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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 11:00

 

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :Chasseurs de têtes de Jo Nesbo (Folio Policiers)

A bientôt.

 

4ème de couverture :

chasseurs de têtesLe narrateur, Roger Brown, se considère comme le meilleur chasseur de tête de Norvège. Utilisant les questionnaires du FBI, il fait subir aux candidats de véritables interrogatoires et ne laisse aucune place au hasard. Mais Roger a une faiblesse : sa femme Diana qui lui coûte très cher... Voiture de luxe, vêtements de marque, loft de 300 m2, galerie d’art et vernissages au champagne, tout cela a un prix élevé. Pour financer sa vie privée, il dérobe avec l’aide d’un complice des toiles de maître chez ses clients. Mais le jour où il décide de voler un Rubens à Clas Greve, qui semblait pourtant avoir le profil du parfait pigeon, les choses se gâtent. De chasseur, Brown devient la proie et le pigeon se révèle être un terrible prédateur.
Nesbø reprend le thème du chasseur chassé et en démonte le mécanisme avec jubilation ; à tel point que Roger Brown, pourtant très antipathique, finit par inspirer la compassion.

 

Mon avis :

Que ceux qui se demandent comment Jo Nesbo peut s’en sortir quand il n’écrit pas les aventures de Harry Hole se rassurent. Le personnage principal est un vrai dégueulasse pris à son propre piège, un arroseur arrosé pour le pire. Jo Nesbo nous concocte une histoire que l’on lit avec beaucoup de plaisir et qu’il a du écrire avec une euphorie qui se retrouve à la lecture pour notre plus grand bonheur. Un très bon divertissement !

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 20:30

Petites morts à gazaLes éditions Nuits blanches m’ont proposé de lire un roman policier un peu particulier pour son contexte, puisqu’il se déroule dans la bande de Gaza. Et cela me permet de rajouter un nouvel auteur à la liste de Black Novel.

La bande de Gaza à la fin de la deuxième Intifada, dans les années de chaos 2006-2007. Maher al-Shaqqi est un jeune journaliste local qui a fait longtemps le « guide » pour de nombreux envoyés spéciaux étrangers. Il a ainsi monté une agence de presse qui est devenue incontournable pour ces journalistes, leur fournissant contacts et moyens techniques. La vie de Maher bascule le jour où sa jeune soeur, Marwa, se fait exploser dans une rue de Tel Aviv.

Il apprend son acte par la télévision et ne le comprend pas. Taysir, le fiancé de Marwa, ne comprend pas non plus cet acte. Commissaire de police de l’Autorité palestinienne, alors en place dans la bande de Gaza, il se jure de trouver qui a envoyé Marwa se tuer et tuer des innocents. Lola, Karl et Ben, journalistes américains familiers de la région et amis de longue date de Maher et de Marwa, se trouvent également dans la bande de Gaza.

Eux aussi vont se trouver mêlés à l’enquête, tout en couvrant au quotidien les événements qui s’y déroulent. L’enquête sur Marwa est parasitée par une série de meurtres mystérieux marqués par des mutilations ne correspondant à aucune des «habitudes» du territoire, alors en proie à l’anarchie, notamment aux règlements de compte entre clans rivaux. Le commissaire Taysir enquête sur ces étranges meurtres, aidé par le docteur Hisham, un des rares médecins légistes de la bande de Gaza.

Que je sois clair avec vous : je ne comprends rien au conflit israélo-palestinien ; C’en est devenu une triste habitude, de voir aux informations, que de jeunes gens se tuent d’un coté comme de l’autre. Le roman de Gwenaëlle Lenoir n’est pas là pour expliquer quoi que ce soit. Ce n’est pas son but ; l’auteur a choisi délibérément le roman policier pour montrer, démontrer et disséquer une société en voie de déliquescence, où le moindre beau parleur peut accéder au pouvoir.

Gwenaëlle Lenoir nous montre des gens normaux, comme vous et moi, dans leur vie de tous les jours. La seule différence, c’est qu’autour d’eux, c’est l’anarchie la plus complète, le chaos avec pour victimes les civils : les bombes explosent, les clans se battent pour le pouvoir, les balles sifflent, les roquettes volent. Gwenaëlle Lenoir ne prend pas position, elle nous montre juste qu’il y a des excités du bulbe, mais qu’il ne faut pas généraliser. Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir.

