son portrait d’un homme ordinaire au destin extraordinaire. Alors me direz vous, pourquoi n’a-t-il pas droit à un coup de cœur ? Certes ce roman est superbe, mais il m’a manqué des scènes au souffle épique, des personnages plus marqués et marquants, des ambiances mieux dessinées. En fait, je n’ai pu m’empêcher de comparer ce roman avec Un pays à l’aube, et il m’a manqué quelque chose, même dans les scènes fortes. Ce roman m’a vraiment fait penser à un scenario de film (d’ailleurs il a été acheté par Ben Affleck) avec ses dialogues percutants et son décor en carton pate. Mais que cela ne vous empêche pas de le lire, c’est probablement la bonne occasion de découvrir cet auteur avant de lire ses autres romans, une façon de commencer en douceur.

Ne ratez pas le coup de coeur de La Petite Souris ici.

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 18:08
L’évasion de Dominique Manotti (Gallimard Série noire)

Dominique Manotti a écrit avec L’évasion ce qui est probablement son roman le plus personnel. Au travers le destin de réfugiés italiens, membres des Brigades Rouges, elle s’interroge sur le processus de création et sur la mémoire, le détournement de l’histoire.

Rome, 1987. Filippo Zuliani, est un petit délinquant qui fait la connaissance de Carlo Fedeli, un membre réputé des Brigades Rouges. Au travers de leurs discussions, il voue une admiration envers ce combattant. Ils montent ensemble un plan pour s’évader de la prison dans un camion poubelle. Une fois dehors, Carlo donne à Filippo un nom et une adresse à Paris si cela se passe mal. Filippo va errer trois semaines dans les forêts italiennes jusqu’à ce qu’il apprenne que Carlo est mort lors d’un braquage de banque. Les journaux le nomment comme son principal complice ; il est temps pour lui d’immigrer en France.

Lisa Biaggi est le contact que Carlo lui a donné, c’est en fait l’une de ses amantes. Comme il vient de la part de Carlo, et malgré ses doutes sur la sincérité de Filippo, Lisa va l’aider à trouver un appartement à louer ainsi qu’un travail de gardien de nuit. L’appartement appartient à une doctoresse qui est aussi écrivain en manque d’inspiration. Filippo va tomber follement amoureux de Carla et se mettre à écrire son histoire en prenant des libertés avec la vérité, ce qui va lui occasionner bien des problèmes.

Dominique Manotti va utiliser le contexte des brigades rouges pour écrire un roman bien particulier, mais elle ne va pas outre mesure nous expliquer toute l’histoire de ce groupe anarchiste révolutionnaire. Tout juste, par le fait de présenter au premier plan des membres de ce groupe, se permet-elle de montrer les activités nauséabondes des services secrets italiens, tout en se gardant de prendre position, telle une historienne qu’elle est.

Par contre, au-delà de ce contexte, c’est le portrait de Filippo qui retient l’attention et sa façon d’utiliser la vérité pour écrire son roman, et c’est un personnage bien plus complexe qu’on ne peut le croire au premier abord. Quand il se met à écrire, il le fait avant tout pour plaire à Carla, pour se grandir à ses yeux, par pur amour. Sauf que les mensonges ou oublis qu’il insère dans son histoire vont remuer une boue qui risque de salir beaucoup de monde. Et comme il va jouer un jeu trouble, attiré par la reconnaissance, il va en payer le prix.

C’est donc une réflexion intense sur la vérité et sur sa reconstitution qu’aborde Dominique Manotti, ainsi que sur les conséquences à court ou moyen terme. C’est aussi toute la difficulté de construire une mémoire, de faire passer des messages, de défendre une cause. Dans ce roman, tout le monde a raison, tout le monde a tort. Seuls les petits paieront à la fin. Et la dernière phrase du roman est explicite : Peut-on encore se battre ? Doit-on encore se battre ?

Avec son style si particulier à la recherche d’une efficacité maximale, mais que j’ai trouvé plus accessible par rapport à certains autres romans, Dominique Manotti ne nous écrit peut-être pas écrit son meilleur roman, mais en tous cas l’un de ceux qui nous parle, à nous citoyens. Et je vous le dis : lisez Dominique Manotti car ses livres sont importants à la société, à la démocratie. Merci Madame Manotti.

L’évasion de Dominique Manotti (Gallimard Série noire)

A noter que Dominique Manotti a sorti une nouvelle aux éditions Allia qui s'appelle Le rêve de Madoff. En 50 pages, elle fait la biographie de cet homme qui s'amusait à flirter avec l'illégalité. C'est tout simplement excellent et cela ne coute que 3,10 euros. Alors n'hésitez plus !

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 17:34
J’attraperai ta mort de Hervé Commère (Pocket)

Que voilà un excellent petit polar, par la taille bien sur, au scenario implacable. C’est aussi une découverte en ce qui me concerne, avec la lecture du premier roman de Hervé Commère, un roman impressionnant de maitrise.

Paul Serinen est un cambrioleur qui peaufine ses coups pour éviter toute effusion de sang. Il peut mettre plusieurs jours, plusieurs semaines avant de passer à l’action. S’il doit faire appel à des complices, alors il s’arrange pour que ceux-ci ne le voient pas, passant par les petites annonces pour organiser les rendez vous.

