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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 19:30

Rouge ConnemaraDe Seamus Smyth, je garde un bon souvenir de Trois accidents et un suicide, un roman qui, par son humour noir et méchant m’avait fait passer un excellent moment. Dans ce roman, on ne change pas le style avec une histoire liée aux orphelins irlandais confiés à l’église catholique et traités comme des esclaves.

Irlande, 1949. Une femme accouche de jumeaux. Elle est trop pauvre pour les élever et la police les lui enlève pour les confier à des orphelinats effroyables – les « goulags irlandais » – gérés par l'Eglise. Réduits en esclavage, affamés, battus et abusés, les petits souffrent le martyre. A l’âge de neuf ans, Sean, l’un des jumeaux meurt sous les coups. Robert « Red » Dock, son frère, jure qu’il vouera sa vie à le venger. De l’Eglise, de l’officier de police qui les a placés et du reste de sa famille, qui les a abandonnés.

Pendant des années, il médite et organise son implacable vengeance. D’abord, enlever le dernier-né du policier qui les a retirés à leur mère, et confier l’enfant à un orphelinat de bonnes sœurs, dans le Connemara – où la petite, rebaptisée Lucille, connaîtra l’enfer. Puis attendre vingt ans de plus pour faire de la jeune femme l’instrument inconscient de sa vengeance délirante...

Red Dock a tout prévu, sauf que sa route criminelle croiserait celle d’un psychopathe, orphelin à l'enfance brisée comme la sienne. Car Picasso séquestre et torture des jeunes femmes, dont il peint le portrait moribond...

J’ai copié ce résumé sur le site de Fayard, car je l’ai trouvé très bien fait. Comme d’habitude, Seamus Smyth ne fait pas dans la dentelle. Ce n’est pas son genre, il n’a pas de tendresse dans sa narration en stock, son genre, c’est plutôt le bulldozer à base de remarques méchantes et humoristiques, inconvenantes et décapantes. Son personnage de Red Dock n’a pas de sentiment, et n’a pas d’autre but que de se venger et d’y consacrer sa vie.

Clairement, c’est un personnage que vous allez détester, ses pensées vont vous révulser, vous rebuter, peut-être même allez vous refermer le livre ! Mais au milieu de ces chapitres nauséabonds écrits à la première personne, vous aurez droit à des passages plus doux où vous pourrez respirer de l’air pur, ceux consacrés à Lucille (écrits à la troisième personne).

Si le sujet est polémique et mérite que cela se sache, Seamus Smyth a plutôt construit un thriller. Ce qui à mon avis, donne moins de poids à son message, et à sa dénonciation des exactions de l’église catholique. Et quand apparaît le psychopathe, l’auteur s’en donne à cœur joie pour décrire des horreurs mais je pense que le livre n’avait pas besoin de cet artifice. Finalement, d’un roman dénonciateur, Seamus Smyth en a fait un thriller, et j’ai trouvé cela bien dommage. Si je me suis bien amusé, car j’aime bien ces romans où je déteste les personnages, j’aurais tout de même préféré un roman plus engagé et dénonciateur. Mais ce n’est clairement pas le style de Seamus Smyth qui préfère être et rester méchant. Accrochez vous ! C'est tout de même une lecture décoiffante.

Pour être complet, vous devez lire sur le même sujet, mais avec un traitement différent Le martyre des magdalènes du maître Ken Bruen (Folio)

Un grand merci à Lilas et aux éditions Fayard noir. Ce roman sortira le 14 septembre 2011 chez Fayard Noir.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :1977 de David Peace (Rivages noir)

A bientôt.

 

4ème de couverture :

 

Sept. Le chiffre de l'apocalypse.

1977.jpg1977, l'année du Jubilé d'argent de la Reine et de l'Eventreur du Yorkshire.

