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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 17:11
Oldies : Le chien qui vendait des chaussures de George P.Pelecanos (Gallimard – Série Noire)

Quand j’ai créé cette rubrique Oldies, c’était aussi pour lire les premiers romans des auteurs que j’adore. C’est le cas de George P.Pelecanos, et ce roman n’est pas son premier, mais c’est le premier à être paru en France. J’en profite aussi pour dédicacer ce billet à un des grands fans de George Pelecanos, à savoir Vincent Garcia.

L’auteur :

D'origine grecque, George Pelecanos est né et a grandi dans un quartier ouvrier (avec une forte population noire) où son père tenait un snack. Âgé de 17 ans, il blesse un ami avec une arme à feu et manque de le tuer … En 1981, il crée Circle Films, une société de distribution de films, et commence à écrire la nuit … Il commence par écrire des romans à la première personne dont le personnage principal est Nick Stefanos, un Grec de Washington qui travaille parfois comme détective privé. Ainsi est né A Firing Offense (paru en français sous le titre Liquidations), qu'il envoie en 1990 à une maison d'édition qui le garde dans sa pile de manuscrits non publiés durant un an. Mais il en ressortira finalement et paraîtra en 1992. Suivront Nick's trip (Nick la galère) et Down by the River Where the Dead Men Go (Anacostia River Blues), dont Stefanos est le héros ; puis Shoedog (Le Chien qui vendait des chaussures).

Pelecanos adopte ensuite un nouveau style et élargit le spectre de sa fiction avec le « D.C. Quartet », souvent comparé au L.A. Quartet de James Ellroy, en ce qu'il entremêle sur plusieurs décennies des personnages issus de diverses communautés évoluant dans un Washington en pleine mutation. Il écrit désormais à la troisième personne et relègue Stefanos dans un rôle secondaire. Il crée alors sa première équipe d'enquêteurs « poivre et sel », Dimitri Karras et Marcus Clay.

The Big Blowdown (Un nommé Peter Karras) se passe une génération avant l'apparition de Karras et Clay dans les années 1950 ; Pelecanos y suit les vies de plusieurs dizaines d'habitants de Washington, traçant les contours du visage changeant de la capitale américaine à cette époque. King Suckerman se déroule en 1970 et est souvent vu par les fans comme le meilleur livre de George Pelecanos. Il y installe le basket-ball comme thème récurrent de ses romans, le sport apparaissant souvent chez lui comme le terrain d'une coopération possible entre les races. Il montre aussi l'envers de ce possible : le terrain de basket est aussi le lieu des conflits non résolus... Dans ce cas, les comportements violents et criminels opposent les participants dans des micro-intrigues qui innervent le récit. The Sweet Forever (Suave comme l'éternité, 1980) et Shame the Devil (Funky Guns, 1990) achèvent le « quartet ».

En 2001, une nouvelle équipe de détectives privés, Derek Strange et Terry Quinn, voit le jour dans Blanc comme neige, qui sera suivi de Tout se paye et Soul Circus. Bien que ces livres aient eu un succès critique et qu'ils aient assis la position de l'auteur parmi les meilleurs auteurs de romans policiers, ils n'ont pas créé le même culte que le quartet. Ils poursuivent le travail critique et analytique de l'auteur sur le situation de conflit social et racial permanent entre les communautés sur le territoire de Washington.

Peut-être sensible aux critiques de ses lecteurs, Pelecanos ramène Derek Strange à sa jeunesse dans le Washington des années 1950 avec Hard Revolution (2001). Pelecanos joint au livre un CD, en faisant l'un des premiers romans qui incluent leur propre bande son. En 2005, Pelecanos publie Drama City.

Pelecanos a travaillé à l'écriture et la production pour HBO avec The Wire (Sur écoute). Il est aussi le scénariste de Treme produit par HBO, qui raconte les aventures de plusieurs musiciens à la Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina. Depuis 2006, Pelecanos vit dans une banlieue aisée de Washington, à Silver Spring avec sa femme et ses trois enfants. (Source Wikipedia)

Oldies : Le chien qui vendait des chaussures de George P.Pelecanos (Gallimard – Série Noire)

Quatrième de couverture :

Constantin est infiniment disponible, doux et tellement dangereux. Il a vu tant de choses que plus rien ne le touche. Revenu à Washington après dix-sept années d'errance à travers le monde, il joue une nouvelle fois son destin où d'autres ne feraient que passer. Il suffit parfois d'un rien, de lever le pouce sur une route déserte et de monter avec un inconnu… Il suffit d'un peu de désespoir et de beaucoup de temps…

Mon avis :

Si ce roman est une œuvre de jeunesse, on y retrouve tout de même toutes les qualités qui feront par la suite de George P.Pelecanos un grand auteur de roman noir. Cette façon de faire vivre plusieurs personnages, ces petits détails qui rendent une scène vivante, une intrigue simple au départ mais qui permet de creuser les thèmes chers à l’auteur (l’amitié, la loyauté, les relations père – fils, le destin irrévocable), sont tous les ingrédients qui vous feront passer un bon moment de littérature noire.

