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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 19:30

Apportez moi Octavio PazVoici un petit roman fort distrayant, édité chez Moisson rouge, une petite maison d’édition qui sort toujours des romans intéressants. En voici donc le sujet :

Le jeune Rogelio est mort accidentellement dans sa salle de bains. C’est en tous cas ce que raconte sa mère aux flics. Le commandant Ojeda qui rêve depuis tout jeune de devenir un grand écrivain, voit là l’occasion d’écrire son premier roman. Il va donc inventer un crime crapuleux, faisant une fausse déposition de la veuve Polkon, qui est bien vite accusée du meurtre de son fils.

Seulement, le commandant Ojeda n’est pas très sur de lui. Alors, il s’arrange pour enlever le poète Octavio Paz pour qu’il écrive, relise et corrige son premier roman. Le célèbre poète voit là l’occasion de voler le livre du commandant et de publier son premier roman.

Afin de bien apprécier ce roman, bourré de références mexicaines, il faut savoir que Octavio Paz a été Prix Nobel de Littérature et que sa veuve a obtenu que ce roman soit retiré des ventes au Mexique. Car il est clair que ce roman a du faire un sacré scandale là bas, tant le ton y est drôle, plein d’humour noir et légèrement déjanté.

Dans ce roman, aux chapitres courts et aux descriptions succintes, tout le monde y passe. C’est la foire aux dénonciations, de fausses preuves fabriquées par les policiers à la course aux unes affriolantes des journaux, tout y passe. Et le ton est résolument décalé, loufoque, sans autre psychologie que les actes des différents protagonistes.

Au bout du bout, c’est bien Octavio Paz qui est visé. Et comme je ne connais pas l’œuvre de ce poète, je ne peux juger de la portée de l’insulte faite avec ce livre. Je ne peux qu’imaginer combien cela a du eu choquer certains, faire rire d’autres. Pour moi, du coup, ce roman fut une bien agréable lecture très drôle.

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine : Robe de marié de Pierre Lemaitre (Livre de poche)

A bientôt.


4ème de couverture :

Robe-de-marie.jpgNul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

Avec Robe de marié, dont on comprendra le titre dans les dernières pages, Pierre Lemaitre livre un polar parfaitement orchestré où le mal n’épargne personne. Allan Kaval, Marianne.

Une fable cruelle et amorale sur le harcèlement et la vengeance. Philippe Lemaire.

 

Mon avis :

J’ai découvert Pierre Lemaitre grace à ce roman, et c’est un auteur qui construit des intrigues complexes et qui écrit des histoires avec style. La surprise de la dernière page est au rendez vous sans qu’il y ait d’incohérences. Celui-ci est remarquable par la torture infligée à une jeune femme par le biais de la technologie. Quand, en plus, on tremble, on frémit, on est horrifié, c’est que le bouquin marche à fond. D’une lecture que je trouve pénible mais addictive, essayez le vous me direz des nouvelles.

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Published by Pierre faverolle - dans Une idée de lecture
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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 19:30

Attention, Attention ! C’est un immense honneur pour moi de vous présenter une interview de Philippe Georget. Tout d’abord parce que, à la lecture de L’été tous les chats s’ennuient, j’écrivais que je ne demandais qu’à lire les suivants et que Le paradoxe du cerf-volant m’a enthousiasmé ! Ensuite, parce que Philippe Georget a répondu avec beaucoup de gentillesse à mes questions, même si, pour certaines, il n’a pas répondu arguant que « Quand on n'a rien à dire, mieux vaut fermer sa g… ». En plus, vous aurez droit à un scoop. Si, si, lisez plutôt ! En attendant, merci à Philippe Georget pour cette interview réalisée par mail !

Bonjour, Philippe. Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous vous présenter ?
    J’ai 48 ans, je suis marié et père de trois enfants. Je suis né dans la banlieue parisienne, j’ai grandi près d’Orléans et je vis aujourd’hui en pays catalan. Je suis  journaliste à France-3 à Perpignan et auteur de deux romans policiers.

Philippe-georget.jpgVous êtes journaliste et donc confronté aux situations du réel. Pourquoi avez-vous choisi d’écrire ? En quoi votre travail et votre vécu influence-t-il vos romans ?
    Mon travail de journaliste a l’immense intérêt de me faire découvrir des univers et des milieux très différents et de me faire rencontrer un tas de gens. Il m’enrichit considérablement pour imaginer des histoires, des lieux et des personnages. Par exemple, je n’ai pas eu besoin de faire d’enquête particulière pour mon second roman qui met en scène un personnage de boxeur. A une époque, je suivais beaucoup le sport et notamment des boxeurs professionnels de la région orléanaise.
    L’écriture télé qui se doit d’être précise et concise influence sans doute aussi mon style. Mais la télévision, c’est aussi et surtout un récit raconté en images avec des règles voisines de celles du cinéma. Je pense aussi que cela oriente ma manière de décrire des lieux ou des situations, l’alternance de plans par exemple (gros plans, plans larges, etc). mais je crois que beaucoup d’auteurs aujourd’hui s’inspirent des techniques cinématographiques.