Alors, pour le coté roman policier, ce n’est pas tout à fait cela. Mais je ne crois pas que cela soit l’objet de ce roman, non plus. Je pense que l’auteur a voulu remettre les choses à leur place, et nous faire une démonstration (qui marche bien), en tapant au passage sur les gouvernements occidentaux et les journalistes. J’avoue avoir eu un peu de mal à suivre avec les noms (qui sont compliqués) mais au global, j’ai bien aimé ce livre qui, sous couvert d’enfoncer des portes ouvertes, nous rappelle que les Palestiniens sont aussi des hommes.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 20:30

Adieu GloriaAttention, coup de coeur ! Megan Abbott, j’en ai entendu parler qu’en des termes élogieux. Que ce soient mes amis lecteurs, mes amis blogueurs, ou même les auteurs eux-mêmes de Ken Bruen à Reed Farell Coleman. Voici Adieu Gloria, le dernier roman traduit en français en date, qui a reçu le prix Edgar Award.

La narratrice dont nous n’aurons pas le loisir de connaître le nom, a une formation de comptable, avec une petite vie rangée. Elle est très vite repérée par la grande Gloria Denton, d’une vingtaine d’années son aînée, qui la prend sous son aile. Elle a décidé de tout lui montrer, tout lui apprendre sur son travail. L’attrait est réciproque puisque les premiers mots de ce roman sont de la narratrice : « Je veux ces jambes ».

Gloria Denton évolue dans un monde d’hommes. Elle est en contact avec les gros pontes de la pègre, et se charge à la fois de petites arnaques, mais surtout de blanchiment d’argent et de se charger des transfert de fonds des casinos, des champs de course, des bars. Enfin, elle se charge aussi d’apporter les enveloppes servant à corrompre à la fois les policiers et les politiques pour que les affaires de ses patrons tournent sans encombres.

En toute circonstance, Gloria Denton est capable de garder sa stature, son attitude hautaine, donnant l’impression de maîtriser tout ce qui lui arrive. Elle est toujours bien habillée, et froide comme la glace, comme un homme transformé en femme. La narratrice va répondre aux attentes de Gloria au-delà de ses attentes, jusqu’à ce qu’un grain de sable vienne se loger dans ce rouage si bien huilé.

Notre narratrice va rencontrer Vic Riordan, un joueur invétéré qui croit tout gagner mais qui perd toujours. Elle en tombe amoureuse et va tout faire pour sauver son amant, d’autant plus qu’il doit une importante somme d’argent à Mackey, le nouveau caïd local. Pour elle, se vie va très vite se compliquer.

Je ne sais comment vous dire qu’il vous faut lire ce livre. Car c’est une histoire noire,  bien noire, dans la plus pure tradition du roman noir américain, avec l’ambiance, les personnages, les situations dramatiques et la psychologie parfaite qui va avec. Mais quels portraits de femmes Megan Abbott nous décrit là, avec un sens de la narration parfaitement maîtrisé et assumé : décrire cette histoire par la narration de la jeune femme et par la psychologie du personnage.

Au-delà de ça, c’est aussi une histoire d’héritage, d’éducation de mère à fille, de mentor à élève, de maître à esclave qui nous est conté. J’ai adoré cette évolution du personnage, qui commence par vouer un culte à Gloria, avant de s’émanciper, de se révolter pour finalement remettre en cause son éducation même. Sans vous dire la fin, il n’en restera qu’une, car au bout du compte, que ce soit du coté de Gloria ou de la narratrice, cela ne pouvait que se terminer par une trahison.

Pour finir, il faut que je vous parle du style de Megan Abbott. C’est si pur, si fluide, que c’en est un vrai plaisir de lecture. Sans en dire trop, ni sur le temps, ni sur les lieux, on est plongé dans cette histoire qui pourrait se dérouler à n’importe quelle époque, et dont la dramatique est finalement hors du temps. Mon avis pourrait se résumer en un mot : Magnifique ! Et après avoir écrit cet article, il me tarde de lire Absente, son précédent roman sorti chez nous, qui attend sur une étagère, sagement.