D’un casse de deux vendeurs d’alcool, George P.Pelecanos nous narre l’itinéraire d’un homme, Constantin, qui ne croit en rien, et qui erre pour trouver un sens à sa vie. On y trouvera des truands, une femme fatale et un sens de l’honneur qui aboutira à un final dramatique digne des meilleurs films hollywoodiens. Son écriture trèq imagée ainsi que son sens du découpage des scènes font de ce roman une des pierres fondatrices de l’œuvre de Georges P.Pelecanos. Si vous voulez découvrir cet auteur, ce roman est probablement à lire pour tomber amoureux de sa façon de construire ses romans et de nous emporter avec des personnages formidablement humains.

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 09:54
Black Novel a 5 ans !

Je n’arrêterai jamais de le dire : je n’aurais jamais imaginé que cette aventure de blog polar durerait aussi longtemps. Et plus cela dure, plus j’ai envie que cela dure ! Car l’envie de partager mes lectures, de discuter des impressions, de rencontrer des passionnés est réellement une de mes motivations premières.

Cette année, au travers des trois ou quatre salons que j’ai visité, je retiendrai en premier la rencontres de Claude Mesplede, avec qui j’ai eu la chance de discuter plus d’une heure à Lyon, assis sur les marches du palais de la bourse lors des Quais du polar. Ensuite j’ai enfin rencontré les blogueurs amis dont Yvan, Foumette, Carine et tous les autres. Et puis, quelle surprise de voir un bon nombre de Readers, membres du groupe de lecture Read sur Facebook. Enfin, je ne peux oublier les amis, Richard tout d’abord, avec qui c’est toujours un plaisir de discuter polar et La petite souris mon pote du sud.

Il faut aussi que je vous remercie, vous les visiteurs de ce blog que vous soyez abonnés ou simple curieux passager, vous les auteurs qui me fournissez tant de plaisir à la lecture de vos romans, vous les attachés de presse qui me fournissez de quoi assouvir ma soif de lecture.

Black Novel a 5 ans !

Un anniversaire, ce n’est pas un anniversaire sans cadeau. Comme d’habitude, je vous propose donc de gagner un de mes coups de cœur. Je tiens à préciser que ce roman est acheté avec mon argent ce qui m’évite de rédiger un règlement de concours.

Le principe est simple : vous répondez à une question en envoyant un mail à concoursblacknovel@gmail.com. Le ou la gagnante sera contacté par mail pour son adresse postale. La date limite de réponse est le 10 mai 2014 à minuit. Le 11 mai, un billet donnera le nom du gagnant (ou son pseudo). Le tirage au sort sera réalisé par mes enfants.

Cette année, ce sera Les rues de Santiago de Boris Quercia (Asphalte). La quatrième de couverture est celle-ci :

Il fait froid, il est six heures du matin et Santiago n’a pas envie de tuer qui que ce soit. Le problème, c’est qu’il est flic. Qu’il est sur le point d’arrêter une bande de délinquants, dangereux mais peu expérimentés, et que les délinquants inexpérimentés font toujours n’importe quoi… Après avoir abattu un jeune homme de quinze ans lors d’une arrestation musclée, Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili, erre dans les rues de sa ville en traînant son dégoût. C’est ainsi qu’il croise le chemin de la belle Ema Marin, une courtière en assurances qui semble savoir beaucoup de choses sur son passé…

Mon billet coup de cœur est ici.

La question est : quel autre titre des éditions Asphalte a obtenu un coup de cœur Black Novel ?

Indice : Vous avez les rubriques coup de cœur sur la page Black Novel

Pour ces 5 années d’existence, je vais m’offrir en ce mois de mai une série de lectures réservée aux auteurs que j’aime et que je suis avec avidité. Dans le désordre, il y aura :

Le dernier message de Sandrine Madison de Thomas H.Cook (Seuil Policier)

Extorsion de James Ellroy (Rivages Thriller)

Le double portrait de George P.Pelecanos (Calmann Levy)

Le dernier tigre rouge de Jérémie Guez (10/18)

Adieu Demain de Michael Mention (Rivages Noir)

Le mémorial des anges de Fabrice Pichon (Editions du citron bleu)

La palette de l’ange de Catherine Bessonart (Editions de l’aube)

Le duel de Arnaldur Indridason (Métaillié)

Le bazar et la nécessité de Samuel Sutra (Editions du flamant noir)

Trois mille chevaux vapeur de Antonin Varenne (Albin Michel)

L’homme qui a vu l’homme de Marin Ledun (Ombres noires)

Lignes de sang de Gilles Caillot (Toucan)

J’espère que vous prendrez du plaisir à lire, que mes chroniques vous seront utiles pour vos choix, que vous n’hésiterez pas à me donner vos avis dans les commentaires et je vous souhaite une nouvelle année pleine de lectures enrichissantes. Car moi, je continue …

Je n’ai plus qu’à ajouter : Merci, à bientôt et n’oubliez pas le principal : lisez !