Revenons à votre travail. Comment écrivez vous ? Est-ce le matin, le soir ? Prenez vous des notes ? Travaillez vous votre intrigue ou est-ce écrit au fil de l’eau ?
    Comme on vient de le dire, j’ai un autre métier, un vrai, qui m’occupe beaucoup. J’écris donc quand je peux, comme je peux. Le matin, oui, le soir, aussi, rarement la nuit, et parfois –ne le répétez surtout pas- au boulot.
    Quand je commence un roman, j’ai une idée générale de l’intrigue, des décors et des personnages. J’essaye de savoir où je vais avant de commencer mais je constate que mes idées viennent surtout en écrivant. L’intrigue, comme la psychologie des personnages, s’enrichit et se précise au fur et à mesure de ma progression. Ce n’est sans doute pas la plus confortable des méthodes de travail car il est fréquent qu’une idée nouvelle m’oblige à modifier ce qui est déjà rédigé. Au début, je pensais que c’était là une perte de temps. Mais à la réflexion, je pense que l’histoire et le style aussi s’en trouvent bonifiés.

Quels sont vos auteurs préférés et ceux qui vous inspirent ? Qu’en est-il du cinéma, acteurs, réalisateurs ? de la musique ?
    C’était toujours difficile, souvent réducteur et parfois prétentieux, de dire qui nous inspire. Le lecteur est mieux placé que nous finalement. Sachez que les auteurs de polars qui m’ont marqué le plus ces vingt dernières années sont Jean-Claude IZZO, Michaël CONNELLY, Deon MEYER et Heinning MANKELL. Si je remonte plus tôt j’ajoute Frédéric DARD. Au cinéma, j’ai beaucoup aimé le Bertrand BLIER des années soixante-dix et quatre-vingt. Pareil pour Jean-Pierre MOCKY. Alors lesquels m’ont le plus influencé ? A vous de me le dire…

Philippe-geoget-polar-SNCF.jpgJe m’attendais à ce que vous citiez John Harvey car il accorde beaucoup d’importance à la vie personnelle de ses protagonistes. D’ailleurs, vous citez peu d’auteurs anglo-saxons (à part Michael Connely). N'en lisez vous pas ou peu ?
Je lis effectivement peu d’auteurs anglo-saxons. Pourquoi ? Je ne m’étais pas posé la question jusqu’ici, je dois dire. Sans doute parce que le chemin vers eux me semble trop balisé par la pub et par les médias.  Et puis je trouve qu’il y a pas mal de formatage dans le polar anglo-saxon. Il m’est arrivé parfois d’être captivé par certains romans mais d’y trouver plus d’efficacité que de véritable personnalité. Lire est un voyage et je préfère l’aventure aux promenades organisées.
 
L’été tous les chats s’ennuient a reçu le prix polar SNCF ? Comment prenez vous ce prix : un encouragement, une finalité ou simplement une belle récompense ?
     Ce prix est un encouragement, une belle récompense et j’espère un tremplin. Il m’a été attribué pour mon premier roman, c’était inespéré. Quant je regarde la liste de ceux qui m’ont précédé au palmarès, je suis impressionné.
    Le prix SNCF du polar est un des prix les plus importants en France et il est très suivi aussi à l’étranger. Il faudra transformer l’essai. J’espère que ce sera fait avec Le Paradoxe du cerf-Volant.

Vous situez ce roman dans le Languedoc et avez choisi de lui réserver une belle part dans l’intrigue. Situer un polar dans une région particulière vous parait il essentiel pour faire un bon roman ?
    Carton jaune pour l’intervieweur : L’Eté, tous les chats s’ennuient se passe en Roussillon et non dans le Languedoc.  A Perpignan, on est en pays catalan et on n’a rien à voir avec nos voisins occitans !
    Trèves de plaisanterie, le décor est pour moi un élément important dans un livre. J’ai coutume de dire que lorsque j’ai commencé L’Eté, tous les chats s’ennuient, j’avais deux personnages en tête, celui du flic, l’inspecteur SEBAG, et le pays catalan où je vis depuis une huitaine d’années. Tous les deux ont une personnalité bien trempée qui donne, je l’espère, une certaine tonalité au roman.

été tous les chats ennuientL’autre point de L’été … ce sont les deux flics, dont l’un devient rapidement la pierre centrale du roman. Vous montrez qu’un flic est aussi humain que les autres, aussi bon soit-il. Il a ses joies, ses peines, ses doutes. Cette introspection était elle voulue dès le départ ?
    Absolument. En tant que lecteur de polars, j’en avais assez de ces personnages de flics qui ont tout sacrifié à leur métier, leur femme, leurs enfants et même souvent… leur carrière. Je n’avais pas envie d’écrire la même chose. C’est la naissance dans ma tête de ce personnage de flic, flemmard et papa poule, qui m’a donné l’envie d’essayer l’aventure du polar.
Après, tout découle de là. Puisque Gilles SEBAG s’occupe beaucoup de sa famille, celle-ci devait prendre toute sa place dans le livre. Ma crainte était de ne pas trouver le bon équilibre entre l’intrigue et les digressions familiales. Mon manuscrit étant trop long au départ, j’ai du faire pas mal de coupes pour parvenir à la version éditée. J’ai beaucoup réduit les digressions familiales et je crois finalement que ces coupes ont été judicieuses.

