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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 19:00

corbeau de Caroline

Voici un nouvel auteur à épingler sur ce blog. Et voici une agréable enquête mystérieuse à souhait, qui se lit avec plaisir, publiée aux éditions Azimuts, maison d'édition belge.

Kenneth Moore et sa femme Kimberley habitent à Kinross Circle, dans un petit lotissement proche de Charlotte, en Caroline du Nord. Leur couple ne va pas très bien depuis que Kimberley a fait une fausse couche. Elle semble se renfermer sur elle-même, perdant goût à tout. Un matin, une lettre manuscrite sur un papier ancien se trouve dans leur boite aux lettres. Cela ressemble à un extrait de journal intime d’une petite fille qui dit qu’il fait très froid dans sa maison. Quelques heures plus tard, Kenneth s’aperçoit que l’on a arrêté la chaudière.

Le lendemain, Kimberly veut nager dans la piscine. Quand elle s’en approche, elle s’aperçoit que l’eau est rouge. Dans la boite aux lettres, ils trouvent une lettre manuscrite identique à la première : la petite fille raconte un passage de la bible où Moise prévoit les dix plaies d’Egypte et où il transforme la mer en sang. La police convoquée s’aperçoit qu’on a versé un colorant rouge dans la piscine mais ne peut rien faire d’autre que recevoir leur plainte.

Le lendemain, Kenneth a un rendez vous important où il doit présenter un rapport préliminaire à un client qui veut faire une importante fusion d’entreprises. Vingt minutes avant la réunion, le rapport, bien rangé dans son tiroir, a disparu. Le dossier sauvegardé sur le réseau de l’entreprise a été effacé. Le soir même, une lettre manuscrite raconte comment la petite fille a été punie pour avoir perdu le cahier d’un camarade. La police ne pouvant rien faire, ils décident de faire appel à une nouvelle agence de détectives privés : Olsen et Wright.

Lisa Olsen et Wilbur Wright viennent de créer leur agence et se sont débrouillés pour que Google fasse apparaître leur nom en premier lors d’une recherche. Ce sont deux jeunes gens inexpérimentés face à une enquête bien réelle. Et les difficultés vont se révéler bien nombreuses au fur et à mesure du déroulement de cette affaire, dont les racines se situent dans le passé.

Dire que ce livre m’a apporté beaucoup de plaisir est un euphémisme. Les personnages de Lisa et Wilbur m’ont semblé facilement sympathiques et j’ai suivi l’intrigue avec beaucoup d’intérêt. Une intrigue que l’auteur maîtrise de bout en bout et qu’il conduit grâce à de nombreux rebondissements plutôt qu’en s’appesantissant sur des descriptions ou des ambiances. Mais l’auteur sait ménager son suspense et son mystère jusqu’à la dernière page.

Car le style de Michel Dejolier est volontairement axé sur les dialogues. Cela évite de donner trop de détails, et comme les phrases sont soigneusement construites et les mots soigneusement choisis, l’atmosphère générale qui en ressort est un gigantesque brouillard (pour nous lecteurs), et un déroulement bigrement passionnant. Car on s’aperçoit que les coupables peuvent être nombreux, du collègue de travail aux voisins, ou simplement des inconnus qui ont une rancœur envers Kenneth et Kimberley. Et on n’arrive pas à connaître leur histoire, si ce n’est à travers ce qu’ils veulent dire à Lisa et Wilbur.

Je me suis retrouvé donc dans la position de nos enquêteurs, dans le flou le plus total, en me disant que l’auteur me menait par le bout du nez, mais comme c’était plaisant ! J’aurais juste aimé en savoir un peu plus sur Lisa et Wilbur, plus de profondeur dans les personnages, j’aurais aimé que Wilbur soit plus présent car par moments, j’ai trouvé beaucoup de similitudes avec Patrick et Angela (vous voyez de qui je veux parler) avec leur humour, leur relation, leurs attitudes. Un roman bien agréable en somme que j’ai lu avec plaisir.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :L'hiver de Frankie Machine de Don Winslow (Livre de poche)

A bientôt.

 

hiver-frankie-machine.gif4ème de couverture :

Frank Machianno tient une boutique d'appâts sur la plage de San Diego, surfe chaque matin et s'occupe d'immobilier l'après-midi - un gars sympa et sans histoire. Mais, dans une vie antérieure, il a été l'homme de main de la mafia de la côte Ouest. Une vraie machine à tuer, d'où son surnom, Frankie Machine. Tout bascule le jour où Frankie accepte de rendre service au fils d'un " boss " local : l'affaire tourne mal. Le voici en cavale, traqué par des tueurs impitoyables...

