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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 06:53

Nous les maitres du mondeVoilà le dernier roman d’un auteur que je ne connais pas. C’est aussi l’occasion de se plonger dans le monde des super héros, sujet qui permet d’analyser avec du recul beaucoup de sujets différents.

Nous sommes en 2037. Une entité extraterrestre a atterri sur notre planète. Son nom est Fuchsia440. Elle prend possession de corps humains pour réaliser sa mission, mais est obligée de changer de corps, car ceux-ci s’épuisent et se décomposent. Elle doit préparer l’arrivée de son double, Magenta126, pour s’accoupler avec lui. Dans le même temps, une boule de feu s’écrase en Suisse, non loin d’une route. Une voiture manque de partir dans les décors et le conducteur, croyant à l’atterrissage raté d’un avion va voir s’il y a des survivants. En s’approchant, Magenta126 prend possession de son corps et trace sa route vers son double.

Nous sommes en 2037. La faste période des super héros est passée. Louis Lartigues faisait partie d’eux, avec ses costumes en lycra. Il était le seul à avoir de réels pouvoirs surhumains, puisqu’il était capable de modifier toute structure moléculaire. Cela lui permettait de se soigner, de maîtriser l’air autour de son corps pour voler, de créer des objets pour se protéger par exemple. Il travaille aujourd’hui pour le gouvernement dans le plus grand secret.

Il est appelé sur le lieu de l’atterrissage raté. Il est obligé de laisser sa compagne Barbara Liebgott et son fils David pour accomplir une nouvelle mission. Sa vie de famille est son havre de paix, qui lui permet de se ressourcer, et ses relations avec David se font au travers des histoires de Fred Veloce, un super héros dont David écrit les aventures tous les soirs. Quand Louis arrive sur les lieux, sa faculté d’analyse des molécules lui montre qu’il a affaire à une entité extra terrestre.

Louis est surnommé l’homme atomique. Et dans cette histoire, nous allons rencontrer Frère Jérôme, un télépathe capable de manipuler les gens avec sa force mentale, dont la mission est de tuer les autres télépathes jugés dangereux. Il y a la dame blanche, une femme à la beauté infinie qui a acquis la propriété la plus à l’ouest de la France, en Bretagne, pour y installer un commerce de rencontres un peu particulières. Il y a Mad Max, un instituteur psychopathe qui a tué les automobilistes qui conduisaient mal et qui est devenu le majordome de la Dame Blanche. Tous vont être confrontés à la menace extra-terrestre.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce roman est surprenant. Cette histoire de super héros est traitée comme un roman classique, il n’y a pas d’extravagances, comme si ces surhommes faisaient partie de notre vie de tous les jours. Il y a certes des évolutions par rapport à notre société de 2010, mais rien de transcendant. Finalement, 2037 c’est comme 2010, la vie aura peu évolué.

Ce roman se veut aussi un hommage, envers tous les films ou bandes dessinées qui ont bercé notre jeunesse (du moins la mienne). On y rencontre des chapitres issus de différents documents ou journaux, mais aussi des clins d’œil à des films comme Scanners (à travers Frère Jérôme) ou Les Gardiens. Seuls manquent à l’appel les Xmen, ce qui est un petit regret personnel (quoique Louis ait tous leurs pouvoirs). Mais on sent que l'auteur s'est beaucoup amusé à écrire ce roman.

Des sujets très intéressants sont abordés dans ce roman, comme la vie personnelle d’un super héros, la reconversion après une vie d’exploit, la vision des media des événements (au travers d’articles de journaux) ou la manipulation des services gouvernementaux de Louis. Et j’aurais aimé qu’il y ait plus de détails sur cette société futuriste justement, et sur le rôle des gouvernements. Bien que cela ne gène en rien l’intrigue, ma curiosité n’a pas été satisfaite de ce point de vue là.

Nicolas Jaillet a écrit un roman hors norme, résolument original. Fait de petits chapitres, alternant les personnages avec des articles de journaux ou de passages de romans autobiographiques d’un dénommé Golumm, la lecture est d’abord surprenante et déconcertante au début avant de devenir très plaisante ensuite. Tous les fans de personnages en costumes colorés vont y trouver leur compte, les autres vont découvrir un autre monde, et iront sûrement jeter un coup d’œil du coté des bandes dessinées Marvel ou DC Comics.

