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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 18:00

Donne moi tes yeuxTiens, un article qui traine ... et qui date un peu ! Voici donc ma dernière lecture dans le cadre de www.meilleurpolar.com de l'année dernière. Il s’agit, en partenariat avec les éditions Points de voter pour l’un des 9 romans retenus, le jury étant composé de jurés professionnels et « amateurs ». 

Fin 2005, une jeune femme est retrouvée assassinée dans un parc en marge de  Forshälla, une petite ville finlandaise. Son corps est retrouvé complètement nu, elle a été étranglée, énuclée et un A a été gravé sur son ventre. Ce meurtre portant des signes inhabituels qui ressemblent à un rituel, la police craint d’avoir affaire à un tueur en série.

Le commissaire Harald Lindmark de la brigade criminelle est chargé de l’enquête. Avec son équipe, il va rapidement lister les pistes qui s’offrent à lui. Lindmark est un cinquantenaire qui a vu ses enfants quitter sa maison puis sa femme mourir. Alors il se donne à fond dans son travail. Il faut dire qu’avec 25 ans de métier et une centaine d’affaires résolues, on a de quoi se sentir fort.

Rapidement, Lindmark et son équipe découvre l’identité de la jeune femme, ainsi que son petit ami, Lindell, ancien militaire marqué par ses combats à l’étranger. A la suite d’un interrogatoire … harcelant, il accepte de signer des aveux. Sauf que quelques mois plus tard, le juge s’aperçoit qu’il a un alibi. Lindell libéré, la vie reprend son cours jusqu’à ce qu’un autre corps soit retrouvé.

Voici donc un auteur scandinave de plus, un auteur de plus à découvrir. Et pour simple, pour faire court, ce roman ne m’a pas plu, voire, il m’a fallu lutter pour avancer, comprendre et finir ce roman. Car ce que j’aime dans un roman, c’est que je puisse être plongé dans une histoire, une ambiance ou un personnage. Or dès le début, on a droit à une description circonstanciée de l’équipe de Lindmark qui parait bien classique et surtout bien maladroite.

Le personnage central est un flic qui a un historique mais on ne ressent pas ses sentiments ; tout parait bien neutre, bien plat, même quand il parle du départ de ses enfants du foyer familial ou de la perte de sa femme. Mais les autres personnages sont aussi centraux que Lindmark. Beaucoup d’entre eux parlent à la première personne du singulier, sans forcément prévenir le lecteur. Et là, j’ai commencé à perdre pied.

Même quand on a droit à des extraits de journaux intimes, ceux-ci sont écrits dans un style neutre et plat, là où j’aurais aimé autre chose qu’une simple description de faits privés et intimes. Et quand d’un paragraphe à l’autre, sans prévenir, ça passe du passé au présent, je me pose des questions, ou du moins je saute des passages.

Alors j’ai essayé de me raccrocher à l’intrigue. Et là, je dois dire que sur les 420 pages que comportent ce roman, les deux tiers passent d’un personnage à l’autre, avec des événements qui n’ont rien à voir avec l’enquête, ce qui m’a donné l’impression d’un labyrinthe dont je n’aurais pas la clé. D’ailleurs je serais curieux de savoir si certains d’entre vous ont lu et aimé ce roman que, pour ma part, je préfère oublier.

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 18:06

Dans oeil du gabianAprès Le crépuscule des gueux de Hervé Sard et Amères Thunes de Zolma, voici l’une des nouveautés Krakoen de 2012. Cela s’appelle Dans l’œil du gabian, c’est signé Françoise Laurent, et c’est un polar humoristique très distrayant.

Week-end de Pâques 2010. Gégé est un joyeux retraité d’une soixantaine d’années qui va quitter Nice pour rejoindre Le Grau du Roi pour aider son fils Arthur et sa belle fille Capucine à s’occuper de leurs triplés. Les journées sont bien occupées entre les biberons, les siestes, les couches à changer. D’ailleurs, ce week-end, la famille et les amis sont réunis pour le repas pascal, autour d’un bon barbecue et de bonnes bouteilles.

