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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 20:30

echo-des-morts.gifPour la deuxième année consécutive, Johan Theorin est sélectionné pour la sélection estivale de Polar SNCF. L’année dernière, c’était pour l’Heure Trouble, un roman brillant pour son intrigue, ses personnages et surtout son ambiance. Cette année, c’est L’écho des morts, que j’ai lu il y a quelques mois.

La famille Westin a décidé d’abandonner Stockholm pour s’installer sur l’île d’Öland. Ils ont acheté une vieille masure, située à côté des deux phares de Aludden. Sur les deux phares, un seul est encore en fonctionnement. Alors que Joakim doit retourner récupérer ses dernières affaires, il est pris d’un pressentiment. Il appelle chez lui et tombe sur une policière de proximité, Tilda Davidsson, qui lui annonce que sa petite fille Livia est morte noyée. Il refait la route inverse, écrasé par le chagrin. Quand il arrive tard cette nuit là, il s’aperçoit que la police s’est trompée, ses enfants Livia et Gabriel vont bien, c’est sa femme Katrine qui s’est noyée.

Tilda vient juste d’être nommée sur Öland, après être sortie de l’école de police. Sa mission sera d’assurer la présence policière sur cette île perdue dans la mer Baltique. Elle est de retour sur la terre de ses ancètres, puisque le frère de son grand-père n’est autre que Gerlof, rencontré dans l’Heure Trouble. Justement, elle a affaire à une série de cambriolages qui va agiter cette île d’habitude si calme.

D’ailleurs, Tommy et Freddy Serelius débarquent chez Henrik. Les deux frères proposent de faire quelques cambriolages pour animer les journées de Henrik, ancien taulard reconverti dans la menuiserie. Ils commencent donc par les résidences secondaires, abandonnées par leur propriétaire alors que l’hiver s’avance à grands pas, puis proposent de s’attaquer à des maisons habitées, pour mettre un peu de piment à leurs expéditions nocturnes.

Tous ces personnages vont voir leur destin se lier, mais les principaux personnages de ce roman, ce sont les morts, qui hantent cette maison d’Öland, tous ces gens qui ont fabriqué ces phares et cette maison avec les bois d’un bateau britannique naufragé, tous ces habitants qui sont morts noyés sur ces rochers glissants, tous ces gens de passage qui ont connu un destin tragique vers ces phares. Ces âmes vont hanter les nuits de Joakim Westin comme ils vont hanter les pages de ce livre.

La construction du livre alterne entre passé et présent, en passant en revue les noms des morts qui sont gravés dans la grange attenante à la maison. Et, encore une fois, Johan Theorin fait fort quand il s’agit de créer une ambiance. Et ici, on approche des ambiances glauques des films d’angoisse, en particulier ceux de M.Night Shyamalan ou Les Autres de Alejandro Amenabar. Et ne comptez par sur Johan Theorin pour accélérer le rythme, il prend son temps et c’en est presque de la torture.

Alors, même si j’ai regretté que Gerlof ait un rôle très secondaire dans cette histoire, même si j’ai trouvé quelques longueurs pour nous décrire les journées de Joakim, il y a de nombreux moments fort bien réussis dans cet Echo des morts. Et la fin est tout simplement une totale réussite. Je pense que globalement, cela reste un cran en dessous de l’Heure Trouble, mais ce roman confirme que Johan Theorin est un auteur d’ambiance à suivre de très près.

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 20:30

FratelliCela faisait plusieurs mois que l’on m’avait prévenu de la sortie de ce livre, en me soulignant une fantastique histoire de Pouy avec de superbes dessins de Pinelli. Le résultat ne m’a pas déçu, loin de là.

New York, 1946. Emilio vient de débarquer aux Etats-Unis en provenance de son petit village sicilien. Il vient retrouver son frère qu’il n’a pas vu depuis quarante ans, pour effacer le drame qui a endeuillé sa famille. En effet, quarante ans plus tôt, le frère cadet Roberto a été assassiné et son frère Ercole a disparu juste après. Pour Emilio, c’est l’occasion de retrouver l’honneur perdu et d’en finir avec ces fantômes qui le hantent, de terminer sa vie par un fratricide.

