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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 18:52
Tendre comme les pierres de Philippe Georget (Jigal)

Depuis son premier roman L’été tous les chats s’ennuient, vainqueur entre autres du Prix du polar SNCF, je lis tous les romans de Philippe Georget, car je retrouve dans ses personnages une humanité qu’il devient de plus en plus rare de dégotter dans le polar. Le commissaire Sebag a poursuivi ses enquêtes dans le formidable Les violents de l’automne et on attend la prochaine. Entre temps, Philippe Georget nous avait enthousiasmé avec un roman noir que j’ai beaucoup adoré Le paradoxe du cerf-volant. Et voilà qu’avec Tendre comme les pierres, il nous offre un roman d’aventure, un vrai.

Pétra, Jordanie, de nos jours. Le personnage principal et narrateur de ce roman se nomme Lionel Terras, journaliste de profession, solitaire et agressif envers tout un chacun. Il arrive en Jordanie pour réaliser un reportage pour la société qui sponsorise le nouveau chantier archéologique de Rodolphe Moreau. Mais quand il arrive, il apprend que le vieil archéologue est en prison.

En effet, la veille, un jeune enfant sourd muet et attardé a été retrouvé dans le lit du professeur. Il est arrêté et accusé de pédophilie. Lionel Terras va donc profiter de son voyage pour décrocher un reportage supplémentaire, un scoop dans les termes du métier : l’arrestation du professeur. Sachant que le professeur est un homosexuel notoire, les amalgames vont vite se répandre.

L’associée de Rodolphe Moreau, Mélanie Charles va se confronter à ce personnage désagréable, et tenter d’obtenir son aide pour faire libérer le professeur Moreau, d’autant plus qu’il est agé de 82 ans, et qu’un séjour dans les prisons jordaniennes risque de lui être fatal. Bientôt, d’autres événements vont suivre, qui vont amener nos deux personnages à croire qu’un « coup monté » est dirigé contre le chantier de fouilles.

Ce roman comporte tous les ingrédients de ce que j’aime chez Philippe Georget : un décor … et quel décor ! Une ambiance … et quelle ambiance ! De formidables personnages … et quels personnages ! Philippe Georget nous invite à un voyage dans le royaume de l’aventure. Alors, évidemment, on est loin des films d’Indiana Jones, on ne va pas y trouver de poursuites infernales avec des méchants à tous les coins de rues, mais une enquête dans un cadre magnifique.

Car la Jordanie que Philippe Georget nous donne à contempler est magnifique, ces montagnes à fleur de désert, ces monuments créés il y a plus de trois mille ans et que nous serions incapables de copier aujourd’hui. Et non seulement, on contemple ces pierres, mais on sent aussi l’odeur du désert, cette absence de bruit, ce sable si chaud qui passe entre nos doigts. Et Philippe Georget nous fait aimer ces formidables paysages, mais aussi ses personnages.

Entre Lionel et Mélanie, la psychologie est diablement fouillée, sans oublier les autochtones. Lionel est un personnage complexe, cynique et agressif que l’on voit évoluer tout au long du livre. C’est aussi un personnage qui montre la futilité de ce métier de journaliste, toujours prêt à courir après les scoops au détriment des autres. Le personnage de Mélanie est complexe, elle est présentée comme une étudiante, une adjointe au grand professeur, passionnée par son métier mais le doute plane longtemps sur ses motivations : n’est-elle pas l’instigatrice ou l’une des instigatrices du complot contre le professeur Moreau ? C’est aussi une personne touchante, humaine, seule et qui a un profond besoin d’amour et de reconnaissance.

Et puis il y a les habitants, formidables dans leur attitude mais aussi dans leur mode de vie. Et là où Philippe Georget est fort, c’est qu’il arrive à nous plonger dans cette langueur due à la chaleur incessante du désert, à ce rythme nonchalant et à cette philosophie qui imprègne aussi bien les pierres que les monuments que les faits et gestes de tous les gens, leur volonté de bien accueillir les autres parce que c’est inscrit dans leurs gênes.

Les pages de ce roman regorgent d’humanité et de respect. Je vous ai choisi un extrait où l’auteur laisse parler un bédouin, qui se passe de commentaire tant on a l’impression que c’est un Bédouin qui nous parle :

« Notre âme à nous, elle est partout. Celle de nos ancêtres aussi. Notre âme, notre cœur, notre sang, notre vie, c’est le désert (…) Ce que le bédouin possède d’unique lui vient du désert : sa dignité, son courage, sa patience, sa résistance, son humour et sa foi. Les Saoudiens vivent dans des palais luxueux, ils traversent le désert en voitures climatisées, ils ne savent plus ce que c’est que d’avoir chaud et ils ne connaissent plus la faim. Ils suivent mot à mot les versets du Coran mais ils en ont perdu le sens premier qui n’est pas l’obéissance mais la soumission. La soumission à Dieu, mais aussi au désert, à la faim, au froid, à la chaleur et à la soif. Pour nous, Dieu et le désert, c’est pareil. »

Au travers des pages magiques que comportent ce roman, on y trouvera aussi une critique ouverte du journalisme moderne, des moyens de communication omniprésents mais aussi une virulente charge contre le tourisme, ce rouleau compresseur qui pour faire plaisir à quelques riches, n’a pour unique conséquence que de détruire les pays mais aussi leurs habitants dans ce qu’ils ont de plus cher : leurs racines.

