Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 20:30

samedi 14Je connais les éditions de la Branche pour leur collection suite noire, dirigée par Jean Bernard Pouy, qui était un hommage à la série noire d’antan, et qui comportait 36 volumes. Voici une nouvelle collection dirigée par Patrick Raynal, qui s’appelle Vendredi 13, et dont le principe est de situer un polar un vendredi 13, justement. Et quoi de mieux que de l’initialiser par Monsieur Jean Bernard Pouy lui-même ?

Maurice Lenoir est un cinquantenaire qui vit tranquillement de sa retraite dans un petit village de la Creuse. Petite maison, petit jardin, petite vie tranquille peinarde. Tout se gâte le jour où les CRS débarquent. Mais ils n’ont rien contre Maurice, ils ont été chargés de protéger ses voisins, les Kowa, dont le fils a été nommé ministre de l’intérieur la veille, un vendredi 13. Il semblerait que cette journée porte malheur à Maurice.

Les CRS donc vont sécuriser la zone proche des Kowa, et fouiller consciencieusement la maison de Maurice. Ils vont découvrir dans son jardin des plants de cannabis et vont l’emmener au poste. Mais les gendarmes oublient de fermer la cellule à clé et Maurice va rentrer chez lui, avant de prendre la poudre d’escampette par mesure de prévention.

Dormeaux, fonctionnaire de la DCRI, va assister à ce fiasco. Maurice Lenoir s’avère être en fait Maxime Gerland, le célèbre chef du groupe terroriste Van Gogh. Ce groupuscule dont deux membres sont en prison coupait une oreille à des dirigeants de grandes entreprises. Alors que Dormeaux va subir la pression de sa supérieure Yvonne Berthier, Gerland va fomenter sa vengeance.

Du grand Pouy ! Pas le meilleur, à mon avis, mais un très bon cru. Quand on demande à monsieur Pouy de partir du sujet suivant : « écrire un polar se déroulant le vendredi 13 », il écrit un polar se déroulant le samedi 14. On peut appeler cela l’esprit de contradiction, ou la volonté d’être rebelle.

Il n’empêche que le roman se lit avec beaucoup de plaisir, avec de bons mots, des tournures de phrases qui portent à sourire, et la démonstration que dans cette histoire, à partir d’un grain de sable dans les rouages, les autorités de l’état se mettent à trembler devant un paisible retraité.

Il n’y a pas de psychologie interminable, la règle étant que les actes et les paroles suffisent à décrire un personnage. Les gentils ne sont pas tous gentils, les méchants ne sont pas tous méchants, et quand tout le monde se prend une bonne claque dans la figure, j’avale les pages à la vitesse du son en me disant : Voilà un bon polar comme j’aimerai en lire souvent.

Merci à Gilles Paris pour cette lecture fort distrayante.

 

 

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 19:30

Tijuana StraitsIl m’aura fallu neuf mois avant d’ouvrir ce roman. Ce roman est sélectionné pour le trophée 813 du roman étranger, donc je me devais de le lire avant la fin octobre. C’est fait ! Quel bouquin !

Sam Fahey est un ancien champion de surf, qui a touché à tout, de l’alcool à la drogue et qui, après être passé par la case prison, s’est établi en Californie, juste à coté de la frontière avec le Mexique. Il a créé un petit commerce de vermicultture et a même créé un site internet. En parallèle, il cherche à protéger les pluviers d’occident, espèce en voie de disparition. Alors qu’il est à la chasse de chiens sauvages qui détruisent les nids des pluviers, il va faire une rencontre qui va changer sa vie.

Elle s’appelle Magdalena, elle est mexicaine, elle a 25 ans. Elle déambule sur la plage, blessée car on a essayé de l’assassiner. Elle se retrouve en face des quatre chiens sauvages, et Fahey va lui sauver la vie en abattant trois des chiens. Fahey, qui est un solitaire, ne sait même pas pourquoi il va la soutenir, pourquoi il va l’inviter chez lui, pourquoi il va la soigner, pourquoi il va la prendre sous son aile.

Magdalena est une jeune avocate qui travaille dans un cabinet chargé de défendre les victimes des industries américaines polluantes. Ces sociétés préfèrent s’installer du bon coté de la frontière pour bénéficier de l’absence de loi sur la pollution ainsi que de la main d’œuvre moins chère. Cette activité militante fait que l’on veut se débarrasser d’elle.

