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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 18:17

Canyon creekIl faut que tu lises la série River Falls ! C’est ce qu’on n’arrête pas de me dire. Et comme je suis d’un naturel rebelle, j’ai décidé de découvrir Alexis Aubenque avec son dernier roman en date Canyon Creek. Bingo, j’ai beaucoup aimé.

De nos jours, aux Etats-Unis, à Canyon Creek. Dans cette petite ville tranquille qui borde le célèbre canyon, des jeunes filles sont découvertes violées, tuées et jetées du haut de la falaise surplombant le canyon. Personne ne s’inquiète de ces cas, ce sont juste des latinos, probablement des immigrées, des prostituées assassinées par un client mécontent.

La sergente Suzie McNeill n’est pas de cet avis : elle est sure qu’un tueur en série rôde dans les parages de cette tranquille petite ville. Son père, Le sheriff McNeill ne veut pas entendre parler de cette théorie, et ses trois lieutenants Marcus, Parker et Spencer. Dans le cadre de sa formation, elle va passer dans l’équipe de chacun d’eux, et va continuer en sous main sa propre enquête.

A l’hopital de Canyon Creek, au même moment, Dale Turner se réveille d’un coma de quelques semaines. Il se réveille amnésique, et trouve Karen, psychologue, à son chevet. Petit à petit, il va découvrir son passé, celui d’un homme qui ne lui plait plus. Il va aussi interférer avec l’enquête sur les meurtres des jeunes filles latinos.

Je comprends, à la lecture de ce roman, pourquoi tant de lecteurs me l’ont conseillé. Son style est d’une fluidité exemplaire, centré sur les personnages. En fait, les dialogues alternent avec les pensées des personnages. C’est redoutablement efficace, et cela m’a permis de m’approprier les caractères de chacun, et de les suivre.

Si d’ailleurs les personnages sont clairement au centre de l’intrigue, j’ai juste un tout petit regret, c’est le fait que les paysages soient si peu décrits, qu’ils passent au second plan. En plus, avec les lieux choisis, il y avait de quoi faire. Mais c’est un bien petit reproche face au déroulement de l’histoire. Car tous les personnages vont se rencontrer, interférer, se perdre pour mieux se retrouver, dans une virevolte redoutablement orchestrée.

Car, en distillant quelques événements sans qu’on s’y attende, cela donne une envie de continuer, d’aller au bout. Car tous ont des secrets, pas forcément avouables, et cela donne, en parallèle de l’enquête des rebondissements fort agréables, tous axés sur les personnages, leur vie passée et présente, leur expérience. Clairement, c’est une lecture fort agréable, qui fait que je vous conseille de glisser dans vos valises ce Canyon Creek, d’autant plus que c’est un inédit, qu’il parait en format de poche et que donc c’est un très bon rapport qualité prix. De mon coté, il va falloir que je lise River Falls, et je vais vous dire, je les ai !

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 17:37

La nouvelle version des trophées de l’Association 813 arrive dans sa dernière ligne droite. L’association 813 œuvre pour la promotion des littératures policières sous toutes ses formes, du policier au roman noir et j’en passe. Elle édite une revue trimestrielle, offre un roman à ses adhérents, possède son site internet et son blog où l’on peut trouver toutes les informations utiles aux fans, dont des critiques de livres et les détails sur les manifestations polar. Bref, une association indispensable à tout fan de polar.

Chaque année, elle demande à ses adhérents de voter pour ses favoris. Les meilleurs se retrouvent dans une finale dont je vous dévoile le contenu. Evidemment, seuls les adhérents peuvent voter. Cette année, le vote va être particulièrement difficile.


TROPHEE DU ROMAN FRANCOPHONE

Même s’il m’en reste deux à lire, et pas les plus mauvais, je dois dire que je ne sais pas à ce jour pour qui penchera mon vote.

 Jérôme LEROY– Le Bloc [Gallimard]

 Marcus MALTE - Les Harmoniques [Gallimard]

 Romain SLOCOMBE – Monsieur le Commandant [Nil]

 Dominique SYLVAIN - Guerre sale [Viviane Hamy]

 Antonin VARENNE – Le Mur, le Kabyle et le Marin [Viviane Hamy]


TROPHEE Michèle WITTA- ROMAN ETRANGER

Là aussi, il m’en reste deux à lire. Par contre, sauf surprise de dernière minute, mon vote devrait pencher vers Bienvenue à Oakland de Eric Miles Williamson, qui est, pour moi, un des meilleurs romans que j’ai lus ces 10 dernières années.

