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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 20:00

Chimere noireL’auteur m’a contacté pour que je donne mon avis sur son premier polar, et je dois dire que j’aime bien découvrir de nouvelles plumes. Dans celui-ci, on y trouve un roman policier classique dont l’intrigue n’est pas menée de façon classique. Cela en fait un roman très attachant.

De nos jours à Saint Cast le Guildo. Tonio, un mafieux en provenance de Toulon, mais d’origine corse a une mission à accomplir. Il est venu pour détruire l’élevage des vers que l’on utilise pour la pêche en mer de José. Il a tout prévu, tout repéré, s’est fait passer pour un touriste, et a trouvé les bacs bien cachés dans les roseaux qui bordent la cote.

Marie est une jeune fille qui profite de la vie. Elle a un petit ami, Jehan, mais elle se permettrait bien de passer un bon moment avec Tonio, probablement à cause de l’attrait de la nouveauté. D’ailleurs, il lui propose de faire un tour en jet ski, et elle décide d’accepter. Malheureusement, après les premières embrassades, la grossièreté de Tonio la rebute et cela se termine en viol.

Quelques jours plus tard, Tonio est retrouvé mort au pied d’une falaise rocheuse. Léon, le gendarme, a tous les éléments pour conclure à un accident, d’autant plus que Salvadore, le frère de Tonio leur confirme que l’escalade était sa passion. Sauf que Salvadore va faire son enquête de son coté, ainsi que l’instituteur à la retraite Mariange et Yvon l’ornithologue.

Sur une trame relativement simple, voilà un roman dont l’intrigue est singulière. L’enquête est menée par plusieurs personnes à la fois, et on oscille entre roman policier classique et pur polar. Les personnages sont très agréables, et je me suis vite attaché à Mariange, par sa volonté d’arranger tout le monde.

Une autre chose m’a beaucoup plu, c’est l’ambiance de petit village. Tout le monde se connaît, tout se sait, tout se raconte car tout le monde a l’oreille bien pendue pour en savoir un peu plus. Et puis, Pierre Rabardel est amoureux de la nature. Certaines pages où il nous donne à voir la faune et la flore de la Bretagne du nord sont d’une beauté que l’on rencontre chez de grands auteurs. Enfin, s'il n'y a pas beaucoup d'actions, la scène sur le voilier La Chimère noire vaut son pesant de cacahuètes, car j'ai retenu mon souffle pendant une quinzaine de pages.

Pour un premier roman, c’est une réussite. Les personnages se suivent aisément, l’incertitude est bien maîtrisée, et malgré quelques indices qui tombent du ciel (la boucle d’oreille, les traces sur le bateau), il y a peu de digressions et c’est un roman divertissant qui mérite une suite. Dites, M.Rabardel, vous pourriez faire une autre histoire avec Mariange ?

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 19:30

maison fondée en 1959Après avoir lu La voix secrète, un roman bien passionnant et rempli de charme, j’étais curieux de lire ce Maison fondée, paru en même temps aux éditions Fantascope. Ces deux romans très différents sont en fait très liés.

Luc Letellier est un jeune homme d’une trentaine d’années, qui travaille chez un marchand de bonbons. C’est un travail bien peu passionnant qui lui permet d’avoir un revenu fixe. Sa vraie passion, c’est d’écrire des romans, ou plus précisément des polars. Cela fait huit ans qu’il écrit, il a six romans en stock, et aucun n’a jamais été accepté par une maison d’édition.

Luc vit avec Anaïs, scénariste pour le cinéma. Elle doit d’ailleurs s’absenter pendant une longue période pour rejoindre l’équipe de tournage de Gilles à Nice. C’est à ce moment là qu’une maison d’édition qui s’appelle Rhésus, accepte son manuscrit Trak. Luc se rend au rendez vous et va tomber dans un traquenard.

Le marché est qu'on lui propose celui-ci : s’il réécrit un roman qui s’appelle La voix secrète sur un ordinateur qu’on lui fournit, l’antidote lui sera injecté en intraveineuse via l’ordinateur. S’il n’accepte pas, il mourra avant une semaine. S’il appelle la police, ils se vengeront sur Anaïs. Voici donc Luc lié à la vie, à la mort avec sa passion de l’écriture.

