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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 20:30

rivière noireComme tous les ans au mois de février, nous avons la chance de lire les aventures de nos Islandais préférés. Qu’on se le dise : les romans de Analdur Indridason sont toujours d’un très bon niveau, celui-ci ne fait que confirmer la règle.

Un samedi soir comme un autre. Un jeune homme passe de bar en bar, à la recherche d’une femme. Dans sa poche, il a du rohypnol, plus connue sous le surnom de drogue du viol. Il rencontre une jeune femme, avec un T-shirt de San Francisco comportant une petite fleur. Deux jours plus tard, le jeune homme est retrouvé égorgé dans son appartement du centre de Reykjavik. Le jeune homme ne porte qu’un T-shirt de San Francisco. Il n’y a aucune trace d’effraction, ni de lutte, comme s’il s’était laissé égorger. Dans la veste du jeune homme, on trouve une boite de Rohypnol.

Erlendur n’est pas là, il a décidé de prendre des vacances pour aller visiter les fjords de l’est. En son absence, c’est Elinborg qui s’occupe de l’enquête. Sous le lit du jeune homme assassiné, elle trouve un châle féminin. Comme elle est adepte de cuisine, elle reconnaît aussitôt l’odeur dont est imprégnée l’étoffe : il s’agit d’épices utilisée dans la cuisine tandoori. Les pistes étant peu nombreuses, elle va fouiller dans le passé de la victime en interrogeant ses connaissances.

Et bien voilà ! Analdur Indridason a décidé de se passer de son héros récurrent, avec une excuse logique : Erlendur a décidé de prendre des vacances pour retourner sur ses terres natales. En son absence, l’enquête est reprise en main par Elinborg. Cela donne l’occasion à Indridason de repartir de zéro et de fouiller la psychologie de l’enquêtrice comme si c’était le premier roman d’un nouveau cycle. En cela, vous pouvez lire cette histoire sans avoir lu les précédents.

Avec Erlendur sur le devant de la scène, les autres personnages étaient plus ou moins transparents. Indridason nous démontre toute sa qualité de narrateur, fouillant par le détail une personne, décrivant sa psychologie par une analyse minutieuse des actes quotidiens, mais aussi par ses réactions pendant l’enquête. C’est à la fois subtil, très bien fait, et réalisé de main de maître. Indridason est plus qu’un auteur capable de décrire par le détail un héros récurrent, il est un formidable auteur qui aime ses personnages.

Cet avis ne serait pas complet si je ne parlais pas de l’enquête. D’un crime à propos duquel on ne sait rien, il bâtit petit à petit son raisonnement, assemblant les petits détails pour arriver à un final pour le moins surprenant. La minutie que Elinborg apporte à cette analyse en dit long aussi sur son mode de pensée. Et cette minutie se retrouve dans le style de Indridason. Tout y est décrit sans fioritures mais avec beaucoup de détails. N’y cherchez pas un roman avec du rythme, mais plutôt un roman policier exemplaire sur le fond et la forme. Du grand art, dont le résultat est aussi passionnant qu’impressionnant.

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 20:30

marchands du templeLes éditions Nuits Blanches m’ont donné l’occasion de découvrir un nouvel auteur, qui n’est pas un néophyte, puisque cela constitue son cinquième roman après entre autres Autopsie d’un carnage, En attendant l’aube et Tout abus sera puni qui a reçu le prix du roman policier au Festival de Cognac en 1993. 

Brahim Kervéan est un jeune de banlieue, qui vient de purger 6 années de prison, accusé de meurtre alors qu’il a été perpétré par un de ses amis et qu’il n’a pas voulu le donner. Il surveille un fonctionnaire du ministère de l’intérieur, qui sort de son travail avec un ordinateur portable dernier cri. Sa stratégie est claire : sur le quai de métro, il bouscule le fonctionnaire, s’empare de l’ordinateur et s’enfuit par le RER. Comme il a été formé à l’informatique pendant ses années de prison, il sait comment passer outre des mots de passe.

Dans l’ordinateur, il y a les résultats d’une analyse d’un groupe de 12 personnes, dont la liste a été trouvée lors d’une précédente enquête. Or le corps de Céline,  une jeune femme dont le nom apparaît sur cette liste, vient d’être découvert. Elle a été égorgée chez elle dans sa chambre. Le capitaine Malhuret est sur les lieux, car il enquête sur le vol de l’ordinateur. Il s’aperçoit que les gens de cette liste disparaissent les uns après les autres.