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 11:00

Golgotha.gifPetit roman par la taille mais grand voyage dans les bidonvilles de Buenos Aires pour cette histoire noire publiée aux éditions Asphalte.

Villa Scasso, à l'ouest de Buenos Aires. Un labyrinthe de ruelles et de murs de brique, un trou régi par ses propres lois. Ceci est l'histoire d'une vengeance dans une enclave sauvage contrôlée par la bande des Gamins ; l'histoire de flics qui vouent un culte à des images pieuses, de délinquants qui vénèrent San la Muerte, et d'une guerre urbaine sourde où ceux qui survivent, ceux qui tuent, finissent corrompus, asphyxiés par leurs propres péchés. Une fulgurante chronique de la violence.

Nous suivons l’enquête de deux policiers : Lagarto et Roman Calavera, à la recherche d’un assassin avorteur. Calavera a réussi à se sortir de Villa Scasso, mais est resté empli de rage et de brutalité. Lagarto refuse de se laisser aller à ses pulsions de violence et de vengeance. Dans ce quartier, on reconnaît les flics car ils ont les chaussures élimées, n’ayant pas assez d’argent pour s’en acheter une paire neuve.

Dans cette histoire, derrière cette ville connue de tous pour être le joyau de l’Argentine, il y règne un climat de violence décrit avec justesse dans les situations, les personnages ou les dialogues. Ecrit avec beaucoup de précision et de justesse, c’est un roman qui sent le sang, qui pue la merde, dans un monde qui n’a plus rien d’humain et où règne une seule loi : celle de la jungle.

Ce roman, aussi impressionnant que dégoûtant, est un petit bijou de noirceur couleur sang dont vous ne sortirez pas indemne, une sorte d’enfer d’où vous ne souhaiterez q’une chose : en sortir le plus vite possible comme les personnages principaux de ce roman. Un agréable moment de lecture pour un autre éclairage de l’Argentine urbaine, malgré des digressions déconcertantes au début et des dialogues un peu trop longs par la suite.

Au passage, ne ratez pas l'interview de Carlos Salem chez Entre deux noirs, qui signe aussi l'excellente préface de ce roman.

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 20:30

Paris la nuitAprès un article aussi élogieux que celui publié chez mon copain de Passion Polar, je ne pouvais qu’être tenté de lire ce roman écrit par un très jeune et prometteur auteur français. Le résultat est impressionnant.

Abraham est un jeune homme, qui vit dans le quartier de la Goutte d’or. Sa mère est morte quand il avait l’age de cinq ans, en tentant de mettre une fille au monde. Son père vit sa vie de travailleur, et laisse son fils faire la sienne. Justement, Abraham ne fait pas grand chose de sa vie. Il deale un peu de drogue auprès des étudiants, afin d’avoir un peu d’argent et de se payer sa propre consommation de drogue.

Abraham est donc un jeune homme qui vit la nuit et dort le jour. Il a sa petite bande de copains, dont Goran qui est son ami d’enfance. Et il passe ses nuits chez Julia, une jeune étudiante de la Sorbonne. Il sait que ces « fils à papa » ne cherchent que ça : dépenser l’argent de leur parents en dope pour se sentir mauvais garçon. Julia lui permet aussi d’avoir une clientèle sélectionnée et sans risques.

Alors qu’il est de sortie dans un bar avec Nathan, un de ses potes, il découvre une salle de jeu clandestine où de gros pontes jouent de grosses sommes d’argent. La tentation est là ; Abraham va convaincre Karim, Trésor, Nathan et Goran de faire le gros coup. Ils vont donc passer dans le camp du grand banditisme, en se frottant à des truands qui n’ont pas de scrupules. Et leur vie va devenir un enfer.

Ce roman a été écrit par un jeune homme de 23 ans. Et quand on dit ça, le résultat n’en est que plus impressionnant. La qualité littéraire est évidente, et malgré le fait que ce roman soit court, on a l’impression que tout est dit et bien dit. De l’équilibre entre la narration et les dialogues, des événements de l’intrigue à la psychologie du personnage principal, il est bien difficile de trouver des défauts à ce roman. La principale qualité de ce roman est la narration, et cette faculté de faire ressentir le monde de la nuit au travers de la vision d’un jeune homme, et cela sonne bigrement vrai, tant c’est écrit de façon synthétique et simple.