Paul est sur un coup. Il suit des camions qui sortent d’une usine. Il est patient, et attend plusieurs jours avant d’en suivre un qui se dirige vers le nord. Dans un parking d’autoroute, il subtilise le camion rempli de sacs en crocodile de luxe. Il conduit alors jusqu’à son receleur à Rotterdam et récupère plusieurs dizaines de milliers d’euros pour cette affaire. Il va acheter une maison à Etretat et va s’attaquer à sa prochaine affaire.

Mais à force de tirer le diable par la queue, l’une de ses affaires va le confronter à un riche diamantaire et un cancer du pancréas va arrêter sa destinée …

Sacrée découverte que ce roman, découpé en deux parties : l’une est consacrée à Paul Serinen, l’autre aux futurs acheteurs de la maison du cambrioleur. Si le but n’est pas de s’identifier au voleur, d’en éprouver une quelconque affection ou même de le détester, il s’agit bien de suivre une histoire dont les fils sont irrémédiablement tissés pour raconter une aventure implacable dont la conclusion n’est pas sans humour … noir.

Le style de l’auteur est à l’avenant, montrant un pointillisme sans faille, montrant tout le raisonnement de ce cambrioleur qui met tous les atouts de son coté pour ne pas faire la moindre erreur. S’il a parfois des doutes, il bâtit son affaire avec le plus grand soin et s’avère un voleur pointilleux ne laissant derrière lui aucune trace.

La deuxième partie du roman est consacrée au couple qui va acheter la maison d’Etretat. S’ils sont totalement innocents, ils vont se montrer trop curieux pour une broutille, et la mécanique implacable du polar va se mettre en route vers une conclusion à la fois amusante et jouissive.

Indéniablement, ce roman permet de découvrir un auteur à la logique impressionnante et dont j’attends beaucoup pour ma prochaine lecture. Un coup d’essai formidablement réussi, pour un moment de lecture hautement jouissif. Ne passez pas à coté de cet excellent scenario d’autant plus qu’il vient d’être édité en format de poche et qu’il vous garantit deux heures de lecture de haute qualité.

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 18:05
Noir linceul de Mikhaïl W.Ramseier (Coups de têtes)

Drôle de livre, drôle de roman ! Donc drôle de billet. En tous cas, voici le résumé de mon avis sur un roman qui m’aura laissé dubitatif.

Miquelon-Langlade : Un jeune homme Hyacinthe observe un phoque, les tripes à l’air, que viennent picorer des pygargues. La neige se met à tomber en même temps que le vent glacial se lève. Il est temps de rentrer.

Genève : Zelda cherche un emploi de graphiste dans les petites annonces.

Québec : Auguste s’ennuie et se cherche une destination qu’il pourrait embrasser et qui pourrait l’adopter.

Genève : Victorine, qui vient de se faire larguer par Patrick, se fait violer à la sortie d’une soirée alcoolisée.

Tous ces personnages, vont se retrouver à Saint Pierre et Miquelon pour trouver un sens à leur vie.

C’est un roman bien particulier, que ce Noir linceul, qui alterne le bon et le moins bon mais que j’ai lu avec plaisir. Nous avons affaire à un certain nombre de personnages qui, de par leur mal-être dans la société, vont se retrouver à Saint Pierre et Miquelon et vont, lors de leurs rencontres, avoir l’occasion de deviser sur différents sujets. Il ne faut donc pas y chercher une intrigue particulièrement prenante, mais plutôt des balades dans une région au climat changeant, qui peut connaître les 4 saisons en une journée.

Donc, nous allons assister à des rencontres entre les uns et les autres, aborder des discussions sur différents sujets. Et c’est bien le problème en ce qui me concerne, car j’ai bien du mal à dire si j’ai aimé ou pas ce roman. De rencontres en digressions, l’auteur va donner l’opinion des différents personnages et par là même détailler leur psychologie, Et je suis bluffé par le talent de l’auteur pour faire vivre des personnages aussi complexes au travers de dialogues remarquablement bien faits.

Nous allons avoir l’occasion de passer en revue un grand nombre de sujets aussi divers que la malbouffe, la propagande des gouvernements, la télévision … bref, tous les sujets de la vie quotidienne, qui justifie aussi la volontaire isolation des personnages à Saint Pierre, comme une fuite nécessaire de notre société de consommation et de communication.

Sauf que j’y ai trouvé une volonté de choquer qui m’a semblé inutile, voire qui nuit au message global. Quand un des personnages développe une stratégie sur les victimes volontaires, comme par exemple, si certaines femmes se font violer, c’est parce qu’elles le veulent bien, on se dit que par moments, on ne lit que des divagations de gosses de riches. Et donc, les passages sur le grand complot international portent moins, voire font penser aux meilleurs épisodes de Xfiles.

