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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 19:30

Monstre sacréUn nouveau Westlake, c’est un petit bonheur malgré sa disparition fin 2008, c’est l’assurance de lire un bon polar avec de l’humour noir et de l’ironie au programme. Celui-ci ne fait pas exception à la règle.

Jack Pine est une vieille star du show business. Il se réveille difficilement d’une soirée particulièrement alcoolisée et s’aperçoit qu’il doit respecter ses engagements vis-à-vis de la presse, à savoir répondre à un reporter du magazine People Michael O’Connor. Allongé au bord de sa piscine dans sa propriété de Bel Air, ébloui par le soleil agressif, il va se rappeler sa vie, par des flash-backs successifs.

De sa jeunesse, où il a perdu sa virginité dans les bras d’une vieille gloire du théâtre, occasionnant même sa mort lors d’une partie de jambes en l’air à l’arrière d’une voiture, jusqu’au point culminant de sa carrière avec la remise d’un oscar, puis sa chute, la vie de Jack Pine est indissociable de son ami d’enfance Buddy Pal.

Ce roman fait partie de ce que j’appellerais les romans orphelins. Point de Dortmunder, ni de Parker dans ce roman, mais un personnage de star du cinéma que l’on va adorer détester. Si le début peut surprendre par le sérieux de l’intrigue, le naturel de Donald Westlake revient bien vite au galop. Et je dois dire que l’on a encore droit à de formidables scènes comiques, comme seul Donald Westlake savait les inventer.

Il faut dire qu’il nous a créé un sacré personnage de salaud, prêt à tout pour réussir, dans un monde qui le vaut bien. La critique est acerbe, le ton est plus qu’ironique, franchement cynique. L’intrigue flirte avec la ligne blanche, on se demande comment il va s’en sortir, et c’est à ce moment là que le génie de l’auteur entre en jeu pour nous offrir de superbes pirouettes.

Je ne classerai pas ce roman parmi ses meilleurs, et ce n’est pas non plus par celui-ci qu’il faut découvrir cet auteur. Par contre, les fans vont prendre leur pied, et les autres y trouveront de quoi se divertir. Car, au final, on passe quand même un très bon moment de lecture. Et puis, la fin qui est excellente nous rappelle tout de même que c’est un polar, et que Westlake était un formidable auteur.

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 19:30

Le silence pour preuveA ce jour, j’ai lu tous les romans de Gianrico Carofiglio, et beaucoup aimé ceux qui constituent le cycle Guido Guerrieri. Eh bien, le dernier en date, Le silence pour preuve, ne fait pas axception à la règle.

Guido Guerrieri est avocat pénaliste et atteint maintenant l’age de 45 ans. Il a du déménager de son petit bureau qui le logeait sa secrétaire et lui pour un endroit plus grand. En effet, sa secrétaire poursuit ses études de droit, et il l’a embauchée, d’où l’ajout au personnel d’une nouvelle secrétaire et d’une stagiaire, fille d’un de ses amis. Toujours célibataire divorcé, ses passions sont la lecture, le vélo et la boxe.

Guido est le spécialiste des causes perdues, puisqu ‘il travaille surtout sur des affaires de pourvoi en cassation. Un de ses amis avocats lui présente les parents de Manuella. Cela fait 6 mois que Manuella a disparu, et le juge s’apprête à classer l’affaire, faute de pistes. Ils lui demandent de mener une enquête pour relancer la recherche de leur fille.

Guido va donc s’improviser détective privé, lisant tout d’abord les comptes-rendus des interrogatoires de l’enquête, et décide d’aller interroger les proches de Manuella, qui bizarrement, n’ont pas dit grand’ chose aux carabiniers. Et ce qu’il va découvrir est loin d’être tout rose.

Les aventures de Guido Guerrieri sont un peu comme si je rencontrais un ami. Il vient, et me narre sa vie, ses déboires, ses joies, ses peines, ses soucis, ses espoirs, ses regrets. Gianrico Carofiglio écrit d’une façon tellement fluide, que l’on écoute la voix de Guerrieri, un peu lancinante, toujours positive, un peu renfermée, sans jamais hausser le ton, avec cet humour et cette ironie qui font toujours sourire.

