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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 18:41

DélivranceAprès Miséricorde et Profanation, Délivrance est la troisième enquête du trio Carl Morck,  Hafez El Assad et Rose la secrétaire. Mais je devrais plutôt dire duo, car Rose, dès le début du roman, est en colère de ne pouvoir poursuivre le décodage d’une mystérieuse lettre. Elle part donc et laisse sa place à sa sœur Yrsa, toute aussi déjantée. Ah, pardon, vous ne savez pas de quelle lettre je parle ?

A Wick, en Ecosse, une bouteille jetée à la mer atterrit entre les mains d’un policier qui, par inadvertance, va la laisser trainer sur un rebord de fenêtre. Sa remplaçante va ainsi en hériter et découvrir dans ladite bouteille, un message d’appel au secours, écrit avec du sang et en Danois. Après tant de temps, le message a été partiellement effacé, mais quelques lettres sont encore lisibles : Au secours !

Le message va donc arriver au Département V, celui dirigé par Carl Morck, dont la mission est de résoudre d’anciens dossiers pas encore classés. Carl n’y croit pas du tout, mais Hafez et Rose cherchent à résoudre ce puzzle. C’est lors d’une de leurs disputes que Rose décide de s’en aller, et de laisser sa place à Yrsa. Ils réalisent rapidement que le message a été écrit par un jeune garçon, enlevé avec son frère dans les années 90. Et il semble bien que le meurtrier soit encore en activité : deux enfants viennent d’être enlevés.

Déjà à la lecture de Miséricorde, j’avais beaucoup aimé la façon dont Jussi Adler Olsen avait de faire vivre ses personnages. C’est donc avec un énorme plaisir que j’ai retrouvé Carl et ses deux coéquipiers. Bien que je n’aie pas (encore) lu Profanation, les qualités de narration sont toujours aussi plaisantes. L’enquête avance lentement, certes, mais avec une rigueur et une application méthodique que le lecteur a l’impression de mener lui-même l’enquête.

L’aspect dont je ne me rappelle pas, ou qui est plus présent ici, c’est le décalage des situations et des dialogues dans l’équipe de Carl, qui font que le début du bouquin s’avale très vite avec un grand sourire aux lèvres. On retrouve aussi Carl, en proie avec ses démons (c’est quelqu’un qui n’a pas vraiment envie de travailler, qui est poussé par son équipe), et avec ses problèmes personnels (sa femme qui parle de revenir, son collègue et ami paraplégique qui débarque chez lui). Hafez s’avère, lui, plus mystérieux que jamais. On n’en saura pas plus sur ce syrien, mais quelques scènes laissent planer un brouillard quant à sa véritable identité et ses motivations et actions hors du travail. Il y a de quoi alimenter les prochaines enquêtes. Enfin, nous avons perdu Rose, mais on n’y a pas perdu au change. Yrsa, sa sœur jumelle, est tout aussi déchainée et déjantée. Les personnages étaient une des grandes qualités de Miséricorde, c’est encore une des forces de ce livre.

Et l’enquête, me direz-vous ? Certains pourront reprocher le rythme lent du livre, mais il faut plutôt ressortir la grande qualité de l’intrigue et sa parfaite logique. L’enquête avance avec une grande rigueur, et on n’y trouve aucun indice tombé du ciel. A tel point que l’on a l’impression de réaliser l’enquête avec Carl lui-même. La psychologie du tueur est de la même façon parfaitement analysée, grâce aux chapitres intercalés qui vont détailler à la fois son passé, ses actes présents et les personnes qui le rencontrent au jour le jour.

Cela donne un roman complet, exemplaire qui se positionne comme un roman promis à un grand succès public, ce qui est amplement mérité tant ce livre est passionnant et remarquablement bien fait. Indubitablement, Délivrance se positionne comme un divertissement haut de gamme en ce début d’année 2013.

A noter qie Miséricorde vient de sortir en version poche au Livre de poche.

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 18:52

Promenade-du-crime.jpgCe roman m’a été fortement recommandé par Le Concierge Masqué, et je vous conseille d’aller jeter un œil attentif sur l’interview de l’auteur Peter Guttridge, car cela vous permettra d’avoir une idée de son ambition. C’est ici : http://www.concierge-masque.com/2012/12/27/peter-guttridge-promenade-du-crime/

Le début est assez classique, nous assistons à une descente de police, dont une des équipes armées est dirigée par l’inspecteur Sarah Gilchrist. Au rez-de-chaussée, il n’y a rien à signaler. Les équipes montent au premier étage, et là, les coups de feu partent dans tous les sens. Sarah, qui est restée en bas, n’a rien vu. Quand elle monte, un corps est sur les toilettes, deux autres sont dans le lit. Quand elle descend, un homme entre. Elle n’a pas le temps de dégainer qu’il se fait descendre, probablement par un tireur d’élite. Elle a l’impression qu’il laisse tomber quelque chose sous le buffet.

Robert Watts, le narrateur, est le chef de la police, il est très jeune pour occuper ce poste et a de grandes ambitions pour redorer le blason des forces de l’ordre, mis à bas à cause des attentats de Londres du 7 juillet 2005. Macklin, son adjoint l’appelle pour le mettre au courant du carnage. Le truand visé ne semble pas être parmi les victimes. Watts va tenir une position difficile, celle de défendre ses hommes, alors qu’il semblerait que l’assaut ait été donné dans la mauvaise maison. Quand des émeutes se déclenchent, il va être poussé à la démission, d’autant plus que la presse publie le scoop comme quoi Watts et Gilchrist ont été amants.

