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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 18:41

Partons à la découverte d’un jeune auteur, dont voici le premier roman. C’est un thriller pur et dur, qui va plaire au plus grand nombre. On va y trouver ce qu’il y faut d’action, de mystère et de suspense pour se divertir.

Quatrième de couverture :

Theoreme-de-Roarchack.pngJe me nomme Kyle Ashcroft, je suis professeur de mathématiques ; dans quatre mois, je vais sauver le monde… mais je l’ignore encore... » Rien n’avait préparé Kyle Ashcroft, modeste professeur dans une université de Virginie-Occidentale, à connaître un tel chaos. Comment, d’ailleurs, aurait-il pu prévoir que la découverte fortuite de cette étrange formule mathématique, un soir d’octobre 2002, entraînerait dans son sillage une telle litanie de meurtres ? Et pourtant… Dans ce monde post-11 septembre où les ennemis les plus dangereux ne sont pas toujours ceux qu’on croit, Kyle n’aura d’autre choix que de fuir pour survivre, avec comme seul but de déchiffrer la formule, et de comprendre pourquoi il est devenu une cible.

Mon avis :

Théorème de RoarchackQuand je me suis plongé dans la lecture de polars, il y a bien longtemps, j’ai adoré ces romans où le personnage principal était une personne lambda, comme vous et moi, qui se retrouvait plongé au cœur d’une machination qui le dépassait. Et cette personne se retrouvait devenir un héros, qui parfois arrivait à sauver le monde. Dit comme ça, cela peut sembler puéril, mais quand c’est bien fait, on se laisse prendre au jeu et on avale les pages sans même s’en rendre compte.

Ici, nous avons un professeur de mathématiques, travaillant dans une université américaine, qui se retrouve devant une énigme. En parallèle, son meilleur ami, Kowacs professeur lui aussi, va disparaitre et Kyle va être obligé de prendre la fuite, aidé en cela par une jeune femme très belle, mais aussi très directrice, et très mystérieuse.

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman, car cela allait trop vite, il y avait trop peu de psychologie et on sentait l’envie de l’auteur de rentrer rapidement dans le vif du sujet. Erreur de jeunesse, sans doute, mais ensuite on est intrigué, et surtout époustouflé par certaines scènes où l’auteur sait parfaitement doser ses mots pour instiller une ambiance digne des meilleurs films d’angoisse.

On va ainsi se retrouver avec tous les ingrédients du thriller, les voyages de Charleston à Paris en passant par Berlin ou Rome et même le Mexique. Nous avons un personnage sympathique, cherchant à comprendre en quoi son père peut être impliqué dans cette énigme. En parallèle, nous suivons l’enquête de Palmer et Bishop, deux flics de Charleston qui vont en découvrir de belles, en cherchant l’assassin de Kowacs.

Au global, on se retrouve là avec un premier roman, fort prometteur et vous auriez bien tort de ne pas succomber. C’est bien écrit, rapide dans ses scènes, avec de très bonnes mises en situation. Et même si certains indices semblent tomber du ciel (2 ou 3), ce roman remplit son objectif : nous divertir. Johann Etienne, un auteur à suivre, assurément.

Ce roman se trouve aussi bien sous forme papier que sous forme numérique. C’est aux éditions Ex Aequo et ça s’appelle Le théorème de Roarchack.

http://editions-exaequo.fr/shop/article_9782359621716/Le-th%C3%83%C2%A9or%C3%83%C2%A8me-de-Roarchack-de-Johann-Etienne

Vous pouvez aussi trouver la lettre de l’auteur sur l’excellent site Livresque du noir :

http://www.livresque-du-noir.fr/2011/07/le-theoreme-de-roarchack-par-johann-etienne/

 

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 18:52

la mort pas amisJ’avais raté Mortelles voyelles, il était hors de question que je passe à coté de ce roman, d’un auteur dont je ne cesse d’entendre du bien. Et pour une découverte, ce roman policier est tout simplement épatant.

Fin 1924, début 1925. La Grande Guerre est encore dans tous les esprits, et la société se dirige vers une situation politique chaotique. Camille Baulay, jeune journaliste à succès au Petit Journal, s’occupe des faits divers. Grace à ses relations avec le commissaire Gardel, elle arrive à être au courant avant les autres des derniers meurtres survenus dans la capitale. Ce matin-là, Gardel l’appelle, un corps vient d’être retrouvé.

En plein Marais, un corps est retrouvé affublé d’une cape rouge et le sexe peint en noir. La mort est survenue à cause d’un coup de stylet porté en plein cœur, avec une précision chirurgicale. La mise en scène fait aussitôt penser au célèbre tableau surréaliste Au rendez-vous des amis de Max Ernst. C’est donc dans ce milieu assez particulier que Camille va diriger son enquête en parallèle de celle de Gardel.

