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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 17:21
Le duel de Arnaldur Indridason (Métaillié Noir)

Depuis quelque temps, Arnaldur Indridason s’accorde le droit de délaisser son personnage principal récurrent pour fouiller la psychologie de ceux qui entourent Erlendur. Cette fois-ci, c’est au tour de Marion Briem d’être la vedette de ce roman qui nous fait revenir en 1972. Et à la lecture de ce roman, je ne me suis dit qu’une seule chose : « Qu’il est fort, Arnaldur Indridason ! »

Prenez un contexte. 1972, le duel dans le championnat du monde des échecs entre Bobby Fischer et Boris Spassky. C’est une partie d’échecs dépassée par l’ambiance de guerre froide qui régit le monde depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Or, le domaine des échecs est, depuis de nombreuses années, réservé aux Russes. L’arrivée de Fischer ressemble à un cheveu dans la soupe. D’un naturel arrogant, irrespectueux au possible, il dénote dans un paysage plutôt paisible. Un exemple : il refuse de prendre l’avion qu’on lui a affrété pour rejoindre l’Islande, sans s’excuser et sans donner la date à laquelle il envisage d’arriver. A cet égard, lisez donc l’article de Wikipedia consacré à ce combat ici.

Prenez un meurtre : Ici, le corps d’un jeune homme est découvert dans un cinéma, poignardé par deux fois, en plein cœur. Dans une salle obscure, il est impossible de savoir qui a perpétré le crime. Marion Briem se retrouve en charge de l’enquête et s’aperçoit que le jeune homme en question, Ragnar, est passionné de cinéma et utilisait un enregistreur à cassettes pour conserver une trace des films qu’il admirait. Quand Marion aperçoit un paquet de cigarettes russe à l’extérieur du cinéma, la piste se dirige vers des mobiles politiques qui vont vite la dépasser. En parallèle, ce roman montre la jeunesse de Marion, et ses difficultés de santé, en particulier quand elle a été atteinte de tuberculose, et qu’elle a été internée dans un hôpital du Danemark. Ce sont lors de ces passages que marion va lier connaissance avec une jeune fille de son âge Katryn.

Ce roman nous montre la grandeur d’Arnaldur Indridason. Avec un contexte lourd et une enquête des plus simples (du moins au début), il arrive à nous bâtir une intrigue passionnante. Son savoir faire n’est plus à démontrer. D’ailleurs, tous ceux qui ont lu une enquête de Erlendur le considèrent presque comme un voisin, tant Indridason arrive à créer une proximité, une intimité entre ses personnages et ses lecteurs.

Alors, comme pour tous les précédents romans, le rythme est lent … mais cela prend du temps de regarder les gens et de les comprendre. Comme d’habitude, l’enquête est très bien menée, la fin est fort bien amenée et encore une fois surprenante, le contexte sans être envahissant est formidablement reproduit, et c’est une nouvelle fois un sans-faute. J’ai même trouvé ce roman plus passionnant que ceux qu’il avait consacré aux collègues d’Erlendur, tant ce personnage de Marion est torturé et n’a confiance en personne. Il est par conséquent peu étonnant de voir cette femme solitaire se trouver des points communs avec un jeune policier qui débarque en fin de roman et qui s’appelle … Erlendur.

Ce qui est extraordinaire avec Indridason, c’est qu’on a l’impression qu’il peut écrire n’importe quoi et que, nous, lecteurs, sommes prêts à le suivre les yeux fermés (enfin, un peu ouverts quand même pour pouvoir lire). Car encore une fois, les personnages sont placés au premier plan ; il ressort de ses intrigues une telle humanité, un tel fond de vérité et il nous montre des gens comme vous et moi dans toute leur simplicité, avec leurs qualités et leurs défauts. Indridason est décidément trop fort.

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 17:55
La chronique de Suzie : Des yeux dans la nuit de Chevy Stevens (Archipel)

Suzie est de retour pour son avis sur le dernier roman de Chevy Stevens. Je lui laisse la parole :

Nadine Lavoie, dont la fille Liza âgée d’une vingtaine d’années a fugué sans laisser de nouvelles, est psychiatre dans un hôpital de Vancouver.

Lorsqu’une patiente, Heather, lui est confiée après une tentative de suicide, Nadine commence avec elle une thérapie afin qu’elle lui raconte son histoire. Au fil des séances, Nadine apprend qu’Heather est membre d’une secte. Surtout, elle se rend compte qu’il existe de troublants parallèles entre la vie d’Heather et la sienne.

Mais, lorsqu’elle veut fouiller son propre passé, Nadine se retrouve face à un trou noir, ayant effacé de sa mémoire de nombreux souvenirs traumatisants d’adolescence. Pourquoi sa mère les a-t-elle emmenés son frère et elle vivre dans une commune isolée de l’île de Vancouver ? Pourquoi sa famille a-t-elle été détruite ? Et pourquoi le nom d’Aaron Quinn, le gourou de la secte d’Heather, lui inspire-t-il des sentiments de terreur ?

