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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 10:00

homme-qui-revait-enterrer-son-passe.jpgCe livre faisait partie de la sélection estivale de Polar SNCF 2010, et vient d’être édité en poche chez 10/18. Ce livre, je l’ai choisi pour son sujet, en étant curieux de voir comment Neil Cross allait traiter son intrigue. Et c’est une déception. En voici le sujet.

Un soir pluvieux, un homme sonne à la porte de Nathan. C’est un homme qu’il n’a pas vu depuis de longues années. Il s’appelle Bob et lui annonce que des lotissements sont en cours de construction, que les ouvriers sont en train de creuser dans les bois et qu’ils vont avoir des ennuis. Ils se sont rencontrés quinze ans plus tôt, en 1993, alors que Nathan louait un petit appartement dans une maison de Marple Road. Les loyers étaient si peu chers que beaucoup de chômeurs habitaient là. Bob était le plus ancien et louait le plus grand appartement. Bob était obsédé par les fantômes depuis la mort de son frère.

Quatre ans plus tard, ils se sont perdus de vue. Nathan a trouvé un travail, il fait des recherches documentaires pour une émission radiophonique locale de Mark Derbyshire, une gloire vieillissante. Il vit avec Sara, qu’il croyait aimer, mais il est sur le point de se séparer d’elle car leur couple a perdu ou égaré la magie initiale. En plus, Sara a une liaison avec son patron, ce qui confirme Nathan dans son envie de rompre. Sara a toujours rêvé d’assister à la fête de Noël organisée par Marl Derbyshire et Nathan a toujours résisté. Mais, cette année, ils y vont tous les deux.

Lors de cette soirée, l’alcool coule à flots, Nathan abuse de la cocaïne, et se sent étranger à la fête. Il y rencontre Bob et une jeune femme prénommée Elise. Pendant que Sara se fait draguer par Mark, Nathan, Bob et Elise partent faire un tour en voiture. Ils font l’amour et Elise meurt d’une crise cardiaque. Bob a l’idée de l’enterrer dans les bois. Ils se quittent sans se revoir et Nathan essaie de se reconstruire, miné par le remords. Sara le quitte, et il trouve un poste dans le département Commerce et Marketing d’une entreprise de cartes postales.

Comme je le disais en introduction, le sujet est connu et ce qui m’intéressait, c’était son traitement. Alors, soyons clair, ce livre est plus un roman sur la rédemption et le remords qu’un thriller. Le rythme est lent et la majorité de l’intrigue consiste à montrer et détailler comment Nathan cherche à se pardonner lui-même. Nathan en est le personnage principal et je ne comprends toujours pas pourquoi l’auteur n’a pas écrit son roman à la première personne, ce qui l’aurait rendu plus fort, plus passionnant.

Car c’est bien là l’un des défauts que j’ai trouvé à ce livre. Tout est lisse, très lisse, trop lisse, avec énormément de dialogues, ce qui en fait au global un roman qui se lit vite car il est réellement très court. Même les scènes fortes ne ressortent pas, il n’y a pas de fulgurances, juste une histoire bien menée, bien écrite, mais que l’on suit sans passion. Et donc, on regrette le prix excessif payé pour ça.

Le résultat donne un roman que l’on lit bien et vite, certes, mais qui m’a semblé bien plat, bien commun, bien décevant. D’ailleurs, j’ai bien peur de l’oublier aussi vite que je l’ai lu. Il ne reste plus qu’à attendre le prochain Neil Cross pour voir s’il sera meilleur. Je serais curieux de savoir ce que vous en avez pensé, alors n’hésitez pas à me laisser vos commentaires.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 19:30

Les lauréats de la 11ème édition de Polar SNCF sont connus depuis quelques temps déjà et je me rends compte que je ne vous en ai pas encore parlé ! Il s’agit de Philippe Georget avec L’été tous les chats s’ennuient (Editions Jigal) et de Donato Carrisi avec Le chuchoteur (Calmann Levy).

