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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 21:28

Il semblerait que le roman noir et policier soit à la mode.

Il semblerait que les blogs soient à la mode.

De nombreux média se sont donc mis à mettre en ligne leur propre blog spécialisé dans le polar.

Voici quelques adresses avec des appréciations tout à fait personnelles sur leur contenu :

Le nouvel Observateur : un site qui a le mérite de faire des bons choix, plutôt axés sur la qualité que sur les best sellers.

L’express : un site plutôt moyen qui mélange les polars, policiers et la BD

Le parisien : un site remis à jour assez souvent avec des articles que je trouve de bonne qualité  

20 minutes : un site abandonné ( ?) mais dont j’appréciais les articles

RTL : podcast accessible sur rlt.fr sur lequel vous tapez « c’est à lire ». Les conseils sont de bon ton. L’émission est écoutable sur rtl le dimanche matin vers 8H40

France info : tout nouveau, tout beau. C’est l’expression qui dit ça. Attendons de voir !

Télérama : plutôt pas mal, j’aime bien.


Enfin, après avoir lu l’article de Hannibal sur l’Indic, une revue dédiée au polar éditée par l’association Fondu du Noir, je me suis décidé. Je me suis abonné. Et je viens de recevoir le numéro 4, et je suis comme un gamin qui vient de recevoir un cadeau de Noel inespéré. C’est un numéro spécial sport. Le format est petit, passe partout, le papier glacé, de qualité, les articles (j’en ai lu deux) de qualité et les photos en noir et blanc (j’adore).

Pour le site de l’association, c’est . Pour s’abonner, il suffit d’envoyer un mail à fonduaunoir44@gmail.com avec vos noms et adresse, ils vous envoient le denier numéro et vous payez à réception de la facture 12 euros pour 3 numéros. Pas cher vu la qualité de la revue.


Enfin, la parution de Underworld USA du grandissime Ellroy est annoncée pour le 6 janvier 2010 sur le site de Payot Rivages et vous pouvez accéder aux premières pages du livre

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 20:32

Ce livre là est l’un des sélectionnés pour Polar SNCF. A priori, je serais passé au travers, et cela aurait été bien dommage.Car il nous convie à un véritable conte pour adultes.

Castletownbere, Irlande, 'il n'y a pas si longtemps'. Moira Hegarty et ses deux nièces, Fiona et Róisín sont retrouvées assassinées sauvagement. Dans un petit village tranquille, cela créé un choc. Mais comme tout cauchemar, tout le monde s’empêche d’oublier ce drame. Quelque temps plus tard, Niall, le jeune postier du village, récupère une enveloppe contenant le journal intime de Fiona. Il se retrouve envoûté par ce personnage et décide de comprendre ce qui se cache derrière ces meurtres. Il découvre alors l'existence de Jim Quick : un 'seanchai', conteur de légendes irlandaises et cherche à comprendre toute l’histoire, aidé en cela par le journal intime de la deuxième nièce.

Il est bien difficile de parler simplement de ce roman foisonnant. Car l’imagination est au rendez vous dans ce livre. Bien que j’ai mis beaucoup de temps pour le lire, pour des raisons de santé, jamais je n’ai voulu le lâcher. Car sa lecture est envoûtante. Autant que le personnage de conteur. Christian Mork a une grande qualité, c’est qu’il vous prend par la main, et vous embarque dans son imaginaire. Il construit son histoire comme on construit un conte, ou un château, pierre par pierre, morceau par morceau. Et le mystère qui plane autour des personnages nous force à vouloir aller plus loin, à essayer de démêler les fils de ce drame.

La construction du livre y est pour beaucoup. Alternant entre l’enquête de Niall et les journaux intimes des deux nièces, cela devient vite passionnant, d’autant que c’est un très bon moyen de manipuler le lecteur. Car dans un journal intime, on ne fait apparaître qu’une partie de la vérité, on cache ou on omet certaines choses. Et il a le talent d’avoir agencé cela comme des poupées russes, mêlant une histoire dans une histoire dans une histoire. Et tout cela sans que le lecteur ne ressente aucune confusion. Très fort.

