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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 17:33
L'assassinat d'Hicabi Bey de Alper Canigüz (Mirobole Éditions)

Comme je le dis souvent, il faut être curieux dans le choix de ses lectures. Cela permet de trouver parfois de formidables romans, de découvrir de formidables auteurs. Ce roman est le deuxième de son auteur et c’est surtout le sujet qui m’a attiré, puisque l’enquête est menée par un jeune garçon de 5 ans.

Istambul, de nos jours. Alper Kamu est un jeune garçon de 5 ans remarquablement intelligent. Il sait lire, et vit heureux dans son quartier, au milieu de ses parents qui n’ont aucune idée des capacités de leur enfant. Alors qu’il est en train de jouer avec ses copains, il trouve la porte d’un appartement ouvert dans un immeuble proche. Quand il rentre, il trouve un homme, mort égorgé dans son salon. Ertan le Timbré, un jeune garçon attardé, est présent dans le salon, et un match de football se déroule sur l’écran de télévision.

La victime s’appelle Hicabi Bey. C’est un ancien commissaire de police qui a perdu sa femme depuis que celle-ci s’est suicidée. Il s’avère qu’Hicabi faisait beaucoup pour aider les enfants du quartier. La police, quant à elle, trouve que Ertan fait un très bon coupable. Mais c’est sans compter sur les autres suspects potentiels tels quelques petits délinquants de quartier (ne ratez pas John et Lennon !). Alper va avoir bien du mal à démêler cette intrigue bien compliquée pour un enfant de 5 ans.

S’il est un qualificatif qui va comme un gant à ce roman, c’est bien « original ». En effet, il est rare de trouver des détectives aussi jeunes. Il faut dire qu’Alper est certes jeune mais il est surtout très intelligent. Imaginez un gamin capable de lire Dostoïevski, capable de tenir des conversations avec des adultes, capable de tenir des discours philosophiques. D’ailleurs, c’est le seul reproche que je ferai à ce roman, celui de pousser le bouchon un peu trop loin, car par moment, on a du mal à croire qu’Alper a 5 ans.

Passé ce petit reproche, une fois qu’on a accepté cette hypothèse de base, le roman en devient naturellement comique, surtout quand après avoir fait une déduction ou une description, il sort une remarque qui montre qu’il est tout de même un enfant. Le décalage est si grand que cela prête à sourire. Et comme c’est très bien fait, ça ne tourne pas au ridicule, mais on se prend vite d’affection pour Alper.

L’autre grosse qualité de ce roman, c’est son intrigue. J’aurais d’ailleurs tendance à dire, que même si c’est écrit à la première personne du singulier, la psychologie des personnages et l’intrigue ont toutes les qualités d’une Agatha Christie. Du début à la fin, c’est remarquablement construit, et cela fait de ce roman un roman policier de grande classe, qui se permet même de montrer les travers de la corruption dans la société turque à travers la mutation du père de Alper.

Comme je vous le disais, ce roman est une bien belle surprise, c’est même la belle découverte d’un auteur qu’il faudra suivre à l’avenir. C’est aussi ma première lecture turque, preuve supplémentaire s’il en fallait, que le polar n’a pas de frontière et que le talent est partout. Je ne souhaite qu’une chose maintenant, c’est de retrouver Alper pour une prochaine enquête.

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 17:04
Une terre si froide de Adrian McKinty (Stock-La cosmopolite)

Voici une belle découverte que je dois à l’insistance d’un lecteur assidu du blog, Norbert, confirmé dans mes choix par Claude, Jean Marc ou bien Yan. Bref, voilà beaucoup de raisons pour se pencher sur le cas Adrian McKinty.

1981, quartier de Carrickfergus, près de Belfast. Bobby Sands vient de mourir après une soixantaine de jours de grève de la fin. Le pays est au bord de l’explosion, la guerre civile est sur le point de se déclencher. Sean Duffy débarque au RUC, la police d’Irlande du Nord. Et il n’est pas facile de se faire accepter quand on est le seul catholique au milieu de collègues protestants chargés de gérer les attentats imputés aux catholiques.

On retrouve le corps d’un homme assassiné dans une voiture, la main sectionnée. A ses pieds, on retrouve une main. Vraisemblablement, le corps a été abandonné là pour qu’il soit retrouvé. Le médecin légiste indique rapidement que la main retrouvée n’appartient pas au corps, donc il faut s’attendre à l’apparition d’un autre corps. Ce qui arrive évidemment quelques jours plus tard, quand on découvre le meurtre d’un homosexuel notoire.