Plus Nadine avance, plus elle sent une menace peser sur elle. Elle se sent observée, le danger se rapproche. Ce sera lui ou elle.

Un thriller!! Qu'est ce que j'aime les thrillers.

"Des yeux dans la nuit" est le troisième roman de la Canadienne Chevy Stevens.

Actuellement, la totalité de ses romans sont édités chez L'Archipel ("Séquestrée" et "Il coule aussi dans tes veines"). Le prochain "That night" sortira en anglais en juin 2014.

Mais revenons à nos moutons, "Des yeux dans la nuit", tout est quasiment dit dans le titre et ce qui compte, c'est le quasiment. Ce titre est intriguant car, en lisant la quatrième de couverture, on se demande où l'auteur veut nous amener mais on la suit avec une seule question en tête : pourquoi?

Cette histoire est un thriller psychologique qui joue sur deux aspects. Le premier aspect concerne les souvenirs refoulés qui restent à la lisière de notre mémoire, de notre conscience et qui peuvent induire des comportements bizarres. L'esprit est bien fait, il ne débloque certains souvenirs que lorsqu'on est en mesure de les comprendre ou en cas d'urgence. Pourquoi bloque-t-on certains souvenirs, sont-ils vraiment nécessaire à notre vie quotidienne ou est-ce qu'on s'accommode au fur et à mesure de ne pas savoir pourquoi?

L'autre aspect de cette histoire est la vision que l'on peut avoir, extérieure et intérieure, de la vie dans certaines communautés, plus exactement les sectes. L'auteur s'en sert comme terrain pour engendrer les traumatismes de son héroïne, mais aussi pour montrer les difficultés de compréhension entre les personnes qui y résident et ceux de l'extérieur.

Notre héroïne est psychiatre et elle n'a pas été gâtée par la vie mais elle a réussi à s'en sortir, du moins sur l'aspect professionnel, car sa vie personnelle est un champ de mines. On pourrait croire que son métier lui donne plus d'ampleur pour comprendre les autres. Et, là est le problème, les autres, oui, ses proches, non. On va la voir évoluer et comprendre ses erreurs, du moins mieux les appréhender. C’est un personnage attachant, qu'on pourrait côtoyer dans notre vie de tous les jours et ne pas s'en rendre compte car très secrète.

Les interactions avec les autres personnages ont une réelle intensité, une véritable émotion. On se prend au jeu. Même si tout tourne autour de Nadine, les autres personnages ne laissent pas indifférents. Il y a des paires de claques, voire des réactions plus violentes qui peuvent émerger tellement on est pris aux tripes et qu'on aimerait réagir. Mais, je vous laisse les découvrir.

Un des problèmes que j'ai rencontré et qui peut rebuter certains lecteurs est que l'histoire est racontée à la première personne. Ce que j'ai toujours un peu de mal à appréhender mais, une fois dans la peau du personnage, je me suis tout à fait identifiée à l'héroïne et à ses problèmes. J'ai même réussi à me spoiler car je voulais connaitre la fin (comme souvent). Un autre point est que vous trouverez certaines situations convenues, que cela se voyait arriver de loin mais l’intérêt est la manière de traiter certains sujets et c'est justement parce qu'on les voit arriver que cela prend toute son ampleur (pas de spoil).

Ce roman est une bonne histoire qui vous fera réfléchir sur les sectes, les troubles de la mémoire, la confiance et la loi du silence ainsi que sur d'autres aspects que je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même. Ne pas savoir est un mécanisme de protection que tout un chacun possède mais il est difficile et dangereux parfois de savoir pourquoi on a certains comportements.

Jetez-vous sur ce livre qui engendrera, peut-être, des échos au niveau de votre vécu et vous vous poserez la question "qu'aurais-je fait à sa place"? Bonne lecture, je vais me dépêcher de lire "Séquestrée" ou "Il coule aussi dans tes veines", enfin de les mettre sur le haut de la pile !

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 18:02
Trois mille chevaux vapeur de Antonin Varenne (Albin Michel)

Attention, coup de cœur ! Enorme coup de cœur !

D’Antonin Varenne, j’aurais lu tous ses romans. Parce que, le jour où je suis tombé sur Fakirs, j’ai eu un choc, j’ai trouvé un auteur formidable capable de créer des personnages incroyables et une ambiance glauque au possible. Avec Le Mur, le Kabyle et le Marin, on changeait de dimension avec un roman sur la guerre d’Algérie, mais toujours avec des personnages aussi forts. Déjà, dans ses deux précédents romans, on pouvait sentir cet amour de raconter des histoires basées sur des personnages. Antonin Varenne, c’est un auteur de personnages.

