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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 18:04
Pur de Antoine Chainas (Gallimard Série Noire)

On peut dire que je l’aurais attendu, ce nouveau roman de Antoine Chainas. J’ai lu tous ses romans, depuis Aime moi Casanova jusqu’à Une histoire d’amour radioactive, en passant par ses deux participations aux enquêtes du Poulpe et de Mona Cabriole. Car je considère qu’il est l’un des auteurs les plus doués que nous ayons à l’heure actuelle, que ses romans dépassent le cadre de l’intrigue qu’elles mettent en place, et parce que son style, parfois jusqu’au-boutiste est un pur enchantement pour tout amateur de littérature.

Le roman commence par une scène où une jeune femme est en train de mourir. Petit à petit, nous allons comprendre qu’elle est dans sa voiture, attachée à sa ceinture de sécurité, qu’un objet métallique lui entre dans le ventre et qu’elle est victime d’un accident de voiture. Ce premier chapitre est dans la veine de ce que Chainas nous offre de meilleur, avec ces descriptions de corps humain, ces séances de stress psychologique, car on vit ce passage torturé avec Sophia. Chainas a toujours voulu séparer le physique du psychologique, mais dans cette introduction, il les relie de façon extraordinairement vivante et douloureuse.

Sophia, c’est son nom, ou plutôt c’était son nom. Son mari Patrick était avec elle, mais a été éjecté de la voiture. Il a erré, perdu à cause du choc, mais a fini par appeler les secours, avant de sortir le corps et de l’étendre à coté de la voiture. Interrogé par la police, il va parler de deux arabes en Mercedes qui leur ont tiré dessus, causant la sortie de route de la voiture. Mais les déclarations de Patrick sont trop floues pour l’inspecteur Durental.

Ce qui commence par un roman noir, voire policier s’avère en fait bien plus complexe que cela, bien plus profond. Car Patrick est consultant, chargé de réaliser des questionnaires permettant aux toutes nouvelles résidences ultra-sécurisées de trier parmi les riches volontaires, afin de n’y accepter que des hommes ou femmes riches, catholiques et blancs. A cela s’ajoute qu’un sniper fou tire sur les voitures et que la police n’arrive pas à mettre la main dessus. A cela s’ajoute des groupuscules d’extrème droite se préparant pour les élections municipales, prêts à déclencher l’épuration. A cela s’ajoute une société coupée en deux, entre les riches enfermés entre eux derrière des barbelés, à l’abri de mercenaires armés, et des quartiers pauvres laissés à l’abandon. A cela s’ajoute une société politiquement correcte, faisant attention à ce qu’elle dit pour ne pas choquer le peuple, mais minée par la paranoia et la volonté de se regrouper entre gens de même race, de purifier. PUR.

Comparé à ses autres romans, le style est plus accessible, mais on sent que l’auteur a voulu se mettre au service de son sujet, au travers une histoire simple. Pour autant, il passe d’un personnage à l’autre, passant en revue une bonne dizaine de personnages avec une facilité déconcertante, nous détaillant sans jamais alourdir le propos, les motivations et les stratégies de chacun. Et ce roman s’avère au premier degré un très bon roman noir, et au second degré un extraordinaire thermomètre de notre société, un roman incroyablement intelligent et important à lire.

Il semblerait que cela soit un sujet d’actualité, car cette année j’aurais lu des romans au sujet analogue, que ce soit Philippe Nicholson avec Serenitas, ou Utopia de Ahmed Khaled Towfik. PUR de Antoine Chainas enfonce le clou, nous oblige à ouvrir les yeux, à travers un roman jamais militantiste, sans jamais prendre position, comme un témoin de notre époque, comme un livre d’histoire ne relatant que les faits pour laisser au lecteur le choix de se faire son opinion … et de réagir. Lisez ce livre !

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 17:23
Les informations du mardi :

L’exquise nouvelle saison 3 :

Depuis 3 ans maintenant, l’exquise édition publie des recueils de nouvelles au profit d’associations caritatives. Cette année, le thème est Les aventures du concierge masqué, référence à l’excellent titre du blog noir, qui publie de non moins excellentes interviews d’auteurs de polars. Les nouvelles, que je n’ai pas encore lues car je viens de recevoir le livre, ont la particularité d’être écrites à plusieurs mais, mélangeant des plumes reconnues avec des auteurs amateurs. On y trouve des auteurs tels que Barbara Abel, Ayerdhal, JOB, Sire Cedric, Paul Colize, Didier Daeninckx, Stephane Marchand, Maxime Gillo et plein d’autres. Tous les bénéfices sont reversés à l’APCH, Association des Pancréatites Chroniques Héréditaires. Le livre coute 10 euros, et comporte une couverture cartonnée rigide. Bref un excellent volume pour faire une bonne action et 245 pages de lecture. N’hésitez plus !