Car c’est une histoire simple que Jérémie Guez nous raconte, celle d’une chute inéluctable d’un jeune homme qui veut se croire un grand, d’un enfant qui est face au monde des adultes, d’un garçon qui ne peut résister à la tentation de l’argent. C’est l’histoire de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf, version noire. Avec en toile de fond, une ville de Paris et sa vie de quartier nocturne, décrite de façon claire et concise, on s’y croirait.

Quel plaisir de lire ce roman, ou plutôt devrais-je dire avaler ce roman. Et quand on sait que ce n’est que le premier tome d’une trilogie parisienne, on en redemande. S’il continue comme cela, il se pourrait bien que Jérémie devienne un très grand du roman noir français. Et vu le niveau élevé de ce premier volume, il est clair que je vais être à la fois attentif, fidèle et exigent pour le deuxième roman. Ne ratez pas ce roman sous peine de passer à coté d’un auteur qui pourrait bien devenir très bientôt incontournable. J’attends la confirmation avec impatience.

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 20:30

Poussière tu serasCela fait un an que j’attendais de lire ce livre, débordé que je fus par les nouveautés qui n’arrêtaient pas de sortir. J’ai tout de même pris quelques jours pour me faire mon avis sur ce roman qui promet d’être noir.

A Barton’s Forest, près de Belfast, c’est l’hiver et les fontes de neige mettent à jour un os humain que le jeune Adrian Calvert découvre et emmène avec lui, ainsi que la plume d’un corbeau mutilé. Adrian décide de n’en parler à personne, même pas à son père Jack Calvert, qui a plongé dans l’alcoolisme depuis la mort de sa femme. Quelques jours plus tard, c’est une poupée qu’il découvre, en plein milieu d’un lac gelé.

Jack Calvert, est un ancien policier de Belfast qui s’est reconverti dans la peinture. Sarah, la propriétaire d’une galerie d’art de renom, a le coup de foudre pour ces tableaux et fait tout pour le promouvoir. Elle entretient aussi une liaison amoureuse avec Jack, dont Adrian ne sait rien, jusqu’au jour où il les surprend en plein ébat sexuel.

Charlie Stanton est un clochard qui découvre un cadavre décapité, victime de sévices sexuels. Joe Harris et Jeremiah Grazier sont des coiffeurs au caractère bien différents. Alors que Joe est passionné par les faits divers, Jeremiah est une personne plus secrète et réservée, subissant les maltraitances de sa femme Judith, accro à l’héroïne. Joe et Jeremiah parlent beaucoup de la disparition de la petite Nancy McTiers, 7 ans, qui n’est pas reparue depuis 3 ans. La disparition de Adrian va déclencher un cataclysme.

J’avais besoin d’un roman noir, et pour le coup, j’ai été servi ! Que ce soit le contexte, l’histoire, les personnages ou l’ambiance, tout est noir, pas un petit noir brillant, mais un vrai noir mat, où rien ne se reflète. Il ne faut pas chercher la moindre étincelle d’espoir, pas la moindre lumière, c’est du noir brut, brutal.

Le style de Sam Millar y est pour beaucoup, avec ses descriptions minimales et ses mots soigneusement choisis qui laissent planer une atmosphère brouillardeuse, glauque, mystérieuse. Et les personnages vont s’enfoncer dans cette histoire sans que le lecteur ne puisse rien faire à leur déchéance. Ils ont tous des cicatrices ou des secrets qui petit à petit font leur apparition pour nous étaler des ignominies sans nom.

C’est un premier roman impressionnant, même si j’ai regretté que le livre soit coupé en deux : une première partie extraordinaire où Sam Millar installe l’ambiance et les personnages et une deuxième partie où Jack cherche son fils. Et c’est dans cette partie que j’ai été moins convaincu, où j’ai un peu décroché de cet environnement bizarre à cause des indices qui tombaient comme un cheveu sur un lac gelé. Ceci dit, ce roman est tout de même très recommandable et Sam Millar un auteur à suivre.