Ercole sait que son frère le cherche, il sait que l’issue sera dramatique. Il a l’avantage de connaître le terrain de cette bataille familiale. Il travaille à Little Italy, et ses recettes font fureur dans son restaurant. Lui, qui est en survivance depuis quarante ans, est nerveux dans l’attente de cette confrontation mortelle. Alors, il erre dans cette ville, mais sait que l’issue est inéluctable.

Le duel entre ces deux hommes étrangers à leur environnement, étrangers à leur monde sera sans surprises, violent, irrévocable, au milieu des brumes et des brouillards de ce nouveau monde qu’ils subissent sans le vivre. C’est un roman court d’une centaine de pages sans fioritures, sans suspense mais avec une ambiance à couper au couteau.

Jean Bernard Pouy a laissé de coté tous les effets de style pour se mettre au service d’une histoire de revanche, de vengeance, d’honneur, de liens de famille, de liens de sang ou du sang, avec une fin qui ressemble aux duels des westerns américains. Tout le livre se déroule dans la tête des protagonistes, fait d’impressions, de sensations, de souvenirs, de cauchemars, mais sans aucun doute sur leur objectif, sur leur avenir, sur leur destin.

Si l’on ajoute à cela les dessins / peintures de Joe Pinelli, tout en gris flouté, on en ressort imprégné d’un monde trouble, gris, où le monde n’est fait que d’impressions et jamais de claires images, de couleurs, d’espoir. C’est une fantastique illustration de ce monde d’après guerre, de ce monde qui parait si gris à Ercole et Emilio. C’est aussi une formidable rencontre entre deux artistes qui sont sur la même note, sur la même partition, pour le plaisir des yeux.

Vous l’aurez compris, c’est un superbe livre qui nous conte une courte mais simple histoire dramatique. C’est un livre qui va naturellement trouver sa place dans votre hotte du père Noël, et qui ravira autant les amateurs de littérature que les aficionados de dessins à l’ambiance sombre. Une œuvre d’art qui se doit de figurer en bonne place dans votre bibliothèque.

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 11:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :Tokyo Année Zéro de David Peace (Rivages noir)

A bientôt.

 

tokyo-annee-zero.gif4ème de couverture

Août 1945. Tokyo n'est plus que ruines. Le corps d'une femme, probablement assassinée, est découvert dans un dépôt de l'armée. Personne ne veut prendre en charge ce cadavre car la ville est déjà un charnier. L'inspecteur Minami s'acquitte de sa macabre besogne, mais ce n'est qu'un prélude car, un an plus tard, il fait deux découvertes similaires. Ainsi début une affaire qui, pour cet ancien soldat hanté par la mort et la culpabilité, prend aussi la forme d'une quête personnelle. Une recherche de sa propre identité perdue dans le désastre de la guerre.

 

Mon avis :

Avec la sortie de Tokyo ville occupée, dont je ne saurais que vous recommander la lecture, les éditions Rivages sortent en poche le premier tome de la trilogie consacrée à la capitale japonaise d’après guerre. Le vrai héros de ce roman, c’est cette ville en reconstruction avec ses immeubles détruits, ces grues qui tournent, ces marteaux piqueurs qui assomment la terre, ces habitants perdus dans leur défaite. C’est un livre tout en odeurs et en bruit avec un style fait de répétitions assourdissantes qu’il faut mériter pour apprécier.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 20:30

PotensRetour sur une lecture qui date un peu. Après Echo que j’avais pris beaucoup de plaisir à lire, il me tardait de lire la deuxième aventure du couple Patrik Vivier / Garance Hermosa. Ingrid Desjours semble être quelqu’un de doué pour batir des intrigues tordues et complexes avec une psychologie des personnages fouillée.

Charlotte Delaumait est mère de cinq enfants, a 35 ans, et vient de se faire assassinée chez elle dans sa cuisine.  Elle a été ébouillantée puis poignardée à de multiples reprises. C’est son fils Quentin qui la découvre et est naturellement sous le choc. Il s’avère que Charlotte faisait partie d’un club, Potens, regroupant des individus ayant un Quotient Intellectuel très élevé. Le policier Patrik Vivier mène l’enquête avec l’assistance de la psychologue Garance Hermosa. Celle-ci va s’inscrire dans ce club un peu particulier, pour essayer de découvrir l’identité de cet assassin.