Les informations du mardi :

Piccolo n°100 :

A l’occasion du numéro 100 de la collection de poche de Liana Levi Piccolo, une édition spéciale de Un petit boulot de Iain Levison vient d’être réédité avec une nouvelle couverture et va, je l’espère connaitre une deuxième vie. Nous en reparlerons lors de la rubrique Oldies du mois de novembre, mais pour vous mettre l’eau à la bouche, je vous mets la 4ème de couverture :

“Dans une ville où les trois quarts des hommes ont été licenciés au cours des neuf derniers mois, les affaires qui profitent du désespoir sont florissantes.” Justement Jake Skowran qui a, comme tout le monde, perdu son emploi depuis que la seule usine locale a fermé, mais aussi sa petite amie et même sa télé et qui a des dettes de jeu par-dessus la tête, se voit proposer un boulot de tueur à gages. Entre un emploi sous-payé au supermarché du coin qu’un ami lui propose par protection, et une situation d’avenir, Jake n’hésite pas longtemps d’autant qu’il prend rapidement goût à son nouveau métier et s’applique en toute innocence à faire du bon travail comme s’il avait enfin trouvé sa vocation tardive. Un premier roman magistral qui ne comporte pas d’enquête ni même de suspense, mais qui fait un portrait au vitriol, à la fois drôle et désespéré de l’Amérique des exclus.

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La nouvelle parution de Krakoen :

La nouvelle parution de Krakoen s’appelle Miss Lily-Ann et est signée par Lucienne Cluytens. Voilà une bonne occasion de découvrir une nouvelle auteure dont c’est le septième roman. Nous en reparlerons bientôt, mais voici d’hors et déjà la 4ème de couverture :

Miss Lily-Ann, entreprise textile nordiste, intéresse les Japonais, mais les actionnaires ne veulent pas en entendre parler. Plutôt mourir que de céder à l'envahisseur asiatique ! Justement, la police trouve qu'on meurt beaucoup dans les environs. A profitent les crimes ? Aux investisseurs japonais ou à la directrice de l'entreprise ? Dynamique, charismatique et ambitieuse, Liliane Barré est le suspect idéal. A moins qu'elle ne devienne une cible à son tour.

Les informations du mardi :

Cérémonie assassine de Pascale Marie QUIVIGER :

Voici une nouvelle idée de lecture pour ceux qui aiment découvrir de nouveaux auteurs.

Lorsque l’archéologue française Zia Diaz revient au Mexique pour entreprendre de nouvelles fouilles sur le Site de Xochitl dans le Yucatán, sa vie va basculer. Le corps sauvagement mutilé de Lucia Morales, la fille d’un célèbre sénateur, de surcroît candidat aux prochaines élections présidentielles du pays, vient d’être retrouvé au pied de la grande pyramide de Xochitl. Acte de barbarie d’un psychopathe nostalgique des anciens rituels mayas ? Ou bien s’agit-il d’un complot politique visant à discréditer l’un ou l’autre des partis qui brigue le pouvoir ?

Et que penser de cette mystérieuse secte dont le gourou se targue de vénérer des dieux anciens et d’honorer plus particulièrement Hatloc, le dieu des ténèbres et du chaos, en continuant à perpétrer les rites du sacrifice ? Entraînés dans une spirale infernale, Zia, son fidèle ami Pablo, un policier de village et un jeune lieutenant intègre et sympathique vont tenter de démêler l’écheveau compliqué d’une enquête dont l’issue insoupçonnée changera à jamais la vie de chacun d’entre eux...

Les informations du mardi :

Rencontre avec RJ.Ellory :

Alors que son nouveau roman Mauvaise étoile, vient de sortir, je vous annonce que vous allez avoir l’occasion de rencontrer ce formidable auteur qu’est Roger Jon Ellory. Cela se passera à la Librairie Comme un roman 39, Rue de Bretagne 75003 Paris Tél. : 01 42 77 56 20, le dimanche 13 octobre à partir de 11 heures. Alors retenez la date. Voici la quatrième de couverture de Mauvaise étoile :

Texas, 1960. Elliott et Clarence sont deux demi-frères nés sous une mauvaise étoile. Après l’assassinat de leur mère, ils ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maisons de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otages pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, ils se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan, accompagné des deux adolescents, sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, la police, lancée à leurs trousses, et en particulier l’inspecteur Cassidy ne sont pas au bout de leurs surprises.