Vous l’aurez compris, c’est un roman d’aventure comme on n’en fait plus, car la mode, celle qu’on nous impose, veut que l’on trouve des romans sans temps morts, qui ne prennent plus le temps de regarder les gens, ou même juste le temps de leur parler. Philippe Georget a écrit tout son amour pour ce pays, pour ses habitants, pour leur philosophie de vie que l’on retrouve en tête de chapitre au travers de citations. Et j’aime à la folie !

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 18:29
L’avis de Loley : La chambre d'Hannah de Stéphane Bellat (MA Editions)

Je ne suis pas peu fier d’accueillir pour le première fois une nouvelle invitée. Loley, c’est une jeune femme, complètement dingue de lecture, qui a créé sur Facebook un groupe de lecture appelé READ sur lequel on parle beaucoup de polar. Depuis quelque temps, elle propose ses chroniques à raison de deux par mois environ à différents blogueurs de ce groupe. Et je suis fier d’être parmi les heureux élus ! Pour sa première sur Black Novel, elle a choisi La chambre d'Hannah de Stéphane Bellat.

Je voudrais juste passer un message personnel : Loley, les portes de Black Novel te sont ouvertes, c’est quand tu veux pour une autre chronique !

Quatrième de couverture :

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d’un frère ou d’une soeur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l’espace confiné de son appartement, mise à l’écart parce que juive. Leurs routes n’auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c’est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes. Si La Chambre d’Hannah plonge ses racines dans l’Histoire la plus sombre, c’est aussi le roman sensible et lumineux d’une amitié entre deux enfants qui n’ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu’où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l’impossible ?

L’auteur :

Stéphane Bellat, né en 1961 dans l’ouest de la France, est spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Pendant une dizaine d’années, il rédige des articles pour des magazines d’histoire, devient guide et conférencier autour de la bataille de Normandie. En 2010, il se sent envahi par le besoin d’élargir son horizon et décide de revenir à sa première passion : la littérature fantastique.

L’avis de Loley :

J'ai d'abord rencontré Pierre, un enfant plutôt malchanceux, j'ai adopté son univers, sa famille, son expérience d'écolier, le tout présenté par une jolie plume.

Puis ce fût le tour d'Hannah, du même âge que Pierre mais a une autre époque, une époque bien différente, hostile, cauchemardesque, où l'horreur fût omniprésente de 1939 à 1945. J'ai ressenti le manque de cette petite fille, sa faim, son isolation dû à sa religion, l'injustice qui est sa vie.

Comment deux enfants vont-ils pouvoir faire connaissance avec les cinquante années qui les séparent? Comment est-ce possible? Je vous invite à lire le livre pour satisfaire votre curiosité, dès les premières lignes le lecteur ressent le besoin d'avancer sa lecture pour l'étancher.

Je reviens sur l'écriture car elle est belle et maîtrisée, l'auteur a su créer une symbiose parfaite entre ces enfants si différents mais aussi leurs vécus diamétralement opposés. Certains échanges entre les protagonistes m'ont fait sourire, il y a de la candeur car il est bien difficile de se comprendre avec un demi siècle d'écart tant le langage et les expressions ont évolué.

J'ai relevé ce passage pour vous, sa beauté m'a sautée aux yeux : "Et l'irréparable se produit alors. L'incroyable, le surprenant, l'imaginaire, les séquences aléatoires, les rencontres impossibles sont bannis. Seuls doivent demeurer le certain, le palpable, tous ces artifices qui forment la panoplie de la logique, des analyses rationnelles. C'est ce matin précis que choisit un enfant pour mourir et renaître dans l'enveloppe d'un adulte".

Il nous est tous arrivé de lire un livre sans rien ressentir de particulier, peut-être par manque de profondeur. Pour le coup, "La chambre d'Hannah" est sûrement un de ceux qui m'a le plus remué sur le plan émotionnel. Ce livre est un concentré de beauté face à toute cette horreur. La fin et le dénouement m'ont vraiment étonné, je n'ai rien vu venir quand les pièces du puzzle sont venues se mettre en place les unes après les autres et les larmes ont menacé de venir à de nombreuses reprises. A partir de la moitié du livre, les frissons ne m'ont plus quittée, j'ai eu peur pour ces petits personnages, j'ai vécu avec eux les camps de concentration, les rafles, la mort.

J'ai eu l'immense chance de discuter avec l'auteur, il m'a immergée dans l'histoire de notre pays, notre histoire, c'est un homme passionné mais pas seulement, il est particulièrement impliqué sur le plan personnel. J'en suis ressortie riche et la gorge nouée, des phrases en hébreu données puis traduites, une chanson juive écoutée mais aussi des informations et des faits réels échangés. Il nous parle d'une petite fille juive, une histoire magnifique et dure, j'y ai vu un superbe hommage à tous ceux qui sont morts pendant la seconde guerre mondiale, ceux qui ont été déportés mais aussi à toutes les personnes qui ont tentées d'arrêter ce génocide.