Je suis fou de joie pour Philippe Georget et nous reparlerons du Chuchoteur à l’occasion de la sortie du roman en format poche (le 1er juin si je ne m’abuse).

Par contre, j’attends avec impatience la 12ème édition qui se fait attendre ! Messieurs, si vous lisez ce billet, donnez nous des informations !

 

J’ai la chance et le privilège de faire partie du jury de Meilleurpolar.com. Ce prix en est à sa deuxième année. Il a vu la consécration de Antonin Varenne avec Fakirs l’année dernière, ce qui était mérité, amplement mérité. La sélection se fait dans les publications de l’année et comporte 9 ouvrages. Les ouvrages connus à ce jour sont :

Les visages de Jonathan Kellerman (Mouais)

Cotton Point de Pete Dexter (Super)

Les brumes du passé de Leonardo Padura

Origine de Diana Abu-Jaber

Les courants fourbes du lac Tai de Qiu Xialong

La ronde des innocents de Valentin Musso

 

Le lauréat de la 6ème édition du Prix Arsène Lupin est Frédéric Lenormand, pour son roman La baronne meurt à cinq heures, publié en janvier 2011 aux Editions Jean-Claude Lattès. Le roman de Frédéric Lenormand a été élu au 2ème tour et à l’unanimité, par un jury que présidait cette année l’écrivain, historien et conférencier Jean des Cars, et composé de lupinophiles convaincus aux profils aussi divers que Claude Brulé, Jacques Ferraton, Adrien Goetz, Dominique Goust, Isabelle Morini-Bosc, Pascal Thomas, Philippe Touron, Jean Tulard, Frédéric Vitoux, Michel Zink et Jean-Claude Zylberstein.

 

Ne ratez pas l'interview de Antonin Varenne, publiée sur le site Entre deux noirs, à propos de la sortie de son dernier roman Le Mur, le Kabyle et le Marin : c'est ici.


De nouveaux sites, cela veut dire de nouveaux amis. Voici mes dernières découvertes dans le domaine du polar :

Le Hibou et le Papou : Très utile avec des avis souvent humoristiques et sans compromis http://papoustory.over-blog.com/

Alibimag : Le site du journal fonctionne à plein tube et je vous rappelle cette adresse qui va devenir incontournable http://www.alibimag.com/

Un polar : site dédié au polar pour toujours plus de critiques  et d’avis http://unpolar.hautetfort.com/

the never ending blog : site de littérature à consulter http://nuagesetvent.over-blog.com/

Newsbook : Emilie a quitté Blog-O-Book et a créé News Book selon le même principe. C’est là http://newsbook.fr/

Le blog du polar change d’adresse : http://leblogdupolar.blogspot.com/

Du noir dans les veines : Site à consommer sans modération http://dunoirdanslesveines.fr/

Le concierge masqué : Je l’ai découvert grâce au groupe Facebook Les amoureux du polar (que vous pouvez rejoindre) voici le concierge masqué avec critiques et interview. C’est ici : http://www.concierge-masque.com/

Polars actuels : A visiter pour d’intéressants avis http://www.polarsactuels.com/

Vous ai-je déja parlé du blog du copain Holden ? Je ne sais plus. Cela s'appelle http://www.unwalkers.com/. On y trouve des infos, des critiques et des interviews. Très complet et une source de conseils inestimables avec un ton rock et direct.

ça s'appelle Horreur Boréale. ce blog regroupe l'essentiel du polar scandinave en quelques clics : tout sur les auteurs, les nouveautés, les avis...http://www.horreurboreale.com/

Enfin, le blog du prix Sang pour sang polar. A suivre de très très très près.c'est ici : http://sangpoursang-polar.blogspot.com/

Un petit nouveau trouvé gracé à Jean Marc, c'est encore du noir. Ses premiers choix d'articles font saliver. A suivre donc. http://encoredunoir.over-blog.com/

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 19:30

Onzième paranoMona Cabriole est de retour. J’avais lu deux épisodes peu convaincants avant d’apprécier celui de Antoine Chainas intitulé Six pieds sous les vivants. Celui-ci se révèle un roman policier distrayant.