Dans les studios d’une grande antenne, le journal du soir se termine. Clémentine Magnien va voir le rédacteur en chef pour lui annoncer qu’elle a un sujet en or : Des quantités colossales d’actions de société américaines sont vendues et l’argent transite vers des pays arabes ou asiatiques. Or il n’y a aucune raison à ce transfert de fonds. Il conseille à Clémentine de ne pas rester à la surface des choses mais d’enquêter en profondeur, ce qu’elle décide de faire.

De l’autre coté de l’Atlantique, la National Security Agency, dite NSA, surveille toutes les conversations téléphoniques du monde entier. Ils s’aperçoivent que la France commence à s’exciter sur cette affaire alors qu’eux savent de quoi il s’agit. Ils envoient le commandant Kevin Parker en mission. Et tous ces personnages vont se retrouver pour un final …

Qu’il a du s’amuser, Philippe Le Marrec, à nous concocter cette histoire, qui peut sembler abracadabrante mais au final tristement réaliste. Alors, il a forcé le trait, trouvé des arguments grossiers, uniquement pour montrer la débilité et la futilité du monde dans lequel nous vivons, menés par le bout de notre nez par les grandes puissances financières.

Et c’est ce que réussit fort bien Philippe Le Marrec dans son livre : sous couvert de roman d’action à suspense, il nous montre par le détail comment écrouler une entreprise pour mieux la racheter, tout ça pour faire de l’argent. Alors, quand ça se fait au niveau du monde entier, cela devient vertigineux. Evidemment, nous avons le droit à un bon nombre de mystères, de meurtres, de personnages, de lieux différents.

Tous les ingrédients sont là pour que le lecteur soit (sus) pendu à la poursuite de l’histoire. C’est bien écrit, bien fait, avec des chapitres courts, alternant d’un personnage à l’autre, c’est prenant sur toute la durée … jusqu’à la chute, qui va vous faire (sou) rire jaune. Philippe Le Marrec m’aura manipulé comme il le fait avec ses personnages. Ce bon roman s’avère aussi agréable qu’il est instructif, mais il vaut mieux ne pas trop y réfléchir pour ne pas déprimer.

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 11:00

padana cityIl aura fallu la sortie en format de poche de ce Padana city pour que je le ressorte moi-même de ma bibliothèque. Malgré les avis divergents sur ce roman, je ne pouvais pas rater un Massimo Carlotto, même s’il est écrit en collaboration avec quelqu’un d’autre. En voici un bref résumé :

Francesco Visentin est issu d’une grande famille d’avocats. Son père est propriétaire d’un grand cabinet, et comme lui il embrasse la même carrière. Mais il a tout fait par lui-même, a fait ses études avec succès et ouvert son propre cabinet avant d’envisager de rejoindre son père. Car il doit épouser la femme de sa vie : Giovanna. C’est d’ailleurs le jour (ou la nuit) où il enterre sa vie de garçon que sa vie va basculer, pour le pire.

Giovanna est découverte le lendemain, noyée dans sa baignoire. L’enquête préliminaire ne laisse aucun doute : il s’agit d’un meurtre. Quand le juge apprend que Giovanna avait un amant, et qu’elle envisageait de tout dire à Francesco, ce dernier est rapidement soupçonné. Heureusement, son ami d’enfance Filippo qui était l’ancien petit ami de Giovanna lui sert un alibi en or. Mais Francesco va enquêter pour connaître la vérité.Padana city 2

Alors que le père de Francesco et la mère de Filippo s’arrangent pour brouiller les pistes, corrompre les indices et communiquer via leur propre chaîne de télévision, Francesco se demande si le coupable n’est pas son ami ; ainsi ils se servent mutuellement d’alibi. Mais, quand il découvre que Giovanna enquêtait sur les malversations dans le domaine du recyclage des déchets, ses certitudes sont remises en cause.

Massimo Carlotto s’est donc associé avec Marco Videtta pour écrire un roman à quatre mains, qui respecte l’œuvre du maître italien du roman noir. Car Marco Videtta est un scénariste et cela se retrouve dans ce livre, à savoir que l’histoire ne comporte pas de chapitres, mais des petites scènes, pour faire avancer l’intrigue. L’intrigue elle-même peut être divisée en deux parties : la première moitié montre Francesco obligé de se défendre d’une accusation injuste, la deuxième partie montre son enquête pour découvrir la vérité.