Je remercie Stéphane BELLAT et M.A Editions pour cette lecture enrichissante et émouvante.

Laissez-vous séduire par sa couverture classieuse, ce qu'il se passe derrière vaut le détour...

Nitra’e bekarov Stéphane (à bientôt en Hébreu).

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 18:24
N’éteins pas la lumière de Bernard Minier (XO éditions)

J’ai découvert Bernard Minier avec Le cercle que j’avais littéralement dévoré et adoré. Voici le dernier en date de cet auteur dont il va décidément suivre les futurs romans. Car en terme de mystères, de scenario diabolique, cet homme là sait y faire !

Nous sommes au soir de Noël, Christine Steinmeyer doit passer le réveillon dans sa belle famille. Elle est un peu stressée, mais c’est bien normal, c’est la première fois qu’elle va rencontrer les parents de Gerald. En partant, elle trouve dans sa boite aux lettres une lettre dans laquelle une jeune femme annonce son prochain suicide. Christine, qui est animatrice radio, est forcément touchée et insiste pour que son compagnon et elle fassent le tour des locataires pour s’assurer que l’expéditrice ne s’est pas trompée de boite. Ils font choux blancs. Le lendemain, Christine anime une émission sur les personnes seules à Noël. Un auditeur y prononce des paroles mystérieuses. C’est le début d’une descente aux enfers, où Christine se retrouve insultée, malmenée sans qu’il n’y ait aucune raison à cet acharnement sans pitié.

En parallèle, le commandant Servaz est en cure de repos dans un hôpital destiné aux policiers en phase de dépression. Depuis se dernière enquête, il ressasse les indices qui pourraient le mettre sur les traces du psychopathe Hirtmann, afin de se venger de la mort de son ex-compagne Marianne. Un matin, il trouve une clé d’une chambre d’hôtel, la n°117 et sa curiosité l’emporte sur la raison. Cette chambre est déjà réservée à son nom, et c’est dans cet endroit qu’une jeune femme Célia Jabonka s’est donnée la mort un an plus tôt. Alors qu’il se renseigne auprès de ses collègues, d’autres indices finissent par lui parvenir, qui sont tous liés à des opéras.

Si l’on fait abstraction de la motivation de Servaz à se lancer dans cette affaire, qui est la seule chose qui m’ait dérangé au début du roman, je dois avouer que Bernard Minier a tellement bien construit son scenario que l’on peut tout imaginer, que toutes les hypothèses sont possibles jusqu’aux dernières pages … qui sont forcément surprenantes. En seulement trois romans, Bernard Minier a acquis des lettres de noblesse qui font que ses romans sont attendus, espérés, et dévorés dès leur sortie. Et de fait, les fans ne seront pas déçus, et ils vont avoir l’occasion de parcourir un scenario diabolique.

En effet, dans la première moitié du livre, on assiste en alternance à une enquête policière menée par Servaz, rédigée et construite avec toute la rigueur que l’on connait à l’auteur et à une machination visant à pousser Christine au suicide. Si dans le genre manipulation, on a lu la même chose chez Pierre Lemaitre en particulier dans Robe de marié, la méticulosité que met Bernard Minier à décrire ses scènes, à détailler les psychologies, à amasser les mystères fait que les lecteurs suivent l’histoire sans se poser de questions. Et je peux vous dire que Bernard Minier est lui-même très fort pour vous manipuler.

Oscillant donc entre suspense et roman policier, le lecteur arrive à la moitié du livre en pensant avoir trouvé l’auteur de cette machination. Le stress monte donc d’un cran, Christine se rebelle et les scènes deviennent plus dures : c’est le moment où Bernard Minier aborde l’aspect Thriller. Mais ce serait trop facile, bien trop facile et trop évident pour le lecteur. Et c’est là, où l’auteur bascule dans les cent dernières pages dans un roman d’action, au rythme de fou, ne laissant au lecteur que quelques maigres passages pour reprendre sa respiration.

J’espère vous avoir mis en garde, ce roman est stressant, voire même dangereux si l’on s’arrête de respirer trop longtemps. C’est un roman de suspense qui oscille volontairement entre plusieurs genres, et qui va pousser les lecteurs de thriller à aller voir du coté des romans à suspense, voire des romans noirs. Clairement, Bernard Minier est doué, et à la lecture de ce roman, on comprend aisément qu’il ait de plus en plus de fans. Vivement le prochain !

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 18:10
L’information du mardi : Des idées de polars

Voici une liste d'idées de polars pour ceux qui seraient en manque d'inspiration pour leurs achats. Je rappelle que L'information du mardi est, comme son nom l'indique, un bulletin d'information et que par conséquent, je n'ai pas lu ces ouvrages (ou du moins pas encore).