Nous sommes de nouveau dans la région de Leeds, c'est l'été. Plusieurs prostituées sont assassinées ou victimes d'agressions. Lorsque le sergent Fraser est appelé sur la scène de l'un des crimes, il est pris de panique car il se trouve être l'amant d'une fille de joie de Chapeltown. Il n'est pas le seul. C'est aussi le cas de Jack Withehead, le journaliste arriviste de 1974. Tous deux sont des hommes blessés, hantés.

A mesure que l'on se rapproche des festivités du Jubilé, l'horreur s'amplifie. Quelles vérités le flic et le journaliste réussiront-ils à entrevoir dans un monde dominé par le mensonge et la corruption?

Deuxième volet de la tétralogie du Yorkshire, 1977 est une ode funèbre, une quête désespérée du sens. Malgré sa noirceur, il se dévore d'une traite car l'auteur est, avec Robin Cook, le seul romancier britannique qui ose dépeindre le mal dans ses nuances les plus extrêmes pour réveiller les consciences endormies. David Peace est aujourd'hui considéré comme l'un des talents marquants de la jeune littérature anglaise.
‘‘Un texte qu’on n’est pas prêts d’oublier’’ Marie-Claire

‘‘David Peace raconte l’histoire de l’Angleterre comme James Ellroy ausculta celle de l’Amérique’’ Lire

 

Mon avis :

Ce roman est mon préféré de la tétralogie, car c’est le plus sombre, le plus étouffant et le plus éprouvant. On est en plein été et le style de David Peace y fait merveille. Après l’ambiance glauque du premier tome, place à la chaleur et l’obsession d’un journaliste. L’auteur prend une telle hauteur que ce roman est à mon avis à classer dans les premiers rangs des romans noirs inoubliables. Un incontournable, quoi !

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 19:30

train bleu train noirA force de lire du bien des romans de Maurice Gouiran sur les blogs des copains, il était temps que je commence à en lire un. La sortie en poche de Train bleu Train noir fut une sacrée rencontre, qui va en appeler d’autres. Merci Jimmy !

1943, Marseille : Un train noir se dirige vers le nord avec à son bord plusieurs milliers de gens arrêtés.

1993, Marseille : Un train bleu se dirige vers le nord pour Munich avec à son bord plusieurs milliers de supporters de l’Ohème pour la finale de la coupe des clubs champions contre le grand Milan.

A bord de ce train, trois personnages vont faire le voyage vers Munich pour assister à ce match de football, avec un objectif en tête : tuer un haut responsable Allemand. Robert dit Bert, Michel dit la Miche et Georges dit Jo ont tout prévu, même les pistolets achetés sous le manteau et cachés dans les toilettes du train. Ils ont tous les trois connus ce fameux train noir du 23 janvier 1943, ils ont tous les trois de bonnes raisons de venger ceux et celles qu’ils ont perdu, ils sont tous les trois motivés pour réaliser cette exaction.

Encore une fois, les éditions Jigal ont dégotté un roman coup de poing, que l’on lit à la vitesse de l’éclair et qu’il est indispensable de lire. Car le sujet est de ceux qu’il ne faut pas oublier.  Maurice Gouiran nous rappelle que ceux qui ont participé de près ou de loin à ce massacre ne sont rien d’autres que des criminels. Maurice Gouiran nous démontre que la destruction du centre de Marseille au profit des promoteurs immobiliers est une exaction et que la guerre, dans ces cas là est une bonne excuse pour se faire de l’argent.

Ce roman nous fait revivre à coups de flash-back ces moments, à travers trois personnages qui ont leur propre vie, leur propre expérience, leurs propres cicatrices. Malgré leur age, ils ont gardé une rage, celle des souvenirs douloureux, ineffaçables, et nous retracent ces deux époques, l’une horrible, l’autre heureuse avec leur parlé, leur vocabulaire, leurs sentiments, leurs expressions.