Je caricature bien sur, mais le roman ne s’en prive pas par moments. Reste que ce roman est fait pour faire réagir le lecteur, plus que pour le faire réfléchir, et qu’il se lit avec plaisir et je peux même vous dire que sa lecture est marquante par certains égards. Je tiens juste à signaler des scènes de sexe très explicites qui font que ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains, et à vous donner trois liens vers des billets de gens qui ont aimé ou pas. Pour moi, c’est plutôt bof ! Mais il ne tient qu’à vous de découvrir ce roman vraiment pas comme les autres.

Un avis plus que positif : http://www.unwalkers.com/raconteur-de-vie-noir-linceul-de-mikhail-w-ramseier-coup-de-coeur/

Un avis négatif : http://leblogdupolar.blogspot.fr/2013/05/noir-linceul-de-mikhail-w-ramseier-une.html

L’avis de l’oncle Paul : http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/article-mikhail-w-ramseier-noir-linceul-117864221.html

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 17:54
L’arbre au poison de Erin Kelly (Livre de poche)

Ce roman est épatant, un premier roman totalement bluffant, de ces premiers romans porteurs d’espoir pour le futur, donnant un résultat à la hauteur des meilleurs auteurs de romans. N’hésitez plus, lisez L’arbre au poison.

2007. Karen roule en voiture avec son mari Rex et sa fille Alice. Rex vient de sortir de prison. Dans un virage, elle s’aperçoit que Alice n’est pas attachée et lui dit : « Attache toi, Biba ! ». Karen se rappelle alors ce que lui évoque ce prénom venu d’outre-tombe.

Dix ans plus tôt, Karen est une étudiante en langues ; elle a toujours été douée pour les langues ; elle retient facilement les mots et en connaissait 5 dès son plus jeune âge. Elle a quitté ses parents pour poursuivre ses études à Londres au Queen Charlotte’s College, et vit en colocation avec trois jeunes filles. Lors de son aménagement, Simon, son petit ami lui annonce qu’il veut prendre du recul par rapport à leur relation, ce qui ne la gène pas : une nouvelle vie commence pour elle.

Le hasard lui fait rencontrer une jeune fille qui veut devenir actrice et qui placarde une petite annonce sur le campus : elle cherche quelqu’un qui pourrait l’aider à parler Allemand car elle doit jouer le rôle d’une femme de ménage allemande dans une pièce de théâtre. Elle s’appelle Biba et invite Karen pour une soirée dans sa maison, qu’elle partage avec d’autres jeunes gens et son frère Rex. Pour Karen, une nouvelle vie commence.

Ce roman est totalement bluffant. Souvent, un auteur débarque chez nous avec son premier roman, et on sent dans ce roman toute la passion qu’a voulu mettre dans son récit, toute l’honnêteté à travers une histoire qui lui tient à cœur. Dès les premières pages, on se met à la place de Karen, on est imprégné de sa psychologie, on revient quelques années en arrière, quand on était étudiant, on se remémore ceux qui étaient sérieux dans les études et ceux qui étaient plus volubiles, plus irresponsables.

Karen est une jeune fille sérieuse, et douée pour ses études. Sa rencontre avec Biba et Rex va changer sa vie, elle va se trouver une nouvelle famille. Karen s’est éloignée de ses parents et elle va s’immerger dans la vie de deux jeunes gens, dont la passé est bien lourd. Il y a Biba qui est totalement irresponsable, totalement incontrôlable, usant et abusant de drogues et de sexe, changeant d’avis comme de chemise. Son frère Rex, de six ans son ainé, est plus effacé, il semble porter les malheurs du monde sur ses épaules, et veille sur sa sœur comme un père. Car ils sont orphelins et vivent dans une maison trop grande pour eux deux.

Erin Kelly prend son temps pour nous imprégner de cette atmosphère lourde et menaçante, contrecarrée par la virevoltante Biba, toujours par monts et par vaux, imprévisible. Mais derrière chaque scène, dans chaque phrase, on sent le malheur du passé, la menace du présent, le drame à venir. Tout au long du livre, on attend sans trop se presser la scène finale, le dénouement dramatique annoncé dès le début du livre, avec ces allers-retours incessants entre passé et présent.

Il y a du Thomas H. Cook dans la construction de l’intrigue, du Megan Abbott dans la subtilité des mots utilisés, du Stephen King (d’ailleurs il signe un formidable hommage) dans la manière d’entretenir la tension, le suspense, mais ce roman m’a surtout fait penser au Maitre des illusions de Donna Tartt. C’est vous dire le niveau de ce roman. Il s’avère être un formidable roman sur l’émancipation, le passage à l’âge adulte, les relations parents-enfants, l’apprentissage de la liberté et la prise de conscience des responsabilités.

Et si vous vous imaginez connaitre la fin, en lisant les cent premières pages, parce que vous avez un peu d’imagination, sachez que la fin est bien plus terrible que tout ce que vous pourrez imaginer. Pas sanglante, non, mais bien terrible pour une Karen qui voulait s’émanciper de sa famille et qui s’en ai trouvé une autre avec l’obligation de porter elle aussi le poids des années passées. Je vous le dis, c’est un premier roman totalement bluffant, passionnant de bout en bout d’un auteur à suivre mais surtout à ne pas rater.

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