Quand l’assassin prend contact avec les media, revendiquant ses crimes homophobes, Sean Duffy, aidé par deux policiers se retrouve avec une enquête qui ne passionne pas les foules mais qui pourrait bien faire beaucoup de bruit. D’autant plus que ses relations avec la médecin légiste vont compliquer ses affaires …

Voilà un polar impeccable, et j’aurais tendance à dire, comme savent si bien les faire les auteurs irlandais. Et d’ailleurs, je commence par rendre hommage à la traductrice Florence Vuarnesson qui a si bien su rendre le style direct et l’humour omniprésent, froid et cynique à souhait, qui semble être une marque de fabrique typique des auteurs de ce pays. Alors que le contexte est foncièrement dramatique, les dialogues sont toujours là pour nous arracher un sourire, un éclat de rire, ce qui montre bien la prise de recul des personnages.

Car le contexte est effectivement difficile, et c’est la grande qualité de ce roman. La guerre civile éclate, suite à la mort de Bobby Sands, et les attentats aussi bien que les agressions envers les forces de police pleuvent. Adrian McKinty ne s’attarde pas lourdement sur cela, mais parsème tout au long de son roman de petites remarques, des descriptions qui rendent le climat à la fois oppressant et bigrement réaliste. Il n’y a qu’à se rendre compte qu’à chaque fois qu’un flic prend une voiture de service, sa hantise est, quand il tourne la clé s’il n’y a pas un mécanisme caché qui va déclencher une bombe. Ou bien, ces agressions ou ces jets de pierre quand la police débarque dans un quartier catholique. Ou encore, ces extraits d’informations radiophoniques parlant d’incidents violents et mortels.

Au-delà de ça, l’enquête est extrêmement rigoureuse, comme savent si bien le faire nos amis britanniques, avec plusieurs pistes, et forcément un contexte politique important mais je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue. C’est aussi et surtout l’occasion de faire la connaissance avec un nouveau personnage que l’on aura plaisir à retrouver, puisque Une terre si froide est le premier tome d’une trilogie. Et après avoir refermé ce roman, réellement prenant, on ne peut qu’être ravi de savoir à l’avance que l’on retrouvera Sean Duffy.

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 17:01
Oldies : Un enfant de Dieu de Cormac McCarthy (Points)

Il était temps que je lise ce roman, et j’en attendais tellement que mon niveau d’exigence était énorme. Et je n’ai pas été déçu, c’est effectivement un roman énorme, dérangeant, et c’est aussi une lecture exigente, qui se mérite. Mais je vous garantis que c’est une lecture marquante, c’est le moins que l’on puisse dire.

L’auteur :

Cormac McCarthy est un écrivain américain né le 20 juillet 1933 à Providence, Rhode Island (États-Unis). On le compare régulièrement à William Faulkner et, plus rarement, à Herman Melville.

Cormac McCarthy est le troisième d'une fratrie de six enfants. Son père, juriste, travaille de 1934 à 1967 pour la Tennessee Valley Authority, entreprise américaine chargée de la gestion et du développement économique de la vallée du fleuve Tennessee. Après ses études, il rejoint en 1953 l'armée de l'air américaine pour quatre ans, dont deux passés en Alaska, où il anime une émission de radio. En 1957, il reprend ses études à l'université. Il épouse Lee Holleman, étudiante, en 1961, dont il a un fils, Cullen. Il quitte l'université sans aller jusqu'au diplôme, et s'installe avec sa famille à Chicago, où il écrit son premier roman, The Orchard Keeper.

Divorcé de Lee Hollman, il rencontre Anne DeLisle durant l'été 1965, sur un bateau en route pour l'Irlande. Ils se marient l'année suivante au Royaume-Uni. Grâce au soutien financier de la Fondation Rockefeller, il voyage également dans le sud de l'Europe, avant de séjourner quelque temps à Ibiza, où il écrit son deuxième roman, Outer Dark, publié en 1968. En 1969, McCarthy et sa femme s'installent à Louisville, dans le Tennessee. Il y écrit Child of God.

McCarthy et Anne DeLisle se séparent en 1976, et l'écrivain déménage pour El Paso au Texas. En 1979, le roman sur lequel il travaille depuis près de vingt ans, Suttree est enfin publié. Blood Meridian, roman souvent considéré comme son meilleur, paraît en 1985.

McCarthy vit aujourd'hui dans le Tesuque (en), au nord de Santa Fe, Nouveau-Mexique, avec sa troisième épouse, Jennifer Winkley, épousée en 2006, et leur fils John. Il vit dans une relative discrétion et accorde très rarement des interviews.

Son dernier roman, The Road, La Route, publié en 2006, obtient le prestigieux prix Pulitzer, et le pousse à sortir de sa campagne en accordant pour la première fois un entretien télévisé, conduit par la journaliste américaine Oprah Winfrey, et diffusé le 5 juin 2007.

