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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 18:12

Lieux infidèlesJ’avais acheté La mort dans les bois, premier roman de Tana French. Mais je ne sais plus où je l’ai mis. Celui-ci m’a été fortement conseillé par ma femme, donc je n’ai pas le choix : il fallait que je le lise !

En décembre 1983, Franck Mackey décide de quitter le quartier misérable où il a grandi, Les Liberties en Irlande, alors qu’il est agé de 16 ans. Il a décidé de partir avec la jeune femme qu’il aime, Rosie Daly, et de laisser derrière lui sa famille qu’il déteste. Ils veulent refaire leur vie en Angleterre. Alors qu’il l’attend devant le numéro 16 Faithful place, elle ne vient pas. A l’intérieur de la masure dans laquelle il entre, il trouve un mot de Rosie.

Vingt deux ans plus tard, Franck, divorcé et père d’un enfant, est devenu policier à Dublin. Alors qu’il doit passer le week-end avec sa fille Holly, il reçoit plusieurs messages sur son répondeur de la part de sa sœur Jackie. C’est le seul membre de la famille avec lequel il a encore des contacts. Il faut qu’il la contacte au plus tôt, elle a quelque chose d’urgent à lui dire.

Jackie est hystérique : Alors qu’une maison des voisins de ses parents est en train de se faire démolir, les ouvriers découvrent dans la cheminée une valise. A l’intérieur se trouvent les affaires et un certificat de naissance de Rosie. Franck va être obligé de renouer avec sa famille et tenter de comprendre ce qui a bien pu arriver à Rosie ce soir là.

Quel titre étrange ! Et quel sujet intéressant ! Peut-on réellement tourner le dos à sa famille, à son pays, et vivre une vie sereine ? Franck a abandonné ses parents, ses frères et ses sœurs pour faire sa vie en Angleterre et Rosie était une bonne excuse. Le voilà obligé de plonger la tête dans le misérabilisme de se vie d’antan, avec un père alcoolique qui battait sa famille, avec ses aînés qui travaillaient pour ramener l’argent que le père dépensait en alcool. Le voici obligé de regarder les yeux grands ouverts un passé qu’il aurait tant voulu oublier.

Tana French fait aussi le procès d’un pays en déliquescence, où ceux qui ne veulent rien faire rêvent d’avoir tout, un règne d’envieux qui se complaisent dans leur malheur en enviant les autres. L’Irlande, vue par l’auteur, est un pays qui abandonne ses habitants car ils ne veulent plus se battre. Franck ne veut pas revivre son passé, il ne veut pas faire cette enquête, il veut tourner une page qui n’est pas complètement écrite. Jusqu’à la mort de son frère Kevin.

Tana French décrit dans le détail la vie de ces gens, fait des dialogues très longs et très réalistes pour montrer leurs centres d’intérêts, leurs motivations, leur psychologie. Mais c’est aussi son défaut principal : des passages sont d’une longueur incroyable, j’ai été obligé de sauter des paragraphes de dialogues car ils ne me semblaient pas apporter grand-chose à l’intrigue (il faut dire que le roman démarre à la page 200 avec la mort de Kevin). De pus, le roman est classé dans la catégorie Thriller alors que c’est plutôt un très bon roman policier.

C’est donc une bonne découverte. Certains passages sont d’une force émotionnelle intense, et c’est ce que je retiendrai de ce roman. Et au global, malgré des passages bavards, l’intrigue est bien menée, les suspects nombreux, et l’ensemble m’a accroché surtout grâce à son personnage et les thèmes abordés.

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 18:12

Décidément, en ce moment, je fais dans les recueils de nouvelles. Parler de l’adolescence n’est pas une chose facile, c’est le sujet de ce recueil qui convient bien au roman noir.

Pour que demain vienneValse lente :

Ce n’est pas la première fois que Nico fait une fugue. La première fois, cela a duré trois jours. Cette fois-ci, elle trouve que cela dure trop longtemps. Elle le surveille, elle l’épie, il est de l’autre coté de la rue. Et elle se rappelle les bons moments, depuis qu’il est tout bébé jusqu’à ce jour où tout va changer

Pas de deux :

Lioubov est une adolescente qui est prostrée dans les bois. Il fait froid. Elle regarde, cherche ses ennemis car c’est une jeune fille traquée. Rasko est un jeune homme qui ne s’en laisse pas conter, il est déjà un homme. Leur rencontre va-t-elle être pour le meilleur ou pour le pire ?

Pavane :

Elle a eu un enfant très tôt, trop tôt. Elle l’a abandonné, accouchement sous X, comme marquée d’une croix. Huit ans après, elle rêve de retrouver l’enfant de sa chair.