Pour une découverte de Kem Nunn, ce fut pour moi un sacré choc. Car j’ai trouvé dans ce roman tout ce que j’adore dans les romans noirs. Et forcément, je vais avoir plein de choses à dire sur ce roman que je pourrais qualifier d’exemplaire. Car c’est passionnant à lire, beau et horrible à la fois, maîtrisé de bout en bout, et on en ressort avec un sacré goût amer dans la bouche.

Ce qui m’a choqué, dans le bon sens du terme, c’est la tranquillité du style, le rythme lent de l’intrigue, la sérénité qui se dégage de l’écriture qui est en complète contradiction avec le contexte. Car Kem Nunn nous montre, nous démontre la destruction de l’homme par l’homme, la course aux profits où les industries américaines préfèrent s’installer au Mexique pour polluer tranquillement et avoir accès à de la main d’œuvre moins chère, refrain connu, mais décrit de manière éclatante.

Et puis, il y a cette nature si belle, mise à mal par les industries, avec des descriptions tellement poétiques que c’en est un pur plaisir de lecture. Il y a ces deux personnages écorchés par la vie, à la rencontre improbable, qui traînent leurs cicatrices avec insouciance, pour la jouissance du moment présent : Fahey, ce grand solitaire, qui préfère se recroqueviller sur lui-même pour se sauver, Magdalena, cette idéaliste à la fois naïve et réaliste.

L’issue de ce roman ne peut qu’être dramatique, et elle l’est. Après avoir tourné la dernière page, j’ai été envahi par une tristesse que j’ai rarement ressentie, car ces personnages sont tellement vivants, que l’on aurait aimé vivre un peu plus longtemps avec eux.

La seule mise en garde que je donnerai pour les amateurs de romans noirs, car c’en est un, c’est que le style de l’auteur est fait de longues phrases, de grands paragraphes avec très peu de dialogues. Ceux qui cherchent des lectures rapides risquent d’être rebutés. Ils passeraient alors à coté d’un roman noir profond, au style poétique et envoûtant, tout simplement magnifique.

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 19:30

Le-leopard.jpgRetour sur une lecture de cet été ! Voici donc les nouvelles enquêtes de Harry Hole, et donc le nouveau roman de Jo Nesbo. Comme d’habitude, c’est un très bon thriller, prenant du début à la fin, un roman de poids puisqu’il fait un kilogramme !

Deux femmes sont retrouvées assassinées à Oslo, noyées dans leur propre sang. Elles sont retrouvées avec de nombreuses blessures dans la bouche, au nombre de vingt quatre. La police de Oslo n’a aucune idée ni aucune piste, si ce n’est la certitude d’avoir affaire avec un tueur en série. Et la situation est urgente, car la police criminelle est mise en concurrence avec la Kripos, un nouvel organisme d’état qui doit enquêter sur les affaires criminelles et qui est dirigé par Bellman, un acien concurrent de Harry Hole.

Kaja Solness est envoyée à Hong Kong, pour retrouver la seule personne finlandaise apte à démasquer un tueur en série. Harry Hole se cache à Hong Kong, où il a échoué pour fuir son ancienne vie. Il a emprunté de l’argent aux triades qu’il n’a jamais rendu, et vit dans des taudis au milieu d’un million d’habitants anonymes. Kaja met la main sur Harry et lui demande de venir les aider mais il refuse. Le seul argument qui le fait changer d’avis est que son père est atteint du cancer et va bientôt mourir.

Ils reviennent donc et se retrouvent avec un nouveau cadavre : une élue de la chambre des représentants est retrouvée pendue sur le plongeoir de sa piscine. Bien que les modes opératoires diffèrent, Harry est absolument persuadé d’être confronté au même tueur. Avec Bjorn Holm et Kaja, il va former une équipe clandestine qui va devoir trouver un assassin bien mystérieux.

Ce roman, que l’on peut qualifier de page turner est un roman idéal pour passer un excellent moment de lecture. Outre l’enquête que l’on lit avec énormément de plaisir et sans temps mort, les personnages sont très bien dessinés et on ne peut pas lâcher ce roman, une fois commencé. On retrouve donc Harry Hole, au mieux de sa forme, toujours aussi désagréable et égoïste, prêt à entrainer ses proches dans ses abimes.