Le soleil tape, les gabians lorgnent la nourriture, et l’un d’entre eux laisse tomber en plein milieu de la table du repas une oreille humaine sectionnée. Elle semble fraîche, et comporte deux anneaux bien particuliers que l’on trouve aux Etats-Unis. Tout de suite, Jessica, une photographe, reconnaît les boucles d’oreilles de Denis, membre d’une association qui a pour but de protéger les mouettes.

Annabelle, l’amie de Denis et Jean Baptiste, un professeur de l’éducation nationale sanctionné pour avoir giflé un de ses élèves, complètent la petite bande de joyeux drilles. Ils vont en parallèle de la gendarmerie, suivre l’enquête et compter les corps qui vont s’amonceler.

Le narrateur Gégé va nous narrer cette intrigue avec tout l’humour et le détachement qui fait que l’on va déguster cette histoire avec délectation. Ce n’est donc pas une intrigue à proprement parler, mais une chronique entre amis qui, à coup de curiosités ou d’informations va créer de petits rebondissements, gentiment décrit avec tout le détachement cynique d’un retraité à l’humour noir débridé.

C’est une sacrée bande de joyeux personnages, décrits soit avec tendresse, soit avec amour, soit avec méchanceté, par notre Gégé national. Ses remarques sont toujours acerbes, bien trouvées, et le mérite de Françoise Laurent, c’est d’avoir tenu le rythme d’un bout à l’autre du livre. Le compliment que je ferai, c’est que Gégé mérite de monter sur le podium aux cotés de Mémé Cornemuse (l’héroïne de Nadine Monfils).

Si vous cherchez un roman distrayant, décrit par un retraité un peu trop curieux, avec des personnages de gendarmes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à Laurel et Hardy qui vont et qui viennent, des pistes qui deviennent de plus en plus nombreuses, bref un bon polar divertissant, alors ce livre est pour vous.

Les avis de l’Oncle Paul et Jean Marc

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 17:43

Anges déchusVoici la troisième version de lecture commune, avec un roman « nordique » d’un auteur dont on ne parle pas assez, Gunnar Staalesen. Mon choix a été conseillé par l’excellent Cynic, fan de Staalesen.

Lors de l'enterrement d'un copain d'enfance tombé d'un échafaudage, Varg Veum rencontre d’autres amis, et c’est l’occasion pour lui de remuer ses souvenirs. Il va faire la fête avec son ami Jakob, qui fit partie d’un groupe de rock appelé The Harpers dans les années 60.

Jakob raconte à Varg l’histoire des Harpers : Ils ont tous laissé tomber brutalement le groupe en 1975, et seul le chanteur Johnny continue à faire le spectacle en public, dans une boite de nuit miteuse. Deux des membres du groupe sont morts récemment, l’un s’est étouffé pour avoir trop bu, l’autre s’est fait renverser par un bus.

Jakob demande à Varg de retrouver sa femme qui a quitté le domicile conjugal pour la deuxième fois. Quand Varg voit la photographie,  il reconnaît son amour de jeunesse : Rebecca. La première fois qu’elle est partie, elle avait rejoint Johnny. Quand Johnny est poignardé en pleine rue, Varg décide d’enquêter et il va découvrir les dessous d’un groupe de rock, avec des accents de nostalgie.

Varg Veum n’est pas de ces détectives privés qui vont résoudre des énigmes à la force de leurs poings ou à l’aide de batailles furieuses. Il va réunir les indices et sans violence, confondre le ou les coupables. C’est donc une enquête à base de visites, d’interrogatoires et de déductions à laquelle on assiste ici. Et Gunnar Staalesen se met au diapason de son intrigue, avançant doucement, prenant le temps de décrire les lieux, définissant la psychologie de ses personnages par leurs expressions ou leurs réactions.

