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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 18:27

Pour être honnête, je vais prendre une petite semaine de vacances. Mais il est hors de question de ne pas vous donner quelques devoirs de vacances, sous la forme d’une lecture commune ouverte à tous.

Anges-dechus-copie-1.jpgAprès Un nommé Peter Karras de Georges P. Pelecanos et de Lune captive dans un œil mort de Pascal Garnier, voici donc la troisième édition. Après un auteur américain, un auteur français, ma proposition est donc un auteur nordique. Et pas n’importe qui : Gunnar Staalesen.

Gunnar Staalesen est un auteur norvégien de romans policiers, né le 16 octobre 1947 à Bergen. Ses romans mettent en scène Varg Veum, un ancien salarié de la Protection de l'Enfance devenu détective privé après avoir eu la main un peu trop lourde sur un dealer, et qui s'occupe désormais d'aller chercher des fugueuses jusqu'à Copenhague ou d'enquêter sur des meurtres, non sans que son grand ennemi de la police de Bergen, Muus, lui mette des bâtons dans les roues. Varg est divorcé, ressasse encore et toujours ses déboires passés et présents avec la gent féminine, tout en noyant ses pensées dans l'aquavit (Source Wikipedia).

Après consultation des « experts » sur le sujet dont Cynic, ce tome là est son meilleur, celui qu’il ne faut rater sous aucun prétexte. Il est disponible aux éditions Folio, ce qui est mon objectif pour ces lectures communes : proposer un livre de poche pour que cela ne coûte pas trop cher.

Que vous soyez blogueurs ou simples lecteurs, lancez vous dans cette aventure. Il suffit de me signaler votre participation via un commentaire ou le mail inscrit sur cette page, et sur une page dédiée à cet effet, vos noms ou pseudo seront notés. Les liens vers les articles des blogueurs seront ajoutés, ainsi que pour les non blogueurs leurs commentaires et avis.

Cette opération, totalement bénévole de ma part, se terminera le 25 mars 2012. Alors, n’hésitez pas, rejoignez cette grande aventure noire.

Le sujet :

Anges déchus-copie-1A l'enterrement de Jan Petter, un ancien camarade de classe, Varg Veum retrouve de vieux copains. Il part faire la tournée des bars avec Jakob, et se remémore le bon temps, celui de l'insouciance, des premières amours - Varg sait qu'il n'oubliera jamais Rebecca -, et des Harpers, le célèbre groupe de rock dont faisaient partie Jakob, Jan Petter, Johnny et Harry. Voilà que ceux-ci meurent les uns après les autres. Plus ou moins assassinés, Veum s'échine à découvrir quel drame, en 1975, a provoqué la séparation du groupe. Et par la même occasion à retrouver la femme de Jakob, car celle-ci a quitté le nid conjugal du dernier survivant des Harpers. Varg avait presque oublié que c'était Jakob qui l'avait épousée. Rebecca.

Avis aux amateurs de polars ! rejoignez nous. Le record à battre est de 13 participants !

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 19:04

Dernier contratJ’avais lu les trois premiers romans de cette nouvelle collection, Vendredi 13 des éditions de La Branche. C’était Samedi 14 de Jean Bernard Pouy, L’arcane sans nom de Pierre Bordage et Close Up de Michel Quint. La seule contrainte est de situer l’intrigue un vendredi 13. Ce roman s’avère bigrement passionnant.  

Jodeph Victor débarque dans un petit hôtel de province. Avec ses gestes de maniaque, il prend une chambre, se douche, et se change. Puis il sort, à la nuit tombée pour rejoindre son lieu de rendez vous. Armé de son pistolet, il pénètre dans une ferme où il découvre un cadavre, celui de Luc Mornais, assassiné d’une balle dans la tête. Il embarque une grosse liasse d’argent quand il s’aperçoit que deux hommes arrivent. Après une course poursuite, ils les abat puis retourne à Paris.