Un roman très carré dans sa forme en somme, mais qui poursuit la quête de Massimo Carlotto : montrer et démontrer les travers de la société italienne. Des petits arrangements entre gens de bonne société en passant par la manipulation des media ou les dysfonctionnements de la justice et de la police, tout y est. Avec ce détachement habituel de Carlotto qui montre que tout cela est parfaitement normal. Et je ne parle pas des trafics sur les déchets.

Bref, c’est agréable à lire mais ce n’est pas extraordinaire. Si le style est vif et bref, les fans de Massimo Carlotto resteront sur leur faim. Nous avons l’habitude de lire des portraits de méchants personnages, voire d’ignobles individus avec Carlotto. Ici, on a droit à un gentil monsieur bien lisse. Et si j’ai eu beaucoup de plaisir à avaler cette histoire, je dois dire que je considère ce roman comme une introduction en douceur au monde de Massimo Carlotto. Donc, si vous ne connaissez pas cet auteur, plongez dans le monde noir italien.

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 20:30

jardin du diableNe connaissant pas Ace Atkins, c’est surtout le sujet de ce roman qui m’a attiré. Le personnage de Fatty est un sujet extraordinaire de roman, un homme à l’étrange destin, qui est passé d’idole à ennemi public en peu de temps.

Nous sommes en 1921, à San Francisco. Roscoe Arbuckle, dit Fatty est devenu en peu de temps l’idole des foules. Il est adulé par tous pour ses films comiques muets. Avec son allure de gros nounours, sa gueule d’ange et ses yeux de couleur bleu azur, il obtient tout ce qu’il veut. Ce roman va raconter sa descente aux enfers.

En pleine période de prohibition, il organise des soirées arrosées de gin et de whisky. Lors de l’une d’elles, les 3 chambres qu’il a réservées dans un hotel sont remplies d’amis et de jolies filles fort peu vêtues. Alors que tout le monde est ivre, le corps de Virginia Rappe est retrouvé écrasé sur le lit d’une des chambres. Les témoignages sur les événements sont on peut plus confus, mais tout le monde s’accorde pour dire que fatty a écrasé Virginia et l’a tué.

Samuel (plus tard Dashiell, quand il commencera à écrire) Hammett est un  enquêteur pour l’agence de détectives privés Pinkerton. Il est chargé par l’avocat de Fatty d’interroger deux danseuses qui ont assisté à l’orgie. Samuel nage dans le flou le plus complet, les informations étant, pour la plupart, erronées ou déformées. Il devient vite évident que cette affaire sent le coup fourré et que l’on a tendu un piège à Fatty.

Ce roman part d’une affaire célèbre (le procès pour meurtre de Fatty) et nous donne à lire un roman d’enquête, mâtiné d’hommage au roman noir. Je ne suis pas assez lettré pour savoir si Samuel Hammett a réellement travaillé sur cette affaire, mais il fait partie des personnages principaux, au même titre que Fatty et quelques autres, d’ailleurs présentés au début de ce roman.

La première chose que je voulais vous dire, c’est que ça se lit bien, super bien, super vite, essentiellement parce qu’il y e peu d’action et beaucoup de dialogues. Et si le suspense de ce livre ne réside pas dans le guet-apens tendu à Fatty (on le sait dès les premières pages), il tient surtout dans le pourquoi. En effet, on se demande bien pourquoi on veut faire condamner cet acteur réalisateur, alors qu’il est adulé par les foules. Et je ne vous le dirai pas, bien sur.

Ensuite, Ace Atkins nous montre les travers de la société américaine, la manipulation de la police, de la justice, la super puissance des journaux qui publient tous les ragots. Et au milieu de tout cela, on a la vie des années 20, avec tous ces gens qui rêvaient de rencontrer des stars, qui rêvaient de faire partie de ce monde plein d’argent, plein d’alcool, plein de drogues. Finalement, les gens ont peu évolué aujourd’hui.

Une petite réserve toutefois, totalement personnelle. Alors que les derniers chapitres sont extraordinaires de sensibilité et d’émotion, je regrette finalement le parti pris de l’auteur d’avoir écrit tout son roman avec autant de distance et de retenue. Du coup, cela me donne envie de ressortir Moi, Fatty de Jerry Stahl pour avoir un autre éclairage sur cette affaire édifiante.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 20:30

Soul patchAllez savoir pourquoi je me suis pris d’affection pour Moe Prager. Après ma précédente lecture de ses enquêtes avec redemption street, je replonge avec Soul Patch, aux éditions Phébus.

