Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 19:30

Bienvenue à OaklandEncore un coup de coeur ! Ce roman, outre sa quatrième de couverture aguichante, m’a été très chaudement recommandé par Holden du blog Unwalkers. Je n’ai pas été déçu par cette peinture des bas-fonds de Oakland.

T-Bird Murphy s’enferme dans un garage de Warrensburg, tout proche de Oakland, qu’il loue 200 dollars par mois. C’est comme ça la vie quand on est pauvre aux Etats-Unis. T-Bird va se rappeler comment il faut tous les jours chercher du travail, non pas pour vivre, mais pour manger, pour survivre. Et T-Bird, fils d’un immigré irlandais, en a des souvenirs à raconter, des choses à dire.

De sa jeunesse, dans un quartier pris en tenaille entre les Mexicains et les Noirs, être blanc n’est pas une chance, mais plutôt une malédiction. Et quand on n’est pas né du bon coté de la barrière, du bon coté de la ligne jaune, on travaille avant l’age de dix ans. On tond les pelouses pour un malheureux dollar, on fait le pompiste, on nettoie les voitures, on ramasse les merdes de chien.

Alors, dès qu’il a un boulot, T-Bird se retrouve avec les potes, les copains de beuverie de toujours, à boire le mauvais whisky, ou alors dans les égouts à vider des bouteilles trouvées au hasard ou bien volées. Mais ne croyez pas qu’il n’y a pas de justice : T-Bird fait partie des pauvres, des miséreux, tout en sachant très bien qu’il ne fera jamais partie de la caste des nantis. Mais peu importe, lui sait jouer du jazz, de la trompette, et il lit des livres, parce que au fond de lui, peut-être qu’il reste encore un petit morceau de rêve.

Ce roman commence par la couverture : Un chien errant, affamé, qui marche en cherchant quelque chose à manger. Puis, les anecdotes : Quand vous cherchez du travail, n’y allez pas bien habillé avec des chaussures de sécurité neuves, sinon le patron va croire au premier coup d’œil que vous allez lui demander un trop gros salaire. Bienvenue en enfer !

Si vous attendez un petit bouquin pépère tranquille peinard, alors il vaut mieux vous prévenir : Ce bouquin parle des bas-fonds, des gens qui tentent de survivre, et c’est écrit avec le langage des bas-fonds. Ce bouquin, c’est plutôt un ouragan supersonique, un marteau piqueur qui va vous défoncer le cerveau, une lancinante musique de trompette qui va vous harceler la nuit.

Sur une pièce de monnaie, il y a deux faces. Mais pour Eric Miles Williamson, les deux faces sont encore trop belles. Il va vous montrer, vous imposer sa vision de la société en dessous des faces de la pièce, celle que l’on ne montre jamais, celle que l’on ne veut pas croire, que l’on aimerait qu’elle n’existe jamais. Putain, bordel de merde, c’est une claque, une gigantesque baffe dans la gueule. Excusez moi, mais je me fonds dans le paysage.

T-Bird va vous montrer sa haine, sa rage de vivre ; pas question pour lui de laisser tomber. Dehors, c’est la jungle, alors il faut connaître les règles, la loi et essayer de s’en sortir par tous les moyens. Parfois, on se dit qu’il serait plus facile pour lui d’être un truand, voler serait plus facile que vivre cette vie là. Heureusement, il a sa trompette, son amour du jazz. D’ailleurs, ce roman est écrit comme un solo, une improvisation d’un joueur amateur.

Amateur ? Que nenni ! Car ce roman est foutrement bien écrit, formidablement bien construit, violent, agressif, vulgaire. C’est une lecture qui se mérite, que certains n'aimeront pas. Sous ses apparences d’empiler les anecdotes, pas forcément chronologiques, d’agrémenter ses nombreuses digressions, ce roman est un joyau de style, de sentiments, de dégoûts, de personnages. On en prend plein la gueule (je l’ai déjà dit, non ?) et de nombreuses références viennent à l’esprit, mais Eric Miles Williamson pourrait bien avoir écrit là un grand roman si ce n’est le grand roman de sa jeune carrière. J’en redemande.

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine : 1983 de David Peace (Rivages noir)

A bientôt.