Il y a cette enquête, menée tambour battant, à l’aide de chapitres assez courts, avec un suspense haletant, et un mystère troublant. Aucun indice de trop pour que le lecteur devine qui est l’assassin, c’est du grand œuvre. Et puis, c’est un livre idéal pour l’été, car avec ses 760 pages et son kilogramme, vous pouvez faire de la musculation en même temps que des frissons parcourent votre échine.

Jo Nesbo dit de ce livre, qu’après avoir écrit la première version, il avait tout détruit pour le réécrire, car la fin n’allait pas où il voulait l’emmener. C’est un roman impressionnant qu’il faut avoir lu. Pour ma part, j’étais sceptique pour le Bonhomme de neige, mais là j’ai marché à fond. J’adore !

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 19:30

Mauvaise année pour MikiLa découverte de nouveaux auteurs donne parfois lieu à des rencontres originales, inédites et insolites. C’est un peu le sentiment qui me vient à l’esprit à l’occasion de la lecture de ce Mauvaise année pour Miki de José Ovejero.

« 2001 fut une mauvaise année pour Miki ». Ainsi commence ce roman qui nous présente une année de la vie de Miki, 43 ans, marié à Verena et père d’un adolescent qui se prénomme Boris. Etant expert financier, il passe beaucoup de temps sur son ordinateur à spéculer en bourse, écrit quelques articles pour des revues spécialisées dans la finance et anime une émission dans une radio locale.

Dès le début de l’année, Boris se tue dans un accident de voiture alors que les quatre autres passagers s’en sortent indemnes. Au mois de mars, c’est Verena qui est retrouvée morte dans un parc, violée et étranglée. Miki va alors se renfermer sur lui-même, ne sortant que rarement, faisant installer des caméras et refusant de répondre au téléphone.

Singulier, étrange, voila les adjectifs qui me viennent naturellement à l’évocation de ce roman. Si le sujet ressemble à celui d’un roman policier, c’est plutôt le portrait d’un homme auquel on a à faire ici. Un homme qui n’est pas fou de douleur, mais qui se retrouve déraciné, et qui se laisse aller à ses pulsions. Comme il est d’un naturel taciturne et peu avenant, il va naturellement se recroqueviller dans sa coquille, filtrant les appels téléphoniques avec son répondeur.

Et comme les gens vont petit à petit s’éloigner, comme la police va lui donner très peu d’indices sur les explications de la mort de sa famille, son penchant naturel va prendre le dessus, jusqu’à en faire une bête terrée dans son antre. C’est donc le portrait d’un homme vide, amoral, dénué de sentiments que l’on va suivre dans ses actes et ses exactions.

Si l’écriture est fluide et agréable, j’avoue que l’auteur m’a déconcerté par son style froid et clinique, lisse et linéaire. Il n’est pas question ici de juger quelqu’un, mais de montrer l’itinéraire d’un homme vide, cloué devant son ordinateur et ses films pornos. Cela en fait un roman résolument inclassable et original.

 

 

 

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 19:30

Breakfast on plutoLes éditions Asphalte ont le don de dénicher des auteurs rarement connus chez nous, et qui sont d’une grande qualité littéraire. Ce roman irlandais recèle de grandes qualités sur un sujet original traité avec humour.

Dans le petit village de Tyreelin, dans le comté de Cavan, la vie est compliquée pour les habitants à cause de la guerre qui sévit entre les deux Irlande. Et comme ce village est situé à quelques kilomètres de la frontière, le quotidien des habitants est parsemé d’attentats, d’arrestations et de morts violentes.

Patrick Braden est un enfant qui naît dans ce monde en guerre, fils illégitime d’un curé et d’une mère qu’il n’a jamais connu puisqu’elle l’a abandonné. Je dis il mais je devrais dire elle, car, depuis tout petit Patrick se sent femme. Malgré les moqueries dans la rue quand il porte un vêtement volé à La Moustachue, la femme qui l’élève, il cherche avant tout le bonheur dans sa personnalité féminine en se faisant appeler Pussy.

Pussy ne peut pas vivre longtemps comme ça. Elle quitte le domicile soi-disant familial pour se retrouver entre les bras de Totoche, le surnom qu’elle a donné à un politicien marié. Celui-ci trouvant la mort dans un attentat, elle part à nouveau, et son départ qui passe par Dublin et Londres, devient autant une fuite de son monde qu’une recherche de sa vraie mère et qui elle est.