C’est aussi une des grandes qualités de ce roman : nous impliquer, nous plonger dans ces moments. Ça sent la mort dans les convois, la puanteur, le malheur. Ça sent la joie, la liesse, les fumigènes dans les tribunes. Et l’auteur en profite pour nous asséner quelques avis (vérités ?) sur les messages politiques, le rôle des journaux, la règle contemporaine de la gestion d’un pays (Panem et circenses), le besoin de se faire de l’argent à tout prix, le racisme ambiant.

Ne croyez pas que je vous ai dévoilé toute l’intrigue ou tout le déroulement du livre, car la fin réserve une belle surprise, de celle qui font les grands livres, jusqu’à la dernière ligne. Alors, jetez vous sur ce roman, car sa lecture est de celle qui marque, de celle qui sont obligatoire. C’est écrit avec beaucoup de hargne, de rage, de cœur, de sentiment, de honte. Ça frappe fort, ça fait mal mais ça fait du bien.

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 10:00

J’ai décidé de parler de deux actualités qui datent de cet été, pour l’association 813. Cette association propose la promotion de la littérature policière. Elle décerne aussi chaque année son prix 813, et tous les adhérents peuvent (doivent ?) voter. Après un premier tour où chacun peut proposer tous les romans qu’il veut, les romans les plus cités sont confrontés dans un deuxième tour. Pour l’année 2011, les votants devront départager les finalistes suivants :

TROPHEE DU ROMAN FRANCOPHONE OU RECUEIL DE NOUVELLES

Marin LEDUN - Les Visages écrasés [Le Seuil]
Marcus MALTE - Les Harmoniques [Gallimard/Série Noire]
Dominique MANOTTI & DOA – L'Honorable société [Gallimard/Série Noire]
Dominique SYLVAIN - Guerre sale  [Viviane Hamy]
Fred VARGAS - L'Armée furieuse [Viviane Hamy]

TROPHEE Michèle WITTA- ROMAN ETRANGER OU RECUEIL DE NOUVELLES ETRANGERES 

James Lee BURKE – La Nuit la plus longue [Rivages/Thriller]
Jo NESBO - Le Léopard  [Gallimard/Série Noire]
Kem NUNN - Tijuana Straits  [Sonatine]
Ron RASH- Serena [Le Masque]
Don WINSLOW – Savages [Le Masque]

TROPHEE MAURICE RENAULT (essai, étude, article de presse, magazine…)

Revue « Alibi »
Revue « L’Indic »
Revue « Temps Noir »
Bulletin « La Tête en Noir » 
Collectif LES HABITS NOIRS – La Mort des autres [Baleine]
John CURRAN – Les Carnets secrets d'Agatha Christie [Le Masque]

 

Enfin, l’association 813 édite un presque trimestriel et le numéro 110 vient de sortir. Ce qui est remarquable dans ce numéro, c’est d’avoir très longuement donné la parole aux auteurs, dans trois excellentes interviews (Barouk Salamé et Marin Ledun, Jean Marc Souvira) et cela m’a donné envie de les lire. Puis, le dossier Patrick Bard est rare au sens où en plus de l’interview, on y présente son travail et quelques unes de ses photographies. Si l’on ajoute les critiques de livres (j’adore l’affaire Triple S qui se présente comme une nouvelle où on parle de romans), de musique, de BD, et de DVD. A noter aussi l’excellent article sur The Red Riding Trilogy, triptyque télévisuel inspiré de la tétralogie de David Peace. J’allais oublier aussi, en guise de cadeau Last but not least, une nouvelle de Dominique Sylvain. Un très bon numéro en somme.

 

813, c’est aussi un site : www.813.fr où l’on trouve des critiques sur des romans, des informations, et tous les renseignements nécessaires pour s’inscrire, s’abonner à la revue ou bien commander les numéros seuls. Indispensable pour tout fan de polar.