Paris 11ème arrondissement − 132, bd Richard Lenoir − 4 heures du matin, on retrouve le cadavre de Clotilde Seger dans le lit de Basile Winkler, le chanteur de Surface Noise, groupe de rock français couronné de deux disques d’or. La rock star clame son innocence sans expliquer la présence du corps de cette fille de 20 ans à son domicile.

Mona Cabriole, journaliste au Parisnews, un magazine d’investigations sur Internet, vient de rompre avec Julien, car elle vient d’apprendre que sa femme est enceinte. Elle n’accepte pas d’être en concurrence et se complait dans sa solitude malheureuse. Son rédacteur en chef l’appelle alors pour qu’elle se lance sur l’affaire Winkler.

Elle apprend rapidement qu’il venait d’inviter chez lui le groupe Womanizer, et qu’il a eu l’air surpris de trouver le corps de Clotilde dans son lit, en état de décomposition. Lors de la conférence de presse de la police, elle rencontre l’avocat de Winkler qui l’engage comme enquêtrice. Il lui dit que le corps de Clotilde a été amputé de ses organes vitaux. La police voit en Winkler le suspect idéal, Mona doit donc trouver le coupable pour qu’il soit libéré. Mais est-il vraiment aussi innocent qu’il le dit ?

Tout le roman repose sur le personnage de Mona Cabriole. Cette jeune femme moderne à la recherche de l’amour mais qui ne veut pas s’engager, qui n’est pas jalouse mais exclusive, et qui boit pour oublier ou qui se jette à corps perdu dans le boulot pour ne pas retrouver son lit trop froid. Par rapport aux épisodes précédents, cela me semble être du classique mais je ne les ai pas tous lus pour être plus affirmatif.

Quant aux autres personnages de l’histoire, son amie Clara est quasi absente et donc se retrouvent au premier plan l’avocat de Winkler et les différents membres des groupes de rock. Et là, on aurait aimé plus de face à face avec Winkler. Ceci dit, l’intrigue est bien ficelée, dévoilant le meurtrier un peu tôt à mon goût, mais cela se lit avec plaisir.

Enfin, j’ai trouvé le style agréable, avec une utilisation des mots qui cherche avant tout l’efficacité et la rapidité, comme le fait que les chapitres soient courts. Tout est fait pour donner de la célérité ou du moins une impression de vitesse, ce qui colle bien avec le sujet, puisqu’il faut sortir Winkler de prison rapidement étant donné ses tendances suicidaires. Onzième parano s’avère un roman bien agréable à lire au moment où les températures en soirée nous poussent à lire de bonnes histoires policières sans autre prétention que de raconter une hsitoire.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 19:30

Grande morilleEt allez hop ! Un nouvel auteur à découvrir, une nouvelle maison d’édition à rajouter sur ce site, c’est le genre de lecture où on part dans le noir les yeux fermés. Et ça change des romans noirs standards !

 « L'aube se lève à peine sur les collines liégeoises. Le ciel, rose bonbon, est crotté de minuscules nuages bleu marine. Le coq chante une troisième fois et la rue Sainte-Walburge s'anime soudainement : d'un coup, la boulangerie est pleine à craquer, une file de quinze mètres se forme sur le trottoir, tout ça pour des petits pains. De l'autre côté de la chaussée, un fort gaillard de fromager lève le volet d'acier de sa boutique ; il éructe des insanités sur le monde et sur l'état du monde. Marzi, les bras encombrés d'un énorme paquet, lui fait un signe de tête. «Salut, Micheline !» Le marchand de frometon n'a pas l'air de trouver la formule à son goût ; il n'émet cependant aucune protestation verbale. »

Quand je ne sais pas comment résumer un livre, je commence par les premières phrases. C’est en fait l’histoire de Marzi et Outchj, qui sont de petits mafieux et qui n’ont pas peur de consommer des drogues ou tuer la moindre personne qui les gêne ou les énerve. Marzi est clairement un psychopathe énervé et Outchj un obsédé sexuel stressé. Leurs aventures sur 3 jours vont nous faire rencontrer des gens aussi divers et déjantés que des militaires débiles, des vieux grabataires adeptes de substances illicites ou bien des prostituées au grand cœur. Tout cela pour une chasse aux champignongnons mémorable.

