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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 17:14

Par moments, il fait bon chercher des lectures distrayantes, telles un bon thriller américain. Le dernier (en date) de James Patterson est idéal pour ça : De l’action et un bon scenario.

4ème de couverture :

copycatUne bombe explose dans Grand Central, faisant six morts et des dizaines de blessés. Une autre est retrouvée dans la principale bibliothèque de la ville. Puis c'est au tour du Rockefeller Center d'être la cible d'attentats...

New York est plongée dans la terreur et le chaos. Les autorités de la ville décident alors de faire appel à l'un des meilleurs limiers de la police, le détective Michael Bennett.

Épaulé par Emily Parker, du FBI, Bennett découvre assez vite que ces explosions sont le fait d'un copycat, un tueur qui imite Mad Bomber, un poseur de bombes qui terrorisa New York dans les années 1940.

Puis d'autres crimes sont commis, qui tous reprennent le mode opératoire d'un célèbre serial killer new-yorkais : Son of Sam, le Vampire de Brooklyn...

Derrière l'aspect erratique de ces différents meurtres, Bennett et Parker perçoivent un plan précis, une vengeance. Plusieurs des victimes ont en effet fréquenté, des années auparavant, la même université.

Mais il faut agir vite, le temps est compté...

Mon avis :

Nous allons donc suivre l’enquête de Michael Bennett, sur une bombe retrouvée dans la principale bibliothèque de New York. Alors qu’il est en vacances avec ses dix enfants (adoptés) et leur nounou, il est rappelé d’urgence et va se confronter à un tueur d’un genre particulier.

C’est la troisième enquête de Michael Bennett après Une ombre sur la ville (2008) et Crise d’otages (2010). Et comme cette histoire est racontée à la première personne du singulier par Bennett lui-même, et qu’il a pas mal d’humour, la lecture s’avère agréable. Les chapitres de Bennett sont alternés avec ceux du tueur, ce qui est classique mais permet de faire monter la tension. Et surtout de se demander comment tout cela va finir.

On ne va pas chercher de psychologie profonde, de critique quelconque, ou de personnage inoubliable. L’objectif est de raconter un bon scenario avec beaucoup de vitesse. Les phrases sont courtes, les chapitres de quatre pages maximum, et on tourne les pages, on tourne les pages, on tourne les pages. De temps en temps, on a l’impression qu’il manque une ou deux phrases par ci par là.

Mais le but n’est pas là. Au bout du compte, j’avais envie de divertissement. Eh bien j’ai été servi. J’ai passé un peu plus de quatre heures à lire cette histoire. Et j’en ressors heureux car c’est ce que je cherchais : Un bon thriller rythmé.

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 17:24

Aimer et laisser mourirCe roman est ma deuxième lecture de Jacques-Olivier Bosco, après le Cramé, et je dois avouer que j’y ai pris autant de plaisir. Avec un titre à la James Bond, c’est un roman en forme d’hommage aux films d’action américains, en même temps qu’un beau pied de nez aux plus célèbres thrillers américains.

On l’appelle le Maudit, mais en réalité, son nom est Lucas Belveaux. C’est un tueur à gages, respectant tous ses contrats, un des meilleurs du milieu. A la suite d’un contrat en France, il a été obligé de s’exiler en Colombie, laissant derrière lui sa femme enceinte. Plusieurs légendes circulent quant à son nom. La plus célèbre, c’est qu’il se serait fait torturer et, par vengeance, aurait décimé le camp de paramilitaires. Il sait qu’il ne peut retourner en France, et porte sa croix en faisant son travail sanglant, et en étant droit dans ses bottes avec ses principes : on ne touche pas à une femme ou à un enfant.

Amanda est une pute de luxe, de celle qui se font payer quelques milliers d’euros pour une nuit. Elle est incroyablement belle, et est une experte du sexe, rendant les hommes fous. Cette nuit là, elle termine un de ses contrats, et entend, dans le couloir d’un hôtel de Nice, une femme crier. En étant trop curieuse, des tueurs croates la séquestrent et veulent la violer. Elle s’en sort par chance et tue l’un d’eux avant de s’enfuir.