Dans ce roman, Guerrieri est un peu moins « Calimero » que d’habitude, un peu plus seul, et beaucoup plus nostalgique, se remémorant des événements du passé. Il joue au détective amateur pour chercher une jeune femme, et s’aperçoit qu’il ne comprend pas cette nouvelle génération, sa solitude, ses fausses amitiés et son manque d’humanisme.

Alors encore une fois, j’ai passé un excellent moment avec mon pote, et je me languis de notre prochaine rencontre. A bientôt, mon pote !

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 19:30

cauchemar périphériqueSélectionné pour la sélection automnale 2010 de Polar SNCF, ce roman fvient de recevoir le Prix Polar en plein coeur de Paris 2011. C’est un roman très intéressant qui nous montre la vie des gangs de l’intérieur.

Nous sommes en 1991 en banlieue sud de Paris. Les frères Berkowitz règnent sur les trafics en tous genres de la drogue à la prostitution en passant par le racket. Leur commerce a connu son age d’or et commence à être en déclin. Ils se trouvent en effet en concurrence avec Tony le Kabyle, le nouveau caïd, et les Arméniens qui blanchissent leur argent grâce à leurs sociétés de pompes funèbres.

Les Berkowitz se reposent sur leur garde rapprochée qui comportent essentiellement trois hommes : Les nettoyeurs Georges le Gitan et Jo l’Antillais et leur chauffeur Samy. Celui-ci a purgé deux ans de prison pour un braquage pour lequel on l’a balancé aux flics. Il rêve de faire quelque chose de sa vie mais a surtout pour but d’aider son frère Ismaël à réussir à l’école. Le soir, Samy rend visite à ses parents qui ne savent rien de ses activités, et retrouve son frère, dont il sait qu’il est amoureux de Linda, une jeune fille qui se prostitue pour Mario, et qui est impliquée dans un chantage auprès d’un député.

De l’autre coté de la ligne blanche, il y a Prado, un vieux flic véreux et corrompu, qui touche des enveloppes des frères Berkowitz pour éponger ses dettes de jeu colossales. Prado va être obligé de s’occuper du chantage du député sous peine d’être sous les feux d’une enquête de la police des polices, dirigée par un homme sans pitié nommé Froissart.

Karim Madani a beaucoup de courage pour avoir réussi un tel pavé, en faisant une description d’un petit microcosme qui remplit les pages de faits divers de nos journaux. Les personnages sont nombreux du grand caïd à celui qui monte, des tueurs professionnels sans sentiment au député amateur de sado-maso, des trafiquants de drogue aux proxénètes. C’est une belle galerie de personnages fort bien dessinés, que l’on suit au travers de leurs déboires.

Car le ton y est noir, gris, sans espoir, sans sentiment, sans avenir, à croire que toute la société tourne autour de ces truands. La morale y est inexistante, bafouée à chaque page tournée, les sentiments abandonnés au coin de la rue, l’humanité enterrée au fond de la cave. C’est une guerre perpétuelle pour la survie, une guerre de tranchée, comme on peut le lire dans les romans américains, sauf que l’ambiance, les décors, les gens, les quartiers, on les rencontre tous les jours.

Roman impressionnant par son volume mais aussi par son style, sachant varier de la description minutieuse aux scènes de violence, de la mise en situation aux dialogues parfaits, c’est un sacré pavé qui s’avale bien vite, parsemé d’expressions du cru pour ajouter à la véracité. Par moments, il y a des longueurs qui m’ont paru inutiles dans le déroulement du livre, et cela aurait pu être un coup de coeur.

Alors avant de vous lancer dans ce roman, qui en est un car c’est une fiction, vous devez savoir que l’on nage dans le pessimisme noir, que l’atmosphère est lourde, qu’il vous faudra oublier toute idée d’humanisme, ou d’espoir. C’est un roman noir brut, cru, dense, violent, impressionnant, dont vous ne sortirez pas indemne, comme un cauchemar, comme un voyage en enfer.

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 19:30

Armée furieuseCela faisait un bout de temps que je n’avais pas fait d’incursion dans le monde de Fred Vargas. La sortie de son dernier roman en date, L’armée furieuse, au titre alléchant m’a permis de constater que Fred Vargas n’a rien perdu de son talent, bien au contraire.