Le moindre que l’on puisse dire, c’est que ce roman est drôle, hilarant pourvu que l’on accepte de rire de tout (mais pas avec tout le monde). Le but est de faire une gigantesque blague, avec le style à l’appui, avec les situations burlesques et des dialogues de mauvais aloi. Tout y est décalé, à prendre au deuxième degré, avec beaucoup d’argot, de bonnes phrases, et je dois dire que je me suis bien fendu la poire tout au long du livre.

Les personnages sont tous sans exception des décalés, des tarés, des ramollis du bulbe, des démoulés trop tôt. Ça court dans tous les sens, ça flingue à tout va et pour se calmer, on se fait un chien ou une vieille. C’est inconvenant, irrévérencieux, bourré d’humour noir crade avec juste le décalage qu’il faut que l’on rie plutôt que l’on soit effrayé.

Alors, évidemment, on pense à San Antonio pour le style imagé et délirant, mais dans le genre trash et grossier voire en dessous de la ceinture. Et c’est une belle référence, qui me semble méritée. Il faut juste savoir que les chapitres sont alternés entre le vendredi et le dimanche, et que le narrateur change ce qui peut être déstabilisant. Après, ce n’est que du bonheur, pourvu que l’on soit un peu dérangé de la tête, et ce roman s’avère un moment très divertissant.

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 19:30

mortelle hotesseVoici un nouvel auteur à ajouter à la liste des bonnes découvertes de Black Novel, un bon roman divertissant pour un bon moment de lecture avec de nombreux rebondissements.

Dans un TGV qui relie Paris à Londres, un homme obèse aborde une jeune femme. Ce qui peut paraître pour une vague tentative d’un plan drague éculé s’avère plus mystérieux. Il lui annonce qu’elle s’appelle Nora Katz, travaille pour Healthylived Technology, et lui annonce que son père, qui était à l’hôpital Estivaux, se trouve en fait à Anvers.

Richard Meyer, qui travaille pour une agence sanitaire privée, éconduit le malotru et rejoint Nora. A l’arrivée à Londres, l’homme obèse qui s’appelle Jean Louis Gropparello, est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il était équipé d’un pacemaker dernière génération qui aurait du sonner.

Meyer est justement à la recherche de Humbert Katz, le père de Nora, disparu depuis deux ans. Ils se revoient un soir et elle lui explique que son père sort du coma, et qu’il est immuno-résistant à un virus appelé La cécité des diamantaires qui frappe particulièrement Anvers, la capitale des diamants. Les victimes en deviennent rapidement aveugles. Meyer va donc essayer de comprendre qui a tué Gro, tout en poursuivant Nora dans l’espoir de retrouver son père. Il va avoir affaire aux plus grandes multinationales, celles qui combattent les virus mais aussi celles qui fabriquent des détecteurs de virus (sic !), passant par le commerce des diamants.

Pour vous donner envie de lire ce roman, je commencerai par une comparaison : Imaginez qu’un grand auteur (américain ou autre) se mette à situer son thriller en Europe dans le monde de la haute technologie, et qu’il soit écrit avec un style très littéraire. Car, et ce n’est pas une insulte, c’est un roman qui passe d’un pays à l’autre, d’un personnage à l’autre, d’une piste à l’autre pour le plus grand plaisir de lecteurs avides de voyages, d’intrigues et de complots diverses.

Les personnages sont agréables et plaisants à suivre, et en particulier Meyer, habitué à nager en eaux troubles et qui n’a qu’une obsession : remplir sa mission pour le bien de l’humanité. Et l’intrigue est construite comme une chasse au lapin qui est poursuivi par le loup qui est poursuivi par des chasseurs. On voyage de Paris à l’Angleterre en passant par le Portugal ou la Belgique, entre autres.