 

 

 

Mon avis :

L’hiver de Frankie Machine de Don Winslow (Livre de poche) est un très bon roman qui décrit un pan de l’histoire de la mafia via un ancien tueur à gages reconverti en vendeur d’appâts pour la pêche. Quand la narration, le style et la construction sont au diapason des personnages, cela donne un très bon polar que l’on ne lâche plus une fois qu’on l’a entamé. Certains m’ont fait remarquer à l’époque que le début était lent mais c’est à l’image de la vie de ce retraité, et il ne faut pas s’arrêter à cela au risque de passer à coté d’un excellent moment de lecture.

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 19:39

Le dernier deboutLes éditions du Lamantin m’ont proposé de lire un roman de leur nouvelle collection consacrée au roman noir, et qui s’appelle, avec beaucoup d’humour, Le lamantin des profondeurs. Evidemment, c’est aussi l’occasion de découvrir un nouvel auteur, et c’est un roman que j’ai trouvé attachant pour des raisons personnelles dont je vais vous parler.

25 novembre 1989 : Le match de rugby France – Nouvelle Zélande bat son plein. Le score est serré, les deux équipes se rendent coup pour coup. Quand Marin Malvie contre un dégagement Black et récupère le ballon ovale. Il court vers la zone promise avec pour seul obstacle l’arrière de l’équipe adverse, qu’il arrive à éliminer. Au moment de plaquer le ballon dans l’en-but, un néo-zélandais le propulse en touche, lui déboîtant l’épaule. Marin est sorti sur civière et aperçoit dans les tribunes son frère, Malo, qu’il croit mort depuis 15 ans.

Marin Malvie est un jeune homme qui, malgré de nombreux drames familiaux, a réussi à se construire un mental de combattant. Son grand père a connu la déportation lors de la seconde guerre mondiale, son père était résistant. Son frère meurt par noyade lors d’une sortie en mer en 1974 et ses parents disparaissent tragiquement dans un accident de voiture juste trois semaines après. Contre l’avis de sa famille, il a mené seul ses études de journalisme pour devenir aujourd’hui journaliste indépendant et joueur de rugby international.

L’apparition de son frère va bouleverser la petite vie bien rangée de Marin, batie autour de Sophie sa femme et Marie sa fille. Il va mettre entre parenthèse sa vie professionnelle et ses entraînements de rugby pour répondre à la question qui va l’obséder : retrouver son frère, qu’il croit mort depuis 15 ans. D’ailleurs, il trouve dans les tribunes, à la place où son frère était assis, un prospectus de vente aux enchères de livres d’Antoine Artaud, le poète préféré de son frère.

Un homme trône en haut des tribunes du Parc des Princes vides, regardant Marin récupérer le prospectus. Il s’appelle Antoine Bévilaqua, dit Le bœuf. Il est tueur professionnel depuis plus de 40 ans au Chenil. Le chenil, c’est le surnom « affectif » donné à un service occulte de la cinquième république, dont la fonction est d’executer les basses œuvres du gouvernement. Le Bœuf est à la poursuite de Malo, suivre Marin est une chance inespérée de réussir sa mission.

J’ai beaucoup de tendresse pour ce roman, pour une raison toute personnelle : il se déroule dans le quartier où j’ai grandi, à une époque où j’y habitais. Ce petit quartier si calme du 9ème arrondissement, situé entre Pigalle et Barbès est un des personnages principaux de ce roman pour moi. Cela m’a replongé dans un moment de nostalgie et je remercie l’auteur pour cela.

Et Marc Zuber a dessinés quelques beaux personnages. Par son sens du détail, autant sur leur passé que sur leur psychologie, on a droit à un duel à distance entre le bon (Marin) et le méchant (Le Bœuf). La structure est classique, passant d’un personnage à l’autre, agrémenté de personnages secondaires qui sont plutôt au second plan. Et la force de ce roman, c’est de nous tenir en haleine pendant cette chasse au fantôme, nous rappelant par moments le spectre de Malo.

Marin et Le Bœuf sont deux obsédés, lancés à cœur perdu dans une quête de l’impossible ou du moins de l’improbable. Marin trouve un objectif lié aux liens du sang, qui devient un challenge pour lui qui réussit tout. Le Bœuf y voit une dernière affaire pour un homme qui n’a jamais rien raté. C’est l’histoire du gibier, suivi par le chasseur suivi par le chasseur. Et s’il y a relativement peu d’actions, on suit avec plaisir la dérive de ces personnages à travers leurs joies, leurs doutes, leurs espérances, leurs amours, leurs haines.