Avec ce récit au suspense implacable et à la noirceur absolue, R. J. Ellory se consacre de la façon la plus flamboyante qui soit à son sujet de prédilection : le mal. Tout comme Shane Stevens dans Au-delà du mal, il aborde les thèmes de l’innocence corrompue et de l’origine des déviances. On y retrouve ici intact tout l’art d’Ellory, qui a fait la force de Seul le silence : une écriture à la fois poétique et très réaliste ; des personnages d’une humanité complexe et déchirante aux prises avec leur face sombre ; une intrigue qui tient le lecteur captif jusqu’à la dernière page. Un thriller intense, poignant et inoubliable.

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 17:47
Protocole 118 de Claire Le Luhern (Editions La Tengo)

Si vous êtes un fidèle de ces pages, vous savez ma passion pour la lecture de premiers romans. Alors, quoi de mieux que de lire le roman gagnant du prix Première Impression, organisé par les Editions La Tengo et la radio Le Mouv’ ?

Le Prix Première Impression a été créé en septembre 2011 par les Éditions La Tengo et Le Mouv’. Ce prix récompense par une première impression le vainqueur d’un concours mettant aux prises des auteurs qui n’ont jamais été publiés. Le jury 2013 était composé des journalistes du Mouv’,Olivier Cachin, Cyril Sauvageot, d’Anne-Julie Bémont des Éditions Radio France et Bruno Clément-Petremann, lauréat du Prix en 2012 pour son roman Strummerville.

A Sainte Anne, célèbre hopital psychiatrique de la région parisienne, Adrien Cipras est un psychopathe qui purge sa peine à vie, enfermé dans sa chambre. Amnésique, grâce aux médicaments qu’on lui donne, il est tenu bien à l’écart depuis qu’il a tué une jeune étudiante Alice Miège trente ans plus tôt. En ce vendredi 11 décembre, il ouvre les yeux et commence à retrouver la mémoire. Deux jours après, Adrien Cipras est retrouvé mort dans son lit.

Cela fait quatre mois que Juliette a rejoint la brigade criminelle. Elle travaille avec Patrice Hérès, un vieux de la vieille à la cinquantaine bien frappée. Apparemment, cette affaire ne passionne personne, alors c’est elle qui s’y colle. Les premières constatations de son enquête montrent que Adrien Cipras a été étouffé avec un coussin, c’est donc un meurtre. Puis le professeur Salfatis lui indique qu’il a fait l’objet d’un traitement au moment du meurtre d’Alice, le protocole 118 et qu’il aurait été incapable de marcher donc de tuer Alice. Et si la solution du meurtre d’Adrien Cipras trouvait ses origines trente années en arrière ? Et qui était Alice ?

En ce qui me concerne, ce roman a soufflé le chaud et le froid. Mais l’impression qui en ressort est que Claire Le Luhern a réussi à m’époustoufler … par moments. J’ai trouvé le début difficile, poussif. Car cette jeune auteure a un style direct, efficace qui m’a enchanté, sauf que par moments, c’est tellement dénué de descriptions qu’elle m’a égaré, n’ayant aucun repère pour certains personnages. Et, passé ce petit reproche, j’ai trouvé ce roman formidable.

Effectivement, Claire Le Luhern m’a époustouflé dans sa façon de construire ses personnages. Le ton est sombre, l’ambiance noire, et tous sont comme des fantômes trimbalant leurs cicatrices comme des boulets. Le mystère autour de leur vie, de leur passé est redoutablement bien entretenu, et si l’intrigue est assez simple, on ne devine pour autant rien du véritable coupable. Par contre, je garderai longtemps en mémoire les âmes écorchées vives qui hantent ce roman.