Et comme Sansalina, un des précédents romans de Nicolas Jaillet, va être réédité chez Folio au mois de novembre, vous recevrez bientôt sur ce blog des nouvelles de cet auteur.

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 11:00

 

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine : Les falsificateurs de Antoine Bello (Folio)

A bientôt.

 

4ème de couverture :

falsificateurs.gifC'est l'histoire d'une organisation secrète internationale, le CFR (Consortium de Falsification du réel) qui falsifie la réalité mais dont personne ne connaît les motivations. C'est l'histoire de quelques une des plus grandes supercheries de notre époque : de Laïka, la première chienne dans l'espace, qui n'a jamais existé, de Christophe Colomb qui n'a pas découvert l'Amérique, des fausses archives de la Stasi. C'est l'histoire d'un jeune homme, embauché par le CFR, qui veut comprendre pourquoi et pour qui il travaille. C'est l'histoire d'une bande d'amis qui veulent réussir leur vie, sans trop savoir ce que cela veut dire. C'est, d'une certaine façon, l'histoire de notre siècle.

 

Mon avis :

 

Si j’ai déjà parlé de Les éclaireurs qui en est la suite, il faut absolument que vous lisiez ce livre, et ce pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, Antoine Bello est un formidable conteur, et un excellent écrivain. Ses personnages sont d’une humanité et d’une vérité telle qu’on a l’impression de les avoir toujours côtoyés. Enfin, le sujet va vous rendre paranoïaque, et vous fera regarder différemment le journal télévisé de 20 heures. Si on ne peut qu’être ébahi devant la force de l’imagination de cet auteur, il n’en reste pas moins que ce roman est un formidable plaidoyer pour nous forcer à réfléchir par nous même.

A noter que le dernier roman de Antoine vient de sortir chez Gallimard. Cela s'appelle Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet et vous aurez l'occasion de lire mon avis prochainement puisque je l'ai acheté.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 17:19

La Ruelle Bleue m’a proposé un petit jeu sous la forme de tag. C’est le tag des 15 noms d’auteurs. Il s’agit de noter le plus rapidement possible les noms d’auteurs que je considère comme marquants.

Pour la mienne, j’ai d’abord inscrit une vingtaine de noms desquels j’ai retenu ceux dont j’ai lu au moins cinq livres. Seul un auteur ne répond pas à ce critère de cinq livres lus mais vous le devinerez facilement. J’ai classé la liste par ordre alphabétique, et vous noterez qu’il n’y a pas que des auteurs de polar.

Voici donc ma liste :

Martin Amis

Charles Baudelaire

Richard Brautigan

Ken Bruen

Antoine Chainas

Robin Cook

Philippe Djian

Jean Paul Dubois

Brett Easton Ellis

James Ellroy

Analdur Indridason

David Peace

Jean Bernard Pouy

Philip Roth

Emile Zola

Merci à la Ruelle Bleue d’avoir pensé à moi.

N’étant pas adepte de ce genre de jeu, challenge ou autres défis, je ne ferai pas suivre ce jeu. J’espère que vous ne m’en voudrez pas. Si vous voulez me donner votre liste, envoyez-les via les commentaires.

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 20:30

Cold in handLe dernier John Harvey en date vient de sortir. Il s’agit d’une enquête de son personnage Charlie Resnick, c’est sa onzième. Charlie est un personnage bourru que l’on a appris à connaître et aimer au fur et à mesure et même si je ne les ai pas (encore tous lus), cet épisode là est plus noir que les précédents.

Nous sommes au jour de la Saint Valentin. Charlie Resnick vit avec Lynn Kellogg, sa jeune collègue, qui vient de passer son diplôme de négociateur. Justement, ce matin là, elle est appelée pour un mari ingénieur qui rentre de voyage d’affaires et trouve sa femme au lit avec son meilleur ami. Elle arrive à sortir de la prise d’otage les deux enfants et la femme indemnes. Le mari, qui rate son suicide, se rend à la police indemne lui aussi.

En revenant de cette affaire rondement menée, elle reçoit un avis sur sa radio : une bagarre est en train de se préparer entre bandes rivales à l’angle de St Ann’s Hill Road et de Crammer street. Arrivée sur place, elle voit un attroupement de jeunes gens en cercle. Alors qu’on lui conseille d’attendre les renforts à la radio, elle décide d’y aller. Deux jeunes filles s’apprêtent à se battre. Elle tente d’intervenir mais l’une des jeunes sort un couteau et coupe son adversaire au visage. C’est alors qu’un jeune homme armé se détache du groupe avec un revolver, il tire sur Lynn en pleine poitrine puis sur la jeune fille armée d’un couteau au cou.