 

4ème de couverture : 

1983En mai 1983, à la veille d'élections générales que la dame de fer s'apprête à remporter triomphalement, Hazel Atkins est enlevée à Morley, là où, en 1974, la petite Clare avait disparu. Même si la police refuse d’établir un lien entre les deux affaires, d’autres victimes de disparitions similaires refont surface : Susan Ridyard et Jeanette Garland.
On s’en souvient, c’est sur ces affaires qu'enquêtait le journaliste Edward Dunford. Lui aussi a mystérieusement disparu.
Dans le dernier volume de sa tétralogie du Yorkshire, David Peace dévoile la face cachée de ces années noires et tente de définir la nature du mal qui a rongé l’Angleterre pendant une décennie.
« Cette tétralogie criminelle se place très au-dessus de la production contemporaine.» (Le Figaro magazine)
« Plus encore qu’à James Ellroy, dont il possède le sens de l’ellipse, le style chaotique et l’art d’intégrer des fragments d’actualité dans son récit, c’est à Robin Cook et à son désespoir implacable que fait songer David Peace.» (Elle)

Mon avis :

Comme on pouvait s’y attendre, voilà le dernier tome, le dernier cauchemar de cette tétralogie. C’est brillant autant que sombre et noir et la comparaison avec James Ellroy n’a jamais été aussi justifiée que dans cet opus qui s’articule autour de trois personnages. C’est l’un des plus réussis de la série (avec 1977) selon moi et une conclusion parfaite de cette affaire qui a secoué Leeds et une introduction non moins parfaite à la déliquescence que va vivre la Grande Bretagne avec l’arrivée au pouvoir de la Dame de fer. D’ailleurs, le roman suivant, qui s’appelle GB84 parlera de la grève des mineurs de façon extraordinaire.

Message personnel : Gridou, tu sais ce qu’il te reste à faire ! 

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans Une idée de lecture
commenter cet article
7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 19:30

Mémoire assassineAttention coup de cœur ! Ceux qui sont des inconditionnels de ce blog auront compris que cette introduction est aussi la conclusion de ce billet. Pour les autres, ne lisez pas ce billet, courez acheter ce roman remarquable à tous points de vue.

Dans les années 1990, Steve Farris est travaille dans un cabinet d’architectes. On pourrait dire de lui qu’il est un homme comme les autres. Il vit heureux avec sa femme Marie et son fils Peter, a comme tout un chacun ses joies et ses peines. Sauf que Peter porte en lui un drame qui l’a marqué et qui fait qu’il ne sera jamais comme tous les hommes : un jour, son père William a abattu sa famille et seul Steve en a réchappé, sans comprendre vraiment pourquoi.

Un jour, Une jeune femme prend contact avec lui. Elle se nomme Rebecca et est en train d’écrire une étude sur cinq cas de meurtres similaires, et cherche à comprendre ce qui a pu pousser ces hommes à exécuter ces atrocités. Elle a déjà terminé quatre de ses études et le cas Farris est le dernier qu’elle veut élucider. Elle va donc discuter avec Steve lors de rendez vous de ses souvenirs.

Steve, qui a gommé ce pan dramatique de sa jeunesse puisqu’il a été élevé par sa tante puis son oncle, va retrouver des bribes qu’il va assembler petit à petit. La soif de comprendre le pourquoi va devenir obsessionnelle et revivre pendant un moment la vie de famille de l’époque avec son père William, quincaillier passionné de bicyclettes, sa mère Dorothy une femme effacée à l’air toujours malheureux, Jamie le frère aîné toujours révolté, solitaire et de mauvaise humeur, et Laura, sa grande sœur pour qui il avait une admiration et un amour sans bornes.

Remarquable, beau, passionnant, dramatique, subtil, profond, tels sont les quelques adjectifs que je pourrais donner pour vous donner envie de lire ce livre. Car je ne vais pas répéter tout le bien que je pense de Thomas H.Cook, le talent de parler de sujets difficiles en partant d’une histoire simple. Son style fluide est un vrai plaisir à lire, et il va sûrement faire partie, comme pour moi, de vos auteurs favoris.