Cela va être l’occasion pour Camille de fréquenter des personnages aussi anarchistes qu’artistes tels que Aragon, Eluard, Prévert, Breton ou Desnos. Tout le monde pense à Fantômas, ce personnage étrange et qui nargue la police. Au travers de sa relation avec Blanche, la femme  du député Théodore Dieuleveult, Camille est aussi en contact avec les hommes politiques, qui sentent bien que la situation peut dégénérer si le coupable n’est pas arrêté rapidement. Bientôt, un deuxième corps est découvert avec la langue peinte en noir.

Ce roman est un roman policier, classique dans sa construction, avec des enquêteurs et des indices qui font avancer l’intrigue. Mais là où il se distingue des autres, c’est au travers de la peinture de ce microcosme que fut le groupe des Surréalistes. A travers une documentation sans faille, faisant vivre de multiples personnages historiques avec des attitudes ou des dialogues formidablement écrits, ce roman est une perle à lire, du pur plaisir à chaque page.

Bien qu’il soit relativement court, j’ai trouvé ce roman passionnant, démontrant que l’art peut être considéré comme une arme politique, plus surement que tous les fusils de l’armée. Il y est aussi parfaitement décrit la lutte entre le dadaïsme, qui fait l’apologie du rien et le surréalisme qui fait l’apologie du tout. Sans être pompeux, Gilles Schlesser nous montre de façon éloquente comment la philosophie peut servir à régir la vie et la société.

Et l’enquête, me direz-vous ? Elle avance rapidement, ce qui fait qu’il n’y a pas de temps mort, et que l’on va trembler, s’émouvoir, adorer, suivre, aimer Camille. Sans en faire trop, avec un très bon équilibre entre descriptions et dialogues, ce roman montre une parfaite maitrise des codes du roman policier tout en nous faisant réfléchir sur ce mouvement artistique, anarchique et politique. Et comme il est publié en format de poche, cela fait de ce roman un excellent rapport qualité/prix. Alors n’hésitez plus, jetez vous dessus et plongez dans le monde des années 20 et du surréalisme.

 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 18:50

Je pourrais commencer ce billet d’information par : Nos régions ont du talent ! Mais je crois que cela a déjà été pris ! Et pourtant, il peut être intéressant d’aller jeter un œil du coté de Geste éditions. Geste éditions ont une collection de romans policiers, Geste Noir,  dont voici les sorties du mois de mars.

Sur le site, on peut y lire (http://www.gesteditions.com/) :

Installé au cœur du département des Deux-Sèvres depuis 1992, Geste éditions s'attache à promouvoir la culture entre Loire et Gironde en publiant chaque année une soixantaine d'ouvrages sur les régions du Centre-Ouest.

Lune de miel à la morgue de Franck Linol :

Lune-de-miel-a-la-morgue.jpg4ème tome de la série Meurtres en Limousin, Lune de miel à la morgue présente un Dumontel affaibli, en proie à des doutes et à des démons qui le poursuivent depuis la mort de sa collègue Rachida.

Une jeune fille vêtue d’une robe de mariée en organza est retrouvée morte au pied du monument aux morts de Cieux. Aucune trace de violence ou de sang et la jeune fille reste inconnue des services de police. Peu de temps, après une autre jeune fille est découverte dans la même mise en scène macabre.

Franck Linol est né à Limoges où il est aujourd’hui enseignant et formateur à l’IUFM. Grand amateur de romans policiers, il apprécie tout particulièrement les atmosphères à la fois noires et mélancoliques d’Henning Mankell ou d’Arnaldur Indridason.

Roulette charentaise de Alain Mazère :

Roulette-charentaise.jpgÀ l’aube d’une journée comme les autres, le directeur du casino de Chassenon est retrouvé assassiné entre deux poubelles sur l’aérodrome de Brie-Champniers. Cet événement tragique répand une onde de choc sur tout le département de la Charente. Peu de temps après, dans un train en Italie près de Vérone, un voyageur originaire de la Charente et connu pour son passé louche se donne la mort.

Sur fond de trafic de stupéfiants, Anne-Marie Saint-Angeau devra mener une équipe franco-italienne, gérer les intrusions d’un journaliste qui s’invite dans l’enquête pour le compte d’un quotidien régional et rétablir l’ordre dans la commune où les habitants sont mis en danger par cette affaire.

Alain Mazère est né en 1951, en Charente. Après des études à Angoulême puis à Paris, docteur d’État en droit, il a exercé des fonctions administratives et juridiques dans l’industrie. Membre de l’Académie d’Angoumois, il consacre ses loisirs aux activités culturelles. Roulette charentaise est son premier roman policier.

Sanglante vérité de Frank Klarczyk :

Sanglante-verite.jpgOriginaire du Nord, Gabriel Marcini est un brillant officier de police qui a réussi à intégrer le commissariat de Tulle et est promis au grade de capitaine. Marié et père d’une petite fille, on lui confie une affaire de trafic de stupéfiants qui parasite tout le Limousin.