Le département des homicides fait appel à Charlie Resnick pour les épauler, qui est à la tête du département des vols. Charlie accepte cette mission et décide de se faire épauler par une enquêteuse de son équipe : Catherine Njoroge. A l’hôpital, il retrouve Lynn qui est contusionnée mais n’est pas blessée grace à son gilet pare-balles. Kelly Brent, l’adolescente de quinze ans, n’aura pas cette chance : elle mourra de sa blessure au cou. Lors de la conférence de presse, le père de Kelly Brent prend les officiers à partie et déclare que Lynn a utilisé sa fille comme bouclier humain pour se protéger.

Lynn doit aussi témoigner dans un procès lors d’un meurtre qui a eu lieu quelques mois auparavant. Dans un salon de massage situé au dessus d’un sex-shop, une masseuse, Nina, a été égorgée. Le propriétaire, Viktor Zoukas, soutient que c’est un client qui l’a tuée. Une autre masseuse, Andreea Florescu, sait que c’est Viktor qui l’a tuée. Lynn décide de la protéger contre d’éventuelles représailles d’autant plus que Viktor va être libéré sous caution.

Dire que John Harvey sait mener un récit de deux enquêtes en parallèle est une évidence. Dire qu’il est capable de faire vivre en quelques lignes des personnages secondaires est aussi une évidence. Dire qu’il sait écrire de façon simple et passionnante pour n’importe quel lecteur est trivial. De son œuvre en cours, du cycle Resnick au cycle Elder, j’en ai adoré et j’en ai bien aimé mais je n’ai jamais été déçu. Et John Harvey n’est jamais aussi fort que quand il rentre dans la psychologie de ses personnages pour nous montrer par petites touches subtiles une facette de notre société. Dans ces moments là, John Harvey devient brillant, et c’est le cas ici.

Cette enquête donne l’occasion à John Harvey de montrer les évolutions de notre société face à un Charlie Resnick qui n’a plus envie d’essayer de comprendre ni de suivre le rythme alors qu’il est si près de la retraite. Entre l’omnipotence des medias et les nouvelles méthodes policières, entre les attitudes des gens envers les policiers et le manque de respect des plus jeunes, Charlie prend cela avec philosophie, s’enfermant le soir dans l’écoute de ses disques de Jazz. Etre professionnel jusqu ‘au bout des ongles mais ne plus se battre pour rien, telle est sa philosophie. Une fois n’est pas coutume, je vous livre un extrait :

Je vis depuis trop longtemps dans cette satanée ville, pensa-t-il, et plus ça va, plus il y a de fantômes qui viennent frapper à ma porte.

Car John Harvey est aussi un styliste, autant qu’il est un analyste. Tout y est orchestré avec minutie, tout est exprimé avec justesse, c’est du grand art : en faire le minimum pour un plaisir maximum. Et il semble prendre un plaisir fou à montrer l’envers du décor : que fait Charlie quand il a terminé son travail. Harvey est aussi à l’aise dans ces passages que dans le déroulement de l’enquête.

Enfin, il faut dire que cette enquête est tout de même plus noire que les autres (que j’ai lues). Et cela lui donne aussi plus de valeur, plus d’humanité, plus de réalité. Cela fait aussi de ce roman un des plus aboutis de John Harvey, du niveau des Cœurs Solitaires, la première enquête de Resnick, celle que je préfère. John Harvey a écrit de bons, de très bons et des excellents romans. Celui-ci est d’une excellente veine.

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 20:30

ScarelifeCela faisait un bout de temps que je voulais lire ce roman, un roman bien sec, bien nerveux pour changer. Après avoir appris qu’il faisait partie de la sélection 2010 du trophée 813, je ne pouvais attendre plus longtemps. En voici le début :

Mosley J.Varell a commencé comme scénariste d’un feuilleton comique de quatrième catégorie La Famille Wreegless. Il s’occupait principalement des répliques de l’actrice principale Bess qui jouait le rôle de Tana. La série a duré 3 saisons et Mosley et Bess se sont mis à vivre ensemble. Mais Bess a fini par prendre du poids et par baiser dans son dos. Après dix années de prison à Potern Bay, pendant lesquelles Bess lui rendait visite, Mosley est devenu le scénariste d’un dessin animé Gougou le kangourou.