Bacchanales :

Il pleut. Alors, elle a du s’abriter dans une librairie. Un livre l’attire, une jeune fille derrière une vitre embuée attend, son titre est Adagio. Elle va lire, dévorer ce livre, jusqu’à ce que ça en devienne une obsession.

Séguedille :

Elle s’appelle Mlle Sullivan, c’est un star qui rêve d’anonymat, qu’on l’oublie un peu pour qu’elle puisse oublier le présent, oublier le passé et ce drame qui la hante et dont on ne se remet jamais. C’était il y a 25 ans …

 

Chaque nouvelle est un morceau de vie, une chronique du présent pesant des adolescents. Chaque nouvelle est une histoire à part entière, une vie à part entière. Et le titre est exceptionnel : Car ce demain, c’est la fin de cette période d’adolescence avant de devenir adulte. Adulte, ça veut dire quoi ? Devenir responsable ? Dans ce recueil, ça veut surtout dire supporter des situations trop lourdes à porter pour leurs frêles épaules.

Carole Pourtau décrit les vies de ces adolescents à leur place, elle dissèque les sentiments, elle décortique les impressions, elle décompose les pensées. Son style fluide et efficace nous entraîne dans leur peau, avec douceur, sans heurt. Et c’est au moment où on se sent bien qu’elle nous assène un coup derrière la tête. De vraies nouvelles bien noires et parfois très cruelles. C’est une excellente découverte et je serai curieux de lire Corine Pourtau sur la longueur d’un roman.

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 17:21

Toxic-blues.gifCoup de coeur ! Amusant comme un personnage tel que Jack Taylor peut vous remonter le moral ! J’ai tout lu des enquêtes de Jack Taylor, sauf celle-ci, que je me réservais bien au chaud. J’ai découvert Jack avec Le Martyre des Magdalènes, et je l’ai suivi dans sa descente aux enfers. J’avais dévoré le premier de la série, par la suite, Delirium Tremens ; il me restait donc Toxic Blues.

Malgré le fait d’avoir tout lu (et dévoré) de Jack Taylor, j’avais un peu d’appréhension de reprendre une enquête qui se situait si tôt dans la vie de Jack. En fait, cela m’a permis de mieux mettre en valeur et l’évolution du personnage, et l’évidence du style de Ken Bruen. Car Toxic Blues représente à mon avis le roman par lequel Ken Bruen décolle, devient un auteur incontournable dans le paysage du roman noir contemporain.

Nous avions laissé Jack Taylor à la fin d’une aventure éprouvante. Il a quitté l’Irlande pour Londres, alcoolique jusqu’au bout des mains, il revient dans son quartier de Galway camé à la cocaïne jusqu’au bout du nez. Il retrouve tous ses amis, dont Jeff et Cathy qui attend un bébé. Hébergé par eux, dans un premier temps, il est vite contacté par Sweeper.

Sweeper est un tinker. C’est une communauté qui regroupe les gens de voyage. Depuis quelques temps, certains membres de leur communauté sont atrocement assassinés, le crâne défoncé. Jack va accepter d’enquêter pour retrouver l’auteur de ces meurtres. En même temps, il doit gérer ses relations conflictuelles avec sa mère, et ses sentiments amoureux.

Ken Bruen est un as, il déroule son intrigue l’air de rien, passant de rencontres en soirées speedées à la façon d’un Burroughs ou d’un Henri Miller (sans les scènes de sexe) avec une telle facilité qu’il est impossible de lâcher le livre. Il donne aussi au lecteur les repères pour s’imprégner des influences, autant musicales que littéraires (car Jack est un grand lecteur). On entre dans la tête de Jack, on vit avec lui, cela devient un véritable ami.

On est littéralement immergé dans ce petit centre de Galway, ce petit village d’irréductibles où tout le monde se connaît, où il circule des effluves d’amour et de haine, où tout le monde se parle, se côtoie. Et il y a les prémices des changements à venir, cette société basée sur le fric, sur l’absence de sentiments, sur la peur de l’autre, l’élimination du différent.

Vous en connaissez beaucoup, des auteurs capables de décrire un lieu par une phrase, de montrer un personnage en un paragraphe, de vous tirer en deux mots des larmes, de vous faire serrer les dents, de vous plier sous un coup de pied. Ce roman est, à mon avis, l’un des meilleurs de la série avec Le Dramaturge. Et je ne saurais vous conseiller de commencer par le premier de la série. C’est tout simplement une série incroyablement imprégnée de notre époque, avec un personnage témoin des changements de notre société, antipathiquement sympathique. Lisez Ken Bruen, Jack Taylor est mon pote.