Gabriel Marcini se lance à corps perdu dans cette affaire infiltrant les milieux de la drogue et traquant la «Black-Dream», cette nouvelle drogue dont Interpol annonçait l’arrivée en France. Quand Marco, l’un de ses indicateurs, se fait assassiner, il va découvrir que ses collègues ne sont pas tous blancs dans cette affaire.

Depuis plus de vingt ans, Frank Klarczyk est un ‘policier de la rue’. Après avoir fait ses premières armes en région parisienne, il a exercé dans le Pas de Calais où sont ses racines.

Puis, tombé sous le charme du Sud-ouest, il a aujourd’hui obtenu sa mutation en Corrèze. Cinéphile et passionné de littérature policière, il apprécie les auteurs américains Harris, Connelly, King, Lehane comme les auteurs français Grangé, Chattam et, surtout, Thilliez.

Mauvaise graisse de Patrick K. Dewdney :

Mauvaise-graisse.jpgLui c’est François Martin, c’est bien François Martin, c’est passe-partout... Il est cadre commercial dans la Creuse et sa spécialité c’est l’arnaque des petits vieux.

Ce que vous ne savez pas encore c’est qu’en fait son vrai nom c’est François Pirelli, qu’il vient de Marseille et que suite à des histoires pas très nettes de braquage raté, il a voulu se mettre au vert. Sa vie n’est qu’une longue dégringolade et à 52 ans, au détour d’un virage, il prend conscience que tout n’a été qu’une farce minable. Il a bien pensé à se suicider mais même pour ça il n’a pas eu le courage.

Et là, tout s’enchaîne, la panne de voiture, la tempête de neige qui va le bloquer au fin fond de la campagne creusoise. Il trouve refuge dans une ferme et fait connaissance de son occupant, Fabien, un jeune homme brun, les yeux bleus, très souriant un peu trop souriant.

Patrick K. Dewdney est né en Angleterre en 1984, et réside en France, depuis 21 ans. Il vit actuellement près de Saint Eloi les Tuileries dans la campagne limousine. Après un cursus scolaire dans la filière des lettres, il publie son premier roman, Neva, en 2007. Après la sortie de cet ouvrage, il renonce à poursuivre son master pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Perséphone Lunaire, son premier recueil de poésie, est publié en 2010. Patrick K. Dewdney habite actuellement dans la campagne limousine, où il expérimente l’autosuffisance et la réflexion sociale en parallèle avec son écriture.

Noire porcelaine de Franck Bouysse :

Noire-porcelaine.jpgÀ la suite de la découverte d’un corps de femme massacré en plein cœur de Limoges, Bélony et Dalençon, deux flics que tout oppose, se lancent à la poursuite d’un meurtrier qui ne cesse de leur glisser entre les doigts.

Ce dernier les observe dans l’ombre et semble s’amuser avec eux enchaînant crime sur crime et dévoilant la noirceur de son âme. Le capitaine Jacques Belony, « vieux flic de la Criminelle » vient de perdre sa femme et sa fille dans un accident de voiture tandis que Marie Dalençon, sa jeune collègue, subit les tourmentes de relations amoureuses chaotiques.

Franck Bouysse vit à Limoges. Il aime marcher dans les villes, s’arrêter dans un bar, écrire en écoutant Antony and the Johnsons, Billie Holiday et fumer d’immondes cigares italiens. Il publie un roman noir (L’Entomologiste), puis ensuite sa trilogie H. (Le Mystère H., Lhondres ou Les Ruelles sans étoiles et La Huitième lettre). Il réalise également les dossiers introductifs de l’intégrale BD de Théodore Poussin (par Frank Le Gall) et participe ça et là à divers projets collectifs.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 19:00

Mannequins filles modèlesOlivier Gay reprend son personnage de Fitz, avec qui nous avions fait connaissance dans Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, un premier roman pour lequel son auteur a remporté le prix du premier roman lors du festival de Beaune 2012.

Nous retrouvons donc avec grand plaisir nos trois compères, John-Fitzgerald dit Fitz notre noctambule dealer de drogue à la petite semaine, son ami Moussah consommateur de soleil (entendez par là cocaïne) et videur de boite de nuit, et Deborah enseignante et parasite comme eux. Le postulat de base est simple : Moussah est amoureux de Cerise Bonnétoile (ça ne s’invente pas !), une jeune femme mannequin de vingt cinq printemps, belle comme une fleur en fleur.

Moussah est donc tout heureux de présenter sa chérie à ses meilleurs amis, et compagnons de cocaïne dans un bar. Cerise, tout de suite à l’aise, se présente. Elle a vingt cinq ans, et va se présenter à un concours de beauté pour l’agence Podium. Tous sont d’accord pour l’accompagner, ce sera le week-end prochain qu’aura lieu la sélection des postulantes à la grande finale.