Et puis la vision que nous montre l’auteur est un peu l’image que l’on peut en avoir aujourd’hui. Tout le monde s’occupe de tout, tout le monde a des raisons de se plaindre, et les grandes entreprises cherchent à s’entretuer (ici, c’est à prendre au premier degré), créant des virus dont ils ont déjà le vaccin pour faire plus d’argent. En plus, on apprend plein de choses sur le monde de la génétique, des diamants, des virologues.

Bref, ce roman est une bonne surprise, surtout que je ne m’attendais pas à cela. Je pensais à un roman d’enquête classique avec son lot de poursuite, et j’y trouve un roman complexe et intelligent, par moments un peu long à lire, mais toujours intéressant à suivre avec son lot de fous du pouvoir, de fous d’argent et de loufoques en tous genres.

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 10:08

Le coucours des deux ans est terminé ...

Comme il y a eu peu de participants, j'ai décidé de rajouter un lot de consolation.

La grande gagnante est GRIDOU

Elle remporte Le Mur, Le Kabyle et le Marin de Antonin Varenne

 

Le lot de consolation revient à LYSTIG qui remporte un roman surprise.

 

Merci à tous pour vos encouragements.

Pour les 2 gagnants, merci de me faire parvenir vos adresses via mon adresse mail (indiquée sur la première page du blog).

 

A bientôt

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 19:30

savagesVoici le dernier Don Winslow, que l’on ne présente plus. Il reprend des thèmes déjà vus dans ses précédents livres et c’est une vraie bombe.

Ils sont trois, trois amis, trois amants, vivant en Californie. Il y a Ben, l’humaniste, non violent, qui créé des organisations humanitaires pour sauver des victimes de torture, des femmes violées, des persécutés dans des pays étrangers. Il y a Chon, la bras armé, celui qui flingue à tout va, car il n’y a pas d’autres solutions parfois. Et puis il y a Ophélie, dit O, une jeune femme intelligente et jouisseuse de la vie. Tous trois ont une petite « entreprise » de trafic de drogue.

Chon a fait la guerre en Irak et en Afghanistan. Outre son désir de survivre, il a ramené de là bas des graines de pavot. Avec Ben, qui a fait des études de botanique, ils inventent une nouvelle graine qui donne lieu à la meilleure drogue que l’on connaisse : l’Hydro. Chon se débarrasse des concurrents dans le domaine et leur petit boulot marche du tonnerre.

Jusqu’au jour où le Cartel de Baja décide de mettre la main sur leur business. Ils leur envoient une lettre de sommation dans laquelle les conditions sont claires :

1-     Vous ne vendrez pas votre hydro au détail

2-     Nous vendrons votre hydro au détail

3-     Vous nous vendrez toute votre hydro, au prix de gros

4-     Sinon …

Suit une cassette vidéo avec des horreurs qui font réfléchir. La bataille va s’avérer bien difficile face à un cartel prêt à toutes les horreurs.

290 chapitres. C’est ce que compte ce roman hors norme. Ces chapitres sont presque des paragraphes, écrits avec justesse et rapidité. Ça va à cent à l’heure mais cela ne suffirait pas à faire un bon roman, un grand roman, un gigantesque roman. Pour cela il en faut un peu plus. Eh bien, ce roman a tout et va intéresser et passionner tout le monde.

Tout d’abord il y a les personnages, dessinés par quelques chapitres, mais tellement vivants. Ce sont de vrais salauds et pourtant on a de l’affection pour eux. On dirait des chiens lancés dans un jeu de quilles, de gentils nounours au milieu d’une meute de loups. Avec Ben, droit dans ses bottes, pacifiste jusqu’au bout des ongles, non violent et bienfaiteur du monde entier, c’est le gentil extrême. Avec Chon, l’ancien militaire ayant connu toutes les horreurs du monde contemporain, c’est un beau portrait de réaliste. Avec O, on o un des plus beaux portraits de femme fatale, amoureuse, sexuelle, le standard de la femme parfaite.