Lors d’une rencontre aux Quais du Polar, je lui avais fait remarquer qu’il avait toujours dans ses romans trois personnages. Quel pied de nez avec ce roman, le personnage principal de Trois mille chevaux vapeur est seul, solitaire même. Je lui avais dit aussi que sa description de la société contemporaine était bigrement noire et glauque. Quel pied de nez avec ce roman. Nous nous retrouvons balancés en plein 19ème siècle. Avec ce roman, Antonin Varenne ne monte pas une marche supplémentaire, il a carrément grimpé tout l’étage et nous offre un grand roman.

De personnages, Antonin Varenne nous en offre un, mais quel personnage ! Arthur Bowman est de ces hommes qu’on n’oublie pas, qu’on le rencontre en vrai ou en roman. Il a ce regard acéré qui lui permet de savoir quand la personne qui est en face de lui ment. Et les autres le savent. Sergent à la Compagnie des Indes, il se bat contre les Birmans. Si le stress est permanent, les combats font rage et le bateau de Bowman est en renfort au large … jusqu’à ce qu’on lui confie une mission : diriger une barque sans armes, déguisés en locaux, pour mener une mission étrange. Mais voilà, être sur le fleuve, dans la savane, entourés d’ennemis, cela ressemble à un arrêt de mort. Le village cible va être incendié, il y aura des milliers de morts et Bowman et ses hommes faits prisonniers.

Quelques années plus tard, Bowman est de retour, policier à Londres. Il n’a pas oublié les tortures, ses hommes qui sont morts, et d’ailleurs, il est victime d’une crise d’épilepsie dès que le stress monte. Un corps est retrouvé dans les égouts, torturé comme seuls savent le faire les Birmans. Sur la scène du crime, un mot est inscrit avec le sang du mort : SURVIVRE… Evidemment, tout accuse Bowman, alors que lui sait que le coupable est un de ses hommes. Il va donc poursuivre les dix hommes qui en sont revenus.

Quel sujet, et quel portrait d’homme ! Cet homme droit comme la justice, soldat exemplaire au sens où il obéit à tout ordre qui lui est donné, cet homme trahi par les siens, torturé qui revient dans la civilisation, marqué à jamais. Si Bowman se jette dans cette enquête, ce n’est pas tant pour se disculper, car il n’a plus de but dans la vie, il survit comme ses dix compatriotes, s’il poursuit cette quête, c’est un peu une rédemption mais aussi un espoir, celui de stopper enfin le cauchemar qui le poursuit jour après jour, nuit après nuit. Ce personnage est incroyable de justesse, d’émotions, mais aussi d’actualité tant on pense à des événements récents.

Et puis il y a les pays traversés par Bowman. De la Birmanie à Londres, sans oublier la traversée des Etats Unis, Antonin Varenne nous convie à un voyage non seulement dans le temps, mais aussi autour du monde. Autant la savane birmane est inquiétante, mystérieuse, sombre et humide, autant Londres est sale, noir de suie, les rues moites de caniveaux qui déversent leur pourriture, autant la traversée des Etats Unis pendant la conquête de l’ouest est sèche, chaude et on en prend plein les yeux (dans tous les sens du terme).

De ce roman, Antonin Varenne a certainement voulu changer de genre, changer de style. Et pour autant, les fans vont s’y retrouver dans ce style qui est un excellent mélange entre description et efficacité. En une phrase, il est capable de vous faire traverser un continent, un siècle, un personnage. Et ce roman se veut aussi une vraie réflexion sur la société et la solitude, sur les buts que se fixent les hommes, sur la folie des hommes, sur les massacres qu’ils sont capables de créer uniquement pour un peu de calme, de sécurité. De ce roman, on retiendra que l’homme n’est rien d’autre qu’un animal, que si les soldats sont fous, leurs chefs le sont plus et que la vie de tous les jours n’est rien d’autre qu’une guerre sans merci où seul le décor change. Dans ce roman, Antonin Varenne n’est plus loin d’un Steinbeck ou d’un McCarthy. Je n’aurais jamais cru un auteur français capable d’écrire une telle aventure avec un tel souffle épique. Antonin Varenne l’a fait.

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 17:25
L’information du mardi : Des idées de polars …

French pulp :

Enfin, nous allons pouvoir relire les polars français des années 80 grace au numérique. En effet, en 250 pages, ces auteurs construisaient une intrigue avec des personnages à la psychologie réaliste et le style était simple mais forcément efficace. Car il n’est pas besoin d’écrire 500 pages quand on a de l’imagination et qu’on fait preuve de créativité. Parmi eux, G.Morris, GJ.Annaud, Brice Pelman et tant d’autres.

Les éditions French Pulp se veulent donc le porte étendard de la littérature française populaire. Du polar au roman d’anticipation en passant par l’espionnage, le catalogue 100% numérique de French Pulp a pour but de remettre en avant de grands noms tels que Francis Ryck (Le conseil de famille), G. J. Arnaud (La compagnie des glaces), Alain Leblanc (Un Pont entre deux rives) ou encore Stefan Wul (Niourk). Bref, cette littérature populaire boudée en partie aujourd’hui mais qui a fait les beaux jours du siècle dernier.

