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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 20:30

redemption streetVoici l’exemple type de roman que j’achète suite à une critique dithyrambique, que je stocke dans une de mes bibliothèques, en attendant l’envie de l’ouvrir, mais en sachant que ça va me plaire. Il m’aura fallu 4 années avant de le lire. Et me voilà lancé dans un nouveau personnage récurrent.

Nous sommes à New York, dans les années 80. Moses dit Moe Prager, n’est plus flic depuis quatre ans. Une blessure au genou l’a obligé à prendre sa retraite et se reconvertir, d’abord en obtenant son diplôme de détective privé, ensuite en ouvrant une boutique de vins et spiritueux avec son frère dans Manhattan. Il a trouvé un certain équilibre entre sa femme Katy et sa fille Sarah.

Un matin juste avant Thanksgiving, un homme à la dégaine de loser le demande. Il s’appelle Arthur Rosen et lui demande de retrouver sa sœur Karen. Or, karen fait partie des dix-sept victimes d’un incendie qui a ravagé un hôtel des Catskill quinze ans plus tôt. Arthur insiste sur le fait qu’il a connu la sœur de Moe au Lycée. Moe s’est fait une réputation lors de son passage dans la police : il est capable de trouver n’importe qui. Sauf que c’était un coup de chance. Moe n’a pas l’intention de faire cette enquête, alors il décline l’offre.

Deux jours plus tard, un homme mystérieux demande à le voir dans sa gigantesque Lincoln. Son nom est R .B. Carter. C’est le frère de Andrea Cotter, une jeune fille qui est morte dans le fameux incendie. Il explique que la famille Rosen n’a jamais cru à la mort de Karen, et est allée jusqu’à attaquer en justice tous les éventuels responsables des pompiers aux compagnies d’assurance avant de se retourner vers la famille Cotter. Carter veut s’assurer que Moe ne s’occupera pas de l’enquête et lui propose de l’argent. Moe refuse à nouveau lui assurant qu’il ne fera rien.

Aiguillonné par tant de sollicitations, Moe apprend que Arthur est hébergé dans un institut psychiatrique, le Sunshine Manor. Moe s’y rend le jour même et découvre que Arthur s’est pendu dans sa chambre avec sa propre ceinture accrochée à l’armoire. Sur le mur, le défunt a gravé cinq mots : FAUX, HAMMERLING, INCENDIE, POEMES et JUDAS. En dessous, il a écrit avec son propre sang PRAGER. Décidément, Moe va devoir s’en occuper.

L’édition française est bien étrange. Ce livre, sorti en 2006, est en fait la deuxième enquête de Moe Prager, après Angle obscur qui sortira chez nous en 2007. Décidément, on ne fait rien comme les autres, en inversant les aventures. Reed Farrel Coleman est bien peu connu chez nous, et c’est bien dommage. Car c’est un super écrivain, capable de prendre une situation inextricable et inédite pour nous emmener dans une enquête qui va fouiller le passé.

Le gros point positif de ce roman est évidemment ses personnages. Ils sont fort bien décrits, et si on a tendance à s’identifier à ce détective privé juif un peu particulier, qui semble subir sa vie et les événements, on s’aperçoit bien vite que chez Coleman, les méchants sont méchants et les gentils pas trop gentils. L’ambiance est bizarre, Moe étant obligé de se faire accepter dans une région qui n’est pas la sienne à coup de blagues typiquement juives pleines de dérision et d’absurde.

« On ne se rend pas compte de la vitesse à laquelle on tombe, jusqu’au moment où l’on touche le sol ». Car c’est autant une descente aux enfers, qu’une plongée dans les souvenirs. On n’échappe pas à son passé, il faut juste accepter les conséquences de son destin (celle là est de moi). Ce roman est certes une enquête classique, mais l’histoire est bigrement attachante, celle d’un miroir que l’on vous oblige à regarder. Ce n’est pas toujours beau, mais c’est très agréable à lire. Et ne ratez pas le troisième tome des aventures de Moe Prager qui s'appelle Soul Patch, qui sort ces jours ci aux éditions Phébus, dont nous reparlerons bientôt.

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Published by Pierre faverolle - dans 2011
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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 20:30

SerenaAprès le formidable Un pied au paradis, il m’était difficile de ne pas lire son dernier roman en date. Serena s’avère une histoire ambitieuse, décrivant l’Amérique des campagnes en pleine crise économique des années 30.

Nous sommes dans les années 30, juste après la grande crise économique. Pemberton est un riche et puissant exploitant forestier, à la tête de plusieurs bûcherons qui abattent des arbres pour les chemins de fer. Il n’est pas particulièrement attaché à cette région, car quand ils auront fini ces forêts, il s’en ira ailleurs abattre une autre forêt. La crise économique est un avantage pour lui : elle lui permet de payer ses ouvriers au minimum et de les virer comme bon lui semble.