Un matin, Mosley reçoit une lettre de son père Edwin Varell, pour qui il voue une haine farouche. Il décide de le retrouver à Rochelle, mais comme il déteste les avions, il doit traverser les Etats-Unis du Montana à la Louisiane en bus. Pendant son trajet, il en profite pour travailler sur le scénario d’un film retraçant la vie du romancier David Goodis.

Le bus s’arrête au milieu de nulle part. Une superbe femme monte, c’est Leen. Elle l’invite chez elle à Tykerall, et ils font l’amour, devant son mari, le major Garb Vihanos, revenu à moitié aveugle, à moitié sourd et paraplégique d’Irak. Puis il passe la nuit avec Leen et au petit matin, il étouffe le major avec un sac en plastique en guise de cadeau de remerciement. Sa route se poursuit dans le camion de Sanchez Smith, qui transporte des bibles « pour les nègres d’Afrique », puis dans la Chevrolet de quatre loustics un peu allumés.

Cette cavalcade meurtrière va être suivie par Herbie Erbs. Herbie a l’inconvénient d’être petit avec un air de cocker triste, comme Droopy. C’est lui qui a arrêté Mosley et il a du mal à accepter qu’il soit retourné dans la nature pour bonne conduite. Il va donc le traquer jusqu’en Louisiane, pour assouvir son obsession.

Fantastique, c’est le premier adjectif qui me vient pour ce polar dans la plus pure tradition des romans noirs américains (alors que l’auteur est français et qu’il situe l’action outre-atlantique). Ce roman est un vrai hommage envers les grands auteurs du siècle passé mais aussi envers ceux d’aujourd’hui. Un hommage réussi qui a l’avantage de porter la signature personnelle de Max Obione. Il ne fait pas comme eux, mais prend tous les codes du genre pour en faire son œuvre, et c'est très réussi.

Il y a Mosley le méchant, le tueur qui transforme ses crimes en accidents, sans sentiments, uniquement mené par ses pulsions et poussé par son objectif : retrouver son père. Il y a Herbie le gentil, le flic obsédé, qui délaisse son ménage pour enfermer celui qui incarne le mal absolu, peut être par vengeance envers ceux qui se moquent de son apparence. Il y a le contexte d’une Amérique pauvre, sale, faite de gens laissés sur la bas coté de la grande route. Tout cela est bien noir.

Et puis, il y a le style. Ce roman divisé en deux se lit comme on boit un café, court serré et sans sucre. Les chapitres consacrés à Mosley sont écrits à la première personne, avec un style court, sec, acéré, parfois sans verbe ce qui permet de ressentir le manque d’humanité du bonhomme, ceux consacrés à Herbie à la troisième personne, avec un style plus littéraire. Quel brio d’opposer aussi les deux personnages par ce biais !

Malgré les hommages à une littérature que certains jugeraient dépassés, ce roman est bien rafraîchissant, et vous vous devez de le lire urgemment. Tout de l’intrigue aux personnages, du style à l’ambiance y sont parfaits pour passer un excellent moment de littérature noire, tout ce que j’aime. Je vous conseille de commander ce livre par le site Internet des éditions KraKoen, vous bénéficierez d’un prix de 9 euros au lieu de 10 euros et les frais de port sont offerts. Une excellente affaire pour un excellent roman.

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 11:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :Les feuilles mortes de Thomas H. Cook

A bientôt.

 

4ème de couverture :

feuilles-mortes.gifEric Moore a toutes les raisons apparentes d'être heureux : propriétaire prospère d'un magasin de photos et d'une jolie maison dans une petite ville sans problème de la côte Est, il mène une vie de famille épanouie auprès de sa femme Meredith et de son fils Keith, un adolescent de quinze ans. Cet équilibre parfait va pourtant voler en éclats à jamais…
Un soir comme les autres, ses voisins demandent à Keith de garder Amy, leur fille de huit ans. Au petit matin, Amy est introuvable. Très vite, l'attention de la police se porte sur Keith et ce dernier, pataud et mal dans sa peau, se défend maladroitement.
Du jour au lendemain, Eric devient l'un de ces parents qu'il a vus, à la télévision, proclamer leur foi dans l'innocence de leur enfant. Alors que l'enquête de la police se recentre autour de Keith, Eric doit lui trouver un avocat et le protéger contre les soupçons croissants de la communauté. Mais est-il tout à fait sûr de l'innocence de son fils? Si Keith était coupable, et s'il était prêt à répéter son geste... Quelle devrait être alors la responsabilité d'un père?