Alors oui, comme tous les auditeurs du conteur Jim Quick, je me suis laissé prendre à cette histoire, regrettant parfois certains effets de styles, certaines maladresses de style de description ou de faux suspense. J’ai trouvé que Christian Mork était beaucoup plus à l’aise dans les journaux intimes que dans l’avancée de l’enquête de Niall. Mais au bout du compte, j’en ai retiré énormément de plaisir à lire ce conte moderne. Sans oublier, bien sur, le suspense et l’explication finale qui n’intervient que dans les toutes dernières pages.

Comme pas mal de mes collègues blogueurs, j’ai été surpris, bluffé par le talent de conteur de Christian Mork, et je pense qu’il va falloir que je lise les prochains. D’ailleurs, Jim Quick n’est-il pas le double de Christian Mork ? En tous cas, ce conte moderne pour adultes vaut largement d’être lu et dévoré.

Les autres avis dont je vous parlais sont chez

Lecture sans frontières, yspaddaden, Cynic63, et  Pages d’écriture entre autres.

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 20:56

Mona Cabriole est journaliste à Paris News. Elle a ses indics un peu partout à Paris. Dans cette aventure, Elle est contactée par Moise qui travaille au centre médico-légal de Paris, quai de la Râpée : il vient de recevoir le corps de Adriana de Rais, célèbre artiste de musique underground. Celui-ci se serait suicidé d’une balle dans la tête. Mona Cabriole se rend à la morgue et s’aperçoit que le corps a disparu. De même, quand elle veut obtenir des renseignements sur Adriana (de son vrai nom Albert Duplot, tous les livres sont épuisés et tous les renseignements sur internet inaccessibles. Seul un bouquiniste aussi étrange que beau lui procure une autobiographie. Mona Cabriole, tout en se demandant si ce journal est vrai ou faux, tente de démêler cette affaire.

J’avais déjà lu le premier tome des aventures de Mona Cabriole, car dès qu’il y a des séries de ce genre, je me jette dessus. Le premier de la série, donc m’avait moyennement plu. Pas de suspense, pas de rythme, une écriture passe partout, une histoire aussi vite lue qu’oubliée.

J’étais curieux de voir ce que Antoine Chainas pouvait bien faire avec les exigences liées au genre. Comment allait-il rester dans le format, et réussir une histoire avec un personnage bien sous tout rapport ? Eh bien, Chainas a décidé de ne pas faire de concession. Le personnage est le même : Mona est toujours curieuse, douée pour les déductions et surtout désespérément seule, prête à tomber amoureuse du premier bel homme venu.

A partir de ce constat, Chainas construit son monde, avec coté pile le douzième arrondissement, et de l’autre le monde underground du glauque. On ne peut pas dire qu’avec ce livre, Chainas fait progresser sa vision du monde ou sa thématique, mais il fait avancer celui de Mona Cabriole. Plus que jamais, on retrouve un Paris du mois d’octobre, rayonnant et plein de touristes. Et sous la surface, vit tout un monde dont personne ne peut se douter.

Si vous êtes curieux de cet auteur, ce roman est un bon début. Ne vous attendez pas à être transcendé par l’histoire, mais succombez aux descriptions du monde que l’on ne voit pas, juste en dessous de la surface. Vous allez plonger dans le monde des glauques, des pervers, des déviants, des bizarres. Après avoir cette petite dose de Chainas, vous pourrez enchainer avec du lourd, à savoir l’un de ses trois romans au choix : Aime moi Casanova, Versus ou Anesthaesia. J’ai préféré Versus personnellement. J'aurais aimé que celui là fasse une centaine de pages en plus. mais bon !

Si vous connaissez Chainas, alors je suis sur que vous l’avez déjà lu.

D’autres avis sont disponibles sur le net dont Jean Marc, Cynic63 et Moisson noire et Serial Lecteur

A noter enfin que Chainas annonce sur son blog la sortie de son prochain livre en avril 2010 qui s’intitulera Une histoire d'amour radioactive. Tout un programme. Enfin ! Encore un livre à acheter.

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 21:18

Après avoir lu les avis chez mes collègues blogueurs, je l’avais mis dans ma liste de livres à dévorer. Le fait qu’il soit retenu dans la sélection automnale de Polar SNCF m’a motivé pour le lire dès à présent.