Malgré ce traitement original (car on ne rencontre pas beaucoup d’auteurs qui font une telle place à la vie privée), vous respectez ce que tout le monde appelle les « codes » du polar. Ce que je veux dire, c’est que vous parsemez l’intrigue de petits indices. Est-ce un passage obligé pour écrire un polar ? D’ailleurs, êtes vous un gros lecteur ?
    Le roman policier impose un certain nombre de codes effectivement. On n’est pas obligé de les respecter tous à chaque fois mais il en faut un minimum. Semer des cailloux le long de chemin, par exemple, tout en conduisant parfois le lecteur vers des impasses ou des fausses pistes. L’intrigue, pour moi, n’est que le squelette d’un polar qui pour être complet et séduisant, doit aussi posséder des muscles, de la chair, de l’âme et des tripes. Ces derniers sont apportés par les décors, le contexte, le style et les personnages, leurs états d’âme ou leurs soucis personnels. Attention toutefois à ne pas mépriser ou négliger cette intrigue : si le squelette est bancal, c’est tout le polar qui boîte.
    J’ai toujours un ou plusieurs livres en cours, roman policier ou littérature blanche, essai politique, historique ou psychologique. Mais je ne lis pas assez vite et je n’ai pas assez de temps pour être vraiment un gros lecteur. Quand je vois à quel rythme certains blogueurs comme vous publient des critiques de livres qu’ils ont lus, j’ai l’impression d’être un tout petit joueur.

Après L’été …, changement de décor. Vous nous offrez une histoire urbaine, très noire. Vouliez vous dès le départ faire quelque chose de très différent ?
    J’avais passé quatre ans avec Gilles Sebag, sa famille et ses collègues. Deux ans pour l’écrire, deux ans pour trouver un éditeur.  Alors, même si j’ai su dès le départ que SEBAG serait un personnage récurent, j’ai voulu prendre un peu de vacances sans lui. J’ai voulu aussi changer de décor, de climat et d’atmosphère.
    Et puis, comme je le disais précédemment, la personnalité de mon flic (sa flemme, ses histoires familiales…) obligeait une certaine lenteur dans le récit, du moins au départ. J’ai voulu écrire un deuxième roman différent, plus percutant et je l’ai rédigé au présent ainsi qu’à la première personne du singulier.

Paradoxe du cerf-volantPourquoi avoir situé le roman dans le domaine de la boxe ? Est-ce pour prendre un personnage principal habitué à se prendre des coups et à les encaisser ?
    Le pays catalan est le décor de mon premier roman, la boxe, le décor du second. La boxe est un sport étonnant, le plus décrié de tous les sports notamment par les intellos et pourtant c’est celui qui a donné les meilleurs films et les meilleures chansons. Vous en connaissez vous de belles chansons sur le football ? La boxe est une magnifique parabole de la vie. Alors oui, Pierre Couture donne des coups et en encaisse. Sur le ring et en dehors du ring


Autant dans L’été … l’histoire était très policière, autant, dans Le paradoxe du cerf-volant, le contexte est noir et très politique. D’ailleurs, à la fin du livre, vous prenez la peine de signaler que Ante Gotovina est le seul personnage réel de votre roman. Pouvez vous nous dire pourquoi avoir choisi d’illustrer cette guerre avec toutes les horreurs qui ont eu lieu ?
    En fait, j’ai commencé Le Paradoxe du cerf-volant, il y a vingt ans. A cette époque, ce n’était pas un polar mais une histoire d’amour contrarié sur fond d’intrigue liée à la guerre civile en Yougoslavie. Au début des années quatre-vingt-dix, nous étions en plein déroulement de ce conflit et je n’aimais pas le traitement politique et journalistique. Trop manichéen à mon goût. Je n’aime pas les donneurs de leçons. J’ai voulu mettre en avant des aspects moins connus de cette guerre, montrer que les situations pouvaient être plus complexes et les réponses moins évidentes à trouver sur place que dans les salons parisiens.
    Après avoir achevé L’Eté, tous les chats s’ennuient, j’ai relu ce que j’avais écrit autrefois et j’ai été agréablement surpris : le texte me semblait tenir la route et les thèmes abordés toujours d’actualité, notamment grâce aux procès qui se tiennent devant le Tribunal Pénal International. J’ai donc voulu boucler une histoire et des thèmes qui me tenaient à cœur depuis des années.
    Cela dit, le Paradoxe du Cerf-volant est d’abord et surtout l’histoire et le drame d’un jeune homme ballotté par la vie et par ses fantômes familiaux. Le conflit dans l’ex-Yougoslavie n’est pas un décor mais plutôt un arrière-fond.


Une des raisons pour lesquelles j’adore vos romans, c’est la profondeur des personnages. Pierre est à la fois un gentil et un méchant. Mais on s’y attache vraiment par son humanité et sa détresse. Quand vous débutez un roman, commencez vous par le personnage ?
    Mes personnages sont « humains », parait-il. C’est effectivement le compliment que l’on me fait le plus souvent et cela me fait bougrement plaisir. Mes personnages sont « complexes » aussi me dit-on. Tant mieux ! Mais je dois avouer que cela se fait tout naturellement. Autant je peux avoir le sentiment de bosser sur l’intrigue, autant la complexité des personnages se construit toute seule. C’est sans doute parce que mes personnages ont, jusqu’ici, toujours été présents dès le début de l’histoire, voire avant pour l’inspecteur Gilles SEBAG. J’ai bâti mes deux romans autour des personnages, pour eux, avec eux.