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 19:30

 

Homme-inquiet.jpgVoici donc le dernier tome des enquêtes de Kurt Wallander, ce qui n’est pas une surprise pour le lecteur, puisque c’est affiché sur la couverture. J’aurais mis un peu moins d’un an à attaquer ce roman, plus par appréhension que par envie.

Wallander est sur la fin de sa vie professionnelle, il a décidé de quitter Ystad et de s’acheter une maison à la campagne. Comme il n’aime pas être seul, il a aussi adopté un chien, Jussi. Enfin, sa fille Linda a enfin trouvé l’amour en la personne de Hans von Enke et cette union va donner naissance à une petite Klara. Wallander va donc se trouver un nouvel objectif : vivre pour sa petite fille.

Wallander va être invité à l’anniversaire du père de Hans, Hakan, ancien commandant de la marine, ayant officié dans les sous marins. Hakan et Wallander se lient tout de suite d’amitié, et ils s’isolent dans la bibliothèque. Hakan se confie alors sur son passé et sur une étrange affaire où des sous-marins russes ou polonais ont pénétré les eaux territoriales suédoises, avant qu’un ordre haut placé leur permette de s’enfuir et disparaitre.

Hakan s’interrompt tout en sous entendant qu’il expliquerait cette étrange décision de laisser partir des sous-marins ennemis. Peu de temps après, Hakan disparait à son tour. L’inquiétude est à son comble pour Hans, son fils. Louise, la mère de Hans reste très calme. Wallander ne peut s’occuper de cette affaire puisqu’elle est hors de sa juridiction mais il aide les policiers du coin comme il peut. Puis c’est au tour de Louise de disparaitre. Wallander, en arrêt maladie, va donc poursuivre l’enquête.

C’est une enquête particulière à laquelle nous convie Henning Mankell, aux prises avec le monde de l’espionnage avec tous ses faux semblants, toutes ses fausses pistes ; et finalement un roman d’espionnage n’est pas très éloigné d’un roman policier. Comme d’habitude, il y fait une grande part aux personnages et à leur psychologie fouillée, et aux grandes qualités de Wallander de noter toutes les petites remarques, tous les petits indices qui vont le mener à une vérité.

Mais c’est aussi et surtout un roman sur la vieillesse, sur un homme qui a peur de devenir comme son propre père, peu aimable et irritable, qui a peur de mourir, alors que sa petite fille vient de naitre, qui a peur de l’inconnu, lui qui cherche la lumière de la vérité. Des petits maux incessants, aux incidents, sans oublier les pertes de mémoire, Wallander se regarde dépérir, lentement, et Mankell, en cela, est d’une cruauté telle qu’il est difficile pour nous, fans, de le voir finir comme ça.

C’est d’autant plus difficile que nous aimons ce personnage tellement humain, qui se rappelle ses enquêtes précédentes, qui revoit ses amis qui vieillissent aussi, et j’ai trouvé ce dernier roman presque inhumain. En refermant ce livre, j’en veux à Mankell d’avoir écrit ces dernières phrases, de l’avoir abandonné à une fin tellement actuelle, celle de la vieillesse, et de l’oubli, avec cette cruauté des pertes de mémoire. C’était la dernière enquête de Wallander, un personnage adorablement bougon.  

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 19:30

Exploits du colonel ClayVoici un roman à coté duquel je serais allégrement passé. Et puis, la chance m’a été donné de lire ce livre grâce à un partenariat avec Bibliofolie et Rivière Blanche. Merci à eux pour cette découverte aux accents de nostalgie.

Mais qui peut bien être ce Colonel Clay ? Et d’ailleurs est-il quelqu’un ? Cet homme, aidé en cela par sa femme et complice, parcourt le monde entier pour réaliser des larcins auprès des plus riches hommes de la terre. Il a la faculté de prendre diverses identités, de se déguiser, de prendre tous les accents et de bâtir des scénarii si improbables qu’ils paraissent véridiques.