Garance est rapidement persuadée que c’est dans ce club qu’elle doit chercher le tueur. Charlotte était une personne dépravée, passant d’un amant à l’autre, faisant un enfant avec certains de ses membres, et accumulant des détails dérangeants sur chaque membre qui pouvaient servir pour un éventuel chantage. Au nombre de ces potentiels suspects, on trouve le compagnon actuel de la victime, Jérémie Taudel, qui n’a pas d’alibi, le bavard Deplavat, l’omniprésent Vasili, Boisseau le patron de Charlotte, ou bien Albin Pomeni qui brigue la présidence de Potens. Alors que Potens ressemble plus à des réunions de salon de thé, Garance découvre qu’il pourrait cacher un groupe nommé Alpha Pi, dont le but serait de réunir une élite visant à obtenir de plus en plus de pouvoir et d’influence.

Garance, elle, n’est pas au mieux depuis la mort de sa sœur Felicia. Elle se plonge dans cette enquête, pour oublier, pour ne pas se retrouver seule, pour se donner un objectif. Elle se renferme sur elle-même et refuse toute aide de Patrik. Alors que les pistes se multiplient, les petits secrets de chacun se dévoilent sans que l’identité du tueur n’apparaisse. Garance est elle apte à résoudre cette affaire, ou bien se fait elle simplement manipuler par un esprit machiavélique ?

On retrouve dans ce roman toute la facilité de Ingrid Desjours à dérouler une intrigue complexe, basée essentiellement sur la psychologie des personnages. Et, par rapport au précédent opus, Echo, Potens a permis à Ingrid de franchir un pas : C’est tout aussi passionnant, mais moins bavard, moins démonstratif. Et comme c’est remarquablement écrit, sans grandes descriptions mais avec beaucoup de fluidité, le plaisir du lecteur est au rendez vous.

Le premier aspect qui m’a plu, c’est l’évolution du personnage de Garance, qui n’est plus aussi sure d’elle-même, mais qui est une personne qui souffre, qui doit surmonter un drame personnel. Par contre, le personnage de Patrik passe un peu au second plan, ce qui est dommage.

Le deuxième aspect qui m’a plu, c’est cette description de ce petit monde des génies, qui sont forcément à part, mais qui par voie de conséquence se replient sur eux-mêmes. Ces gens d’une intelligence supérieure deviennent sous la plume d’Ingrid Desjours des névrosés, avec chacun des déviances, des défauts, voire des maladies mentales. C’est un bien triste paysage.

Le troisième aspect de ce livre, c’est le nombre de personnages important et je dois dire que j’ai mis un peu de temps à mettre un nom sur un personnage. Si les profils des personnages sont très fouillés, la façon de nourrir l’intrigue au fur et à mesure, par petits dénouements, par petites révélations m’a donné un peu de mal. J'ai l'impression que, par rapport à Echo, on y perd en enthousiasme et en spontanéité mais on y gagne en efficacité de la narration. Mais, encore une fois, la fin du livre mérite que l’on lise ce livre.

Ingrid Desjours a quand même l’art de trouver des intrigues tordues et de nous mener par le bout du nez de façon assez incroyable. Dans ce livre très recommandable, je vous assure de passer un bon moment pour peu que vous soyez adepte de romans policiers avec des profils psychologiques poussés.

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 20:30

8ème confessionQui peut dire qu’il ne connaît pas James Patterson ? C’est l’auteur de thrillers le plus vendu au monde. Suite aux films adaptés de son œuvre avec Morgan Freeman dans le rôle d’Alex Cross, j’avais lu les deux livres le collectionneur et le masque de l’araignée. Voici donc le dernier en date : la 8ème confession.