Là bas, il va fouiller l’appartement de Luc Mornais. Le pays est en proie à la révolution, après un scandale politique qui mouille toutes les strates de l’état. Le peuple suit aveuglément un mystérieux personnage qui s’appelle Frère-La-Colère, et qui diffuse à la télévision des messages haranguant la foule à se soulever. Victor fouille consciencieusement l’ordinateur et lit sur une revue le nom d’un des amis de Mornais : Esposito. A Barcelonnette, il part à la recherche de ce Esposito et se retrouve chargé d’exécuter un dernier contrat difficile par Frère-La-Colère. En tant que tueur à gage, il va donc respecter son engagement.

Ce roman commence sur des chapeaux de roue. Dès le départ, ça part à 100 à l’heure, les gestes sont minutieux, pleins de petites habitudes, comme de petites superstitions. Car Victor est certes un tueur à gages, mais il n’a jamais échoué. Agé de la quarantaine, alcoolique, il est très prudent, peu amène, parle peu sinon par des questions et très détaché vis-à-vis des gens autour de lui.

Tout est dans le style : L’auteur décrit tout ces gestes, tous les petits détails qui font que Victor est si fort. Les phrases sont saccadées, le choix des mots précautionneux, le ton est froid, et les émotions sont laissées au placard. Cela en fait un roman hyper efficace, qui ne s’éternise pas sur des descriptions qui lasseraient le lecteur, pour laisser la place au sujet du livre, au vrai sujet du livre.

La France a dépassé le bord du chaos. Olivier Maulin nous montre comment, avec une logique simple, une goutte d’eau embrase le pays. Et comment, avec quelques personnes fortes en technologie, on peut manipuler les gens. Que ce soient les scènes dans la rue, sur les barricades, ou les scènes plus simples avec la garde rapprochée de Frère-La-Colère, Olivier Maulin excelle à instiller le doute, tant tout cela semble vrai. Et le style qui paraissait froid au début devient journalistique, factuel, hallucinant devant ces scènes de destruction.

Il ne faut pas y chercher de message, ni bons ou méchants qui viendraient nous guider dans cette intrigue. J’y ai trouvé une vraie réflexion sur comment un pays peut basculer, sur pourquoi tout peut s’embraser. Et la fin, très étonnante, qui apparaît dans les toutes dernières pages, finit par nous démontrer que l’auteur, sous des couverts de divertissement, nous aura bien fait réfléchir. Cela en fait, à mon goût, bien plus qu’un bon polar divertissant.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 11:00

Ça y est ! Les nouveautés Jigal débarquent. Et pour démarrer 2012, ce n’est un, ce ne sont pas deux, mais bien trois polars qui arrivent. Et pas de petits noms, s’il vous plait. On y trouve le dernier Janis Otsiemi, un de mes chouchous, qui écrit des romans noirs avec ce petit quelque chose dans le style, ces petites phrases typiquement issues de Libreville qui font la différence. On y trouve le dernier Maurice Gouiran, que j’ai découvert l’année dernière avec Train bleu, Train noir et que j’ai hâte d’ouvrir. Il y a enfin, un recueil de nouvelles, qui rien qu’avec son titre, mérite que l’on s’y arrête. Mais voyons de quoi il en retourne :

Le chasseur de lucioles de Janis Otsiemi :

Chasseur-de-lucioles.jpgÀ Libreville, une prostituée est découverte sauvagement assassinée dans un motel de la périphérie. Les agents de la PJ — de fidèles abonnés des bordels de la capitale — pensent tout d’abord à un crime de rôdeur… Quand une seconde fille est retrouvée égorgée dans un autre hôtel du quartier, les policiers sont encore loin d’imaginer qu’ils ont affaire à un client bien décidé à nettoyer la ville de toutes ses lucioles… Celui qui te veut du mal la nuit a commencé à t’en vouloir le jour. C’est dans ce climat de psychose générale que les gendarmes de la DGR enquêtent de leur côté sur le braquage d’un fourgon de la Société Gabonaise de Sécurité dont le butin de plusieurs millions de francs CFA attise bien des appétits…

Tous les détails sont ici : http://polar.jigal.com/?page=liens&p=99

 

Et l’été finira de Maurice Gouiran :