Et puis, il y a ce Paris, nocturne, sombre, inquiétant, que Claire Le Luhern brosse par petits traits, mais qui au détour d’une phrase font éclater une image d’une noirceur incroyable. On finit par croire qu’il ne fait jamais jour à Paris au mois de décembre, et que tout y est de la même couleur que les pensées des personnages. En fait, j’ai eu l’impression que l’auteur a mis du temps à s’installer, à trouver son rythme de croisière. Mais je peux vous dire que, passé les 50 premières pages, vous y trouverez des passages d’une noirceur inquiétante, des personnages abimés à souhait et une peinture de notre capitale hallucinante. Ce qui me fait dire que Claire Le Luhern a écrit un bon premier roman noir et que j’attends son deuxième roman pour confirmation avec impatience.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 17:13
Le cercueil des âmes de Ann Rosman (Balland)

Voici une nouvelle auteure à découvrir, dont je n’avais jamais entendu parler, avec son deuxième roman, après La fille du gardien de phare. Et une fois n’est pas coutume, pour vous résumer le début du roman qui fait 520 pages, je vais recopier la quatrième de couverture parce qu’elle est très bien faite :

4ème de couverture :

Au cours d'une sortie scolaire, un groupe de collégiens découvre le corps d'une femme décapitée, gisant près de la 'pierre du sacrifice', sur les hauteurs de l'île de Marstrand. Peu de temps après, une tête est retrouvée dans le jardin d'une vieille dame. En charge de l'enquête, l'inspecteur Karin Adler pense avoir déniché la tête manquante mais les analyses révèlent qu'elle n'appartient pas à la victime.

Une tête sur laquelle le tueur a apposé son étrange signature en lui sectionnant le nez... Ces événements pour le moins mystérieux poussent Karin à partir à la découverte des croyances ancestrales des habitants de l'île. Selon une légende du Moyen Age, l'âme serait localisée dans l'appendice nasal. Le tueur pourrait-il être un collectionneur d'âmes qui ne s'attacherait qu'à emporter le nez de ses victimes ? Mais dans quel but ? Secondée par le charmant Johan Lindblom, Karin Adler va devoir s'immerger dans les superstitions de l'île pour déjouer les plans du tueur...

Ann Rosman vit à Marstrand, sur la côte ouest suédoise. Après une carrière d’économiste, elle consacre désormais tout son temps à l’écriture. Passionnée de voile, elle explore les mystères et l’histoire de sa région natale. La Fille du gardien de phare a été traduit en six langues et s’est vendu à plus de 90 000 exemplaires en Suède.

Mon avis :

Ce roman, contrairement à ce qui est écrit sur la couverture, n’est pas un thriller mais un pur roman policier, un roman policier comme les scandinaves savent le faire. En effet, l’auteure dont c’est le deuxième roman prend le temps de décrire les gens, les paysages, les coutumes, les légendes, ce qui fait que ce roman comporte un rythme lent, et cela ne conviendra pas à quelqu’un qui cherche du rythme et de l’action, voire du stress.

Par contre, on y trouvera moult détails sur la vie des suédois, sur leur journée, sur leur repas et sur leur mode de vie en général. On y trouvera aussi beaucoup d’informations sur les légendes au cours de l’enquête, entrecoupée de passages qui se passent en 1958 et qui racontent la vie d’un petit garçon enfermé dans une cave.

Vous l’aurez compris, entre les mystères antiques et une histoire plus récente et tout aussi cruelle, on y trouve beaucoup de pistes et l’auteure a un style suffisamment fluide et distant pour nous laisser croire que tout le monde peut être coupable. Ce cercueil des âmes s’avère une lecture fort distrayante et révèle une auteure intéressante et à suivre, si l’on est fan de romans policiers rigoureux, bien construits et bien écrits.

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 17:04
Oldies : L’instinct maternel de Barbara Abel (Masque poche)

Dans la rubrique Oldies de ce mois, voici un auteur qui écrit de très bons polars psychologiques. Quoi de mieux que de lire son premier roman, qui vient d’être réédité aux éditions du Masque dans la collection Masque Poche. Barbara Abel a récemment connu un beau succès avec son dernier roman en date Derrière la haine.

L’auteur :

Après des cours en théâtre suivis à 15 ans à l'Académie d'Etterbeek, elle étudie à l'Université libre de Bruxelles où elle obtient une licence en philologie romane. Elle s’inscrit ensuite à d’interprétation à l’École du Passage de Paris, puis exerce un temps le métier de comédienne et participe à des spectacles de rue.