Cindy Thomas tombe par hasard sur un regroupement de SDF : au milieu se trouve le corps d’une personne assassinée. La victime est un prédicateur porteur d’un message d’espoir pour les sans-abri, qui s’appelle Bagman Jesus. Clairement, ce genre de meurtre n’est pas la priorité de la police. Après l’autopsie, il s’avère que l’homme a été battu à mort avant qu’on lui tire cinq balles dans la tête. Cindy Thomas décide de ne pas lâcher l’affaire et va plonger dans le passé de cet homme qui n’est pas le saint que l’on croyait.

De son côté, Lindsay est appelé sur une scène d’un crime. Le couple star de la ville, Isa et Ethan Bailey sont retrouvés morts, allongés dans leur lit. Il n’y a aucune trace de violences, c’est comme s’ils s’étaient endormis pour ne plus se réveiller. Claire, la médecin légiste est bien ennuyée, sur les corps n’apparaissent aucune trace visible de meurtre. Comme la pression des politiques est grande, à défaut, Lindsay veut considérer cette affaire comme un meurtre.

La recette semble tellement facile quand on lit ce livre : vous prenez deux meurtres mystérieux dont l’un n’intéresse personne (Qui peut s’intéresser du meurtre d’un SDF ?) et l’autre qui est exactement l’inverse (le meurtre d’un couple faisant partie des gens les plus riches de San Francisco). Autant le premier nous interpelle par l’identité du mort, autant l’autre apparaît comme le meurtre parfait. Bref, tout est fait pour nous mettre l’eau à la bouche.

La recette du best seller ou du page turner est parfaitement appliquée ici. Il y a peu de descriptions, des chapitres ultra courts donnant une impression de rythme et un style simple donnant la part belle aux dialogues, bien que l’enquête, elle n’avance pas spécialement vite. Cela donne l’impression que ce roman a été écrit comme un scénario, attendant juste qu’un studio s’intéresse au sujet (à moins que ce ne soit déjà fait).

Ce livre a été écrit à quatre mains. En effet les auteurs sont James Patterson et Maxine Paetro. Pourtant, on ne ressent jamais décalage de style, l’ensemble reste uniforme. Seuls les passages avec Lindsay, écrits à la première personne, font ressentir un vécu féminin.

N’ayant pas lu les précédents épisodes du Women Murder Club, je dois dire qu’il m’a été un peu difficile de me retrouver dans la psychologie de nos quatre comparses. Ceci dit, cela se lit vite, bien, comme un livre dont on ne cherche rien d’autre qu’une intrigue solide pour se changer les idées. C’était mon cas, la mission a été accomplie. J’ai passé un bon moment avec cette lecture, même si je n’ai pas l’impression que ce roman constitue le meilleur de James Patterson. Cela en fait une enquête distrayante. Dans le genre, j’ai lu mieux, j’ai lu pire.

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 11:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine : Tous les matins je me lève de Jean Paul Dubois (Points)

A bientôt.

 

tous-les-matins-je-me-leve.gif4ème de couverture :

Paul Ackerman se lève tous les matins à midi. C'est un détail qui suffit à vous mettre en porte-à-faux, un pas à côté du monde. La nuit, Paul Ackerman écrit des romans pour nourrir sa famille et mène de front, en rêve, une triple carrière de rugbyman, de golfeur et d'homme-oiseau. Le reste du temps, sa vie ne ressemble à rien, mais elle a le mérite de lui ressembler.

 

Mon avis :

Ce livre est un de ceux que je garde à portée de main et que je relis périodiquement. Si je devais classer tous ceux que j’ai lus, celui là serait dans les dix premiers. Alors, il n’a rien à voir avec des policiers ou des romans noirs. C’est juste un livre optimiste, jouissif, sur la vie d’un écrivain dont l’objectif est d’arriver à se lever le matin pour accompagner ses enfants à l’école. Seulement, tous les soirs il écrit ou il rêve. Le style de Jean Paul Dubois, fait de comparaisons et de digressions toujours très drôles, fait que l’on rit, toujours, tout le temps. Voir le bon coté de la vie, c’est ce que ce livre vous fait ressentir. Un livre très personnel qui me touche énormément.