Et-l-ete-finira.jpgNous sommes à la fin de l’été 1973. Clovis, qui vient de terminer ses études et de décrocher un premier job à Paris, s’accorde un mois de vacances du côté de Marseille. Au programme : le soleil, la mer, les filles et les copains... Mais en août, le climat de la ville se détériore brutalement suite à l’assassinat d’un chauffeur de bus par un déséquilibré nord-africain. Meurtres et ratonnades vont dans les semaines suivantes pourrir l’atmosphère de la cité phocéenne… Règlements de comptes entre bandes ou résurgence de la xénophobie… ? La police enquête mollement, la presse souffle sur les braises et la rue réagit violemment. C’est en cherchant à élucider le meurtre de son ami Ali que Clovis va se retrouver très vite au centre de la cible…

Tous les détails sont ici : http://polar.jigal.com/?page=liens&p=97

 

Les auteurs du noir face à la différence :

Auteur-du-noir-face-indifference.jpgLa détresse d’une femme amnésique, une tragique balade en mer, un ange qui tue, les sévices ou la solitude, le sacrifice de jeunes albinos en Afrique, un racket infernal, le piège d’une pickpocket, un dingue du scalpel, la bête humaine, le drôle de journal intime d’une petite fille autiste… 15 auteurs, 15 talents, 15 histoires très noires pour illustrer la différence et décrire ce terrible regard qui pourrit la vie de toutes les victimes d’une discrimination. Déroutant, dérangeant, parfois insoutenable, voici un recueil à lire et à partager avec émotion, parce que derrière ces histoires, il y a toujours quelqu’un qui souffre et en crève… Noir, intense et engagé !

Les 15 auteurs de ce recueil à ne pas manquer sont : Nicolas Sker, Sophie Loubière, Laurence Biberfeld, Valéry Le Bonnec, Patrick de Friberg, Hervé Sard, Elena Piacentini, Sébastien Gendron, Gaëlle Perrin, Paul Colize, Michel Vigneron, Thierry Brun, Fabien Hérisson, Bob Garcia, Maxime Gillio.

Tous les détails sont ici : http://polar.jigal.com/?page=liens&p=98

D'ailleurs, allez voir le coup de coeur du concierge masqué.


Alors, il n’y a plus à hésiter et à se précipiter chez son libraire. Et au cas où vous pourriez oublier, Black Novel se chargera de vous le rappeler !

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 19:43

balance dans les cordesCoup de cœur ! Le voici, le voilà, le deuxième roman de Jérémie Guez, ce jeune auteur qui a sorti une première bombe l’année dernière avec Paris la nuit. Balancé dans les cordes est aussi le deuxième tome de sa trilogie consacrée à Paris.

Tony est un jeune homme qui vit à Aubervilliers, avec sa mère, qui se prostitue. La journée, il est garagiste chez son oncle, le soir il se donne à fond dans ses entraînements de boxe. C’est son oncle qui l’amené au gymnase pour apprendre à se défendre à l’école. Il va bientôt toucher du doigt son rêve, son nirvana, devenir boxeur professionnel et son premier combat est prévu pour dans un mois.

Il aime aussi les lumières de la ville, la nuit, parcourant les rues de Paris à bord de sa moto, seule folie qu’il s’est accordé, seule étoile de liberté dans une exigence terne et grise. Lors d’une de ses virées, il sauve une jeune femme, Clara,  qui se faisait agresser par des jeunes. Il la raccompagne chez elle, et il se prend à rêver d’amour.

Au cours de ses entraînements, un mafieux le regarde avec attention ; c’est Miguel. Accompagné de son garde du corps et de son frère attardé, il se prend d’affection pour Tony et lui dit qu’il peut compter sur lui en cas de problèmes. Tony, qui gagne son premier combat, va retrouver Clara mais au retour, il s’aperçoit que sa mère a été tabassée par un de ses clients. Tony va aller demander l’aide de Miguel et entamer ainsi sa descente aux enfers.

Forcément, quand on attaque le deuxième roman d’un auteur que l’on a adoré, on est fébrile. Est-ce que ça va être pareil, ou complètement différent ? Le sentiment qui va prédominer va-t-il être l’exaltation ou la déception ? Jérémie Guez a décidé de faire un roman complètement différent. Aux ambiances grises et glauques du premier, il opte pour le portrait d’un jeune homme qui se débat pour sortir de sa boue quotidienne. Aux longues phrases poétiques, il répond par un style haché mais bien écrit, efficace et des dialogues qui font mouche.