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 18:16
Le chouchou du mois d’avril 2014

Pour ce mois d’avril, il y aura eu beaucoup de lectures, beaucoup de billets et j’aurais eu l’occasion de balayer beaucoup de styles différents et beaucoup de régions différentes. C’est l’une des chances que j’ai, de pouvoir donner libre cours à ma curiosité.

Honneur aux romans français, puisque j’aurais découvert un auteur de grand talent, qui écrit des romans d’action intelligents, je veux parler de Bastards de Ayerdahl (Diable Vauvert). Ce mois d’avril m’aura aussi permis de visiter les petites routes de Corse avec un roman dur et cruel tel que Petite louve de Marie Van Loere (Manufacture de livres), de passer par la région de Saint Etienne avec une bande de pieds nickelés journalistes locaux dans Niglo de Jean Louis Nogaro (Coetquen), de passer quelque jours dans une ville imaginaire nommée Versais pour un polar créatif Le sang des morts de Gilles Vidal (Asgaard), ou bien d’écouter les revendications de La Mort dans un polar humoristique sarcastique dont le titre est In fine de Stéphane Roulhart (Rouge Sang).

J’aurais aussi eu l’occasion de parler de ces nouvelles, éditées au format poche, vendues à des pris raisonnables et dont la qualité est, à mon gout, parfois au rendez vous. Je veux parler de Maitres du jeu de Karine Giebel (Pocket), Plein gaz de Stephen King et Joe Hill (JC.Lattès), L’encre et le sang de Frank Thilliez et Laurent Scalese (Pocket), Hecate de Frederic Jaccaud (Série Noire).

Chez les auteurs étrangers, j’aurais eu la chance de découvrir Filles de Frederick Busch (Folio) dans la rubrique Oldies, un formidable roman psychologique. J’ai fait un petit passage en Chine avec Dragon bleu, tigre blanc de Qiu Xiaolong (Liana Levi), avec la dernière enquête en date de l’inspecteur Chen qui montre un certain désenchantement. J’ai ensuite fait la connaissance d’une vendeuse d’armes hollandaise, dans Trafiquante de Eva Maria Staal (Editions du Masque), avant de finir le mois par un petit voyage à Barcelone avec N'appelle pas à la maison de Carlos Zanon (Asphalte), qui m’a beaucoup plu pour l’imagination de son intrigue et ses deux derniers chapitres terribles.

Le titre du chouchou du mois revient donc à Le cimetierre des chimères de Elena Piacentini (Au-delà du raisonnable), pour ses personnages, pour la maitrise de son intrigue, pour son style si beau, pour ce superbe moment passé à découvrir ce roman, qui m’a laissé tant de beaux souvenirs.

Il me reste donc à me lancer dans ce joli mois de mai et vous rappeler de ne pas oublier le principal : lisez !

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 17:10
N’appelle pas à la maison de Carlos Zanon (Asphalte)

Alors que j’avais été peu convaincu par son précédent roman Soudain trop tard, je tenais à donner une nouvelle chance à Carlos Zanon. J’avais trouvé son précédent roman trop bavard, n’arrivant pas à me raccrocher à l’intrigue. Ce roman me réconcilie avec un auteur qui pourrait bien devenir un témoin de son pays, avec à la clé une intrigue faite de rebondissements pleins de créativité.

Quatrième de couverture :

Barcelone, de nos jours. Raquel, Cristian et Bruno vivent d’une arnaque dans laquelle ils excellent : ils font chanter les couples illégitimes. De l’argent facile, une organisation bien rôdée, menée de main de maître par Bruno, malgré quelques passages à tabac lorsque les choses dérapent.

Merche et Max sont amants. Elle est mariée, il est divorcé ; tous deux font partie de la classe moyenne catalane. Un jour, Cristian va repérer le couple et noter le numéro de plaque d’immatriculation de Max. L’engrenage diabolique est enclenché… mais rien ne va se passer comme prévu.

Deux mondes se côtoient dans ce roman où l’on croise une galerie de personnages marquants, durement touchés par la crise et par la vie.

Né à Barcelone en 1966, Carlos Zanón est poète, romancier, scénariste et critique littéraire. Soudain trop tard a remporté le prix Brigada 21 du meilleur premier roman noir en 2010. Ses livres ont été traduits et publiés aux États-Unis, en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Mon avis :

Le début du roman m’a fait craindre le pire : je me retrouvais à nouveau avec des digressions qui me semblaient bavardes, et bien peu de choses pour me passionner. Puis Carlos Zanon installe ses personnages : d’un coté, nos trois comparses qui vivent sur le dos de couples infidèles. De l’autre, Max et Merche qui s’aiment mais qui doivent vivre leur amour caché.