À 23 ans, elle écrit sa première pièce de théâtre, L'Esquimau qui jardinait, qui est montée avec succès sur des scènes bruxelloises et au Festival de théâtre de Spa. Elle se lance peu après dans l'écriture, publie quelques textes dans différentes revues et, en 2002, un premier roman policier, L'Instinct maternel, lauréat du Prix du roman policier du festival de Cognac. Elle fait ensuite paraître d'autres récits de suspense qui ont évoque souvent des milieux familiaux étouffants où germent délits et folie.

Elle assure également des chroniques culturelles diffusées sur Arte Belgique.

(Source Wikipedia)

4ème de couverture :

Richard et Jeanne Tavier jouent, depuis de nombreuses années, la comédie du bonheur parfait dans le milieu huppé qu'ils fréquentent. Leur agressivité et leur mépris sont renforcés par le fait qu'ils n'ont jamais pu avoir d'enfant. Edwige, la confidente de Jeanne, l'aide de son mieux en lui procurant conseils et tendresse. Un soir, celle-ci débarque chez elle et lui annonce que Richard s'est rompu le cou en tombant dans l'escalier. Edwige n'est pas dupe mais couvre son amie en l'assurant de son silence. À l'ouverture du testament, le notaire annonce à la veuve que Richard lègue sa fortune à une inconnue. Blessée et dépitée, Jeanne transforme son ressentiment en une boule de fiel qui lui fait perdre la raison. Décidée à retrouver la femme qui a hérité à sa place, elle a bien l'intention de la supprimer.

Mon avis :

Voilà un roman psychologique épatant. Découpé comme les neuf mois d’une grossesse, il va montrer la mécanique implacable d’un esprit totalement malade, celui de Jeanne, prête à n’importe quoi pour récupérer l’argent de l’héritage de son mari. Oscillant entre horreur et huis-clos, la magie du style de l’auteur nous entraine dans les bas-fonds de l’ame humaine, avec une maestria qui force le respect. Ce qui est remarquable, c’est la précision de l’écriture, cette obsession de la bonne expression, et la faculté de construire des décors très explicites.

Et si je regrette juste que tout le roman ne soit pas centré sur Jeanne, c’est un roman idéal pour rentrer dans l’univers de cette auteure qui sait à la fois construire une intrigue impeccable, mais en plus faire ressentir au lecteur les fortes émotions, en utilisant notre fibre humaine et sensible. Quand un esprit est incapable de ressentir le moindre sentiment, qu’il est renfermé sur lui-même, cela donne des scènes d’une force incroyable. Une lecture indubitablement forte et marquante à ne pas rater.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 17:17
L’information du mardi : Polar SNCF & Livre de poche

Polar SNCF sélection automnale :

La sélection estivale de polar SNCF a livré son verdict. Je vous rappelle que tout le monde peut participer ; pour cela, il suffit de s’inscrire sur le site, de lire les romans proposés et de voter. La gagnante de la sélection estivale est donc Sandrine Colette avec Des nœuds d’acier. Nous la retrouverons donc en finale aux cotés des deux autres gagnants. Il est temps maintenant de voter pour la sélection automnale, et pour cela, 5 romans sont présentés. Vous avez jusqu’au 16 décembre à minuit pour attribuer vos notes.

L’information du mardi : Polar SNCF & Livre de poche

Le linguiste était presque parfait de David Carkeet

On traite le séduisant linguiste Jeremy Cook de trou-du-cul devant l’une de ses charmantes assistantes, et tout fout le camp! D’autant que l’un de ses collègues de l’institut d’étude du langage des nourrissons, un individu discret et obsédé par l’étrange notion de « contre-amitié », vient d’être assassiné.

Du jour au lendemain, Jeremy va devoir élucider un meurtre, rédiger une conférence dont l’intitulé change tous les matins, faire le joli cœur et, plus important encore, découvrir – grâce à la linguistique et à quelques coups tordus – d’où sortent ces foutues rumeurs sur lui. Qui a dit que la vie d’un linguiste était un long fleuve tranquille ?

David Carkeet crée un monde d’extravagances et d’antipathies, où se croisent un flic érudit dont la suffisance intellectuelle n’a d’égale que son aversion pour le crime, un directeur despotique dont les règles frisent la démence, et des chercheurs à l’esprit alambiqué.