L’intrigue, elle, est toujours aussi prenante même si elle suit finalement les classiques du genre. C’est une descente aux enfers, un homme rattrapé par son milieu, un homme qui rêve des lumières mais qui retombe dans les limbes fantomatiques et violentes de la banlieue. C’est un roman noir donc il ne faut pas y chercher de rédemption ni d’espoir.

Ce roman est clairement plus abouti particulièrement dans le portrait de Tony, mais aussi dans les personnages secondaires (qui ne le sont pas). C’est un personnage touchant, par sa volonté, par ses rêves, mais aussi par son destin inéluctable : lui qui est promis à un avenir essaie de ne pas dévier de sa trajectoire mais il se retrouve malmené, comme un boxeur, envoyé dans les cordes.

Il y a bien son ange salvateur, Clara, il y a bien Moussa, son voisin trafiquant de drogue qui l’a initié à la boxe et qui lui donne des conseils pour revenir dans le droit chemin. Mais sa destinée était toute autre, et il ne la suit pas par facilité, mais par manque de réaction aux moments opportuns. Ceci dit, dans son environnement, il n’avait pas forcément le choix. Tony ressemble finalement à une boule de flipper qui va tomber dans le trou.

Dès les premières pages, on est pris par ce que raconte Tony car c’est écrit à la première personne du singulier. Il ne laisse transparaître que peu d’émotions, sauf quand il combat. Là, l’adrénaline monte et ce sont les seuls moments où il est conscient, de lui, de sa vie, des actes qu’il doit accomplir. C’est un formidable portrait de loser, passionnant à suivre, et c’est un coup de cœur très mérité !  

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 19:36

Battez les tambours ! Voici venir sur Black Novel une nouvelle invitée. Rencontrée virtuellement sur un site social (comme on dit), amateur de polars, et douée pour donner son avis. Alors, bien entendu, n’écoutant que mon amour pour le polar, je lui ai proposé de venir, quand elle veut, quand elle peut, pour parler des romans qu’elle a adoré. Je pourrais appeler cela « Les chroniques de Foumette » mais je préfère faire du lobbying pour qu’un jour béni, elle se décide à créer son propre blog. En attendant, c’est Black Novel qui profite de ses avis, et voici donc Interrogatoire de Thomas H. Cook par Foumette :

 

Interrogatoire.jpgUn excellent thriller très captivant qui vous plongera au coeur des ténèbres de l'âme humaine. Un meurtre atroce, celui d'une petite fille de 8 ans, un suspect est arrêté mais il n'y a pas de preuves, ni de témoins et surtout aucune trace ... que celui-ci soit bien le meurtrier.

Oui mais, ce suspect était présent non loin du drame, c'est un SDF, un gars qui vit dans un tunnel, un exclu de la société, un éclopé de la vie.

Une seule solution pour que justice soit rendue, le faire avouer à tout prix et ce, avant de devoir le relâcher. Il ne reste donc que 12 heures à ces inspecteurs pour avoir ses aveux car il est clair pour ceux-ci qu'il est coupable.

Démarre alors un interrogatoire d'une extrême tension.

InterrogatoireUn récit saisissant où le doute s'immisce, se glisse et finit par s'installer au fil des pages. Comme le fait si bien Thomas H. Cook, on se retrouve plongé dans la noirceur, dans la part d'ombre de ses personnages, des hommes en souffrance que le passé rattrape et où se mêlent regret et culpabilité.

Ce SDF est-il coupable? 

Pourquoi a-t-il ce comportement étrange?

Pourquoi ne veut-il pas parler de son passé?

Qui est cet homme qu'il dit avoir vu observer la petite fille?

Ce seront les questions qui vous hanteront tout au long de ce récit ficelé de main de maître. Sans compter une fin qui vous laissera sans voix !

Une fois ce récit achevé...il restera dans votre esprit et ne vous quittera pas de si tôt.

Un bon conseil, lisez-le!

 

Ouah ! Je vais le ressortir illico presto de ma bibliothèque ! Trop envie de le lire ! Merci Foumette !