Pour un prix allant de 3 à 5 euros, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site joint :

http://www.didactibook.com/editeur/1112/French%20Pulp%20Editions?format=html&page=1&sort=price_asc

ou bien allez voir leur site Facebook :

L’information du mardi : Des idées de polars …

Coups de lune et Première enquête de Patricia Rappeneau (

Ce n’est pas un mais deux romans que Patricia Rappeneau vient de sortir aux éditions Ex-Aequo. Voici les quatrièmes de couverture de ces deux nouvelles enquêtes de Nathan Malocène

Coups de lune :

Roman policier - 176 pages Quel lien peut-il exister entre la mort de Sébastien Bayart, — ex-gars des missions du groupe Fine — et Séraphin Bayart, ex-professeur de l’université Sciences Mirande à Dijon ? Alors que Grégoire Fine est persuadé qu’il ne peut y en avoir, Nathan Malocène se voit confier la difficile tâche de seconder son associé dans cette enquête qu’il ne peut refuser. À nouveau unis pour le pire, les deux privés plongent dans l’origine de la conquête de la Lune où le magnétisme occupe vite une place prépondérante… Patricia Rappeneau est une passionnée de roman policier qui, sans jamais avoir tenu un revolver en main, s’est lançée dans le meurtre et la résolution d’enquête !... à défaut de les vivre… Et en un sens, heureusement ! Ses personnages, notamment son détective Nathan Malocène vivent tellement de rebondissements… Patricia vit en Bourgogne et se consacre entièrement à l’écriture ; vous pouvez communiquer avec elle à : rappeneau.patricia@live.fr Après Requiem, paru en 2009, Mission Malona, paru en 2012 et Mortelle guérison, paru en 2013, Coups de Lune, chez Ex Aequo en 2014, est le cinquième roman de la série des Nathan Malocène, Première enquête en est le pilote mais aussi le quatrième opus.

L’information du mardi : Des idées de polars …

Première enquête :

mini roman policier - pilote des enquêtes de Malocène - 20 pages Un père de famille qui disparaît dans la nature, et trois petites filles qui viennent frapper à la porte de Nathan Malocène, nouvellement installé détective privé à Dijon. Ce n’est ni le genre de clients ni de première enquête que l’ex-militaire s’attendait à accepter. Et pourtant… Embarqué presque malgré lui par les gamines, le privé plongera dans une enquête qui définira les vastes possibilités de son champ d’action, renforcées par une -ou deux- rencontres inattendues… Patricia Rappeneau est une passionnée de roman policier qui, sans jamais avoir tenu un revolver en main, s’est lançée dans le meurtre et la résolution d’enquête !... à défaut de les vivre… Et en un sens, heureusement ! Ses personnages, notamment son détective Nathan Malocène vivent tellement de rebondissements… Patricia vit en Bourgogne et se consacre entièrement à l’écriture ; vous pouvez communiquer avec elle à : rappeneau.patricia@live.fr Après Requiem, paru en 2009, Mission Malona, paru en 2012 et Mortelle guérison, paru en 2013, Coups de Lune, chez Ex Aequo en 2014, est le cinquième roman de la série des Nathan Malocène, Première enquête en est le pilote mais aussi le quatrième opus.

L’information du mardi : Des idées de polars …

Daisybelle de Max Obione (Editions du jasmin)

Vient de paraitre aux Editions du Jasmin un roman jeunesse DAISYBELLE, signé Max Obione, où sont évoqués le Tour de France des années 50, le roi René Vietto, la moto TerroT, etc., bref un tout plein de souvenirs évocateurs d'une période d'avant la télé généralisée. Un roman d'aventures qui se déroule sur la côte fleurie entre Cabourg et Honfleur. Public : à partir de 8 ans jusqu’à 108 ans.

Villers , Normandie, années 50. En vacances, le jeune Louis Hortiz, s'évade sur sa bicyclette, bien content d'échapper aux tâches ménagères. Il rencontre un vieil homme bourru, le père Carillon, comme il le nomme, passionné par le Tour de France et par son superbe side-car « Daisybelle ». Les légers conflits intergénérationnels passés, une belle relation s'installe… Le père Carillon propose à Louis d'assister à une étape du Tour de France qui passe non loin de là. Il leur faut prendre Daisybelle, qui a un certain âge mais est encore vaillante ! Louis la regarde avec envie… Mais leur belle aventure sera pleine de dangers, car des hommes sans morale, malhonnêtes et avides sévissent sur le Tour. Un roman à rebondissements, sur fond de dopage, thème hélas toujours d'actualité.