Ce roman va nous plonger dans l’éternelle relation entre un auteur et son œuvre. Michael Mention a choisi une forme qui alterne entre fantastique et roman noir, qui au premier abord, peut paraître surprenante. Passé ce postulat, la vision d’un auteur au travail et la démarche employée m’a parue très personnelle et en même temps passionnante.

A l’instar d’un Burroughs dans son Festin Nu, ou d’un Djian première période, on y voit un auteur enchaîné à son roman, avec une progression dans le lien qui passe de passion - amour à dégoût – haine. La descente aux enfers est progressive et inéluctable, avec un personnage attachant, comme le serait un prisonnier innocent. Le ton est à mon avis volontairement noir même si certains personnages sont extrêmes dans leur description et donc doucereusement ironiques. Il n’y a qu’à voir la remarque sur le classement des caractères par leur prénom fait par le narrateur, disant que les Michael sont rarement virils, ou les portraits jusqu’auboutiste de l’éditeur. 

Au travers des extraits du livre réécrit, on y voit l’obsession de Luc de trouver le bon mot, la bonne phrase pour faire passer au lecteur la bonne ambiance, les bons sentiments ou la bonne description. On y voit aussi l’écrivain au travail, qui construit son livre jusqu’à ce que le livre devienne la vie de l’écrivain. En fait, avoir lu La voix Secrète avant m’a un peu plombé ma lecture car même si les extraits sont en grande partie différents, la trame est la même et la volonté de l’auteur de montrer l’importance d’un mot à la place d’un autre trop voyante et insistante.

La voix secrète et Maison fondée en 1959 ont été publiés simultanément. Si vous voulez pénétrer dans l’univers fantasmagorique et imaginatif de Michael Mention, je vous conseillerai plutôt de commencer par cette Maison fondée en 1959, même si je trouve que La voix secrète est un roman plus passionnant, réussi et facile d’accès. En tous cas, n’hésitez pas à me faire part de vos opinions.

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 18:30

un nomme peter karrasLe voici, le roman culte de George P. Pelecanos, annoncé comme le meilleur de son auteur selon les fans absolus de cet auteur américain dont on n’entend pas assez parler. George P. Pelecanos écrit Washington, il écrit les Grecs immigrés, il écrit l’évolution de la société américaine. Un nommé Peter Karras parle des années 40.

Dans les années 30, Peter Karras traîne avec sa bande de copains dont Billy Nicodemus, Perry Angelos, Joe Recevo, Jimmy Boyle et Su. Ces jeunes gens passent leur temps à jouer dans la rue au baseball, à parler de combats de boxe, et à se bagarrer contre des bandes de noirs. Leur vie va changer avec l’arrivée de la deuxième guerre mondiale. Peter Karras y apprendra à tuer des hommes et Billy n’en reviendra pas.

En 1946, Peter le Grec et Joe le Rital vont travailler pour Burke, un mafieux local, en allant récupérer l’argent issu de l’usure et du racket des commerçants. L’une de ces descentes va mal se passer et Peter va se ranger pour devenir cuisinier chez Nick Stephanos. Joe est devenu le bras droit de Burke, Jimmy un flic, et l’entrée dans leur petit monde de Mike Florek, à la recherche de sa sœur prostituée va les amener à se retrouver.

Que puis-je dire qui puisse vous convaincre de lire ce livre ? Les fans le connaissent, ceux qui ne connaissent pas George Pelecanos croiront que ce n’est qu’un polar américain de plus. Erreur, fatale erreur ! En lisant de roman, j’ai compris pourquoi Pelecanos est fort et pouquoi il a autant de fans, j’ai compris aussi ce qui différencie un polar d’un grand livre, j’ai compris enfin que Pelecanos écrit son histoire de  Washington au même titre que Ellroy écrit son histoire de Los Angeles.