Soul Patch est un quartier Que Reed farrel Coleman a imaginé en plein New York. Soul patch, c’est le nom que l’on donne à la barbichette que certains se laissent pousser entre la lèvre inférieure et le menton. C’est aussi le quartier d’enfance de Moe Prager, ainsi que le lieu où il patrouillait quand il était flic. C’est dans ce quartier que va se dérouler ce roman.

Moe Prager et son frère inaugurent le troisième magasin de vins et spiritueux qu’ils ont appelé Red, White and you. Du coté professionnel, tout va bien pour Moe. Du coté de son mariage, les relations avec sa femme se délitent. Le poids de trop de secrets finit par les éloigner l’un de l’autre. Alors, Moe cherche une échappatoire, un peu d’action avant le désastre. Lors de cette inauguration, Larry MacDonald, un ancien collègue et ami de Moe lui donne une cassette, en lui demandant de l’écouter puis de l’appeler.

Il écoute donc l’enregistrement d’un interrogatoire entre deux flics et un dealer Malik. Il y est question de la mort d’un ancien caïd D Rex Mayweather. Il appelle Larry qui lui donne rendez vous un soir à Soul Patch. Là, Moe lui annonce qu’il refuse toute enquête qui pourrait mettre en cause un flic et met en cause l’honnêteté de Larry. Quelques jours plus tard, Malik est retrouvé assassiné et Larry suicidé. Moe va bien être contraint de faire la lumière dans cette affaire ténébreuse et dangereuse.

J’ai retrouvé tout le plaisir que j’avais éprouvé lors de la lecture de Redemption Street. Le personnage de Moe est extrêmement sympathique, et l’on sourit souvent, même si sa situation familiale ne va pas fort. On a droit à ses pensées, ses déductions, ses petits traits d’humour juif, et sa dérision. Si l’on ajoute à cela une intrigue menée de main de maître, avec une enquête menée avec sérieux et application, on a là un roman quasi classique qui procure toujours autant de plaisir.

Si on ajoute à cela l’obsession de l’auteur sur le passé, les conséquences de nos actes, les regrets de nos dires, ce roman nous pousse à nous identifier rapidement à Moe, et à nous poser des questions, dont Moe nous donne son avis d’ailleurs. On y voit aussi le décalage entre la vie d’aujourd’hui et celle d’il y a trente ans, quelques petites touches sur le téléphone portable, sur les relations humaines, sur l’attitude des gens.

Alors, qu’est ce qui fait la différence entre ce roman et les autres ? L’écriture bien sur. Elle est d’une assurance, d’une limpidité, d’une pureté, d’une facilité que cela devient prenant et qu’on ne peut plus lâcher le livre. Alors, n’hésitez pas, Moe est un excellent pote qui ne demande qu’à être votre ami. Vous n’avez qu’à dire que vous venez de ma part !

Une citation d'Oscar Wilde extraite du livre pour finir : "Quand les dieux veulent nous punir, ils exercent nos prières". La mienne est que vous lisiez les enquêtes de Moe Prager. Un petit message pour Gridou : Moe n'est ni déviant, ni alcoolique, ni drogué; ça devrait te plaire !

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 11:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :Jeux de paumes de Marc Menonville (Rivages noir)

A bientôt.

 

4ème de couverture :

Jeux-de-paumes.jpgOuverture pour colt 11.43, scalpels et bistouris. Trio de butane au plastic. Tueurs obstinés d'une passacaille à la française. Une polyphonie sanglante et détonante. De quoi terroriser l'hexagone tout entier. Fascinés par les mirages de l'Orient, leurs poisons et leurs maléfices, les princes des palais nationaux tremblent, vibrionnent, désinforment. Il faut qu'un flic breton, rescapé provisoire d'une noyade dans le whisky, tisse sa toile aux quatre coins de l'Europe. "Tiens, tiens, tiens..." chante-t-il à ses chats sur une mélodie de Bach. De Londres à Genève, de Madrid à Oslo, ses complicités déchiffrent le labyrinthe des organisations secrètes, des enjeux politiques et des guerres souterraines.

Une plongée dans la spirale infernale des folies et des passions des hommes, de leurs délires et des vengeances. Précis comme un constat, Jeux de paumes éclate en une fugue aux cent contrepoints. Marc Menonville joue, avec ironie et truculence, de l'efficacité de son regard de journaliste et du diagnostic glacé d'un clinicien.