Nous suivons les mésaventures du célébrissime Sir Charles Vandrift, un riche homme d’affaires sud-africain, qui a fait fortune dans les mines de diamants et qui a augmenté sa richesse avec de judicieux placements boursiers et des placements immobiliers. Le personnage qui raconte cette histoire n’est autre que son propre beau frère, Seymour Wentworth, qui est aussi son secrétaire particulier.

Tout débute à Nice, où un individu se présente à eux comme un voyant extralucide mexicain. Il leur donne des informations privées puis arrive à subtiliser la signature de Sir Charles Vandrift ainsi qu’un chèque. Quelques jours après, quelques milliers de livres sont subtilisés et Sir Charles Vandrift décide de retrouver ce célèbre Colonel Clay puisque la police, qui le connaît bien, n’arrive pas à mettre la main sur ce fantastique caméléon.

Dans une préface fort bien écrite, le traducteur Jean Daniel Brèque nous présente cet auteur incroyable et méconnu que fut Grant Allen. Car il fut un scientifique qui a du écrire de nombreux romans populaires pour vivre de sa passion, la science. Si les premiers épisodes furent publiés en tant que feuilletons dans des revues, l’ensemble forme bien un roman au charme désuet.

Chaque arnaque occupe un chapitre, et comme c’est remarquablement écrit (et traduit), le plaisir de la lecture est clairement au rendez-vous. On suit avec grand plaisir les arnaques, sachant que plus on avance, plus Sir Charles Vandrift est prévenu à l’avance, et malgré cela l’arnaque fonctionne. Grâce à cet humour typiquement british, on avale les pages, parce que les arnaques sont grosses, voire énormes.

Alors évidemment, ceux qui aiment la littérature moderne ne s’y retrouveront pas dans ce style très littéraire. Mais il faut bien reconnaître que Grant Allen était un précurseur, et qu’il fleure bon un léger parfum de Arsène Lupin ou de Fantomas derrière ce personnage de Colonel Clay, ce qui donne une bonne bouffée de nostalgie pour tous ceux qui ont lu ces œuvres. Et si la fin peut paraître moralisatrice, elle est suffisamment intelligente pour proposer une alternative où on peut se demander qui est le bon et qui est le méchant. Un peu comme Robin des Bois.

Et ne ratez pas bien sur l'avis éclairé de Maître Paul ici

 

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 19:30

honorable-societe.jpgÇa y est, je m’attaque enfin à ce roman tant attendu, issu de la rencontre entre deux grands auteurs français de romans noirs. Le résultat est à la hauteur de l’attente, c’est un très bon roman.

Nous sommes en pleines élections présidentielles. Trois jeunes gens piratent le microordinateur de Benoît Soubise à distance. Ils ont accès à son contenu ainsi et visualisent son appartement via la webcam. Soubise doit rejoindre sa maîtresse, quitte son appartement, mais il a un accident de voiture sur le trajet. Il revient chez lui et surprend des voleurs chez lui. L’affrontement aboutit au meurtre de Soubise et les trois jeunes assistent à l’événement en direct. Ils l’enregistrent sur une clé USB et décident de disparaître.

La brigade criminelle, sous la férule de Pétrus Pâris, constate que l’ordinateur de Soubise a disparu. Ils s’aperçoivent que Soubise, officiellement ingénieur pour un sous-traitant d’AREVA, est en fait officier de police aux Renseignements Généraux. De même, la maîtresse de Soubise, s’avère être la directrice juridique de PRG, le numéro un mondial du BTP. Cette première place lui a été facilitée grâce aux contrats dans le domaine nucléaire.

Evidemment, les deux candidats sont impliqués dans cette affaire, plus ou moins directement. Guérin, le candidat de la droite, a fait de grosses promesses aux industries du BTP en cas de succès aux présidentielles. Quant à Schneider, le challenger, il a par le passé eu des contacts avec les milieux écologistes. Pâris va devoir démêler cette affaire quitte à fourrer son nez là où il ne faut pas.