Le commissaire Adamsberg doit résoudre une affaire pour le moins étrange. Un retraité, Julien Tuilot, contacte à propos de la mort de sa femme. Celui-ci accuse les rats d’avoir tué sa femme. Ce sont deux rats qui s’appellent Toni et Marie, qui cohabitent avec la famille Tuilot. Adamsberg dénoue bien vite les fils de cette histoire et découvre que ce retraité a étouffé sa femme en lui enfonçant de la mie de pain dans la gorge.

Revenu au commissariat, Valentine Vendermot, une vieille dame l’attend. Celle-ci vient lui apprendre qu’elle a vu l’Armée Furieuse du seigneur Hellequin. C’est une vision de morts vivants qui apparaît de temps en temps, avec dans ses filets des visages de gens qui vont bientôt mourir. A la suite de cette vision, les morts commencent à tomber à Ordebec dans le Calvados.

En parallèle, Adamsberg doit apprendre à être père, puisque son fils Zerk vient de débarquer, résoudre une affaire où une Mercedes a brûlé dans laquelle Antoine Clermont-Brasseur, grand ponte de l’industrie française est retrouvé mort, et trouver qui s’amuse à attacher les pattes des pigeons pour les faire mourir à petit feu. Autant dire que Adamsberg et son équipe ont du pain sur la planche.

Quoi de neuf, depuis que j’ai délaissé Fred Vargas ? Eh bien, l’histoire part dans tous les sens sans que le lecteur se sente perdu, le style est d’une fluidité exemplaire avec des dialogues très bien faits, ça se lit à une vitesse foudroyante parce qu’on n’a pas envie de lâcher ce bouquin, les fausses pistes sont multiples et les déductions du commissaire inénarrables.

Et puis, il y a les qualités que j’adore chez Vargas : cet humour froid, distant et légèrement décalé, ces quiproquos qui viennent vous arracher un sourire, cette absence de violence et ces personnages sympathiques que l’on abandonne avec tant de regrets. Fred Vargas a du succès ? Eh bien c’est non seulement normal mais mérité. Sans vraiment me surprendre, j’ai passé, avec ce roman, un très bon moment avec Adamsberg, comme des retrouvailles entre vieux amis. Ce roman donne un vrai plaisir de lecture et le seul reproche que je ferais, c’est que ça se lit trop vite malgré ses 425 pages.

 

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 10:00

Il est sorti depuis le 29 juin, disponible dans toutes les bonnes librairies. Ce n’est pas une revue, ce n’est pas un livre, c’est un Mag-Book. Et il ne parle que de polar et de faits divers. Il coûte 15 euros et ça parle de ça :

 

Alibi-3.jpgÀ LA UNE : l’Été meurtrier… le polar près de chez vous. Enquêtes à Marseille, Bordeaux, Lille, en Bretagne ou encore en Martinique…

GARDE À VUE : Bertrand Tavernier révèle bien plus que ses secrets de tournage.

PROFILAGE : Robert K. Wittman, ex agent du FBI spécialisé dans le trafic d’art.

INSTRUCTION : Mon homonyme est un tueur… un sujet glacial pour l’été…

ARCHIVES : Agatha Christie. La reine du crime.

HÔTEL DE POLICE ou l’interrogatoire d’un politique : Vincent Peillon.

AVEUX : Akhénaton. Le Rap façon polar.

RECONSTITUTION: La (vraie) chute d’Eliot Ness.

PORTFOLIO : La Bande à Bonnot.

 

La magnifique idée de ce numéro est d’avoir fait parler nos régions. Voici donc un petit Tour de France du polar, qui met en avant soit les histoires de la mafia (pour Marseille) soit un gros plan sur l’activité littéraire noire (pour la Bretagne entre autres).

Si l’on ajoute à cela, des articles toujours très bien écrits, et des interviews très bien faites (mais un peu courtes, sauf pour celle de Bertarnd Tavernier à ne pas rater), et que pour finir, vous avez des critiques de romans qui ne parlent pas que des best sellers (et qui donnent envie d’acheter des livres), de jeux videos, de films en DVD ou de documents, je ne vois pas comment vous allez résister.

Ce numéro est donc comme les autres : super bien fait, passionnant à lire. Il confirme que cette revue, euh pardon, ce livre, euh, bref, qu’il faut le lire pour toute personne aimant le polar. Et puis avec cette couverture, vous ne serez pas ridicule sur la plage !