 Stuart NEVILLE – Les Fantômes de Belfast [Rivages]

 Kem NUNN - Tijuana Straits [Sonatine]

 Carlos SALEM – Je reste roi d'Espagne [Actes Sud]

Éric Miles WILLIAMSON – Bienvenue à Oakland [Fayard]

 Don WINSLOW – Savages [Le Masque]


TROPHEE MAURICE RENAULT (essai, étude, article de presse, magazine…) :

Pour cette catégorie là, je suis follement heureux de voir apparaitre les amis blogueurs. Une forme de reconnaissance pour ceux chez qui nous sommes nombreux de piocher des idées de lecture. Il y a malgré tout la revue L’Indic, qui a sorti cette année ses meilleurs numéros. Alors, blogueur ou L’indic ? Je ne sais pas encore !

 (Etude) – Le detective-novel et l'influence de la pensée scientifique – Régis Messac -[Encrage]

 (Revue) - L’Indic [Association Fondu au Noir]

 (Bulletin) - La Tête en Noir - Jean-Paul Guéry

 (Internet) – Blog Action Suspense – Claude Le Nocher

 (Internet) – Blog Les lectures de l'oncle Paul – Paul Maugendre

 (Internet) – Site K-libre – Julien Védrenne


TROPHEE BANDE DESSINEE

Etant incompétent, c’est une catégorie sur laquelle je m’abstiendrai.

L'homme squelette – Argunas d'après Hillerman [Casterman/Rivages/Noir]

Mathias (Jérôme k Jérôme Bloche 22) – Dodier [Dupuis]

Excentric Club (Lady Elza 1) – Dufaux et Wurm [Glénat]

L'Organisation (Parker 2) – Cooke d'après Stark [Dargaud]

La Princesse du Sang 2 – Cabanes et Headline d'après Manchette [Dupuis]


Alors n’hésitez plus ! Venez rejoindre les rangs de l’association 813, vous y découvrirez toute une bande de fanas de polars. Et si vous cherchez des romans à lire pour cet été, cette liste ressemble à une énorme, gigantesque tentation à laquelle il est difficile de résister.

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 17:52

Heure des gentlemenChouette ! Voici donc le dernier Don Winslow en date, et ce n’est un secret pour personne que c’est un auteur que j’adore. Si ce roman ne fait pas partie des meilleurs de lui, la lecture reste un pur plaisir pour cette intrigue qui dénonce une nouvelle fois un aspect nouveau de l’argent sale. Ce roman est la suite de La patrouille de l’aube et on retrouve donc toute la petite troupe de Boone Daniels.

Si vous ne connaissez pas la patrouille de l’aube, elle est composée de Boone Daniels, ex-flic reconverti en détective privé, Johnny Banzai, Dave le dieu de l’amour maître nageur, Hang le barman, Tide le contremaître, Seule manque à l’appel Sunny, la seule fille du groupe, devenue professionnelle du surf. Leur principe de vie est simple : le surf et l’amitié. Ils se retrouvent à la plage, pour glander et attendre la vague. Les anciens ont aussi leurs habitudes, ils viennent à la même heure et se racontent des histoires à l’heure des gentlemen.

Alors que son ami Dave Nichols, milliardaire adorant le surf, a des doutes sur la fidélité de sa femme, Boone Daniels accepte de l’aider à découvrir la vérité. Parallèlement, Petra Hall, l’avocate amoureuse de Boone (et réciproquement) lui propose de défendre Corey  Blasingame, un jeune fils à papa qui a tué Kelly Kuhio, dit K2, LA star incontestée du surf. K2 est un vrai gentleman, ayant fait le tour du monde et étant respecté dans le monde pour sa gentillesse et sa volonté d’aider autrui. Boone se retrouve à enquêter pour innocenter un imbécile qui a assassiné une icône, une idole de tout le monde du surf.

La raison pour laquelle j’adore Don Winslow est qu’il écrit avec un style tellement fluide, qu’il choisit toujours les bons mots pour nous faire voir les scènes qu’il construit, et cela est toujours passionnant à lire, très prenant. C’est aussi un auteur qui, depuis quelques romans, a décidé de montrer comment la drogue envahit la société. Et parfois, cela atteint des sommets, comme La griffe du chien ou Savages. Ce n’est pas le cas ici.

Don Winslow nous montre au travers de deux intrigues classiques comment les narco gangs envahissent l’économie avec les milliards que dégagent leurs trafics, mouillant tous les décisionnaires des différents pays. Malgré cela, l’intrigue est tout de même faiblarde, certains chapitres sont sans intérêt, et voire même parfois cela tourne en rond.

A coté de cela, il y a le personnage de Boone, empêtré dans une liaison avec une avocate au dessus de ses moyens, se sentant vieillir, et se demandant si le temps de l’insouciance n’est pas passé, si, enfin, il ne doit pas faire quelque chose d’important dans sa vie. Boone va se demander s’il doit changer son image pour changer de vie, tourner le dos à ses amis pour changer de cap. Ces passages qui sont poignants sont bien faits, d’autant que Don Winslow a construit un personnage un peu balourd, ne sachant pas comment prendre les gens.