Le rythme est lent, Staalesen prend son temps pour installer ses personnages, pour décrire les lieux de l’enfance de Veum, pour plonger le lecteur dans une atmosphère nostalgique de souvenirs enchantés. Car au-delà de l’intrigue policière, le sujet est bien là : que sont devenus nos souvenirs d’antan ? Si les passages du passé flottent dans une ambiance ouatée idéalisée, le contraste est flagrant avec la réalité du jour et les découvertes ignobles de Veum. Et le décor si beau et si pur qu’il avait en mémoire ressemble au fur et à mesure du roman à une citadelle qui s’effondre.

Veum devient alors un homme qui, s’il ne perd pas ses illusions car son cynisme le met à l’abri, doit remettre en cause ses certitudes et doit regarder en face sa réalité qui vient en totale contradiction avec les images et sensations subjectives qu’il gardait en mémoire. Ce roman est un beau portrait d’un homme qui perd ses repères, ses racines, et le peu d’illusions qu’il pouvait encore avoir sur la malfaisance de l’homme en général. C’est un roman fait pour remettre à sa place le lecteur et il le fait rudement bien.

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 18:11

Vallee-des-disparus.jpgEn ce moment, le vendredi est consacré aux invités de Black Novel. Elle est venue parfois nous parler de ses lectures, avec sa passion et sa bonne humeur habituelle. C’est une lectrice folle, toujours un bouquin en main, et toujours prête à en parler. Ses goûts se protent plutôt sur les thrillers et le fantasy.

Quand j’ai reçu ce roman, où l’on parle de fantastique, j’ai tout de suite pensé à elle. C’était la bonne personne pour juger de ce roman. Et une nouvelle fois, Suzie fait merveille dans son analyse des personnages, avec toute sa sensibilité. Mais je lui laisse la parole, voici l’avis de Suzie :

Un village isolé en Provence, une panne de voiture  … et la vie d’une jeune femme et de ses deux compagnons de voyage se trouve bouleversée …

Lors d’une virée automobile vers la Côte d’Azur, Joachim Germer, sa petite amie Fee et son ami d’enfance Curt von Sedlitz vont se retrouver bloquer dans l’arrière-pays aixois, près du village de Moriac, à cause d’une panne de voiture. Dans ce petit village, tout devient problématique car comment faire confiance alors que la voiture est empruntée sans autorisation du père de Germer, que seul Curt parle le français, que le premier téléphone se trouve à deux heures de vélo. D’un tempérament bouillant et ayant l’habitude d’obtenir tout ce qu’il souhaite sans difficulté majeure, Germer s’énerve sur tous et pour tout, rabrouant son ami d’enfance, sa petite amie. La tension monte de plus en plus entre les trois protagonistes. Agacé par le comportement de son ami d’enfance, Curt apprend de la part d’un autre voyageur que la vallée, au pied du village, n’a jamais rendu ceux qui s’y sont aventurés. Au total, une douzaine de disparitions inexpliquées en deux siècles dont les dernières remontent à deux ans. N’ayant plus de nouvelles de ce voyageur, après son départ pour la mystérieuse vallée, Curt décide d’enquêter et de comprendre ce phénomène. Avec l’aide de Fee, il va se heurter à la loi du silence imposée dans le village mais également devoir surveiller ses arrières car, dans l’ombre, Germer guette le moindre de ses faux pas.

Ce titre a été édité une première fois en 2010 aux Editions France Loisir et, de nouveau, en février 2012, aux Editions l’Archipel. Ecrit sous la forme d’un journal, à la première personne, c’est la confession d’un homme sur un événement marquant de sa vie enfouie dans sa mémoire depuis plus de cinquante ans mais qui ne peut rester plus longtemps caché dans celle-ci. Un abcès qui s’est enflammé avec les années et qu’il faut crever. Un meurtre qui lui a donné accès au bonheur.