ISBN: 978-2-35284-137-1 - format 15x22 - 120 pages 9 €

L’information du mardi : Des idées de polars …

Krimi, Une anthologie du récit policier sous le Troisième Reich (Anacharsis)

Textes choisis, présentés et traduits de l’allemand par Vincent Platini

Le roman policier allemand – ou Krimi – était prolifique sous le Troisième Reich. Longtemps dédaigné par les autorités, il recueillit des auteurs indociles et prit en charge la critique que la « haute » culture n’assumait plus.

Mais la censure se faisant de plus en plus pressante, et le régime cherchant à imposer le « bon roman policier allemand », les auteurs durent s’acclimater de diverses manières aux injonctions officielles.

Inédite en Allemagne même, cette anthologie se fait l’écho des disparités d’une littérature sous contrainte.

Si quelques écrivains vantent la police du Reich ou se conforment à l’idéologie nazie, d’autres trompent la censure en situant leurs intrigues hors des frontières nationales, ou en imaginant des confessions ironiques du criminel : car au fond, qu’est-ce que le crime et la justice dans une dictature ? Littérature populaire, le Krimi fait ainsi entendre une autre voix de l’Allemagne. Et s’il reflète le pouvoir policier au quotidien, il esquisse aussi un portrait du petit peuple et de la pègre – réelle ou fantasmée.

Mais surtout, il se révèle en actes un champ de bataille idéologique investi par des écrivains juifs, tel Michael Zwick, ou des résistants comme Adam Kuckhoff et John Sieg, qui payèrent leur engagement de leur vie.

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 17:33
La palette de l’ange de Catherine Bessonart (Editions de l’aube)

Après Et si demain Notre-Dame, son premier roman, j’étais curieux de lire son deuxième opus tant j’avais aimé son personnage principal Chrétien Bompard pour son cynisme et sa façon de détailler les travers de notre société. Ce roman est plus sérieux mais se distingue par la façon de mener son intrigue.

Un homme est retrouvé dans un sex-shop en plein Pigalle, assassiné de deux poignards dont les manches sont en verre ciselé et de couleur différente.

Chrétien Bompard trouve dans une forêt proche d’Orléans le corps d’un jeune homme qui s’est pendu. Alors que le corps est encore chaud, il cherche à le sauver mais échoue. Il n’entend pas qu’on vient derrière lui et reçoit un coup sur la tête.

Le commissaire va enquêter sur le mort de Pigalle, et obtient des indices qui le mènent vers un géant de plus de deux mètres. Or, une empreinte de pied dans la forêt est d’une taille de 50.

Et si ces deux affaires étaient liées … Quand d’autres meurtres sont perpétrés, l’énigme devient plus complexe et remonte dans un passé pas si lointain.

Là où le premier roman faisait la part belle aux personnages, plus décalés et déjantés les uns que les autres, où il nous permettait de faire la connaissance d’un commissaire bourru et irascible, parce qu’il avait décidé d’arrêter de fumer, où il nous assénait des réflexions bien senties sur les travers de notre société de consommation et les mauvaises petites habitudes des uns et des autres, ce deuxième opus nous fournit peu ou prou la même chose … mais différemment.

Le personnage Chrétien Bompard, qui nous gratifiait de remarques droles, cyniques et acerbes se retrouve en personnage tout le temps de mauvaise humeur. Je trouve qu’on y a perdu un peu au change. Mais on y a gagné du coté du style et de la construction de l’intrigue. Car le style s’est affermi, se faisant plus précis, plus efficace et l’intrigue est un véritable puzzle où l’auteure nous emmène exactement là où elle le veut.

Catherine Bessonart manipule le lecteur en ne nous montrant que le point de vue de Bompard, et en faisant avancer l’enquête par des séances de « brainstorming » qui concentre notre attention sur les idées données par les personnages et non pas sur la globalité de l’intrigue. Et ça marche très bien, on ne se rend compte de rien, on sourit, on rit lors de ces séances, et après coup, on se dit que c’est très bien fait, que les dialogues sont très réalistes et que l’on a passé un très bon moment en compagnie de Bompard, Machnel et Grenelle.

Voilà donc un nouveau personnage récurrent qu’il va falloir suivre, tant l’auteure tient toutes ses promesses, tant cette intrigue tordue nous amène à un dénouement ignoble dont on n’aurait pas eu la moindre petite idée en entamant le roman. Chapeau, Madame Bessonart, vous m’avez bien mené en bateau !

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 17:31
Lignes de sang de Gilles Caillot (Toucan Noir)

Je l’avais promis à son auteur, et donc j’ai tenu mon engagement … avec un peu de retard. Gilles, ce billet est pour toi, pour le plaisir que j’ai eu à dévorer ton roman, alors même que ce n’est pas mon genre de prédilection. Clairement, tout lecteur de thriller, de page turner comme on dit, va y trouver son compte car la construction de l’intrigue ainsi que ses personnages attachants font que ce livre est impossible à lâcher.