Le gros atout de ce livre, c’est son style. Car dès le début, on voit que Marc Zuber est à classer dans les littéraires. Les phrases sont bien construites, les situations décrites dans le détail, les personnages ont un vécu détaillé et une psychologie fouillée. Si vous cherchez un roman rapide à lire, avec des phrases courtes, ce n’est pas le bon livre pour vous. De même, il y a peu de dialogues, la priorité étant donnée aux états d’âme et aux sensations.

C’est aussi le petit reproche que je ferai à ce livre. Son style fait de belles comparaisons, de digressions, de grandes descriptions m’a parfois fait sortir de l’intrigue. Je suis resté ébahi par certaines phrases, certains paragraphes, tellement bien écrits que j’en oubliais l’histoire. De même, parfois, cela a tendance à étouffer les émotions (sauf quelques moments forts), j’ai clairement ressenti la retenue d’un auteur qui écrit son premier roman.

Mais ce ne sont que de petits reproches face à un roman qui se lit tout seul, face à un premier roman qui en appellera sûrement d’autres. Ni roman policier, ni roman d’action, ni course poursuite, ni roman d’espionnage, ce roman nous propose une belle histoire de famille ancré dans l’histoire contemporaine et restera pour moi un agréable voyage dans le quartier de mon passé. Merci M. Marc Zuber !

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 19:36

ruptureVoici donc ma première lecture dans le cadre de la sélection automnale de Polar SNCF. Cette année, je peux dire que les sélections auront été d’un très bon niveau. J’ai commencé par Rupture de Simon Lelic sur l’insistance de Cynic dont vous pouvez lire l’avis ici. Un livre à ne rater sous aucun prétexte.

Dans un collège britannique très coté, une réunion où sont conviés les élèves et les professeurs a lieu dans le gymnase. Un des professeurs, Samuel Szajkowski, sort un pistolet et ouvre le feu. Trois enfants et un professeur, Veronica, sont touchés et meurent sur le coup. Puis, Samuel retourne l’arme contre lui et se suicide.

Lucia May est l’enquêtrice chargée de cette affaire. Au-delà des faits, dont elle connaît le coupable, elle va cherche à trouver les responsables. Car Samuel était certes un individu terne, hésitant à donner franchement son avis, ayant des difficultés à lier des relations. Il était passionné de peinture et accordait tant d’importance au fait d’inculquer l’histoire. C’était sa fierté de faire ce beau métier.

Mais aux yeux des autres, Samuel était différent donc bizarre. Le directeur se dit persuadé que c’était un cinglé, et qu’il en avait eu la sensation dès son embauche. TJ le professeur de sport l’avait tout de suite pris en grippe, croyant que Samuel n’était qu’un intellectuel de plus qui dénigrait le sport. Maggie, la professeur de musique est probablement celle qui l’a le mieux connu, le fréquentant en dehors des cours. Mais, même elle, qui est devenue son amante, le trouvait taciturne, distant et mystérieux.

Lucia May va donc démêler les fils, pour comprendre que coupable ne veut pas dire responsable. Elle va se heurter à son supérieur qui veut rapidement classer l’affaire. Pour lui, ce n’est rien qu’un fait divers tragique, dont le coupable est connu et puni. Il lui donne trois jours, avant de lui demander de passer à autre chose. Petit à petit, Lucia va mettre à jour les humiliations et les petites mesquineries qui ont conduit Samuel à commettre un tel acte, quitte à mettre en danger sa carrière.

Ce roman est une franche réussite. Le personnage de Lucia May est extrêmement bien décrit. Cette jeune personne d’une trentaine d’année, qui sort d’une rupture amoureuse, laisse parler son cœur plutôt que son instinct professionnel. Devant les faits froids, marquants et dramatiques, elle y voit l’occasion de se remettre en cause, et par là même de remettre en cause le système, autant judiciaire que scolaire. Car toute la question du livre qui nous tient en haleine est simple : nous connaissons le coupable, mais qui est responsable ?