Une dernière question ma taraude après la lecture de ce monument du noir : depuis que Gallimard a décidé d’arrêter d’éditer les enquêtes de Jack Taylor, quand allons nous revoir Jack sur les étals d’une librairie ?

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 17:57

Je viens de passer une sale période, sans lire, sans m’attacher à un livre, parcourant sans envie quelques romans. Viennent s’ajouter des problèmes internet ! Merci Neuf ! Voici quand même une présentation succincte de trois d’entre eux :

 

Trial by fire de David Grann (éditions Allia)

Trial-by-fire.jpgLors de l’incendie de sa maison, Cameron Todd Willingham ne peut sauver ses enfants. Les témoignages des voisins sont douteux et Cameron va être condamné à mort, sans preuves. De nombreuses associations vont essayer de le sauver, alors qu’il clame son innocence.

Ce livre raconte, à la façon d’une enquête journalistique, les faits de cette affaire réelle. David Grann met tout son cœur à démontrer les fautes d’un système judiciaire encensé par le monde entier. Ce plaidoyer contre la peine de mort est à lire absolument, d’autant plus que le livre coûte 3 euros.

Merci à Richard pour cette très bonne découverte.

 

Les voix du crépuscule de Lisa Unger (Toucan Noir)

Voix du crépusculeTrois personnages vont voir leur destin s’entrecroiser dans un petit village de l’état de New York, dans une ambiance étrange.

Si j’ai arrêté ce livre, c’est par manque d’envie. L’ambiance est bien rendue, l’écriture subtile, et l’ambiance mystérieuse et inquiétante. Le rythme est lent, et je vais devoir revenir à ce roman, qui me parait pas mal du tout.

 

Audrey de Nathalie Merlin (éditions Mélibée)

Audrey.jpgAudrey est une jeune fille qui profite de la vie et des hommes. Elle est la fille de M.Van Loo, créateur de bijoux belge. Un matin, le gardien de leur résidence la découvre assassinée dans sa chambre. L’homme avec qui elle envisageait de faire sa vie semble le coupable idéal.

Si l’auteur, dont c’est le premier roman, sait mener une intrigue, il y manque un peu de psychologie des personnages pour que cela devienne intéressant. Le roman est bien écrit, le style est efficace, donc on peut espérer que le prochain roman de Nathalie Merlin sera meilleur. A suivre.

 

Finalement, j’ai repris du classique, Toxic blues de Ken Bruen …

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 18:10

DérapagesJe continue mon exploration du monde de Jean Pierre Ferrière, et cette fois ci, c’est son dernier livre en date, un recueil de nouvelles qui s’appelle Dérapages et qui est sorti aux éditions Noir Délire.

Dérapages :

Françoise Delmas, la quarantaine, vit sa petite vie routinière. Elle tient la caisse au bar Les camélias qui appartient à son mari. Un soir, un couple se dispute dans le bar et l’altercation se passe mal : l’homme gifle violemment la femme. Françoise va soigner la jeune femme et la raccompagner chez elle.

Elle apprend que la jeune femme molestée s’appelle Catherine Bouvier et son ex-amant Jean Marc. Catherine va montrer à Françoise qu’il y a autre chose dans la vie que la monotonie et la routine. Et Françoise va se découvrir, prendre sa vie en charge, devenir une femme libre, sans attaches. Mais jusqu’à quand ?

Retour à la nuit tombée :

Constance Berthier est veuve depuis longtemps maintenant. Elle vit recluse dans son appartement, et ressasse la perte de son fils, Philippe, disparu en montagne il y a cinq ans déjà. Soudain, un homme se présente à sa porte. C’est son fils ! Il a perdu la mémoire et se dit avoir été attiré par le quartier. Il retrouve les petits gestes, les petites habitudes qui font que Constance n’a plus de doutes. Son fils est revenu !

Quelque chose m’est arrivé dans le métro :

Murielle Casta aime le métropolitain, surtout pour exciter les hommes alentour avant de faire un scandale en public. C’est une joueuse légèrement inconsciente. Mais il ne faut pas jouer avec tout le monde.

Le passé décomposé :

Florence Arnal est une actrice à la retraite. En lisant le programme télé dans Télévogue, elle voit que l’on va diffuser La dame en mauve, une pièce de théâtre qu’elle a joué 16 ans auparavant. Son ami Stéphane, styliste de mode, va l’inviter ce soir là à manger. Elle va donc être obligé d’enregistrer son émission. Un bien pour un mal : elle aura ainsi le choix de la regarder ou pas !