Seulement, ces tueurs appartiennent au clan de Tcheck Mordeck, un psychopathe à la tête d’un gigantesque empire de proxénétisme. Il a en charge des fermes, où il dresse les jeunes femmes qu’il mettra ensuite sur les différents trottoirs d’Europe. Tcheck n’accepte pas qu’on ait tué son lieutenant. Il va tout faire pour retrouver cette femme qui a tué son ami et a disparu. Et tous ces personnages vont se rencontrer … en enfer.

Ce roman confirme tout le bien que je pense de Jacques-Olivier Bosco, dit JOB. Son sens de l’intrigue et son style percutant font de ses livres des romans boostés, allant à une vitesse folle, sans que le lecteur ne puisse se douter de l’issue. Dans ce roman, plus que jamais, on sent que l’auteur maitrise les temps forts et les temps calmes. Si vous êtes des inconditionnels de thrillers américains speedés, vous allez trouver ici un pur joyau. Car vous allez adorer cette histoire, et vous allez aimer ces personnages si profonds, si droits, avec leurs principes de loyauté et d’amitié, ce qui semble une constante dans les romans de JOB.

Je parlais de style, je vais essayer de vous le décrire : Prenez une scène de carnage, ça tire dans tous les coins, c’est une embuscade. JOB va faire un long paragraphe, fait de petites phrases, dont les mots sont soigneusement choisis pour que cela imprègne une image dans l’imagination du lecteur. Chaque phrase va créer une image, ça va à toute vitesse, cela donne une impression à la fois cinématographique et kaléidoscopique. C’est redoutablement efficace, et diablement bien fait, cela donne une impression de voir un film d’action juste derrière nos yeux. Que j’aime ça, quand je sens mes yeux s’ouvrir devant les scènes de flingage, uniquement par la suggestion des phrases et la fumée qui sort des pages.

Derrière ce style et ces personnages, il ya aussi le sujet de fond, dégoutant au possible, cette traite des blanches par des hommes qui se croient supérieurs mais qui, en fait, n’ont du pouvoir que parce qu’ils ont des armes. Comme dans le Cramé, c’est très détaillé, très documenté, et tellement bien décrit que l’on n’a aucun doute sur le fait que cela existe. Si JOB ne s’éternise pas sur le sujet, certaines scènes sont suffisamment explicites pour qu’on se demande comment tant de cruauté peut exister.

D’ailleurs tous les personnages sont cruels, L’image que JOB renvoie de ce monde semble si noire. Tous les personnages ont des surnoms pour déshumaniser l’homme qui est derrière. Cela fait parfois un peu kitsch, mais on rentre facilement dans le jeu. D’ailleurs, on notera au fil des pages un Cramé (Tiens !) ou même Philippe Georget (Tiens, tiens !), petits traits d’humour qui font sourire. Le seul bémol que j’apporterai à ce livre, c’est une fin un peu trop rapide, en particulier pour le duel avec Mordeck. S’il y avait eu quelques dizaines de pages de plus, je n’aurais pas dit non ! Et surtout, ne ratez pas le final … le chapitre final, je veux dire. Quand je vous dis qu’on ne sait pas comment ça peut se terminer ! Ce roman, c’est de l’adrénaline à l’état pur, du pur plaisir, et j’en redemande !

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:50

PhilbySi je ne suis pas forcément un fan des romans d’espionnage, je dois bien avouer que ceux que j’ai lus m’ont marqué, sans doute parce que j’ai lus les meilleurs du genre. Que ce soient avec John Le Carré (La Taupe, s’il vous plait) Ian Fleming (dans le genre aventures) ou plus récemment Olen Steinhauer (L’issue), ce qui m’intéressait et m’intéresse toujours, ce sont la psychologie des hommes qui sont derrière, leur motivation poussée par leur croyance en un idéal.