L’auteur, Bente Porr, construit une double intrigue. La première est la relation entre nos trois protagonistes, Germer, Curt et Fee et la dégradation accélérée de leurs rapports dûs au caractère lâche, cruel et veule de Germer ce qui remet en question la loyauté de Curt envers lui mais le place également en rival vis-à-vis de ce dernier. Ce que Germer accepte très, très mal. On a la constitution d’un rapport de force entre les deux amis qui va être renforcée par le changement de camp de Fee suite au comportement cruel et despotique de Germer à son encontre. De plus, Curt va comprendre que le soudain changement de comportement de Germer dans leur jeunesse n’était pas dû à l’amitié mais à un besoin bassement matériel. Sur cette première intrigue va se greffer l’histoire des disparus de la vallée et, plus précisément, celle du voyageur anglais dont Curt a fait la connaissance. Cela rajoute le piquant qui relève le conflit entre Germer, Curt et Fee, assaisonné d’un soupçon de mystère, de fantastique et de peur.

Au tout début de ma lecture, j’ai cru retrouver l’atmosphère d’un roman lu, il y a des années, «l’ami retrouvé» de Fred Uhlman mais je pense que cela est dû au contexte utilisé du début des années 30 et la confrontation de deux personnalités aussi différentes que sont celles de Curt et de Germer. Mais, j’avais beaucoup de mal à lâcher le livre. Je voulais comprendre pourquoi les villageois se taisaient sur les disparitions, ce qui s’était réellement passé dans cette vallée. On arrive rapidement à la fin, car le livre est court, sur une apothéose : le conflit entre les trois protagonistes et la légende. De plus, pour alimenter notre réflexion, l’auteur finit sur une note, vingt ans après la fin de l’histoire de Curt, sur une découverte bizarre qui fait douter sur la légende du comte de Larin. A vous de juger.

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 17:44

Briseur amesMa femme m’avait dit : « il faut que tu lises Thérapie ». Je ne l’ai toujours pas fait ! Mais j’ai décidé de découvrir Sebastian Fitzek par son dernier roman en date, Le briseur d’âmes.

A Berlin, de nos jours. Un professeur d’université propose à six de ses élèves une expérience inédite en l’échange de 200 euros. Ils devront lire le dossier médical d’un dénommé Caspar, un jeune homme amnésique, qui a été traité dans la clinique psychiatrique de Tenfelsberg. Ce dossier est écrit comme un polar, et seuls deux étudiants acceptent de relever le défi : Patrick et Lydia. Ils devront lire la totalité du dossier sans faire une seule pause.

De nombreuses années avant la Peur, à la veille de Noël. Caspar ne se souvient de rien. Son médecin traitant, Sophia Dorn passe beaucoup de temps avec lui. Cette nuit là , la tempête de neige fait rage, une ambulance a un accident, et le conducteur Tom Schadeck ramène le malade, Jonathan Bruck, à la clinique. Ils vont se retrouver bloqués, sans aucun moyen de communication avec l’extérieur.

Au beau milieu de la nuit, Caspar trouve sa thérapeute, inconsciente, dans la chambre d'un patient. Son seul indice : un bout de papier portant une énigme est coincé dans sa main... Elle a été victime du Briseur d'âmes, ce tueur en série qui laisse ses victimes en état de léthargie. La nuit va être longue pour les résidents de la clinique, avec un tueur en liberté …

Cette  première incursion dans le monde de Sebastian Fitzek fut autant cauchemardesque qu’étouffante. Et malgré le fait que l’on devine son mode d’emploi, la façon dont il fait monter l’angoisse, je dois reconnaître que c’est redoutablement efficace. Si j’ajoute l’insistance de ma femme à lire Thérapie, nul doute que vous allez entendre parler très bientôt.