Il y a dans ce roman une nonchalance, une lenteur qui permet de rentrer dans la psychologie des personnages. Et ça ne va pas être à coups de gros poncifs que Carlos Zanon va nous présenter les uns et les autres. En menant les histoires en parallèle, il appuie son discours par des dialogues remarquables, et par des remarques d’une simplicité mais aussi d’une justesse passionnante.

Et puis, il nous plonge dans la vie de Barcelone, mais pas du coté touristique. On y voit ces petites rues, sombres et inquiétantes, on va boire un coup dans ces petits bars, on visite ces petits hôtels miteux que l’on voit à peine. Et, au détour d’un croisement, un mendiant fait la manche. Un personnage nous raconte comment il a perdu travail, femme et fierté. Ces passages sont d’autant plus marquants qu’ils sont inattendus. A travers ce roman, et même si ce n’est pas le sujet du roman, Carlos Zanon se fait un témoin lucide de la chute de son pays, avec sensibilité et subtilité.

Et l’intrigue, même si elle est classique, va bien nous surprendre. On y retrouve une trame classique où les personnages vont se rencontrer vers la fin. Il y a une destinée inéluctable dans leur parcours qui rappelle les plus grands auteurs américains, mais avec le rythme et la nonchalance du sud. Mais ne croyez pas que cela est aussi simple : les deux derniers chapitres vont vous mettre KO. Car ils sont d’une noirceur et d’une cruauté que le reste du roman ne le laissait pas entrevoir. L’auteur fait preuve d’une originalité et d’une créativité qui font que ce roman restera difficilement oubliable. Et rien que pour ces retournements de situation, cette lecture vaut son pesant d’or.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 18:15
In fine de Stéphane Nolhart (Rouge Sang éditions)

Quatrième de couverture :

La Mort est dans notre imaginaire la seule inconnue dont nous ne pouvons refuser l’étreinte quand elle le désire. Mais que savons‑nous d’elle ? Rien ou presque.

Cette confession exclusive révèle au monde ce qu’aucun historien, ni chercheur, ni médecin n’a jamais pu dévoiler : la Mort a un nom ! Catule, de sexe masculin et fan des Beatles.

Catule la Mort déprime. Il se sent mal‑aimé par l’humanité, supplanté dans le cœur des hommes par la médecine et ses rêves grotesques de vie éternelle. Alors, la Mort décide de se mettre en grève et d’organiser une sensationnelle opération de communication planétaire pour instaurer un monde où il sera enfin reconnu d’utilité publique, adulé comme une Star.

« C’est la gloire, les lauriers et les applaudissements ou je débraye. »

Citation

Catule la Mort (Officiel) : « Mourir est la dernière chose à faire. Lol. »

Mon avis :

On démarre cette lecture sans trop savoir à quoi on a affaire. Et on se retrouve en face de Catule La Mort, une entité finalement très humaine qui en a marre d’être si mal considéré. Qu’on l’imagine homme ou femme, il (ou elle) demande une certaine forme de reconnaissance. Alors, pour faire entendre sa voix, elle décide de faire grève, un sport très national, qui va poser vite de nombreux problèmes.

Imaginez qu’à partir de 80 ans, plus personne ne puisse mourir. Cela créé ce que les media, qui adorent mettre des étiquettes idiotes sur tout ce qui bouge, une catégorie de gens que l’on va surnommer Les Immourables. Et quand les vieux ne meurent plus, cela créé une crise économique … entre autres.

Si le sujet et le début de ce roman peuvent étonner, je dois dire que, pour peu que l’on apprécie l’humour noir, ce roman est un régal, ne serait-ce que parce qu’il avance avec une logique incontournable. A partir d’un sujet original, l’auteur regarde tous les aspects de l’autre coté de la lorgnette. Et c’est un livre que ne renierait pas un Pierre Desproges, par exemple. Car le cynisme y côtoie joyeusement le burlesque voire l’absurde.

Et tous les pays y passent, des Etats Unis avec la faillite des fonds de pension ou l’extrême orient, toutes les religions passent au crible. Cela permet au roman de toucher tous les travers de notre société, gentiment mais avec un ton acerbe fort jouissif … pour peu que l’on aime l’humour noir. Ça tombe bien, j’aime ! Je vous garantis que quand Catule fait appel à Maître Vergès pour gérer sa communication, cela vaut son pesant de cacahuètes !

Pour obtenir ce morceau d’humour noir, c’est ici, sur le site de Rouge Sang

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 18:13
Le sang des morts de Gilles Vidal (Lokomodo-Asgaard)

Ce roman est l’occasion de faire connaissance avec un auteur que je ne connais pas du tout. Et pourtant, il a écrit plus de vingt romans. Pour vous donner mes impressions en quelques mots, je dirais : Accrochez vous !

Vernais est une station balnéaire bien tranquille … jusqu’à ce que plusieurs événements se déchainent et mettent à jour plusieurs horreurs.

Ce matin là, Félicien Faderne se lève comme d’habitude. Il vérifie que tout est en ordre dans son appartement. En sortant, il vérifie trois ou quatre fois que sa porte est bien fermée, et déboule dans la rue … quand on le fait rentrer de force dans une voiture.