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 20:30

DoulosDepuis le mois de juin de cette année, les éditions Plon ont créé une nouvelle collection qui s’appelle Noir Rétro, dans laquelle els réédite les romans noirs français des années 50-60. Voici donc le Doulos de Pierre Lesou.

Dans les années 50, Maurice Faugel, dit Maur sort de prison après avoir purgé une peine de 5 années de prison. Maur est tombé suite à un cambriolage qui a mal tourné mais il n’a jamais balancé ses complices. Pendant sa détention, Maur apprend que sa femme Arlette a été assassinée. Depuis sa sortie de prison, il loge chez Gilbert, un receleur. Obnubilé par la vengeance, il tue Gilbert et lui dérobe des bijoux et de l’argent, sur qu’il est d’avoir supprimé l’assassin de sa femme.

Après avoir enterré son butin, il rentre chez Thérèse chez qui il habite provisoirement, pendant qu’il prépare son prochain coup. Maur reçoit la visite de Silien, son meilleur ami. Silien est soupçonné d’être un indic de l’inspecteur Salignari, mais Maur n’en croit rien. C’est son meilleur ami. Silien ne veut pas participer à ce nouveau coup et fait comme s’il n’était pas intéressé, alors qu’il ramène les outils pour percer le coffre fort d’une villa situé proche du bois de Boulogne.

Maur remercie Silien puis attend Remy, qui doit arriver juste après le départ de Silien. Silien, une fois dehors, se précipité dans une cabine téléphonique d’un petit bar pour appeler l’inspecteur Salignari. Puis, plus tard, Silien revient chez Thérèse, l’agresse puis obtient l’adresse du cambriolage. Lors de ce cambriolage, les flics débarquent. Maur et Remy s’enfuient à pied, pris en chasse par la police. Remy est atteint par une balle, et va mourir, Maur va descendre Salignari pendant sa fuite. Maur va-t-il pouvoir s’en sortir ? Quel est le rôle de Silien ? Qui est ou sont les traîtres ?

Si vous avez vu le film de Jean-Pierre Melville (1962) avec Serge Reggiani (Maur) et Jean-Paul Belmondo (Silien), vous devez lire ce livre. Si vous ne l’avez pas vu, lisez le avant d’aller acheter le film. Car c’est un roman avec un scénario implacable avec des personnages forts et une ambiance du tonnerre. Evidemment, des passages du film me sont revenus en tête pendant la lecture, et cela grâce à la force d’évocation du texte, qui joue beaucoup sur les contrastes : J’avais un souvenir d’un film aux couleurs sombres (c’est un film en noir et blanc) avec des éclairages peu nombreux mais violents. Et c’est ce qu’on retrouve dans ce roman. Il y a peu de descriptions, mais chacune d’entre elles met en place cette ambiance noire.

Outre le scénario, plus retors que ce que l’on peut croire, la galerie de personnages est parfaitement réussie. Vous ne trouverez pas de longues descriptions psychologies, juste quelques phrases par ci par là des pensées des protagonistes. Mais majoritairement, ce sont leurs actes qui décrivent le mieux les traits de caractère des personnages. Avec un Maur obnubilé par sa loyauté envers ses amis, avec un Silien trouble dont on ne sait jamais ce qu’il fait, l’intrigue se déroule avec une froideur tranquille. Ne cherchez ni bon, ni mauvais chez les truands ou chez les flics, il faut juste se laisser emmener par cette histoire.

Une nouvelle fois, les éditions Plon, via leur collection Noir rétro ont bien fait de ressortir ce roman noir, qui sent bon les années 50 à Paris, dans le milieu des petits truands d’après guerre. Avec des personnages forts et une intrigue solide, une ambiance sombre voire glauque, ce roman confirme que l’on peut acheter cette collection les yeux fermés. Celui ci est une très bonne histoire d'amitiés viriles avec son lot inévitable de loyautés et de trahisons. C’est du polar costaud, poisseux, presque un témoignage de cette époque. 