Dix jours pour mourir de Jean Claude Thibault (Editions Helene Jacob)

Ce recueil propose deux longues nouvelles.

Dix jours pour mourir :

Policier singulier puisque le tueur en série se trouve être un virus qui frappe les humains immergés dans la forêt africaine.

Frappés d’impuissance, car retenus en otage par des autochtones rebelles dans cette forêt primaire, les Blancs vivent dans la plus grande angoisse. Quel est ce virus ? Quel est son vecteur de propagation ? Quel sera le prochain contaminé ?

Un médecin noir – lui aussi otage – tente de persuader les dissidents noirs qu’ils ne sont aucunement immunisés. En vain. Pour tous, le danger mortel rôde…

Mortelle tricherie :

D’un fléau à l’autre… Cette fois, l’agent pathogène potentiellement mortel est une création de l’homme : le produit dopant. Ce dopage en milieu sportif professionnel qui s’étend au monde amateur !

Deux morts, et l’anxiété de l’innocent accablé par les apparences. Traqué, il déploie des efforts désespérés pour se disculper et… venger la mort de son copain !

L’information du mardi : Des idées de polars

La suite ne sera que silence de Christian Bindner (Le passeur)

Quatre heures, le temps du délibéré de la cour d’assises qui juge Baptiste Chauvalet pour avoir assassiné le tortionnaire de son fils de 7 ans. Quatre heures de la vie d’un homme à la fois victime et bourreau, peut-être en route vers la perpétuité. « Le procès de la légitime vengeance », titre la presse.

Sous le poids de l'attente silencieuse, la mémoire se met à parler. Les événements qui ont mené à l’enlèvement de son fils reviennent à Baptiste avec violence. Histoires dans l'histoire, il rapporte à son propre drame ses souvenirs de procès bouleversants auxquels il a assisté en tant que dessinateur judiciaire : l’affaire du petit Grégory, François Besse, les bébés congelés, Outreau…

Dans ce palpitant roman puzzle, Christian Bindner brouille avec adresse les lignes de son récit. Il fait ressurgir les bribes du passé tourmenté de son héros, ses contradictions d'honnête homme devenu meurtrier par amour de son enfant. Il révèle aussi les coulisses secrètes de ce grand théâtre qu'est un procès d'assises et trace d'une écriture enlevée, la mince frontière entre le bien et le mal.

L’information du mardi : Des idées de polars

La cour des innocents de Fabien Pesty (Paul & Mike éditions)

La cour des innocents est un recueil de 15 nouvelles écrites par Fabien Pesty.

On y croise une famille de juillettistes dont le départ en vacances au moment du Tour de France prend une tournure inattendue, un grand bandit dont l’ascension et la décadence nous sont contées à travers une boite de cigares, des personnages à la mémoire qui flanche ou qui subissent la vieillesse de plein fouet. Certains font de « drôles » de rencontres, d’autres vivent dans un monde où être « décrocheur de toiles d’araignées », « envoyeuse de CV »… est un métier à part entière. Etc.

Fabien Pesty nous entraine dans son univers bien particulier avec des récits courts et variés. Il signe avec La cour des innocents, paru chez Paul&Mike, son premier recueil de nouvelles. Trois d’entre elles ont déjà remporté des prix littéraires*, les autres sont totalement inédites.

*Les valises a obtenu le 1er prix Jugon-les-Lacs 2010, La caissière du péage de Chatuzange-le-Goubet le 1er prix Fontaine-Française 2011 et Passage à tabac le Prix spécial du Jury du Prix Don Quichotte 2012.

L’information du mardi : Des idées de polars

Olé de Hugues Bernard (Editions Volume)

Nîmes, féria. Dans les rues de la ville la fête bat son plein. Mais une série de meurtres violents vient troubler les festivités. Plusieurs toréadors sont retrouvés morts dans des circonstances plus qu’étranges. Tout laisse penser à des mises en scènes macabres de corrida. Le commandant Déborah Pringeon, fraichement débarquée de Paris, mène l’enquête avec l’aide de son fidèle bras droit, le lieutenant Mathias Doria. Une enquête à vive allure entre corrida et militants pour la cause animale.

L’auteur :

Après des études d’art, Hugues Bernard a intégré le monde des start-up à Paris. Mais il décide de tout laisser et part vivre dans un poids lourd aménagé pendant quelques années, entre Europe et Afrique. Militant libertaire, il nous amène dans un univers entre activisme et modes de vies alternatifs. Il est l’auteur d’une pièce de théâtre publiée aux éditions de l’Harmattan, Nouvel Arrivage.

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 18:18
Les rues de Santiago de Boris Quercia (Asphalte)

Attention ! Coup de cœur !

Ce roman a été encensé par Bernard Poirette, qui tient la rubrique C’est à lire le samedi matin à 8H20 sur RTL, disant que c’était un pur joyau noir et à partir de ce moment là, il me fallait forcément le lire.