Margot Farges est en train de boire son thé. Quelque chose ne va pas dans le paysage, quelque chose attire son regard : l’échelle de la piscine est sur la pelouse. Alors qu’elle se lève, elle aperçoit le corps d’un quinquagénaire noyé dans sa piscine.

Félicien Faderne se rend compte qu’il vient d’être kidnappé par une jeune femme Anne. Elle dit avoir fait cela pour son bien, pour le protéger.

Le lieutenant Stanislas Delorme est chargé de l’enquête du noyé. Il ne s’agit pas du mari de Margot qui est en voyage mais d’un inconnu qui vivait à l’écart de la ville : Serge Kinderf.

Je pourrais continuer ainsi en détaillant chaque chapitre. Car l’une des grandes qualités de ce roman est d’aller vite, en nous présentant des chapitres courts, dans un style épuré. Malgré cela, la psychologie des personnages (et ils sont nombreux) n’est pas laissée de coté : Gilles Vidal a ce talent de nous brosser en un ou deux paragraphes une personne, son passé, son vécu et le pourquoi de cette présence dans cette histoire.

Car des personnages, on va en voir passer à foison, car en plus de ceux que j’ai présentés, il y a aussi les deux fils du noyé, mais aussi Frank, le mari de Margot, le commissaire Vignes qui privilégie son image aux résultats, deux mystérieux russes qui écument la région, sans compter les seconds rôles ou même cette maison isolée qui regorge de cadavres découpés ou enterrés.

Cette efficacité est un vrai régal, cette forme une vraie réussite quand on arrive à passer d’un personnage à l’autre avec tant de facilité, quand à chaque chapitre, l’auteur nous gratifie d’un rebondissement tout en imagination et créativité et quand on est avide de continuer pour essayer de dénouer toute cette pelote de laine bien inextricable.

Et je peux vous dire que ce roman est du pur divertissement haut de gamme. Tout s’y déroule avec logique, les personnages évoluent indépendamment les uns des autres, et nous suivons la vie de cette petite ville grâce à la fluidité du style et à ce plaisir de se faire mener par le bout du nez. Car le dénouement de ces labyrinthes ne verront le jour que dans les dernières pages. D’ailleurs, l’auteur nous réserve dans la dernière page un dernier retournement de situation. Du pur plaisir, je vous dis !

Une dernière chose : ne vous arrêtez pas au titre qui peut paraitre gore à souhait. Il est tiré d’une phrase du livre : « le sang des morts coule toujours dans les veines de ceux qui leur ont survécus. » Ni sur la couverture qui peut vous sembler glauque. On a bien affaire ici à du polar divertissant haut de gamme, où vous trouverez peu de traces de sang inutiles.

N’hésitez pas à aller lire l’avis de l’ami Claude, de l’oncle Paul ainsi que le petit mot de l’auteur sur l’excellent site Livresque du noir.

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 18:11
L’information du mardi : Si vous cherchez des polars …

L'Envol des faucons de Mark Zellweger (Editions Eaux Troubles)

Suite à la crise libyenne, Mark Walpen a complété son entreprise de consulting en marketing par un département de géostratégie, le Sword. Celui-ci, devenu le seul service secret non gouvernemental, indépendant et neutre au monde, est renforcé par une unité de combattants issus des meilleures forces spéciales du monde, on les appelle les Faucons.

Une prise d’otages a lieu. En même temps, une série d’attentats touche différentes ambassades européennes, créant ainsi la panique. Ces événements sont revendiqués par une mystérieuse « Armée de Libération Arabe ».

Les Faucons traquent les auteurs de cette vague d’attentats et recherchent surtout leurs têtes pensantes de l’Égypte à Dubaï en passant par Oman et Montreux.

Mark Zellweger est un universitaire spécialisé en stratégie et en marketing, diplômé de grandes Business School. Il a fait une partie de sa carrière dans l'industrie à des postes de direction dans les domaines de stratégie et de marketing, bien entendu. Par la suite, il a créé un cabinet de consulting.

En parallèle, il a été approché par des agences de renseignements bien connues et il a accepté de devenir conseiller stratégique, notamment auprès de divisions action.

Fidèle à ses principes d'éthique, il veut rester discret et en aucun cas ne veut s'exprimer sur son passé.

L'expérience de Mark Zellweger auprès de services action de renseignement n'a à ses yeux d'intérêts que dans la mesure qu'il connaît le fonctionnement de l'intérieur et a une vision critique. Ses romans ne veulent en aucun cas êtres des brûlots, des documentaires.

Il utilise son expérience pour camper des personnages, des situations qui pourraient êtres réelles.

L’information du mardi : Si vous cherchez des polars …

Cible royale de George Arion (Genèse éditions)

À la chute de l’empire soviétique, les temps sont troublés à l’Est. La Russie cherche à reprendre la main sur ses anciens satellites. Les nouvelles indépendances nationales se gagnent à coups de violence et de convulsions. Les haines ancestrales se réveillent.