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:25

Ameres thunesVoici une des nouvelles parutions des éditions Krakoen. Récemment, je vous parlais du dernier roman de Hervé Sard, Le crépuscule des gueux, voici donc le dernier roman de Zolma, Amères thunes.

Rémy Baugé a la chance de rencontrer Raoul Trille, qui vient de créer un supermarché de proximité. Alors qu’il n’a pas de formation particulière, il est chargé des achats et fait vivre les artisans du coin. Jusqu’au jour où Raoul Trille part en retraite et que débarque le nouveau maître des lieux, Jean-Edgar de Fourchon, un jeune homme surdiplômé, qui va apporter sa nouvelle loi, et instaurer l’amélioration de la rentabilité à tout prix.

Rémy est tout d’abord remis en cause dans ses pratiques d’achats, arguant qu’il doit acheter moins cher, en Chine ou en Inde. Puis, il est chargé des sales besognes et en particulier de débarrasser le supermarché de jeunes voleurs de caddie ou bien, plus grave encore, de diminuer la masse salariale.

Il va donc, au nom de sa propre survie, participer à l’éviction de certains de ses ex-collègues. Puis, la spirale infernale s’enclenche. Le supermarché devient une enseigne de hard-discount, et ce qui devait arriver arriva : Rémy se fait virer comme un malpropre. Il met alors au point sa vengeance : monter un casse pour toucher les actionnaires là où ça fait le plus mal : l’argent.

Epatant ! Si on doit résumer ce polar en un mot, c’est bien celui là. Car ne connaissant pas (encore) l’œuvre de Zolma, j’ai été plus qu’agréablement surpris, j’ai été carrément passionné par cette lecture. Car quand on a une bonne histoire, une excellente intrigue et qu’on sait la raconter, le lecteur prend son pied. C’est mon cas.

Epatant ! Malgré la petite vingtaine de chapitres, on peut découper ce roman en trois actes. Le premier décrit comment, au nom du profit, on dégrade, démolit, détruit une paisible supérette de campagne. La façon de décrire ce passage est tellement logique et implacable que c’en est révoltant. La deuxième concerne la vengeance et là on entre dans un polar plus classique mais fort enlevé par le rythme des rebondissements et l’inventivité des situations. La troisième, c’est l’après vengeance, et là on plonge dans le noir, le roman noir pur et dur, celui qui suit la logique de la vie et pas celle des sentiments, sans aucune pitié.

Ameres thunesEpatant ! Les personnages sont formidables, Zolma, outre sa fluidité de style, est très à l’aise dans tous les domaines. Que ce soient les situations, les dialogues, les scènes « animées », les passages intimistes, tout y est efficace. Pas de lourdeurs, pas de chapitres interminables, mais toujours une foultitude de scènes toujours inventives qui relancent et font avancer l’intrigue.

Epatant, je vous dis : un polar à la trame plutôt classique, mais bien ancré dans la réalité d’aujourd’hui, avec des personnages attachants, des rebondissements inattendus, des éclats de rire aussi avec certains retournements de situation; un polar qui sous ses dehors de divertissement, va un peu plus loin, celui de pousser les gens à bout ; un polar qui montre que nul n’est blanc, ni noir, mais quelque part entre gris clair et gris foncé. Un polar à ne pas rater, tout simplement.

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 11:00

Rien à voir avec la Saint Valentin !

Une nouvelle collection noire est née. Elle vient des éditions des Ragosses. Depuis janvier 2012, cette collection de romans/récits policiers intitulée "Noire des Ragosses" propose deux titres que je vous présente en détail : Ne laisse pas la mer t'avaler de Alain Jégou et Grosse déglingue de Jean Kergrist. Ces deux titres semblent être des romans originaux, l’un plutôt poétique, l’autre plutôt comique déjanté.

Ne laisse pas la mer t'avaler de Alain Jégou

Ne-laisse-pas-la-mer-avaler.jpg"Nous sommes sur les côtes de la Bretagne Sud où les conditions météorologiques sont particulièrement rudes en cet automne 1976. Yann Le Flanchec, un être exalté et impulsif, mal dans sa vie à terre, décide de prendre le large en embarquant sur un bateau de pêche de Concarneau. Sa compagne Claire, étudiante aux Beaux-Arts de Lorient, subit les assiduités exaspérantes d’un de ses camarades de classe. Un jour la confrontation tourne au drame… Tempêtes, accidents, crimes, naufrages… Le couple va devoir faire face à la perversité de quelques personnages qui font la loi dans la région et à de multiples événements qui vont, en quelques jours, complètement bouleverser leur vie."