La structure et le style aident beaucoup à dévorer ce roman, tant tout est fait pour jouer sur les sentiments. Outre ceux de Lucia, Simon Lelic incorpore dans son récit les témoignages des gens interrogés, du directeur aux collègues de Samuel, des enfants à la sœur de Samuel. Ces chapitres sont très bien faits, sans qu’il y ait les questions de l’inspectrice, ce qui ne gène en rien la compréhension, mais rajoute une note dans la véracité du passage.

Il y a les personnages secondaires, très bien faits, bien vivants, qui ont tous une part importante dans le déroulement de l’intrigue, en particulier Walter le collègue de Lucia qui la harcèle sexuellement au bureau et qui la place dans la même situation que Samuel ou son ami avocat Philip qui lui rappelle de ne pas mettre d’émotion dans son travail, de se contenter d’analyser et reporter les faits.

Et puis, c’est une charge en règle contre l’éducation britannique (seulement ?) qui considère qu’un professeur a forcément l’autorité nécessaire face à ses élèves, et donc qu’il n’a pas besoin d’être conforté dans cette position;  il y a les discours affligeants (c’est mon avis) du directeur qui avoue qu’il ne sert à rien de chercher à comprendre un élève perturbateur, qu’il faut lui laisser terminer sa scolarité et qu’ensuite il ira toucher ses indemnités de chômage; Il y a tous ces professeurs censés donner l’exemple, être ouverts, accueillants envers les autres, qui rejettent et martyrisent l’un des leurs parce qu’il est étranger, différent, froid, renfermé, solitaire, introverti, ces professeurs qui sont plus puérils et gamins que leurs propres élèves, jusqu’à en être des monstres responsables; il y a ce système que tout le monde est prêt à laisser mourir, au nom de l'opportunisme personnel.

Et derrière tout cela, il y a un homme et un drame. Cet homme dont on ne connaît ses émotions que par la façon dont les autres le voient, que par l’image dont Lucia s’en fait. Jamais il n’intervient autrement que par le discours d’un autre, mais on arrive à se brosser un portrait de cet homme tellement fier d’inculquer l’histoire à des élèves, qui avait le défaut de ne pas rentrer dans le format standard d’un professeur britannique.

Rupture est le premier roman de Simon Lelic. Cela en devient d'autant plus impressionnant. Vous l’aurez compris, Rupture de Simon Lelic est un livre tout en finesse et en subtilité à lire. Urgemment.

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine : un pays à l'aube de Dennis Lehane (Rivages Noir).

A bientôt.

 

4ème de couverture :

un-pays-a-l-aube.gifL'Amérique se remet difficilement de la Première Guerre mondiale. De retour d'Europe, les soldats entendent retrouver leurs emplois, souvent occupés par des Noirs en leur absence. Mais l'économie est ébranlée et la vie devient de plus en plus difficile pour les classes populaires. Sur ce terreau fleurissent les luttes syndicales et prospèrent les groupes anarchistes et bolcheviques, ainsi que les premiers mouvements de la défense de la cause noire.
En 1918, Luther Laurence, jeune ouvrier noir de l'Ohio, et amené par un étonnant concours de circonstances à disputer une partie de base-ball face à Babe Ruth, étoile montante de ce sport. Une expérience amère qu'il n'oubliera jamais.
Au même moment, l'agent Danny Coughlin, fils aîné d'un légendaire capitaine irlandais de la police de Boston, est chargé d'une mission spéciale par son parrain, le retors lieutenant McKenna : infiltrer les milieux syndicaux et anarchistes.
A priori, Luther et Danny n'ont rien en commun. Le destin va pourtant les réunir à Boston en 1919, l'année de tous les dangers.

 

Mon avis :

Un pays à l’aube de Dennis Lehane (Rivages noir) est aussi un roman exceptionnel du Génial auteur de Shutter Island. Si vous ne l’avez pas lu en grand format, il est grand temps de rattraper votre retard au risque de rater l’un des livres les plus géniaux de ces dix dernières années. Oscillant entre roman familial et roman social, entre roman intimiste et roman noir, Dennis Lehane démontre qu’il est un grand auteur tout court. Il nous dévoile un pan oublié de l’histoire américaine et en fait un chef d’œuvre.

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 19:22

Road dogsQuand on hésite sur le prochain livre à lire, il ne faut jamais oublier les maîtres. Elmore Leonard fait partie de ces incontournables auteurs prolifiques qui savent raconter des histoires. Road dogs est un très bon roman d’un auteur que j’avais un peu laissé de coté et c’est un tort.