Ce roman, à la construction implacable (et j’y reviendrai) est écrit à la première personne. Et cela donne d’autant plus de poids à la psychologie de Steve, cet homme marqué à vie, avec cette cicatrice qu’il a refermée lui-même et qui, tout au long de l’intrigue, va se rouvrir, jusqu’à devenir sa seule obsession, au risque de se perdre. C’est un portrait d’un écorché vif, qui vit avec une seule question : Pourquoi a-t-il réchappé de ce massacre, et pourquoi son père a fait cela ?

Et c’est bien l’un des sujets du roman : Comment construisons nous notre vie, sur quels souvenirs, quelle est la part de subjectivité dans nos événements passés, comment et pourquoi nous aveuglons nous nous-mêmes ? Car petit à petit, Steve va retrouver des petites scènes, des mots, des expressions qui vont, comme de petites touches sur un tableau de peinture, dresser une image de sa famille qui va s’avérer moins idyllique que ce qu’il a toujours cru.

C’est une histoire aussi de l’innocence perdue, de la prise de conscience des autres, de la famille, de la versatilité de l’amour, du fragile équilibre des relations entre les êtres qui s’aiment, des rêves qui ne restent que des rêves, des cauchemars qui sont des cauchemars indélébiles. Tout au long du roman, Thomas H. Cook nous dissémine des indices qui ne s’expliqueront qu’à la fin, et on ne peut qu’être admiratif devant l’art du maître, devant cette construction implacable et dramatique.

Car, il y a aussi la vie présente. Ce livre ne fait pas que fouille dans les limbes de la mémoire de Steve. Il décrit aussi tous les petits gestes de la vie de tous les jours, toutes les petites discussions avec sa femme ou son fils, les petites expressions si insignifiantes qui vont aussi aboutir à construire cette histoire dramatique et même si je ne peux vous en dire plus, le passage entre les pages 400 et 420 sont un grand moment de roman noir comme j’en ai rarement lu et vécu. Ce roman est un monument, à classer juste à coté de Les feuilles mortes, c’est dire son niveau ! Il faut aussi, à mon avis, rendre hommage au traducteur Philippe Loubat-Delranc qui a su retranscrire toute la subtilité du style de Thomas H.Cook.

C’est un inédit qui date de 1993 et il est publié en format poche, alors n’hésitez pas ! Le format Points2 et un format particulier qui propose une lecture verticale. Un petit mot sur ce format, d’ailleurs : Si la lecture est aisée grâce à une excellente qualité du papier et de l’impression, j’aurais aimé quelques millimètres supplémentaires sur les marges droite et gauche du texte pour faciliter la prise en main ainsi qu’un liseré marque page … pour marquer les pages. Sinon, le format ultra compact du livre est une grosse qualité de cette collection Points2 avec une très bonne lisibilité.

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 10:00

Les éditions de l’écailler du sud se sont éteintes. Elles renaissent sous le nom simplifié de L’écailler. Au programme, du polar bien sur et des documents. Dès le 15 septembre, c’est donc le retour en force avec deux romans aux quatrièmes de couverture alléchantes. Et comme vous connaissez ma volonté de parler aussi des petites maisons d’édition, voici donc les deux romans en question :

 

Bob Dylan et le p'tit quinquin de Noël Simsolo

Bob-dylan-quinquin.JPGVoyage dans la violence, le sexe et la drogue au milieu sixties à Lille, Bob Dylan et le P'tit Quinquin fait revivre en noir une époque où les apparences laissaient croire au bonheur de vivre.

Un jeune bourgeois riche rencontre une routarde qui chante Dylan et tue par plaisir. Un professeur de chimie raciste joue les prédateurs en s'attaquant à l'objet de ses haines. Un historien s'instaure en ange exterminateur pour exécuter les pourvoyeurs du mal. Un sérial killer dépèce les jeunes filles. Une grande bourgeoise se livre au vice pour satisfaire son mari. Un truand cherche à faire le bien de façon peu orthodoxe et les flics y perdent leur latin, se suicident ou pardonnent à ceux qui les ont offensés.

 

Je tue les enfants français dans les jardins de Marie Neuser

Je-tue-les-enfants.JPGDans un collège dit "difficile" une jeune prof d'italien a du mal à mater sa classe.