Quand j’ai attaqué Philby, portrait de l’espion en jeune homme, un roman sélectionné pour le prix du Meilleurpolar.com de Points, je savais à quoi m’attendre. Lire une biographie d’un des personnages les plus emblématiques de l’espionnage du siècle dernier, les plus mystérieux aussi, c’était bigrement tentant. C’était une occasion d’essayer de comprendre une personne difficilement compréhensible, d’avoir une ébauche de quelqu’un difficilement cernable, d’avoir un portrait un peu moins flou dans un contexte brouillardeux.

Car Philby est doté d’une aura que personne n’aura réellement réussi à percer. C’est l’un de ces personnages, dont on peut dire tout et n’importe quoi, sans jamais toucher à la vérité. Il fut à la fois agent secret communiste, mais aussi britannique, et peut-être américain. Agent double, triple, quadruple ? Dans le petit monde des espions, c’est la paranoïa qui y règne. Et personne n’est capable de dire ou savoir la réalité.

C’est un peu le principe de ce roman, ou plutôt devrais-je dire cette biographie romancée. Au travers de plus d’une dizaine de chapitres représentant des témoignages écrits à la première personne, nous allons essayer d’approcher la personnalité, voire la psychologie de ce personnage hors norme. Et quand on croit avoir à peu près compris son rôle dans l’histoire de la deuxième guerre mondiale, le dernier chapitre remet toutes nos certitudes en jeu.

Le roman va couvrir la période allant de 1933 à 1945. Harold Russell Philby, surnommé Kim, va s’engager dans la lutte contre les nazis, et trouver dans le communisme une organisation et une idéologie qui soit sans équivoque à ce propos. Rapidement, il est approché par les « rouges », et se retrouve en Autriche, juste avant l’Anschluss. Il y rencontre Litzi, une jeune juive communiste qui va devenir sa femme. Ils vont fuir vers l’Angleterre et plusieurs missions vont lui être proposées en tant qu’ancien de Cambridge.

La qualité de ce roman n’est plus à démontrer. Tous les témoignages sont faciles à lire, et tellement bien écrits que l’on s’y croirait. Et, on s’amuse tout au long du livre, à essayer de cerner Philby. Si certains indices sont parsemés par ci, par là, on referme le livre avec la même question qu’au début : Mais qui donc était Philby ?

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 18:12

CoolRappelez vous ! Il y a deux ans, Savages débarquait sur les rayons des libraires. Avec un titre comme ça, peu de chances d’attirer les foules. Le scenario ? Simple. Par contre, dès que vous l’aviez ouvert, BIM BAM BOUM, Don Winslow inventait un style à base de baffes dans la gueule, et ça marchait tellement bien que même les messages sur la façon dont se passe le trafic de drogue aux Etats Unis étaient clairs et bien assimilés.

Difficile de faire une suite à Savages, mais pourquoi ne pas en écrire le prequel, ou pour ceux qui ne comprennent pas l’Anglais, une histoire qui se déroule avant Savages. Et là, pareil ! Don Winslow nous matraque la tête, à la façon d’un boxeur dans son punching ball, ne nous laissant aucun répit. Cela peut sembler facile, mais il faut un sacré talent pour montrer en quelques phrases, en quelques mots un personnage.

Et puis, les phrases n’existent plus … D’ailleurs, le monde tel qu’il existait n’existe plus. C’est la foire aux mots, les rafales partent tout le temps, à droite, à gauche. Il y a tout juste une phrase pour décrire un lieu que la scène suivante débarque. Ça peut sembler un peu anarchique, un peu foutraque, mais c’est bigrement efficace … pourvu que l’on y adhère.

Bref, on retrouve Ben, l’idéaliste pacifiste et créateur de génie en matière d’OGM, Chon, la teigne du groupe dont la religion est de sauver les amis, et O, dite Ophelie, la perle immaculée du groupe. Alors que Chon, soldat, doit repartir en Irak, Ben est contacté par un mystérieux vieil homme, affublé d’un T-shirt Les Vieux Règnent, qui lui fait du chantage pour racheter leur commerce de drogue.