Et puis il y a le style. Outre les chapitres courts, le style va vite. Les lieux, les actions, les caractères sont décrits avec le juste nécessaire. La priorité est à l’action avec toujours cet humour très noir, très blanc, très drôle, ces petites phrases, ces expressions, ces faux proverbes qui ajoutent le grain de sel et qui ajoutent à notre énorme plaisir de lecture. Et on sourit, on rie tout le temps, même quand il se passe des horreurs, même si le rire se transforme petit à petit en sourire, même si à la fin, le contexte prend le dessus sur l’humour pour nous rappeler la cruauté de l’intrigue, et celle du monde.

Car au travers d’un polar speedé, il y a aussi la démonstration du trafic de drogue, de la responsabilité des Etats-Unis dans ce marché parallèle, qui est devenu part intégrante de la société actuelle par des erreurs répétées des différents gouvernements. Don Winslow nous assène ces vérités à nouveau comme il l’avait génialement fait dans La Griffe du Chien. C’est le petit plus qui en fait un grand roman, qu’on ne peut lâcher tant c’est bien fait, bien écrit, passionnant, du grand art !

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 10:00

Cette réplique, elle vient des guignols de la grande époque, et elle restera longtemps dans la tête de ceux qui ont vécu cette époque. Tout ça pour vous dire que …

Black Novel a maintenant 2 ans. C’est devenu un garçon, un grand garçon, qui essaie de vous donner des idées de lecture dans le domaine du polar.

Ecrire un article un premier mai ne devrait pas être permis, et pourtant c’est bien parce que c’était un jour où je ne savais pas quoi faire que j’ai commencé.

Depuis, j’ai augmenté mon rythme de lecture, découvert plein de nouveaux auteurs, exploré pleins de nouveaux univers, conversé avec des auteurs tous très sympathiques, et je l’espère permis à certains d’entre eux de vendre un peu plus de livres. Et puis, on rencontre virtuellement de nouveaux amis blogueurs.

Cette année, j’ai créé une rubrique dédiée exclusivement au roman de format de poche, car il est des romans qu’il ne faut pas oublier. La publication est prévue le vendredi à midi pour une idée de lecture pour le week-end.

De nouveaux liens de copains blogueurs sont ajoutés, en général une fois par trimestre, pour avoir de nouveaux avis, de nouvelles idées.

Alors je vous adresse un grand merci à vous, qui passez lire mes notes de lectures, que ces billets vous aident dans vos choix, qu’ils vous donnent envie de lire et que vous donniez envie de lire à vos proches.

Pour fêter cela, je vous propose un petit jeu avec un cadeau à gagner (payé sur mes deniers). Vous devez trouver le nom de mon auteur favori, toutes nationalités confondues. Pour cela, envoyez moi vos réponses par un petit commentaire ou sur mon mail indiqué sur la page d'accueil. Après un tirage au sort effectué par ma fille, j'aurais le plaisir de vous envoyer un exemplaire de mon dernier coup de coeur : Le mur, le kabyle et le marin de Antonin Varenne, dont la critique est . Bonne chance ! Un petit indice peut-être ? C'est un auteur américain qui était en visite en France, récemment  et dont je n'ai pas encore lu le dernier roman. La date limite de participation à ... euh ... disons dimanche 8 mai à midi. Et il n'y a qu'un seul exemplaire à gagner car ma bourse n'est pas illimitée.

Bon, ce n’est pas tout ça, mais une troisième année vient de démarrer et ce n’est pas en devisant sur des banalités que ça va avancer. Je vais me payer un bon apéritif, et une super bouteille de vin pour fêter ça. A votre santé à tous. Et comme j’aurais trop bu, il n’y aura pas d’articles ce soir ! C’est fête !

Alors, n’oubliez pas le principal : lisez.

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 19:30

Sang des pierresAprès L’heure trouble et L’écho des morts, voici le troisième roman de Johan Theorin, dont les caractéristiques tiennent en un mot : Atmosphère. Celui-ci n’échappe pas à la règle.