Jack Foley est un braqueur de banque qui a à son actif plus d’une centaine de larcins. Sa qualité est indéniablement le charme qu’il opère auprès des caissières. Nous le retrouvons en prison, avec une peine de 30 ans à purger puisqu’il a été repris après une tentative d’évasion ratée. Il a pris sous sa protection un Cubain, ancien gogo dancer qui s’appelle Cundo Rey.

Cundo est un homme riche. Il achète des maisons dans des coins qui sont amenés à prendre de la valeur, puis les revend avec un substantiel bénéfice. Il a un homme de main qui réalise toutes ses transactions et ses activités illégales, en la personne de Little Jimmy, cubain comme lui qui lui est dévoué corps et âme. Une des activités de Cundo est l’arnaque de personnes âgées, aidé en cela par sa femme Dawn Navarro, qui fait semblant d’avoir des dons de voyance extralucide.

Cundo doit bientôt sortir de prison grâce à une avocate géniale (mais chère), Megan Norris. Celle-ci, charmée par Jack, réussit à retourner le témoignage de Karen Sisco, un officier fédéral, qui était tombée amoureuse de Jack lors de son évasion. Sa peine est réduite à sept ans, ce qui fait qu’il va bientôt sortir, Cundo devant sortir quinze jours plus tard. Cundo propose d’héberger Jack dans une maison située en face de celle de Dawn, à Venice Beach, et de tout lui payer.

Jack et Dawn vont tomber amoureux, ou du moins faire l’amour. Jack sait bien que Cundo veut l’utiliser alors qu’il ne rêve que de s’exiler. Dawn voit en lui le partenaire idéal pour voler tout l’argent de Cundo. Little Jimmy sent bien qu’il a un coup à jouer et qu’il peut récupérer plus que les petites sommes qu’il détourne à son profit. Mais un agent fédéral, Lou Adams, va poursuivre jack Foley, obsédé qu’il est de mettre sous les verrous l’un des plus ingénieux braqueurs de banque.

Ce livre est l’exemple même du talent d’un grand auteur. Prenez une situation classique, ajoutez des truands, une femme fatale, un flic acharné, saupoudrez de relations troubles entre tous les protagonistes, et vous obtenez un suspense prenant dont l’issue est extrêmement incertaine. Car la grande question qui suit tout ce livre, c’est : Qui manipule qui ?

Avec un style fluide, une psychologie complète des personnages et un enchaînement génial des actions, Elmore Leonard démontre tout son art sans forcer. A croire que, pour lui, c’est naturel, inné. Quand je parle de plaisir de lecture, ce livre en est l’illustration même. A priori, rien d’extraordinaire dans le sujet, rien de génial dans les situations, juste une histoire qui part de zéro et qui se termine comme elle doit se terminer (bon, je ne vais pas tout vous dire non plus !). Et une fois qu’on a tourné la dernière page, on ne peut que se dire : « c’était vachement bien ! ».

Quand on ne sait pas quoi lire, quelle bonne idée de reprendre les grands auteurs de romans noirs. Elmore Leonard fait partie de ceux là, et Road dogs est un très bon bouquin qui vous fera passer un très bon moment. N’attendez plus, allez l’acheter de ce pas, lisez Elmore Leonard !

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 19:08

Bouche qui mangeAprès avoir lu, avec beaucoup d’enthousiasme son précédent roman, qui s’appelait La vie est un sale boulot, je ne pouvais manquer La bouche qui mange ne parle pas. Et voici un bon polar qui va plus loin que le précédent.

Solo sort de prison après avoir purgé une peine de trois. En effet, il a été enfermé pour le meurtre d’un homme par erreur : Il venait de réaliser un beau coup avec son pote Kenzo, et buvait du mousseux avec une jolie gossette. Alors qu’il était parti faire le plein, un homme prit sa chaise. Solo lui demanda de s’en aller mais l’autre ne voulut rien savoir. Alors il lui cassa les bouteilles sur la tête et l’homme mourut.

Comme l’argent coule vite à Libreville, Solo a vite besoin d’argent. Il débarque donc chez son cousin Tito, qui tient un garage, mais c’est plutôt une couverture. En arrivant, il rencontre la petite bande de délinquants, amis de Tito, qui se nomment Joe, Fred, Jimmy et Dodo. Chacun regorge d’idées pour faire de petites arnaques pour récupérer de l’argent. Tito propose à Solo de voler une voiture pour servir de chauffeur dans une affaire qu’il fait avec Youssef. Il devra conduire et surtout garder le silence.