L’angoisse est constante dans ce roman, et le huis clos est parfaitement bien maîtrisé, amenant tout doucement les scènes de rebondissement pour éviter l’ennui. C’est surtout dans les non dits que Sebastian Fitzek excelle, et c’est grâce à eux qu’il fait monter une sensation d’étouffement, et d’angoisse. Il n’y a pas de description de lieux, pas de longs détails sur la psychologie des enfermés, juste quelques phrases disséminées au milieu de dialogues qui suffisent à situer les personnages.

Comme cela parait facile, et comme cela doit demander beaucoup de travail. D’autant que l’auteur nous dit bien que chaque phrase est importante pour découvrir le nom du Briseur d’âmes, et cela attise notre curiosité. Honnêtement, j’ai du m’arrêter, faire des pauses car l’atmosphère est vraiment pesante, mais j’y suis vite revenu pour terminer sur la conclusion en forme d’apothéose. Du bel ouvrage, un très bon thriller psychologique, de ceux qui sont marquants pour longtemps.

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 10:11

Indic11Couv.jpgQuand j’ai reçu le nouveau numéro de L’indic, cette petite revue éditée par l’association Fondu au noir, j’ai eu l’impression qu’elle avait changé de format, qu’elle était plus grande. Et puis, à lire la lettre jointe, j’ai appris que leur imprimeur avait fait faillite et donc que ce numéro malgré de nombreuses péripéties, avait réussi à voir le jour … ou plutôt le noir.

Plus grande. Car le sujet du dossier se nomme Polar & politique, sujet casse gueule s’il en est, mais que nos amis de Fondu au noir ont choisi de traiter uniquement au travers de romans. Et c’est là une grande réussite, en même temps qu’une formidable idée. Et que dire de plus, si ce n’est que je fus (suis) enchanté de lire que le dossier commence par Nous avions un rêve de Jake Lamar, ce formidable époustouflant roman qui nous décrit l’itinéraire d’un ministre de la justice, noir de peau et qui vote des lois contre ceux de sa race.Et ce roman est un énorme polar d'anticipation qui fait réellement froid dans le dos.

Plus grande. Après ce départ en fanfare, le dossier continue sur le même ton. On n’est pas obligé de faire tout un numéro sur les auteurs connus et reconnus du genre, mais sachez qu’ici on parle d’auteurs dont on parle trop peu. Et du coup, ma liste d’achat s’est allongée (comme Ayerdhal ou Richard Powers).

Je citerai, en dehors de ce dossier, un focus interview sur les petits éditeurs, des passionnés tels que La Tengo, Asphalte ou Ecorce. Une interview d’où ressortent leurs difficultés, leurs coups de cœur, leurs modes de fonctionnement, mais surtout leur passion pour la littérature et les auteurs.

Et si vous n’êtes toujours pas décidés à acheter ce numéro 11, sachez qu’il y a 8 pages de critiques de livres, pas forcément des nouveautés, car il ne faut pas oublier certaines œuvres qui devraient passer à la postérité (et du coup, ma liste d’achat …) et qu’il y a un superbe article sur la maison Rivages :Noir (que j’adore, j’aurais bientôt les 500 premiers) qui fête ses 25 ans cette année, un article écrit par Eric Maneval, grand lecteur, qui nous montre à travers plusieurs périodes de sa vie les émotions et chocs ressentis à la lectures de romans noirs de cette grand maison d’édition. Plus grande, je vous dis, magnifique revue qui n’en finit pas de m’étonner.

Pour toute information, il faut consulter le blog de l’association :

http://fonduaunoir44.blogspot.fr/

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 18:12

ZippoDeux auteurs québécois font leur entrée en force avec ce roman, aux odeurs de soufre et de brûlot. Son titre, ZIPPO, rappelle aussi le briquet tempête bien connu. Effectivement, ça brûle !

Dans un futur proche, dans la ville de Villanueva, aux Etats-Unis. Cette petite ville est à l’image du monde, alimentée par un canal et traversée par le boulevard Mac Carthy. La ville est en ébullition car elle accueille le sommet du ZIPPO, qui regroupe les neuf plus grandes puissances économiques mondiales. Le peuple, en révolte, attend des décisions. Dans le même temps, un météore menace de tomber sur la Terre, et de s’écraser sue Villanueva.