Evidemment, on a affaire à un serial killer, du genre de la pire espèce, du genre à enlever les jeunes femmes, les enfermer dans des caves et à les torturer longuement … avant de les tuer et de prélever leur utérus. Ce tueur est aussi très intelligent et s’amuse à laisser des indices comme pour le chat joue avec la souris. Et il faudra de sacrés personnages pour arriver à deviner l’identité de ce grand malade.

D’un coté, nous avons Richard Granjon, un écrivain qui pond des romans sentimentaux et qui veut changer de registre. Son ami de toujours Max lui propose de l’héberger dans sa résidence secondaire, dans les environs de Lyon, pour qu’il ponde un thriller digne de son talent. Mais dès que Richard emmènage dans la maison, un message anonyme lui dit que Max est son prisonnier et qu’il devra écrire les scènes de meurtre qu’il lui envoie par mail.

De l’autre coté, Jacques Depierre, lieutenant de police, est chargé de l’enquête sur un tueur qui a déjà à son actif trois meurtres. Ce jour là, c’est le quatrième corps qu’ils retrouvent. Voyant bien qu’il n’y arrivera pas avec la petite équipe mise en place, il demande à son supérieur des renforts et se voit confier Jean Dunoir. S’ils arrivent à assembler les pièces du puzzle, leur enquête avance à grands pas quand ils s’intéressent à Second Life, un jeu en temps réel sur Internet où les joueurs peuvent s’inventer une vie virtuelle … et même plus.

Je dois être honnête : le thriller, le page-turner ou tout roman où il s’agit de poursuivre un serial killer n’est pas ma lecture de tout les jours. Pour autant, j’en lis parfois, j’en chronique quelques uns quand je passe un bon moment. Et pour le roman de Gilles, je dois dire qu’il y a des moments où, imperceptiblement, les phrases vous font monter le rythme cardiaque.

Certes, le fait de finir les chapitres par des phrases ouvertes se veut une des façons de retenir l’attention, mais moi, je n’aime pas ça. Par contre, l’alternance des chapitres d’un personnage à l’autre, les phrases courtes et les chapitres qui ne dépassent que très rarement les 3 pages font que ce roman se lit très rapidement et que j’ai pris plaisir à suivre l’enquête de Jacques et les horreurs de Richard. Il est d’ailleurs à noter que Gilles Caillot évite les scènes gore inutiles, ce qui n’est pas pour me déplaire.

L’auteur se permet tout de même de poser certaines questions sur les auteurs de romans gore, mais aussi sur leurs lecteurs. Et il nous détaille ces mondes virtuels où tout peut arriver, même le pire. Même si le genre du roman ne se veut pas un réquisitoire contre Second Life ou les autres de ce genre, il n’en est pas moins qu’il pose de vraies questions.

Et puis, j’ai avalé les 200 dernières pages sans pouvoir m’arrêter, emporté par le rythme de folie, vers une fin tout à fait inattendue. Alors, vous qui êtes un fan de tueurs en série, d’histoires glauques et d’énigmes impossibles à résoudre, sachez qu’à coté du nom de vos idoles (souvent américaines), il vous faudra ajouter celui de Gilles Caillot, un très bon faiseur d’histoires.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 17:57
L’échiquier d’Howard Gray de Florent Marotta (Rouge Sang)

Que voilà un premier roman alléchant, que voilà un polar attrayant. Même si on peut y trouver quelques défauts, L’échiquier d’Howard Gray est un roman dans lequel on prend plaisir à suivre les aventures de Gino Paradio.

Gino Paradio est un ancien flic, qui a vu ses parents exécutés et qui a été viré de la police peu de temps après. Il s’est donc reconverti en détective privé, ou du moins comme il aime se faire appeler : agent de recherche privé. Alors, il passe ses journées à contenter les maris cocus en suivant les femmes infidèles, mais il garde toujours au fond de lui cette rage : celle de retrouver les assassins de ses parents et de les faire payer, et en particulier de retrouver et de tuer Sentino.

C’est là que débarque Arthy, son ancien pote pour lui proposer une affaire. Depuis l’attentat à la bombe dans le métro à la station Bastille, Racheed Al’Wesan, Iranien de nationalité, fait office d’ennemi public numéro Un. Pour ce faire, Arthy lui fournit les dossiers et les photos disponibles. Gino commence par les taches rébarbatives, mais arrive vite dans une impasse … jusqu’à ce qu’il accepte un diner chez sa concierge.

Fabienne lui fait un menu dont elle a le secret et ils en viennent à parler de l’affaire Al’Wesan. En regardant les photos, elle note au second plan de l’une d’elles, un panneau indiquant l’A10. En suivant cette piste, Gino débarque à coté de Rambouillet, et il apprend que l’homme de la photo ressemble comme deux gouttes d’eau à Mourad Alhami. Aidé par son ami Wired, un craker informatique, il va se lancer dans une aventure qui va très vite le dépasser.