Alors, déception ? Ben, oui, c’est un livre que j’ai dévoré car il est agréable, mais il est loin de ce que j’attends de Don Winslow. D’un autre coté, un auteur ne peut pas sortir que des chefs d’œuvre. Alors, je vous donne deux liens pour vous faire une idée de Cette Heure des Gentlemen. A vous de vous faire votre opinion.

L'ami Yan : http://www.encoredunoir.com/article-l-heure-des-gentlemen-de-don-winslow-104653199.html

Les amis de Unwalkers : http://www.unwalkers.com/lheure-des-gentlemen-de-don-winslow-le-masque-undead-nouveau-converti/

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 18:15

ParjuresLa France est bourrée de talent, et plus je lis de polars, plus je découvre de nouveaux auteurs qui méritent que l’on parle d’eux. C’est le cas ici avec Gilles Vincent qui nous concocte, sous des allures de roman policier classique, un roman à la pirouette finale fort surprenante.

La commissaire Aïcha Sadia est au fond du trou. Folle amoureuse de Sébastien, son collègue, elle se morfond depuis la mystérieuse disparition de celui-ci près d’une plage aux alentours de Marseille. On a seulement retrouvé ses habits, il s’est probablement noyé. Toutes les recherches de Aïcha sont restées vaines, le corps n’a pas été retrouvé.

Un corps vient d’être retrouvé décapité dans une zone industrielle. Il va être bien difficile de retrouver des traces pour les mener vers une piste. Seules les similitudes avec un assassinat semblable il y a un mois de cela les amène à enquêter sur une série de meurtres.

Les victimes sont toutes d’anciens condamnés pour des crimes atroces qui viennent d’être libérées pour bonne conduite. Le prochain libéré s’appelle Abdel Charif, condamné pour le meurtre de sa patronne. Or, il vient d’échapper à son enlèvement, et il demande à Aïcha de prouver son innocence contre des informations sur le lieu de détention de Sébastien.

Rares sont les romans qui vous plongent dans la psychologie d’un personnage en une page. Le début du roman est un vrai régal, et le reste est à l’avenant. Le roman est court et c’est grâce à l’efficacité du style de l’auteur que l’on suit cette enquête avec rapidité. Si la forme est celle d’un roman policier classique, il sort du lot justement par son personnage principal attachant et sa vitesse. Ce roman ressemble en fait à une course de demi-fond, un peu comme un 1000 mètres couru au sprint.

Et si l’intrigue est très bien maitrisée, le suspense ne résidera pas dans l’identité des coupables des décapitations, qui nous sont présentés dès le début du roman. Le suspense est bien dans la recherche de Sébastien, avec cette épée de Damoclès alors que la commissaire ne sait jamais s’il est vraiment vivant ou pas.

Au bout du compte, cher futur lecteur de ce roman, vous ne trouverez pas les tenants et aboutissants de l’intrigue. Il n’y a pas d’indices comme on pourrait les trouver dans un Whodunit, mais un vrai retournement de situation qui va vous surprendre. Parjures, dans la forme et le fond, est un bon roman policier, par son efficacité et son personnage principal, personnage qu’on aura plaisir à retrouver.

 

 

 

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 17:27

Pire du milieuMa rencontre (virtuelle provisoirement j’espère) avec Samuel Sutra mérite son pesant d’or. Alors que j’organisais mon concours pour les 3 ans du blog, Samuel joua avec deux blagues excellentes qui lui permit de gagner le livre en jeu. En contrepartie, il me proposa de lire son roman pour que je lui dise ce que j’en pensais. Comme je suis un assidu de mes copines blogueuses et copains blogueurs, je savais à quoi je devais m’attendre, à savoir un polar humoristique. Evidemment, je n’ai pas résisté, et comme j’ai bien fait. Car non seulement Samuel sait raconter de très bonnes blagues, mais il écrit de savoureuses histoires.

Cette aventure, qui en appelle d’autres, nous présente l’équipe de Tonton. Tonton, c’est une figure, une légende dans le milieu, à l’image de sa famille, puisqu’ils sont tous truands de grand-père en père en fils. Tonton est répertorié dans toutes les bases de données regroupant les coupables et les suspects pour différents faits ayant trait à la malhonnêteté en général, et au vol en particulier. Ce matin là, il convoque son équipe de choc, pour LE coup qui va changer leur vie.

Quand je dis (ou plutôt j’écris) équipe de choc, c’est un bas mot. Car quand vous allez les rencontrer, ça va vous faire un choc. Il y a Gérard, un con dans les grandes largeurs, doté de deux neurones non connectés, qui se prend pour le bras droit du patron. Il y a Pierre, le jeunot, le neveu du patron, d’une incompétence tellement rare qu’il aurait sa place au musée Grévin. Il y a Mamour, un aveugle qui voit mieux que la troupe entière, un expert dans l’ouverture des coffres. Enfin, Kiki, le chien de Mamour, un teckel nain qui est plus efficace pour pisser que pour guider son maitre.