Pierre Vilar est commandant de police à Bordeaux. Victor est un garçon de 10 ans dont la mère a été assassinée. Les deux personnages principaux ont vécu un drame dont ils ne se remettent pas, dont ils ne se remettront jamais : Vilar a perdu son fils, Pablo, enlevé à la sortie de l’école depuis plus de cinq ans et Victor a découvert sa mère, gisant dans un bain de sang dans sa chambre. Vilar va enquêter sur le meurtre de la mère de Victor, qui lui va être placé dans une famille d’accueil. Les deux affaires vont se rejoindre bien vite au travers d’un tueur qui joue avec la vie de Vilar et Victor.

Sur la quatrième de couverture, il y est fait mention d’une atmosphère à la Robin Cook. Eh bien, on n’en est pas loin. L’ambiance est noire, opaque, sale. Le sujet est glauque. Et les personnages déprimés au possible. Ici, on est dans le Noir, le vrai, le pur. Et dans la nuit ambiante, pas une petite lueur. L’ambiance est aux pleurs, aux cicatrices qui ne se referment pas, aux regrets d’être arrivé trop tard, d’avoir manqué un moment important, aux conséquences mortelles.

Les deux personnages ont une force en commun. Malgré les moments de découragement, ils redressent toujours la tête. Ils sont blessés par les événements de leur vie, mais refusent de se laisser abattre un peu plus. S’ils sont tous les deux passionnants d’un point de vue psychologique, j’ai trouvé personnellement que Vilar était plus intéressant à suivre, et que l’histoire de Victor était par moments accessoire par rapport au déroulement général du roman. Le fait qu’un chapitre leur soit comparé à tour de rôle est classique et j’avais hâte de passer certains chapitres de Victor. D’ailleurs, je n’ai pas trouvé de logique ou de relation entre les chapitres Vilar et les chapitres Victor. Serais-je passé à coté de quelque chose ?

L’écriture est vraiment agréable, regorgeant de descriptions, d’adjectifs. On est dans un style très détaillé, faisant part égale entre description des lieux ou de l’environnement et les états d’ame des personnages. J’ai regretté qu’il n’y ait pas de personnages secondaires plus marquants, car Hervé Le Corre met en avant ses deux protagonistes. Par contre, on a parfois droit à des passages d’une noirceur comme j’en ai rarement lu récemment. En cela, on se rapproche de Robin Cook. Et parfois, on a droit à des phrases interminables, faisant dix lignes (je n’exagère pas) qui nous laissent à bout de souffle mais qui ralentissent le rythme, le rendant poisseux. Je dirai que l’on oscille entre le brillant et le le lassant (mais très peu, je vous rassure).

Mais c’est le sujet qui me restera en mémoire, c’est toute cette violence dirigée contre des petits êtres innocents. Et tous les gens qui gravitent autour, pour qui c’est normal. C’est la révolte de Vilar contre le système, qui se débat avec les armes qu’il a, quitte à faire bande à part, en solitaire, comme un loup à la recherche de son louveteau. Et ce qui m’a choqué, c’est l’indifférence générale, la normalité devant des actes atroces que Hervé Le Corre dénonce. Tout le monde s’en fout des cœurs déchiquetés. La société qu’il nous peint est bien moche, son trait est sans concession, et il laisse passer de bien désagréables frissons dans le dos.

Si je dois encore en rajouter pour vous donner envie de lire ce livre, allez chez un libraire et lisez les six premières pages qui constituent le prologue. Elles sont noires à souhait et donnent le ton du roman.

D’innombrables avis sont disponibles sur internet dont ceux de mes collègues  Jean marc , Hannibal , et Jean Claude .

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 20:36

Allez ! encore un roman sélectionné pour le vote automnal de Polar SNCF. Amusant, celui là, je le connaissais. Mais je vous en parlerai plus bas.

Michel et Karen quittent Amsterdam pour un petit village de banlieue. Comme Karen s’ennuie, elle décide de créer le club des dîneurs avec cinq couples de ses voisins. Tout se passe pour le mieux jusqu’à qu’un de ses voisins et amis Evert se tue dans l’incendie de sa maison. Heureusement, la femme d’Evert et ses deux enfants en réchappent. La police conclut l’affaire par un suicide. Puis, Hanneke, une autre amie est retrouvée morte après qu’elle se soit jetée du balcon d’un hôtel. Commencent alors les doutes pour Karen, les questions sur des gens qu’elle croyait connaître et apprécier voire aimer.