Quand j’ai ouvert le livre, je me suis aperçu que le premier chapitre faisait quatre page et ne comprenait qu’un seul paragraphe. Et là, je me suis dit que ça allait être une mauvaise pioche … jusqu’à ce que je le commence. On y lit à la première personne la planque de Santiago Quenones, sous une voiture qui attend un gang de braqueurs. Il est mal placé, est serré, stressé et a des crampes. Il a peur, et ne veut pas tuer quelqu’un aujourd’hui. Puis, il pense à sa compagne Marina qui, à cette heure matinale, doit se lever, aller à la douche, pour aller travailler. Puis, tout s’accélère. Les braqueurs sortent, une course poursuite s’engage. Mais la distance est trop grande, il va falloir utiliser son flingue. Doit il tirer dans les jambes, ou dans le bras. A cette distance, c’est risqué. Et dire que Marina ne se doute de rien ! Dans une ruelle, il tire et atteint le braqueur au cou.

Au bout de quatre malheureuses pages, le décor est planté. Le personnage principal est bigrement humain, réel, et le lecteur que je suis, finit ce premier chapitre à bout de souffle, épuisé par la course imposée par Boris Quercia. Et cela va durer cent cinquante pages, serrées comme un expresso. Avec un style expressif et efficace, Boris Quercia parvient à nous plonger dans le quotidien des Chiliens, mais aussi dans le quotidien des policiers. Et cela marche parce que l’on croit à ce personnage, on s’attache à lui, et on a envie de le suivre.

De toute évidence, Boris Quercia a lu les auteurs américains, les plus grands d’entre eux, et il a transposé leur univers dans le sien, mais il s’est surtout approprié les Hard-Boiled, leurs intrigues, leurs personnages, leur univers, tout en se démarquant par son univers propre et son style. L’ensemble est une formidable réussite, où, outre Santiago, on y rencontrera une femme fatale, des tueurs qui en veulent à Santiago, des pourris de toutes sortes.

S’il n’y avait que cela, ce serait un très bon polar. Là où il dépasse le genre, ou du moins, là où il se démarque, c’est dans les petites remarques subtiles sur l’état de la société chilienne, qui font que ce roman devient fort. De la violence continue à laquelle les habitants sont obligés de s’habituer et de s’adapter à la corruption généralisée, tout cela est passé en revue dans l’intrigue sans que cela ne soit réellement le sujet premier du roman. Un exemple : il est hallucinant que les policiers soient réduits à de la chair à canon, voire même à des cibles pour des tueurs qui peuvent trouver leurs armes chez le marchand du coin.

Encore une fois, les éditions Asphalte ont découvert un formidable auteur, qui nous écrit là un formidable premier roman noir, un vrai polar condensé, comme on aimerait en lire plus souvent. Je n’aurais qu’un conseil, allez dans une librairie, lisez le premier chapitre et vous tomberez sous le charme de cette plume exceptionnelle. Bernard Poirette sur RTL disait : « Ça fait du bien de lire ça : court, net et sans bavure, c'est un petit bijou tout noir venu de l'autre bout du monde. » Je n’ai qu’une chose à ajouter : C’est une petite perle noire à ne pas rater. Coup de cœur !

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 18:44
La chronique de Suzie : Broken de Karin Slaughter (Grasset)

Suzie est déjà venue nous rendre une visite sur Black Novel pour nous parler de ses lectures (nombreuses). Voici son avis sur le dernier roman de Karin Slaughter en date : Broken. Je lui laisse la parole :

Quel est le point commun entre une jeune veuve, un inspecteur alcoolique, une jeune inspectrice et un agent fédéral dyslexique? Ce sont les personnages du dernier ouvrage paru de Karin Slaughter, en attendant la sortie de son prochain livre au mois d'avril 2014 : Séduction.

N'ayant pas lu de bouquin de Karin Slaughter depuis longtemps, je me suis précipitée dessus. Le mot thriller, et en particulier, le thriller psychologique, est un de mes genres littéraires préférés.

Ce livre a deux axes de lectures différents.

Le premier est représenté par l'intrigue principale avec le présumé suicide de la jeune Allison. Présumé car il est assez difficile de se suicider en s’enfonçant un couteau dans la nuque et de le retirer pour tomber raide mort ensuite. La zombification n'étant pas le sujet du livre, on se retrouve donc confronté à un tueur et, peut-être, même à un tueur en série dont on ne comprend pas les mobiles. Cette série de meurtres va soulever une importante faille dans l'un des systèmes les plus lucratifs américains et pouvant générer des milliards de dollars.

Le second axe est relatif à une affaire s'étant déroulée plusieurs années plus tôt et qui s'est achevée par la mort du chef de police. Malgré le temps passé, les passions n'ont fait que s'exacerber entre les différents protagonistes et cela va éclater avec le retour de la veuve du défunt chef de police dans cette petite ville où elle ne voulait plus remettre les pieds. Du coup, on se retrouve face à un triangle entre la veuve, médecin légiste impliquée dans la résolution du présumé suicide, le vieil inspecteur alcoolique qui se retrouve chef de police mais qui ne veut pas de ce poste et la jeune inspectrice qui idolâtrait son défunt chef et qui est une des causes de sa mort. Par-dessus, vous rajoutez un agent fédéral qui va enquêter sur les mauvaises pratiques du poste de police tout en travaillant avec le médecin légiste et traînant derrière lui ses propres problèmes et complexes. Pour finir, vous saupoudrez d'un zeste d'un fantôme qui aurait dû pouvoir reposer en paix et d'un élément surprise. Tout ceci va mijoter, s’imbriquer et exploser en un feu d'artifice splendide et remettre les choses à leur place.