Il vient de se marier avec Serena, une jeune femme extrêmement belle. Elle s’avère aussi très mystérieuse car personne ne connaît son passé, on ne sait d’elle que ce qu’elle veut bien raconter et les quelques légendes qui circulent sur son nom. Elle est très autoritaire, et démontre de grandes compétences dans plusieurs domaines comme les arbres, les animaux; c’est ainsi qu’elle acquiert le respect des hommes de Pemberton, malgré son attitude dure et implacable.

Avant de se marier avec Serena, Pemberton a vécu brièvement avec Rachel Harmon, une jeune femme de 17 ans qui est la fille d’un de ses ouvriers. Rachel est enceinte de Pemberton, mais il la renie allant même jusqu’à tuer Harmon. Rachel va mettre au monde et élever Jacob, avant de revenir travailler au camp à la cantine. Mais Pemberton ne sera plus jamais attiré par une autre femme que Serena.

L’exploitation de Pemberton est en difficulté depuis que l’état a décidé de créer un parc national. L’état décide donc d’exproprier les propriétaires terriens ou de leur racheter à bas prix leurs terres. Mis Pemberton ne vendra pas à moins qu’il ne fasse un substantiel bénéfice. Pemberton va employer tous les moyens qu’il a à sa disposition pour éviter la perte de ses forêts.

Serena est un roman impressionnant par son sujet et son traitement. Ron Rash s’affirme comme l’auteur des campagnes américaines, en créant des personnages incroyablement forts. J’avoue avoir eu un peu de mal au début, car il nous plonge dans les années 30, sans introduction, sans description particulière des lieux, des gens. Une fois dépassé les 50 premières pages, on a placé les personnages, l’action est là et on se délecte de cette histoire d’hommes. 

Histoire d’hommes car même les femmes sont dures comme le roc. Serena est une femme mystérieuse, belle, intelligente et sans pitié, animée d’une haine farouche quand il s’agit de s’en prendre au petit Jacob et à sa mère. Il y a Pemberton, un homme implacable comme devaient l’être les propriétaires de l’époque, cherchant tous les moyens possibles pour s’enrichir, mais c’est aussi un homme tiraillé par l’amour paternel qu’il porte envers son fils naturel. Et puis, il y a Rachel, la seule présence féminine et humaine de ce livre, sans famille depuis l’assassinat de son père par Pemberton, obligée de travailler de longues journées pour élever son enfant, qu’elle aurait tant aimé détester, mais c’est impossible pour une mère.

C’est donc à un grand voyage dans le temps auquel Ron Rash nous convie, avec toutes les qualités qu’il nous avait montré dans Un pied au paradis, ces descriptions au plus juste, ces dialogues avec le parlé des pauvres gens, avec une distance dans la narration pour ne pas prendre parti. Et ne venez pas y chercher des chapitres courts avec des phrases hachées. C’est primitif comme les motivations ancestrales de l’homme, sauvage comme la nature sans pitié, violent comme les pires tréfonds de l’âme humaine, brutal comme la vie, comme la mort. Serena est un sacré roman.

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Published by Pierre faverolle - dans 2011
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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 20:30

Crucifix et crustacésLes éditions Papier libre éditent une collection de polars en format de poche avec des couvertures en noir et blanc fort belles. Ce roman de Hervé Mestron sorti au mois de novembre de l’année dernière vaut le détour.

Le père Walter est un curé qui forme de nouveaux curetons dans la paroisse de Saint Ouen. Il les prend alors qu’ils sont sur le point de tomber dans la délinquance et leur montre la voie sacrée du seigneur. Puis ils les envoie en province faire leurs armes. C’est le cas de Joe, à qui Walter va confier une mission : Denisov le précédent cureton a été envoyé à Montmirail. A la fin d’une rave non autorisée par les autorités, Denisov a été écrasé par une voiture qui ne s’est pas arrêtée. Le père Walter demande à Joe d’aller enquêter, d’autant plus que la police a classé l’affaire comme un regrettable accident.

Daniel Bensila est un écrivain, ou plutôt un scénariste. Les droits du dernier de ses romans (dont le titre est Le Kat) vient d’être acheté par un producteur qui s’appelle Krieber et qui a produit et réalisé deux films : Veller et Confessions d’une sainte. Ces films sont un peu particuliers avec une vision violente et décalée de l’humanité. Daniel travaille sur l’adaptation du roman mais celui-ci ne verra pas le jour. Pour se venger, il vole la MG de Krieber et au détour d’une rue, écrase une jeune femme. Pour ne pas se faire arrêter, il commet un délit de fuite.