L’une des grandes qualités de ce roman, c’est sans aucun doute son écriture. Simplissime, efficace, pas besoin de faire de grandes descriptions ni de grandes phrases pour apprécier et dévorer ces 300 pages. Ça se lit bien, ça se lit vite, et sans jamais lasser. On a l’impression que karen est devant nous à nous conter ses mésaventures. C’est efficace et très agréable

Le deuxième point fort, c’est la montée des doutes que subit la narratrice. Il semblerait que cela soit à la mode, au moins dans les livres que je lis. On a affaire à quelqu’un (en l’occurrence quelqu’une) qui est pleine de certitudes, et un ou plusieurs drames viennent remettre en cause ces certitudes. On doute de ce qu’on croit, des fondations de notre vie quotidienne, des gens que l’on connaît ou croyait connaître.

Un bon petit roman distrayant qui risque de se faire oublier aussi vite que je l’ai lu. La quatrième de couverture parle de montée d’angoisse dans le bouquin, je dirais plutôt qu’il s’agit d’un suspense gentillet savamment distillé. J’ai aussi particulièrement apprécié les flash-back distillés pendant une bonne partie du roman, sans qu’ils ne soient affichés comme tels. Certains romans m’horripilent quand ils se sentent obligés d’afficher en tête de chapitre les dates pour que le lecteur lambda s’y retrouve. Là, on oscille entre passé et présent et seuls les actes ou les personnages présents permettent de situer l’action dans le temps.

J’ai regretté par contre que l’auteur passe sous silence la psychologie de trois maris. Certes on comprend bien qu’elle est souvent avec ses amies. Mais de là à les ignorer ! Du coup, cela limite le nombre de coupables potentiels et un peu notre plaisir.

Un petit coup de gueule pour finir. J’avais acheté ce bouquin « en avant-première » chez France Loisirs il y a un an ! Denoël, la maison d’édition le sort un an après, et au prix fort. Ça aurait mérité de faire un prix d’appel vers 12 euros plutôt que 17,50 euros. Je trouve cela un peu abusif.

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 21:17

Ah Jack ! Mon compagnon annuel (car il sort une aventure de Jack Taylor par an). Vincent (toujours lui) me l’avait fait découvrir avec les Martyres des Magdalènes. Cette série est incontournable. Voici donc le dernier opus en date et je vais essayer d’en parler sans dévoiler ce qui se passe dans les précédents épisodes.

Jack Taylor sort de son précédent épisode, marqué mais il reste malgré tout sobre. Sobre d’alcool et de drogue. Il est confronté à deux enquêtes : l’une sur la disparition de chiens, l’autre sur l’assassinat du frère puis de la sœur de la même famille ; le frère ayant été crucifié, la sœur brûlée vive. Et ces enquêtes nous réservent de belles surprises !

Pas facile de raconter un roman sans vouloir en dire trop ! Soyons clair, soyons bref, parlons peu mais bien ! Si vous connaissez Jack Taylor, alors ne lisez pas cet article : cette aventure est une nouvelle fois passionnante et probablement une des meilleures de Ken Bruen.

Si vous ne connaissez pas Jack Taylor, sachez que Ken Bruen est un des auteurs les plus doués dans la catégorie romans noirs contemporains. Bruen a un style hyper efficace et une facilité pour raconter les histoires … déconcertante. Le plaisir de lire ses histoires est immense, et son personnage principal, Jack Taylor donc, tout simplement génial.

Jack Taylor est un ancien flic, devenu détective privé non officiel, qui résout des enquêtes que des connaissances et/ou amis lui confient. La particularité de Jack, c’est qu’il porte malheur. Et chaque malheur devient pour lui une nouvelle cicatrice. Jack est un écorché vif de la vie qui n’en finit pas de s’enfoncer. La série Jack Taylor, c’est l’histoire d’une déchéance continue, sans fin, sans fond. C’est l’histoire d’un combat de boxe entre Jack et Dieu. Il s’en prend plein la tête, mais à chaque fois, il la relève, la tête, jamais abattu. Il a une capacité à encaisser les mauvais coups qui dépasse l’entendement.