En particulier quelques éléments récalcitrants qui l'insultent et la menacent, rendent la vie dans la classe insupportable, et bientôt en dehors. Dans un crescendo très tendu, on passe du chahut à la menace physique non seulement sur la prof mais aussi sur ses proches. Mal soutenue par son CPE qui préfère fuir plutôt que de tenir tête aux élèves violents, la jeune enseignante perd son seul soutien, une de ses élèves, Samira, qui se suicide pour ne pas être mariée de force au "bled".

Seule face à "Adrami le boss", Malik, qui la poursuit jusque chez elle, Cindy, qui se prostitue dans une ruelle proche du collège, et quelques autres agités, Lisa Genovesi commence à sentir monter en elle un désir de vengeance et elle se forge une carapace de haine implacable qui la transformer de gibier en chasseur. Après avoir vécu une bagarre au couteau dans sa classe, après avoir été molestée par Malik devant tous les élèves, après avoir essuyé jour après jour les insultes les plus grossières et intimes, elle va, un soir de conseil de classe, prendre Malik a son propre jeu et le tuer d'un coup de couteau dans la ruelle où Cindy se prostituait.

Très amoral - ou trop moral ? - le roman se termine bien pour Lisa Genovesi, qui s'est fait brutalement justice sans être inquiétée un seul instant.

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
commenter cet article
4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 19:30

Courants-fourbes-du-lac-Tai.jpgVoici une lecture dans le cadre du prix du meilleur polar organisé par les éditions Points, et une retrouvailles avec l’inspecteur Chen dont j’avais beaucoup aimé Le très corruptible mandarin.

L’inspecteur principal Chen Cao est en vacances. Son ami l’ancien secrétaire général du comité de discipline du parti Zhao, maintenant à la retraite, lui a proposé de passer une semaine dans un centre de luxe réservé aux cadres du parti à Wuxi, à proximité du lac Tai. Aucune affaire n’étant urgente à Shanghai, il avait accepté, en l’échange d’une étude manuscrite sur le coin.

Chen va vite apprécier ce coin idyllique et se promener aux abords du parc de la tête de tortue, pour atterrir dans une petite gargote, chez un dénommé Wang où il va déguster des spécialités locales. Puis, il va rencontrer Shanshan, belle comme le jour, qui travaille dans l’usine chimique toute proche. Elle lui présente la situation locale, bien peu reluisante, puisque l’amélioration de la rentabilité de l’usine a augmenté considérablement la pollution du lac Tai.

Le lendemain, le directeur de l’usine est assassiné. En tant que responsable de l’environnement, Shanshan est rapidement questionnée et arrêtée. Chen, qui ne veut pas prendre part à l’enquête, rencontre le policier Huang et va, en sous main, chercher à innocenter celle pour qui son cœur est en train de fondre.

Pour ceux qui cherchent un bon roman policier, il faut lire l’œuvre de Qiu Xiaolong et en particulier celui-ci qui est très bien construit et qui regorge de fausses pistes en tous genres. De la femme à l’amante (appelée petite secrétaire) en passant par les futurs successeurs ou ceux qui ont beaucoup à gagner de la privatisation de l’usine, les fils de l’intrigue sont difficiles à dénouer à souhait.

Pour ceux qui cherchent une vision de la Chine de l’intérieur, il faut lire Qiu Xiaolong, qui nous montre les rapports entre les différentes personnes, les coutumes, les repas, les dialogues, le respect entre les gens, les droits des cadres comparés aux petites gens, les conséquences d’un capitalisme sauvage au détriment de la nature au travers de personnages attachants.

Qiu Xiaolong, même s’il traite d’un sujet à la mode, nous montre avec sa poésie habituelle (Chen écrit des poèmes en parallèle de l’enquête) une situation locale, que l’on peut facilement généraliser au pays entier et avoir peur des conséquences pour le monde. Comme d’habitude, c’est très bien fait, et c’est un vrai plaisir à lire et ça donne bigrement à réfléchir.

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :1980 de David Peace (Rivages noir)

A bientôt.

 

4ème de couverture :

1980.jpgAprès l'été caniculaire de 1977, voici Leeds sous la pluie en 1980. A la radio, Yoko Ono dit : " Ce n'est pas la fin d'une époque. Les années quatre-vingt seront tout de même belles... " Sauf dans l'ouest du Yorkshire où les gens, ont peur. Plusieurs années ont passé et les meurtres attribués à l'Eventreur continuent. Les femmes n'osent plus sortir le soir. La psychose grandit et la police demeure impuissante. Pis encore, le mal rôde au sein même des forces dites de l'ordre. La corruption est partout.