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 19:30

La nuit la plus longueJe n’avais jamais lu de James Lee Burke. Pourtant, à force de fréquenter les blogs amis, après tous les conseils pour débuter dans son univers, j’ai finalement choisi le dernier en date : La nuit la plus longue.

Eté 2005, Katrina vient de dévaster la Nouvelle-Orléans. L’effet sur cette région est comparable à ceux de la bombe de Hiroshima. Les maisons sont détruites, la plupart du pays est inondé, les oiseaux cherchent un endroit où se poser, les vaches pourrissent dans les champs et on ne compte plus le nombre de morts. Dans cette atmosphère post-apocalyptique, la ville est aux mains des pillards qui cherchent par tous les moyens à récupérer de l’argent dans les habitations abandonnées.

Otis baylor fait partie de ceux à qui la vie a souri, jusqu’à ce qu’un drame survienne : sa fille Thelma fut violée et brûlée à la cigarette deux ans auparavant. Alors qu’ils contemplent les dégâts de Katrina de chez eux, Ils voient un bateau avec 4 jeunes hommes noirs à bord, et Thelma reconnaît en certains d’eux ses violeurs et son père s’en aperçoit.

Justement, ce sont 4 pillards qui reviennent du vol de la maison voisine, celle de Sydney Kovick, le mafieux local, spécialiste en fausse monnaie et prostitution. Alors qu’ils sortent de ce quartier de riches, une balle tue sur le coup le jeune Kevin Rochon et en laisse  Eddy Melancon paraplégique. Son frère Bertrand Mélancon a peur des représailles. Dave Robicheaux, envoyé en renfort hérite de cette affaire par hasard et devoir se coltiner le FBI aussi et un psychopathe pour le moins inquiétant.

Ce roman constitue ma première incursion  dans le monde de James Lee Burke. Et je comprends (enfin !) pourquoi tout le monde me dit que c’est super. Le personnage de Dave Robicheaux à lui seul vaut le détour. C’est un flic qui, quand il prend une affaire, ne la lâche pas avant la fin. Il est un fin psychologue et connaît la région et ses gens sur le bout des doigts. C’est un vrai plaisir de le suivre dans cette aventure, un peu comme si on suivait le guide dans un musée, en l’occurrence le musée des horreurs.

Car après l’ouragan Katrina qui a frappé la Nouvelle Orléans à la fin de l’été 2005 n’a laissé derrière lui que désastre et désolation. Robicheaux s’inscrit comme le témoin de cette catastrophe, décrivant à la fois les ravages avec des scènes hallucinantes mais aussi les réactions après le passage de l’ouragan. Et là où on pourrait penser que les Américains se serreraient les coudes pour s’en sortir, c’est l’inverse qui se produit. Chacun se terre chez lui, se munit d’armes pour se protéger des pillards, tirant au hasard ou pendant des noirs (qui sont forcément coupables.

Robicheaux est un homme en colère qui nous narre, en parallèle de ses enquêtes, car sa ville, sa région sont en miettes et les autorités ne font rien. Les assurances remboursent ceux qui savent le mieux se débrouiller voire ceux qui ont les bonnes relations. Ceux qui trinquent sont toujours les mêmes, ce n’est pas la peine de vous faire un dessin. Une narration exemplaire avec des dialogues extraordinaires, des personnages humains et inhumains, cette première incursion dans le monde de Dave Robicheaux va m’obliger à y retourner bien vite !

 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 19:30

Ça y est ! c’est parti, la saison 12 de Polar SNCF est lancée. C’est sur le site www.polar.sncf.com. Pour connaître les polars en compétition, la sélection estivale se retrouve en cliquant sur polars en compétition. Evident, vous allez me dire ? Que nenni ! Le titre du site est resté bloqué sur 11ème édition de Polar SNCF. Il faut le savoir.