Au sein de ce grenouillage politique, le président russe est particulièrement agacé par l’émancipation de la Roumanie. Il rêve de reprendre la main, et même, comme l’a un jour imaginé Staline, de rayer ce pays de la carte. Il élabore alors une incroyable machination : faire assassiner à Bucarest, au milieu de la foule, le jour de Pâques, le Roi Michel Ier en exil depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour ce faire, est recruté le plus cruel des tueurs à gages, Fred Coler, surnommé « L’homme aux mille visages ».

Les services secrets roumains ont vent du projet d’assassinat. Tout doit être fait pour éviter le drame. Trois jeunes espions sont chargés de déjouer la machination. Commence alors une course contre la montre, dans laquelle sont impliqués la CIA, le KGB, le Mossad, et bien sûr, le SRI (services secrets roumains). Et les lieux où se déroule l’action s’enchaînent à toute allure : Bucarest, Moscou, Las Vegas, Los Angeles, Vienne, Versoix, Tel-Aviv.

Dans la tradition des romans de Tom Clancy, Ian Fleming ou John Le Carré, George Arion livre ici un page turner haletant et une vision inédite de l’Europe de l’Est d’hier et d’aujourd’hui.

Romancier de grand renom en Roumanie, George Arion est également poète, essayiste et journaliste. Il est actuellement directeur des Éditions Flacăra, président du Prix Flacăra et du Romanian Crime Writers Club.

Né en 1946, il débute en littérature dès 1966, par la publication de recueils de poésies. Mais c’est en 1983 qu’il commence sa carrière de romancier. Avec Attaque dans la bibliothèque (non traduit), George Arion ouvre la voie au renouveau du polar roumain, en l’éloignant de l’utilisation propagandiste qui en était faite à l’époque.

George Arion est considéré comme l’une des figures de proue du roman policier en Roumanie.

L’information du mardi : Si vous cherchez des polars …

Celui dont le nom n’est plus de René Manzor (Kero)

« Londres, au petit matin. Sur une table de cuisine, un homme vidé de ses organes. Devant une vieille dame sous le choc, l’inspecteur McKenna a sa mine des mauvais jours. Pourquoi cette femme à la vie exemplaire a-t-elle massacré l’homme qu’elle a élevé comme son fils ? Ça n’a aucun sens. Pourtant, tout l’accuse. Deux jours après, ça recommence. Un homme tué de façon similaire par la personne qui l’aime le plus au monde. Toutes les vingt-quatre heures, un nouveau supplicié. Tous ces meurtres ont comme point commun des présumés coupables éplorés et une épitaphe en lettres de sang où l’on peut lire :

Puissent ces sacrifices apaiser l’âme de Celui dont le Nom n’est plus.

Trois destins vont se lier autour de ces meurtres incompréhensibles.

McKenna, flic irlandais, père de quatre garçons, veuf depuis un an et fou de chagrin. Dahlia Rhymes, criminologue américaine, spécialiste en meurtre rituel et satanique, désignée pour comprendre les ressorts des assassins. Nils Blake, avocat qui a rangé sa robe, mais remonte au créneau pour défendre ces coupables pas comme les autres.

Trois destins, et trois vies détournées à jamais de leur cours. »

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 17:57
Trafiquante de Eva Maria Staal (Editions du Masque)

Indéniablement, si vous cherchez un roman noir original, ce roman est fait pour vous. Original autant dans son sujet que dans sn traitement. Et pourtant, j’avais beaucoup de réserves quant à ce roman, pour une seule raison : je n’aime pas quand on dit que c’est inspiré d’une histoire vraie. Pour moi, la littérature doit rester le royaume de l’imagination … mais ce n’est que mon avis.

Bref, à ce moment de mon billet, je devrais vous faire un résumé des premières pages pour que vous ayez une idée du sujet. Sachez que j’en suis incapable, et que donc, en fin de billet, je vous mettrai la quatrième de couverture, qui est remarquablement bien faite. Sachez aussi que pour faire court, ce roman raconte la vie d’une jeune femme qui a été trafiquante d’armes pour le compte d’un Chinois, Jimmy Liu.

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman, mais je pense que c’était surtout lié à mes aprioris que je vous ai cités ci-dessus. Parce que, une fois rentré dedans, on a plutôt affaire avec une histoire autant impressionnante que détestable. Et c’est surtout la forme qui m’a semblé la plus choquante. Sachez enfin, que les chapitres alternent entre passé et présent, entre Eva Maria trafiquante d’armes et Eva Maria mère de famille, mais que tous les chapitres sont écrits au présent.