Au fil de ces deux histoires qui n’ont aucun rapport l’une avec l’autre, nous allons rencontrer toute une panoplie de personnages, que ce soient la famille Affatigati dont l’entreprise vend des objets du culte, une ex star du cirque naine et acrobate, des gendarmes, des propriétaires de bar, une femme de ménage, le maire de Montmirail qui tient une entreprise d’engins agricoles, et un mystérieux personnage qui a été témoin de l’accident. Et les morts vont pleuvoir dans cette partie de la Seine et Marne, en apparence bien tranquille.

Hervé Mestron n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a écrit plus de 30 livres. Et on ressent à la lecture un savoir faire pour mener une intrigue avec des personnages hauts en couleurs. Le roman est écrit en courts chapitres ce qui permet une lecture rapide, et comme il se passe toujours quelque chose, on ne s’ennuie jamais. J’ai particulièrement apprécié l’humour désabusé de Daniel dans les passages écrits à la première personne. Il détaille comment un auteur tente de vivre de sa plume tout en sachant que le monde du cinéma se fout des œuvres.

Ce roman regorge de personnages que j’ai adorés. Une des grandes qualités de ce livre est d’avoir fait vivre une bonne dizaine de personnages dont les traits de caractères sont décrits en un paragraphe. Et c’est tout. Avec des dialogues qui collent à l’image que l’on se fait d’eux, la lecture devient très plaisante. On peut ajouter à cela l’ambiance petite ville, où tout le monde sait quelque chose, ou croit savoir. En cela, les dialogues, pleins de sous entendus sont remarquablement réussis.

J’ai apprécié aussi le personnage de l’écrivain, sorte de double de l’auteur. C’est amusant de lire le B-A-BA d’une intrigue réussie, où il détaille qu’il faut une intrigue n°1 et qu’il faut ajouter une intrigue n°2 pour tenir le lecteur en haleine. Je regrette juste la fin brutale qui part dans tous les sens, comme s'il fallait se débarrasser des gens. Avec des personnages désenchantés, n’espérant rien, et une intrigue fort bien écrite et décrite, ce roman, dédié à Pascal Garnier est un bon polar très divertissant d’une collection que je vais surveiller de près.

L'avis d'Oncle Paul est ici.

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 20:30

L’année 2011 commence en fanfare, tant les annonces de sortie sont alléchantes. Parmi celle que j’ai notées (et je dois en avoir raté beaucoup) d’auteurs dont j’ai envie de suivre les œuvres ou bien de ceux que l’on m’a conseillé, voici une liste subjective autant que tentatrice :


Serena de Ron Rash (Le Masque) en 05 janvier 2011

Padana city de Massimo Carlotto (Points) le 06 janvier 2011.

Soul Patch de Reed Farell Coleman (Phébus) le 13 janvier 2011

Les harmoniques de Markus Malte (Série Noire) le 13 janvier 2011

La malédiction Hilliker de James Ellroy (Rivages) le 19 janvier 2011

Les anges s'habillent en caillera de Rachid Santaki (Moisson rouge) le 20 janvier 2011

Le jardin du diable de Ace Atkins (Editions du masque) le 26 janvier 2011

Tijuana straits de Kem Nunn (Sonatine) le 27 janvier 2011

La rivière noire de Arnaldur Indridason (Metailie) le 03 février 2011.

Le léopard de Jo Nesbo (Série Noire) le 03 février 2011

Chasseurs de têtes de Jo Nesbo (Folio) le 03 février 2011

Mauvais fils de George Pelecanos (Seuil) le 03 février 2011

Mr Paradise de Elmore Leonard 'Rivages noir) le 09 février 2011

Le père et l’étranger de Giancarlo De Cataldo (Métailié) le 17 février 2011

Adieu Gloria de Megan Abbott (Editions du Masque) le 23 février 2011

Un hiver de glace de Daniel Woodrell (Rivages noir) le 23 février 2011

L'heure des loups de Shane Stevens (Sonatine) le 24 février 2011

Angle obscur de Reed Farrel Coleman (Points) le 03 mars 2011

Les leçons du mal de Thomas H.Cook (Seuil) le 10 mars 2011

Le mur, le kabyle et le marin de Antonin Varenne (Viviane Hamy) le 10 mars 2011

La paradis (ou presque) de Charlie Huston (Seuil Policilers) le 17 mars 2011

L’honorable société de DOA et Dominique Manotti (Série Noire) en mars 2011

 

Si tout se passe bien, vous devriez voir des articles sur une bonne partie de ces romans. A nouveau, je vous souhaite une bonne année 2011 et n’oubliez pas le principal : lisez !

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