C'est une histoire très prenante aussi bien au niveau de la psychologie des personnages que de l'intrigue principale dont on comprend le dénouement à la fin, fin dont on ne pouvait pas se douter de mon point de vue. De plus, on s'attache à ces personnages, à leurs failles, leurs erreurs car ils lancent un écho dans lequel chacun d'entre nous pourrait se reconnaitre. Le pardon et la compréhension sont bien plus difficiles à accorder qu'on ne peut le penser. Enfin, le rythme du livre est assez rapide car l'intrigue ne dure que trois jours, ce qui est exceptionnel dans ce genre d'histoires. On peut même se demander si les personnages ont le temps de dormir. Mais, à la fin c'est vous qui aurez du mal à dormir car vous aurez du mal à lâcher cette histoire avant de connaitre la fin comme cela m'est arrivée. Laissez-vous enchanter par les mots de Karin Slaughter et vous évader vers cette petite ville, reine des faux-semblants. Bonne lecture.

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 18:39
Dans la dèche à Los Angeles de Larry Fondation (Fayard)

J’ai lu les deux précédents de Larry Fondation, Sur les nerfs et Criminels ordinaires, et je dois dire qu’à chaque fois j’ai été époustouflé par la force d’évocation de sa plume. La seule chose qui m’a gêné, c’est le fait qu’il amoncelle des scènes, sans qu’il y ait des personnages ou une intrigue auxquels se raccrocher, comme si la vie aux Etats Unis partait en lambeaux. Sur les nerfs se déroulait dans les années 70, Criminels Ordinaires dans les années 80; Dans la dèche à Los Angeles se passe en 1994. Après les destructions des deux premiers romans, ce roman montre une société en ruine, illustrée par trois personnages, trois clochards que sont Fish, Soap et Bonds. Il nous raconte leurs errances alors que Bonds vient de rejoindre le couple formé par Fish et Soap.

Cela fait deux ans que Fish et Soap vivent dans la rue. Les gens respectables les appellent des SDF, Sans Domicile Fixe. Ils n’ont rien, ont connu des déboires et se sont retrouvés laminés par la machine sociale, celle qui refuse que vous fassiez la moindre erreur, sous peine de vous retrouver sans rien, à la rue, à chercher de la nourriture tous les jours, à accumuler un peu d’argent pour pouvoir vous payer une nuit d’hôtel pour vous laver une fois par semaine.

Fish était courtier en assurance, Soap a été mise à la rue par son dernier mari en date, Bonds est un ancien militaire que son pays a lâchement abandonné. Ce trio n’a qu’une seule préoccupation, récupérer de l’argent par tous les moyens, que ce soit la manche ou bien de petits boulots, pour pouvoir manger ou bien survivre.

On retrouve dans ce roman toute la force d’évocation de l’écriture de Larry Fondation, nous plongeant dans les cartons qui jonchent les impasses sales et puantes. Et pour autant, on ne s’apitoie pas devant les différentes étapes que rencontrent nos trois compères, le but n’est pas d’éprouver une quelconque empathie, mais de montrer une réalité du terrain : la plus grande démocratie du monde, gérée et menée par le bout du nez par son désir jamais assez assouvi du fric laisse sur le coté de la route de pauvres hères qui ne demandent qu’une chose : vivre ou plutôt survivre.

Bien qu’il ne se passe pas grand-chose, ce roman est passionnant, parce qu’il se passe toujours quelque chose, les dialogues sont toujours là pour vous interpeler ou les situations pour vous révolter. Car pour peu que l’on prenne un peu de recul, ce roman remarquablement écrit arrive à vous plonger dans une réalité sordide mais pour autant tellement vraie. D’ailleurs, Fish, Soap et Bonds ne se plaignent pas, ils sont comme des animaux à la recherche de quoi survivre.

Dans la dèche à Los Angeles, c’est un portrait de personnages que la « bonne » société a engendrés et qu’elle ne veut pas voir. Mais est-on capable de regarder la vérité en face ? Ce sont des gens que l’on a poussé dans l’ombre, et la fin est éloquente, montrant une société qui a créé des gens pour mieux les détruire. C’est un roman impressionnant qu’il ne faut pas rater.

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 18:36
L’information du mardi : La finale Polar SNCF

Ça y est, la dernière ligne droite est arrivée. Les trois finalistes sont donc connus, et vous n’avez plus qu’à vous inscrire sur le site http://www.polar.sncf.com/ pour voter pour votre favori. Je vous rappelle donc les trois romans en lice :

Des nœuds d’acier de Sandrine Colette :

Ce roman publié aux éditions Denoel vient de sortir au Livre de Poche

Résumé

Après dix-neuf mois de rapports humains violents et âpres, Théo Béranger sort enfin de prison. Démuni, et sans but particulier – il n’a personne à retrouver –, il ressent seulement le besoin de marcher. Son errance le mène au fin fond de la France, dans une région semi-montagneuse couverte d’une forêt noire et dense.