McCarthy revient en 2013, en tant que scénariste de Cartel (The Counselor), réalisé par Ridley Scott. McCarthy signe là son premier scénario original pour le cinéma. Cartel raconte l'histoire du conseiller, un avocat (incarné par Michael Fassbender) profitant du trafic de cocaïne à la frontière Américano-Mexicaine.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

À quel moment Lester est-il devenu un monstre ? Chassé de chez lui, il erre dans les montagnes comme un charognard guettant ses proies. Ses raisonnements se simplifient, les actes laissent place aux pulsions et ses gestes deviennent ceux d’un animal traqué. Un monologue où se mêlent insultes et sanglots s’élève dans sa grotte peuplée de cadavres ; le grognement à peine humain d’un enfant de Dieu.

« L’ultime musique terrestre. Celle de McCarthy, lyrique, dépouillée, tragique, est un très grand moment de littérature. » Lire

Mon avis :

Un enfant de Dieu est clairement un de ces romans que l’on n’oublie pas. A travers l’itinéraire et la vie de Lester Ballard, Cormac McCarthy nous questionne sur l’homme, sur la subtile différence entre l’homme et la bête. Car du jour où Lester est expulsé de sa maison, il va vivre dans les bois, trouver refuge dans une caverne et petit à petit devenir une bête en quête de survie.

Le style de Cormac McCarthy va osciller entre brutalité et poésie, mais jamais il ne va prendre position. L’auteur va juste alterner la narration avec des témoignages, sans toutefois le dire explicitement, ce qui fait que le lecteur cherche les explications lui-même. Chaque action est explicite, directe, il n’y a pas de place pour l’émotion, comme si on était dans un tribunal, mais un tribunal où l’accusé n’est pas Lester, celui-ci étant plutôt une possible conséquence de la société et de ses règles, un dommage collatéral. Cette volonté d’intransigeance dans le style va probablement rebuter des lecteurs, mais je le répète : c’est une lecture qui se mérite, et la découverte est au bout du tunnel. On n’y trouvera pas non plus de scènes gore ou sanglantes, tout étant suggéré plus que décrit, en une phrase.

Parfois, Cormac McCarthy nous donne des pistes, ou du moins nous donne le véritable sujet de fond de son roman, telle cette citation tirée de la page 145, d’une conversation entre deux hommes (Pour votre information, le texte est complètement respecté, recopié tel quel et ne comporte aucune ponctuation particulière signalant un dialogue) :

Vous pensez qu’à l’époque les gens étaient pires qu’ils ne sont maintenant ? dit l’adjoint.
Le vieil homme contemplait la ville inondée. Non, dit-il. Je pense que les gens n’ont pas changé depuis le jour que le bon Dieu les a créés.

Oldies : Un enfant de Dieu de Cormac McCarthy (Points)

De la même façon, quand j’ai tourné la dernière page du livre, je me suis retrouvé face à la couverture, devant ce titre, que finalement j’ai trouvé comme un dernier coup de poing au ventre : Un enfant de Dieu.

Il nous montre aussi les réactions des gens, de tout un chacun, méfiant envers les gens qui sont différents d’eux, la façon dont on juge les autres, de façon juste et factuelle ou bien émotionnelle. Et l’auteur ne répondra pas à la question du livre pour savoir pourquoi Lester est devenu un psychopathe, mais il nous met brutalement devant les yeux la question essentielle : Quelle est la différence entre un homme et une bête ? La société n’engendre-t-elle pas finalement ses monstres ?

Pour moi, ce roman est un coup de cœur. Le sera-t-il pour vous ?

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 17:54
Le chouchou du mois de juin 2014

Avant les congés d’été, j’ai décidé de mettre le turbo pour vous proposer toujours plus d’avis sur les polars, en espérant que cela vous serve à quelque chose. A partir du mois de juillet, et ce pendant deux mois, le rythme de parution va descendre à deux billets par mois, parce qu’il fait trop chaud pour travailler !

Dans la rubrique Oldies, j’aurais rendu un hommage tardif à Monsieur Elmore Leonard, en parlant de son roman qui date de dix ans : Mr Paradise de Elmore Leonard (Rivages). Ce n’est pas son meilleur, mais avec Elmore Leonard, c’est toujours bien.

J’aurais eu la chance aussi de publier l’avis de Loley sur Les ailes arrachées des anges de Gilles Caillot (Editions les 7 péchés capitaux). Il faut savoir d’ailleurs que depuis, Loley a créé son blog qui s’appelle Le shoot de Loley. (http://leshootdeloley.blogspot.fr/)

J’aurais eu l’occasion de tester Ska, une maison d’édition exclusivement numérique, en chroniquant cinq de leurs nouvelles qui parlent toutes de boxe. Il s’agissait de A piece of steak de Jack London (Génial), Adrénaline de Joseph Incardona (Très bon), Ring à putes de Rachid Santaki (comme toujours, très bien), Amin’s blues de Max Obione (efficace) No limit de Jeremy Bouquin (Excellent). A ce sujet, j’espère que Jeremy Bouquin sortira bientôt un roman car je suis curieux de le lire sur un nombre plus important de pages.