Et vous allez me dire : « Et Howard Gray, dans tout ça ? ». Eh bien, il va vous falloir attendre la moitié du bouquin pour savoir qui il est. Et pour comprendre tout le pourquoi de cette machination infernale, il vous faudra patienter jusqu’à la fin … encore que le dernier chapitre vous réservera un retournement de situation fort bien trouvé. Car l’une des grandes qualités de ce roman est bien la maitrise de l’intrigue.

Mais commençons par les personnages : j’étais au début dubitatif comme à chaque fois que je suis confronté à quelqu’un qui veut se faire justice lui-même. Et si on prend plaisir à suivre Gino, on n’est pas là pour éprouver de la sympathie pour lui. Si sa soif de vengeance le motive, l’auteur a plutôt tendance à en rajouter un peu trop, à mon gout. Par contre, les deux autres personnages sont plus convaincants et ne sont pas laissés de coté, faisant partie intégrante des événements.

En fait, le début du roman, où seul Gino est au centre de la scène, m’a paru longuet, bavard mais dès que les deux autres personnages entrent en scène, le rythme s’élève et le plaisir de suivre les événements est au rendez vous. Cela se voit d’ailleurs par la taille des chapitres qui passent de 40 à 20 pages. Bref, outre ce petit défaut, je dois dire que j’ai été épaté par le scenario, et surtout par la façon que Florent Marotta a de nous amener à la scène finale.

Et je peux vous dire que la scène à l’assemblée nationale vaut le coup, et rien que pour elle, ce roman vaut le coup d’être acheté. Quand on ajoute à cela, un dernier chapitre tout simplement renversant et bigrement bien trouvé, ce roman s’avère un bon divertissement voire plus. Cet auteur s’avère un très bon inventeur d’histoire, sachant à la fois maitriser ses personnages, sa narration, son intrigue et ses dialogues. Je vous le dis : on va en entendre parler de ce nouvel auteur. Retenez bien son nom : Florent Marotta.

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 18:06
Le double portrait de George Pelecanos (Calmann-Levy)

Le dernier Pelecanos en date, Le double portrait, remet en selle ce personnage bien étrange et particulier que nous avions eu l’occasion de rencontrer dans Une balade dans la nuit. C’est une nouvelle occasion de se rendre compte, au travers de plusieurs intrigues emmêlées comment Pelecanos joue avec les codes, tout en détaillant la psychologie de Spero Lucas, son nouveau personnage récurrent.

Spero Lucas, d’origine grecque, est un vétéran de la guerre d’Irak. Mais il a trouvé le moyen de vivre de ses qualités qui sont de s’adapter à son environnement et de savoir s’entourer d’amis, sans pour autant oublier la famille. L’un de ses travaux est de faire l’enquêteur pour un avocat pénaliste qui, dès le début du roman, lui demande de faire le jour dans l’affaire Calvin Bates. Ce dernier est en effet accusé d’avoir assassiné sa maitresse. Alors que cela devrait être un crime passionnel, la voiture est retrouvée incendiée et on ne trouve aucune douille sur les lieux du crime.

Sa deuxième activité est de retrouver des objets précieux. Il demande en retour 40% de la valeur du bien. Alors qu’il va manger dans un restaurant de luxe, la serveuse lui parle d’une amie à elle, Grace Kinkaid. A la suite d’une aventure amoureuse malheureuse, on lui a dérobé un tableau d’une grande valeur sentimentale et vénale. Spero accepte l’affaire.

Tout cela ne serait ue du classique si, lors d’une soirée dans un bar, Spero ne tombait pas sur une femme splendide. Il lui offre un verre, elle lui laisse son numéro de téléphone. Elle s’appelle Amanda. Ils vont se retrouver, faire l’amour et Spero va tomber amoureux. Ce qui, pour un homme qui veut tout contrôler, va lui occasionner quelques déboires.

Si Une balade dans la nuit était un roman simple, se contentant de présenter Spero et ses qualités, celui-ci est plus complexe dans ses intrigues et va détailler la psychologie de ce personnage hors du commun. C’est un personnage complexe, marqué par la guerre et les meurtres qu’il y a commis. C’est un spécialiste de la débrouille, mais pas un MacGiver bis.

C’est un homme qui ne croit en rien, sauf en lui-même et en ses amis, sur lesquels il peut compter. Il montre une certaine assurance mais cherche à avoir le contrôle de sa vie. Alors, quand il tombe amoureux, il perd ses moyens et change de profil. Alors qu’il est plutôt solitaire de nature, il agit plutôt par instinct. En fait, Spero me fait penser à un animal, à un félin qui est libre de ses mouvements mais pour autant qui sait où chercher sa nourriture ou ses envies du moment.

Les intrigues se révèlent une fois de plus simples. Nous savons assez rapidement ce qui s’est passé dans le cas Calvin Bates, et nous avons rapidement affaire à un groupe ultra violent pour le vol de Grace Kinkaid. Mais, on sent poindre, dans le propos, la violence de la société américaine, et Spero se retrouve confronté à la même violence que ce qu’il a connu pendant la guerre.