Dans vos deux romans, les personnages sont seuls (même si Sebag est marié). Est-ce un trait de caractère nécessaire pour faire un bon personnage ? Est-ce une image de notre société ?


Envisagez vous de vivre de l’écriture ou est-ce un passe temps ? Avez-vous beaucoup d’histoires en attente à raconter ?
    Vivre de l’écriture n’est pas un but en soi. Mon métier de journaliste me plait encore et, comme je le disais plus haut, il enrichit mes histoires. S’il n’est pas tous les jours facile de concilier le journalisme et l’écriture, je ne suis pas sûr qu’il soit forcement plus aisé de ne faire qu’écrire. L’écriture est une activité exigeante et prenante dont il n’est pas simple parfois de s’extraire. Un autre métier permet de prendre de la distance et du recul par rapport à ce travail d’écriture.
Les personnages de roman sont un peu comme nos enfants. On aimerait parfois leur consacrer nos journées entières plutôt que d’aller travailler Mais on sait que si l’on veut rester calme et patient avec eux, il faut les quitter de temps en temps. Ne serait-ce que pour mieux les retrouver après.
En revanche, je suis impatient de pouvoir prendre un mi-temps car j’ai un peu de mal à tout assurer en ce moment, surtout depuis le prix sncf du polar. Le journalisme, l’écriture, les salons polars… et les interviews, je ne suis pas sûr de pouvoir continuer à faire tout cela correctement.
    J’espère que je vais avoir encore plein d’histoire à raconter car je commence à prendre goût à l’écriture ! Au-delà de la boutade, c’est vrai qu’avant il fallait souvent que je me fasse violence pour me mettre devant le clavier après une journée de travail. L’écriture n’est pas un loisir confortable. J’avais trop de doutes par rapport à ce que j’écrivais, je n’étais jamais content de moi. Aujourd’hui, après deux romans très bien reçus, je commence à prendre confiance.  J’ai appris à reconnaitre ma musique, je sais quand j’écris faux et quand j’écris juste. Il m’arrive donc parfois d’être satisfait.


Pour finir, pouvez vous nous dire quels sont vos projets, s’ils ne sont pas top secret ?
    J’ai commencé il y a un petit mois un troisième roman. Je retrouve avec plaisir Gilles Sebag, sa famille et ses collègues ainsi que les paysages du Roussillon. Sortie prévue mai ou juin 2012.

Pour finir, le célèbre questionnaire de Proust (l’original, s’il vous plait !) :

1 - Le principal trait de mon caractère. 
    Douter de tout, de tous et surtout de moi. Ce n’est pas toujours facile à vivre. C’est un défaut mais également une qualité. Le doute vous pousse à vérifier les choses plutôt dix fois qu’une. Dans mon premier métier le journalisme, il m’a empêché de faire un certain nombre d’erreurs. Pas toutes malheureusement. C’est qu’il m’arrive parfois de douter de mon doute.

2 - La qualité que je préfère chez un homme. 
La tolérance

3 - La qualité que je préfère chez une femme. 
La tolérance associée à d’autres qualités, disons plus… esthétiques.

4 - Ce que j’apprécie le plus chez mes amis. 
Qu’ils viennent me voir quand ils veulent mais qu’ils ne restent pas trop longtemps.

5 - Mon principal défaut. 
La procrastination. C’est un défaut très répandu chez les hommes même si ceux qui en sont atteints en ignorent souvent le nom. La procrastination, en fait, c’est la tendance à remettre toujours les choses déplaisantes au lendemain. Mais ça va bientôt aller mieux. J’ai décidé de changer et je commence… demain.

6 - Mon occupation préférée.  
    Lire… N’importe quoi mais lire : des livres, un journal, un dictionnaire et même l’annuaire. Tout sauf un mode d’emploi.

7 - Mon rêve de bonheur.
Lire beaucoup, écrire un peu.
 
8 - Quel serait mon plus grand malheur ? 
Voir un de mes enfants partir avant moi.
 
9 - Ce que je voudrais être. 
Une goutte de parfum sur un cou de femme.
 
10 - Le pays où je désirerais vivre.
La France mais… sans les Français.

11 - La couleur que je préfère.
Toute et aucune. L’importance, ce n’est pas la couleur, ce sont les teintes et les nuances  Je n’ai jamais compris que l’on puisse aimer ou détester une couleur plus qu’une autre. Pourquoi sous prétexte qu’on aime bien le bleu devrait-on aimer tous les bleus ? Par exemple, ce n’est pas parce que j’aime le bleu des yeux de ma femme lorsqu’ils se posent sur moi que je suis obligé d’apprécier celui d’une camionnette de gendarmerie au bord de la route le soir quand je rentre de chez des amis.
 
12 - La fleur que j’aime.
    Le genêt, pour sa couleur, son odeur et le bruit que font ses gousses quand elles éclatent en plein soleil. Pour moi, ce bruit symbolise l’été davantage que le chant des cigales.
 
13 - L’oiseau que je préfère. 
L’albatros. A cause du film de Mocky (1969) et de la chanson de Ferré.