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 11:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :Au delà du mal de Shane Stevens (Pocket Thriller)

A bientôt.

Au-dela-du-mal.gif

4ème de couverture :

À10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s'en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier particulièrement atroce à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l'homme s'organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral.

Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d'Adam Lenton, journaliste dangereusement proche du meurtrier, dévoilent un inquiétant jeu de miroir, jusqu'au captivant dénouement.

 

Mon avis :

Si vous aimez les serial-killers, les histoires de politique, essayez donc cet auteur, bien peu connu mais qui vaut le détour. C’est une histoire ahurissante qui se passe aux Etats-Unis dans les années 60-70. D’un coté Thomas Bishop le psychopathe que l’on a construit, de l’autre tous les protagonistes qui ont un intérêt à ce qu’on l’arrête. Dès que vous aurez ouvert ce livre, vous ne le lâcherez plus.

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 20:30

Fruit de nos entraillesComme l’année dernière, Black Novel va accueillir des invités qui vont parler polar. C’est Benjamin qui ouvre le bal pour un roman français : Voici donc son avis sur Le fruit de nos entrailles de Jean Yves Martinez :

 

C’était la correction de trop. Trop de violence, de souffrance, d’humiliation... Nadja, jeune prostituée maghrébine au bout du rouleau, avait décidé de raccrocher.

Mais arrêter le calvaire dans la profession, ça sous-entendait livrer son souteneur. Et dans le Milieu marseillais, le statut de balance était fortement déconseillé pour qui voulait profiter durablement de sa retraite!

L’inspecteur Chavez en avait parfaitement conscience lorsqu’il lui avait mis le marché en main. Mais c’était l’occasion inespérée de régler ses comptes avec cette ordure de «Corse» et en pareille affaire, il ne pouvait être question de sentiments.

Avec les informations qu’elle lui avait fournies, Chavez n’allait faire qu’une bouchée du Corse. Tout allait rentrer dans l’ordre, Nadja n’avait qu’à partir.

A moins que tout ne se mette à foirer, que son proxénète ne soit pas arrêté et qu’il se lance à sa poursuite pour protéger des activités bien plus sombres que la prostitution...

Le fruit de nos entrailles est un petit bijou policier sur fond de cité phocéenne. Les personnages sont bien dessinés, l’intrigue est menée tambour battant. L’ambiance qui s’en dégage, le style direct et efficace ainsi que les expressions utilisés par l’auteur, tout respire le vrai! J’ai adoré ce roman et je le recommande à toutes les personnes amatrices du genre. Bonne lecture!

 

Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire. Cela s’appelle Le fruit de nos entrailles de Jean Yves Martinez. 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 20:30

Fruit de vos entraillesC’est avec beaucoup de curiosité que j’ai attaqué ce roman. Pour essayer de comprendre la naissance et l’évolution d’un auteur dont j’ai adoré Fakirs, son troisième roman, qui a d’ailleurs été élu Meilleur polar 2010 par les éditions Points.

Nous sommes en 2001, plus précisément juste après les attentas du 11 septembre. La paranoïa s’installe partout, d’autant plus que l’explosion dans l’usine AZF n’est pas là pour rassurer les gens. A Paris, comme ailleurs, les CRS pullulent sur les trottoirs, alors que les affaires criminelles ne sont ni plus ni moins inquiétantes qu’avant.

En quelques semaines, plusieurs affaires voient le jour. Une jeune femme se suicide en se jetant par la fenêtre de son appartement du deuxième étage avec ses deux enfants dans les bras. Un artiste peintre habitant Ménilmontant est sauvagement poignardé chez lui, et son corps disposé d’une façon que l’on pourrait qualifier d’artistique. Puis d’autres artistes sont aux aussi assassinés chez eux.

Deux personnages à part vont s’intéresser à ces affaires. Maximilien est un ancien détective privé reconverti en laveur de vitres. Sa femme attend un enfant, alors il s’ennuie et se mêle de ces affaires. Virgile Cyprien Heckmann est un inspecteur doué, mais hautain et autodestructeur. Son éducation dans une famille très aisée a fait de lui un homme qui refuse tout contact avec les autres humains. Ces deux énergumènes, avec l’aide d’un vieil original, vont s’allier pour chercher et comprendre les motivations de ce mystérieux assassin.