« La guitare d’Hendrix projetait des myriades d’émotions dans le ciel moucheté d’étoiles. La nuit s’était soudainement avachie sur la ville. Lassée des vents du large et des pluies tapageuses, elle avait opté pour une solution de repli hivernal : petite bise, ciel dégagé et fraîcheur bien sentie. Les doigts du musicien chatouillaient le chagrin pour éclairer la vie à sa façon à lui. Tout en sensualité et gimmick effronté, le ton était donné pour un transport gratos en quelque ailleurs frondeur. »

 

Grosse déglingue de Jean Kergrist

Grosse-deglingue.jpg"Dans une petite ville de province, les élections municipales approchent. Chris Ratoustra, maire sortant, ancien vidangeur de latrines, est persuadé que les élections se gagnent en faisant la tournée des bars. Le thème de sa campagne : «Santé et propreté urbaine». Un cinquième mandat lui est acquis. Yvonne, mémé de 84 ans, glisse sur une crotte de chien et se casse le col du fémur. Furieuse, elle décide d’attaquer la municipalité pour négligence, avec demande d’indemnités à la clef. Pour son avocat, tous les moyens sont bons. Il embauche sa charmante nièce, Kat, pour séduire le maire. Malheureusement, durant le carnaval, ce dernier est agressé. Des suspects? Dans une ville où tout le monde ment et où faux jetons, faux culs et vrais salauds brouillent ce qui reste de repères, ils peuvent être partout, précipitant un vernis d’ordre vers la grosse déglingue. "

« Construire l’intrigue d’un polar n’est jamais bien sorcier. Je te fous un bon gros meurtre au chapitre un. J’imagine plusieurs présumés coupables au chapitre deux. Un commissaire, si possible anar, décontracté et finaud, aux pompes mal cirées, naviguant de suppositions en rendez-vous galants, chapitre trois et quatre. Après plusieurs fausses pistes — chapitre cinq – on pressent que le vrai coupable n’est pas du tout celui qu’on attendait, chapitre six. Cette surprise finale, destinée à corser la chute, signe l’auteur de polar professionnel. […] De la lessive récurrente pour vingt ans dans les laveries de gare et les stations d’autoroute. »

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 20:02

GenesisC’est Stéphane Bourgoin, le célèbre criminologue français et Isabelle Longuet co-animatrice du site Au troisième œil, qui ont attiré mon attention sur ce roman, à coté duquel je serais sûrement passé. C’est un roman qui tient toutes ses promesses, un grand format qui mérite un succès grand public.

Judith, la soixantaine, rentre d’une soirée avec son mari Henry, avec lequel elle est mariée depuis quarante ans. Elle passe en revue sa vie, sa famille et divague lentement quand son mari fait un écart sur la route et qu’un choc vient frapper la voiture. Ils viennent d’écraser quelqu‘un ! Aux urgences de l’hôpital d’Atlanta, Sara Linton, ancienne médecin légiste de Grand County s’occupe d’une agente du Georgia Bureau of Investigation, Faith Mitchell, qui vient de faire une syncope. Elle est accompagnée par Will Trent son coéquipier. Sara examine les résultats des examens, et annonce à Faith qu’elle est enceinte et qu’elle est atteinte du diabète.

Les deux agents s’occupent ensuite de l’accidentée, et découvre un corps martyrisé, affamé, déshydraté, torturé pendant plusieurs jours, avec de nombreuses plaies infectées. Cette jeune femme, qui respire difficilement, semble prononcer son prénom : Anna. Will laisse alors Faith pour retourner sur les lieux de l’accident. En cherchant à passer au travers des forces de police locale, il trouve une caverne, cachée par une planche sous les feuillages. A l’intérieur, il trouve une incisive qui démontre qu’il y a eu une autre victime. Un peu plus loin, en effet, il découvre le corps d’une deuxième jeune femme, dans un arbre, morte.