Du coté des romans français, deux premiers romans m’auront plu. Il s’agit de Un mort de trop de Alexandra Appers (Ring), un roman noir très stylisé, et Un mensonge explosif de Christophe Reydi-Gramond (Liana Levi), un roman de politique fiction et d’espionnage. Et je ne pouvais pas laisser passer les nouveaux romans de deux auteurs que j’adore, à savoir Les nuits de San Francisco de Caryl Ferey (Arthaud), une fable humaniste sur la rencontre de deux marginaux et Le dernier tigre rouge de Jérémie Guez (10/18) une vision personnelle de la guerre d’Indochine.

Du coté des américains, j’aurais lu deux romans qui sont en lice pour Meilleurpolar.com des éditions Points, à savoir Brunetti et le mauvais augure de Donna Leon, que j’ai trouvé bien surtout quand il parle de la corruption en Italie, et Une belle saloperie de Robert Littell, qu’il faut prendre à mon avis comme un amusement de l’auteur, une variation dans le domaine du polar de détective privé. Enfin, comme d’habitude, le dernier roman de Thomas H.Cook, Le dernier message de Sandrine Madison (Seuil) est superbe et nous oblige à nous poser des questions importantes avec la subtilité qui le caractérise, et rien que pour cela, il vaut le détour.

Les éditions Jigal nous ont dégotté un nouvel auteur africain. Et comme je l’écrivais dans mon billet : en terme de style imagé, on fait difficilement mieux que les auteurs africains, tant ils semblent être les nouveaux créateurs de la langue française. Même si l’intrigue, dans le fond et la forme, est classique, ce roman est un pur plaisir de lecture grâce à son style, fait d’expressions du cru imagées. Lisez La traque de la musaraigne de Florent Couao-Zotti (Jigal) et vous m’en direz des nouvelles.

Le chouchou de ce mois revient donc à Poubelle’s girls de Jeanne Desaubry (Editions Lajouanie) car j’ai adoré ses personnages, j’ai adoré son sujet, j’ai adoré son contexte, j’ai adoré son style. De ce sujet dramatique, je garderai longtemps en mémoire Elisabeth, Paloma et Blanche que j’aurais côtoyées pendant trois jours. C’est un titre de chouchou bien mérité que celui là, et qui me tient à cœur.

Je vous donne rendez vous à la fin du mois d’aout pour décerner le titre du chouchou de l’été. Et d’ici là, n’oubliez pas le principal, lisez !

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 17:33
Poubelle’s girls de Jeanne Desaubry (Editions Lajouanie)

Jeanne Desaubry est bien connue des spécialistes du polar, pour avoir écrit trois romans noirs (Hosto, Le passé attendra et Dunes froides) et deux romans pour la jeunesse (Hacking et L’incendie d'Halloween) mais aussi et surtout pour avoir fait partie de la maison d’éditions Krakoen et aujourd’hui Ska. Car outre le fait qu’elle soit une auteure de talent, elle fait beaucoup pour la découverte de nouveaux talents. Et si vous parcourez les allées de quelques salons, ou les librairies proposant des dédicaces, vous la rencontrerez et pourrez discuter avec elle des polars.

Elisabeth est une femme séparée de son mari, qui élève seule son jeune fils adolescent Mathis. Au chômage, elle est obligée de se rendre dans une agence de Pôle Emploi pour répondre aux exigences du système et être comptabilisée parmi les chômeuses. Elle y rencontre une autre femme, dans le même cas qu’elle, mais physiquement différente puisque celle-ci est petite et grosse. Elles se lient d’amitié et Elisabeth, qui vit de quelques heures de ménage au noir, a une idée : loger Paloma dans la caravane d’un vieil homme, Monsieur Armand, chez qui elle faisait le ménage et qui est maintenant en maison de retraite.

A l’autre bout de la ville, Blanche est juriste et mariée à Pierre, avocat de renom. Elle ne supporte plus sa vie, ni son mari, qui est tout le temps absent et qui la trompe sans même s’en cacher. Alors, elle se dit que si elle s’en débarrassait, sa vie serait meilleure, sans contraintes. Alors elle se met à lire des polars et à réfléchir à des solutions criminelles.

Elisabeth et Paloma ont aménagé la caravane. Elles s’imaginent que M.Armand était un truand et qu’il avait caché une fortune dans sa caravane. Quand elles trouvent des billets en francs, cette fortune ne leur sert à rien mais leur donne une idée : et si elles faisaient à leur tour des casses pour avoir un peu d’argent et ainsi survivre ?