14 - Mes auteurs favoris en prose. 
Emmanuelle Béart. Mais j’ai peut-être fait un contresens sur le mot « prose »L’argot, parfois, nous joue des tours.
 
15 - Mes poètes préférés. 
    Ceux que l’on met en chanson. Aragon, James, Baudelaire, Ferré, Ferrat, Renaud. Sans musique, je trouve ça trop triste, moi, la poésie.
 
16 - Mes héros dans la fiction.
Strauss-Kahn… hein, comment ça c’est pas de la fiction ?!?
 
17 - Mes héroïnes favorites dans la fiction. 
 
18 - Mes compositeurs préférés. 
 
19 - Mes peintres favoris. 
Celui qui a repeint ma cuisine : il a bien bossé !
 
20 - Mes héros dans la vie réelle
 
21 - Mes héroïnes dans l’histoire.  

22 - Mes noms favoris. 
Les « Nom de Dieu ! »
 
23 - Ce que je déteste par-dessus tout. 
Comme tout le monde, la connerie. Celle des autres évidemment.
 
24 - Personnages historiques que je méprise le plus. 
Napoléon Bonaparte

25 - Le fait militaire que j’admire le plus. 
Si c’est militaire, je n’aime pas en général. Ou alors, la prise de la Bastille, mais est-ce vraiment un fait militaire ?
 
26 - La réforme que j’estime le plus.
Tiens j’ai dit une bêtise juste avant : en fait, j’ai bien aimé ma réforme militaire.

27 - Le don de la nature que je voudrais avoir.
Je crois qu’à la longue, tous les dons finissent par être difficile à vivre. Enfin, y parait…

 28 - Comment j’aimerais mourir. 
Comment peut-on aimer mourir… ?
 
29 - État présent de mon esprit. 
Une lassitude mêlée à une certaine espérance. C’est bientôt fini ?
 
30 - Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence. 
     Les fautes d’inattention. J’ai une certaine tendance à la distraction.

31 - Ma devise.
    Ma devise préférée m’a été enseignée par Gilles Sebag,  mon personnage de policier fainéant : « A chaque jour suffit sa flemme ».
    Sinon, j’en ai une autre qui me semble plus à propos et qui explique que je n’ai pas répondu à toutes les questions : « Quand on a rien à dire, mieux vaut fermer sa g… »

Je tiens à remercier Philippe Georget pour sa gentillesse et sa disponibilité. 

Au passage, je remercie Jimmy Gallier car sans lui, cette interview n'existerait pas.

Les photos ont été empruntées sur le site de Jigal.
 

 

Bibliographie aux éditions Jigal :
L’été, tous les chats s’ennuient – Prix Polar SNCF 2011
Le paradoxe du cerf-volant

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 10:00

Les sorties commencent à se dévoiler. Parmi celles qui ont attirées mon attention, il y a celles de Fayard noir dont les quatrièmes de couverture sont alléchantes. Si Seamus Smyth a été chroniqué ici avec Trois accidents et un suicide, le sujet de son nouveau roman semble explosif. Quant à Olivier Bordaçarre, le sujet fait saliver. Les deux romans sortiront le 14 septembre 2011. Faites des économies !

 

La France tranquille de Olivier Bordaçarre

La-france-tranquille.jpgNogent-les-Chartreux, c’est la France d’aujourd’hui.

Clocher sur fond de plaine, centre-ville soigné et périphérie discount, jeunesse désabusée, chômeurs exsangues et minorités trop visibles... Une France morose, minée par la crise et les JT du soir.

La folie d’un tueur met le feu aux poudres et les autorités sortent l’artillerie lourde : contrôles incessants, couvre-feu, patrouilles en treillis. Une politique sécuritaire souffle la peur sur les esprits. Nogent désormais vit la main sur le fusil.

Boulimique et stressé, le commandant de gendarmerie Paul Garand assiste, impuissant, au triomphe de la haine ordinaire. Jusqu’à ce que son fils soit à son tour menacé...

À l’heure de l’économie reine et du repli identitaire, Olivier Bordaçarre dénonce l’enracinement dans les consciences des idées d’une droite extrême et décomplexée. Dans la lignée du néo-polar, il signe le portrait d’une France qui se rêve tranquille et se réveille en plein cauchemar.

 

Rouge Connemara de Seamus Smyth

Rouge-Connemara.jpgIrlande, 1949. Une femme accouche de jumeaux. Trop pauvre pour les élever, la police les lui enlève et les confie à des orphelinats effroyables gérés par l’Église. Sean mourra sous les coups à l’âge de neuf ans, dans ces « goulags irlandais ». Son frère Robert Dock, surnommé « Red » Dock parce qu’il est roux va vouer sa vie à le venger.

La vengeance est un plat qui se mange froid : Red Dock en est le parfait exemple. D'abord, il enlève le dernier-né du policier qui les a retirés à leur mère, confie l’enfant à un orphelinat de bonnes soeurs, dans le Connemara, puis il attend. Vingt ans. Que la petite devienne l’instrument à point de sa vengeance délirante.

Red Dock a tout prévu, sauf que sa route croiserait celle de Picasso, un psychopathe orphelin lui aussi, qui séquestre des femmes dont il peint le portrait moribond...