Je vous passe les détails de cette sélection, même si c’est l’occasion pour Fitz de draguer et d’observer les parents qui amènent leur progéniture, même si les jeunes filles sont prêtes à tout pour gagner. Il faut dire que cela peut rapporter un paquet d’argent pour quelques photos ! Bref, Cerise est qualifiée. Le problème, c’est que quelques jours plus tard, Cerise ne donne plus signe de vie. Après quelques recherches, nos amis se rendent compte qu’elle a reçu des messages de menace pour ne pas se présenter au concours, et doivent de rendre à l’évidence que leur Cerise a bel et bien été enlevée.

Si vous avez aimé Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, vous allez adorer celui-ci, et c’est mon cas ! Non pas que je sois passionné par les parasites de la nuit, les dealers à la petite semaine. Mais, il y règnent tout au long du livre une bonne humeur, une bonne dose d’autodérision qui ne peut laisser indifférent. Que cela soit clair : ce livre n’est pas sérieux, il est même dangereux, au sens où vous risquez d’en ressortir avec des crampes aux zygomatiques.

Moussah et Deborah ont quand même un rôle plus étoffé que dans le premier roman, et c’est tant mieux. Moussah apparait comme un gros bourru au cœur tendre, un peu perdu, fonçant tète baissée avant de réfléchir. Deborah est plus subtile, collée aux deux autres pour s’amuser, comme une merde sur une semelle de chaussure, mais c’est aussi une jeune femme en mal d’amour, fragile. Et puis Fitz, égal à lui-même, est un grand gaffeur, qui se rapproche de plus en plus d’un Gaston (Lagaffe bien sur), toujours à proposer des idées qui ne sont pas les bonnes, les événements allant toujours à l’inverse de ce qu’il a prévu.

On a aussi droit à des scènes hilarantes, des discussions abracadabrantes. Et par sa maitrise de certaines scènes comiques, on n’est pas loin de ce qu’aurait pu imaginer un Westlake, par la façon d’amener le gag mais de nous faire patienter pour que l’effet que l’on pressent gros le soit encore plus à la fin. En parlant de fin, elle vous réservera une belle surprise, car sous ses dehors de comédie, il y a tout de même un suspense pour savoir qui est qui, et je ne vous dis rien.

Et même si on peut y noter des incohérences ou des choses étranges (maintenant, nos trois compères ne sont pas complètement comme vous et moi …), je suis d’une grande indulgence devant la grosse dose de bonne humeur que m’a insufflée ce roman. Pour son deuxième roman, Olivier Gay a fait mieux que le premier, c’est une franche réussite, et cela promet pour le troisième ! A la prochaine Fitz !

Voici quelques billets des blogueurs amis (et que ceux que j’ai oublié me pardonnent) :

http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/article-olivier-gay-les-mannequins-ne-sont-pas-des-filles-modeles-115316940.html

http://www.unwalkers.com/les-mannequins-ne-sont-pas-des-filles-modeles-dolivier-gay-le-masque-par-sweetie/

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 18:29

Chiennes de vieDepuis quelque temps, on voit apparaitre une nouvelle vague d’auteurs américains, qui écrivent surtout du roman noir, et veulent montrer l’autre face de la plus grande démocratie du monde. C’est le cas de Eric Miles Williamson, de Donald Ray Pollock, de Larry Fondation. Gallimard a trouvé en Frank Bill un auteur fort prometteur, qui montre au travers de ce recueil de nouvelles beaucoup de qualités.

Comme bon nombre de ses compatriotes, Frank Bill créé des personnages de la campagne, ceux qui vivent de peu, de rien, ceux qui font leur trafic de méthamphétamine pendant les matches de boxe, ceux qui tirent plus vte que leur ombre. Le message au travers ces 17 nouvelles n’est pas folichon, et d’ailleurs, il vaut mieux avoir le moral avant d’attaquer ce recueil.

Car il n’y a pas d’espoir quand on laisse les hommes livrés à eux même. D’ailleurs, il y a bien longtemps qu’il n’y a plus aucune limite nulle part, ni morale, ni humaine. Chaque nouvelle va montrer une tranche de vie d’un personnage et va se terminer mal. C’est d’ailleurs ce que je reprocherai à ces nouvelles : se terminer un peu de la même façon.

Mais vous auriez tort de passer outre ce nouvel auteur. La peinture est tout juste brossée mais tellement juste, les gens vivent de rien et sont réduits à vivre de contrebande ou de vol, ou obligés de vendre leurs enfants. Accrochez vous, ou bien allez chez votre libraire et lisez les trois premières nouvelles, (les plus réussies à mon avis). Après avoir reçu ces trois claques dans la figure, vous achèterez ce livre.