D’un coté, on a le couple Élisabeth et Paloma ; de l’autre, nous avons Blanche et Pierre. Ces deux couples vont suivre leur itinéraire, jusqu’à se rencontrer. Vous l’avez compris, cette histoire est dramatique, humaine, bien ancrée dans notre actualité de tous les jours. Et ces deux personnages pourraient inspirer de la pitié ou bien du rejet, leurs malheurs pourraient inspirer de la peine ou de l’indifférence. Et que dire de Blanche, à l’opposé de nos deux comparses, qui fait indéniablement partie des privilégiés et qui s’épanche sur ses petits malheurs égoïstes.

Le talent de Jeanne Desaubry est justement de faire vivre ce tableau social sans émotions, sans jugement, mais en laissant ses personnages vivre devant nos yeux. En aucune façon, elle ne va donner un avis sur les uns ou les autres, juste les accompagner sur leur chemin, avec son style si clair, si précis, si imagé. Et si parfois, on lit une remarque bien cinglante sur la société ou bien sur nos petits travers, ils portent d’autant plus qu’ils ressortent de façon étincelante du reste de l’histoire, sans la dénaturer.

Car c’est bien une fable moderne et humaniste que Jeanne Desaubry nous a concocté. Elle n’est pas là pour donner des solutions, juste pour nous décrire la trajectoire de ces êtres humains, malmenés, poussés à bout, obligés de se débrouiller pour s’en sortir, pour survivre. Et on se demande si la société n’a pas oublié l’humain, si le modernisme n’a pas oublié l’essentiel, l’Homme. Évidemment, j’ai ressenti de la sympathie pour ces deux femmes que sont Elisabeth et Paloma, j’ai été plus froid avec Blanche, mais c’est là où Jeanne Desaubry réussit son pari : nous faire prendre position dans une histoire commune, réelle et contemporaine. Ce roman dramatique, à la plume à la fois efficace et humoristique, s’avère aussi dérangeant, émouvant et parfois cynique.

La société se plaint des criminels, les chasse et les enferme mais ne les engendre-t-elle pas quand elle appauvrit et affame ses citoyens ? De ce roman, je garderai de formidables portraits, de formidables personnages et une histoire qui, outre sa force, possède une fin très bien trouvée, témoin du drame quotidien. Après avoir lu ce roman, vous regarderez différemment les gens que vous rencontrerez dans la rue, ou vous les regarderez, tout simplement.

Vous pouvez aller voir l'avis de l'oncle Paul ici.

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 18:13
Un mort de trop de Alexandra Appers (Ring)

Un mort de trop est un premier roman, mais ne vous y trompez pas, c’est un premier roman extraordinaire. Il nous plonge dans le monde des tatoueurs, ou du moins nous montre un garçon qui, un jour, se rêve tatoueur dans un petit village français paumé sur la carte.

A Saint Amand La Givray, il n’y a rien à faire. On se fait chier. Otis est un jeune garçon, flanqué de son ami de toujours Marvin, un peu demeuré. Il vit chez sa mère, Nina depuis que son père est parti. D’ailleurs, il ne l’a jamais connu. Sa mère tient un bar, L’Indiana, où tous les paumés du coin viennent noyer leur ennui dans l’alcool. Otis a une sœur aussi, Patti, enceinte jusqu’au cou d’un loubard du coin, et si elle veut garder le bébé, il n’est pas sur que le père reste …

Otis a un rêve de grandeur dans ce paysage si petit qu’il tiendrait dans une bouteille. Il veut devenir tatoueur. Il est doué pour faire des dessins, et à l’idée de reproduire cela sur une peau humaine devient son obsession. Alors il décide avec son pote Marvin de s’entrainer … sur les animaux du voisinage. Que ce soient des chats ou des chiens, il les endort puis les rase et enfin leur fait des tatouages magnifiques. Jusqu’au jour où un des propriétaires s’en aperçoit alors que son chien devait concourir pour un concours de beauté.

Alors, Marvin accepte de se faire tatouer, puis en fait de la publicité. Et tout le monde du coin débarque chez la mère d’Otis pour se faire tatouer. Si sa réputation ne dépasse pas le département, il a quand même droit à un sujet sur la télé locale. Un soir de beuverie, un homme ivre l’énerve, et dans un geste brusque, il bouscule sa petite amie, l’amour de toujours, Ella, qui part à la renverse et se fracasse la tête. Quand il se réveille, il ne se souvient plus des détails mais doit vivre avec un corps enterré dans la cave par sa mère.

Pour un premier roman, pour un coup d’essai, c’est un sacré coup. Alexandra Appers doit être le genre de femme à avoir des couilles (excusez moi l’expression). Car quoi de plus ennuyeux que la vie dans un petit village paumé dans lequel il ne se passe rien. Eh bien, croyez-moi, ce roman psychologique est passionnant. D’ailleurs, ne vous arrêtez pas à ce qui est écrit sur la couverture, ce n’est absolument un thriller mais un vrai roman psychologique.