En parallèle de cette histoire, nous allons rencontrer les parents de nos trois compères, dans les années 70, 80 puis 90. Cela va donner la possibilité à Don Winslow, de non seulement parler de la drogue (sa croisade personnelle), mais de montrer aussi l’évolution de la société depuis les hippies jusqu’au capitalisme libéral. Et là, il fait fort. Que ce soit l’intrigue ou la démonstration, tout est d’une limpidité effarante, et le message d’autant plus frappant. Il se permet donc, en plus de son style explosé et explosant, de nous asséner quelques vérités, telles celle-ci :

« Qu’est-il arrivé ?

Altamont, Charles Manson, Sharon Tate, Le fils de Sam, Mark Chapman, nous avons vu un rêve se transformer en cauchemar, nous avons vu love and peace, l’amour et la paix, se changer en guerre et violence sans fin, notre idéalisme en réalisme, notre réalisme en cynisme, notre cynisme en apathie, notre apathie en égoïsme, notre égoïsme en cupidité et puis la cupidité est devenue agréable et nous

Avons eu des bébés. »

A la fois très semblable mais aussi très différent de Savages, Cool démontre que l’on peut faire du polar intelligemment, que l’on peut dire des choses crument, que l’on peut encore inventer des choses en littérature. Si vous n’avez pas peur des claques, lisez donc Savages d’abord (qui vient de ressortir au Livre de Poche) puis attaquez ce Cool, qui l’est beaucoup moins que son titre.

Ne ratez pas sur le net les avis des copains et copines : Le Parisien , Unwalkers  , Jean Marc ,

et Jeanne .

Enfin, je remercie Babelio et Les éditions du Seuil pour m'avoir permis de m'adonner à une de mes drogues favorites : la lecture de Don Winslow

 

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 17:31

Anneaux de la honte-copie-1C’est une nouvelle collection qui démarre aux éditions L’Archipel, qui s’appelle Cœur noir, dirigée par Noël Simsolo. Le principe est de créer une intrigue de roman noir autour d’une date historique. Voici le premier de la série, les anneaux de la honte de François Thomazeau.

1936. Les jeux olympiques vont s’ouvrir dans 15 jours à Berlin. En protestation au déroulement de ces jeux en pays fasciste, sont organisés les Olympiades Populaires à Barcelone. C’est à ce moment là que se déclenche la guerre civile d’Espagne. Le pays, qui regorge de journalistes, assiste à des scènes qui vont ensanglanter les rues de la capitale catalane. Tous les pays (Italie, Russie, Allemagne, Angleterre, France…) sont, en sous main, impliqués, cherchant à avoir une influence sur l’issue des combats.

Albert Grosjean, ancien héros de la première guerre mondiale, est journaliste sportif pour un hebdomadaire français proche du parti communiste. Suite aux violences et à l’annulation des jeux populaires, Albert rentre à Paris avec une mission : Un de ses amis journalistes Ernst Sorman lui a confié une bague qu’il doit remettre en main propre à Anna Meyer, une athlète juive qui va concourir pour l’Allemagne à Berlin.

Le seul problème, c’est que son patron n’a pas du tout l’intention de l’envoyer à Berlin pour faire de la publicité à des jeux fascistes. Finalement, c’est un ex-préfet du nom de Jean Moulin qui va le débaucher et l’envoyer en Allemagne sous un faux nom. Sa mission : mieux comprendre le rôle des nazis dans le conflit espagnol, et ramener des informations sur les politiques des autres pays.

De ce roman, je garderai le souvenir d’un gigantesque bordel, excusez le mot ! Chaque pays place ses pions, dans le noir, en cherchant à savoir où sont les pions des autres pays. Il n’y a pas de pays ami, ou de pays ennemi. On n’a pas l’impression de voir des pays liés par une alliance, tous se battent, s’espionnent pour leur propre compte, quitte parfois à faire du chantage envers une nation voisine. Il faut savoir que les espions de cette époque étaient surtout des journalistes car ils avaient accès à tous les lieux où les grandes décisions se prennent.