La ville est partagée entre les frasques, largement médiatisées et le quartier des Pornoputes où l’on a entassé les pauvres et les indésirables. Depuis peu, les prostituées disparaissent, et personne ne s’en soucie. La résistance essaie de faire parler d’elle, mais elle est violemment maitrisée par les forces de l’ordre, les Macoutes.

Kahid est un journaliste, et son patron va lui confier la mission de couvrir le sommet du ZIPPO, alors que cela ne le motive pas plus que cela. Il a perdu la belle A***, et il se perd dans l’alcool à longueur de journée, confondant les désordres de la rue avec les ruines de sa vie. De nombreux personnages vont se croiser, s’entrecroiser dans ce paysage chaotique.

Roman social, roman apocalyptique, roman de fin du monde. La vision désespérante mais pas désespérée d’un monde qui s’éteint donne une impression hallucinante et hallucinée de ce vers quoi pourrait basculer nos sociétés industrielles. Entre mauvais rêve, cauchemar et réalité, le tableau est poisseux, noir, sale, et empli de fureur, de celle que l’on éteint quand on lance la charge des forces de sécurité.

Il y a un tel écart dans le roman entre les belles présentations du ZIPPO et la réalité du terrain, entre ceux qui y croient et ceux qui meurent de faim. Que peut-on attendre d’un monde qui nourrit le peuple avec des cigarettes que l’on appelle des crache poumons, ou de l’alcool appelé jus de cervelle ? Que dire des camions poubelles chargés de ramasser les corps des morts qui jonchent les rues ?

Le style est à l’image de ce monde, anarchique, oubliant les phrases pour lancer des rafales de mots, noyant les dialogues dans la narration. Effet de style sans concession, sans pitié qui parfois m’a laissé pantois, parfois m’a laissé sur le bord de la route. Certains passages m’ont paru difficilement compréhensibles, comme si les auteurs voulaient asséner leurs coups de mots dans la tête du lecteur qui a déjà la tête sous l’eau ou dans le sang.

C’est un roman d’anticipation, heureusement, et n’y cherchez pas l’auteur des meurtres des pornoputes car l’intrigue a peu d’importance. Lisez le tableau, buvez les images, retenez le style, c’est un livre fait pour secouer et pour faire réfléchir. Mission réussie.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 18:42

Depuis qu’elle a goûté au plaisir d’écrire des articles, on ne l’arrête plus. Revoici donc Foumette qui nous parle d’un auteur dont je n’ai lu qu’un roman, Patrick Senecal. Si ça continue, je vais créer une nouvelle rubrique : Les chroniques extraordinaires de Foumette.

Car en lisant son avis, impossible de résister, on met le livre sur la liste d’achat, et on achète dès que l’on peut. Bref, voici donc l’avis de Foumette sur un roman qui fait frissonner :

Sur-le-seuil.jpgWaouh!!! « Ca déchire », ce n'est certes pas une expression très française, mais ce fut ma première réaction, mon cri du coeur en refermant ce bouquin.

Une véritable histoire de « fou » où justement il est question de folie mais pas toujours comme on l'entend. Parfois ce que l'on interprète comme de la folie n'en est pas, comme dans cette histoire, cela peut atteindre l'irrationnel, l'indicible, l'invraisemblable...un concept que l'on ne peut nommer tant cela dépasse la logique, la science et même notre raison!

Thomas Roy, un écrivain très célèbre pour ses romans d'horreur, se retrouve à l'hôpital dans le service du psychiatre Paul Lacasse. L'auteur est atrocement mutilé et dans un état catatonique. Pour le psychiatre, il s'agit d'un cas assez banal mais peu à peu il va devoir reconsidérer son opinion et remettre en question son diagnostic ainsi que ses certitudes tant personnelles que professionnelles.