Le principe du roman, c’est de faire la narration à la place de Otis, un jeune sans grand avenir et qui vit avec une certaine rage. De l’extérieur, c’est un jeune qui ne montre aucune émotion, mais qui laisse transparaitre une rage froide. C’est peut-être la seule mise en garde que je peux faire à ce roman : il faut rentrer dedans, se mettre à la place d’Otis, se laisser entrainer par ses mots froids, ses phrases froides, son style chirurgical qui ne laisse rien transparaitre.

Otis est un jeune qui rêve, qui se rêve le meilleur tatoueur que la Terre ait portée. De ces dessins sur des bouts de peau, malgré qu’ils soient l’image de la personnalité de ses clients, il arrive à sortir de son cauchemar quotidien, de son enfermement. Et c’est redoutablement bien vu de montrer ce jeune homme qui a peur à chaque fois qu’il doit tatouer quelqu’un. Et puis survint ce drame, cette mort involontaire de la seule personne qui aurait pu le sortir de lui-même, de sa prison.

Dès la deuxième partie, le ton change. Si Otis ne se rappelle que difficilement ce qui s’est passé, sa mère prend une place prépondérante dans l’histoire. On voit apparaitre son vrai visage de dominatrice, de mère castratrice. Des pans du passé viennent faire leur apparition, on se demande pourquoi elle a élevé seule ses enfants. La personnalité de Otis évolue aussi avec plus de rage, plus de frustration, et même si le style est toujours aussi froid, la tension monte, monte …

La troisième partie voit apparaitre la grand-mère, ce qui ne peut que dégrader la situation, jusqu’au bouquet final qui est plus subtil qu’il n’y parait. Si on ajoute à cela des titres de chapitres qui font appel à ce qui se fait de mieux en terme de rock ou de blues, je peux vous dire que ce roman là, il vous faut le lire absolument, pour peu que vous appréciiez les romans stylisés.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 17:08
Les nuits de San Francisco de Caryl Ferey (Arthaud)

Les romans courts, que les Américains appellent novellas, déferlent sur notre pays. Cela devient une habitude de proposer des romans courts (une centaine de pages) à des prix attractifs. Ce genre de roman est aussi l’occasion de proposer une lecture rapide, qui peut combler quelques heures de transport, fussent ils en commun. Pour l’auteur, c’est plus difficile de créer des personnages, un univers, une intrigue avec aussi peu de pages à sa disposition.

Ce roman raconte la trajectoire de deux êtres, et leur rencontre en forme de déflagration. Deux êtres comme deux étoiles, qui viendraient créer un Big Bang. Ils sont deux et ont droit chacun à une partie, dans ce livre qui en comporte deux.

Sam est un indien Lakota. Sa tribu a battu le général Custer avant d’être proprement exterminée à Wounded Knee. Sam aurait pu être un bon gars, selon les critères de la bonne société, mais il boit trop. Quand sa petite amie Liza est enceinte, il décide de partir, de vivre de petits travaux, surtout dans le batiment. La crise économique le jette brutalement à la rue, où il rencontre Jane à San Francisco.

Jane est une belle fille. Ancienne mannequin, elle va vivre avec Jefferson, membre d’un groupe de rock, avec lequel elle va avoir un enfant. Elle aussi va subir des drames qui vont la jeter à la rue.

Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir le nombre de gens qui font la manche augmenter. Et derrière ces faces marquées, il y a des hommes et des femmes. Caryl Ferey s’est toujours intéressé à l’Homme. Ici, il nous brosse le portrait de deux êtres abimés, chacun ayant eu sa trajectoire, sa vie, chacun ayant subi des drames à propos desquels ils ne pouvaient rien. La faute à pas de chance, comme on dit. Reste que ce roman, montre que l’on n’a plus le droit à l’erreur dans cette société.

Deux êtres, comme deux arbres isolés en plein désert, qui se rencontrent. Les Chinois disent que seules les montagnes ne se rencontrent pas. Ces deux jeunes gens vont se rencontrer et fusionner; ces deux jeunes gens délaissés, marginalisés, à qui il ne reste rien vont essayer de s’en sortir, de s’évader.

Même si j’ai trouvé que le style était par moments plat, par moments démonstratif, surtout au début du roman, on finit par se laisser porter par ce drame dont le but est de centrer le débat sur l’homme. Sans atteindre la poésie et la force de combat d’un Larry Fondation, Caryl Ferey nous offre là une bien belle histoire avec une fin étoilée. Ne passez pas à coté.