En ce qui me concerne, il m'en retse deux à lire (Rictus et Rififi chez les femmes) et un à acheter (Le demi-sel). A bientôt donc.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 20:30

Indic 7L’indic n°7 est sorti. Je viens de le recevoir après quelques difficultés dues à la Poste et voici un petit aperçu d’un numéro consacré aux braquages :

Dossier "Braquages" (par Geoffrey Domangeau, Emeric Cloche, Julien Védrenne et Caroline de Benedetti)

Poésie de Sophie Faure

Nouvelle de Jean-Paul Jody

Interrogatoires : Frédérick Houdaer et Jean-Paul Jody (par Emeric Cloche)

On connaît la chanson : Daddy was a bank robber, (par Emeric Cloche)

La musique adoucit les moeurs : Pour une autre berceuse (par Emeric Cloche)

Scoop : Le noir nuit gravement à la santé ? (par Bernard Allaire)

Dernière séance : Retour à la case casse (par Claude Baugee)

Verdict : chroniques des romans de Robert Charles Wilson (par Emeric Cloche), Et qu'advienne le chaos - Hadrien Klent (par Caroline de Benedetti), Instinct civique - Jean-Baptiste Seigneuric (par Guillaume Fortin), Moi comme les chiens - Sophie di Ricci (par Caroline de Benedetti), Cripple Creek - James Sallis (par Emeric Cloche)

Affaires classées : Logique contre croyance, Hake Talbot (par Caroline de Benedetti)

Vous pouvez acquérir cet excellent magazine sur le site de l’association : http://fonduaunoir44.blogspot.com/

 

Enfin de nombreux sites concernant le polar voient le jour et c’est tant mieux. Parmi les petits nouveaux que je visite, je vous présente :

La ruelle bleue : Outre le design très réussi, les articles sont très bien argumentés. http://laruellebleue.com/

Jazz & crimes : Pour les fans de jazz et de polars. http://jazz-crime.over-blog.com/

Les livres de Mazel : Site de littérature générale où le polar y tient une bonne place. http://mazel-livres.blogspot.com/

Book en stock : le site de Dup & Phooka où il y a plus de fantasy que de polar mais où les articles sont bien argumentés. http://bookenstock.blogspot.com/

Passion polar : de très bons articles avec en début de mois la liste des sorties prévues, ce qui est bien utile. http://passion-polar.over-blog.com/

Les gridouillis : Le blog d’une lectrice assidue de Black Novel où se cotoient littérature blanche, noire et bande dessinée. Complet, quoi ! http://lesgridouillis.over-blog.com/

Mœurs noires : Un blog original où sont mis à l’honneur les auteurs à travers leurs œuvres. A dévorer. http://moeurs.noir.over-blog.com/

One more blog in the ghetto : Blog polar livres et films très intéressant. http://onemoreblogintheghetto.over-blog.com/

Le blog de Mika : beaucoup de polars donc beaucoup de bonnes idées avec un visuel que j’envie. http://les-polars-de-mika.blogspot.com/

L'oiseau lyre : Le blog de Lystig qui fournit des avis complets sur le polar mais pas que ... http://loiseaulyre.canalblog.com/

 

Enfin, une nouvelle communauté a vu le jour récemment tenue par Claude Le Nocher. Cela s’appelle Culture Polar et comme pour Le monde du polar tenue par Jean Claude Lalumière, elle regroupe un certain nombre d’articles. Une bonne entrée en matière pour ceux que ça intéresse.

http://www.over-blog.com/com-1180183954/Culture_Polar.html

http://www.over-blog.com/com-1066802103/Le_monde_du_polar.html

 

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 11:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :Fakirs de Antonin Varenne (Points Policier)

A bientôt.

 

4ème de couverture :

fakirsAlan Mustgrave exerçait le métier de fakir. Américain, ancien Marine, homosexuel et héroïnomane, il est mort sur scène, à Paris, dans d’étranges circonstances. Son meilleur ami John cherche des réponses, mais ne fait que soulever davantage de questions. Accident, suicide, assassinat ? Le commissaire Guérin, paria du 36 Quai des Orfèvres relégué au service des Suicides, n’est pas au bout de ses peines.