C’est aussi la puissance de l’évocation des jeux de Berlin, la force des mots, où, en quelques mots, l’image est créée, l’évocation évidente derrière les yeux du lecteur (lisez donc l’entrée des athlètes dans l’arène de Berlin, ou le concours de saut de Anna). Cela renforce le dégout qui m’est venu envers certains personnages, sachant ce qui allait se passer quelques années plus tard, et lisant des dialogues où tout le monde savait, je dis bien savait et non pas se doutait.

Alors devant une documentation impressionnante mais jamais rébarbative, portée essentiellement par des personnages hauts en couleurs et véridiques, je ne peux que vous conseiller cette lecture. Je précise tout de même que le début du roman regorge de personnages, et que le lexique en fin de roman est bien utile pour les situer. C’est un roman noir en forme de course poursuite pour sauver sa peau dans un monde lancé à cent à l’heure et dont on a oublié où se trouvait le frein.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 17:53

SamovarEtrange roman qui est arrivé dans ma boite aux lettres, presque par hasard, comme une feuille tombe d’un arbre en automne. Auteur inconnu, titre dont je n’ai pas ou peu entendu parler, mais sujet qui semble intéressant : les squatteurs.

Tristan est un jeune étudiant en BTS, qui vit des pensions que lui verse sa mère. C’est une vie confortable, même si elle lui fait un chantage en cas d’échecs aux partiels. La vie n’est pas facile pour un jeune homme, motivé par pas grand-chose, et qui cherche surtout un sens à la vie. Alors, quand son ami Max lui propose de partir à la cueillette aux kiwis en Nouvelle Zélande, Tristan accepte, d’autant plus que Max s’occuperait du passeport et du visa, moyennant mille euros en liquide.

Rendez vous est pris au Manoir, dans la rue du même nom. Sauf que Max n’est pas là, qu’il a disparu. Cela donne tout de même l’occasion à Tristan de rencontrer de drôles de zozos, et d’assister à une réunion lors de laquelle une engueulade éclate entre Fahrid et Yanis. Le vélo de Tristan fait les frais de cette dispute. On lui propose alors d’aller voir Clavette, le réparateur de génie du Samovar.

Le Samovar, c’est un squat sur un ancien entrepôt de l’armée. Tristan va découvrir un petit monde, qui s’autogère. Accueilli à bras ouverts, il va y revenir plusieurs fois, avant de devenir un pensionnaire à part entière. Il va découvrir les multiples activités de chacun, puis les difficultés envers les autorités.

N’allez pas chercher dans ce roman une intrigue policière, une poursuite d’un serial killer ou un détective privé détruit par l’alcool suite au départ de sa femme. Ce roman est plus à rapprocher d’une chronique d’un jeune homme, un peu perdu et pas pressé de se retrouver qui va découvrir un nouveau monde qu’il ne soupçonnait même pas. Et si c’était mal écrit, je n’aurais jamais fini ce roman.

Simplement, voilà ! c’est écrit avec légèreté, beaucoup d’humour et sans rage aucune, avec beaucoup de dialogues pour faire vivre tant de personnages. Ces gens-là ne demandent pas grand-chose, si ce n’est de vivre selon leur mode de vie, à la marge de la société. On va y rencontrer une quantité impressionnante de personnages hauts en couleurs, tous reconnaissables, et on suit avec plaisir la vie de ce microcosme, à l’aide de dialogues très bien réalisés. Je garderai en mémoire Marjo, Kat, Zaïreb, Clavette, Jeannot, FX, Spears et tant d’autres.

Et même si j’ai un peu de mal, personnellement, à adhérer à leur point de vue, je dois dire que la narration, qui ressemble parfois plus à un reportage qu’à un roman, est bien agréable. Et puis, les personnages sont bigrement attachants, et vous savez comme j’aime quand un auteur donne tant d’amour, sans juger qui que ce soit. Et s’il y avait une intrigue à suivre en toile de fond, ce roman aurait pu être génial. Ceci dit, j’aurais appris beaucoup de choses sur un mode de vie qui permet de vivre en autarcie, ou presque.