Il va, accompagné de sa collègue et d'un journaliste, essayer de comprendre ce qu'il s'est réellement passé, ils vont découvrir des faits très troublants, des témoignages perturbants, des évènements monstrueux..... Ils vont apprendre à leurs dépens que, au-delà du drame de Roy, il y a quelque chose de bien plus terrifiant, quelque chose que le commun des mortels considérerait comme inimaginable et que les conséquences pourraient en être désastreuses. Toute vérité n'est pas toujours bonne à entendre car parfois c'est au péril de sa vie, de ses croyances, de ses certitudes que celle-ci jaillira.

Deux solutions s'offrent donc à vous : soit vous restez bien sagement sur le seuil ou bien vous ouvrez cette porte qui vous emmènera à la frontière de l'horreur.

Un thriller implacable, un récit captivant, saisissant qui vous donnera la sensation d'être capturé dans un tourbillon qui n'en finit pas de vous secouer à en avoir les tripes retournées.

Amateurs de sensations fortes, ouvrez donc cette porte ! Pour les autres, tendez bien l'oreille car les bruits que vous entendez pourraient bien vous inciter à l'ouvrir!!

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 19:15

Sang d un autreC’est la quatrième de couverture qui m’a décidé, avec ce personnage de flic, obligé de retourner là où il a été élevé. C’était aussi l’occasion d’ajouter un nouvel auteur à la liste qui s’allonge.

1985. Une jeune mère donne un billet de manège à son fils. Alors qu’il monte sur un cheval de bois, elle l’abandonne.

2001. Timmy est un jeune garçon qui aimerait bien continuer à jouer mais il n’a plus d’argent. Il s’approche d’un homme étrange pour faire la manche et celui-ci lui propose de vendre des cassettes spéciales. Elles sont dans le coffre de la voiture. Timmy va donc les chercher, et l’homme le bascule dans le coffre. Timmy se retrouve emprisonné dans un garage. L’homme va lui apporter à manger, lui donner des habits. Trois jours plus tard, l’homme massacre Timmy à coups de marteaux.

2009. Un jeune garçon de la communauté des Gens du Voyage a disparu. Ils parlent une langue différente, le shelta, dialecte traditionnel des Pavee ; ils n’ont pas confiance dans les autres, se méfient des flics ; seul le clan est fort. La police va chercher et trouver un flic qui peut les aider : il s’appelle Harry O’Connor, et est à la tête d’un groupe d’intervention anti-drogue au New Scotland Yard. Et cette enquête va le toucher bien plus qu’il ne l’aurait voulu, puisqu’il va être obligé de retourner dans le camp où il a été élevé.

Pour un premier roman, l’intrigue de ce roman est plutôt bien menée, et pourtant, je ne peux m’empêcher après avoir refermé la dernière page, de ressentir de la déception. C’est la faute à la quatrième de couverture probablement, qui m’avait si bien vendu le livre. Du coup j’ai l’impression d’avoir lu un roman qui n’a pas grand-chose à voir avec ce que j’espérais ou du moins, qui n’a fait qu’effleurer les sujets que j’attendais.

L’intrigue, donc, est bigrement bien faite, bien construite, et le suspense bien tenu jusqu’aux cinquante dernières pages. On passe d’un personnage à l’autre, ça va vite, avec un style concis dans un souci d’efficacité et je dois dire que c’est un livre que j’ai lu rapidement et sans jamais m’ennuyer. Le rythme de l’enquête est rapide car cela doit se dérouler sur trois jours, et, tout le temps, on ressent l’urgence de la situation. Ça, c’est pour le point positif.