Pour ce roman, d’une subtilité rare, on y suit la trajectoire d’un homme qui, à la base, est un gentil, qui croit dans certaines valeurs qui semblent être dépassées, telles que la famille, l’amitié ou la loyauté. La guerre va le changer irrémédiablement, il va passer un peu de temps de l’autre coté de la ligne jaune avant d’essayer de toucher le rêve américain du doigt. Il est Grec, et bien que cette ville soit mondialement connue et reconnue, elle est très éloignée de l’image de la Maison Blanche que l’on connaît tous. Elle est une somme de petites ethnies, de ce que l’on appelle aujourd’hui les ghettos, qui vivent ensemble mais qui gardent leurs règles, leurs racines, leurs amis de sang.

Autour de lui, gravitent une dizaine de personnages, tous aussi bien dessinés les uns que les autres. Si l’affaire du tueur de prostituées sert plus ou moins de fil conducteur à cette histoire, c’est bien la vie d’un quartier, des communautés, qui est la vraie histoire de ce roman. N’y cherchez pas une enquête policière, ni un thriller haletant, mais plutôt un roman noir où chacun mène sa barque comme il peut sur le fleuve turbulent de la vie.

Les années 40, vues sous un autre angle que celui de la grande histoire, sont bien passionnantes sous la plume de Pelecanos. Après la guerre, de nombreux hommes sont revenus et la ville se retrouve envahie par une foule de gens qui, pour la plupart, sont sans travail. Naturellement, les clans vont se former, mais la cohabitation est encore possible tant qu’il n’y a pas de guerre de frontière. C’est l’époque où les gens se retrouvent dans les bars pour écouter la radio qui passe du jazz, ou regarder la télévision qui retransmet les matches de boxe, sport phare de cette époque.

La force de ce roman, c’est l’accumulation de petits détails qui construisent petit à petit le tableau dans son ensemble. Les personnages ne font pas l’objet de descriptions très détaillées, mais sont croqués par un geste ou juste quelques expressions dans des dialogues évidents. Les décors sont juste brossés par une ambiance et un simple poste de radio. La fluidité du roman est telle qu’il se lit d’une traite, tant je me suis senti imprégné de cette époque comme par magie. D’ailleurs, le travail du traducteur (Jean Esch) est remarquable de ce point de vue.

C’est un magnifique roman, accessible à tous, qui ravira tous les amateurs de romans bien écrits, ceux qui aiment suivre une tranche de vie d’une ville au destin inéluctable, ceux qui aiment suivre des personnages droits avec des principes, qui flirtent avec la ligne jaune, qui essaient de mener leur vie face aux difficultés de l’époque, à la montée de la violence et à l’inéluctabilité de la loi de la jungle : la défense de leur territoire. C’est un roman qu’il faut classer parmi les classiques, à ne pas rater, à lire, relire et savourer.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 11:00

Je n’aime pas beaucoup les tags, mais c’est la deuxième fois que je me fais taguer et c’est la deuxième fois que je vais répondre. Pourquoi ? parce que ce sont 2 amies du web qui m’auront demandé de répondre aux questions. Et les amies …

Voici donc les réponses aux questions de Lystig :

1) Une chanson : Why Don't You Find Out For Yourself de Morrissey

2) Un plat : La poule à la crème de mon père avec son riz Pilaf. Souvenirs d’enfance !

3) Un mot inavouable en public : BATARD ! Un clin d’œil pour les collègues du boulot car il vaut mieux éructer que de frapper quelqu’un

4) Un proverbe : Tant qu’il y a du vin, il y a de l’espoir (proverbe de mon père). Ma porte est toujours ouverte (proverbe de moi)

5) Un espoir : Je rêve qu’un jour, plus aucun être humain ne meure de faim

6) Un pays : L’Italie pour sa gastronomie, ses femmes, ses monuments ses auteurs et ses peintres

7) Pénible : L’impolitesse. L’autre jour, une dame (plus âgée que moi) a bousculé mon fils de 3 ans pour le doubler à la boulangerie pour acheter son pain !