Le nouveau coup de Tonton est d’une simplicité à pleurer. Un de ses amis, le Zébré, appelé come cela car il a bronzé au travers des barreaux de prison, lui a parlé du magot de son codétenu aurait caché chez sa mère. Le codétenu, c’est le Belge, c’est Emile Von Stroumpf, et sa mère ressemble plus à un bulldozer en action qu’à Betty Boop. Bref voilà un coup d’une simplicité enfantine pour peu que l’on connaisse l’endroit ou le magot est caché.

Que vous dire de plus, si ce n’est que vous devez impérativement lire ce livre ! Car il faut bien dire que depuis la disparition de Maître Westlake, le paysage est resté bien orphelin. Certes, il nous reste Nadine Monfils, en plus cynique, quelques Irlandais. Mais il semble bien que le polar humoristique, sans autre volonté que de faire rire, sans vouloir faire de mal, sans humour noir ou méchant, c’est plutôt rare. Ce roman donc est fait pour rire, et cela marche formidablement bien, du début à la fin.

Tout d’abord, l’équipe aussi improbable que déjantée, alors que leur propos sont parfaitement sérieux, est un morceaux de choix, du vrai Charolais de boucherie. Car rien n’est plus drôle que de montrer des situations absurdes en restant sérieux. De même, rien de plus drôle que d’écrire des dialogues qui sont importants pour les membres de l’équipe mais totalement absurdes pour nous lecteurs. Cette équipe de doux dingues, on la suit avec plaisir, bonté, gentillesse tant elle parait aussi inoffensive que le clown blanc au milieu de la piste du cirque.

Mais là où Samuel Sutra fait mieux que de marquer l’essai, c’est par son style imagé, par le ton hautain de ses dialogues, par le coté burlesque et décalé des situations. Le style fait doucement penser à du San Antonio, les dialogues m’ont rappelé le grand Audiard des tontons flingueurs ou celui de Ne nous fâchons pas ! et les scènes construites par Georges Lautner. Et je n’exagère pas, lisez le deuxième chapitre, celui où Tonton explique à son équipe le fameux coup, et vous me direz que vous voyez clairement Bernard Blier dans le rôle du patriarche, et Jean Lefebvre dans celui de Pierre.

Du début à la fin, le rire est garanti. D’ailleurs ma fille ne comprenait pas qu’un livre puisse faire rire, et elle me regardait d’un drôle d’air ! Je vous garantis de passer un excellent moment. Et d’ailleurs, j’espère bien en lire d’autres, tant cette équipe, en un livre, m’a convaincu qu’elle pouvait être à mes cotés à l’égale de celle de Dortmunder. Un must pour se changer les idées, un passage obligé dans une catégorie trop délaissée, celle de faire rire son prochain. D'ailleurs cela ferait un excellent film, avis aux amateurs. Bravo et merci M.Sutra, pour cet excellent moment de rigolade.

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 10:00

Retour de mon ami Jean dans la rubrique des invités du vendredi. Il me devait un article sur un roman qu'il avait aimé, adoré. Et quoi de mieux que de lire un roman de Thomas H.Cook, auteur qu'il a découvert car j'ai tant insisté pour qu'il lise les Feuilles mortes !

Comme d'habitude, il est inarrêtable. Et quand on lit son avis, on ne peut que se précipiter chez son libraire pour acheter son roman. Alors, courez acheter Interrogatoire de Thomas H.Cook, vous ne serez pas déçus ! Et bien entendu, allez faire un tour sur son blog dont le nom évoque Jack Taylor : http://jackisbackagain.over-blog.com/



InterrogatoireAprès Les feuilles mortes, Interrogatoire est le deuxième roman que j’ai lu de cet immense auteur.

L’un comme l’autre sont des incontournables. Je vous mets en garde : ce n’est pas un sourire béat qui vous barrera le visage quand vous refermerez ces écrins. Le visage, vous l’aurez plutôt en forme de point d’interrogation, la bouche en O; votre entourage risque de vous demander si vous allez bien.

1952. Albert Jay Smalls, un vagabond est interpellé près d’un terrain vague où est retrouvé le corps d’une fillette de huit ans. Je précise que notre vagabond vit dans un tunnel cylindrique en béton. Il voit et sait tout ce qui se passe alentours.

Les inspecteurs Jack Pierce et Norman Cohen sont chargés de l’interrogatoire.

Tous deux convaincus de la culpabilité de « Jay », ils n’ont aucune preuve et ont douze heures, pas une minute de plus, pour faire craquer leur « client ». Faute de quoi, la loi les y oblige, ils seront contraints de relâcher leur suspect.

Cette affaire touche les deux policiers au plus profond d’eux-mêmes.

Jack Pierce a perdu sa fille, assassinée par un sadique que la police n’a jamais arrêté ; ou plutôt, il y a bien eu arrestation d’un suspect mais la police n’a jamais pu rassembler les preuves de la culpabilité de cet homme qui est ressorti libre comme l’air.