Larmes du crime :

Valentine est en vacances avec ses enfants et la nounou aux bords de la mer. Vincent son mari est resté à Paris pour travailler. Elle va rencontrer un homme qui l’aime à la folie et sa vie va basculer.

Tranches de vie, instants présents. Jean Pierre Ferrière capte dans ces cinq morceaux de roman des portraits de femmes qui, un beau jour, vont basculer, changer pour faire autre chose. Comme ce sont des polars, écrits par un grand auteur les fins sont surprenantes et imaginatives. Toutes les qualités de cet auteur sont présentes : Un personnage attachant, un style fluide et qui parait évident pour le lecteur, une situation commune de la vie de tous les jours qui va basculer avec toujours beaucoup d’imagination et de créativité. Et ce que j’adore chez Jean Pierre Ferrière, c’est cet amour pour ses personnages. Il n’est jamais cruel, jamais méchant, il ne juge jamais, il conte et raconte de bonnes histoires. Je ne suis pas grand fan de nouvelles, mais j’ai trouvé ici 5 histoires qui auraient pu devenir des romans, qui pourraient devenir des films. Un pur plaisir de lecture que vous devriez découvrir.

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 08:07

Une femme seuleAttention, coup de cœur ! Il ne faut jamais rester sur une impression mitigée. Onzième parano ne m'avait pas emballé. Ce roman de Marie Vindy,  je le regardais du coin de l’œil, car je pressentais une bonne lecture. Je ne fus pas déçu tant j’ai été emporté par ses personnages.

Au lieu-dit de l'Ermitage, près de Chaumont, en Haute Marne. Au petit matin du 10 janvier, Joe, vétérinaire, fait le tour des écuries pour vérifier su les chevaux vont bien. Il découvre le corps d’une jeune femme étranglée aux abords de la grange. Il se précipite alors chez la propriétaire, Marianne Gil, pour la prévenir. Elle lui conseille de prévenir la gendarmerie.

Le capitaine de gendarmerie Francis Humbert est immédiatement appelé sur les lieux. Il s’aperçoit que l’enquête va être difficile, que les indices ne vont pas se multiplier ou qu’il va falloir chercher longtemps. De là où est le corps, on aperçoit le manoir. Francis va alors rendre visite à Marianne, et être trouble par sa beauté sombre et mystérieuse.

Marianne est écrivaine et a eu du succès avec son deuxième roman. Il s’avère que la propriété ne lui appartient pas, mais à son ancien compagnon, Marc Eden, star de la chanson qui a entamé une carrière solo depuis que son groupe Garage a disparu. Elle s’est retirée dans cette propriété depuis leur rupture. Humbert, divorcé et dévoué à son travail, va plonger dans cette enquête, en cherchant tout d’abord qui peut bien être cette jeune femme.

Nous voici donc à la campagne, au fin fond de nulle part, à des kilomètres de la première habitation, dans un manoir perdu au fond des bois, habité par une créature belle et étrange, coupable et innocente, attirante et mystérieuse. Ne cherchez pas dans ce roman des scènes d’action, des courses poursuites, des meurtres à chaque page. Ce roman est un policier tout ce qu’il y a de plus classique dans le déroulement de son intrigue.

Car ce roman ne fait pas d’esbroufe.  L’intrigue est simple, mais elle est menée de main de maître, au rythme de la nature. Surtout elle est portée par deux personnages extrêmement forts et totalement opposés, deux personnalités comme un duo duel, un face à face entre ombre et lumière, entre mystère et vérité. Marie Vindy plonge dans les pensées les plus intimes de ses personnages sans trop en faire, sans trop en montrer et tout marche. Et j’ai couru tout au long du livre.

Quelle belle idée de prendre des gens simples, et de raconter une histoire simple, sans en rajouter, sans faire de vagues, avec un style simple. J’ai complètement adoré la façon de dérouler l’intrigue, le désespoir et l’envie de s’esseuler de Marianne, l’obstination, la fascination de Humbert, les scènes feutrées au coin de la cheminée, le réalisme de l’enquête, les bois mystérieux dans la nuit avec leurs bruits et leurs odeurs.

400 pages et deux jours de lecture. Jamais je n’ai ressenti l’envie de faire une pause, de poser le livre, ce fut pour moi une vraie addiction de fréquenter Humbert et Marianne, à les regarder se regarder, à les écouter se parler. Ça parle de gens comme vous et moi, ça parle d’amour, de crimes, de blessures, de cicatrices qui ne se referment pas, de la nature qui regarde, ça parle d’un homme et d’une femme et d’une histoire qui va les faire se rencontrer.C'est passionnant et tout fonctionne à merveille. J’ai lu sur Internet qu’il y avait du Mankell dans ce roman, et c’est un compliment mérité. En tous cas, il mérite amplement un coup de cœur !