Nul doute que cet auteur est à suivre, et je suis curieux de savoir ce que serait son œuvre sur une distance un peu plus longue. Pour finir de vous convaincre, je reproduis l’avis de Donald Ray Pollock qui apparait sur la quatrième de couverture : « Bon sang, mais d’où il sort, ce type-là ? Il carbure à toute blinde et cogne fort, très fort, vous laissant sonné comme si vous aviez pris un coup de masse sur le crâne après avoir sniffé de l’acide de batterie ».

Je dois rendre hommage à Jean Marc qui m’a donné envie de lire ce livre. Son article est ici.

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 18:59

Diable dans la ville blancheJ’ai la chance de faire partie du jury pour élire le thriller 2013 du livre de poche, dont les romans sont choisis parmi les sorties de l’année. Je commence donc par ce roman imposant, 600 pages, et pas un dialogue. C’est marqué Thriller et le sujet est intéressant. Cela va me permettre de découvrir un pan de l’histoire américaine que je connais bien mal. Nous allons balayer une période allant de 1890 à 1895.

Le contexte est l’Exposition universelle de Chicago de 1893. Daniel Burnham est un jeune architecte qui s’est fait connaitre par la construction de gratte-ciel. Avec son associé, il va hériter d’un défi hors du commun : batir en à peine 4 ans une nouvelle cité, qui accueillera l’exposition universelle. Elle devra montrer la grandeur des Etats Unis mais aussi être plus imposante que celle de Paris de 1889.

En parallèle, nous allons suivre l’itinéraire du docteur Holmes, un jeune homme séduisant qui va faire sa fortune en assassinant des gens pour toucher leur assurance vie, puis en achetant une pharmacie. Il va ensuite faire construire un immeuble à Englewood, avec des appartements qu’il va louer à des jeunes femmes. Au sous-sol, il va aménager une salle totalement insonorisée et un four crématoire.

Le destin de ces deux hommes, Burnham et Holmes va être mis en parallèle tout au long de ces années. Mais dès les premières pages, le ton est donné : L’auteur, journaliste de formation a regroupé une documentation impressionnante pour retranscrire le Chicago du 19ème siècle et narrer une histoire à 100% vraie.

Je dois dire que ce roman n’est pas un roman, et encore moins un thriller. Mais Erik Larson, au travers d’une documentation sans faille et d’un style parfaitement fluide sait faire monter la pression chez le lecteur. De la pression sur les épaules de Burnham aux subterfuges de Holmes, des désastres naturels (ils vont subir une tempête extraordinaire) aux massacres de jeunes filles, ce livre se dévore même s’il n’est pas à proprement parler un roman.

En fait, Erik Larson a tout simplement écrit un fabuleux documentaire sur cette période de folie (merci Christian pour cette phrase), rendant l’ambiance de l’époque par des détails fort judicieux : la pollution, la saleté dans les rues, les mœurs des gens au travers des lettres et des attitudes des jeunes filles. Et puis, le parallèle entre la folie de la construction de cette ville et la folie de ce faux pharmacien est éloquente. Il montre aussi le développement de la criminalité avec la montée des pavillons. Et on peut se demander quelle est la responsabilité de la société dans la création d’un monstre tel que Holmes.

Tout est remarquablement fait et surtout passionnant à lire. Si vous êtes fan de thriller ou lecteurs exclusifs de romans, il vous faut savoir que ce roman se rapproche plus d’un documentaire. Mais que vous devriez laisser votre curiosité vous guider vers ce documentaire éloquent. Et puis, il y a cette phrase qui m’est sans cesse revenue à l’esprit : « Il ne s’agit en aucun cas d’une œuvre de fiction ». Hallucinant !

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 18:43

Après avoir exploré l’univers de Fabio Mitchelli avec La verticale du fou, je me replonge dans le deuxième tome de la trilogie. Et finalement, je pense que le troisième tome ne va pas faire long feu.

Quatrième de couverture :

A-la-verticale-des-enfers.pngAprès le succès de "La verticale du fou", découvrez la suite....

Six mois après le terrible drame de la mort de Clarisse, Chris Lanzmann, Lieutenant de police à la criminelle, met fin à ses jours en se jetant du haut des trente mètres de son immeuble. Hébété, au moment de l’impact de son corps sur le trottoir, le jeune flic aperçoit des corps humains, flottant à quelques mètres du sol. Lanzmann ne comprend pas la symbolique de cette vision, encore moins la raison pour laquelle il possède toujours sa conscience...

Sohan Ordell, le flic chargé de l’enquête de vérification concernant le suicide de Chris Lanzmann, décèle alors avec l’aide du jeune médium Melvin Meideiros, que l’ex amant de Clarisse n’avait pas les mains aussi propres qu’on le disait. Peu à peu, les enquêteurs découvrent que l’investigation les rapproche ostensiblement d’une effroyable affaire : les corps de plusieurs jeunes femmes sont retrouvés horriblement mutilés, dans une représentation cauchemardesque du Vitruve de Léonard de Vinci.