Les autres petits truands de la bande ont tous leur petit business. Joe et Fred font dans le chantage auprès de femmes mariées, dont ils ont pris des photos embarrassantes. Dodo et Jimmy envisagent pour leur part un braquage de la banque Western Union. Enfin, Kenzo travaille sur une arnaque auprès d’un banquier, qui entretient l’amante de Kenzo, et celui-ci fait appel à Solo pour jouer le rôle d’un Libérien capable de fabriquer des billets de banque.

De l’autre coté de la ligne jaune, il y a les policiers Koumba et Owoula. Ils sont sur une affaire de meurtres rituels de jeunes enfants. Ceux-ci sont retrouvés dépecés, et la police est persuadée qu’ils ont été victimes de marabouts à la solde de politiciens. Leur enquête avance doucement, entrecoupée de petits arrangements avec de petits larcins qui permettent à Koumba et Owoula de récupérer de l’argent.

Janis Otsiemi nous refait le coup de l’autopsie de la société gabonaise, une société gangrenée à tous les niveaux par la corruption et la malhonnêteté. Car tout y est bon pour récupérer de l’argent, le seul et unique leitmotiv de tout le monde. Si on avait l’habitude des policiers corrompus, arrêtant ceux qui font des excès de vitesse pour récupérer un paiement en liquide, on assiste ici à des dessous de table de plus grande envergure, avec une implication jusqu’au plus haut niveau de l’état.

Par rapport à La vie est un sale boulot, on retrouve les thèmes, les personnages et la construction classique d’un roman noir. Mais la grosse originalité de Janis Otsiemi tient en deux éléments qui donnent un énorme plaisir à la lecture de ses livres. La construction est ici plus complexe, avec plus de personnages tous formidablement vivants, réalistes et l’on suit la logique de la narration avec étonnement si ce n’est de l’effarement. Je me doutais de la corruption mais Otsiemi nous montre qu’elle a lieu à tous les niveaux et que cela devient parfaitement naturel, une sorte de moyen de survie pour tout un chacun.

Enfin, il y a le style de Janis Otsiemi. Ecrire dans le patois gabonais, tout en étant explicite pour nous, gens de la métropole est un exploit. Cela en fait un livre extrêmement plaisant, voire drôle à lire par moments. Cela nous fait voyager dans ce pays, on ne nous montre pas la façade touristique, mais ce qu’il y a derrière le décor. Ce livre est tellement bien fait que j’ai eu l’impression de lire un reportage, ce qui m’a fait froid dans le dos ; cela m’a impressionné de voir un pays entraîné dans la spirale infernale de la corruption. Décidément, Janis Otsiemi confirme de la plus belle des façons qu’il est un auteur à suivre et vous auriez tort de laisser passer cette chance de lire un livre au style direct, acéré et coloré. Un mélange exotique et détonnant.

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 10:00

J'ai décidé de créer une nouvelle rubrique sur Black Novel. Cela s'appelle Une idée de lecture pour le week end. Dans cette rubrique, je vous proposerai un livre sorti en format poche, que j'ai lu avant Black Novel ou un rappel d'un livre chroniqué ici qu'il serait dommage d'avoir raté. Ce sera donc mon grenier personnel, celui où je tenterai de me rappeler de mes bons souvenirs et où j'espère que vous me suivrez.

Comme mon temps pour rédiger les articles est limité (ben, oui, faut que je bosse), chaque rubrique sera programmée à l'avance et sortira tous les vendredis à midi. Cela vous donnera le temps de courir dans une librairie acheter votre livre du week end. Le format sera composé d'une copie de la quatrième de couverture ainsi que de mon avis ne dépassant pas un paragraphe. Ne seront évoqués que les livres que j'ai trouvés très bons.Mes lectures récentes continueront à être publiées les mercredi et dimanche soir.

Si l'idée vous plait, alors cette rubrique vivra longtemps. N'hésitez pas à me faire des suggestions ou des améliorations. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Pour la première, je ne prends pas de risques et je vais vous parler de Millenium tome 1, c'est à dire de Les hommes qui n'aimaient pas les femmes de Stieg Larsson (Babel noir)

A bientôt.


4ème de couverture :

Millenium-1.gifAncien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers, lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.