Norman Cohen, lui, a été marqué au fer rouge par ce qu’il a vu en 1945, lorsqu’il a participé à la libération des camps nazis.

L’homme aime avoir des certitudes, savoir ce qui est bien ou mal, qui fait le bien, qui fait le mal. Cette frontière est rassurante, elle permet de vivre sa vie en étant du bon côté. Tout ce qui nous rapproche de cette frontière, là où les extrêmes se touchent, se heurtent, s’affrontent nous plonge dans le malaise, le mal-être.

Si l’on vous dérobe votre portefeuille, vous préférez pouvoir affirmer « c’est lui » que dire « c’est peut-être lui ». Dire « c’est lui » clôt presque instantanément l’incident, vous pouvez classer l’auteur du larcin dans la colonne du mal. Par contre, « c’est peut-être lui » ouvre la porte des suppositions, du doute, de l’incertitude. C’est extrêmement dérangeant, pas de quiétude possible, sérénité envolée.

Thomas H. Cook nous plonge avec génie dans le registre de l’ambiguïté. Le bien et le mal cohabitent, flirtent, il n’y a pas de frontière. On passe de l’un à l’autre au gré de nos convictions de l’instant, convictions balayées l’instant d’après.

On se sent très mal. A quoi nous raccrocher ?

Je vous pose une question : avez-vous jamais grimpé un escalier en béton d’un immeuble en construction dont la rampe n’a pas encore été placée ? La terreur s’installe au fur et à mesure que vous gravissez les marches inégales, vous longez les murs qui n’offrent aucune prise, vous ne pouvez vous empêcher de jeter un regard d’effroi vers le vide, vos jambes n’ont plus l’assurance du début, vous êtes tentés de poser vos mains sur la marche devant vous et puis vous le faites, carrément. Vous songez à vous asseoir un instant, c’est encore pire ! Vous avez la bouche sèche, vos muscles sont tétanisés, sueurs froides. Poursuivre l’ascension ou redescendre marche après marche sur votre postérieur ? Vous n’êtes plus capables ni de l’un ni de l’autre.

En revanche, vous n’auriez probablement aucune difficulté à monter ce même escalier équipé d’une main courante ou d’un garde corps en bois, provisoire et nullement garant d’une chute mortelle. C’est cela, l’ambiguïté, ce garde-corps symbolique dont seule la vue vous rassure mais qui, en réalité, ne vous protège de rien.

Pierce et Cohen vont commencer à interroger Albert Jay Smalls ensemble. Mais Jay n’est pas du genre causeur. En langage policier, on dit le soi-disant Albert Jay Smalls; en effet, on ne sait rien de sa véritable identité ni de l’endroit d’où il vient, âge approximatif : 25-30 ans.

Au hasard de l’interrogatoire, en réponse à une question de Cohen, Jay lâche que sa mère l’emmenait tous les jours sur la grande roue quand il était gosse.

Cohen en déduit en déduit que cette grande roue devait être installée en permanence. Or, la seule grande roue permanente dans la région était située à Seaview. Et Jay a l’accent du coin.

Pierce, après un échange verbal un peu rude avec Cohen, va partir à la recherche du passé de Jay ; l’interrogatoire a commencé à 19h17. A 21h37, Cohen se retrouve seul aux commandes et ce jusqu’à 06h le lendemain matin.

Thomas H. Cook est un virtuose. Son récit est remarquablement balancé autour des scènes d’interrogatoire de Jay et les recherches de Pierce à Seaview…qui vont l’emmener ailleurs.

Au gré des réponses vagues et laconiques de Jay, l’auteur nous plonge dans le parc où la fillette a été retrouvée. Jay dit beaucoup de « conneries », du genre, « il y avait un autre homme… ». Tout ce qu’il lâche sera minutieusement vérifié.

Le parc et la plaine de jeu n’auront plus de secret pour vous.

Vous découvrirez d’autres lieux et d’autres protagonistes ; moi, je descends ici mais avant, je ne peux m’empêcher de vous dire que le final de cette petite perle est tout bonnement époustouflant. Que du bonheur !

 

Interrogatoire

Thomas H. Cook

Le livre de Poche

317 pages

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 18:26

Quelle riche idée de rééditer les enquêtes du commissaire Léon, depuis longtemps épuisées, surtout depuis le succès des aventures de Mémé Cornemuse. Voici donc ses deux premières enquêtes.