Les règles ont changé. Finies les 2 listes de polars français et européens. Place à une seule liste de 6 polars, de laquelle sortira un seul polar pour la finale. Vous avez jusqu’au 29 septembre 2011 pour voter. La liste de la sélection est donc :

 

Les visages écrasés de Marin Ledun (Seuil)

Visages-ecrases.jpg«Le problème, ce sont ces fichues règles de travail qui changent toutes les semaines. La tension permanente suscitée par l’affichage des résultats de chaque salarié, les coups d’œil en biais, les suspicions, le doute permanent. La valse silencieuse des responsables d’équipes, toujours plus jeunes et plus inflexibles. L’infantilisation, les sucettes comme récompense, les avertissements comme punition, les objectifs inatteignables. Les larmes qui coulent pendant des heures, une fois seul, mêlées à une colère froide qui rend insensible à tout le reste. Les injonctions paradoxales, la folie des chiffres, les caméras de surveillance, la double écoute, le flicage, la confiance perdue. La peur et l’absence de mots pour la dire.Le problème, c’est l’organisation du travail et ses extensions. Personne ne le sait mieux que moi. Vincent Fournier, 13 mars 2009, mort par balle après ingestion de sécobarbital, m’a tout raconté. C’est mon métier, je suis médecin du travail. Écouter, ausculter, vacciner, notifier, produire des statistiques. Mais aussi : soulager, rassurer. Et soigner. Avec le traitement adéquat. »

 

Le jeu du pendu de Aline Kiner (Liana Levi)

Jeu-du-pendu.jpgDécembre 2004. Le commandant Simon Dreemer est muté au SRPJ de Metz. A peine a-t-il débarqué de Paris, qu’une gamine de dix-sept ans est retrouvée morte au fond d’une crevasse dans un village des environs, une corde savamment entortillée autour du corps. Le lendemain, un curieux assemblage de brindilles est découvert dans le cimetière du village, au pied du Dieu Piteux, un Christ en croix ligoté comme on en trouve en Lorraine. C’est précisément à cet endroit qu’en 1944 un groupe de Résistants a pendu un homme soupçonné d’avoir collaboré. Accompagné du lieutenant Jeanne Modover, une enfant du pays,  Simon Dreemer découvre un paysage en apparence paisible mais qui renferme bien des failles. Tous les deux devront sonder les âmes et les souvenirs des « gueules jaunes », ces anciens des mines de fer malmenés par l’Histoire. Lesquels des fantômes de la guerre ou de la mine sont revenus pour tuer des adolescentes ?

Avec une parfaite justesse de ton, Aline Kiner évoque l’histoire de toute une région et recrée l’atmosphère oppressante d’un petit village de Moselle qui a réussi à enfouir ses secrets.

 

Rouge gueule de bois de Léo Henry (La volte)

rouge-gueule-de-bois.jpgTucson, Arizona. Été 1965. 

Fredric Brown, cinquante-huit ans. Écrivain. Myope, asthmatique, cacochyme. Aime les privés en imper, la gaudriole et les aliens narquois. N'a pas tapé une ligne depuis des mois. Alcoolique. 

Roger Vadim, trente-sept ans. Réalisateur. Trois mariages, deux divorces, quatre compagnes. Aime la vitesse, les liqueurs fortes, les filles toutes nues. Vit avec Barbarella. 
De la rencontre des deux hommes germe le plan d’un crime parfait. Mais le destin est contrariant, et c’est une course-poursuite déglinguée qui s’engage, des hauts du Nouveau-Mexique aux déserts de Basse Californie.

 

Avant d’aller dormir de Steve J.Watson (Sonatine)

Avant-d-aller-dormir.jpgÀ la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé. et sur son présent.

 

Le poète de Gaza de Yishaï Sarid (Actes Sud)

poete-de-gaza.jpgDans le but de stopper une nouvelle vague d’attentats suicides, un agent des services secrets israéliens spécialisé dans les interrogatoires musclés se voit confi er une mission particulière par le Mossad : il doit attirer en terrain neutre le haut responsable d’un réseau terroriste. Son appât : le père de ce dernier, un vieux poète vivant à Gaza, ancien militant des mouvements pour la paix.

 

 

 

 

 

Rosa de Jonathan Rabb (10-18)

Rosa.jpgTandis que s’achève dans le sang la révolte spartakiste, un tueur en série continue de terroriser les rues de Berlin. Pour le commissaire Hoffner la découverte d’une cinquième victime n’a rien d’ordinaire. Son nom : Rosa Luxemburg. Même mode opératoire, même rituel macabre. L’ombre d’une piste se dessine, mais plus l’évidence s’impose, plus l’ombre devient menaçante...

 

 

 


Votez, votez, votez !

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 10:00

Les excellentes éditions Asphalte nous promettent un roman pour le moins original pour le 8 septembre 2011. Il s’agit de Breakfast on Pluto de Patrick McCabe, qui a été adapté en film par Neil Jordan en 2005.