Y a-t-il un flic honnête dans le comté du Yorkshire ? II y a Peter Hunter, l'homme qui va enquêter sur les enquêteurs. Creuser à mains nues et ramener la boue. Creuser la tombe de ses collègues pourris ou la sienne ? Comme dans les deux précédents volumes du Red Riding Quartet, David Peace confie la narration à un personnage, ici Peter Hunter, le directeur adjoint de la police de Manchester.

Cette façon d'intérioriser le point de vue lui permet de brosser à petites touches sèches un tableau palpitant, écorché, violent, empreint de tout le poids de la subjectivité et, pourtant, parfaitement maîtrisé. Plus encore que dans 1974 et 1977, David Peace nous donne ici la mesure du choc qui secoua l'opinion publique dans le nord de l'Angleterre pendant ces années où sévissaient une crise économique, politique et morale... et le véritable Eventreur du Yorkshire. C'est à un exorcisme littéraire que se livre l'auteur dans cette tétralogie dont il reste encore un tome à publier.

 

Mon avis :

Après le choc de 1977, voici ce que je considère comme la pause dans cette tétralogie. David Peace décide d'élargir la vision du passé de sa ville au fonctionnements et dysfonctionnements de la police, avec son lot de corruptions et de malversations. C'est d'autant mieux trouvé que c'est fait via une personne extérieure et que c'est aussi un écorché vif. C'est toujours aussi brillant, mais c'est surtout une petite pause avant l'apocalypse du dernier tome, qui s'appelle 1983 et dont nous parlerons la semaine prochaine.

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans Une idée de lecture
commenter cet article
31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 19:30

Dernière seconde avant de mourirClaude Poux, l’auteur de ce roman, m’a gentiment proposé de lire La dernière seconde avant de mourir. Et je dois dire que j’ai passé un agréable moment en compagnie des nombreux personnages de ce roman policier classique.

Nous sommes à Paris, au début du mois d’août 2011, et il fait une chaleur écrasante. Paris est envahi de touristes, et il fait bon traverser la capitale à bord d’un bateau-mouche. C’est au port de Grenelle que va se dérouler un drame : deux motards, transportant deux passagers s’arrêtent à proximité, sortent des fusils mitrailleurs et tirent dans la foule en direction de l’embarcadère. Plusieurs morts et des dizaines de blessés sont à déplorer lors de cet attentat.

Franck Casta de la police judiciaire est appelé sur les lieux. Il a été muté de Lyon suite à une douloureuse précédente affaire, où il a eu affaire avec le parrain lyonnais et où l’enquête s’est soldée par la mort de sa femme. C’est un homme intègre, et désirant mener ses enquêtes à sa façon sans tenir compte de sa hiérarchie. C’est aussi pour cela qu’il est mal vu de tous.

Alors que l’attentat est revendiqué par un groupe terroriste inconnu nommé Le Front d’Epuration Ethnique, Casta, sous la pression du ministère, va orienter l’enquête sur un homme qu’il a croisé à Lyon, Kipling, un tueur professionnel très efficace. Il va obtenir le soutien de son ami Sam Deligne, le responsable de la BRI de Lyon.

Tout d’abord, il faut rassurer les lecteurs : ce roman est la deuxième enquête de Franck Casta, et on n’est pas perdu, les personnages sont bien décrits (parfois trop), avec leur historique et leurs obsessions, et l’auteur parsème les éléments du roman précédent. On a ainsi l’impression de se retrouver avec des gens que l’on connaît déjà.

L’intrigue est une des grandes qualités de ce roman, avec la qualité de description des personnages. Car elle est très complexe, on part de cinq ou six points de départ pour arriver à un final bien fait, les indices sont découverts au fur et à mesure des déductions de Casta, et je dois dire que le style de Claude Poux est très agréable à suivre, malgré quelques longueurs pardonnables.

Ceux qui cherchent un polar coup de poing, écrit avec un style rapide et efficace passeront leur chemin. Par contre, pour tous ceux qui aiment se laisser emporter par un style bien écrit et une intrigue tortueuse, ce roman est pour vous. Cette lecture fut pour moi surprenante et bien divertissante, un bon polar à lire et des personnages à suivre.