Quand on n’a pas de chance, quand on commence la vie sans repère, sans famille et sans personnalité, la vie ne peut qu’être un enfer. Celle de Pussy en est un, mais comme le roman est écrit à travers son personnage, et qu’elle ne veut pas se laisser aller au désespoir, le ton est résolument léger, désinvolte et désenchanté, voire grinçant ou cynique. Patrick McCabe nous montre un pays, soumis à des attentats violents et aveugles. Et au milieu, il y a des gens, des peuples qui ne comprennent pas, essayant de vivre leur vie. Il n’y a pas meilleur moyen pour montrer l’absurdité d’un tel conflit. Mais le sujet n’est pas là, il est dans une quête d’identité.

Car c’est bien le personnage de Pussy qui remplit les pages. Pussy est bavarde, elle parle, digresse, est légère, parfois se fait plus grave mais elle a toujours la bonne remarque pour repartir de l’avant. C’est un garçon qui rêve, qui vit dans ses rêves, et qui ne cherche qu’une chose, trouver l’amour qu’on ne lui a jamais donné. C’est écrit comme une improvisation, additionnant les personnages et les situations d’un point de vue détaché, humoristique, et on se prend à suivre ses pérégrinations avec beaucoup d’empathie pour ce garçon fille qui ne sait pas qui il est. C’est une lecture originale et prenante qui pourra en rebuter certains par les longueurs dues au personnage de Pussy qui est une bavarde inconditionnelle. Une leçon d’optimisme !

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 19:30

Un père idéalAprès Un employé modèle, premier thriller de Paul Cleave, il fallait absolument que je lise le deuxième tant l’originalité et le cynisme du premier m’avait plu. Eh bien, celui-ci est totalement différent, avec des ressemblances.

Edward n’a pas eu une vie facile. Ayant passé une enfance heureuse, son père Jack se fait arrêter devant sa famille. Edward, qui a 9 ans, restera marqué par cet événement. Son père est condamné à perpétuité pour avoir assassiné 11 prostituées, et tout le monde va faire le parallèle entre Jack et Edward. Un an plus tard, sa mère mourra par suicide et sa sœur deviendra prostituée droguée et mourra d’overdose. Elevé par ses grands parents, il va se reconstruire.

Vingt ans plus tard, Edward vit heureux entouré de sa femme Jodie et de sa fille Sam. Il est devenu comptable, comme sa femme mais ils ne travaillent pas dans la même entreprise. Au moment de Noel, qui est très chaud en nouvelle Zélande, ils envisagent de changer de maison, acheter quelque chose de plus grand avec au moins une pièce supplémentaire.

Ils prennent rendez vous à la banque pour se renseigner sur leur futur emprunt. A ce moment là, six truands entrent pour braquer la banque. Ils assomment le vigile, et descendent le responsable de la banque. Pour ressortir, ils envisagent de prendre en otage une caissière. Edward, n’écoutant que son courage, leur demande de partir puisqu’ils ont ce qu’ils veulent. Ils décident alors de prendre Jodie en otage et lui tire dans le dos devant la banque. Fou de douleur, il doit gérer sa nouvelle vie sans Jodie. La police n’avançant pas assez vite, il se demande s’il ne doit pas les chercher lui-même, jusqu’à ce que son père lui téléphone pour la première fois depuis vingt ans.

Ce n’est pas facile d’avoir un père serial killer. Tout le monde pense alors que vous ètes comme lui, ou que ce n’est qu’une question de temps, que votre destin est de suivre les traces sanglantes de votre généalogie. Le drame qui lui tombe dessus va chambouler sa petite vie et le plonger dans un enfer qu’il a toute sa vie cherché à éviter.

La première partie de ce livre est tout bonnement bien faite, et ce roman est à la fois comparable à son précédent roman, Un employé modèle et très différent. Comparable au sens où c’est un roman qui oscille entre roman noir et thriller, où la qualité de l’intrigue et de l’écriture fait qu’on tourne les pages très rapidement sans avoir envie de s’arrêter. Différent, au sens où il n’y a plus cet humour noir voire ce cynisme que j’avais adoré dans le premier. Et Paul Cleave s’avère aussi doué et à l’aise dans les dialogues, que dans les scènes intimistes ou les scènes d’action.