Là, kidnappé par deux frères déments, il va replonger en enfer. Un huis-clos implacable, où la tension devient insoutenable.

Sandrine Collette :

Sandrine Collette est née en 1970. Docteur en science politique, elle partage son temps entre l’université de Nanterre et le Morvan. Des noeuds d’acier est son premier roman.

L’information du mardi : La finale Polar SNCF

Né sous les coups de Martyn Waites (Rivages) :

Résumé

1984 : Margaret Thatcher est au pouvoir, les mineurs sont en grève. "Deux tribus partent en guerre", pour reprendre un tube célèbre. À Coldwell, cité minière du Nord, les mineurs ont lutté quasiment jusqu'à la mort, mais ça n'a pas suffi : manipulant l'opinion, recourant à la violence policière, les Tories avaient, à l'époque, méthodiquement cassé les reins du mouvement ouvrier. Pour les vaincus, le prix de la défaite sera exorbitant : vingt ans plus tard, Coldwell est une ville sinistrée, gangrenée par tous les fléaux sociaux.

Histoire d'un affrontement impitoyable aux conséquences dévastatrices, histoire de criminels qui prospèrent sur la misère, histoires d'amour contrariées, tragiques, mais aussi poignantes, Né sous les coups est la fresque de tout un monde mis à terre qui lutte pour survivre sur deux générations, baignant dans la musique anglaise des années 70 et 80.

Martyn Waites :

Originaire du nord de l'Angleterre, Martyn Waites s'est passionné pour le théâtre, puis pour le roman noir sur les pas d'Ellroy, Burke, Crumley et Robin Cook. Né sous les coups est son premier roman.

L’information du mardi : La finale Polar SNCF

Yeruldelgger de Ian Manook (Albin Michel) :

Résumé

Dans un pays à l’histoire et aux paysages sauvages, une guerre sale d’argent et de pouvoir s’est déclarée autour d’une des richesses minières les plus rares et les plus convoitées de la planète.

Pour lutter contre les puissances qui veulent s’accaparer son pays, et pour résoudre le mystère qui entoure le meurtre d’une fillette, l’inspecteur Yeruldelgger va puiser ses forces dans les traditions héritées des guerriers de Gengis Khan, dans les techniques modernes d’investigation, et dans la force de ses poings. Parce qu’un homme qui a tout perdu ne peut rien perdre de plus. Il ne peut que tout reconquérir, sans pitié ni pardon.

Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.

Lire les premières pages

Ian Manook :

Ian Manook a sûrement été le seul beatnick à traverser d'Est en Ouest tous les États-Unis en trois jours pour assister au festival de Woodstock et s'apercevoir en arrivant en Californie qu'il s'ouvrait le même jour sur la côte Est, à quelques kilomètres à peine de son point de départ. C'est dire s'il a la tête ailleurs. Et l'esprit voyageur !

Journaliste, éditeur, publicitaire et désormais romancier, Yeruldelgger est son premier roman, et le premier opus d'une série autour du personnage éponyme qui nous conduit des steppes oubliées de Mongolie aux bas-fonds inquiétants d'Oulan-Bator.

Il vit à Paris.

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 18:17
Mémé goes to Hollywood de Nadine Monfils (Belfond)

Ceux qui sont des aficionados de Mémé Cornemuse attendaient la rencontre avec Jean Claude Van Damme avec une grande impatience, voire avec fébrilité. Car cela nous promettait à la fois un grand moment de comédie, en même temps qu’un inénarrable morceau de littérature voué à l’immortalité. Vous trouvez que j’en fais trop ? Sachez que cette introduction n’est pas le dixième de ce que vous découvrirez au travers de ces 220 pages délirantes.

Comme d’habitude, on a l’impression que Nadine Monfils fait dans l’improvisation, dans le délicat équilibre entre délire et le grand n’importe quoi. Mais il faut bien se rendre à l’évidence que tous les personnages qui entrent en scène (et bien souvent en sortent les pieds devant) sont tous aussi frappés que la tequila qu’ils auraient pu boire s’ils avaient vécu assez longtemps, qu’ils sont tous réjouissants et bien vivants (sous la plume de l’auteure, bien sur), et que l’intrigue faite de petites scènes posées les unes à coté des autres, vient former un polar où la seule règle est : Amusez vous, réjouissez vous, laissez de coté vos a priori, oubliez vos morales à deux balles, et tirez donc tout le barillet.