 

Mon avis :

Vous ne connaissez pas celui là ? Premier tome d’une trilogie des enquêtes du commissaire Le Bihan, un vieux flic bourru, aux prises avec les gens les plus haut placés, il a une dégaine antipathique, n’aime que ses chats. On y croit à fond, c'est bien écrit, ça ne bouge pas beaucoup et malgré cela c'est passionnant. Bref, du classique me direz vous ? Et si ça n’était pas au contraire précurseur de certains de nos héros préférés contemporains ? Vous devriez essayer.

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 20:30

Oyé Oyé, Le commissaire Wallander revient. Vous croyez que je plaisante ? Arte va diffuser trois nouveaux épisodes de la série britannique tirée des romans de Henning Mankell. Je trouve que Kenneth Brannagh colle bien à l’idée que je me faisais de Wallander, à part que j’imaginais Wallander plus gros. Surtout, les scenario sont très bien adaptés d’une œuvre assez difficile à transposer. Les diffusions auront lieu dans l’ordre suivant :

Le 4 février 2011 : Meurtriers sans visage

Le 11 février 2011 ; L’homme qui souriait

Le 18 février 2011 : La cinquième femme

Comme je n’en ai pas lus certains, ce sera aussi une découverte pour moi. Pour une fois qu’il y a quelque chose à regarder à la télévision, on ne va pas se plaindre.

 

alibi-1.jpgDans toutes les bonnes librairies, ne ratez pas L’Alibi, un Magbook entièrement dédié au polar. Avec de superbes photos, de longues interviews, et des critiques plutôt bien choisies. Pour un premier numéro, c’est bigrement bien fait et ça donne envie d’acheter le deuxième. Pour vous en convaincre, visitez donc le site www.alibimag.com, quand il sera en ligne !!! Ça coute 15 euros … et ça les vaut. A ne pas rater l’interview de RJ.Ellory, le billet sur M.Benotman, les articles de société et les nombreuses critiques de livres couvrant d’anciens romans mais aussi les nouveautés parues ou à venir, qui sont très proches de mes gouts, alors forcément ... Un magazine qui risque de devenir indispensable.

 

Information qui m’a été envoyée par le quotidien gratuit Métro : A l'occasion de la sortie du second tome du livre sans nom, L'oeil de la lune aux éditions Sonatine, Metro vous invite à imaginer la vie de l'auteur masqué. De Niro, Pacino, Tarantino ou votre voisin de palier ? Flic ou Boulanger ? Auteur reconnu ou amateur de polar ? Qu'en dîtes-vous ? Envoyez par mail (sitemetro@gmail.com) une courte biographie (maximum 1500 caractères espaces compris) avec vos coordonnées postales, les quinze premiers à répondre recevront un exemplaire gratuit de L'oeil de la lune.

 

Les 4, 5, et 6 février 2011 aura lieu le salon du polar à Drap. Ils ont créé pour l’occasion un site internet, sur lequel vous trouverez les informations détaillées du salon, mais aussi des informations diverses et variées concernant le polar.

http://www.salon-polar-drap.fr/dotclear/?

 

indic-8.jpgL’indic n°8 va bientôt sortir : le thème est La Prison. Ce fanzine auquel on peut s’abonner auprès de l’association fondu au noir 44 est toujours intéressant pour la qualité de sa rédaction et ses critiques très bien faites. Plus d’information sur le site de Paul Maugendre .

Dans ce numéro toujours, vous trouverez une interview de DOA et Manotti pour patienter jusqu'à la sortie de leur roman, et un article sur les rapports entre le cinéma et la littérature, par le biais d'une lecture de l'œuvre de Franck Thilliez. Vous retrouverez aussi vos rubriques habituelles de chroniques, musique, sans oublier une nouvelle inédite (un texte de Richard Stratton traduit par Thierry Marignac), la poésie et les mots croisés !

 Inutile de vous dire que je l'attends avec impatience !

 

 

Il parait qu'au prochain salon du livre qui aura lieu du 18 au 21 mars, un des axes programmatiques sera consacré au polar. Cela s'appelle Spécial suspense : Polar et thriller. Le site internet correspondant est . Sur ce site, vous trouverez une suggestion de lecture de polar. C'est toujours bon à prendre. Ce sera peut-être l'occasion pour moi d'y aller !?