Et c’est bien là que cela fait le plus mal : ce refus de prendre de la distance dans ce que l’auteure écrit. Que cela soit dans les différents marchés qu’elle réalise en extrême orient, au Pakistan, ou en Tchétchénie, la narration nous plonge dans un autre monde, celui de l’horreur dans ce qu’elle a de plus terrible, car on a droit à des scènes terribles qui montrent les ravages des armes, sans que Eva Maria Staal ne montre une once de sentiment. Que cela soit aussi, quelque dix années plus tard, dans sa vie de mère de famille, on retrouve ce manque d’émotions et ce style sec, direct et brutal qui est aussi choquant que les pires scènes d’horreur du chapitre précédent.

C’est dans cette alternance, dans cette absence de vie, dans ce refus de descriptions pour laisser la plus grande part à l’imagination, que le roman devient le plus terrible, que ce roman frappe le plus fort le lecteur. Indéniablement, ce roman peut dérouter certains lecteurs, mais pour son voyage dans la psychologie d’une personne qui n’a rien à perdre, il en vaut le coup rien que pour l’originalité de son traitement. C’est un roman qui ne vous laissera ni indifférent, ni indemne.

Ne ratez pas en tous cas, l’avis des Unwalkers sur le sujet

Quatrième de couverture :

Il y a dix ans, Eva Maria gardait toujours une arme dans son sac à main. Un cadeau de Jimmy Liu, son patron, marchand d’armes fantasque d’origine chinoise ayant un faible un peu trop prononcé pour les jeunes escort-boys.

Islamabad, Pékin, Karachi: l’improbable duo parcourt le monde pour conclure des contrats de plusieurs millions de dollars. Leurs interlocuteurs: seigneurs de guerre sans pitié et chefs d’État corrompus.

Rattrapée par sa mauvaise conscience après une mission qui tourne mal, Eva Maria décide de raccrocher et se réfugie dans une vie paisible, sans armes mais avec mari, maison et bébé. Dix ans plus tard, le souvenir de son ancienne vie revient la hanter. À travers ses réminiscences, Eva Maria nous entraîne alors dans les turpitudes de son passé, l’occasion pour elle de se livrer à un véritable travail d’introspection et à une profonde réflexion sur le monde qui l’entoure.

Eva Maria Staal est le pseudonyme d’une auteur néerlandaise à succès qui a travaillé dans la vente d’armes pendant plus de quinze ans. Elle contribue régulièrement au magazine Dutch Monthly, ainsi qu’à d’autres publications.

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 18:07
Le cimetière des chimères de Elena Piacentini (Au-delà du raisonnable)

Pour que vous lisiez ce roman, je n’ai pas trouvé d’autre argument que celui-ci : Le cimetière des chimères est tout simplement le meilleur roman policier que j’ai lu ces dix dernières années, avec Guerre sale de Dominique Sylvain. Je pense que cela devrait vous suffire. Si j’ajoute que ce roman a obtenu le Prix Calibre 47 au Festival Polar'Encontre en 2014, ainsi que le prix Soleil Noir 2014 de Vaison La Romaine., cela devrait vous décider

1989. deux jeunes adolescentes Nathalie et Milutka sont inséparables. Même si ce n’est pas encore de l’amour, elles passent toutes leurs journées ensemble, comme deux sœurs jumelles. Quand un programme immobilier projette d’expulser les parents de l’une d’elles, elles décident de fouiller dans les vieux papiers d’une des personnes impliquées dans ce qui ressemble à une rentable affaire immobilière … pour leur plus grand malheur.

2009, Lille. Lors de l’enterrement d’un renommé chef d’entreprise qui s’est suicidé, des coups de feu éclatent. Hervé Podzinsky, célèbre journaliste du cru, en fait les frais. Si celui-ci est surtout connu pour ses photographies, on peut décemment se demander si les personnes visées n’étaient pas plutôt ceux qui assistaient à l’enterrement.

Être à la tête de la Police Judiciaire de Lille quand on est corse n’est pas forcément facile. Mais Pierre-Arsène Leoni a réussi à faire effacer les aprioris. Il habite chez sa grand-mère Mémé Angèle, noue une relation avec la médecin légiste, et est très respecté dans son service. Leoni s’intéresse tout de suite aux pontes qui ont assisté à l’enterrement, dont Vincent Stevenaert, qui est à la tête d’une importante société immobilière, ou bien l’un des grands pontes de la franc-maçonnerie André Kaas.

Surpris, épaté, emballé, passionné par ce roman. Du début à la fin, j’ai été emporté par la narration d’Elena Piacentini, d’une fluidité rare, ses personnages si humains, et son intrigue, ou devrais je dire ses intrigues qui s’entremêlent pour mieux nous embrouiller, et nous mener vers une fin inéluctable. L’auteure utilise un procédé bien connu d’alterner les chapitres d’un personnage à l’autre, et on n’est jamais perdu. Elle se permet même d’insérer des chapitres sur ce qui s’est passé vingt ans plus tôt pour suivre la destinée des deux jeunes filles.