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 17:38

Sale temps pour le paysDire que j’attends les romans de Michael Mention est une évidence. Je l’avais découvert grâce à Holden de Unwalkers, qui m’avait passé La voix secrète (GENIAL !) et Maison fondée en 1959 (Ambitieux). Sale temps pour le pays est un roman brillant, sur une période narrée par David Peace dans sa tétralogie de Leeds.

22 mars 1979. La Grande Bretagne se débat dans ses affres économiques et les attentats de l’IRA. Dans la salle de rédaction du Daily Mirror, Dennis Vaughn, appelé Darth Vader par ses employés pour sa sévérité, donne son avis sur la maquette du lendemain. Un courrier arrive, avec marqué URGENT dessus. Il l’ouvre, puis choqué, appelle Walter Bellamy, le responsable du poste de police de Wakefield. La lettre provient de l’éventreur de Leeds.

22 janvier 1976. Walter reçoit dans son bureau George Knox, son meilleur élément. Emily Oldson vient d’être retrouvée assassinée par des coups de marteau derrière la tête, puis plusieurs fois poignardée. C’est la deuxième victime d’une série qui va durer cinq longues années. George va être détaché sur cette chasse à l’éventreur.

Si vous comparez ce roman avec la tétralogie de David Peace, sous prétexte que l’affaire est la même, ce serait une grave erreur. Et passer à coté de cet excellent roman serait une lacune. Alors que David Peace exhorte sa jeunesse, fait sa propre psychologie pour soulager ses cauchemars, Michael Mention dessine un pays en désuétude, tombant en ruine, et des portraits de policiers formidables. Là où David Peace joue sur les ambiances et les obsessions de ses personnages, Michael Mention se concentre sur ses deux flics intègres et avant tout obsédés par leur boulot.

Mais parlons d’abord des personnages principaux. George Knox est un roc, un enquêteur à l'ancienne, à la fois doué et méthodique, dans tous les cas un travailleur hors norme. Il cherche à noyer ses problèmes personnels dans le travail. Sa femme se plaint de maux de tête récurrents, il est partagé entre son désir d’être avec elle et son besoin de traquer la bête. Il va faire équipe avec Mark Burstyn, plus jeune mais aussi doué. La rencontre entre les deux est assez particulière, ils vont s’affronter comme deux montagnes en mouvement, mais vont mutuellement s’apprécier pour leurs compétences reconnues. Sans en rajouter outre mesure, leur réserve fait qu’ils ne vont jamais dire ce qu’ils pensent l’un de l’autre, mais vont nouer une relation professionnelle et respectueuse, à la limite de l'amitié retenue.

Du contexte, je ne dirai qu’une chose, il m’a époustouflé. On assiste à un pays en pleine déchéance, les pierres tombent une à une, et l’avènement de Margareth Thatcher ne va pas améliorer les choses. C’est l’avènement de la modernité, la fin des travailleurs et l’arrivée de la finance. La documentation de cette période est tout simplement impressionnante, reprenant des articles de journaux, décrivant en un paragraphe des émeutes, en une phrase le désarroi de tout un peuple. Et le parallèle entre la situation du pays et le fonctionnement de la police est évident et tellement bien trouvé. Finies les enquêtes d’antan, finis les durs au labeur comme George, le pays tombe, la police patauge, George lui-même se tasse, se renferme, Mark le suit juste derrière. C’est clairement cet aspect, cette métaphore qui rend ce livre indispensable à lire.

Et puis, il y a ce style, cette façon de brosser un portrait en une phrase, un sentiment en un mot. Michael Mention est un styliste pur, un puriste stylisé. Sa volonté de rapprocher son intrigue d’une enquête journalistique, c’est pour ne pas alourdir le propos, pour le rendre si simple, si facile à lire. Et quand on tourne la dernière page, on veut déjà lire le prochain roman, car cela se lit vite, très vite, trop vite (malgré ses 270 pages). Vous l’aurez compris, Sale temps pour le pays est un livre à lire d’urgence.