 

Mon avis :

Les feuilles mortes de Thomas H. Cook (Folio Policier) est un livre génial, un livre marquant que j’ai acheté deux fois car je suis un peu bordélique. Comment peut on se laisser aller à douter des gens en qui on a confiance, en qui on devrait avoir confiance ? Une analyse très profonde sur la famille, sur les relations père / fils, à travers une histoire simple et géniale. Si vous devez essayer Thomas H. Cook, vous devez lire celui-ci. Le problème, c’est qu’après, vous allez lire tous ses livres. Donc, prévoyez de nombreux achats par la suite. Un roman remarquable, un chef d'oeuvre.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 20:30

on mourra tous AméricainsQuand j’ai lu la quatrième de couverture de ce roman, j’ai trouvé le sujet très ambitieux. Comment relier un meurtre du Nord Pas de Calais à la politique américaine ? C’est donc avec beaucoup de curiosité et d’attente que je me suis jeté sur On mourra tous Américains, dont voici le sujet.

Tout commence dans la petite ville de Audin-Blécourt, situé dans le Nord de la France. On est en plein été, c’est la canicule, une canicule qu’on n’a pas connu depuis 1947, foi de mineurs. Le député Gustave Pourchel a été retrouvé abattu par une décharge de chevrotine dans le lit de sa secrétaire Lucette Bovani. La grand-mère de Lucette 76 ans et ses neveux 4 et 5 ans sont aussi retrouvés morts de la même façon, tués dans leur sommeil.

Mathieu Gallangé, le directeur du Républicain d’Audin-Blécourt et propriétaire de la verrerie Bazinghien, mobilise ses troupes : Simon Herbar, rédacteur en chef appliqué et Pistache, pigiste local indépendant et accessoirement pilier de bar. Gallangé sent le bon scoop et Pistache, en vieux de la vieille, observe, sait tout ce qu’il faut savoir sur tout le monde.

Bientôt les cadavres s’accumulent : c’est au tour de Paul Tuchon, dit Tonton, prince des ferrailleurs d’être retrouvé pulvérisé à la chevrotine. Puis c’est le cadavre de Simon Herbar qui est retrouvé dans le coffre d’une 306, abattu par une balle de gros calibre tirée à bout touchant dans le cœur. Dans la chaussette gauche de Simon, les assassins ont glissé une feuille format A4 pliée en quatre où est inscrit : « On mourra tous Américains ».

Pour la suite des événements, il vous suffira de lire la quatrième de couverture qui en dit assez long sur la suite de ce mystère du Nord. Ce petit polar par le nombre de pages se lit vite. Les chapitres sont courts, qui font parler en alternance Pistache et Mathieu Gallangé, en utilisant leur franc parler. Cela donne du rythme à ces enquêtes et c’est très plaisant à lire. Et puis il y a l’humour omniprésent dans les dialogues bien sur mais aussi dans les noms des villages ou des gens qui fleurent bon le Nord de la France.

On a vraiment l’impression de vivre dans cette petite ville, avec les deux enquêteurs à la baguette : Gallangé qui sent le bon coup, le bon scoop avec ces meurtres mais qui est petit à petit rongé par le remords à cause de la mort de Simon, et Pistache qui nous raconte la petite vie de ces petites gens, en racontant tous les petits secrets des uns et des autres. On a l’impression que ces deux personnages nous racontent une histoire qui les dépasse, et c’est tellement bien fait qu’on y croit à fond.

J’avais lu un livre de Roger Facon dans la série Suite noire qui s’appelait Pour venger mémère et il m’avait moyennement convaincu. Celui-ci m’a carrément emballé avec son humour, son style enlevé et vrai et un déroulement de l’intrigue très logique et bien fait. Cela en fait un bon polar bien sympathique qu’il serait dommage de ne pas lire.

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 20:30

Les anonymesAprès Seul le silence et Vendetta, il m’était difficile de ne pas lire le dernier opus de Roger Jon Ellory. Car c’est l’assurance de lire une bonne histoire, bien écrite avec des personnages vrais et une réflexion sous-jacente.