Jack Taylor, c’est aussi une charge implacable contre la religion, essentiellement catholique car cela se déroule en Irlande. Sa haine envers une entité imbattable se transforme en antipathie de ce monde. Jack est un humain humaniste qui déteste de plus en plus ce monde, qui évolue trop vite pour lui, qui devient incompréhensible, inhumain. Depuis le précédent roman, on voit que la distance entre Jack Taylor et Ken Bruen réduit comme peau de chagrin. Ken Bruen, de plus en plus, crache son venin sur notre quotidien, en montrant par les yeux d’un cinquantenaire (ou presque) combien nos vies deviennent idiotes et aliénées. Le monde change, et Jack avance au travers des obstacles grâce à sa rage de vivre, ou survivre.

Comme vous l’aurez compris, le personnage de Jack Taylor est complexe comme on les aime, vivant comme on les aime, vrai comme on les aime, entier comme on les aime. L’écriture de Ken Bruen est tellement fluide et limpide qu’il a donné corps à un personnage hors norme. Dans cette aventure, on voit aussi le poids des choix de Jack sur sa vie, les conséquences de ses actions, on a droit à un Jack cruellement mis face à ses responsabilités, face à ses propres erreurs. C’est à mon gout l’un des meilleurs romans de cette série, et l’évolution de Jack Taylor en devient d’autant plus passionnante.

Je pourrais vous parler pendant des heures et des heures de cette série qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte. Pour les malchanceux qui n’ont pas (encore croisé la route de Jack), elle comporte cinq volumes qui sont à lire dans l’ordre :

Delirium Tremens

Toxic Blues

Le martyre des Magdalènes

Le Dramaturge

La main droite du diable

Chemins de croix

Pour les autres, je suis sur que vous avez déjà acheté ce volume pour faire un bout de chemin de croix avec Jack.

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 20:34

C'est un roman que j'ai lu quand il est sorti (donc en début d'année) car je lis les Westlake quand ils sortent.
Le jeune Olivier Abbott vient d'être nommé professeur d'anglais à l'école de Colfax que dirige son père. Mais dès le premier jour de classe, les élèves - 87 % sont des Noirs - se mettent en grève, lui reprochant d'avoir pris la place d'un professeur de race noire. Bravant cette contestation dirigée contre lui et son père, Olivier obtient la protection d'une ravissante collègue, Leona, qui appartient au groupe modéré des contestataires noirs. Mieux : il entreprend de la séduire, et Leona succombe peu à peu au charme du professeur, ce qui provoque la panique du père d'Olivier et la fureur de la communauté noire...
Donald Westlake est un GRAND, était un grand. Dans ce roman, il aborde le sujet du racisme, sujet oh combien ! difficle. Comme toujours, il part d'une situation classique, et déroule l'histoire avec logique. Et comme toujours, cela se suit avec beaucoup de plaisir. Son écriture est limpide, les descriptions simples et les dialogues brillants.
Les deux personnages, Olivier et Leona, sont immédiatement sympathiques et on ressent beaucoup de compassion envers ce qui leur arrive. Et on poursuit la lecture avec avidité en espérant que tout se finisse bien, parce qu'avec Westlake, on ne sait jamais. Il y a aussi un coté daté dans ce livre écrit en 1969 (cette édition a été re-traduite dans le cadre d'une ré-édition des oeuvres du maître). C'est pllutot agréable, on a l'impression de voir un film américain des années 50, comme le dit justement Actu du noir là.
Contrairement aux autres romans de Westlake, l'humour est moins présent (ou du moins je l'ai moins senti / ressenti). Il y a bien quelques passages hilarants mais ils sont situés vers le début du bouquin. J'ai eu l'impression que Westlake était un peu écrasé par la gravité du sujet, qu'il n'avait pas le détachement que l'on peut trouver dans ses autres romans. Par contre, il renvoie les deux parties dos à dos comme si on était dans un match de football (américain), que le match se terminait avec un score nul, pour montrer qu'au bout du compte c'est l'éducation qui compte et pas la couleur de la peau. La leçon de morale de la fin est tout de même un peu trop "premier degré" à mon gout.
Ce roman ne restera pas dans mes annales comme le meilleur de Westlake. Essayez donc les aventures de Dortmunder, ou même Un jumeau singulier ou Mort de trouille ou Aztèques dansants. Là, je vous garantis des éclats de rire à en avoir mal aux maxilaires. 

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 20:05

Pour être totalement honnête, si ce roman n’avait pas été sélectionné par Polar SNCF, jamais je n’aurais eu l’idée de lire ce livre. Car le sujet est loin de ce que je cherche dans les romans noirs, ensuite le sujet est classique, enfin cela se passe au Japon et c’est un pays qui ne m’intéresse pas beaucoup. Ce n’est qu’un avis personnel !