Qui sont ces êtres avec lesquels Lanzmann communique ? De quoi l’ex-flic était-il coupable ? Qui est l’étrange gérant de la boutique du Papillon Noir ?

Un infernal jeu de piste les mènera tous aux confins du physique, à mi-chemin entre le réel, le cauchemar et la folie...

Nous retrouvons dans ce second volet de la trilogie des Verticales les personnages rencontrés dans La verticale du fou ; mais nous les retrouvons sous un angle auquel nous n'étions pas préparés ; et c'est bien là que doit résider le talent d'un auteur : surprendre ses lecteurs et se renouveler sans se renier lui-même. Fabio M. Mitchelli réussit cette fois encore la performance de nous emmener là où ne serions pas allés de nous-mêmes, au seuil de mystères sur lesquels il jette une lumière nouvelle. Dans ce deuxième opus il inverse l'angle sous lequel nous envisageons la mort, car après tout, tout ce que nous en savons fait encore partie de la vie... mais jusqu'à quel moment ?

Dans A la verticale des enfers l'auteur nous transpose dans une contre-plongée à l'issue de laquelle vous ne regarderez plus certaines choses sous le même angle, je vous le promets.

Mon avis :

Voici un roman court qui se lit vite, trop vite. En fait, c’est à la fois aussi bien que La verticale du fou, et mieux par d’autres cotés.

Aussi bien car il reprend le principe de faire parler des morts, mais l’enquête menée par Sohan Ordell nous permet d’avoir une narration plus classique. Il y a donc un mélange entre le royaume des morts et l’enquête réelle.

J’ai trouvé dans ce roman une progression dans le style et l’intrigue, l’ensemble est plus maitrisé, plus facile et agréable à suivre. Pour autant, ce qu’on y gagne d’un coté, on le perd de l’autre. Et j’y ai trouvé moins d’originalité que dans le premier.

Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est un très bon thriller qui se prête bien au format électronique par le coté roman court et les chapitres rapides.

A noter que la trilogie des Verticales est disponible en ebook à 4,99 euros. C’est donné !

http://black-novel.over-blog.com/article-chronique-virtuelle-la-verticale-de-fou-de-fabio-mitchelli-ex-aequo-114532906.html

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 18:46

Dernier roi de brighton-copie-1Après Promenade du crime, voici le deuxième tome de la trilogie consacrée à Brighton, station balnéaire de Grande Bretagne. Ce roman s’avère plus grand, plus fort, plus imposant, exemplaire.

Ce roman est composé de deux parties. La première est consacrée aux années 60, la deuxième se déroule de nos jours. En 1963, John Hathaway est un jeune adolescent dont la passion est la musique. Avec ses copains Charlie, Dan et Bill il forme le groupe des Avalons, et fait la tournée des petits clubs en reprenant des chansons à succès. Il se débrouille tout seul, ses parents étant en Espagne pour une durée indéterminée. Et c’est Reilly, l’homme de confiance de son père qui l’aide dans sa vie de tous les jours.

La ville de Brighton est plongée dans des affaires criminelles retentissantes : on y parle encore du tueur à la malle qui date des années 30, mais aussi de l’attaque du fourgon postal qui est une affaire plus récente. John va s’apercevoir que ses concerts sont organisés dans des clubs grâce à la réputation de son père, que la police lui fait les yeux doux parce qu’il est le fils de Dennis. Entre sa petite vie et Barbara, une trentenaire devenue son amante, il mène une vie facile et nocturne, jusqu’à ce que son père rentre avec sa mère, prise de délires et que son père attribue à la ménopause.

Son père va chasser Barbara, qui est une de ses employées et lui demander de travailler dans son organisation ; tout d’abord, il lui demande de transporter de l’argent, puis de la drogue, puis de vendre de la drogue pendant ses concerts. Petit à petit, il va comprendre l’étendue de l’organisation de son père. Cette formation et ce passé douteux va avoir des conséquences sur sa vie actuelle, quand quarante années plus tard, un homme se fait atrocement empaler.

Le portrait que fait Peter Guttridge de la superbe et riche ville de Brighton est bien peu ragoûtant. En effet, il prend son temps pour montrer comment dans les années 60, le principal gang de Brighton détenait le commerce illicite, des paris au trafic de drogue qui commence (les petites pillules que les jeunes avalent pendant les concerts pour mieux s’amuser !), de la prostitution à la pédophilie. A cela, on ajoute la police qui profite de cet argent, mais qui le dirige aussi tant la hiérarchie est impliquée.

Peter Guttridge a choisi une narration très classique, mettant en opposition deux époques, qui sont les années 60 et les années 2000. Il donne l’impression qu’avant la criminalité était moins violente, moins barbare. Il montre une époque ivre d’amusements, de musique, de joie de vivre, qu’il oppose à notre monde contemporain plus froid, plus brutal. D’ailleurs, dans la première partie, les titres des chapitres reprennent des titres de morceaux populaires, qui disparaissent dans la deuxième partie. Cette première partie, sur les années 60 est exemplaire à tous points de vue, tant elle est parfaitement écrite.