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:26

UchronieVoici une curiosité en même temps qu’une bonne découverte. C’est en lisant la quatrième de couverture que j’ai décidé de lire ce roman, qui sonne comme un hommage aux classiques du polar et un retour aux sources du roman populaire, avec quelques originalités supplémentaires.

1942, Maroc. Arnould Rogier est un adolescent qui n’a pas encore 18 ans mais qui veut se ranger aux cotés des Américains pour lutter contre les nazis. Son père a suivi Pétain au début de la guerre au nom de la grandeur de la patrie. Arnould décide de s’engager et part sur le front. Il va faire la campagne d’Afrique du nord, puis celle d’Italie, avant de sauter sur une mine.

Arnould se retrouve alors dans une famille corse, Chez Monsieur Dominique et la Mama. Ils vont le soigner, grâce à de la pénicilline récupérée dans une ambulance abandonnée sur le champ de bataille. La famille Corléone comporte quatre enfants, deux garçons Jean et Sébastien (qui a quitté la famille)  et deux filles Marie Rose et Marie Marguerite. Monsieur Dominique est un exploitant agricole qui vit à Ranochieto et a des intérêts variés aussi bien à Marseille que Toulon.

Petit à petit, Arnould va travailler pour cette famille, devenant à la fois le conseiller financier de Monsieur Dominique, mais aussi le fils fidèle qu’il aurait aimé avoir. Arnould va aussi s’apercevoir que Monsieur Dominique est lié à des histoires de guerre entre bandes rivales, et qu’il ressemble à un parrain de la mafia locale.

Ce roman m’a attiré par son coté classique, j’imaginais une histoire de confiance, trahison, vengeance et famille. Il y a tout cela dans ce roman, sans forcément avoir l’air d’une saga. Car ce qui m’a surpris, c’est que cela ressemble à des mémoires. En lisant cette intrigue, dès le départ, le parti pris de l’auteur est de donner son nom au personnage principal et de tout décrire à la première personne comme s’il avait vécu cette histoire.

Le nom de la famille fait évidemment penser à la saga du parrain, le nom de beaucoup de parrains sont réels, et on suit cette histoire avec un vrai plaisir car c’est écrit de façon très fluide avec des dialogues très bien écrits. Si le roman est trop court pour en faire une saga, l’histoire de ce jeune homme est déroulé avec justesse et avec efficacité.

Par moment, j’ai trouvé étrange le fait de conjuguer les verbes au présent puis au passé, de même que la mise en page est parfois déroutante. Mais le parti pris de l’auteur et ses qualités de conteur font que l’on suit cette histoire avec plaisir et sans ennui, entre mémoire et chronique familiale dans la mafia. C’est donc une bonne surprise que ce bon polar qui fait penser aux romans populaires (dans le bon sens du terme) d’il y a quelques dizaines d’années, un roman qu’il faut découvrir.

 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 17:54

Ma foi, cette proposition de lecture commune ne fut pas une réussite. Le style et le rythme de cette intrigue ont eu raison des volontaires qui se sont lancés dans cette aventure. Je vous laisse apprécier les avis qui sont, comme d’habitude, argumentés et valent le coup d’être lus.

 

Anges déchusLystig de L’oiseau Lyre :

Qu'en dire de plus ? J'aime ! J'y retrouve tout ce qui me plaît dans les polars de froid : une enquête sans rebondissement à chaque chapitre, un héros solitaire, porté sur la boisson, pas forcément bien peigné (tiens, cela me rappelle un certain héros de Millénium) (et pas la peine de me rappeler que je n'ai jamais chroniqué cette série suédoise) et là, en plus, une touche d'enfance, qui me permet de découvrir la Norvège, pays que je rêve de découvrir : entre autres, Oslo, Bergen (et revoir Gunnar Staalesen !) et Stavanger

http://loiseaulyre.canalblog.com/archives/2012/03/25/23841174.html

 

Jean Dewilde de Jackisbackagain :

Tout d’abord, un point qui me semble essentiel : à part Frédéric, toi et moi, personne n’a lu le roman jusqu’au bout. Il y a forcément des raisons à cela.

J’ai pas mal de temps libre et donc du temps pour lire, ce qui n’est pas le cas pour tous. Je ne suis pas certain moi-même que j’aurais été jusqu’au bout si je n’avais pas cette disponibilité.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je me suis fait une promesse et je te la fais également : je lirai en 2012 un autre roman de Staalesen, « Pour le meilleur et pour le pire », le deuxième de l’auteur après Le loup dans la bergerie.