Cela se passe donc au Japon dans les années 2000. Jinwaki est un cadre supérieur dans un magasin de luxe et il apprend qu’il va être viré. Tout son environnement s’écroule et il décide de n’en rien dire à sa famille. Sa femme Kaori est une femme au foyer qui dépense tout l’argent que lui ramène son mari. Ils vivent sous le même toit mais ne vivent pas dans la même vie : ils font chambre à part, ils se voient peu, ils ne se parlent pas. Jinwaki rencontre Saya, une jeune étudiante qui se livre à la prostitution pour payer ses études. Cela s’appelle là-bas des rapports subventionnés. Jinwaki et Saya vont bientôt vivre une véritable histoire d’amour, vouée à l’échec.

Ce roman, pardon, ce véritable roman est à nouveau à la limite de plus en plus ténue entre la littérature et le roman noir. C’est plutôt une bonne surprise en ce qui me concerne, et je peux vous dire que je l’ai lu en trois jours. La grande qualité de cet ouvrage est de nous montrer la vie au Japon sans en rajouter, par petites touches, racontée par les personnages eux-mêmes. En effet, les trois protagonistes sont les narrateurs à tour de rôle, et il n’aurait pas été crédible qu’ils rentrent dans des descriptions sans fin de leur vie de tous les jours.

L’écriture est très littéraire, comme si on lisait trois journaux intimes (ce qui est le cas). On a donc très peu de dialogues, très peu de personnages secondaires, très peu de détails psychologiques. Les villes ou les paysages ne sont décrits que si les personnages en ressentent le besoin, s’ils veulent nous faire partager leurs sentiments.

L’autre aspect de ce livre est le décalage entre le besoin de liberté des personnages et le carcan de la société japonaise. Le ton est très libertaire, sexuel parfois, et condamné par tout un chacun. On a l’impression que les trois personnages font ce que tout le monde voudrait faire. Il n’y a pas de descente en enfer, juste une fin inéluctable pour deux amoureux à l’amour impossible qui ne peut que mal se terminer.

J’ai parfois regretté que cela soit un peu plat, mais il y a des moments extrêmement touchants, et l’auteur ne juge pas ces personnes, ne les encourage pas non plus. Et au bout du compte, on ressort de ce livre en ayant l’impression d’avoir passé un bon moment, un très bon moment.

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 20:04

Voici un des romans qui fait partie de la sélection automnale de Polar SNCF. Comme je me suis décidé à en lire au moins cinq sur les six, voici le deuxième.

Deux chasseurs américains vont faire une partie de chasse en Mongolie. Ils attirent vite les foudres des gens du coin, par leur manque de savoir vivre et leur manque de respect. Soudain, l’un d’eux disparait. L’inspecteur Yesugei part donc à sa recherche, et comme il est tenace, il va mener cette enquête comme une partie de chasse à l’antilope.

Je ne veux pas dire de mal d’un livre, par respect pour les auteurs. Je n’ai pas aimé ce livre car il vient au mauvais moment. Je venais de finir Vendetta de R.J.Ellory, et je n’avais pas envie de lire de genre de livre, ou bien j’étais de mauvaise humeur

J’ai trouvé l’histoire trop classique, les personnages surfaits, à la limite de l’anti’américanisme primaire, l’histoire lente. A contrario, les paysages sont bien décrits et m’ont donné envie d’aller visiter ces plaines immenses avec une personne au kilomètre carré.

J’ai donc eu l’impression de lire le guide bleu plus qu’un roman policier. Donc ce livre ne restera pas dans mes annales, mais si vous aimez les policiers exotiques qui vous font voyager, alors ce livre est pour vous.

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 19:57

Vous savez tout le bien que je pense du premier roman édité en France de R.J.Ellory, Seul le silence, œuvre majestueuse et grandiose de cet auteur encore inconnu en France. Alors, forcément, je n’allais pas rater le deuxième roman toujours édité par Sonatine, alors que le premier sort au Livre de poche. Et je n’ai pas été déçu, loin de là.