L’information du mardi : Polar SNCF & Livre de poche

Le matériel du tueur de Gianni Biondillo

Pourquoi un détenu, petit délinquant apparemment sans histoire, est-il libéré dans des conditions particulièrement sanglantes par un commando mafieux ? La commissaire d’une unité d’élite, Elena Rinaldi, se lance à ses trousses, assistée de mauvaise grâce par l’inspecteur Ferraro, un de ses ex. Avec l’aide de Lanza, hurluberlu génial de l’Agence européenne, ils découvrent qu’ils pourchassent en réalité un tueur redoutable, échappé des brûlantes brousses d’Afrique et des camions du trafic d’esclaves.

Il poursuit seul une vengeance implacable et toute personnelle. Haile l’Érythréen a tout pour inquiéter : l’anonymat, la cruauté, l’intelligence et une volonté de fer, spartiate, militaire. Le matériel du tueur.

Gianni BIONDILLO, prolifique auteur-architecte milanais, est né en 1966 à Milan où il vit. A été traduit en France Pourquoi tuons-nous ? (Joëlle Losfeld, 2006), best-seller en Italie qui a été suivi de La Mort au cœur (Gallimard, 2009).

En 2003, G. Biondillo a créé avec un groupe d’intellectuels, artistes et écrivains, le blog Nazione Indiana, devenu une référence de la vie culturelle dans la péninsule. Le Matériel du tueur, suite des aventures de l’inspecteur Ferraro, a obtenu le prestigieux prix Giorgio Scerbanenco au Festival noir de Courmayeur.

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Né sous les coups de Martyn Waites

1984 : Margaret Thatcher est au pouvoir, les mineurs sont en grève. "Deux tribus partent en guerre", pour reprendre un tube célèbre. À Coldwell, cité minière du Nord, les mineurs ont lutté quasiment jusqu'à la mort, mais ça n'a pas suffi : manipulant l'opinion, recourant à la violence policière, les Tories avaient, à l'époque, méthodiquement cassé les reins du mouvement ouvrier. Pour les vaincus, le prix de la défaite sera exorbitant : vingt ans plus tard, Coldwell est une ville sinistrée, gangrenée par tous les fléaux sociaux.

Histoire d'un affrontement impitoyable aux conséquences dévastatrices, histoire de criminels qui prospèrent sur la misère, histoires d'amour contrariées, tragiques, mais aussi poignantes, Né sous les coups est la fresque de tout un monde mis à terre qui lutte pour survivre sur deux générations, baignant dans la musique anglaise des années 70 et 80.

Originaire du nord de l'Angleterre, Martyn Waites s'est passionné pour le théâtre, puis pour le roman noir sur les pas d'Ellroy, Burke, Crumley et Robin Cook. Né sous les coups est son premier roman.

Mon avis est ici

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Tu n'as jamais été vraiment là de Jonathan Ames

Joe, ancien marine et ex-agent du FBI, a eu son compte de scènes de crimes. Et ce n'est pas sa vie sentimentale ou amicale qui va lui mettre du baume au cœur : solitaire et tourmenté, il ne se lie à personne. Lorsqu'un homme politique de premier plan l'engage pour exfiltrer sa fille adolescente des griffes de la prostitution, il découvre un réseau de corruption inimaginable.

Quand la seule personne à qui il tient encore est enlevée, Joe renonce à sa promesse de ne pas faire de mal. Et s'il y a quelqu'un qui sait tuer pour la vérité, c'est bien Joe...

Né en 1964 Jonathan Ames est le créateur de la série HBO Bored to Death, inspirée d’une de ses nouvelles du recueil Une double vie, c’est deux fois mieux, publié aux Editions Joëlle Losfeld, ainsi que Réveillez-vous, Monsieur !

Il vit à New York

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La vie est un tango de Lorenzo Lunar

Puchy a toujours dit que le quartier était un monstre. Je l'ai entendu dire tant de fois que j'ai fini par me l'imaginer moi-même ainsi : une pieuvre pourvue d'un million de tentacules. »

Léo Martin est depuis peu commissaire de quartier à Santa Clara, ville de province cubaine. Sa routine : faire face aux business illégaux, aux règlements de comptes et aux coups tordus des petites frappes du coin.

Léo enquête sur une contrebande de lunettes de soleil quand un jeune homme se fait assassiner. Quels sont les liens entre ces deux affaires ? Les amis et collègues de Léo sont-ils tous irréprochables? Dans La vie est un tango, c'est tout un quartier qui prend vie, peuplé de rumeurs et de faux-semblants.