Après Trois accidents et un suicide, salué comme le manuel du parfait criminel à l’irlandaise, Seamus Smyth met en scène, sur fond de drame social, un personnage ultra-sensible de vengeur implacable et son double psychopathe, deux fruits pourris d’un système corrompu dominé par l’Église. Aussi amoral qu’humaniste, émotions garanties !

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 19:30

Les leçons du malAprès les lectures géniales de Les feuilles mortes et enthousiastes de Les liens du sang, Thomas H.Cook est un auteur dont je lis tous les nouveaux romans. Voici le dernier en date : Les leçons du mal.

Nous voici donc dans le sud des Etats-Unis, au Mississipi. Jack Branch, devenu un vieil homme, se rappelle sa jeunesse, et en particulier l’année 1954, quand il est revenu dans sa ville natale de lakeland, pour enseigner au lycée une thématique sur le Mal. Il a affaire à une douzaine d’adolescents, et n’hésite pas à illustrer ses propos des pires exemples ayant existé dans l’histoire mondiale.

Un jour, l’une de ses étudiantes Sheila disparaît. Jack pense l’avoir aperçue dans la camionnette de Eddie Miller, un autre de ses étudiants. Eddie n’est autre que le fils du célèbre meurtrier Luther Miller, qui a tué la jeune Linda. Luther a été arrêté, a reconnu les faits et est mort en prison. Alors que l’émotion est grande, que tout le monde pense Eddie coupable, il s’avère que Sheila avait fugué pour donner une leçon à son petit ami avec qui elle s’entend mal.

Jack se sent coupable d’avoir dénoncé un innocent au sheriff Drummond, et va le prendre sous son aile. Alors qu’il donne un devoir à sa classe, à savoir disserter sur un personnage maléfique, Eddie choisit comme sujet de son mémoire son propre père. Jack va aider le jeune adolescent à remonter dans le passé et à enquêter sur un père qu’il a peu connu puisqu’il avait cinq ans au moment des faits.

Thomas H.Cook est un orfèvre et un sacré écrivain. Il prend une situation basique, avec des gens basiques, invente des petites scènes et les insère délicatement, relie le tout avec une ligne directrice basée sur une psychologie sans failles, et ajoute un peu de piment au travers d’un style mystérieux, qui nous amène à toujours se demander où il veut en venir et où il va nous mener. Thomas H. Cook est un super conteur.

Au-delà de toutes ces qualités, les personnages sont d’une grande complexité. Jack est un professeur de grande qualité, issu d’une bonne famille et qui enseigne aux « pauvres », pour les élever dans la société. Eddie, lui, traîne sa vie, lesté d’un poids incommensurable lié à l’exaction de son père qu’il n’a pas connu, il est rejeté, taciturne, méfiant, réservé et il veut percer l’abcès avec ce passé qui lui ronge sa vie et son âme. Ces personnages permettent à Thomas H.Cook d’aborder des thèmes aussi divers que l’héritage familial, la culpabilité, la jalousie, l’éducation, les relations Maître - élève ou les relations père – fils.

Tous ceux qui aiment lire des livres d’action doivent passer leur chemin. Ceux qui aiment lire une histoire avec des personnages consistants se jetteront dessus. Car Thomas H.Cook, c’est quand même le top, cela se lit comme du petit lait (euh, l’expression vient de ma femme !), et même si parfois, on voit les ficelles de l’auteur, ce roman est quand même d’un très bon niveau. J’adore !

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine : Le bibliothécaire de Larry Beinhart (Folio Policier)

A bientôt.


4ème de couverture : 

Bibliothecaire.jpgÀ la veille des élections présidentielles américaines, un bibliothécaire se retrouve par hasard plongé dans les affaires plus que troubles d’un vieil industriel finançant le candidat républicain (troublant sosie d’un junior bien connu!) et par là même, au coeur d’une embrouille où les barbouzes ont la main plutôt lourde… Larry Beinhart, spécialiste du thriller de politique- fiction (son roman Reality Show est devenu au cinéma Des hommes d’influence), tire à boulets rouges sur l’administration Bush au fil d’un roman aussi inquiétant que drôle.

 

Mon avis :

Je ne le répéterai jamais assez. Dans le paysage littéraire américain, il est un homme qui écrit des thrillers intelligents qui dénoncent les travers de la société américaine. Celui-ci s’attaque aux Bush et à leur façon de fausser les élections pour conserver un président dans la plus grande démocratie du monde. Un roman remarquable aussi passionnant qu’intéressant. Et si vous savez lire l’Anglais, jetez un œil sur les sites Internet cités dans le roman et qui font froid dans le dos.

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 19:30

Hameau des pursVoici un roman bien mystérieux et plein de qualités, dont je n’avais pas entendu parler à part chez l’ami Bruno de  Passion polar et c’est un rendez vous fort réussi avec une auteur dont il va falloir suivre les prochaines productions.

En France, dans un petit village, un incendie vient de détruire une maison de la communauté des Purs et de faire sept victimes. Les Purs, c’est une communauté proche des Amish, qui vit recluse loin des autres, refusant toute technologie ou progrès de la science. Ainsi, il n’y a ni électricité, ni eau courante et ils vont faire leurs courses dans le village d’à coté sans se mêler à la population. Une fois que l’on a quitté la communauté, on n’y revient pas, devenant un renégat.