D’autres avis sont à lire sur le net chez Oncle Paul, Scènes de crimes, Critiques libres, et Totalubrune

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 10:00

Alors que son précédent roman Sukkwan Island sort chez Gallmeister dans la collection de poche nommée Totem, son nouveau roman se nomme désolations et sort vient tout juste de sortir. Le sujet est très alléchant :

Desolations.jpgSur les rives d’un lac glaciaire au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd’hui adultes. Mais après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l’obsession de son mari, elle le voit peu à peu s’enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, tout à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s’annonce un hiver précoce et violent qui rendra l’îlot encore plus inaccessible.

 

Sukkwan-Island.jpgCe grand auteur en devenir va aussi sillonner les librairies de France et de Navarre et voici donc les dates et lieux de sa tournée automnale :

Le 6.09 à la librairie Mollat - Bordeaux à 18h

Le 7.09  à la librairie Sauramps - Montpellier à 18h

Le 8.09  à la librairie L'Armitière - Rouen à 18h

Le 9.09 à la librairie La Galerne - Le Havre à 17h 

Le 10.09 à la librairie Le Furet du Nord - Lille à 18h

Le 13.09 à la librairie L'Arbre à Lettres - Paris (14ème) à 19h

Le 16.09 à la librairie Millepages - Vincennes à 19h30

Le 17.09 à la librairie Les Arpenteurs  - Paris (9ème) à 14h et à la librairie La Manoeuvre - Paris (11ème) à 18h.

Le 18.09 au festival Le Livre sur la Place - Nancy de 14h à 18h sur le stand de la librairie L'Autre rive 

Le 19.09 à la librairie Soif de lire - Strasbourg dans le cadre des Bibliothèques idéales.

Le 3.10 à l'Espace Culturel Leclerc - Pau

Le 4.10 à la librairie Le Square - Grenoble

Le 5.10 à la librairie Garin - Chambéry

Le 6.10 à la librairie < strong>Lucioles - Vienne

Le 7.10 à la librairie Decitre - Éculy entre 18h à 20h

Le 8.10 à la librairie L'étourdi St-Paul - Lyon (5ème) de 11h à 14h et à la librairie Vivement dimanche - Lyon (4ème) à partir de 18h.

Les 15.10 et 16.10 à la Médiathèque de Lomme

 

Bonne lecture

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
commenter cet article
28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 19:30

Rouge ConnemaraDe Seamus Smyth, je garde un bon souvenir de Trois accidents et un suicide, un roman qui, par son humour noir et méchant m’avait fait passer un excellent moment. Dans ce roman, on ne change pas le style avec une histoire liée aux orphelins irlandais confiés à l’église catholique et traités comme des esclaves.

Irlande, 1949. Une femme accouche de jumeaux. Elle est trop pauvre pour les élever et la police les lui enlève pour les confier à des orphelinats effroyables – les « goulags irlandais » – gérés par l'Eglise. Réduits en esclavage, affamés, battus et abusés, les petits souffrent le martyre. A l’âge de neuf ans, Sean, l’un des jumeaux meurt sous les coups. Robert « Red » Dock, son frère, jure qu’il vouera sa vie à le venger. De l’Eglise, de l’officier de police qui les a placés et du reste de sa famille, qui les a abandonnés.

Pendant des années, il médite et organise son implacable vengeance. D’abord, enlever le dernier-né du policier qui les a retirés à leur mère, et confier l’enfant à un orphelinat de bonnes sœurs, dans le Connemara – où la petite, rebaptisée Lucille, connaîtra l’enfer. Puis attendre vingt ans de plus pour faire de la jeune femme l’instrument inconscient de sa vengeance délirante...

Red Dock a tout prévu, sauf que sa route criminelle croiserait celle d’un psychopathe, orphelin à l'enfance brisée comme la sienne. Car Picasso séquestre et torture des jeunes femmes, dont il peint le portrait moribond...