Mon avis :

J'ai du mal à croire que ceux qui ont craché sur ce livre l'ont vraiment lu. Certes, le rythme est lent, car c'est d'une enquête qu'il s'agit, mais les ambiances, l'intrigue et les personnages font que ce livre a eu un succès énorme mais mérité. Ce premier tome inaugure une trilogie d'une cohérence rare et reste un excellent moment de lecture. La seule chose que je me demande, c'est si l'édition de poche va avoir du succès, étant donné le nombre de livres vendus en grand format.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 18:30

En ce sanctuaireC’est toujours avec un énorme plaisir, voire une impatience démesurée et en-ce-sanctuaire-2.jpgpuérile que je retrouve mon ami Jack Taylor. Dès que j’apprends la sortie de ses prochaines enquêtes, je note la date de sortie sur mon agenda, et je me précipite chez mon libraire. Celui-ci m’a été prêté par Coco en avant première, et je ne le remercierai jamais assez, même si j’irai quand même l’acheter le jour de sa sortie.

Jack a vendu son appartement et se retrouve à la tête d’un beau petit pactole, avec lequel il envisage d’aller vivre aux Etats-Unis. En attendant, il loue un appartement beaucoup plus petit que ce qu’il avait auparavant, la faute à la hausse des prix complètement folle de l’immobilier. Un matin, il reçoit une lettre qui lui annonce la mort prochaine de deux policiers, une nonne, un juge et un enfant. Cette lettre est signée Benedictus. Encore un allumé !

N’écoutant que son grand cœur, il va voir le surintendant Clancy, son ancien collègue et ami, pour qu’il enquête, d’autant plus qu’un policier du nom de Flynn vient d’être retrouvé mort, écrasé par une voiture. Comme Clancy pense à un délit de fuite, et qu’il n’a pas l’intention d’écouter Jack, Jack demande à Stewart, son ancien dealer, de l’aider à retrouver l’assassin.

En parallèle de cette affaire, qui va le toucher de très près, son nouveau voisin de palier, Albert, homosexuel notoire, se plaint d’un groupuscule ayant pour but de se débarrasser des « déviants ». Puis, un riche propriétaire terrien fait appel à lui pour retrouver le poney de sa fille que l’on vient d’enlever, et contre lequel il est demandé une rançon.

A nouveau dans ce roman, Ken Bruen montre et dénonce les travers de la société irlandaise, qui court après l’argent. Cette Irlande qui est la plus riche d’Europe, perd toute notion de la réalité, perd aussi ses fondamentaux, ses croyances, au nom de l’argent roi. Mais elle conserve en son sein les mêmes allumés, les irréductibles, les derniers s’une culture amenée à disparaître. Et on retrouve tous ceux que jack connaît côtoie et aime.

Comme d’habitude chez Ken Bruen, les trois enquêtes vont se mêler les unes aux autres sans que l’on ressente un doute ou sans que l’on soit perdu. Comme d’habitude, Jack va payer de sa personne, et l’intrigue va se révéler bien éprouvante pour notre héros. Comme d’habitude, Ken Bruen nous montre toute l’étendue de son talent (son génie !) pour faire vivre des personnages, décrire des lieux en une phrase, pour nous passionner avec ses petites et grandes histoires.

Ce nouveau tome est dans la continuité des autres, avec un niveau très proche des autres, ce qui veut dire qu’il est très bon. L’enquête principale m’a paru d’une facture plus classique, et j’ai l’impression d’y avoir ressenti plus d’humour. J’ai ri plus d’une fois, surtout avec les remarques acerbes de Jack sur l’évolution de la mentalité des gens, de leurs mœurs, de la société irlandaise.

Quand on lit un livre de Ken Bruen, on se dit que c’est facile d’écrire un livre, tant tout semble évident, trivial, logique. Et, comme j’ai déjà du l’écrire ici sur Black Novel, c’est là tout le génie du bonhomme : raconter des histoires tellement réalistes qu’elles deviennent triviales. Vous pouvez, vous devez vous immerger dans ce cycle Jack Taylor, il y a une réelle cohérence du premier au dernier tome, et il faut vraiment les lire dans l’ordre car il y a une progression intéressante dans les personnages et dans le style.

Une rumeur dit que ce serait le dernier tome des enquêtes de Jack Taylor. Espérons que Jack fasse ses adieux comme Johnny Halliday ou les compagnons de la chanson. En tous cas, j’ai de la chance, il m’en reste un à lire. Il est sur ma table de nuit. Lisez jack Taylor, vous ne le regretterez pas. Ce roman sera en vente dès demain matin. Pour finir, un petit message personnel : merci Coco, béni sois-tu jusqu ‘à la 25ème génération.