 

Voici une démarche intéressante : un jeune auteur a écrit un polar et met ses chapitres en ligne sur la toile pour avoir les avis des amateurs de polar.le site s'appelle http://amouramort.com/, comme le livre. Vous pouvez laisser vos remarques via des commentaires. Si vous ètes tentés pour aider ce jeune auteur, alors allez y jeter un oeil. Voici le synopsis :

Paris, août 2009.
Lancé sur la piste de Paul Duval, ex-taulard soupçonné d’un double-meurtre particulièrement barbare, le commandant Vendel est dans l’impasse. Où Duval se cache-t-il ? Sa fille de 4 ans est-elle toujours en vie ?
Le commandant Rinero, lui, enquête sur une série de viols et d’assassinats qui mènent tous au même site de rencontre. Et une certitude grandit en lui : un terrifiant psychopathe a fait de la Toile son terrain de chasse et son ombre plane sur l’affaire Duval. Pourra-t-il l’arrêter à temps ?
Entre ambitions dévorantes, trahisons et coups bas, ces deux ennemis de toujours ont pris sans le savoir, un billet pour l’Enfer.

 

Quelques nouveaux collègues sont à épingler pour la qualité de leurs avis sur les romans noirs et thrillers :

Le blog du polar : Un site sur fond noir qui parle de noir. Très intéressant.

http://leblogdupolar.canalblog.com/

Pyrausta : Une découverte par hasard. On y trouve de tout mais les avis et le visuel du sites sont très réussis

http://lemelimelodepyrostha.over-blog.com/

Unwalkers : site de non zombie … avec de nombreux articles écrits comme des coups de revolver. Sur fond rouge, de très bons avis.

http://www.unwalkers.com/

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 20:30

guerre saleAttention, coup de coeur ! Vous connaissez mon plaisir à découvrir de nouveaux auteurs. Dominique Sylvain n’est pas une nouvelle dans le domaine du roman policier mais je n’avais jamais lu ses romans. Ce roman est tellement bien construit que je vais mettre ses précédents romans sur ma liste d’achat.

Florian Vidal est un avocat spécialisé dans les contrats d’armement et les relations franco-africaines. Son cadavre vient d’être découvert aux abords de la piscine de sa propriété de Colombes. Vidal a été menotté et brûlé vif, un pneu enflammé autour du cou. Cette méthode est connue sous le nom du supplice du père Lebrun, et a été très utilisée à Haïti lors du règne des tontons macoutes. Son Blackberry a été retrouvé au fond de la piscine mais la carte en a été enlevée.

Aucun autre document ne permet de démarrer cette enquête. Si ce n’est que cinq ans auparavant, Toussaint Kidjo, qui travaillait sous les ordres de Lola Jost, a été assassiné de la même manière. Lola a démissionné de la police un an avant sa retraite. Le meurtre de Toussaint y est pour beaucoup. Elle y voit là l’occasion de retrouver les assassins de son collaborateur et ami. Elle ne pourrait pas mener à bout son enquête sans son amie Ingrid Diesel.

Du coté officiel, Sacha Duguin se voit confier cette enquête. Il découvre rapidement que Vidal travaillait pour Richard Gratien, l’homme incontournable pour tous les contrats d’armement à destination de l’Afrique. Mister Africa, comme on le surnomme, a pris Vidal sous son aile, le considérant comme son fils naturel, allant même jusqu’à lui payer ses études de droit. Souvent suspecté de détournement de fonds, Gratien n’a jamais été condamné. Sacha et Lola vont enquêter en parallèle, presque comme des concurrents, pour démêler ce sac de nœuds qui va s’avérer bien noir et bien dangereux.

Le contexte de ce roman est dur, noir et sans concession. Ceux qui s’attendent à un roman policier classique ne seront pas déçus, au sens où l’enquête avance au rythme des interrogatoires et des indices éparpillés ça et là, mais ils auront en plus ce contexte si particulier lié aux ventes d’armes. Arrêtez d’être naïfs, la fabrication d’armes est une activité importante dans le PNB des pays riches, et où il faut bien des intermédiaires qui ont les bonnes relations pour vendre plus et mieux. Dégueulasse, non ? Mais c’est la réalité !

Au-delà du contexte, le style est direct. Quel punch ! Quelle brutalité parfois ! J’ai vraiment été surpris au départ, tant les phrases sont directes, sans fioritures. Cela donne une force au propos, mais aussi une impression que l’on vous assène des coups de poing. C’est un style violent, direct, acéré, que j’ai trouvé très agréable à lire. Et bien que je l’aie lu dans une période où je n’aie pas eu beaucoup de temps à consacrer à la lecture, le livre me faisait des clins d’œil quand je l’ouvrais.