Mais qui peut être sadique à ce point pour torturer des jeunes femmes pendant plusieurs jours, sans leur laisser ni à manger, ni à boire ? « Comment se fait-il que plus une femme est belle, plus le crime est atroce ? »

Voilà un roman qui porte bien son genre et qui le revendique : c’est un thriller, un pur thriller, un dur thriller ! Et je ne peux que reconnaître le talent de son auteur. Je ne suis pas fan de thriller, je n’aime pas les scènes violentes et sanglantes, mais je dois dire que toutes les recettes du thriller sont là, et c’est orchestré de main de maître. Amateurs de frissons, ne passez pas votre chemin.

Karin Slaughter parle de la violence faite aux femmes, elle parle du coté noir de l’âme humaine, et surtout, elle nous renvoie à notre désir de sang, en tant que voyeur. Je trouve qu’il y a quelque chose de malsain à lire ce genre de livre, à nous faire rentrer dans la peau des personnages et à nous montrer des tortures que seul un esprit totalement malade peut imaginer.

Et si le livre fonctionne si bien, c’est parce que Karin Slaughter décrit la psychologie de ses personnages avec force de détails, n’hésitant pas à parler de leur passé, de leur famille, de leurs relations. Cela peut paraître un peu long, parfois inutile, mais c’est pour mieux nous asséner un coup derrière la tête avec une scène choc. L’auteur est aussi douée pour les scènes intimistes, que les scènes de violence que les scènes de tension. Alors, oui, c’est un sacré pavé, j’ai sauté quelques passages trop violents (les autopsies), mais j’ai été ému par certains passages, j’ai frissonné avec Will dans la caverne, j’ai compati et j’ai été révolté devant cette violence ignoble. Parce que Karin Slaughter met beaucoup de cœur dans son livre, beaucoup de persuasion, beaucoup d’émotion, beaucoup de noirceur dans sa vision de notre société.

Si je peux regretter ce rythme inhérent au genre, d’alterner les scènes choc avec les scènes tranquilles, l’ensemble est tout de même une sacrée expérience, et en ce qui me concerne la découverte d’un auteur qui défend sa cause avec courage, et qui permet de remporter l’adhésion grâce à ses intrigues et son style convaincants. Si vous êtes amateurs du genre, celui-ci est à placer au dessus de la pile. Genesis est tout simplement impressionnant.

A noter que Karin Slaughter se bat pour la défense des libraires et des bibliothèques. Vous pouvez lire le détail chez Livresque du noir.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 19:52

Meurtre aux poissons rougesJe n’avais jamais lu de roman de Andrea Camilleri, mais par contre, j’adore carlo Lucarelli. Alors, quand les deux s’allient pour un polar au titre énigmatique, pas question de passer au travers !
A Bologne, de nos jours. Un homme est retrouvé assassiné chez lui par sa voisine. Il se nomme Arturo Magnifico, et il est allongé dans sa cuisine, étouffé par un sac plastique autour de la tête. A coté de sa tête, trois poissons rouges morts gisent sur le carrelage. Sur le cadavre, il manque une chaussure. Comme Arturo est allergique aux poissons, il est étrange de le trouver en compagnie de ceux-ci.
La policière Grazia Negro va enquêter sur cette affaire. Elle va demander de l’aide à Salvo Montalbano, célèbre commissaire sicilien. Elle va donc lui écrire pour lui décrire la scène du crime. Celui-ci va refuser la collaboration, car Grazia a inclus dans sa lettre des pièces officielles du dossier et il ne veut pas être impliqué dans un détournement de documents. De plus, sa compagne Livia est très jalouse.
L’enquête de Grazia va déranger du monde. Elle échappe à un attentat, quelqu’un ayant coupé les freins de sa voiture. Elle s’en sort pour quelques jours d’hôpital. La correspondance entre les deux policiers va continuer, utilisant les subterfuges les plus originaux pour que les lettres ne soient pas interceptées. 
Il vaut mieux ne pas en dire plus sur l’intrigue de ce livre qui comporte 150 pages, au risque de dévoiler la qualité de l’intrigue. Car ce roman est tout simplement remarquable, autant par l’intrigue, relativement simple, mais menée avec brio et avec une facilité déconcertante, que par la qualité de l’écriture qui nous fait progresser dans l’histoire passionnante avec beaucoup d’humour.
Car l’originalité de ce roman réside bien dans sa construction. Elle est faite de correspondances, d’extraits du dossier, de morceaux d’articles de journal ou de retranscriptions d’interrogatoires. Malgré cet aspect décousu, les deux auteurs arrivent à nous prendre par le bout du nez et nous empêchent de lâcher le bouquin avant qu’il soit fini.
Et on imagine bien la joie, l’euphorie des deux auteurs, qui ont construit le roman à distance, faisant comme leurs deux protagonistes principaux, en profitant pour glisser quelques croche-pattes, pour insérer des défis à son ami-co-auteur-concurrent-adversaire. Rarement je n’ai lu un roman aussi original, aussi bien construit, aussi passionnant. Chapeau, messieurs !