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Published by Pierre faverolle - dans 2010
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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 19:35

Les lieux sombresComme je suis en retard dans la rédaction de mes articles, retrour sur une de mes lectures estivales. Dès sa sortie, les internautes ont salué cette histoire et l’art de l’auteur de nous tenir en haleine jusqu’à la dernière page. Je l’ai donc acheté dès sa sortie, et je l’ai lu cet été. Et si je ne l’ai pas lu avant, c’est surtout parce que c’est un sacré pavé et que je préfère prendre le temps d’avaler de gros morceaux quand je suis en vacances. En voici un bref résumé :

Libby Day a connu un drame familial alors qu’elle avait sept ans. Sa mère et ses deux sœurs ont été massacrées dans leur ferme. Elle est la seule rescapée, arrivant à se sauver par la fenêtre de la chambre de sa mère. Elle a ensuite été élevée par sa tante, puis a vécu sans jamais travailler. En effet, ce massacre a fait grand bruit et de nombreux dons lui ont permis de vivre avec le strict minimum.

C’est son frère Ben qui a été accusé et condamné pour ce massacre. Et malgré les incohérences de l’accusation, c’est le témoignage de la petite Libby qui a fait pencher la balance. A son age, elle était forcément influençable et Ben a été condamné à la perpétuité. Libby a coupé les ponts avec son passé, avec sa famille, que ce soit sa tante ou son frère Ben ou son père Runner, un homme fauché, alcoolique et violent.

Deux événements vont faire pencher la balance et semer le doute dans sa petite vie bien rangée. Vingt cinq ans plus tard, le banquier de Libby lui signifie que son compte diminue à vue d’œil. C’est alors qu’un frôle d’individu, Lyle Wirth la contacte au d’un Kill Club. C’est un club qui réunit des passionnés de crimes mystérieux. Ils cherchent à éclaircir des meurtres lors de réunions qui se tiennent dans une cave de Kansas City.

Comme Lyle lui propose de la rémunérer, Libby accepte une première réunion. Là, de nombreuses personnes soulèvent des questions qui montrent que Libby ne pouvait pas avoir vu le massacre car elle était dans la chambre de sa mère, qu’il y a eu au moins deux armes utilisées (une hache et un fusil) et qu’il y avait une trace de pas adulte ensanglantée qui ne pouvait correspondre à celle de Ben. Petit à petit, Libby sent naître le doute et les remords d’avoir fait condamner son frère pour rien.

Après avoir lu ce livre, je comprends mieux les éloges couronnant ce roman. Ca r sous couvert d’une enquête, il y a un vrai roman complexe sur le monde rural des Etats-Unis, avec de vrais personnages forts et un vrai problème philosophique et psychologique.

Avec sa construction qui alterne entre passé et présent, Gillian Flynn nous montre l’envers du décor du rêve américain, celui qui a mené tant d’agriculteurs à la ruine dans les années 80 à cause de l’ouverture des frontières aux pays d’Amérique du Sud, puis avec ce que sont devenus leurs enfants. Ces gens là ne demandaient rien d’autre que de vivre de leurs terres et ils ont fini dans la drogue, la prostitution ou la prison. Quel savoir faire admirable !

Et puis, il y a la psychologie des personnages avec une problématique que Ben résume parfaitement à Libby : « Si je suis innocent, alors c’est toi qui deviens coupable. » C’est avec beaucoup de plaisir que l’on suit la trajectoire de Libby, avec ce passé qu’elle veut oublier. Elle est comme tous les protagonistes de cette histoire, il règne un fatalisme ambiant qui donne l’impression de ne pouvoir changer le cours des choses.

C’est aussi un brillant portrait des différentes générations, de notre évolution de l’enfance à l’age adulte, en passant par une adolescence perdue, sans repère, sans attaches, avec toujours cette idée de l’impact que peut des événements passés sur notre destin. C’est l’image d’un monde et d’une civilisation déracinée, laisée à l’abandon, une peinture noire du monde rural qui s’adonne à ses peurs ancestrales (la peur du Diable, la peur de l’autre) pour tenter de se rassurer, ou du moins avoir l’impression d’avoir une sorte de contrôle sur sa vie.

C’est un bien beau roman que j’ai lu avec beaucoup de plaisir et que je vous conseille fortement pour ce voyage au fin fond des Etats-Unis, avec une fin que vous ne devinerez pas (d’ailleurs ce n’est pas ce que j’ai préféré dans le livre), une fin dessinée comme un pied de nez au destin des petites gens.

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