8) Une odeur : L’odeur des croissants chauds quand on va à la boulangerie le dimanche matin

9) Un des sept péchés capitaux : La paresse, s’asseoir dans un canapé alors que l’on a plein de choses à faire et ouvrir un polar de 700 pages passionnant. C’est le pied !

10) Une lectrice ou un lecteur pas raisonnable : Bruno de Passion Polar, Gridou des Gridouillis, Dominique de Unwalkers et Claude de Action Suspense. Accepteront-ils de répondre à ce questionnaire ?

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 20:30

Close upVoici un nouveau roman de la collection Vendredi 13, des éditions de la Branche. Après Samedi 14 de Jean Bernard Pouy, Close-Up de Michel Quint nous offre un polar écrit avec beaucoup de style.

De nos jours, dans la banlieue lilloise, le Quolibet est un petit cabaret miteux, offrant à ses clients des numéros de bas étage. Seul le numéro de Miranda sort du lot, un numéro d’illusionniste à base de tirage de cartes, grâce auquel elle fait semblant de prédire l’avenir à ceux qui veulent bien y croire. Dans la salle, Bruno Carteret est attentif, passionné et lui propose de faire son numéro lors d’un anniversaire qui aura lieu début janvier.

Miranda connaît Bruno Carteret, c’est le PDG de Buildinvest, une société de BTP qui employait l’ancien petit ami de Miranda, Eric. Eric a eu un accident de travail et est resté handicapé. Il a refusé de profiter de son accident et a démissionné, alors que Miranda avait préparé un dossier qui lui aurait permis d’obtenir une pension.

Miranda va accepter de faire son numéro à cet anniversaire, devant une partie de la haute bourgeoise lilloise. Elle a préparé son coup, et en tirant les cartes à Bruno, elle lui prédit qu’il va mourir avant le prochain vendredi 13. Sauf que, quelques jours plus tard, Bruno débarque au Quolibet, gravement blessé. On vient de tenter de l’assassiner. Il va demander à Miranda de le protéger.

Des histoires de duos improbables (clin d’œil à Jean Marc), on en trouve des centaines dans les polars. La confrontation de deux personnages, différents par leur psychologie, leur origine, leur vie est quelque chose de bien connu. Ici, on ne déroge pas à la règle, deux mondes différents à travers deux personnages fort bien dessinés, les pauvres face aux riches. Et Michel Quint nous dénonce de façon explicite mais pour autant pas militante les marchés français et étrangers faussés par des mallettes d’argent illicites.

Mais au-delà de ce refrain que l’on connaît, l’ambiance des nuits lilloises, des banlieues glauques, des soirées richissimes est formidablement rendu par le style inimitable de l’auteur, que je connaissais pour avoir lu ses œuvres dans la collection Rivages noir. Michel Quint est un jongleur de mots, un danseur qui fait virevolter ses phrases, un équilibriste de l’expression, un peintre impressionnant de bons mots. A travers un polar noir et fort bien construit, il m’a enchanté par son style flamboyant, et m’a donné beaucoup de plaisir avec ce roman fort bien maîtrisé.

 

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 20:30

BettyPublié à l’origine en 2003, ce roman a été écrit au beau milieu de la série des Erlendur, puisque La cité des Jarres date de 2000. Comme s’il avait voulu tenter un coup d’essai. C’est un essai réussi, très réussi même.

Le narrateur est enfermé dans la prison de Lital-Hraun, à Eyrarbakki, en détention provisoire. Il est accusé du meurtre de Tomas Ottosson Zoega, mais il nie tout en bloc. Sa position est de se présenter en tant que victime d’une machination, d’une conspiration dont il va essayer de comprendre les tenants et les aboutissants.

Le narrateur est spécialisé en droit économique, et ce matin là, il venait faire une conférence au cinéma de l’université, sur la situation des négociations des armateurs islandais à Bruxelles. Dans l’assistance, une femme, incontournable, sublime, Betty. Elle va l’accoster pour lui demander de venir travailler pour son mari, richissime armateur qui ne comprend rien aux nouvelles règles de l’Union Européenne. Il sera grassement payé, assure-t-elle.