Ecrire un roman à quatre mains n’est pas chose aisée. Il y a un risque de voir des dissonances dans l’intrigue, des passages écrits avec un style différents, des aberrations. Mais comme les sujets traités par Dominique Manotti et DOA sont proches, le livre a une cohérence qui fait que les quatre mains n’en deviennent plus que deux.

Aux analyses des luttes pour le pouvoir apportées par Dominique Manotti, vient s’ajouter l’art de DOA pour décrire les sous marins, ceux qui oeuvrent sans qu’on le sache. Il y ajoute un certain sens du rythme, là où Manotti excelle dans les dialogues qui claquent. Ne venez pas chercher dans ce roman des descriptions de lieux ou de personnages longues de plusieurs paragraphes. Ici, une phrase suffit. Le mot d’ordre, c’est l’efficacité.

Et ça marche super bien. L’intrigue se lit très rapidement, on suit les personnages un par un sans difficulté (et il y en a beaucoup !), et on se prend à penser que le sujet est des plus plausibles, voire on se demande si tout n’est pas vrai. Parfois, on se dit que certains fils de l’intrigue sont faciles, mais on est vite repris dans le rythme par la suite. Pour ceux qui ne connaissent pas le monde de ces deux auteurs, ce roman en est une excellente introduction, pour les autres, ils auront l’impression d’être dans un domaine connu et comme toujours c’est de la belle ouvrage.

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 19:30

lili de chinatownDeuxième lecture pour les éditions Juste Pour Lire, après Meth in France de Marc Wilhem, qui était une plongée dans le monde la BAC. Voici un sujet plus classique de polar, avec tueur, policiers et mafia chinoise. Une fois n’est pas coutume, voici la quatrième de couverture :

Cameron Valls, « contractuel » auprès de la Grande Faucheuse, n’apprécie pas du tout qu’on lui fasse le coup du 3ème ou du 4ème tueur, comme à n’importe quel baltringue du genre Lee Harvey Oswald. Il n’aura de cesse de comprendre qui le double sur chacun de ses contrats. D’autant plus que les victimes figurent parmi les plus grosses fortunes de la planète. Et Cameron Valls s’inquiétera vraiment quand il s’apercevra que tout part du Chinatown parisien où règne la mystérieuse princesse Chizun.

La machine s’accélère quand entrent dans la danse Salem, le poulbot à embrouilles, un flic mal luné que la belle Lucie a du mal à maîtriser, un secret dont dépend l’avenir de la planète et d’inquiétants Américains…

Dire que ce roman est plein de qualités est un euphémisme. Tout d’abord, on entre directement dans l’action, pas le temps de souffler, Cameron cherche à tuer un homme riche mais un homme cagoulé le fait à sa place et il assiste au meurtre depuis son viseur de fusil. Lui, le meilleur tueur à gages, se fait doubler et voire même manipuler. Il va donc faire alliance avec Lucie, inspecteur de la police criminelle, qui est mise sur la touche car cette affaire touche les 100 plus grandes fortunes mondiales. D’ailleurs, ils se font assassiner les uns après les autres. Tout cela en 50 pages.

L’auteur est un homme pressé, découpant son roman en chapitres, faits d’action et de dialogues qui vont à l’essentiel. Tous les ingrédients sont là : Des hommes riches, de belles femmes, un méchant qui cherche à comprendre, une flic qui enquête envers et contre toute sa hiérarchie, un homme mystérieux. Ça passe d’un personnage à l’autre, de Cameron à Indriss, de Julie à Lili, avec très peu de descriptions, et des dialogues fort bien faits et efficaces. On n’a jamais le temps de s’ennuyer, les cadavres tombent, et le mystère s’épaissit. On pense d’abord à un roman sur la mafia, puis on passe à une enquête plus classique, et le mystère de Mister V demeure.