 

Mon avis :

Un de mes premiers coups de cœurs lors de la création de Black Novel. Une histoire d’hommes dans le Paris d’aujourd’hui, avec une ambiance, un contexte, une ambiance et des personnages. Tout ce que j’aime est dans ce livre. Vous n’oublierez pas de sitôt Bunker, ni Alan, ni le commissaire Guerin, ni John Nichols. Un livre marquant qu’il ne faut pas manquer d’un auteur à suivre.

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 20:30

Bloody ValeriaL’avantage des partenariats avec les éditeurs, c’est que l’on découvre de nouveaux auteurs, de nouveaux horizons, et une écriture personnelle parfois. C’est surtout l’occasion de lire des auteurs que je n’aurais pas découvert tout seul. Merci donc à Blog-0-Book et Mon petit éditeur pour cette découverte.

Victor se réveille ce matin là avec une pêche d’enfer. Sur son Fenwick, il est bien décidé à faire du grand rangement dans le hangar 23. Sur le chemin, il se fait doubler par une dizaine de cars de CRS. Arrivé sur place, Marcel, son ami de toujours, qui l’a aidé à sortir de l’ornière, lui apprend que l’usine a été déménagée en intégralité pendant le week-end. Au bout d’une bataille rangée qui dure peu, les CRS déménagent les ouvriers pour laisser passer les derniers convois de machines.

Nathan est docteur en médecine générale. Un homme bâti comme une armoire à glace nazie l’attend avec une photographie : celle de Nadine sa femme et Laurie sa fille qui ont été kidnappées. Le seul message du gorille est : « Suivez les instructions ». Nathan doit parler à quelqu’un, et surtout pas à la police. Il se résigne à appeler son frère Victor, qu’il n’a pas vu depuis deux ans. Nathan travaillait alors aux urgences et n’a pas été capable de sauver Marie, le future femme de Victor, qui venait de se faire renverser par un camion.

Arrivé à l’hôpital, le gorille l’attend. Après le rappel des menaces d’usage, il lui laisse une enveloppe contenant une partie des instructions. Il doit récupérer une poche de groupe O+ au dépôt de l’hôpital, et rejoindre un homme qui lui donnera une seringue. Nathan devra injecter le contenu de la seringue dans la poche vers 20 heures, détruire la seringue et conserver la poche.

Et Victor va essayer d’aider son ami et son frère avec sa nonchalance et son insouciance en participant à une aventure de représailles contre le PDG et en suivant le gorille qui menace la vie de la famille de son frère. En parallèle des péripéties de Victor, il y a Valeria, belle, belle, belle à en mourir … logotwitter

Voici donc le début de ce thriller petit par la taille (233 pages) mais grand par le talent. Comme quoi, il n’est pas utile d’écrire des pavés pour intéresser et passionner le lecteur. D’une écriture agréable, alternant la première personne quand c’est à Victor de raconter, et la troisième personne quand ce sont les autres, Stéphane Gravier nous plonge dans une sombre histoire de chantage politique, avec un rythme dilettante au début pour finir par un sprint effréné.

J’ai particulièrement apprécié les chapitres où Victor nous raconte sa vie, sa philosophie du « Rien à foutre », alors que ses actes contredisent ses pensées. Inconscient du danger, nonchalant, plein d’humour, toujours prêt à rendre service aux gens qui ont de la valeur à ses yeux, il nous est immédiatement sympathique, et on est pressé de retrouver le chapitre suivant pour suivre ses pérégrinations. En cela, Stéphane Gravier sait construire des personnages à la psychologie simple certes mais attachante.

Et puis, il a la bande son, fournie d’ailleurs en introduction du livre par un lien Internet vers Deezer. Il s’agit essentiellement de rock, de AC/DC à Franz Ferdinand, c'est-à-dire très proche de ce que j’écoute. D’ailleurs, il faut que j’écoute Tuxedommon que je ne connais pas. Cela permet de rythmer la lecture grace à ces évocations qui réveillent tant de bons souvenirs.

Ce roman sera donc pour moi une bonne découverte pour un roman très distrayant, avec un personnage attachant et un style fait de comparaisons et digressions humoristiques et décalées. Un bon moment de lecture drôle et attachante.

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  • : Le blog de Pierre Faverolle
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  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
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Le blog reste ouvert.

Dorénavant, les nouveaux billets seront :

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