Madame Edouard :

Commissaire léon T1Imaginez un commissaire dont la passion est le tricot, passion qu’il est obligé de faire en cachette dans son bureau pour ne pas être ridicule auprès des collègues. Imaginez qu’il tricote pour son chien (ici c’est un gilet pour qu’il est moins froid), lequel chien s’appelle Babelutte du nom d’une spécialité belge et qu’il a les pattes arrières plus longues que celle de devant. Imaginez qu’il vive encore chez sa mère, alors qu’il a dépassé la quarantaine. Imaginez un travesti s’appelant Irma, et qui attend sa fille qui le connait sous le nom d’Edouard. Imaginez que l’on découvre des cadavres de jeunes femmes assassinées, enterrées au Père Lachaise, à coté de tombes de peintres célèbres. Le point commun de tous ces meurtres est qu’il manque aux cadavres le bras droit, sectionné au niveau du coude. Imaginez que sous vos yeux ébahis, cet univers inédit et baroque débarque dans votre salon pour le plaisir du polar comique. 

La nuit des coquelicots :

Maura est une femme au foyer, qui s’ennuie. En fait, elle est malheureuse, sa vie de couple a perdu de son sel, et elle n’est plus la même depuis cet accident de voiture. En effet, avec ses amies Helena et Catherine, après une soirée arrosée, elles ont renversé et tuée une jeune fille de 6 ans qui allait cueillir des coquelicots pour sa mère. Elles ont fui, ne disant rien mais appelant trop tard les secours.

Les trois amies ne se rencontrent plus, jusqu’à ce que Maura se mette à recevoir des messages, puis un petit cercueil en bois, avec un coquelicot dedans. La tension va petit à petit monter et le commissaire Léon va devoir mettre son talent et son chien aux basques du maitre chanteur.

Mon avis :

Commissaire léon T1Ceux qui ont adoré Les vacances d’un serial killer ou le récent La petite fêlée aux allumettes ne vont pas être surpris par ce recueil regroupant ces deux romans de Nadine Monfils. Ils vont se jeter dessus et leur plaisir va être complètement satisfait. Ceux qui ne connaissent pas Nadine Monfils vont pouvoir découvrir cette auteure à part, plein de qualités, qui fait vivre un univers décalé, toujours humoristique mais sans aucune méchanceté.

D’ailleurs, il est amusant de se dire que Nadine Monfils a connu un grand succès l’année dernière avec Les vacances d’un serial killer (qui sort ce mois ci chez Pocket) alors que tous les ingrédients étaient déjà là il y a plus de vingt ans. Car dans ces deux enquêtes, l’intrigue n’est pas vraiment ce qui compte. C’est bien mené, on découvre petit à petit le coupable, mais l’important est ailleurs.

Tout est dans les personnages, brossés à petits coups de pinceau, rendus vivants grâce à des dialogues qui sont de petits bijoux d’humour. Tout est dans les scènes si cocasses, que l’on a forcément le sourire, le rire par leur description minimaliste mais efficace. Tout est dans cette magie des dialogues, cette art de la répartie qui vous laisse pantois devant tant de bons mots, de bonnes répliques, de fous rires.

Et puis, Nadine Monfils entame le roman comme si on les connaissait depuis toujours. Elle force le lecteur à entrer dans son univers, sans temps mort. Elle aime ses personnages, c’est écrit avec tant d’amour, de douceur, même si on ne sait jamais qui va mourir à la page suivante. Bref, vous ne connaissez pas Nadine Monfils, mais courez vite en acheter un, c’est l’assurance de passer un excellent moment d’humour et de polar.

Il est à signaler que Les vacances d’un serial killer vient de sortir chez Pocket. Enfin, ne ratez pas dès le 8 novembre la sortie du deuxième volume des enquêtes du commissaire Léon (Il neige en enfer et Le silence des canaux). En 2013, nous aurons le droit à deux nouveaux volumes, et le dernier sortira en 2014. De quoi faire une belle collection. Vive l'humour !

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 17:17

Femme congeléeCe roman est sélectionné pour le prix Meilleurpolar.com organisé par les éditions Points, dont j’ai la chance de faire partie. On ne peut pas dire qu’il m’ait passionné, bien au contraire.

Vilhelm Thygesen est un ancien policier corrompu, qui vit d’une pension d’invalidité et de petits boulots comme assurer la défense de pauvres gens en tant qu’avocat volontaire. Ce matin de février, il va pour couper quelques branches de sapin, et découvre sous une bâche le corps d’une femme assassinée de plusieurs coups de couteaux.

Les agents de police connaissant son passé louche et sulfureux l’interrogent en ayant en tête qu’il est leur coupable. D’ailleurs, il semble bien que cela arrange beaucoup de monde qu’il soit le coupable dans cette affaire. Les inspecteurs Stribolt et Vaage vont donc mener l’enquête.

Ce roman commence bien mal ... et continue bien mal. Il est inutile de vous cacher que je n’ai pas aimé ce roman, car les personnages m’ont paru mal croqués, par trop de superficialité. L’intrigue elle-même est bizarrement menée, passant de l’affaire de la femme congelée à un gang de motards, puis un accident de la route. Bref, de quoi perdre le lecteur alors qu’on en est déjà à la moitié du bouquin.