Lorenzo Lunar est né à Santa Clara (Cuba) en 1958. Il a été sélectionné pour le prix Dashiell Hammett (meilleur roman noir en espagnol) pour son premier roman publié en France, Boléro noir à Santa Clara (L'Atinoir, 2009). L'auteur a reçu le prix Plume de Cristal en janvier 2013 à Cuba, qui récompense l'écrivain le plus lu de l'année écoulée.

L’information du mardi : Polar SNCF & Livre de poche

Le prix des lecteurs du Livre de Poche :

J’ai eu l’occasion et la chance cette année de participer au grand prix des lecteurs du Livre de Poche, dans la catégorie Polars. Les résultats sont connus depuis cette semaine est le grand gagnant est Jussi Adler Olsen avec Miséricorde :

Voici le compte des voix :

- 54 votes pour = Miséricorde de Jussi Adler Olsen,

- 22 votes pour = Trois accidents et un suicide de Seamus Smyth,

- 13 votes pour = Adieu de Jacques Expert,

- 13 votes pour = Volte-face de Michael Connelly.

- 10 votes pour = Le Livre de Johannes de Jorgen Brekke,

- 9 votes pour = La Tulipe du mal de Jörg Kastner,

- 4 votes pour = Elle savait de Lee Child

Je vous rappelle le sujet de Miséricorde ainsi que le lien vers mon avis ici

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s'acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l'avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d'encre. Mais, faute d'indices, la police avait classé l'affaire. Jusqu'à l'intervention des improbables Carl Mørck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d'origine syrienne. Pour eux, pas de cold case ... Couronné par les prix scandinaves les plus prestigieux, le thriller de Jussi Adler-Olsen, première enquête de l'inspecteur Mørck, est un véritable phénomène d'édition mondial. Les raisons d’un fol engouement ? Deux personnages sympathiques et attachants, et une histoire à l’efficacité démoniaque. Marianne Payot, L’Express.

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 18:08
Le chouchou du mois de septembre 2013

Le mois de septembre fut un mois riche à tous points de vue. Tout d’abord j’ai lu beaucoup de livres enthousiasmants, ensuite j’ai publié beaucoup de chroniques (normal, j’ai mis mes lectures de cet été), et enfin, j’ai eu la chance de lire deux romans pour lesquels j’ai mis des coups de cœur. Honneur donc à ces deux romans pour commencer.

Mes deux coups de cœur de septembre sont très différents, ce qui reflète bien la diversité que l’on peut trouver dans le polar. Mais, si je les ai distingués parmi mes lectures, c’est parce que dans les deux cas, j’ai été pris, passionné et parce que ce sont des romans sans défauts, qui vous emportent du début à la fin.

Avec Un long moment de silence (Manufacture de livres), Paul Colize a écrit un roman à mon sens parfait. Entre la construction, le style efficace à merveille et une histoire à faire fondre le plus insensible des lecteurs, ce roman se classe chez moi du coté des plus belles lectures de 2013. D’ailleurs, j’aurais aussi adoré son précédent roman Back-up de Paul Colize (Folio), ce qui montre que Paul Colize devient un auteur à lire, à suivre dans le polar d’aujourd’hui.

De l’autre coté, on change de registre, et on passe à la comédie. Mon père disait qu’il est plus difficile de faire rire que de faire pleurer. Disons que c’est aussi dur dans un cas comme dans l’autre. Samuel Sutra construit un cycle sur une bande de voleurs que Westlake et Audiard n’auraient pas reniés. Leur dernier larcin est hilarant, jouant sur tous les registres du comique, sans oublier une intrigue maitrisée et surtout un sourire garanti au détour de chaque phrase. Quand un livre est aussi bon que cela, je ne vois pas pourquoi je bouderai mon plaisir. Cela s’appelle Akkhangetno et sa bande – Tonton et Seth et Ra (Terricae).

Parmi les autres lectures, j’aurais balayé un large éventail dans tout ce que peut nous offrir le polar.

Dans le genre humoristique, mais plutôt bien cynique, il y a aussi Avis d'obsèques de Michel Embareck (Archipel), qui est excellent et qui me donne envie de lire d’autres livres de cet auteur.

Dans le genre polar, j’aurais lu avec grand plaisir Ma mort aura ton visage de Jean Pierre Ferrière (Campanile), un roman réédité qui montre une fois de plus toute la créativité dont peut faire preuve cet auteur que j’affectionne particulièrement.