Car chaque chapitre est séparé par un passage en italique qui concerne quatre écrivains scénaristes aux prises avec un individu qui s’appelle Mister V. Mais qui est donc ce personnage ? Que vient-il faire dans cette histoire de meurtres des hommes les plus riches du monde. Toute cette toile d’araignée va se tisser tranquillement tout au long de ces 400 pages.

C’est donc un bon polar, agréable à lire auquel on pourra peut-être reprocher le manque de quelques scènes chocs pour en faire un grand livre. C'est parfois longuet, parfois fourre tout, mais sa lecture s’avère fort agréable, idéale pour éviter de se prendre la tête et pour se laisser mener par le bout du nez.

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 19:30

Enquête philosophiqueBien que je connaisse Philip Kerr pour sa trilogie berlinoise, que j’ai achetée et que je n’ai pas encore lue,  voici une réédition d’un de ses romans qu’il a écrit en 1992, et qui se passe en 2013. Et c’est impressionnant.

Nous sommes donc en 2013, en Grande Bretagne. Un programme appelé Lombroso, mis en place par une société privée, et appuyé par le ministère de l’intérieur, a permis de déterminer un facteur qui prédétermine les gens potentiellement violent, voire appelés à devenir des psychopathes. Sur la base du volontariat, celui-ci permet de tenir un listing de ceux que l’on appelle les NVM-négatifs.

L’inspecteur principal « Jake » Jacowicz est en charge d’une enquête sur le tueur au rouge à lèvre. Alors qu’elle est plutôt cantonnée sur des affaires dont les victimes sont des femmes, elle va être choisie par le ministre pour s’occuper d’un meurtrier qui élimine les NVM-négatifs. Celui-ci les abat de six balles dans la tête, tirées avec un pistolet à gaz.

Jake est une femme qui déteste les hommes. Elle n’est pas non plus lesbienne, mais les trouve trop linéaires, pas assez logiques, comme s’ils étaient revenus des bêtes. Avec sa sensibilité et son opiniâtreté,  elle va rechercher celui qui se fait appeler Wittgenstein, un tueur érudit, qui va justifier ses actes au nom de la philosophie et de son rôle dans la société.

Hallucinant ! C’est le premier terme qui me vient à l’esprit en refermant la dernière page de ce roman. Car, bien qu’il ait été écrit il y a vingt ans, le sujet est d’une actualité confondante. Pas de véhicules volants ici, Philip Kerr nous décrit un monde qui est finalement le nôtre aujourd’hui, et on ne peut que penser qu’il est doué d’une qualité de visionnaire, tant on a l’impression que ce roman pourrait être écrit aujourd’hui.

Et que dire du personnage de Jake, cette femme désagréable mais douée, qui déteste les hommes parce que … (je ne peux pas vous le dire, désolé !), mais qui pour autant est parfaitement consciente de ses faiblesses. Philip Kerr sait éviter les poncifs qui auraient fait de ce portrait une démonstration balourde. Tout se justifie par ses pensées mais aussi par son dialogue avec le meurtrier, par chapitres interposés.

Car la construction est alternée entre Jake et le meurtrier, ce qui donne des allers retours entre l’enquête et les pensées les plus intimes du tueur. Cela permet d’aborder de nombreuses pensées philosophiques (d’où le titre) qui vont de la vie à la mort, de la culpabilité à Dieu, mais surtout la faculté d’une société à fabriquer ses propres monstres au travers de ce dispositif permettant de prédéterminer les individus potentiellement dangereux.

Ne venez pas y chercher un roman d’action, mais un roman qui va vous faire réfléchir, au travers de sujets contemporains. Même si certains passages sont un peu longs, ils sont toujours justifiés, l’ensemble est tout bonnement hallucinant, car je n’ai jamais rien lu qui s’en rapproche. Et cela m’a démontré que la philosophie est un domaine passionnant. Peut-être faut-il faire lire ce roman à tous les étudiants qui préparent le BAC ?