Juste pour vous donner un exemple. Premier chapitre : l’interrogatoire du suspect et propriétaire de la maison se déroule. Un peu d’agressivité de la part des policiers et de suffisance chez Thygesen. Deuxième chapitre : après 3 jours, rien de nouveau sur l’affaire. Troisième chapitre : après une semaine, rien de nouveau sur l’affaire. Quatrième chapitre : après un mois rien de nouveau sur l’affaire.

Je caricature, bien sur, et pourtant c’est bien comme ça que j’ai pris le livre. Ajouté à cela que l’écriture est enfantine avec des expressions bizarres qui viennent probablement d’une traduction douteuse, ce roman restera pour moi l’exemple du roman où l’on lutte pour avancer. Et si ce roman a reçu le grand prix norvégien de littérature policière, c’est soit parce qu’il n’y avait pas grande concurrence cette année là, soit que je n’ai pas compris. A vous de vous faire votre propre opinion.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 18:20

viva-la-muerteLe petit dernier de chez Kyklos est un petit bijou de roman, mélangeant les genres pour mieux amener le lecteur vers le vrai sujet du roman, à savoir la dictature franquiste. Un petit bijou d’intelligence pure.

Cordoue, 2008. Manolo est un flic très compétent à tendance anarchiste. A cela, il faut ajouter son refus de l’autorité, un caractère de grande gueule, et une volonté de travailler seul pour ne pas se faire emmerder. Il vit avec sa femme, qu’il aime profondément (il dit souvent : « elle est trop belle pour moi ») et qui est sa raison de vivre. Elle est médecin légiste, ce qui est bien pratique quand on a affaire au type de meurtre qui va le réveiller ce matin là.

Ce matin là, on appelle Manolo pour un nouveau meurtre : une personne âgée retrouvée dans un état qui dépasse l’entendement. La victime s’appelle Monseigneur Andrès Guttierez Perez. C’est une sommité dans la région, puisqu’il a fait sa carrière dans l’église, étant nommé cardinal par Jean Paul II, étant chargé de la bibliothèque du Vatican des lectures interdites, c'est-à-dire celles qui peuvent porter atteinte à l’église.

L’autopsie va montrer qu’il a été harnaché à des boites contenant des rats et que ceux-ci lui ont dévoré le visage et les parties intimes vivant, une torture datant de l’inquisition. L’enquête sur Mgr Perez va montrer un personnage totalement différent de l’image publique, mettant à jour un ignoble personnage adepte de pédophilie et adorateur de la souffrance et la torture. Alors que Manolo pense à une vengeance d’une des victimes de Mgr Perez, d’autres cadavres de vieillards font leur apparition, avec des supplices eux aussi inspirés de l’Inquisition.

viva-la-muerte-2.jpgFichtre ! Je tiens à rassurer les futurs lecteurs de ce roman que les scènes de descriptions des cadavres sont légères et pas sanguinolentes. Heureusement, car sinon, j’aurais arrêté rapidement la lecture ou j’aurais passé les pages correspondantes. Le but de Frederic Bertin-Denis n’est pas de faire un livre gore, mais un vrai roman policier à thème.

Quand je dis roman policier, ce n’est pas tout à fait vrai, tant l’auteur flirte avec différents genres, ce qui d’une part va plaire à beaucoup, et ce qui relance sans cesse l’intérêt. Cela commence comme un roman policier classique, avec une enquête logique et bien menée, et passe au thriller après des passages autobiographiques des victimes pour mieux étayer son propos. Et comme les personnages de Manolo et Remedio sont d’emblée attachants, on lit l’ensemble comme du petit lait.

Mais au fait, quel est donc le thème de ce roman ? Le thème est l’histoire de la dictature espagnole des années 30 aux années 70. Et on n’assiste pas à un cours magistral, mais plutôt à des témoignages, qui surviennent au cours de l’enquête. Et je dois dire que c’est redoutablement bien fait, et incroyablement efficace. La galerie de psychologies est complexe, car il y en a autant que de témoins, des victimes repliées sur elles-mêmes aux victimes qui ont oublié et qui sont nostalgiques de ce temps passé, des bourreaux dégueulasses aux profiteurs de tous poils, des assassins amnistiés aux profiteurs qui savent tourner leur veste dans le sens du vent. Tout le monde étant impliqué dans les massacres de cette époque là, toutes les strates de la société en prend pour son grade. Mettre tout cela dans un seul roman, sans que l’on s’y ennuie est un véritable tour de force. Chapeau bas !

Et l’enquête policière, me direz vous ? Elle est décrite avec beaucoup de détails, et d’une logique qui fait que jamais le lecteur ne pense qu’il y a la moindre ineptie ou l’indice qui tombe du ciel. Manolo, malgré sa fidélité à sa croyance, va parfois être pris d’un doute, car ces vieillards salauds méritent bien la mort qu’ils subissent, mais la solution s’avèrera bien plus complexe, bien plus proche de lui, bien plus douloureuse que tout ce qu’il avait imaginé. 