Elle va le harceler, le pousser, lui téléphoner plusieurs fois par jour, jusqu’à ce que, finalement, il accepte. C’est surtout le fait que Tomas frappe sa conjointe (bien qu’ils ne soient pas mariés) et le fait qu’il va se retrouver hypnotisé par cette femme fatale qui va le décider. Ils vont devenir amants et le narrateur va décrire comment il va devenir une victime.

Ce roman est un classique du roman noir revisité par Arnaldur Indridason. Il reprend par le fond et la forme tout ce qui fait un bon polar. D’ailleurs, il fait clairement référence à Le facteur sonne toujours deux fois de James M.Cain, dont il cite un passage en introduction de son roman. Si l’intrigue est donc connue, si le style est toujours aussi plaisant, le roman se détache par la manipulation dont il fait montre … et dont je ne peux rien dire sans dévoiler la perle de l’intrigue.

On y trouve donc un mari, une femme et son amant. Le mari est violent, frappe sa femme et celle-ci ne peut le quitter à cause de l’argent. Le narrateur, choisi ou pas par la femme (c’est une des questions du roman) va jouer un rôle dans ce drame et être le complice du drame qui est le meurtre du mari. Dit comme ça, cela parait simple voire simpliste. 

Oui mais voilà ! Après nous avoir installé dans le personnage principal, Indridason nous réserve une belle surprise en plein milieu du livre. Cela nous remet à notre place, et le plaisir rebondit devant cette histoire savamment construite. C’est finalement un bel exemple d’histoire faite avec des personnages classiques, sur une trame classique revisitée par un auteur qui décidément n’en finit pas de me surprendre. Betty ne fait que confirmer le talent de cet auteur islandais. 

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 20:30

Evangile selon FrancyIl arrive que je choisisse les romans que je lis grâce à leur quatrième de couverture. Celui-ci m’a été envoyé par les éditions First et le résumé m’a amusé, puis c’est la curiosité qui l’a emporté. Ce roman s’avère une bonne introduction à une série dans tous les sens du terme.

Ça commence fort, ça commence très fort. Francy, jeune femme de trente cinq ans à la tête d’une mafia, et son bras droit La petite Marie sont en train de torturer un homme qui leur fait de la concurrence dans le milieu de la drogue. « cette espèce de grand morveux et de petite frappe » ne peut pas avoir monté ce commerce tout seul. Effectivement, Hannes dénonce Rhenman.

Puis Francy va retrouver sa petite famille. Si elle est à la tête d’une mafia qui regroupe des activités aussi diverses qu’extorsion, racket, trafic de drogue, jeux clandestins et prostitution, elle a des parents, un mari, un garçon de 9 ans et elle est enceinte d’un nouvel enfant. Elle a d’ailleurs du mal à concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle.

D’autant plus que son enquête sur son concurrent illégal va l’amener à se retrouver en plein cœur d’une guerre de gangs avec un rival inconnu qui se fait appeler Zach. Alors que sa mère se donne pour les bonnes œuvres, que son père regrette de lui avoir céder son empire mafieux, et que son fils a besoin d’affection, sans compter qu’elle se pose des questions sur la fidélité de son mari, la vie de Francy va être turbulente et agitée.

Ce roman est le premier d’une série, et c’est d’ailleurs l’impression que l’on en a quand on le lit. En effet, j’ai eu l’impression de lire une série américaine (ou plutôt suédoise). 25 chapitres comme autant d’épisodes, une foultitude de personnages suffisamment bien marqués pour que l’on s’intéresse à l’histoire, une trame de fond avec plein de petites histoires autour.

Vous me direz : facile à faire ! On prend les Sopranos et on copie de façon honteuse. Ce n’est pas le cas ici. L’originalité réside dans le fait que le chef de la mafia est une femme, et même une mère de famille. Et c’est plutôt amusant d’alterner les passages durs d’une mafieuse avec les tracas de tous les jours d’une jeune mère. Si le roman se lit facilement, le style est lisse, et j’ai regretté qu’il n’y ait qu’un ou deux passages forts.