Quatrième de couverture :

Breakfast-on-pluto.jpgTyreelin, un village à la frontière irlandaise. Patrick est le fils illégitime du curé local. Très jeune, il commence à se travestir et se fait appeler Pussy… À la mort de son amant et protecteur, un politicien victime du conflit irlandais, Pussy part à la recherche de sa mère dans le swinging London des années 1970, se prostituant à Piccadilly Circus pour survivre. Mais sur la capitale anglaise aussi plane la menace du terrorisme irlandais, et Pussy, sans le vouloir, va se retrouver mêlée à un attentat à la bombe dans une discothèque...

Un récit drôle et flamboyant, où la violence et la misère côtoient les paillettes et le glamour, l’appétit de vivre et d’aimer malgré les hasards de l’histoire et de la nature.

Patrick McCabe est né en 1955 en Irlande. Écrivain très populaire dans son pays, au Royaume-Uni et aux États-Unis, il est connu pour son imaginaire baroque où règnent la folie, l’absurdité… et l’humour.

FINALISTE DU BOOKER PRIZE 1998.

ADAPTATION CINEMATOGRAPHIQUE EN 2005 (réalisée par Neil Jordan).

« Une vision impitoyable des réalités irlandaises... Un récit émouvant, raconté avec brio, la comédie humaine dans toute sa cruauté. » Washington Post

« La voix de Pussy est d‘une fantastique impertinence du début à la fin. » Out

« Déjanté, hilarant et diaboliquement intelligent... L’Irlande dysfonctionnelle dans toute sa gloire ! » Irish Sunday Independent

 

 

Les Editions Le Manuscrit/Manuscrit.com et les Librairies Nomades organisent dans le cadre du festival des nuits de l’enclave de Valreas (84) une séance de dédicace le 16 juillet à partir de 10H00 sous les arcades du Château de Simiane. MALVINA TEDGUI y dédicacera son dernier roman : Une indiscrétion :

Quatrième de couverture :

Une-indiscretion.jpgAprès L'écart et Coupable S, Malvina Tedgui signe avec Une Indiscrétion une trilogie policière à travers le personnage emblématique de Rachel,  psychanalyste à la retraite et détective espiègle qui cumule les intrigues à tiroirs et les drames humains.

Un soir, elle découvre près de chez elle, une lettre...et une fillette ligotée: ultime énigme d'une histoire qui la confronte et la condamne.

Pourquoi avoir enlevé cette enfant pour l'atteindre ? Qui peut bien lui en vouloir ?

De Londres à Paris, de l'obscur passé d'un vieillard à l'ambition meurtrière d'une jeune femme d'aujourd'hui, de destins croisés en secrets de famille, de vengeances en jeux macabres, Rachel, complice discrète du commissaire Bion, se lance sur les traces du passé et de la mémoire. Lieu de tous les fantasmes.

Malvina Tedgui, auteur et psychanalyste, a une façon bien particulière et juste de décrypter les fêlures et les mystères de l'existence. Toutes ces ombres qui remontent vers la lumière et ressurgissent comme une fatalité.

A travers une galerie de personnages impeccables et terriblement humains, elle nous entraine dans une véritable épopée de l'intime où les criminels sont ici des gens comme les autres.

Dans cet univers sensible et inquiétant où les morts filent à l'anglaise, Il y a ces héroïnes malgré-elles qui s'inscrivent dans leurs rapports aux hommes et au reste du monde...Il y a surtout Rachel, ce condensé d'élégance et d'imagination qui enquête avec sa bande de complices, sur les crimes inavouables d'une famille en perdition qui se traque à pas de loups. Un polar psychologique incisif et poignant.

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 19:30

Apportez moi Octavio PazVoici un petit roman fort distrayant, édité chez Moisson rouge, une petite maison d’édition qui sort toujours des romans intéressants. En voici donc le sujet :

Le jeune Rogelio est mort accidentellement dans sa salle de bains. C’est en tous cas ce que raconte sa mère aux flics. Le commandant Ojeda qui rêve depuis tout jeune de devenir un grand écrivain, voit là l’occasion d’écrire son premier roman. Il va donc inventer un crime crapuleux, faisant une fausse déposition de la veuve Polkon, qui est bien vite accusée du meurtre de son fils.