Si pour autant, Pelecanos ne dénonce rien, il se veut surtout témoin de sa ville, Washington, et nous livre là un bon polar, avec ce style inimitable fait de petites descriptions qui vous immergent immédiatement dans un décor. Et tout le roman nous emmène vers un final, qui comme il se doit est explosif, très visuel et très violent. De l’adrénaline en poudre ! Alors, Lucas Spero, je t’attends pour ta prochaine affaire. Tes aventures sont un vrai plaisir de lecture.

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 13:25
Le gagnant des 5 ans de Black Novel

Le gagnant du roman Les rues de Santiago de Boris Quercia (Asphalte) se nomme Alexandre Burg.

Félicitations à lui et merci aux dizaines de millions de participants.

Je vous rappelle la quatrième de couverture :

Cette année, ce sera Les rues de Santiago de Boris Quercia (Asphalte). La quatrième de couverture est celle-ci :

Il fait froid, il est six heures du matin et Santiago n’a pas envie de tuer qui que ce soit. Le problème, c’est qu’il est flic. Qu’il est sur le point d’arrêter une bande de délinquants, dangereux mais peu expérimentés, et que les délinquants inexpérimentés font toujours n’importe quoi… Après avoir abattu un jeune homme de quinze ans lors d’une arrestation musclée, Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili, erre dans les rues de sa ville en traînant son dégoût. C’est ainsi qu’il croise le chemin de la belle Ema Marin, une courtière en assurances qui semble savoir beaucoup de choses sur son passé…

Mon billet coup de cœur est ici.

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 18:03
L’hexamètre de Quintilien de Elisa Vix (Rouergue Noir)

De Elisa Vix, j’ai lu La nuit de l’accident, un roman que j’ai bien aimé (et que je devrais chroniquer un de ces jours), et Rosa Mortalis qui m’a permis de faire connaissance avec son policier récurrent Thierry Sauvage. Ce roman est, comme La nuit de l’accident, un roman orphelin, un roman qui fait passer de fortes émotions. Le lieu unique de ce roman est un immeuble, et nous allons suivre l’intrigue à travers les témoignages des différents habitants. C’est donc un roman choral FORMIDABLE !

Dans un petit immeuble haut de quatre étages …

Lucie est journaliste free-lance, parce que free-lance, ça fait mieux que pigiste …

Pierre est médecin de nuit. Depuis la perte de sa femme, morte d’un cancer, il a des problèmes de conflits avec son fils adolescent Kevin …

Marco est gérant d’un Apple Store, c’est le playboy du coin …

Leila est une jeune mère qui doit élever ses deux enfants en bas âge, qu’elle a eu de deux pères différents …

Yanis, c’est le nom de l’enfant de Leila que les éboueurs retrouvent dans un sac poubelle, un sale matin. Il a reçu de violents coups à la tête.

Le commissaire Beethoven va enquêter sur ce meurtre.

Elisa Vix va tenter de répondre à cette question en utilisant l’hexamètre de Quintilien, qui est une série de questions qui doivent permettre à tout journaliste (et donc à nous même) de comprendre ce qui s’est passé. Les questions, au nombre de six sont : Qui ? Où ? Quoi ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?

Ce roman est très fort, émotionnellement parlant. Parce qu’il touche une corde des plus sensibles (la mort d’un nourrisson), parce que le fait divers dont il est question est sordide (le corps est emballé dans un sac poubelle), parce que les personnages sont comme vous et moi. De Lucie qui cherche un sujet de reportage pour boucler ses fins de mois, de Pierre qui a du mal à concilier sa vie professionnelle et personnelle, de Kevin un adolescent qui a du mal à faire face à ses drames personnels, de Marco le dragueur sans vergogne, tous sonnent juste. Et même si Elisa Vix ne fait pas varier son style d’une personne à l’autre, elle écrit avec la simplicité des gens simples, communs. Et les faits qu’elle relate sont d’autant plus frappants.

Car le roman est fait de trois parties. La première relate à travers les yeux de chacun des protagonistes l’enquête relative à la découverte du petit corps. La commissaire Beethoven intervient peu, ponctuellement, mais malgré cela, cette partie se termine par une conclusion aberrante. La deuxième est plus calme, je dirai même que c’est le calme avant la tempête, puisque l’on y voit la vie des habitants de ce petit immeuble, les uns interagissant avec les autres, et on ne voit pas bien où l’auteure veut en venir. Mais c’était sans compter sur la conclusion et cette troisième partie terrible (et je pèse mes mots) qui vont en émouvoir et en horrifier plus d’un.

Vous l’avez compris, ce roman, bien qu’il possède une trame policière, un contexte de roman noir, s’avère un formidable roman choral dramatique, qui nous fait nous poser bien des questions après avoir tourné la dernière page dont celle-ci : Et nous, à leur place, qu’aurions nous fait ?

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