La fille du gouverneur de la Lousiane, Catherine Ducane, a été enlevée. Le FBI est sur les dents pour la retrouver au plus vite. Le ravisseur contacte le FBI et accepte de se rendre à la seule condition qu’il puisse raconter sa vie à un petit fonctionnaire, alcoolique à ses heures, Ray Hartmann. Le ravisseur, Ernesto Perez va donc raconter sa vie au milieu de la mafia, des années 50 à nos jours, en tant que tueur à gages, étape par étape.

Le premier terme qui me vient à l’esprit pour parler de ce livre est : impressionnant. Quel souffle épique, quelle aventure, quel savoir faire de Ellory pour mener une telle histoire sans jamais ni se répéter, ni digresser, ni nous lasser. On connait maintenant sa facilité à raconter une histoire, à nous plonger dans une ambiance, on connait maintenant ses capacités d’historien. En prenant un sujet casse-gueule (excusez le terme), il raconte par le petit bout de la lorgnette l’histoire de la mafia, vue par un « petit », mêlant les grandes figures de l’après-guerre aux personnages de fiction. Il ne rentre pas dans les détails de ce qui peut se passer tout en haut de la pyramide car le narrateur n’en a pas tous les tenants et les aboutissants. Cela donne un vrai roman, et pas un livre enquête comme peut les écrire James Ellroy.

Ensuite, il faut rendre hommage au traducteur qui donne la pleine mesure de l’écriture de Ellory. C’est un livre que j’ai dévoré avec énormément de plaisir, malgré des 650 pages qu’il comporte. La construction du livre alterne entre un chapitre pour Perez et un chapitre pour Hartmann et même si cela n’est pas original, cela donne un certain rythme entre d’un coté  le récit du tueur qui prend son temps et de l’autre le FBI qui court après une enquête dont les tenants et les aboutissants sont maitrisés par Perez lui-même.

Ne vous attendez pas à un style direct, ici, comme dans le précédent roman, on a affaire à de vraies phrases, de vraies descriptions, de vraies ambiances et de vrais personnages. Et on s’y croit, à Cuba, à New York, à Las Vegas ou à Chicago. On visualise très bien les quartiers, les villes, la vie qui évolue. Car c’est aussi une chose que j’ai adoré : Perez nous décrit sa vie, et montre les changements de son environnement. Et on voit très bien comment le monde change, avec son âge qui avance, et le fait que le monde va de plus en plus vite pour un homme qui va de plus en plus lentement.

Que dois-je dire de plus pour que vous courriez acheter ce livre et le dévorer ? Evidemment, il y a le suspense, lié à la tension des flics, qui cherchent désespérément cette fille, qui savent qu’ils se font manipuler par ce tueur, mais qui ne peuvent rien faire d’autre que de l’écouter en espérant qu’il laissera le bon indice en route. Et le lecteur fait plein de suppositions, plein d’hypothèses, jusqu’au dénouement final … Quelle maitrise, quelle construction. R.J.Ellory est décidément très fort.Et on retrouve ce qui semble être l'obsession de l'auteur : est-on maître de son destin ? Dans Seul le silence, la vie du personnage principal était guidée par les meurtres ayant lieu dans son enfance. Là, la vie des protagonistes (Hartmann et Perez) est très liée à l'environnement, en l'occurence au lien qui les unit à leur père respectif. Mais peut-être ce thème n'est-il qu'un hasard étant donné les dates de parution originale. Attendons les prochains opus traduits en français pour savoir. Et je peux vous dire que je suis impatient.

Le seul petit reproche que je ferai, par rapport à son précédent roman, c’est que je l’ai trouvé moins émouvant que le premier. Mais, y a-t-il une once de sentiment chez les gens de la mafia ? Le personnage de Hartmann, censé donner le change à Perez est tout de même moins passionnant que le récit lui-même. Mais passez sur ces considérations de détail, car il faut vraiment lire ce roman, 650 pages d’histoire passionnantes, écrites par un auteur définitivement doué pour la littérature, capable de nous mener par le bout du nez, et de nous manipuler pour notre plus grand plaisir. J’attendais beaucoup de ce roman, et je n’ai pas été déçu, loin de là. Pour sur, je lirai le prochain.

Pour votre information, l’auteur a un site personnel en Anglais, dans lequel on apprend qu’il a écrit sept romans (un par an !), et sur lequel on peut lire sa biographie, écrite avec un humour très british. C’est là : link

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  • : Le blog de Pierre Faverolle
  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
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