Audrey Grimaud est aujourd’hui journaliste. Elle revient dans ce hameau pour couvrir cet incendie, et se rappelle les vacances qu’elle venait passer ici, chez ses grands parents. Son père avait quitté le hameau pour devenir avocat, et parfois défendre les gens du hameau. Pour cela, il était toujours accepté, sauf par certains. Audrey se rappelle sa jeunesse, sa solitude, sa volonté d’apprendre, de comprendre.

Audrey se rappelle aussi une série de meurtres qui a marqué le hameau. Cette série de meurtres était perpétrée par « L’Empailleur ». Il y avait une vraie progression dans les meurtres, dont on retrouvait les corps horriblement mutilés, dont on ne retrouvait que la peau, empaillés. Audrey sent bien qu’elle va devoir se replonger dans les secrets du passé, et qu’elle est impliquée.

Ce roman est une belle découverte, composé de trois parties complètement différentes. La première partie, qui se nomme L’incendie, est tout simplement impressionnante. On y lit l’enfance d’Audrey, avec toutes ses découvertes et toutes les interrogations d’une jeune fille d’une douzaine d’années. C’est tellement bien écrit que l’on a l’impression de lire un conte, et c’est aussi bluffant qu’un Darling Jim de Christian Mork ou  que le film  Witness de Peter Weir. Pour continuer les compliments, on n’est pas loin des Marécages de Joe Lansdale.

La deuxième partie, qui s’appelle L’Empailleur, nous décrit par le détail l’enquête de Audrey, et si la narration devient plus classique, l’angoisse monte progressivement, sur la base de description de petits bruits, sur des impressions, sur des réactions paranoïaques, et comme on connaît par le détail le passé de Audrey, que l’on s’est attaché à elle, on marche, on court avec elle, à ses cotés, et la tension monte, tout doucement.

Et puis, il y a la troisième partie, intitulée Le Lac, qui nous donne les clés de ce roman et sans vouloir dévoiler l’intrigue, elle est surprenante, tout en étant parfaitement réaliste, cruelle et brutale. Mais au global, si le contexte est violent, elle n’est pas étalée, l’auteur préférant décrire et faire ressentir des ambiances pour faire monter la mayonnaise du suspense et du stress. Et c'est d'autant plus cruel pour le lecteur, avec une telle chute. (Note : je suis content, je n’ai rien dévoilé !).

Que ceux qui cherchent des romans d’action passent leur chemin. Ce roman en trois parties distinctes et différentes fait montre de nombreuses qualités, et j’avoue avoir adoré la première toute en finesse et sensibilité. Ce roman est plutôt à classer du coté d’un Johan Theorin tant les paysages y ont de l’importance et c’est un roman passionnant que j’ai refermé avec tristesse, car je m’étais habitué au style fluide de l’auteur, malgré la brutalité de la dernière partie. Je vous le dis Sonia Delzongle est une grande conteuse que l’on est prêt à suivre partout.

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 10:00

Je vous ai déjà parlé de la revue L’indic. Ce trimestriel en est à son numéro 9. Et celui-ci est à marquer d’une pierre blanche. Car le sujet est politiquement chaud et parce que ce numéro est celui qui m’a le plus passionné.

Tout d’abord, les articles m’ont paru mieux construit et le sujet (qui ne concerne que le polar) aborde des sujets tels que la difficulté de distribuer dans des pays totalitaires de façon passionnante. A cela s’ajoute une liste d’auteurs que je me suis empressé de rajouter à ma liste d’achats.

A ne surtout pas rater aussi la superbe analyse de James Ellroy, qui, pour un fan comme moi, se délecte de cet article signé Alexandre Clément. Elle donne un autre éclairage aux lecteurs qui connaissent mal la véritable histoire des Etats-Unis. N’oublions pas la contribution de l’ami Claude (Le Nocher) sur nos jeunes vus au travers de la littérature noire (en particulier l’article de Eric Maneval).

Si l’on ajoute des interviews toujours aussi passionnantes et des critiques de livres toujours sans concession, ce numéro est à acheter d’urgence. Pour tous renseignements, allez sur le site : http://fonduaunoir44.blogspot.com/

Je vous joins le sommaire du numéro en question (pris sur le site) :

Indic 9Dossier "Monde arabe" (par Guillaume Fortin, Geoffroy Domangeau, Eric Maneval, Emeric Cloche et Caroline de Benedetti)
Poésie de Adlène Meddi
Opinion : lecture critique de James Ellroy (par Alexandre Clément)
Interrogatoires :

Barzakh par Guillaume Fortin,

Thierry di Rollo par Caroline de Benedetti
On connaît la chanson : Poème aux peuples (par Emeric Cloche)
La musique adoucit les moeurs : Topin & les nuages (par Emeric Cloche)
Scoop : Nos jeunes héros (par Claude Le Nocher)
Dernière séance : Changement de décors (par Emeric Cloche)
Verdict : chroniques des livres

Oussama - Norman Spinrad,

La onzième plaie - Aurélien Molas,

Démolition - Nada,

La cabane de l'aiguilleur - Robert Charles Wilson,

Rhapsodie en noir - Craig McDonald,

Derniers verres - Andrew McGahan,

Le comité - Sonallah Ibrahim
Affaires classées : Dîner de têtes - Kâa (par Emeric Cloche)
Comparution immédiate

Indubitablement, ce numéro est le meilleur que j’ai lu. Une revue qui s’améliore de trimestre en trimestre. Mais où s’arrêteront ils ?