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 18:04
La traque de la musaraigne de Florent Couao-Zotti (Jigal)

Les éditions Jigal, après avoir trouvé Janis Otsiemi, nous ont dégotté un autre auteur africain. Et je peux vous dire qu’il n’y a pas à hésiter, La traque de la musaraigne, c’est du bon, du tout bon, du très bon. Il nous propose de suivre l’itinéraire de deux personnages : Stephane Néguirec et Jesus Light à Porto Novo au Benin.

Stéphane Néguirec est Breton qui a émigré en Afrique sans réel but dans la vie. Il erre de bar en bar, profitant de la compagnie des prostituées. Dans l’un d’eux, il sort avec l’une d’elles quand il se fait agresser dans la rue. Une autre jeune femme lui propose de l’aider, lui offrant même de le guider et de le payer pour rester avec lui. De fait, elle sort une liasse de billets dans une peluche. Son attitude parait bien étrange, jusqu’à ce qu’elle lui propose un mariage blanc en l’échange d’argent. Mais leur aventure est loin d’être terminée.

Jesus Light s’appelle en réalité Ansah Ossey. Il est plutôt un petit bandit ghanéen à la petite semaine, sauf qu’il vient de faire un gros braquage et qu’il est le seul survivant de cette affaire. Et comble de malchance, sa petite amie Pamela est partie avec ce qui reste du butin. Il part donc à sa recherche et rejoint le Benin. A peine arrivé, un commissaire de police lui prend ce qui lui reste d’argent pour éviter une arrestation. La course poursuite commence.

Florent Couao-Zotti nous concocte là un super polar, très maitrisé, avec de superbes personnages, et surtout une ambiance poussiéreuse à souhait. Il nous montre, à travers les périgrinations de ces deux personnages, la vie des pauvres gens, au gré des différentes rencontres, qui sont parsemées d’humour au second degré. Ces deux personnages vont donc avoir chacun à leur tour à un chapitre, principe classique mais redoutablement efficace quand il s’agit de décrire deux trajectoires qui sont destinées à se croiser.

Car c’est bien dans le dernier chapitre que tout va se dénouer, la rencontre tant attendue va avoir lieu dans le dernier chapitre et je peux vous dire que cela vaut largement le détour. L’ensemble du roman est maitrisé, de bout en bout, et je dois dire qu’en ce qui concerne le style, on ne fait pas mieux que les auteurs africains. Leur façon d’utiliser des expressions du cru, ajoutée à des mots, verbes ou phrases imagées sont redoutablement efficaces et surtout un formidable plaisir de lecture.

Contrairement à son collègue Janis Otsiemi, Florent Couao-Zotti ne va pas faire l’autopsie de sa société ou de son pays. Il utilise ses personnages pour nous montrer leur vie, pour nous immerger dans un nouveau contexte sans pour autant pointer ouvertement certains travers. Par contre, l’intrigue est parfaitement construite, et ce roman se savoure comme un repas beninois de luxe, tant le plaisir est au rendez vous. Et puis, en terme de style imagé, on fait difficilement mieux que les auteurs africains, tant ils semblent être les nouveaux créateurs de la langue française.

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 17:54
L’information du mardi : George RR Martin en France

Ce n’est pas parce que je ne lis que du polar que je dois occulter des événements dans les autres domaines de la littérature.

Georges R R Martin (l’auteur du Game of thrones) sera en France le 3 juillet, à l’occasion de la sortie de l’œuf du Dragon (90 ans avant le trône de fer) aux éditions Pygmalion. Il sera en dédicace à la librairie Grangier à Dijon de 14 H00 à 18H00.

Un grand concours sera mis en place sur Facebook de J’ai Lu à partir du 16 juin pour permettre à l’un des fans de remporter une rencontre VIP avec l’auteur lors de sa venue à Dijon. Le lien est :

https://www.facebook.com/letronedefer.livre

Pour cette signature unique en France, de nombreuses actions sont prévus à Dijon.

-La Garde de Nuit France – sera en costume et plongera les lecteurs dans l’univers du trône de fer

La compagnie Gentes Dames et Chevaliers animeront 3 tentes (herboristerie, métiers à tisser, armes et armures).

- De taille et d'estoc : organisera une scène de combat du Trône de fer, ainsi qu’une démonstration de combat en armure, et d’arts martiaux du moyen âge.

- la troupe de danse Leila Galim – proposera des danses du Moyen-âge

-L'étrier de bourgogne : présenteront 8 chevaux et 8 cavaliers.

-L'Antre II Monde de Dijon : inviteront leurs habitués à venir déguisés lors de la dédicace.

-Association shining: Présentation des jeux de cartes trône de fer et du jeu de plateau

- La compagnie Clair obscur sera représentée par MR Gael Amizet Il sera l’Echassier

L’information du mardi : George RR Martin en France

Infos sur l’auteur

L’auteur, une des personnalités les plus influentes du monde : George R.R. Martin est l’auteur de plusieurs romans à succès (Riverdream, Armageddon Rag ,Une chanson pour lya et à paraitre en septembre Wild Cards aux éditions j’ai lu.).