A noter le coup de coeur de l'ami Claude ici

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 12:30

Les éditions Encrage éditent des livres études consacrées au polar. C’est Oncle Paul qui a attiré mon attention, en m’envoyant fort gentiment celui consacré à Léo Malet. Vous ne connaissez pas Léo Malet ? Vous devez connaître Nestor Burma, le célèbre détective, popularisé par Guy Marchand sur le petit écran.

Leo-Malet.jpgDans le volume Léo Malet, Parcours d’une œuvre de Alfu, on y trouve une analyse fort détaillée de l’œuvre et de l’homme, qui permet de compléter tout le plaisir que l’on peut avoir à parcourir une enquête de Nestor Burma. On y trouvera une biographie détaillée, le détail de toutes ses œuvres, puis la façon dont la critique accueillit les romans de Nestor Burma. Cet ouvrage est complété par une bibliographie argumentée.

Au-delà de l’aspect analyse universitaire de cet ouvrage, on ressent toute la passion et l’admiration que Alfu porte à Leo Malet. Un ouvrage de passionné, certes, mais qui rapidement parvient à nous passionner, nous amateurs de romans noirs et polars. En tout état de cause, c’est une analyse qui force le respect.  

Sur la quatrième de couverture, vous pourrez y lire :

Léo Malet (1909-1996) est le père de Nestor Burma, le premier grand détective privé de la littérature française, immortalisé à l´écran et en bande dessinée. Son parcours, de la poésie surréaliste au roman d´énigme noir, se caractérise par une personnalité littéraire hors du commun. Véritable figure tragique, c´est seulement à la fin de sa vie, abandonné par l´envie d´écrire, qu´il connut le succès que mérite son œuvre.

Après Fantômas, les séries d´espionnage et Gaston Leroux, Alfu (Alain Fuzellier), fondateur et directeur de la revue Encrage puis d´Encrage Edition, continue d´explorer la littérature « populaire » et son influence sur l´imaginaire de notre temps.

Dans la même collection, vous trouverez entre autres (informations trouvées sur Internet) :

1.  Gaston Leroux, parcours d'une oeuvre par ALFU

2.  Jules Verne, parcours d'une oeuvre par Daniel COMPÈRE

3.  Le Masque, histoire d'une collection par Anne MARTINETTI

4.  Raymond Chandler, parcours d'une oeuvre par Jean-Paul SCHWEIGHAEUSER

5.  Dashiell Hammett, parcours d'une oeuvre par Nathalie BEUNAT

6.  Georges Simenon, parcours d'une oeuvre par Bernard ALAVOINE 

7.  H. G. Wells, parcours d'une oeuvre par Joseph ALTAIRAC

8.  Léo Malet, parcours d'une oeuvre par ALFU

9.  Le Comte de Monte-Cristo, lecture des textes par Daniel COMPÈRE

10.  Perry Rhodan, lecture des textes par Jean-Michel ARCHAIMBAULT

11.  Stephen King, parcours d'une oeuvre par Laurent BOURDIER

14.  Alfred E. Van Vogt. Parcours d'une oeuvre par Joseph ALTAIRAC

Ces romans sont édités par les éditions Encrage, BP0451, 80004 Amiens cedex 1.

 Et un grand merci à l'Oncle Paul !

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Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
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