Globalement, après un début que j’ai trouvé un peu poussif, et même trop démonstratif, l’ensemble prend peu à peu son envol et on passe d’un personnage à l’autre sans aucun problème. Si je n’ai pas trouvé ce roman exceptionnel, il est un bon divertissement pour inaugurer une série lors de laquelle on aura plaisir à retrouver des personnages que l’on a appris à bien connaître. Et puis, si on y réfléchit bien, 21,90 euros pour une série, c’est toujours moins cher qu’un coffret de DVD à 40 euros.

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 20:30

CalibreVoici donc le dernier roman en date de Ken Bruen, qui fait partie du cycle R&B, initiales de deux des personnages principaux de cette série, à savoir Roberts et Brant, deux flics du sud-est de Londres

Nous voici donc de retour au commissariat de Carter Street à Londres. Alors que le commissariat est à la recherche d’un gang de voleurs de voitures, des meurtres apparemment sans lien se retrouvent reliés entre eux grâce à une lettre qui parvient au superintendant Brown. Le tueur, qui se nomme Ford, affirme avoir tué deux personnes sous prétexte qu’elles étaient malpolies et agressives. La lettre, fort bien écrite, déclare que le massacre continuera en visant toutes les personnes qui oseront être malpolies et désagréables envers leurs congénères.

C’est Porter Nash, l’inspecteur homosexuel, qui est chargé de l’enquête. Son histoire d’amour avec Trevor, le barman, commence à tourner court, d’autant plus qu’il s’aperçoit qu’il le trompe, et qu’il va être visé par le Tueur des personnes impolies. Alors Brant, malgré ses dehors rustres et son humour agressif, malgré son évidente corruption et son agressivité, va aider Porter.

On retrouve aussi Falls, l’agente noire, qui est dégradée au point de faire la circulation, et qui essaie de se sortir de la cocaïne. On retrouve aussi McDonald, marqué par une précédente enquête où il s’est retrouvé sous la menace d’un fusil et Roberts qui est censé diriger tout ce petit monde.

Plus que jamais, dans cette aventure, on retrouve le goût et l’amour de Ken Bruen pour les romans policiers et les romans noirs. On retrouve les nombreuses citations toujours fort à propos en tête de chapitres, et imprimées sur une page à part pour mieux les mettre en évidence, pour mieux marquer le respect à ses grands auteurs.

Le clin d’œil va même s’insérer dans l’histoire car le tueur est un fan de Jim Thompson et de son roman Le démon dans ma peau, et Brant se voit bien auteur de romans noirs tant il voue une devotion à Ed McBain et cette gigantesque fresque qu’est le 87ème district. D’ailleurs il veut écrire un roman vrai et violent dont il a le titre : Calibre.

Au bout de ce roman, dont Ken Bruen fait dire à ses personnages qu’il sera résolu grâce à un gigantesque coup de chance (ce qui est le cas), je me suis rendu compte que Ken Bruen a une ambition : Ecrire un cycle, une œuvre que l’on pourrait comparer à celle de McBain. Et les personnages sont si vivants, si bien faits, que moi qui étais plus fan de Jack Taylor, je viens d’être pris par le virus R&B. A vous d’essayer et vous allez aussi l’attraper !

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 11:00

ronde-des-innocents.jpgVoici une nouvelle lecture dans le cadre du Prix du meilleur polar organisé par les éditions Points. Par la même occasion, cela me permet de découvrir un nouvel auteur dans ma liste déjà fournie.

Cauterets, Hautes Pyrénées. Vincent, ancien flic qui s’est reconverti en tant que photographe suite à une affaire de trafiquants de drogue qui a mal tourné, apprend que le corps de son frère Raphael vient d’être retrouvé attaché et horriblement mutilé, comme s’il avait été torturé. En fouillant son appartement, il découvre une arme Beretta 92, et dans son courrier une lettre comportant un disque de Eric Clapton sur lequel figurent une femme et un enfant. Raphael lui a donc caché qu’il avait une famille. Sur la dernière image sont inscrits : « Protège les ».