Je m'aperçois que je ne l'ai jamais dit : Un grand merci à Anne Blondat pour toutes ces découvertes !

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 19:30

Moonlight mileQue d’attente pour lire de nouvelles aventures de Patrick Kenzie et Angela Genaro ! Il faut dire, qu’entre temps, on a eu droit au magnifique Un pays à l’aube. Mais quand même ! Voici dont Moonlight Mile.

Cela fait douze ans que Patrick Kenzie et Angela Genaro ont bouclé l’affaire Amanda McCready (à lire absolument dans Gone, Baby Gone). Patrick et Angela ont vieilli, ils se sont assagis, ils vivent ensemble, lui est détective privé engagé à la tache par une grosse agence d’enquêtes privées, elle garde leur enfant Gabriella et prend des cours du soir pour obtenir un diplôme pour s’occuper des enfants en difficulté.

Gone, baby gone où l’histoire d’une petite fille de quatre ans, Amanda enlevée par des flics à une mère indigne pour la confier à un couple qui l’aurait élevée décemment. Patrick et Angela ont été marqués par cette histoire, étant tiraillés entre leur devoir envers la société ou suivre ce que leur dicte leur conscience. La loi étant la loi, Patrick avait décidé de rendre Amanda à sa mère indigne.

Alors que Patrick vient de boucler une affaire visant à surveiller un jeune fils de riches qui a tué une jeune femme dans un accident de voiture, la tante d’Amanda refait surface pour leur signaler qu’Amanda a à nouveau disparu. Patrick qui a maintenant une famille à faire vivre, refuse de partir à sa recherche jusqu’à ce que sa conscience et quelques événements lui fassent changer d’avis.

Que dire sur ce roman qui n’a pas été déjà dit ? Dennis Lehane est un grand auteur, il écrit avec une fluidité rare, décoche des dialogues tellement évidents, amoncelle les scènes les unes derrière les autres avec tant de logique que le plaisir du lecteur est énorme. S’il a autant de succès, et c’est mérité, c’est bien parce qu’il fait vivre ses personnages, que les sentiments et les pensées sont emplies d’humanisme et que l’on ne peut qu’aimer Patrick et Angela, qu’on ne peut que vibrer avec ce qui leur arrive.

Patrick et Angela ont bien évolué, ils ont bien vieilli. Avec une petite fille à élever, plus question maintenant de vivre au jour le jour. Il faut penser aux lendemains, aux repas, au loyer à payer, à la garde de la petite. Patrick est devenu un père attentionné, faisant de l’humour avec sa fille de quatre ans. Angela est devenue une mère poule, et comment ne pas l’être avec tout ce qu’ils ont vécu, tout ce qu’ils voient. En pleine crise économique, où Dennis Lehane nous montre que les plus riches sont les plus protégés par le système, les autres souffrent …

Ce roman m’a donné l‘impression que Dennis Lehane voulait écrire une dernière aventure de ses héros, qu’il voulait tourner une page, s’en débarrasser. Et tout dans ce roman parait trop : l’intrigue est montée avec des fils cousus de fil blanc, les dialogues sont étirés jusqu’à épuisement, les méchants sont vraiment des méchants trop méchants. De même, je ne saurais que trop conseiller de lire Gone, baby gone avant, tant quasiment la totalité de l’histoire y est racontée, voire même toute la série dans l’ordre. Au global, c’est autant de la tristesse d’avoir l’impression de perdre des amis que de la déception de lire une aventure moyenne.

Les aventures de Patrick & Angela sont au nombre de six, toutes publiées chez Rivages, à savoir dans l’ordre :

Un dernier verre avant la guerre

Ténèbres prenez moi la main

Sacré

Gone baby gone

Prières pour la pluie

Moonlight mile.

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  • : Le blog de Pierre Faverolle
  • Le blog de Pierre Faverolle
  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
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Dorénavant, les nouveaux billets seront :

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