Seulement, le commandant Ojeda n’est pas très sur de lui. Alors, il s’arrange pour enlever le poète Octavio Paz pour qu’il écrive, relise et corrige son premier roman. Le célèbre poète voit là l’occasion de voler le livre du commandant et de publier son premier roman.

Afin de bien apprécier ce roman, bourré de références mexicaines, il faut savoir que Octavio Paz a été Prix Nobel de Littérature et que sa veuve a obtenu que ce roman soit retiré des ventes au Mexique. Car il est clair que ce roman a du faire un sacré scandale là bas, tant le ton y est drôle, plein d’humour noir et légèrement déjanté.

Dans ce roman, aux chapitres courts et aux descriptions succintes, tout le monde y passe. C’est la foire aux dénonciations, de fausses preuves fabriquées par les policiers à la course aux unes affriolantes des journaux, tout y passe. Et le ton est résolument décalé, loufoque, sans autre psychologie que les actes des différents protagonistes.

Au bout du bout, c’est bien Octavio Paz qui est visé. Et comme je ne connais pas l’œuvre de ce poète, je ne peux juger de la portée de l’insulte faite avec ce livre. Je ne peux qu’imaginer combien cela a du eu choquer certains, faire rire d’autres. Pour moi, du coup, ce roman fut une bien agréable lecture très drôle.

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 10:00

Les sorties commencent à se dévoiler. Parmi celles qui ont attirées mon attention, il y a celles de Fayard noir dont les quatrièmes de couverture sont alléchantes. Si Seamus Smyth a été chroniqué ici avec Trois accidents et un suicide, le sujet de son nouveau roman semble explosif. Quant à Olivier Bordaçarre, le sujet fait saliver. Les deux romans sortiront le 14 septembre 2011. Faites des économies !

 

La France tranquille de Olivier Bordaçarre

La-france-tranquille.jpgNogent-les-Chartreux, c’est la France d’aujourd’hui.

Clocher sur fond de plaine, centre-ville soigné et périphérie discount, jeunesse désabusée, chômeurs exsangues et minorités trop visibles... Une France morose, minée par la crise et les JT du soir.

La folie d’un tueur met le feu aux poudres et les autorités sortent l’artillerie lourde : contrôles incessants, couvre-feu, patrouilles en treillis. Une politique sécuritaire souffle la peur sur les esprits. Nogent désormais vit la main sur le fusil.

Boulimique et stressé, le commandant de gendarmerie Paul Garand assiste, impuissant, au triomphe de la haine ordinaire. Jusqu’à ce que son fils soit à son tour menacé...

À l’heure de l’économie reine et du repli identitaire, Olivier Bordaçarre dénonce l’enracinement dans les consciences des idées d’une droite extrême et décomplexée. Dans la lignée du néo-polar, il signe le portrait d’une France qui se rêve tranquille et se réveille en plein cauchemar.

 

Rouge Connemara de Seamus Smyth

Rouge-Connemara.jpgIrlande, 1949. Une femme accouche de jumeaux. Trop pauvre pour les élever, la police les lui enlève et les confie à des orphelinats effroyables gérés par l’Église. Sean mourra sous les coups à l’âge de neuf ans, dans ces « goulags irlandais ». Son frère Robert Dock, surnommé « Red » Dock parce qu’il est roux va vouer sa vie à le venger.

La vengeance est un plat qui se mange froid : Red Dock en est le parfait exemple. D'abord, il enlève le dernier-né du policier qui les a retirés à leur mère, confie l’enfant à un orphelinat de bonnes soeurs, dans le Connemara, puis il attend. Vingt ans. Que la petite devienne l’instrument à point de sa vengeance délirante.

Red Dock a tout prévu, sauf que sa route croiserait celle de Picasso, un psychopathe orphelin lui aussi, qui séquestre des femmes dont il peint le portrait moribond...

Après Trois accidents et un suicide, salué comme le manuel du parfait criminel à l’irlandaise, Seamus Smyth met en scène, sur fond de drame social, un personnage ultra-sensible de vengeur implacable et son double psychopathe, deux fruits pourris d’un système corrompu dominé par l’Église. Aussi amoral qu’humaniste, émotions garanties !

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Présentation

  • : Le blog de Pierre Faverolle
  • Le blog de Pierre Faverolle
  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
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