Nice, Le lieutenant de la police judiciaire Justine Néraudeau débarque au lycée Masséna. Un jeune garçon de dix huit ans, Sébastien Cordero a été découvert doublement poignardé, alors qu’il était jugé comme très bon élève sans problèmes en train de réaliser des études préparatoires à Normale Sup. L’enquête va rapidement la mener d’abord vers son ex petite amie puis vers le gang de Carella. Les deux enquêtes vont trouver leur dénouement à la suite d’une fin surprenante.

Ce que l’on ne peut pas reprocher à Valentin Musso, frère de Guillaume, c’est de savoir mener une intrigue. Il nous raconte deux histoires distinctes, bien séparées avant de les rapprocher dans un final surprenant. L’ensemble est plutôt bien fait, et en tous cas, cela se lit très facilement.

Mais là où le livre pêche, c’est dans son rythme, très lent, et dans la psychologie des personnages que j’ai trouvé surprenante voire illogique. Par exemple, Vincent apprend la mort de son frère qui vit dans le même village que lui, donc il le voit souvent ; Eh bien, il n’a plus de chagrin que cela quand il apprend sa mort. Et il se lance dans l’enquête, ce qui est normal ?! Le personnage de Justine aussi m'a paru accessoire, alors qu'il aurait pu avoir un rôle plus important dans cette histoire.

De même, les indices tombent du ciel, les uns après les autres. Cela peut se pardonner au début, mais cela devient vite lassant. Pourtant, un premier roman qui menait deux histoires en parallèle, c’était alléchant, mais finalement, j’appellerai cela un rendez vous raté. J’en tenterai un deuxième avant de me faire une idée, d’autant plus que Cendres froides est sorti cette année et qu’on en a beaucoup parlé. A bientôt donc pour un avis définitif.

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 20:30

Saucisse is watching youJ’ai un mal de chien à faire cette chronique. Peut-être est-ce à cause de ce temps de chien ? Voici donc ce roman qui n’en est pas un, regroupant les chroniques de Saucisse le chien.

Ce roman est tout simplement irracontable, et je vais juste en dire deux mots : Ce n’est pas un roman, ce n’est pas un essai, ce sont des chroniques sur la vie de tous les jours, racontées à vue de nez (euh pardon, à vue de truffe) pour mieux montrer le ridicule et la bêtise dont on peut faire montre, alors qu’il suffit de prendre un peu de recul pour voir la vie différemment.

Pas de flics, pas de truands, pas d’assassins, pas de chien de pistolet prêt à tirer,  mais un roman drôle, cynique, juste, avec beaucoup de chien. Clairement, ce roman n’est pas fait pour les chiens ni pour que les gens soient comme chien et chat, mais c’est un roman pour passer du bon temps, avec un peu, voire beaucoup de réflexion.

Tout le monde y passe, des politiques aux chauffards, des amis du maître de Saucisse à la télévision, des idiots aux imbéciles. Plus d’une cinquantaine de chroniques écrites au fil de l’eau comme des petites pensées qui remettent les idées en place, une sorte de chien de garde contre la morosité dans laquelle on nous plonge. On y parle même de la rubrique des chiens écrasés.

Tout le monde en prend pour son grade, et ce roman fait l’effet d’un chien dans un jeu de quilles, on dirait un coup de chien, dans un moment où il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors. Et le bon conseil que je donnerai, c’est de ne pas le lire en une fois, mais d’y aller comme un chien d’aveugle, d’aller y piocher au hasard avec flair. Ce sera un bon moment de rigolage, souvent jaune comme le chien de la même couleur.

Ah ! le chien ! se disent les lecteurs de cette chronique. Il est trop court, cet article. Ce à quoi je répondrai : lisez le, nom d’un chien ! Je me suis bien marré avec ce roman, qui m’a donné envie de me promener à quatre pattes et de pisser contre un arbre.

 

 

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  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
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