Si on lit ce roman au premier degré, on se retrouve avec un roman course poursuite où le chasseur devient le chassé, avant de redevenir le chasseur. Au second degré, l’auteur ne tombe pas dans le piège de l’apologie de la vengeance, grâce à des scènes de meurtres quelque peu humoristiques dans le style « je ne l’ai pas fait exprès », et c’est tant mieux à mon goût car moins subversif.

Si ce n’est pas un chef d’œuvre, ce roman est un excellent divertissement, un Page-turner impitoyable, un appel à des nuits blanches. L’intrigue me semble mieux construite, la spirale infernale fort bien construite, et la narration orientée vers la psychologie de Edward. C’est une nouvelle démonstration que Paul Cleave sait partir d’une idée originale pour en faire des romans passionnants. Il est à signaler tout de même quelques scènes sanglantes à ne pas mettre entre toutes les mains.

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 19:30

Désordre du templeQuand j'ouvre un roman des éditions Krakoen, j'ai l’assurance de passer un excellent moment de lecture, avec des intrigues et des personnages forts et passionnants. Celui-ci est conforme à la règle.

De nos jours, en région parisienne. Gilles est un jeune homme, Disc Jockey homosexuel, qui tombe amoureux de tout les hommes séduisants qu’il rencontre. C’est le cas de Dominique de Saint-Claude, Disc Jockey aussi et propriétaire d’une boite de nuit située dans la Marais. Dominique participe aussi à des soirées privées payantes ayant pour but de reproduire dans les costumes d’époque des célébtations de l’ordre des Templiers.

Justement, ce soir là, Dominique ne peut y aller. Il charge Gilles de le remplacer et ce à quoi assiste Gilles est tout bonnement hallucinant : Entre un combat contre des soldats, la cérémonie et la punition des Templiers qui ont fauté, tout semble incroyablement réaliste, jusqu’à la décapitation d’un jeune Templier nommé Jehan.

Le lendemain, Gilles est réveillé par sa voisine d’au dessus, Chloé. Elle lui ramène son chat à garder, car elle doit visiter un ancien résistant dans le cadre de sa thèse en histoire. Elle fait la relation entre le spectacle de la veille et une affaire entendue aux informations sur un jeune décapité aux pieds duquel on un message de punition des Templiers qui ont fauté. Quand elle revient récupérer son chat, Gilles a été tabassé et une lettre similaire est trouvée sur son bureau. Ils décident d’enquêter avant de faire appel à la police alors que les cadavres s’accumulent avec les mêmes types de lettres et qu’un mystérieux manuscrit de Nostradamus a disparu.templiercom

Le polar ésotérique, ce n’est pas trop mon genre. Surtout que dans ce domaine, les auteurs ont tendance à en faire trop, à étaler leur science en criant presque à la face du monde : « vous voyez ? Je connais plein de choses, et j’ai trouvé une faille dans l’Histoire qui me permet de vous proposer une explication qui à défaut d’être réaliste va vous paraître scandaleuse ».

Rien de cela ici. Je me suis laissé prendre, et presque envoûter par le style de l’auteur, une écriture fluide et directe, efficace, qui ne s’étale pas dans des descriptions inutiles, mais qui donne la meilleure place aux personnages. Et je me suis dit : « Finalement, pas besoin d’en faire des tonnes, on prend un début avec des personnages normaux, et on déroule logiquement pour le pur plaisir du lecteur ». Et ça marche à fond.

Que ça parait facile ! Mais que nenni, cela s’appelle du talent. Il y a du rythme, de l’action, une enquête mystérieuse, des personnages attachants. Ce roman est un excellent divertissement et il serait bien dommage de passer à côté. Croyez moi, c’est passionnant de partir à la recherche du manuscrit volé.

A noter que ce roman est une version revue corrigée et actualisée de Templiers.com, paru aux éditions Le Passage en 2004.

 

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 19:30

La france tranquilleQuid de ce roman, qui fait partie de la rentrée littéraire noire de Fayard ? Un sujet bien noir, cynique sur la vie provinciale en proie aux affres d’un tueur en série, voilà de quoi allécher tout amateur de roman noir.