Dans l’avant-propos du livre proposé à la lecture commune, je lis que Gunnar Staalesen est par ailleurs (lire en dehors des enquêtes du privé Varg Meum) l’auteur d’une saga en six volumes, Le roman de Bergen, dédiée à sa ville natale.

Et il devient vite évident que Staalesen voue à cette ville qui l’a vu naître un amour indéfectible. Là commence la difficulté pour le lecteur. L’auteur aime nous balader dans cette ville à travers rues, avenues, boulevards, ruelles, venelles, cul-de-sac, toutes ces artères portant des noms norvégiens.  C’est totalement indigeste. L’impression que ce livre a été écrit exclusivement pour les habitants de Bergen, ce qui représente quand même un lectorat potentiel de deux cent cinquante mille âmes.

Je concède qu’il est plus facile de situer l’action d’un roman à New York où tout se décline dans des numéros de rues et d’avenues.

Un autre aspect formel qui m’a littéralement irrité et assommé : l’utilisation à doses massives et hypodermiques du verbe acquiescer, au passé simple, à la première et la troisième personne du singulier, à la forme affirmative et interrogative, j’acquiesçai, acquiesçai-je, il acquiesça…. La faute aux deux traducteurs ? Je ne le crois pas, d’autant que j’ai déjà lu des romans de Nesbo traduits par Alex Fouillet et que je n’ai jamais repéré une telle overdose d’un verbe.

Il existe des moyens de comptage d’un mot, l’exercice ne m’intéresse pas mais le résultat serait édifiant et surtout affligeant.

Le recours systématique à des comparaisons toutes introduites par « comme… » alourdit encore le récit.

CAnges déchusertains me rétorqueraient que je m’attarde sur des détails, des peccadilles ; je leur réponds par la négative ; je suis incapable de m’intéresser et d’apprécier l’intrigue, le cœur d’un livre si l’emballage est bâclé.

Je pourrais arrêter ici ma chronique puisque, vous l’avez compris, je n’ai pas pu m’attacher à ce roman

La quatrième de couverture souligne que Gunnar Staalesen s’inscrit, en renouvelant le genre avec son personnage de Varg Meum, dans la lignée des grands auteurs tels que Chandler, Hammet ou Mankell.  Mensonger et délirant. Mensonger, car Staalesen ne renouvelle rien et délirant, le lien entre l’auteur et Hammet et Chandler devant être aussi ténu que le cordon ombilical d’une gerboise à son nouveau-né.

L’intrigue est sombre et noire, on en devine les contours et quand la dernière révélation nous est faite, pas de surprise. Mais là n’est pas l’important ; ce que l’auteur veut exprimer, du moins, je pense, ce sont l’hypocrisie, les non-dits, les tabous, les réflexes de survie après un drame atroce à l’origine duquel les protagonistes d’un groupe pop, Les Harpers, ne sont pas étrangers.

Les personnages – et il y en a beaucoup – ont tous été marqués au fer rouge par cette tragédie survenue le 16 octobre 1975. Leurs vies et leurs comportements en ont été complètement bouleversés et la quête de la vérité menée par le privé, Varg Meum, qui les connaît tous pour avoir grandi avec eux, déroute, dérange, déchire et fait voler en éclat les carapaces qu’ils s’étaient forgées.

429 pages, c’est beaucoup, beaucoup trop d’autant que le rythme est fort lent, qu’il n’y a pas d’action à proprement parler ; la définition la plus juste que je pourrais donner de ces anges déchus est celle-ci : une longue, patiente et minutieuse reconstitution d’un crime qui restera impuni. Sans importance puisque victimes et bourreaux vivent jour après jour les pires des châtiments : la honte, l’humiliation, le déshonneur, le remords.

J’espère de tout cœur pouvoir faire une chronique plus positive et plus enthousiaste de « Pour le meilleur et pour le pire ». Qui sait, elle sera peut-être l’une des premières sur mon blog à moi.

Pierre, je tiens à te remercier pour la passion que tu réussis à partager au travers de tes lectures ; c’est une bien belle contribution que la tienne, nous permettre de découvrir des auteurs et des livres à côté desquels nous serions passés.

 

Frederic Fontès de http:// 4decouv.com

J'ai tenu trente pages. Je n'ai pas eu la patience d'aller plus loin, trop peur d'y laisser d'autres plumes...