Et puis, il a les personnages. Ils sont FORMIDABLES ! Il y a Sacha, enquêteur rigoureux et professionnel, poussé par sa hiérarchie, son chef qui fait partie des incorruptibles. Lola, fantastique femme que j’imagine de petite taille, toute en nerfs, en détermination, aidée en cela par le porto qu’elle boit comme du petit lait. Elle a un désir de résoudre cette affaire car c’est ce qui l’a poussée à démissionner, mais elle est aussi fidèle à Toussaint, son ancien ami, à qui elle veut donner une justice. Et puis, il y a Ingrid, cette américaine, qui est le trait d’humour de cette histoire, qui apprend le français en le parlant, se trompant toujours de mot quand elle utilise des expressions françaises.

Bien que ce roman ne soit pas leur première enquête, vous pouvez commencer celui-ci sans pour autant avoir lu les autres, puisque les informations nécessaires à comprendre les personnages sont distillées par petites touches au début du roman. Tout ce petit et complexe mélange fonctionne à plein régime. On a une impression de vitesse, d’urgence. Nos trois protagonistes tentent de surnager dans une piscine noire, cynique, inhumaine. C’est un excellent roman qui me fait dire que vous allez bientôt entendre parler de Dominique Sylvain chez Black Novel. D'ailleurs j'en ai déja acheté six qui sont ré-édités chez Points. 

Pour finir de vous convaincre, allez jeter un oeil chez l'ami Jean Marc.

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 11:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine : American Psycho de Brett Easton Ellis (10/18)

A bientôt.

 

4ème de couverture :

American-psycho.gifC’est le livre choc sur l’Amérique des années Reagan, une société cynique et cruelle à travers le portrait schizophrénique d’une sorte de Dr Jekyll et Mr Hyde moderne. Patrick Bateman est un de ces yuppies à qui tout semble réussir et qui pense que rien n’est trop beau pour lui. Comme ses collègues de la Chemical Bank, il affiche une ambition sans scrupules, passe son temps à collectionner les signes extérieurs les plus coûteux possible de sa réussite et va sniffer des lignes de coke dans les soirées huppées. À la différence de ses amis, il se livre tout de même à un loisir d’un genre particulier. La nuit, il tue, viole et torture comme ça, pour le plaisir, pour évacuer le stress et être plus performant dans la journée. Un livre terrifiant qui selon le mot de Norman Mailer “nous oblige à regarder en face l’intolérable, ce que peu de romanciers ont le courage de faire”.

 

Mon avis :

Voilà un livre d’un auteur qu’on aime ou qu’on déteste. Ayant lu son dernier en date, Suite (s) Impériale (s) que j’ai trouvé décevant, revenons aux valeurs sures. Alors, certes, au premier degré, c’est l’histoire d’un serial killer. Au deuxième degré, c’est une charge contre l’Amérique des années 80-90, le règne de l’argent, de l’apparence lisse, où ce qui n’est pas propre doit disparaître. Au troisième degré, c’est le portrait d’un auteur, malade d’être seul, enfermé dans un rôle trash qui l’amuse. Avec énormément de style, des choix littéraires voulus, et des scènes de meurtres explicites, ce livre fait débat mais n’est pas en tous cas pas à mettre entre toutes les mains. A vous de voir.

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 20:30

les anges s habillent en caillera

Voici un roman dont on va parler, un roman qui va faire du bruit. Car le sujet est brûlant, ça touche ce que l’on appelle dans les médias la petite délinquance. Au passage, je remercie les éditions Moisson Rouge pour la découverte d’un nouvel auteur et pour ce très bon moment de lecture.

Ce roman est basé sur une histoire vraie, mais c’est un roman. Ilyès est un voleur à la ruse (un terme que je ne connaissais pas), probablement le meilleur que l’on ait connu. Il a commencé en 1998, alors qu’il avait 13 ans et a perpétré ses larcins à Saint Denis. Accompagné de deux complices, il volait les sacs à main dans les voitures arrêtées au feu rouge, avant de passer au vol à la tire.