Watts va alors annoncer la nouvelle à son père, Donald, écrivain de polars. Robert va être contacté par une journaliste Kate Simpson, qui enquête sur l’affaire de la malle, et qui date de 1934. En effet, un corps découpé fut retrouvé dans la gare de Brighton et l’affaire jamais résolue. Mais Robert n’a pas renoncé à découvrir qui cherche à le faire tomber.

En fait, dès la page 25, ce roman m’a pris à la gorge : Alors que Macklin appelle Watts, il lui décrit la situation, sans lui dévoiler le plus grave. Puis, d’une phrase, alors que Watts pense que la situation ne peut pas être pire que ce qu’il lui a annoncé, il dit juste cette phrase : « Il semblerait que nous ayons donné l’assaut à la mauvaise maison ». Je trouve que ce passage donne magnifiquement le ton à ce polar : un style simple, dépouillé et des dialogues percutants et efficaces.

Car, si l’affaire de la malle sanglante va être l’intrigue principale, la ville de Brighton et ses flics corrompus, les mystères des manigances politiques sont le véritable sujet de ce livre. Derrière les frasques de cette station balnéaire, de nombreux gangs profitent de l’argent qui court dans les rues. Derrière les lumières des richesses, se cache la noirceur des mafias locales, gérant les trafics de drogue et la prostitution.

D’ailleurs, ce premier roman est le premier d’une trilogie, et en ce sens, les personnages sont bien positionnés, les intrigues foisonnantes, et l’envie de continuer l’aventure est bien là. Le deuxième tome de la trilogie s’appelle Le dernier roi de Brighton et sort en ce début 2013. Une lecture obligatoire étant donné que Promenade du crime m’a mis l’eau à la bouche. Décidément, j’adore la façon qu’ont les grands bretons d’analyser leur société, avec tant de froideur, mais aussi tant de courage et de si beaux personnages.

L'avis de Claude est là : http://action-suspense.over-blog.com/article-peter-guttridge-promenade-du-crime-rouergue-noir-2012-102981427.html

 

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 18:23

Fete-fatale.jpgLa rubrique Oldies, c'est aussi l'occasion de passer en revue des rééditions. Voici une rubrique Oldies qui va parler d’un auteur que je ne connaissais pas. Et c’est grace aux éditions des Presses de la cité et de Babelio que j’ai découvert un auteur de polar dont la grande qualité est la créativité.

Mais commençons par parler un peu de l’auteur : William Katz est l’auteur de nombreux best-sellers internationaux, dont Fête fatale est certainement le plus connu. Diplômé de l’université de Chicago et de Columbia, William Katz a, avant de devenir romancier, travaillé au New York Times Magazine ainsi que pour le gouvernement américain. Fête fatale, puisque c’est de ce roman qu’il s’agit, est sorti aux Etats Unis en 1984. Il a été publié en France en 1986, puis au Livre de poche en 1987. Ces éditions étant épuisées, Les Presses de la cité ont décidé de le ressortir. Pourquoi une telle réédition ? Mais parce que ce roman part d’une idée simple, et que sa lecture est tout simplement jouissive.

Un tueur en série regarde son œuvre, sa sixième victime qu’il va livrer au monde. C’est Spencer Cross-Wade qui la découvre, et il sait que la série ne va pas s’arrêter là. Mais Spencer n’est pas le personnage principal de ce roman. Nous entrons, dès la troisième page dans la vie de Samantha. Nous sommes à New York, en novembre 198… et le mécanisme peut de mettre en place.

Samantha est follement amoureuse de Marty, qu’elle a rencontré huit mois auparavant. Et comme Marty va avoir quarante ans le 5 décembre, elle décide de lui faire une énorme surprise. Elle va essayer de contacter ses amis d’enfance, ses anciens professeurs, pour qu’ils apportent une marque de sympathie et pourquoi pas qu’ils se déplacent pour assister à la fête. Samantha appelle donc sa meilleure amie Lynne pour l’aider à tout organiser.

Marty est à la tête d’une entreprise de publicité et a fait ses études supérieures à l’institut de journalisme de l’université de Medill. Mais quand elle appelle l’université, il s’avère que Martin Shaw n’a jamais fait partie des élèves de Medill. Quand elle contacte l’école primaire de Marty, la réponse qui lui est faite est la même. Samantha, qui va apprendre qu’elle est enceinte de deux mois, se retrouve avec une question insoluble : Mais qui est donc l’homme avec lequel elle envisage de passer sa vie ?

Comme je le disais plus haut, le début du roman est d’une simplicité géniale. Et je dois dire que j’ai lu les cent premières pages d’une traite, avec le sourire aux lèvres. Il faut dire que le personnage de Samantha est d’une gentillesse et d’une naïveté qui attire forcément la sympathie. Et avec un esprit légèrement sadique, j’ai entamé la deuxième partie, c'est-à-dire le milieu du roman.

Et là je dois dire que j’ai eu l’impression que cela tournait un peu en rond, jusqu’à la rencontre entre Samantha et Spencer, qui si elle advient après un coup du hasard irréaliste, lance allégrement la troisième partie. Et cette troisième partie est géniale, avec une fin encore une fois très originale et surprenante.

Vous l’aurez compris, outre la créativité de l’auteur, ce roman est construit de façon très mathématique, très calibrée, les chapitres faisant d’ailleurs environ 20 pages. Et le roman remplit finalement son objectif : divertir le lecteur en le tenant en haleine et en le surprenant. Parfois, les idées les plus simples sont les meilleures, mais je ne peux m’empêcher de penser que William Katz est passé à coté d’un grand thriller.

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio et les éditions Presses de la cité pour cette lecture distrayante.

L'avis de l'oncle Paul est ici : http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/article-william-katz-fete-fatale-113614728.html


 

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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