Anges déchus est un roman que l'on range déçu. C'est le sixième opus d'une série de roman que Gunnar Staalesen consacre à son détective privé Varg Veum.
Il est évident qu'il est fortement déconseillé d'attaquer la série par cet opus. Outre le fait que vous allez certainement ne pas profiter des bagages psychologiques du personnage, vous allez surtout débarquer dans la ville de Bergen au pire moment.
Varg Veum retrouve des amis d'enfance qu'il avait perdu de vue à l'occasion de l'enterrement de l'un d'eux.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : le style est particulièrement ennuyeux. La narration à la première personne est un exercice très difficile puisqu'il enferme le lecteur dans une vision unique de l'histoire, dans la tête du héros. Je ne comprends pas le choix du passé simple dans le récit. "Nous restâmes, nous regardâmes, etc." C'est casse-gueule d'utiliser le héros comme narrateur en le faisant parler au passé simple, parce que du coup, on se demande ce qu'il se passe au présent pour que le narrateur rapporte les faits de cette manière. Il se souvient ? Un choix des traducteurs et des éditeurs de la version française ?

J'ai une impression immédiate de distance entre moi et le héros. Et ce n'est pas le style assez rébarbatif et le point de départ peu passionnant de ce début de roman qui me permet d'avoir l’empathie nécessaire pour faire simplement fonctionner le livre.
Sans moi les anges, je retourne dans l'enfer de nouvelles lectures...

 

Foumette :

Anges déchusJ'ai commencé ce livre avec une certaine appréhension car il s'agissait d'un auteur norvégien, je n'ai rien contre ces auteurs loin de là, mais je sais que, généralement leurs écrits sont assez lents, mais je ne veux pas en faire une généralité. C'est l'opinion que j'avais eu en lisant quelques auteurs du nord. Je ne donne que mon avis, mon ressenti qui reste subjectif et je reste persuadée que ce livre ravira d'autres personnes qui apprécient ce genre d'atmosphère. Ce n'est en aucun cas un jugement car même si je n'ai pas aimé ce récit je respecte et admire le travail de l'auteur.

Je pense aussi que mon ressenti et en adéquation avec mon tempérament impatient. Je n'ai pas su lire ce livre en entier, j'ai lu chaque mot des 50 premières pages et j'ai survolé les 50 autres mais je n'aurai pas su continuer en y prenant du plaisir donc je l'ai refermé. Je trouve que ce récit est beaucoup trop lent, il y a trop de descriptions et pas assez d'action à mon gout. Une impression que le récit ne commence pas et que pendant toutes ces pages on plante le décor et les personnages mais que rien ne se passe! Instinctivement, je commençais à passer des passages car les descriptions à rallonge m'ennuyaient fortement. Impossible pour moi de m'imprégner dans cette atmosphère tant cela m'agaçait que rien ne se passe. Il faut dire que j'aime les thrillers intenses et que je recherche souvent les grands frissons! Je pense que ce livre n'était pas pour moi mais qu'il pourra combler d'autres personnes! A vous de vous faire votre propre opinion....

 

Sur Horreur boréale, (http://www.horreurboreale.com/article-anges-dechus-de-gunnar-staalesen-gaia-2005-norvege-65576937.html) qui regroupe tous les romans nordiques, vous trouverez l’article et les liens d’autres blogueurs.

 

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 18:00

Donne moi tes yeuxTiens, un article qui traine ... et qui date un peu ! Voici donc ma dernière lecture dans le cadre de www.meilleurpolar.com de l'année dernière. Il s’agit, en partenariat avec les éditions Points de voter pour l’un des 9 romans retenus, le jury étant composé de jurés professionnels et « amateurs ». 

Fin 2005, une jeune femme est retrouvée assassinée dans un parc en marge de  Forshälla, une petite ville finlandaise. Son corps est retrouvé complètement nu, elle a été étranglée, énuclée et un A a été gravé sur son ventre. Ce meurtre portant des signes inhabituels qui ressemblent à un rituel, la police craint d’avoir affaire à un tueur en série.

Le commissaire Harald Lindmark de la brigade criminelle est chargé de l’enquête. Avec son équipe, il va rapidement lister les pistes qui s’offrent à lui. Lindmark est un cinquantenaire qui a vu ses enfants quitter sa maison puis sa femme mourir. Alors il se donne à fond dans son travail. Il faut dire qu’avec 25 ans de métier et une centaine d’affaires résolues, on a de quoi se sentir fort.

Rapidement, Lindmark et son équipe découvre l’identité de la jeune femme, ainsi que son petit ami, Lindell, ancien militaire marqué par ses combats à l’étranger. A la suite d’un interrogatoire … harcelant, il accepte de signer des aveux. Sauf que quelques mois plus tard, le juge s’aperçoit qu’il a un alibi. Lindell libéré, la vie reprend son cours jusqu’à ce qu’un autre corps soit retrouvé.