A Washington, une femme d’une cinquantaine d’années est retrouvée assassinée chez elle. Son corps est positionné à quatre pattes sur son lit ; elle a été battue à mort et étranglée. Autour du cou, on lui a mis un ruban blanc avec une étiquette vierge, de celles que l’on attache autour des cadavres dans les morgues. Dans sa maison, un parfum de lavande a été répandu. Aucune trace ne permet de remonter à l’assassin, ni poil ou cheveu, ni empreinte digitale, ni trace d’ADN. Un film, La vie est belle, passe sur son lecteur de DVD.

L’inspecteur Robert Miller est chargé de l’enquête, accompagné de l’inspecteur Albert Roth, tous deux du commissariat n°2. Dès qu’ils entrent dans la chambre, ils sont surs que cette femme est la quatrième victime d’un tueur que les média appellent le tueur au ruban. Toutes les victimes ont été tuées à Washington sur une période de 8 mois avec le même mode opératoire. L’autopsie montre tout de même des différences : Catherine a été étranglée avant d’être battue. Et son numéro de sécurité sociale donne un nom différent : Isabella Cordillera.

Robert Miller sort d’une enquête difficile où ses compétences et sa neutralité ont été mises à mal par les médias et les spéculations de ses collègues. Albert Roth est un jeune inspecteur marié heureux en ménage. Ce couple atypique va rencontrer Natasha Joyce, une jeune mère paumée qui a eu une enfant Chloé avec un drogué Darryl King qui connaissait Catherine sous un autre nom. Celui-ci est mort cinq ans auparavant dans une descente de police dans un entrepôt. Toutes les pistes montrent que les gens impliqués de près ou de loin n’ont aucune existence. Miller et Roth se retrouvent dans une impasse à chaque fois qu’ils ont une idée.

En parallèle, il y a les souvenirs d’un homme John Robey qui raconte: sa vie, son apprentissage, les rencontres qui ont changé sa vie. De son apprentissage avec un père autoritaire à l’université où il est enrôlé par la CIA, on découvre tout un pan de l’histoire de la politique étrangère des Etats-Unis. Les deux récits vont se rencontrer pour aboutir à un final inattendu.

Une nouvelle fois, Roger Jon Ellory est éblouissant. Et j’aime ce qu’il écrit pour une bonne raison : Les personnages sont vrais, vivants et passionnants. Comme dans les deux précédents livres publiés en France, Ellory s’appuie sur une psychologie sans faille avec une intrigue qui permet de passionner le lecteur jusqu’à la dernière page. Dire que cet auteur est doué est une évidence. Car au-delà d’un savoir faire qui n’est plus à démontrer, son art de raconter une histoire est tout bonnement impressionnant.

Tout au long de ma lecture, je me suis demandé pourquoi j’aimais tant ce qu’il écrit. Les seules réponses que j’ai trouvées en deux points : Ellory aime, ou plutot adore ses personnages. Qu’ils soient bons ou méchants, et ils ne sont jamais totalement l’un ou l’autre, il leur accorde la même attention, le même soin, et la même adoration. Ensuite, c’est un conteur hors pair. Par ses descriptions toujours simples et justes, par ses dialogues toujours bien placés et bien construits, l’ensemble se lit super bien et je me suis dit qu’il pourrait raconter n’importe quoi, ça deviendrait passionnant.

Par rapport aux deux précédents où une réflexion était évidente, j’ai l’impression qu’ici, Ellory a plus axé son livre sur la dénonciation des actes de la CIA, avec une documentation, certes connue pour la plupart, mais qu’il est toujours bon de rappeler. En gros, ce n’est pas ce qui m’a le plus intéressé. J’ai préféré me laisser bercer par le rythme, par le style, par l’histoire, par les personnages. J’ai même été obligé de me limiter dans ma lecture pour ne pas le lire trop vite et pour me laisser un peu d’heures de sommeil. Franchement, que demander de mieux à un livre ?

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :Vendetta de RJ.Ellory (Livre de poche)

A bientôt.

 

Vendetta.jpg4ème de couverture :

2006, La Nouvelle-Orléans. Catherine, fille du gouverneur de Louisiane, est enlevée. Son garde du corps est assassiné. L'enquête est confiée au FBI. Très vite, le kidnappeur, Ernesto Perez, se livre aux autorités... Il veut s'entretenir avec Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire qui travaille à Washington dans une unité chargée de la lutte contre le crime organisé. C'est le début d'une longue confrontation entre les deux hommes jusqu'à l'étonnant coup de théâtre final.