Nogent-les-chartreux a tout d’une ville de province paisible où il fait bon vivre. Il y a les petits commerces du centre ville, les usines qui permettent d’employer les ouvriers, les cités du quartier du Bas qui regroupent les pauvres, et les maisons bourgeoises qui abritent les … bourgeois. Bref, vraiment, c’est une vie somme toute classique qui coule comme un ruisseau sans remous.

La gendarmerie est sous la direction du commandant Paul Garand et est composée d’une cinquantaine d’hommes. Garand arbore une bonne cinquantaine d’années, est divorcé de Nadine mais doit s’occuper de son fils Gregory. Se laissant aller depuis le départ de sa femme pour un docteur parisien, il accuse plus d’un quintal sur la balance. Fainéant, aimant le calme, il aspire, à l’image de sa ville, à une tranquillité qui lui permet d’aller pêcher la carpe.

Alors qu’il est prêt pour sa partie de pêche, on lui signale un corps étranglé et brulé. Aucun autre indice ne permet d’aiguiller les gendarmes si ce n’est une indication : « SUGET 0 » avec une belle faute d’orthographe. Quand les cadavres continuent à s’accumuler dans les trois mois qui suivent, la ville devient folle et ressortent des tentations sécuritaires et extrémistes qui vont dérégler cette petite ville paisible de province.

Je serais tenté de dire que ce roman est un bijou de peinture d’une ville de province, avec ses petits on-dit, ses faibles, ses lâches, ses discussions de bistrot, ses honnêtes, ses malhonnêtes, tout un petit microcosme qui vit protégé de la grande délinquance de la ville, et qui s’adapte aux nouvelles règles du libéralisme actuel. Les usines ferment, les négociations syndicats patrons n’en ont que le nom, les gens s’enferment chez eux devant la télévision, les petits commerces ferment …

Quand tout va bien, l’équilibre est maintenu. Quand un caillou se glisse dans les rouages, l’homme redevient un loup pour l’homme, on cherche les coupables, on installe des caméras de surveillance, on fait venir l’armée, on met au pilori ceux d’en Bas, qui ne travaillent pas et donc sont des voleurs voire des assassins. Par cet aspect là, qui est traité avec beaucoup de cynisme, ce roman est une vraie réussite, et les dialogues une réelle bénédiction.

C’est aussi parce que le personnage central (plutôt que principal) est quelqu’un de désabusé, détaché qu’il va réussir à garder son calme, et trouver la solution d’une énigme à laquelle les autres, des commerçants aux policiers, des commerçants aux politiques, n’auraient pas pensé, plus occupés qu’ils sont à sauver leur petite image, leur petite vie, leurs petits avantages.

Je dois dire que, au début du roman, j’ai eu du mal, tant le style de l’auteur allie un cynisme de bon aloi avec une méchanceté et une agressivité pas forcément utile. C’est du moins ce que j’ai ressenti à cette lecture, avant de me faire emporter par cette histoire qui peut paraître absurde mais qui tient par la force de ses personnages et les situations décrites.

Vous voulez du noir, du tristement comique, du révoltant, voir la société par l’autre bout de la lorgnette comme l’aurait fait un Desproges, alors ce livre est pour vous. Car, Olivier Bordaçarre veut nous faire réfléchir, en prenant un peu de hauteur à notre vie de tous les jours. Cette ville paisible peut aisément être transposable à un pays tout entier, et tout le monde y passe. Il n’y a pas de héros ici, mais y en a-t-il dans la vraie vie ? Honnêtement, il serait bien dommage de ne pas lire ce livre car vous passeriez à coté d’une partie de rigolade bien jaune et grinçante.

D’ailleurs, mon ami Bruno a adoré et L’ami Claude le recommande fortement, sans oublier l'ami Yan. Que vous faut il de plus ?

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 19:30

Brumes-du-passe.jpgVoici une nouvelle lecture dans le cadre de Meilleurpolar.com organisé par les éditions Points. Si je connais Leonardo Padura pour en avoir quelques uns qui traînent, je n’avais jamais lu de roman de cet auteur cubain.

Mario Conde a quitté la police et s’est reconverti en bouquiniste, à la recherche de romans qu’il vendra à des libraires cubains ou américains. Son immense érudition dans le domaine littéraire lui permet de mettre une valeur sur chaque livre qu’il découvre. Comme Cuba traverse une crise sans précédent, amenant la famine dans les familles, le Conde arpente les villas luxueuses à la recherche de la perle rare.