Voici donc un auteur scandinave de plus, un auteur de plus à découvrir. Et pour simple, pour faire court, ce roman ne m’a pas plu, voire, il m’a fallu lutter pour avancer, comprendre et finir ce roman. Car ce que j’aime dans un roman, c’est que je puisse être plongé dans une histoire, une ambiance ou un personnage. Or dès le début, on a droit à une description circonstanciée de l’équipe de Lindmark qui parait bien classique et surtout bien maladroite.

Le personnage central est un flic qui a un historique mais on ne ressent pas ses sentiments ; tout parait bien neutre, bien plat, même quand il parle du départ de ses enfants du foyer familial ou de la perte de sa femme. Mais les autres personnages sont aussi centraux que Lindmark. Beaucoup d’entre eux parlent à la première personne du singulier, sans forcément prévenir le lecteur. Et là, j’ai commencé à perdre pied.

Même quand on a droit à des extraits de journaux intimes, ceux-ci sont écrits dans un style neutre et plat, là où j’aurais aimé autre chose qu’une simple description de faits privés et intimes. Et quand d’un paragraphe à l’autre, sans prévenir, ça passe du passé au présent, je me pose des questions, ou du moins je saute des passages.

Alors j’ai essayé de me raccrocher à l’intrigue. Et là, je dois dire que sur les 420 pages que comportent ce roman, les deux tiers passent d’un personnage à l’autre, avec des événements qui n’ont rien à voir avec l’enquête, ce qui m’a donné l’impression d’un labyrinthe dont je n’aurais pas la clé. D’ailleurs je serais curieux de savoir si certains d’entre vous ont lu et aimé ce roman que, pour ma part, je préfère oublier.

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Published by Pierre faverolle - dans 2012
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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 18:06

Dans oeil du gabianAprès Le crépuscule des gueux de Hervé Sard et Amères Thunes de Zolma, voici l’une des nouveautés Krakoen de 2012. Cela s’appelle Dans l’œil du gabian, c’est signé Françoise Laurent, et c’est un polar humoristique très distrayant.

Week-end de Pâques 2010. Gégé est un joyeux retraité d’une soixantaine d’années qui va quitter Nice pour rejoindre Le Grau du Roi pour aider son fils Arthur et sa belle fille Capucine à s’occuper de leurs triplés. Les journées sont bien occupées entre les biberons, les siestes, les couches à changer. D’ailleurs, ce week-end, la famille et les amis sont réunis pour le repas pascal, autour d’un bon barbecue et de bonnes bouteilles.

Le soleil tape, les gabians lorgnent la nourriture, et l’un d’entre eux laisse tomber en plein milieu de la table du repas une oreille humaine sectionnée. Elle semble fraîche, et comporte deux anneaux bien particuliers que l’on trouve aux Etats-Unis. Tout de suite, Jessica, une photographe, reconnaît les boucles d’oreilles de Denis, membre d’une association qui a pour but de protéger les mouettes.

Annabelle, l’amie de Denis et Jean Baptiste, un professeur de l’éducation nationale sanctionné pour avoir giflé un de ses élèves, complètent la petite bande de joyeux drilles. Ils vont en parallèle de la gendarmerie, suivre l’enquête et compter les corps qui vont s’amonceler.

Le narrateur Gégé va nous narrer cette intrigue avec tout l’humour et le détachement qui fait que l’on va déguster cette histoire avec délectation. Ce n’est donc pas une intrigue à proprement parler, mais une chronique entre amis qui, à coup de curiosités ou d’informations va créer de petits rebondissements, gentiment décrit avec tout le détachement cynique d’un retraité à l’humour noir débridé.

C’est une sacrée bande de joyeux personnages, décrits soit avec tendresse, soit avec amour, soit avec méchanceté, par notre Gégé national. Ses remarques sont toujours acerbes, bien trouvées, et le mérite de Françoise Laurent, c’est d’avoir tenu le rythme d’un bout à l’autre du livre. Le compliment que je ferai, c’est que Gégé mérite de monter sur le podium aux cotés de Mémé Cornemuse (l’héroïne de Nadine Monfils).

Si vous cherchez un roman distrayant, décrit par un retraité un peu trop curieux, avec des personnages de gendarmes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à Laurel et Hardy qui vont et qui viennent, des pistes qui deviennent de plus en plus nombreuses, bref un bon polar divertissant, alors ce livre est pour vous.

Les avis de l’Oncle Paul et Jean Marc

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