Pour rencontrer son idole de toujours, JCVD, Mémé Cornemuse doit amasser de l’argent. Et quand elle a décidé de réaliser un de ses objectifs, rien ne peut l’arrêter. Son idée, c’est de s’inscrire à une émission de télévision, celle de Jacques Pradouille où on propose d’adopter … des gens. Ni une, ni deux, elle se fait adopter par un couple de bourgeois belges et va leur en faire voir de toutes les couleurs, en leur menant la vie dure. Au bout d’un moment, elle en a tellement marre qu’elle se barre (de chocolat) en emportant le magot qui est dans le coffre.

Voilà donc notre Mémé Cornemuse, remède aux cons, partie pour l’aventure. Elle acquiert avec son magot (et éventuellement son revolver qui trône dans son sac à main) une camionnette qu’elle transforme en baraque à frites, et se dirige vers le port le plus proche pour prendre un bateau à destination des Etats Unis. Sachez que je viens de vous résumer les 50 premières pages de ce roman qui n’a pas fini de vous remuer, choquer, amuser, heurter, bref tous les ingrédients de l’humour politiquement incorrect … mais on s’en fout.

Que vous dire de plus ? Les scènes s’amoncellent et sont toutes plus drôles les unes que les autres, les dialogues sont brillants (comme d’habitude) et on se marre à s’en décrocher la mâchoire. Tout cela n’est pas bien sérieux, mais que cela fait du bien ! Reste juste à espérer que nous aurons droit à une suite des aventures de Mémé Cornemuse, car à lire les dernières pages, il se pourrait bien que cela soit les dernières. Dites Madame Nadine Monfils, vous pourriez nous en écrire d’autres, des aventures comme ça ? Nous, on aime trop ça !

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 18:30
Un vent de cendres de Sandrine Colette (Denoel)

Après le magistral Des nœuds d’acier, Grand prix de la littérature policière 2013, la lecture du deuxième roman de Sandrine Colette est pour moi une obligation en même temps qu’une curiosité. Et en effet, il est très différent.

Andreas, Octave et Laure sont trois jeunes gens qui reviennent d’un mariage tard dans la nuit. L’ambiance est festive dans la voiture, quand ils aperçoivent devant Matthieu et Aude dans leur Peugeot. Andreas enfonce l’accélérateur de la Mercedes et Laure détache sa ceinture de sécurité pour leur faire signe par le toit ouvrant. Ils n’ont pas vu le camion loin devant eux qui perd son chargement de poutres métalliques. L’accident, à cette vitesse, est inévitable et Laure perd la vie décapitée.

Dix années plus tard, dans leur propriété de Champagne, l’heure des vendanges a sonné. Les travailleurs saisonniers débarquent, et parmi eux deux jeunes gens, Malo et Camille. Malo est un impulsif, n’hésitant pas à monter sur ses grands chevaux dès que le ton monte. Camille est plus jeune, plus pure, plus innocente, plus calme et très belle avec sa chevelure blonde envoutante.

De jour en jour, l’ambiance est bonne malgré la fatigue de la cueillette. Octave, le propriétaire, défiguré par l’accident de voiture, est fasciné par la beauté de Camille et sa ressemblance avec Laure. Malo voit cet attrait malsain d’un mauvais œil, et il se dispute avec Camille, jusqu’à ce qu’à l’aube du troisième jour, il disparaisse sans laisser de message, ni de trace. Camille est partagée entre inquiétude pour Malo et fascination pour Octave.

La scène d’ouverture est terrible, et on retrouve toutes les raisons pour lesquelles on aime Sandrine Colette, cette faculté de rentrer dans la tête des gens, de décrire leur psychologie de façon si simple, juste en trouvant les mots justes, visuels et parfaits. D’une soirée qui aurait du se poursuivre si gaiement, on plonge dans l’horreur, avec ce corps crachant ses litres de sang au milieu d’un paysage vert de printemps.

Changement de décor. Jour 1 : les jeunes gens qui veulent se faire un peu d’argent de poche à la sueur de leur front débarquent dans cette propriété riche de champagne. Là encore, inutile de s’attarder sur les paysages, ou les personnages, leurs paroles, leurs faits et gestes parlent pour eux. Et puis, la présence du propriétaire, mystérieuse, étend son spectre sur les soirées, sans qu’on le voie.

Petit à petit, le mystère va faire place à un personnage brisé, cassé, défiguré, dont on n’a pas peur tant il est touchant, boitant sur sa canne. Mais petit à petit, certaines scènes sèment le doute, les regards entre Octave et Camille se font lourd, et la menace pèse. Seul Malo la sent. Pour le lecteur, c’est le conte de la Belle et la Bête que Sandrine Colette nous réécrit à sa manière. Mais pas pour longtemps … Malo disparait.

Le stress monte d’un cran, en même temps que cette relation étrange, et on balance entre féérie et horreur, car dans un conte, les deux sont forcément liés. Et la tension monte jusqu’à l’apothéose des deux derniers chapitres. En cela, ce roman est proche Des nœuds d’acier mais aussi tellement éloigné. Car il ne se passe rien, mais le lecteur se pose plein de questions, imagine des fins, des hypothèses alors que … Sandrine Colette confirme son art de brosser des tableaux psychologiques, des histoires terrifiantes en nous offrant ce très bon polar. Vivement le prochain !

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