C’est aussi un roman de formation, d’initiation, au travers le personnage de John. Ce jeune homme va petit à petit perdre son innocence, jusqu’à devenir le nouveau parrain de Brighton, suivant en cela les pas de son père. Et le jeune homme de la première partie va se révéler un maitre du crime, que l’on va retrouver au travers d’enquêtes menées par Robert Watts dans une deuxième partie d’une narration plus classique.

Indéniablement, ce Dernier roi de Brighton s’avère un polar costaud, que j’ai eu bien du mal à lâcher, tant la façon qu’a Peter Guttridge de mener son histoire me convient bien : elle est centrée sur les personnages, avance surement grâce à des dialogues remarquablement bien faits, et ne s’appesantit jamais sur des futilités. Ce deuxième tome de la trilogie de Brighton est brillant, étincelant comme les joyaux de cette station balnéaire.

Ne ratez pas l'article de l'ami Claude ici

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 18:59

Dans la boiteBingo ! Voilà un premier roman épatant, rempli de qualités et à propos duquel j’ai bien du mal à identifier des défauts. Ce serait un roman à classer du coté des romans policiers, même si on y trouve des aspects bien stressants et un début bien noir. Mais trêve de palabres et entrons dans le vif du sujet.

Tout commence donc avec un personnage de flic, seul, séparé de sa femme, obsédé par son boulot et alcoolique, accroché qu’il est à sa bouteille de vodka. Il patauge dans une enquête sur un tueur en série qui s’amuse à ajouter des piercings sur ses victimes. Aucun indice ne permet d’avancer. Alors Jeff déprime, et s’enferme le soir chez lui, pour naviguer sur Internet.

Il tombe alors sur un site étrange qui ressemble à une boite noire, qui s’appelle la boite noire. Le code d’entrée de ce site confidentiel est son matricule de flic. Poussé par la curiosité, il entre et, sous pseudo, participe à des forums où des collègues flics comme lui partagent leurs affaires. L’addiction au site est immédiate et intense. Si cela ne l’aide pas dans son affaire en cours, il devient un des participants des plus actifs.

Un nouveau tueur fait son apparition, un tueur de flics. Sa première victime, Catherine, une collègue de Jeff, avec qui il aurait pu avoir une aventure. Ce nouveau coup dur dans la vie de Jeff arrive au moment où le site propose une nuit dans un manoir à huit de ses membres, dont le thème sera de partager leurs enquêtes. Jeff est choisi et rejoint un manoir perdu dans les Ardennes belges. Chaque participant devra amener une boite avec cinq indices concernant une affaire sur laquelle ils travaillent. Le jeu peut commencer …

Ce qui m’a immédiatement attiré dans ce roman, c’est le talent qu’a l’auteur de vous accrocher à une intrigue, cette façon de vous impliquer, de vous plonger dans un lieu, une ambiance, un personnage. Et si la biographie succincte de l’auteur dit qu’il est un touche-à-tout, c’est aussi ce qui transparait dans ce roman. Nous allons en effet avoir droit successivement à du roman noir, du roman policier, du huis clos stressant, des périodes intenses comme un thriller, et tout cela fonctionne à fond.

On débute donc avec ce personnage désespéré de flic solitaire et alcoolique. Rien de bien nouveau, sauf que, magie du style, de l’évocation, on court, on s’imprègne de la noirceur, du désespoir de Jeff. Puis vient l’horreur et un attentat à la bombe visant le plus de flics possibles. Le style devient alerte, l’horreur non décrite mais suggérée. C’est très fort ! Et puis, on entre dans ce manoir et l’intrigue se transforme en huis clos à la Agatha Christie.

Chaque flic, à tour de rôle, va donner des indices qui évoquent une affaire qu’ils ont connue, ou qui les a passionné. Et chaque flic va raconter à sa façon son affaire, dans un chapitre dédié. Si l’auteur n’en rajoute pas dans la psychologie des huit flics, leur façon de raconter leur affaire en dit beaucoup plus, de ceux qui prennent du recul à ceux qui sont impliqués, compatissants, passionnés. Toutes ces affaires, qui ressemblent à des nouvelles, auraient pu faire l’objet d’un roman à elles seules tant les détails de lieux, de personnage, et l’inventivité des intrigues sont grandes. Et même quand on aurait pu penser que cela aurait pu être un point faible du roman, l’auteur le transforme en point fort.