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 19:30

meth in franceLes éditions Juste pour lire veulent remettre au gout du jour la littérature populaire, pour le plaisir de la lecture, ce qui est louable en soi. Voici l’un des titres sorti pour cet été, Meth in France de Marc Wilhem.

Prison d’Apanteos, San Salvador. Oscar de La Cruz, dit Truchita pour sa petite taille est en train de vivre ses dernières journées en prison. Il fait partie des chefs d’une bande de trafiquants de drogue nommée MS13. Alors qu’il est dans la cour, un jeune de la bande insulte sa mère. Il organise une rixe entre bandes et en profite pour poignarder celui qui s’est permis de salir le nom de sa mère. Le mardi suivant, Guerrilla lui demande de partir en France monter un trafic de méthamphétamine, afin de développer les activités du gang.

Tokyo, Japon. Reijiro Kumagaya est un chef de bande de la mafia japonaise. Bien que les parrains n’aient rien à lui reprocher, son attitude n’est pas assez respectueuse envers les anciens et les règles des Yakuzas. Ichikawa, son mentor et ami, lui propose de monter un commerce de méthamphétamine en France. On lui octroie l’aide d’une dizaine d’hommes et l’appui de M.Makimure qui a la possibilité de faire du chantage sur des industriels de renom.

Porte Montmartre, Paris. Léopold Villiers dit Léo est capitaine à la Brigade de Répression du Banditisme. Il y a 3 groupes, les 10, les 20 et les 30. Léo fait partie des 20. Après une interpellation à succès, Léo est promus à la tête du groupe des 30. Mais il doit se faire des indics pour trouver des affaires, et sa première filature se termine mal. Alors, il va se faire aider par les autres chefs de groupe, puis lors d’une fête dans un bar va tomber sur les Salvadoriens.

Ce roman, assez court car il ne fait que 230 pages, est surtout intéressant pour l’action qu’il développe et par son aspect documentaire. En effet, on va suivre l’activité d’une équipe de la Brigade de Répression du Banditisme dans le détail et s’apercevoir que si une interpellation dure cinq minutes, les filatures pour arriver à un résultat peuvent durer plusieurs jours voire plusieurs semaines. On s’aperçoit aussi que sans indic, les flics ne peuvent rien faire, et que la chance est pour beaucoup dans la résolution de cette affaire.

L’auteur a choisi de nous faire suivre cette histoire à la première personne de singulier, avec quelques passages à l’intérieur des gangs. C’est efficace pour décrire et les actions et les difficultés de leur travail sans compter le manque d’unité de la police en général pour lutter contre le grand banditisme. Mais le sujet n’est pas là : avant tout, c’est une histoire policière que nous suivons.

J’ai trouvé original de décrire une filature au travers de discussions par radio. Parfois c’est un peu long, mais le procédé est efficace et donne une impression de stress tant on est pris par le personnage de Léo. La seule chose qui m’a manqué, c’est la vie de Léo en dehors de son travail. Certes, on sait qu’il est 3 fois divorcé, mais sinon, on ne sait rien d’autre et c’est dommage. Ceci dit, c’est un roman bien agréable, très bien écrit qui m’a fait passé un bon moment.

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine : Les liens du sang de Thomas H.Cook (Folio)  

A bientôt.

 

4ème de couverture :

 

Liens-du-sang.gifPetit avocat de province, David Sears a grandi sous l'autorité d'un père fou, surnommé le Vieux, et dans l'ombre de sa sœur, l'intellectuelle Diana, promise à un brillant avenir. Mais cette dernière a donné le jour à Jason, un garçon schizophrène dont le père, Mark, spécialiste de génétique, n'acceptera jamais la maladie. Lorsque cet enfant se noie, l'enfer ne fait que commencer.

Diana refuse la thèse de l'accident et soupçonne Mark d'avoir poussé leurs fils à la mort. Elle adopte alors un comportement de plus en plus étrange, envoie à son frère des messages sur d'anciens crimes rituels et exhume de vieilles histoires sordides à seule fin d'étayer ses accusations. Quand elle finit par emmener dans son sillage la propre fille de David, la situation devient intenable.

Tiraillé entre la volonté de défendre sa sœur, ses craintes sur sa santé mentale et les éléments troublants de l'enquête, David décide de faire à son tour la lumière sur la mort du jeune Jason, laissant les spectres du passé menacer l'existence tranquille qu'il s'était péniblement construite...

 

Mon avis :

 

A nouveau, Thomas H. Cook analyse les liens familiaux, les relations humaines, les actes, et les interprétations que l’on peut en faire. Par rapport à son précédent roman, il ajoute un thème qui est le poids de l’éducation sur la vie des gens. David doit-il avoir confiance en sa propre sœur ? Ou bien souffre-t-elle de la même maladie mentale que son père ? Et pendant tout le livre, on oscille entre ces deux questions. Car jamais, il ne nous donne de réponses. Cook est très doué pour distiller de petits indices pour nous emmener exactement où il veut. Et on ne sait jamais comment cela peut se terminer. Cook est un grand auteur.

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