Je dois dire que c’est amusant de lire un auteur à rebours. Ayant adoré Fakirs, son troisième roman d’ailleurs primé par le prix du meilleur polar du Cercle points l’année dernière, j’ai abordé ce livre afin de voir l’évolution d’un écrivain. Et si ce roman présente quelques défauts que l’on retrouve dans les premiers romans comme la fluidité du style ou la justesse de l’intrigue, j’ai retrouvé les qualités qui font que j’avais adoré Fakirs.

Tout d’abord, les personnages ont une psychologie complexe, sont vrais et on sent que Antonin Varenne les aime. Ce sont des écorchés vifs, autodestructeurs, survivants d’un suicide quotidien. Ils sont extrêmes, jusqu’au-boutistes, incompris et exilés au milieu d’une société qui avance sans eux, marginaux sans le vouloir car ne rentrant pas dans le moule.

Le société justement tient une place importante dans le roman. Antonin Varenne a placé son intrigue entre le 11 septembre et les émeutes de novembre. Cela donne un contexte violent, anarchiste, où toutes les actions de répression sont justifiées par l’insécurité extérieure comme intérieure. Et cela donne une thématique intéressante à ce roman où les personnages sont plongés dans une incertitude totale, et où leur seule réponse est le rejet des autres, l’enfermement sur soi, le refus de l’engagement, l’absence de sentiments. En parallèle, Antonin Varenne nous montre des raisonnements à faire froid dans le dos, tel que celui-ci, qui est très explicite :

Artistes = intellectuels de gauche = contestataires = agitateurs = désordre = violence = banlieue = immigrés = islam = terrorisme. Cocotte-minute, cercle vicieux, manipulation, assimilation, courte vue, raccourcis, loi du marché, loi du marchandage politique, vases communicants, efforts individuels dilués dans la masse, spirale du pouvoir, trépignement des ambitieux : au plus court, au plus vite, au plus facile.

Pour une curiosité, j’ai été servi. Si vous êtes fan de Antonin Varenne, vous devez lire ce livre. Si vous ne connaissez pas cet auteur, lisez Fakirs et vous aurez envie de lire Le fruit de vos entrailles.

 

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 11:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :Boulette de Max Obione (Editions de l'Atelier)

A bientôt.

 

4ème de couverture :

 

boulette.gifEh, la grosse ! Qu'est-ce que t'as à me regarder ? Bouge ton gros cul…
Tais-toi le père ! Je suis Boulette, un homme est venu, un bougnoule comme tu dis.
Il m'a prise dans ses bras. La mer est devant nous, il m'emmènera.
Là-bas.
— You… arab ?
— No, Kurd !
— Vous êtes Kurd ?
— Yes, Kurd of Iraq.
Crève, vieux pourri, et adieu !
La mer nous emporte, tu vois ?

 

Mon avis :

Environs de Sangatte. Boulette, une jeune fille grosse, malaimée et décriée par tous les gens du village va rencontrer un Kurde, qui veut partir en Angleterre. Malheureusement, elle croit qu'elle est amoureuse.

N'étant pas adepte ni lecteur de nouvelles, je ne vais pas juger cette courte histoire par rapport à d'autres novellistes. Le format de l'histoire (24 pages) est parfaitement maitrisé, surtout grâce à son style très direct. Pas le temps de faire de la psychologie de supermarché, il faut aller droit au but. Max Obione met tout son cynisme et sa cruauté au service de cette fable dramatique.

Alors j'ai avalé Boulette et sans en faire trop (de boulette), je dois dire que cette histoire m'a pris aux tripes, et l'air de rien, le final est surprenant. Et je me suis dit : Pour les gens qui ont une demi heure de trajet à faire, à 4 euros, c'est une sacré bonne affaire. Alors il faudrait vendre ces nouvelles (il y en a une soixantaine dans cette collection) sur les quais des gares. Alors, avis aux distributeurs !

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