Et voici ce que j’attendais : Un personnage écorché vif tiraillé entre le passé et le présent et la confrontation entre deux mondes, le monde sédentaire et celui des gens du voyage, avec leurs us et coutumes. Le personnage de Harry n’étant pas au centre de l’intrigue, ou pas complètement, sa description m’a semblé brossée, juste esquissée d’autant plus que la scène où il est introduit m’a semblé maladroite car trop centrée sur les événements (Harry est infiltré dans un gang de trafiquants de drogues et participe à leur arrestation). Et avec un personnage si prometteur, j’ai regretté que le roman ne soit pas narré par Harry lui-même, à la première personne.

Enfin, du monde du voyage, nous n’en saurons pas beaucoup plus. Ils parlent une langue étrange, ne se fient à personne d’autre qu’eux-mêmes, ont une chef de clan voyante prédiseuse de l’avenir. Je n’y ai rien trouvé sur les coutumes, leur vie, ni sur ce qu’ils pensent de notre société ou comment ils vivent. Là aussi, je suis resté sur ma faim, attendant bien plus du sujet promis.

C’est alors que je e appelle que c’est un premier roman, que ce roman plein de promesses par son intrigue et par le choix de son sujet n’est resté qu’au stade des promesses et que cette auteure est capable d’écrire quelque chose de bien mieux. Ou peut-être étais-je de mauvaise humeur quand je l’ai lu ? Ou peut-être fut-ce une rencontre ratée, de celles où on se dit que ce n’est que partie remise ? Alors, voici deux avis qui sont en opposition avec le mien, comme pour me rappeler que c’est un livre que je n’ai pas su apprécier :

http://www.lectures-plumeblanche.com/article-le-sang-d-un-autre-amanda-coetzee-ed-du-toucan-101497627.html

http://www.unwalkers.com/full-aux-as-au-edition-du-toucan/

 

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 11:05

Les éditions Points sortent pléthore de polars tous les mois, et il y en a pour tous les goûts. Si je vous en parle, aujourd’hui, c’est pour mettre en avant deux romans que j’avais beaucoup aimés, et dont on ne va pas forcément parler (si l’on compare avec Jeux de vilains de Jonathan Kellerman, par exemple).

Ces deux romans sont très différents, mais se rejoignent sur une chose : Tous deux présentent des univers très bien dessinés, et tous deux sont stylistiquement remarquables. Voici donc deux polars pour passer un bon moment :

 

Les anges s'habillent en caillera de Rachid Santaki (paru le 8 mars)

Anges-caillera.jpgOn m’appelle le Marseillais. Je sors de 18 mois de taule. J’ai des trucs à régler : me refaire une santé, faire payer celui qui m’a balancé et reprendre le contrôle dans ma cité. Pour ça, il me faut du fric, toujours plus de fric. Griller le code d’une carte, attendre la bonne victime, c’est tout un art et ça s’apprend. Les flics ne sont jamais loin mais sur mon territoire, je contrôle.

Ancien éducateur sportif de boxe thaïlandaise, fondateur du magazine 5styles, co-fondateur des associations le Syndikat et Saint-Denis Positif, Rachid Santaki est l’auteur de trois romans.

« Une fresque sombre et violente, calquée sur le parcours du Marseillais, jeune malfrat de Saint-Denis, et racontée dans la langue imagée de la cité. »

Le Parisien

Prix « Le Parisien/Aujourd’hui en France » 2011

Mon billet est ici : link

 

Aux malheurs des dames de Lalie Walker (parution le 19 avril)

Malheurs-des-dames.jpgUne série de malédictions s’abat sur le Marché Saint-Pierre. Une odeur de brûlé empeste l’atmosphère, des poupées et des têtes d’animaux sont clouées aux portes des magasins, des employées disparaissent… La police se désintéressant de l’affaire, l’enquête est menée par les habitants de Montmartre. Parmi lesquels une sociologue au talent d’espionne et un paranoïaque qui parle à sa plante carnivore !

Née en 1964, Lalie Walker est écrivain, scénariste et psychothérapeute. Elle est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de romans noirs, dont N’oublie pas, La Stratégie du fou et Les Survivantes.

« Un thriller pur jus. » Charlie Hebdo

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Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
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