Mario Conde débarque par hasard chez Dionisio et Amalia Ferrero. Il doit estimer la valeur de leur bibliothèque. Ceux-ci pâtissent de la crise et n’ont plus rien à manger. Le Conde apprend que la maison appartient en fait aux Montes de Oca, et qu’ils attendent des nouvelles d’un des héritiers. Le Conde est ébahi devant la valeur de ces livres. Il les classera en trois types : ceux qui ont peu de valeur, ceux qui ont une grande valeur et ceux qu’il ne faudrait pas vendre car ils sont inestimables.

Puis, entre deux volumes, Le Conde trouve la photographie d’une femme, Violeta del Rio. Cette femme était chanteuse de boléro dans les années 50, et n’a enregistré qu’un seul disque. Le Conde va chercher à en savoir plus sur cette femme, tomber sous le charme de cette voix sensuelle et désabusée, jusqu’à être prêt à laisser tomber cette impossible quête. C’est alors que Dionisio est assassiné.

Ce roman est extraordinaire ! Et pourtant, j’ai bien failli l’abandonner vers sa moitié. Mais laissez moi m’expliquer. Le roman est découpé en deux parties, comme deux faces de disques. D’ailleurs, les titres des 2 parties sont les 2 titres des chansons enregistrées par Violetta. Cette partie concerne la quête de Conde vers un passé florissant et argenté et comporte de nombreux passages sur les livres de la bibliothèque. Et j’ai trouvé cela un peu lourd, ces descriptions de plusieurs pages sur les titres de romans introuvables, avec leurs années d’édition et leur éditeur.

Et puis je suis arrivé dans la deuxième partie. Et là, je comprends tout dans la construction du roman et dans la démonstration de Leonardo Padura. Du strass de la première partie, on découvre que derrière, c’était un peu moins joli, que la révolution est passé par là, avec ses promesses, mais que ce n’est pas mieux, et que comme avant, il y a les riches et ceux qui crèvent de faim.

Mais surtout, il y a dans cette deuxième partie tout une sensibilité que je n’ai pas forcément ressentie, cette nonchalance, cette tristesse, ce sentiment que quoi que l’on fasse, le pays continue son chemin sans plus se soucier de ses ouailles. Il y a ce portrait du Conde qui, à l’image de son pays abandonné par L’URSS qui implose, se retrouve abandonné, seul, refusant toute lueur d’espoir, parce que à quoi cela peut-il bien servir ? Clairement, les dernières pages m’ont fait pleurer, et c’est bête quand on lit ça sur une plage de vacances. Alors, je vous le dis : la lecture de ce livre est exigeante, elle se mérite, mais à la fin, quelle récompense !.

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine : Le 7 de carreau de Christian Roux (La Tengo)

A bientôt.

 

7-de-carreau.jpg4ème de couverture

Camille travaille comme garde-malade pour un couple, les Amberlant, dont la femme est tétraplégique. Elle lui fait la lecture, allume la télévision, soutient la conversation et va même jusqu’à participer à d’étranges « mises en scène » comme la montée de l’Everest en robe de soirée. Jusqu’au jour où sa patiente semble mettre en scène sa propre mort. Camille en parle alors à son père, un détective privé surnommé le 7 de carreau. Ce dernier lui suggère de dissimuler un micro dans l’appartement. Un enregistrement révèle que le couple envisage un crime parfait : celui de Madame Amberlant elle-même, et Camille semble avoir un rôle à y tenir.

 

Mon avis :

Ce volume de la collection Pièces à conviction est probablement le mieux construit à ce jour, le mieux dialogué mais aussi le plus court. En une petite soixantaine de pages, Christian Roux nous construit un véritable roman à l’intrigue non linéaire, avec une psychologie ultra fine. Une fois refermée la dernière page, on pense d’abord à : « déjà ? », puis vient une impatience, un espoir de retrouver ce personnage de 7 de carreau dans une prochaine aventure, avec un peu plus de pages. S’il vous plait, M. Christian Roux, vous pouvez faire ça pour moi ?

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Pierre Faverolle
  • Le blog de Pierre Faverolle
  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
  • Contact

Sur ma table de nuit ...

Le blog reste ouvert.

Dorénavant, les nouveaux billets seront :

http://blacknovel1.wordpress.com/

   

Recherche

Archives

Catégories