J’ai copié ce résumé sur le site de Fayard, car je l’ai trouvé très bien fait. Comme d’habitude, Seamus Smyth ne fait pas dans la dentelle. Ce n’est pas son genre, il n’a pas de tendresse dans sa narration en stock, son genre, c’est plutôt le bulldozer à base de remarques méchantes et humoristiques, inconvenantes et décapantes. Son personnage de Red Dock n’a pas de sentiment, et n’a pas d’autre but que de se venger et d’y consacrer sa vie.

Clairement, c’est un personnage que vous allez détester, ses pensées vont vous révulser, vous rebuter, peut-être même allez vous refermer le livre ! Mais au milieu de ces chapitres nauséabonds écrits à la première personne, vous aurez droit à des passages plus doux où vous pourrez respirer de l’air pur, ceux consacrés à Lucille (écrits à la troisième personne).

Si le sujet est polémique et mérite que cela se sache, Seamus Smyth a plutôt construit un thriller. Ce qui à mon avis, donne moins de poids à son message, et à sa dénonciation des exactions de l’église catholique. Et quand apparaît le psychopathe, l’auteur s’en donne à cœur joie pour décrire des horreurs mais je pense que le livre n’avait pas besoin de cet artifice. Finalement, d’un roman dénonciateur, Seamus Smyth en a fait un thriller, et j’ai trouvé cela bien dommage. Si je me suis bien amusé, car j’aime bien ces romans où je déteste les personnages, j’aurais tout de même préféré un roman plus engagé et dénonciateur. Mais ce n’est clairement pas le style de Seamus Smyth qui préfère être et rester méchant. Accrochez vous ! C'est tout de même une lecture décoiffante.

Pour être complet, vous devez lire sur le même sujet, mais avec un traitement différent Le martyre des magdalènes du maître Ken Bruen (Folio)

Un grand merci à Lilas et aux éditions Fayard noir. Ce roman sortira le 14 septembre 2011 chez Fayard Noir.

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article
26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 10:00

Tous les vendredis midi, retrouvez la suggestion de Black Novel : un livre de poche. Et n'oubliez pas le principal : lisez.

Cette semaine :1977 de David Peace (Rivages noir)

A bientôt.

 

4ème de couverture :

 

Sept. Le chiffre de l'apocalypse.

1977.jpg1977, l'année du Jubilé d'argent de la Reine et de l'Eventreur du Yorkshire.

Nous sommes de nouveau dans la région de Leeds, c'est l'été. Plusieurs prostituées sont assassinées ou victimes d'agressions. Lorsque le sergent Fraser est appelé sur la scène de l'un des crimes, il est pris de panique car il se trouve être l'amant d'une fille de joie de Chapeltown. Il n'est pas le seul. C'est aussi le cas de Jack Withehead, le journaliste arriviste de 1974. Tous deux sont des hommes blessés, hantés.

A mesure que l'on se rapproche des festivités du Jubilé, l'horreur s'amplifie. Quelles vérités le flic et le journaliste réussiront-ils à entrevoir dans un monde dominé par le mensonge et la corruption?

Deuxième volet de la tétralogie du Yorkshire, 1977 est une ode funèbre, une quête désespérée du sens. Malgré sa noirceur, il se dévore d'une traite car l'auteur est, avec Robin Cook, le seul romancier britannique qui ose dépeindre le mal dans ses nuances les plus extrêmes pour réveiller les consciences endormies. David Peace est aujourd'hui considéré comme l'un des talents marquants de la jeune littérature anglaise.
‘‘Un texte qu’on n’est pas prêts d’oublier’’ Marie-Claire

‘‘David Peace raconte l’histoire de l’Angleterre comme James Ellroy ausculta celle de l’Amérique’’ Lire

 

Mon avis :

Ce roman est mon préféré de la tétralogie, car c’est le plus sombre, le plus étouffant et le plus éprouvant. On est en plein été et le style de David Peace y fait merveille. Après l’ambiance glauque du premier tome, place à la chaleur et l’obsession d’un journaliste. L’auteur prend une telle hauteur que ce roman est à mon avis à classer dans les premiers rangs des romans noirs inoubliables. Un incontournable, quoi !

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Pierre Faverolle
  • Le blog de Pierre Faverolle
  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
  • Contact

Sur ma table de nuit ...

Le blog reste ouvert.

Dorénavant, les nouveaux billets seront :

http://blacknovel1.wordpress.com/

   

Recherche

Archives

Catégories