Nous sommes sur l’île d’Öland, pendant les vacances de Pâques. La fonte des neiges est en cours et la nature reprend ses droits. Gerloff Davidsson, 83 ans, vient de voir mourir de vieillesse un de ses amis, l’ancien gardien du cimetière Torsten Axelsson. Alors, comme il pressent sa fin proche, il décide de revenir chez lui. Il décide donc de quitter la maison de retraite pour revenir chez lui, où il va apprécier le temps qui passe et lire enfin les carnets intimes de sa femme.

Comme le printemps arrive à grands pas, de nouveaux Suédois arrivent pour s’occuper de leurs riches résidences. Gerloff va donc avoir l’occasion de rencontrer de nouveaux voisins. C’est le cas de Max et Vendella Larsson. Vendella connaît bien la région pour y avoir passé son enfance et aime à faire revivre les légendes des Elfes et des Trolls. Max est plutôt un homme taciturne et secret qui prépare un livre de recettes de cuisine et prépare de futures conférences.

Vendella adore le footing et va courir avec Peter Mörner qui vient d’arriver lui aussi. Il a repris la maison de son oncle Ernst Adolfsson, l’ancien tailleur de pierres. Peter vient sur l’ile avec sa fille Nilla gravement malade et son fils Jesper, qui passe son nez plongé dans sa Game Boy. Lorsqu’un incendie ravage les entrepôts de son père Jerry, Peter doit aussi loger ce dernier, qui n’est autre que le propriétaire d’une entreprise de revues pornographiques.

Encore une fois, Johan Theorin prend la cadre de l’île d’Öland, et encore une fois, il imagine de toutes pièces le village où se déroule l’action. Action ? Euh pardon. Johan Theorin n’est pas spécialement connu pour faire des romans d’action. Et d’ailleurs l’intérêt n’est pas là. Dans ce roman, qui est situé au printemps, il ne peut pas déployer son talent à faire vivre des paysages mystérieux.

Qu’à cela ne tienne ! il parsème l’histoire des légendes entre les Elfes et les Trolls, les gentils et les méchants. Il parait qu’ils se partageaient l’île, et qu’ils se sont combattus à un endroit situé près de la carrière de pierres, ce qui a donné à la pierre une couleur rouge sang. Vendella, l’un des personnages de cette histoire a vécu son enfance sur cette île, et elle a toujours vécu en compagnie des Elfes, faisant de ces histoires une part de son passé.

Les personnages sont d’ailleurs ceux qui font avancer l’intrigue. On retrouve avec énormément de plaisir Gerloff, ce qui me manquait dans la précédente enquête, mais aussi Peter, un beau portrait de père dépassé par les événements, obligé de se confronter au passé de son père et d’assumer l’héritage bien peu glorieux que celui-ci lui laisse.

Alors, oui le rythme est lent. Mais les scènes, décrites dans des chapitres courts, s’enchaînent avec une logique implacable, pour faire avancer une intrigue qui peu à peu s’enfonce dans des abîmes qui font une telle opposition avec la beauté du printemps. Et l’on est d’autant plus surpris quand Johan Theorin nous jette à la figure une scène choc : on est tellement bien installé dans notre confort que cela nous frappe d’autant plus fort.

Ce troisième tome m’a semblé à la fois très différent des deux autres, et avec tant de ressemblances aussi. Car il y a tant de maîtrise dans les descriptions de la vie de tous les jours, tant de facilité à passer d’un personnage à l’autre, tant de fluidité dans l’écriture, que c’est un vrai plaisir à lire. Mais rappelez vous bien, que si vous cherchez un roman avec de l’action, ce roman n’est définitivement pas pour vous.

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 19:30

le mur le kabyle et le marinPutain, deux ans ! Comme disaient les Guignols de l’info. Deux ans que je l’attends, ce roman de Antonin Varenne. Deux ans, depuis le choc Fakirs et le premier coup de cœur de Black Novel. Eh bien, le voici ! Et c’est un coup de cœur … encore !