En 2008, Ilyès, que l’on surnomme le Marseillais, sort de la prison de Villepinte. Il vient de purger 18 mois. Son cousin l’attend à la sortie. Il retrouve alors les gens qui peuplent son microcosme et apprend que c’est Hervé qui l’a donné aux flics. Il demande alors à l’ancien de retrouver Hervé. Un peu plus tard, dans une cave, les Serbes amènent Hervé et Ilyès le descend de cinq balles.

Ilyès vient de franchir une nouvelle étape dans la spirale infernale de la délinquance. Pourtant, il a toujours refusé le vol avec violence. Quand il était mineur, il ne risquait rien avec le vol à la tire. Puis il a rencontré Many qui officie à Paris. Il apprend d’autres méthodes comme le vol de carte bleue mais Many utilise la torture pour obtenir la carte et son code. Ilyès finit par faire bande à part en s’arrangeant à noter les codes confidentiels et à voler les cartes sans violence. Il amasse l’argent et en profite, devenant un habitué des sorties nocturnes parisiennes. C’est là qu’il rencontre Hervé, qu’il considère comme son pote.

Ce roman aurait pu être un vrai casse gueule, un hymne à la petite délinquance, avec le risque de faire de Ilyès un héros. C’est un sujet très sensible, traité à la façon d’un équilibriste sur un fil distendu. Ce roman aurait pu être un total échec, un roman apportant un scandale de plus. Et finalement, c’est une totale réussite. Et le meilleur moyen de vous faire lire ce livre, c’est de vous conseiller d’aller dans une librairie, d’ouvrir ce livre, de lire la préface écrite par Oxmo Puccino (que je ne connais pas) qui parle de Rachid Santaki et de sa volonté d’aider et d’occuper les jeunes, de lire aussi l’Avant propos écrit par Rachid Santaki lui-même qui parle du contexte et de son choix d’auteur. Après cela, vous achèterez le livre.

J’ai suivi le parcours de Ilyès, avec la peur au ventre. Avec la quatrième de couverture, j’étais inquiet du sujet, et surtout de son traitement. Il aurait été facile et dangereux de faire un mode d’emploi du parfait petit voleur, de donner vie à un personnage auquel on se serait identifié. Grâce aux choix littéraires et au style de Rachid Santaki, les pièges ont été évités et le roman en devient passionnant, par le fait qu’il ne prend pas position, qu’il ne juge personne, qu’il ne justifie pas les actes mais se contente de placer quelques traits qui sonnent justes.

Les passages écrits à la première personne sont tout bonnement impressionnants, on a l’impression d’avoir Ilyès en face de nous, en train de nous conter son parcours, nous expliquant qu’il est conscient que ce qu’il fait est mal, mais que d’un autre coté, cela permet à ses parents de retourner au bled chaque été. Toujours, Ilyès oscille sur cette balance avec une lucidité et est prêt à assumer ses actes. Tout est une question de risques. Et dire qu’il a commencé comme ça pour passer le temps, presque s’amuser.

Le roman regorge de personnages, tellement vrais, esquissés par de simples phrases, dont les frères, cousins, parents, flics pourris (ce sont les passages que j’ai le moins aimé). Tous parlent leur langage, entre le verlan et l’arabe, et cela aide à nous plonger dans ce monde, si proche de nous mais si lointain aussi. On y sent le décalage entre les parents qui travaillent et ces jeunes attirés par tant de facilité, par l’accès au luxe qu’ils n’auraient aucune chance de connaître autrement. Je ne cautionne en aucun cas ni ces actes, ni ces choix de vie, mais j’ai eu l’impression de comprendre un peu mieux, même si Ilyès n’est probablement qu’un cas. Pour finir, je citerai le dernier paragraphe de Oxmo :

Malgré tout ce que l’on peut voir et entendre des grands médias, j’ai la chance de rencontrer des personnes animées par un vrai désir politique et d’autres sont sur le terrain, porteurs d’espoir. Donc, je deviens optimiste et … oui, je suis convaincu que tout ira mieux lorsque tous donneront à bon escient ce qu’ils ont de plus cher : un peu de leur temps.

Ce livre est à lire, pour mieux comprendre, pour mieux aider, pour être plus tolérant, pour être positif, pour être moteur. D’aucun verront dans ce livre des exemples, des situations dont ils se doutent ou qu’ils imaginent au travers du miroir déformé des medias. On va en parler de ce livre, parce qu’il parle vrai, parce que le ton est réaliste et qu’il vaut mieux le lire que se boucher les yeux.

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Published by Pierre faverolle - dans 2011
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