Et de destinée, je devrais parler de funeste destin. Car comme Elena Piacentini nous fait adhérer à ses personnages, c’est d’autant plus dur pour le lecteur de subir certains passages. Et pour le coup, on a droit à de belles bandes de salauds, qui abusant de jeunes gens, qui montant des affaires juteuses sur le dos des subventions d’état, qui poignardant ses propres soutiens, ses propres amis pour le seul attrait du fric. Et tout ce petit monde ne vivant que pour son petit profit est prêt à vendre père et mère pour assouvir son besoin. Ces portraits ne font que remonter l’estime que l’on peut avoir envers Leoni et autres petites gens, qui dans ce roman ne peuvent être que les victimes.

Mais ce roman ne serait qu’un excellent roman policier s’il ne sortait très largement du lot par son style, formidablement littéraire. Et, à la lecture de ce roman, je peux vous dire que Elena Piacentini nous a concocté une superbe œuvre littéraire. Ses expressions, son choix des descriptions, ses dialogues, tout est finement fait, si parfaitement agencé que parfois on ne s’en rend pas compte, et parfois, on relit une phrase pour sa subtile poésie. Je n’oublierai pas les expressions humoristiques typiquement corses de Mémé Angèle et qui permettent d’ajouter de l’humour au propos très noir.

Vous l’aurez compris, c’est à un formidable roman policier auquel je vous invite, écrit de façon magnifique, et dont le propos ne peut qu’interpeler. Tout dans le propos, dans la forme, dans le fond, y est parfaitement maitrisé. Bravo Madame Piacentini, vous avez écrit un superbe roman policier.

Ce roman a reçu un coup de cœur chez l’ami Claude. Ne ratez pas aussi la superbe interview d'Elena Piacentini chez l’ami Concierge Masqué.

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 17:32
Bastards de Ayerdahl (Au diable Vauvert)

A force d’entendre du bien de Ayerdhal, en particulier sur le site de Jean Marc Actu du Noir, il fallait bien que j’essaie cet auteur. Et je dois dire que c’est un roman très original, aux frontières des genres, entre roman noir, roman d’espionnage, polar et fantastique. Tout cela avec un style d’une fluidité rare et de multiples rebondissements.

New York, de nos jours. Alexander Byrd est un écrivain à succès, ou devrais-je dire était. Depuis son dernier roman, et depuis qu’il a reçu le prix Pulitzer, c’est la panne sèche. Il attend, joue la montre, mais il faut bien se rendre à l’évidence que l’inspiration n’est plus au rendez vous. Quand un ami écrivain lui parle d’un fait divers, et qu’il insiste pour qu’il s’y intéresse, il décide de faire son enquête.

Le fait divers, c’est une octogénaire qui a tué ses trois agresseurs avec un sarcloir, aidée par son chat. Alors qu’il discute avec un enquêteur du FBI, il apprend que ce fait divers n’est pas isolé et tous les indices le mènent vers une vieille dame qu’il va rencontrer : Janet Bond. Mais cette recherche va déclencher un cataclysme dont il n’a pas idée, le laissant imaginer une guerre entre services secrets.

Je ne peux pas vous en dire plus, sur l’intrigue de ce livre, au risque d’en dire trop. Car dans ce roman qui va vite, très vite, les rebondissements s’enchainent, qui vont aboutir à des acènes de bagarres décrites comme les meilleures scènes d’action. Si ce roman est pour moi une découverte de l’univers de Ayerdhal, c’est surtout une révélation : ce roman est impressionnant de bout en bout.

Car après nous avoir présenté ce romancier en panne d’inspiration, on plonge dans du pur roman d’action, avant d’obliquer dans un domaine de roman fantastique, nous montrant une guerre souterraine entre le bien et le mal, entre les chats et les serpents. Le style est extraordinairement visuel et les dialogues parfaitement agencés, c’est du pur thriller fantastique comme j’en ai rarement lu, qui m’a beaucoup fait penser à Laurent Fetis.

Outre les personnages qui sont formidablement dessinés, il ya le style qui est très visuel et qui nous plonge dans des milieux qui sont si habituels, (un simple appartement par exemple, qui deviennent dans les mains de Ayerdhal des endroits inquiétants. Et que dire des entrepôts où des scènes de combats nous font sursauter ou encore des caves qui donnent sur des galeries souterraines humides et inquiétantes. Ayerdhal est réellement un auteur avec un énorme talent.

Et au-delà du roman d’action, Ayerdhal nous donne les clés de son roman : il ne s’agit pas uniquement de parler de la lutte du bien contre le mal, mais aussi de parler littérature. Tous ceux qui vont aider Alexander sont de grands écrivains, comme pour montrer que le salut est à chercher du coté de la littérature. Et les forces obscures sont celles de Wall Street qui mènent le monde à sa perte pour leur seul besoin de pouvoir. Et même si ce roman est essentiellement un roman d’excellent divertissement, même si j’y ai trouvé quelques longueurs surtout dans la deuxième partie, il n’est pas interdit de lire intelligent. Lisez donc ce roman, et vous serez comme moi : impressionné !

Ne ratez pas l'avis de Jean Marc ici

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