Avril 2008. Combat de boxe sordide entre un jeune homme d’une vingtaine d’années et un autre boxeur de quarante ans. Le combat est âpre, difficile entre Gabin le jeune et Georges Crozat le flic, dit le mur. On l’appelle comme cela car il sait encaisser. Il est patient, prend les coups, et surveille les faiblesses de son adversaire. Il reçoit d’innombrables coups, les supporte mais aime ça. Puis, au cinquième round, Gabin est fatigué, baisse sa garde, et Le Mur le cueille d’un uppercut magistral : KO

A la fin du match, Paolo, son entraîneur, est fier de lui, même s’il aurait préféré qu’il attende le sixième round pour le descendre. Se pointe alors le Pakistanais, qui lui propose un marché : tabasser des mecs pour une bonne somme, tout cela sans risque, pour venger quelques cocus. Le Mur refuse puis finit par accepter cette manne qui va lui permettre de se payer quelques putes supplémentaires. Un bristol glissé dans sa boite aux lettres, le nom de la future victime et voilà Crozat devenu le poing armé de la pègre. C’est le tour de Dulac puis de Brieux puis de deux autres hommes, jusqu’à ce qu’il croise le chemin de Bendjema, qui va lui ouvrir les yeux.

1957. Verini est un jeune homme issu d’une famille d’ouvriers. Son père lui a dit : « casse toi, ne viens pas travailler à l’usine ». Alors, il s’applique pour ses études de dessin industriel puis s’engage dans l’armée. Avec l’aide du piston du père de sa petite amie, il est envoyé en région parisienne. Mais le coup de piston a un prix : il ne doit pas revoir sa copine. Il refuse alors l’autorité et reçoit sa punition : la mesure disciplinaire est de l’envoyer en Algérie, en plein cœur du conflit.

Après le choc Fakirs, attendez vous à une deuxième rafale, toute aussi puissante. Et là où Antonin Varenne montrait notre société avec une enquête sur un jeune homme qui se transperçait pour son public, cette fois ci, il nous oblige à regarder ce que beaucoup ne veulent pas se rappeler : la guerre d’Algérie. Entre les entraînements et les images de propagande, tout est bon pour monter les gentils Français contre les méchants Algériens. Puis, ce sont les descriptions des DOP (les Dispositifs Opérationnels de Protection), cette institution de torture des ennemis. Et, encore une fois, l’auteur nous décrit cela au travers de Verini sans prendre position, ce qui en rajoute encore dans notre imaginaire à nous, lecteurs. « La guerre ne forme pas la jeunesse, elle la viole ».

Et puis, on a encore affaire à de beaux portraits d’hommes entre Crozat, ce policier municipal, « même pas policier », boxeur bientôt à la retraite, désespérément seul, qui aime la douleur, qui est vide comme une baudruche, qui est bigrement attachant aussi. Brahim Bendjema, un vieil algérien qui a tout vu, tout connu et qui trouve la bonne raison au bon moment pour se venger, essayer de créer un semblant de justice, et Verini, ce jeune homme devenu un homme vide, une victime dans le clan des gagnants / perdants marqué à vie et qui veut juste oublier.

L’ambiance est lourde, glauque, violente, malsaine, avec toujours cette qualité pour les dialogues. Par contre, j’ai l’impression d’une grande progression dans l’utilisation de la langue, une volonté de ne pas en rajouter, mais de trouver les mots justes, les verbes qui frappent. C’est un roman que j’ai lu lentement, buvant chaque mot, avalant chaque phrase de peur de rater un moment ou une expression important. C’est le roman de la maturité pour Antonin Varenne, le roman qui ne se lit pas comme on lirait un thriller mais qui se déguste comme un verre de cognac : doucement mais avidement, avec un goût âpre et inoubliable sur la fin. Bienvenue dans l’horreur, celle qui fait mal aux tripes.

La dernière page du livre est un hommage de l’auteur pour son père, ce père qui a connu ces horreurs, qui a tout caché jusqu’à dévoiler quelques bribes du passé avant de mourir. De cette page, avec cette page, le roman prend un tout autre éclairage, devient d’autant plus éblouissant, plus lourd à porter aussi. Votre père peut être fier de vous, M.Varenne.

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Published by Pierre faverolle - dans 2011
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