 

Mon avis :

 

Vendetta de RJ.Ellory (Livre de Poche) est un livre qu’il est, je crois, inutile de présenter. Redoutable dans sa construction, son histoire et son style, RJ.Ellory démontre qu’il est un génial conteur manipulateur. Ce livre nous narre tout un pan de l’histoire mafieuse américaine au travers d’un interrogatoire. Et avec toutes ses ellipses, Ellory nous fait oublier le but se son histoire. Attendez vous à un final hallucinant et complètement réaliste. Presque génial.

D'ailleurs, dimanche, je vous parlerai du dernier en date de Ellory qui a pour titre : Les Anonymes.

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 19:30

artères souterrainesVoici un livre qui m’a été conseillé par ma librairie préférée, la librairie 4 pages plus tard, à Montgeron. Comme je suis une bille en bande dessinées et comics (à part Alan Moore et Frank Miller), je vais vous parler de ce livre sans a priori aucun. Voici donc Artères souterraines de Warren Ellis.

Michael McGill est un détective privé new-yorkais qui attire la poisse, un aimant à merde comme on l’appelle. Un matin, sa rue est surveillée par des Men in black, puis une voiture débarque. Un petit homme héroïnomane en sort et se dirige vers son bureau. Il se présente comme étant le chef de cabinet le Maison Blanche.

Il lui propose de retrouver l’original de la deuxième constitution des Etats-Unis, écrite par des extra-terrestres. Celle-ci a été dérobée 50 ans plus tôt, et change de main en l’échange de services divers. Cette constitution comporte vingt trois amendements qui permettraient d’éviter la déchéance du pays, voire du monde. Et quand on ouvre le livre, une fréquence de 18 hertz donne un effet attractif à celui qui le lit. Pour cela, on lui offre un demi million de dollars, ce qui tombe bien pour un homme qui a sur son compte en banque la modique somme de trois dollars.

En sortant de chez lui, il tombe sur une mendiante qui écoute les voitures. Elle est capable de lire l’avenir et lui promet de nombreux voyages ainsi que la compagnie d’une femme. Il décide donc de suivre une piste vieille de trois ans, en débarquant dans un vieux cinéma où se réfugient les adorateurs de lézards géants. Leur hobby est de se projeter des films de Godzilla tout en se masturbant dans la salle.

Là il rencontre Trix, une jeune étudiante qui écrit une thèse sur les déviances de nos contemporains. Ils décident de faire équipe et vont rencontrer des gens aussi bizarres que des drogués, des gens qui s’injectent de l’eau saline dans les testicules, des fous de toutes sortes, des frappés paranoïaques …

Ne connaissant pas l’auteur, j’ai été un peu surpris. Car on croit nager en plein rêve, ou en plein cauchemar pendant tout le livre. Warren Ellis noue une intrigue basée sur le monde derrière le décor. Dès le premier chapitre, le personnage que l’on croyait un peu à coté de la plaque (Mike McGill) s’avère la seule personne saine d’esprit. Et on a droit à une sacrée bande de cinglés tout au long du bouquin. Et plus le livre avance, plus ils sont cinglés.

Si les dialogues sont bien faits, l’intrigue souffre du fait que Warren Ellis fait plus un collage de scènes et de rencontres avec des personnages qu’une histoire « normale », avec des transitions évitables. Ça ressemble à un pactchwork de scènes et on a l’impression de lire un scenario de film ou … de bande dessinée. Ceci dit, c’est un petit reproche, car je dois avouer que cela se lit très bien, avec un style plus parlé que littéraire.

Mais la grande qualité de ce livre, c’est l’humour. Ce roman aurait pu plonger dans le ridicule, à force d’aligner les pervers, les scènes trash, les propos irrévérencieux. Sans ces moments de franche rigolade, je me serais ennuyé. J’ai ri aux éclats souvent, ce qui m’a aidé à ne pas prendre ce livre au sérieux. Et même dans les dialogues entre Mike et Trix où ils parlent de morale, on sent que le but n’est pas de faire réfléchir mais de divertir.

Donc vous voilà prévenu : si vous n’avez pas peur des sodomisateurs d’autruches, ni de scènes sales, ni de propos grossiers et décalés, et si vous voulez passer un bon moment de rigolade, alors ce livre est pour vous. Sinon, passez votre chemin.

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  • : Le blog de Pierre Faverolle
  • Le blog de Pierre Faverolle
  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
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