Le trône de fer est son plus grand succès (adapté à la télévision par HBO, et diffusée sur Canal + pour la France). Très impliqué dans ce projet, scénariste et producteur de sa propre saga, George R.R. Martin est en passe de devenir l’auteur de fantasy le plus productif et respecté de sa génération. Il est aujourd’hui considéré comme le Tolkien américain. Il a été sélectionné par le Magazine Time comme l’une des personnes les plus influentes du monde en 2011.

L’information du mardi : George RR Martin en France

Le trône de fer est une immense saga d’héroïque fantasy qui s’inspire de la série des Rois maudits de Maurice Druon. C’est au début des années 1990 que Georges R.R. Martin commence à écrire Le trône de fer, le premier volume est publié en 1996. En 2007, la chaine de télévision HBO acquiert les droits d’adaptations. L’auteur lui-même participe à sa production et écrit le scénario d’un épisode par saison. La série en est à sa quatrième saison et fait partie du Top 10 des meilleurs séries TV de l’année selon l’American Film Institute . En 2013, on parle d’un phénomène qui dépasse le cadre des livres et d’une série télévisée.

Le trône de fer en chiffres

2 000 000 de lecteurs en France

2.2 millions de téléspectateurs lors la diffusion du premier épisode de la saison 1.

11,6 millions de spectateurs pour la seconde saison

13,6 millions de téléspectateurs pour le saison trois. Faisant de cette saison la deuxième la plus vue au monde.

Avis aux fans !

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Published by Pierre Faverolle - dans Info du mardi
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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 17:00
Un mensonge explosif de Christophe Reydi-Gramond (Liana Levi)

Sorti chez Liana Levi, ce presque premier roman, puisque l’auteur a écrit deux romans pour la jeunesse auparavant, nous ramène en septembre 2001 et évoque l’explosion de l’usine AZF.

21 Septembre 2001. Le jeune Hugo est passionné par les oiseaux, alors il va souvent faite des tours sur la petite colline pour les observer. Alors qu’il cherche une grue, un grandement s’élève et l’endroit où se trouvait l’usine est remplacé par un gigantesque cratère. Un accident industriel à 99%.

13 février 2002, Brésil. Juan Mügler, sa femme Clara et son fils Esteban vivent à l’Hôtel. En fait, ils vivent de faux noms, de faux papiers et changent de pays tous les mois. Ils fuient pour rester en vie un peu plus. Quelques heures plus tard, les corps tombent dans le vide, la tête la première. Un suicide ? C’est ce que cherche le commissaire Raul Marotta.

Clovis Lenoir est agent à la DST. Il est contacté par la police brésilienne car un couple vient de se suicider dans un hôtel. Ils voyageaient avec de faux papiers mais étaient français. Il va devoir faire avec sa hiérarchie, la presse et la belle sœur de Stephane Dexieu, journaliste, pour démêler cette intrigue.

Et si l’accident AZF n’était pas un accident industriel ? Je me rappelle l’état de catastrophe, l’hébétude que nous avons ressenties dix jours après l’attentat du World Trade Center. Cet accident a tout de même fait 31 morts et 2500 blessés. Ce roman fait donc partie de ces livres qui partent d’une hypothèse et construisent une intrigue pour essayer de trouver une explication à ce drame.

Dès le début, cela va vite, très vite. Les personnages fleurissent et l’auteur décide de nous faire plonger dans les arcanes du pouvoir. On passe d’un personnage à l’autre très facilement, de la DST à la police, d’un pays à l’autre, avec une facilité qui force le respect. Cela va vite et on se laisse mener par le bout du nez par la narration de Christophe Reydi-Gramond. Il est assez étonnant de rencontrer un premier roman aussi bien fait, aussi bien construit. L’intrigue est redoutablement montée, le style est très visuel.

Les seuls petits reproches que je ferai à ce roman est que j’ai l’impression que l’auteur a voulu mettre trop de choses dans son roman, ce qui entraine par moments des passages longs, mais les amateurs de romans de complots y trouveront leur compte, sans aucun doute. Et puis, ce que l’on demande à ce genre de roman, c’est bien de rendre crédible une hypothèse farfelue, et la rigueur de l’intrigue et les deux personnages principaux sont pour beaucoup dans l’intérêt que l’on porte à ce roman.

Assurément, Christophe Reydi-Gramont démontre avec ce roman beaucoup de qualités, et suscite beaucoup d’envies pour son prochain roman. Il se pourrait bien qu’on le retrouve dans la petite liste des écrivains de romans d’espionnage qui comptent.

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Published by Pierre Faverolle - dans 2014
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