Bien sur, tout n'est pas parfait, on peut toujours trouver quelques détails tels les descriptions des repas que je n'ai pas trouvés utiles, ou quelques répétitions dans la forme de l'intrigue. Mais je vous le dis tout de go : Si ce roman était sorti dans une grande maison d’édition, toute la presse aurait crié au chef d’œuvre, à la découverte d’un nouveau talent. D’un abord facile, cette lecture devrait plaire à tous ceux qui cherchent un excellent roman policier avec une trame de fond historique. Et bravo aux éditions Kyklos d’avoir déniché un auteur qui devrait devenir un futur grand, s’il continue comme cela.

Lisez donc le mot de l'auteur qui vous explique ce qu'il a voulu faire sur l'excellent site Livresque du noir ici.

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Published by Pierre faverolle - dans 2012
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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 18:23

Violents de l'automneOn retrouve avec bonheur notre couple de policiers perpignanais après L’été tous les chats s’ennuient qui a obtenu le Prix du polar SNCF 2011, et l’excellent intermède du Paradoxe du cerf volant. Voilà une enquête policière qui va nous replonger dans le bourbier des dernières années de la guerre d’Algérie.

Gilles Sebag rentre tout juste des vacances, c’est dire s’il est en pleine forme. Bien que sa vie de famille soit parfaite, il est toujours miné par ce sentiment de jalousie qui lui fait dire que sa femme le trompe. Tous les petits détails lui reviennent en mémoire, toutes les absences sont comme de petits poignards qui confirment ses soupçons sans preuves.

Cette rentrée n’est pas idéale : Mathieu, un copain de sa fille Séverine est mort dans un accident de la route, reversé sur son scooter par un conducteur en état d’ivresse. Sebag promet à sa fille de chercher à savoir si l’enquête a été bien menée. En parallèle, un cadavre est découvert assassiné chez lui d’une balle dans la tête. Seule une inscription peinte sur la porte du salon avec le sigle OAS fournit une piste qui peut sembler facile et dangereuse.

En effet, le risque est que la situation s’enflamme auprès du public. Les ressentiments sont encore bien vivants dans cette région qui a accueilli de nombreux pieds noirs, et où trône une stèle en l’honneur de l’OAS. Gilles Sebag va devoir faire preuve de toute sa diplomatie et de son intuition pour comprendre tous les tenants et les aboutissants de cette enquête tumultueuse.

La guerre d'Algérie, pour moi, c'est un peu un trou noir. On ne me l'a pas inoculée à l'école, mes parents n'en ont jamais parlé, et même aujourd'hui, les média ne l'évoquent qu'avec parcimonie. C'est dire mon intérêt pour le contexte de ce roman, au delà du plaisir de retrouver le couple de flics Sebag et Molina.

Avec une forme policière très classique, et une intrigue redoutablement bien menée, Philippe Georget nous propose une vision très intime de cette guerre, donnant la parole à ceux qui ont vécu là-bas, à ceux qui ont été rapatriés, à ceux qui ont subi les violences du FLN et de l'OAS. Il arrive à nous faire ressentir leurs impressions de paradis perdu, à nous montrer l'anarchie de ce temps là, sans jamais prendre parti. La documentation est impressionnante, et la façon de la raconter tellement simple, tellement poignante aussi avec des scènes d’anthologie comme cette scène de dîner chez Albouker où il raconte ses souvenirs et où il crache sa rancune.

Bien entendu, les qualités du premier roman L'été tous les chats s'ennuient sont là. Un style fluide qui donne envie de ne pas lâcher le livre, des dialogues réalistes qui prennent une grande part dans le roman, et des personnages toujours aussi attachants. D'ailleurs, tout y est d'une plus grande efficacité, et Philippe Georget continue dans la veine intimiste familiale, décrivant les relations de Sebag avec sa famille, la vie après le boulot.

D'ailleurs, le canevas est tellement bien tissé que, à la façon d'un Arnaldur Indridason, il a posé des jalons qui peuvent lui permettre d'imaginer toutes les intrigues possibles et imaginables, que ce soit avec Molina dont on sait toujours peu de choses, avec sa femme dont on ne sait toujours pas si elle trompe son mari, avec sa fille Severine très présente dans cet épisode, ou son fils très mystérieux. Et je dis épisode, car non seulement je pense que l'on aura droit à une nouvelle enquête de Sebag, mais je le souhaite de tout mon cœur.

Vous l'aurez compris, il y a une réelle progression, Les violents de l'automne ne sont pas une aventure de plus, mais une pierre essentielle dans une série (du moins je l'espère) qui va faire date dans la littérature policière française. La subtilité, le style imagé, les dialogues brillants et son sujet extrêmement fort font que Les violents de l'automne est un roman policier à ne pas rater en cette année 2012. Et ne me demandez pas quel est le roman que je préfère de Philippe Georget, car je répondrai : les trois !

 

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