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 18:25

Pour les fans de Jérémie Guez, et pour ceux qui veulent le découvrir, il sera en dédicace dans deux librairies.

J'ai reçu ce message que je vous livre en intégralité :


Bonjour,

Je me permets de vous envoyer ce mail, pour vous annoncer que Jérémie Guez sera en dédicace dans nos librairies, le samedi 13 novembre :

- de 10h à 12h à la librairie Cyclope 127 rue Dalayrac 94120 Fontenay sous bois 01 41 95 75 20

- de 16h à 18h à la librairie Nath'à lire 158 bd de Créteil Saint Maur des Fossés 01 55 96 39 24

Christophe, lecteur assidu de votre blog.

 

Pas sur que j'y sois, car je serai peut-être en vacances. Mais vous savez ce qu'il vous reste à faire !

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 17:44

Petit-jouet-mecanique.jpgAprès le grinçant et controversé Je tue les enfants français dans les jardins, voici la dernière production de Marie Neuser, qui démontre que cette auteure est indéniablement douée par son univers noir et sans concession.

Il semblerait que l’univers des jeunes soit à l’honneur en ce moment ; du moins, c’est mon impression au vu de mes lectures récentes. Et la période de l’adolescence est une charnière, un moment bien particulier de passage de l’enfance à l’âge adulte. Le roman s’ouvre sur Anna, une jeune femme qui retourne dans la maison familiale d’Acquargento, en Corse. Elle se rappelle cet été maudit, quand elle avait 16 ans, ses moments de solitude, de lassitude, et l’arrivée de sa sœur Hélène.

Car, Anna a toujours mal vécu l’écart d’âge avec Hélène, ces 14 années qui ressemblent à un rempart infranchissable. De même, Hélène a toujours été adorée par ses parents, là où Anna s’est sentie délaissée, comme le vilain petit canard. Et comme il est facile de s’enfermer dans une culture cinématographique ou musicale qui parle de ce qu’elle ressent, mais a du mal à identifier, et que ses parents dénigrent. Comme il est facile de s’isoler, de foncer dans sa chambre à écouter au casque Nick Cave ou les Cure.

Mais comme il est difficile de comprendre les autres, d’ouvrir les yeux devant les attitudes des « grands ». Que c’est compliqué de comprendre sa mère si attentionnée envers la fille de Hélène, Léa qui a un an, et pourquoi son père semble si absent en laissant tout faire, pourquoi Hélène agit-elle si bizarrement envers sa fille, au risque de lui faire prendre de réels dangers, pourquoi les hommes la regardent-ils sur la plage ? Autant de questions restées sans réponses auxquelles d’ailleurs il n’y a peut-être pas de réponses.

Anna subit ce que Baudelaire a si bien décrit, l’Ennui avec un grand E. Elle assiste aux futilités des uns, aux actes inutiles des autres. Anna regarde le monde comme si elle était spectatrice, se découvrant pas tout à fait femme, mais ressentant un sentiment inconnu d’elle, un attrait inédit envers un petit être sans défense, qu’elle ne comprend pas, qu’elle pense être de la pitié, puis un sentiment d’amusement, avant de devenir de l’amour filial.

Vous l’aurez compris, ce roman est un magnifique portrait d’une adolescente mal dans sa peau, qui va trouver son salut dans sa nièce, mais l’intrigue est et restera noire. Marie Neuser va suivre son personnage d’un seul point de vue, totalement subjectif et sans jamais en rajouter. C’est magnifique de sensibilité, de pureté, d’intelligence, un portrait sans concession, sans forcément juger les différents personnages.

C’est aussi un roman écrit à la deuxième personne, avec un « vous » obsédant, dérangeant, énervant parfois, provocant ; ce « vous » qui force le lecteur à se mettre à la place de Anna, qui donne l’impression de se retrouver devant un tribunal, devant des juges sans pitié. Je me suis d’ailleurs posé la question si le roman n’aurait pas été plus direct, plus frappant s’il avait été écrit à la première personne du singulier.