Une fois le principe assimilé par le lecteur, le livre nous regorge une belle surprise, une belle péripétie. Il s’avère que le tueur de flics est parmi eux. Comme ils ne se connaissent que par forum interposé, le stress s’empare de nous, qui du gentil au désagréable, qui de l’effacé à l’extraverti, qui de l’excitante à l’ancien peut donc être le coupable. On entre dans une autre dimension, car on se dit (je me dit) que Madame Agatha Christie n’aurait pas renié ce roman. Le compliment est-il trop grand ? Que nenni ! Lisez ce roman, vous allez être bluffé, emporté, passionné. Et que vous soyez amateurs de thrillers, de romans policiers, ou de romans noirs, C’est dans la boite joue avec tous les genres, et le fait redoutablement bien.

Je ne serai pas juste si je ne parlais pas de la fin. Car elle est aussi réussie que le reste du roman, et se permet même de terminer avec de l’humour noir, bien noir, comme je l’aime. Ce livre est une excellente surprise, un livre mutant qui flirte avec tous les genres, une lecture jouissive qui se termine en apothéose. Et quand je pense que c’est un premier roman, je n’ose imaginer le prochain, même si je l’attends avec impatience. D’ailleurs, j’ai bien envie de le relire, juste pour y déceler les indices parsemés ça et là. En tous cas, ne ratez pas ce roman, c’est du pur plaisir garanti. 

N’hésitez pas à aller voir ces quelques articles glanés sur la toile :

http://passion-romans.over-blog.com/article-c-est-dans-la-boite-de-frederic-ernotte-noir-c-est-noir-112446574.html

http://www.fannylebez.com/polar/c-est-dans-la-bo%C3%AEte-fr%C3%A9d%C3%A9ric-ernotte/

http://www.concierge-masque.com/2012/12/22/frederic-ernotte-cest-dans-la-boite/

 

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 18:29

Roman-du-parfum.jpgC’est avec beaucoup de gentillesse que Pascal Marmet m’a proposé de lire son nouveau roman. J’avais bien aimé son précédent opus, A la folie, et il m’a prévenu que celui-ci n’était pas un polar. En fait, Pascal Marmet a mis dans son livre toute sa passion pour le parfum (d’où le titre) mais aussi son admiration pour l’acteur américain Tony Curtis. Autour de ces deux sujets, il a bâti une intrigue, à propos de laquelle il laisse planer un mystère : cette rencontre a-t-elle eu lieu ?

La rencontre, c’est celle entre la narratrice et un vieil homme dans un avion. Il s’en faut de peu que Sabrina manque son vol pour les Etats Unis. Cette jeune fille, douée pour tout ce qui touche à l’odorat va être reçue pour un entretien afin d’intégrer la prestigieuse école des nez de Guerlain. Elle arrive presque trop tard, le vol est archi plein.

La seule place qui reste est celle à coté d’un vieux monsieur, frot disert et courtois, toujours séducteur et engageant. Il s’appelle Tony Curtis, mais le nom ne dit rien à la jeune femme. Une discussion va s’engager entre ces deux personnages, et nous permettre de découvrir le monde de la parfumerie et une partie de la biographie du célèbre acteur.

Nous allons donc tout au long de ce voyage au long cours, alterner entre les dialogues qui vont parler de l’histoire des senteurs, des Egyptiens aux moyens modernes pour déterminer la composition des nectars. Dans ces chapitres, les dialogues permettent de nous apprendre plein de choses. Cela fait parfois encyclopédie mais par contre, c’est passionnant. Je ne me doutais pas de toutes ces batailles de toutes ces nuances, même si j’avais entendu parler des nez, bien entendu. Ce fut réellement surprenant en ce qui me concerne.

Et puis, au détour d’un mot, d’une phrase, Tony Curtis va remonter en arrière, faire un voyage dans le temps et revivre les grands épisodes de sa vie, les rencontres qui ont fait basculer sa misérable vie de cireur de chaussures en pleine crise de 1929, jusqu’aux studios de Hollywood, en passant par la guerre du pacifique (trop survolée à mon gout, mais peut-être l’acteur n’aimait-il pas en parler de son vivant).

Si je ne voue pas un culte envers Tony Curtis, il m’est apparu comme le jeune homme sympathique que l’on peut imaginer à la vision de Amicalement Votre (Série télévisée avec Roger Moore), un personnage qui ne s’est jamais départi de son humour, cherchant toujours à séduire les gens qu’il rencontrait. Il y a aussi cette ambition, cet orgueil qui fait qu’il laissera derrière lui des êtres aimés et beaucoup de regrets. J’y ai trouvé un personnage respectueux des autres, désireux de partager ses souvenirs, ses leçons, ses échecs, un personnage que j’aurais aimé rencontrer.

A la fois roman rencontre entre deux personnes qui ne se seraient jamais trouvé cote à cote, à la fois portrait d’une femme passionnée par son domaine, à la fois biographie, ce roman se révèle une lecture attachante, un roman tout en douceur, tout en légèreté, tout en subtilité, un roman original par son approche qui réussit à nous prendre dans son jeu, à nous intéresser, à nous instruire. Pari gagné.

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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