N’allez pas y chercher de suspense quant à l’issue de l’intrigue, elle va être dramatique. N’allez pas non plus y chercher une quelconque leçon de morale, ou la moindre piste vers un avis ou une opinion. Par contre, je suis resté époustouflé par la justesse des sentiments exprimés, par l’acuité de la psychologie d’Anna, tantôt aveuglée par ses doutes, tantôt ébahie par la beauté des paysages corses. Avec ce deuxième roman, Marie Neuser frappe fort et ne laisse aucun doute quant à son énorme talent à construire des intrigues incroyablement noires et fortes au travers de la vision subjective de personnages torturés. Un des romans à ne pas rater pour cette rentrée littéraire 2012.

Vous trouverez un excellent article chez l'amie Jeanne ici.

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 17:45

Voici deux romans que j’ai lus dans le cadre du Meilleur roman élu par le site Confidentielles.com. Deux romans très différents, qui n’ont en commun que leur taille, 120 pages pour le premier et 150 pages pour le deuxième. D’ailleurs, je ne les ai pas ressentis de la même façon. Autant le premier m’a beaucoup ému, autant le deuxième m’a laissé froid.


Juste avant de Fanny Saintenoy (Flammarion)

Juste-avant.jpgLa quatrième de couverture résume bien le sujet difficile de ce roman : voici le bouleversant portrait croisé d'une très vieille dame sur son lit de mort, Juliette, et de son arrière-petite-fille Fanny, bousculée par la vie moderne. Avec leurs deux récits qui alternent en courts chapitres, cinq générations s'observent, un siècle s'écoule: les orteils de Juliette enfant tombent congelés pendant la Première Guerre, le jeune mari Louis, résistant communiste, tombe pendant la Seconde Guerre. Une seule fille naît, c'est une rêveuse impénitente, et elle tombera d'un cancer à tout juste cinquante ans. Elle élèvera une fille sans mari, Martine, l'instit' hippie, obsédée par les voyages à l'autre bout du monde. Et enfin Fanny, la trentenaire paumée qui a donné naissance à Milena.

Mon avis : Nous assistons donc à un dialogue par chapitres intercalés entre une presque centenaire et son arrière petite fille. Ici, on ne cherche pas à en mettre plein la vue, le style est simple comme la vie de ces gens qui ont connu les guerres. Cela nous permet aussi de voir comment la société a évolué, comment les besoins (ou plutôt les envies) ont changé, et malgré cela, comment on peut encore dialoguer entre générations.

C’est un texte extrêmement émouvant, qui m’a beaucoup touché et secoué avec une fin en forme d’espoir. Il y a une fierté de la part de ces femmes d’avoir bien vécu, ayant élevé leurs enfants sans leur homme. Et par moments, on retrouve des moments de pure poésie, dépouillée, directe, simple comme la vie de ces femmes.

 

La petite de Michèle Halberstedt (Albin Michel)

Petite.jpg« J’ai 12 ans et ce soir je serai morte. Méfiez-vous des enfants sages. » Elle n’a pourtant vécu qu’une enfance ordinaire, celle des années 1960 où l’on gardait pour soi secrets et blessures : se sentir terne et insignifiante, et surtout bête et laide. Mais il faut se méfier des enfants sages, ils portent parfois en eux des océans de désespoir…

Voilà un roman qui m’a laissé de marbre. Pourtant, le début était prometteur. Mais je n’ai pas réussi à imaginer une petite fille de 12 ans écrivant avec un style aussi évolué que celui qu’utilise l’auteur pour narrer la vie de cette fille. Du coup, les événements m’ont paru sans intérêt, les sentiments évoqués ceux d’une indéniable égoïste en recherche d’amour et de reconnaissance, et le livre suffisamment court pour passer à autre chose. Peut-être suis-je passé à coté d’un bon roman, mais il ne m’a pas touché plus que ça.

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Published by Pierre faverolle - dans 2012
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