Dans le genre roman policier, Ce qui reste des forêts de Colin Niel (Rouergue), qui est le deuxième roman de Colin Niel nous laisse espérer le meilleur pour l’avenir, tant l’évolution est grande par rapport au premier tome, avec une intrigue plus touffue et mieux maitrisée.

Dans le genre … noir mais aussi psychologique, ne ratez pas La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Actes sud), très hypnotique, très fort et probablement l’une des grosses ventes de cette rentrée 2013.

Dans le genre Thriller, si Le collectionneur de chair de CE.Lawrence (MA éditions) s’avère un roman divertissant et réussi, je lui préférerai tout de même Purgatoire des innocents de Karine Giebel (Fleuve noir), huis clos stressant qui est une formidable réussite en partant d’une trame simple.

Enfin, dans la rubrique Oldies, j’aurais enfin lu Tout ce qui meurt de John Connoly (Pocket), qui m’aura fait découvrir l’univers de John Connoly. A coup sur, nous allons bientôt y revenir avec Laissez toute espérance …

Le titre de chouchou du mois revient donc fort logiquement à Né sous les coups de Martyn Waites (Rivages Thriller), un roman magnifique, centré sur les personnages de différente génération, pour détailler, disséquer les impacts de la politique de Margaret Thatcher dans une ville imaginaire de Grande Bretagne. Un roman noir, sociologique, humain, humaniste, comme je les aime.

Et n’oubliez pas le principal, lisez !

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 17:54
Ce qui reste en forêt de Colin Niel (Rouergue noir)

J’avais beaucoup apprécié le premier roman de Colin Niel, Les hamacs de carton, qui malgré une intrigue simple, nous faisait découvrir un nouveau personnage attachant, en la personne du capitaine Anato. Voici donc sa deuxième enquête.

En Guyane, à la station scientifique de Japigny, tout le monde est en émoi : le célèbre chercheur et responsable de la station Serge Heuerstein a disparu. Il est parti dans la jungle, probablement à la recherche d’une espèce animale ou végétale rare et n’est pas revenu. Or, dans ce milieu hostile, la survie d’un être humain ne dépasse pas la journée. Tous les scientifiques sont réquisitionnés, et la gendarmerie est prévenue.

Bizarrement, des coups contre un tronc d’arbre mettent les sauveteurs sur la piste du corps de l’éminent scientifique. Il est mort, retrouvé au fond d’une grotte. Le corps porte de nombreuses traces, et les questions fusent : est-il tombé ? A-t-il été torturé ? Peut-être s’est-il trop approché d’un camp d’orpailleurs ? En effet, dans les forêts guyanaises vivent plusieurs milliers de personnes, en situation clandestines, recherchant l’or jaune, des pépites d’or.

Le capitaine Anato va mener l’enquête, aidé en cela par les lieutenants Vacaresse et Girbal. Et la situation ne va pas être facile pour le capitaine car bien vite, de nombreuses pistes s’offrent à lui : Les orpailleurs, jalousie scientifique ou juste drame conjugal. La résolution de l’enquête va être bien difficile et totalement inattendue.

Nous retrouvons avec grand plaisir le capitaine Anato, que nous avions rencontré lors d’une première enquête et qui constituait le premier roman de Colin Niel. Ce personnage, fort prometteur, droit et honnête, est en fait quelqu’un qui a été élevé en métropole et qui est revenu dans sa contrée natale à la suite de la mort de ses parents dans un accident de voiture. S’il est rare de voir un homme de couleur à la tête de la gendarmerie, s’était porté sur lui aussi bien pour ses compétences que pour des raisons politiques. Dans cette enquête, le voile sur le passé de ses parents ne se lève pas, il semble même s’épaissir alors qu’il apprend (par oui dire) qu’il aurait peut-être un demi-frère. Voilà donc de quoi perturber notre capitaine si professionnel et distant vis-à-vis de ses hommes.

Dans ce roman, on retrouve tout ce qui faisait le charme du premier tome, à savoir cette Guyane, et alors que nous avions découvert la ville, nous voici en partie plongé dans la forêt amazonienne, en partie seulement puisque c’est le lieutenant Vacaresse qui est envoyé sur place. Et ceux qui regrettaient que l’intrigue soit légère dans Les hamacs de carton vont en avoir pour leur grade. Colin Niel a soigné son intrigue, ses fausses pistes, ses tiroirs vides, ses pistes potentielles. Sans pour autant perdre son lecteur, car Colin Niel est bigrement doué pour raconter une histoire, il écrit avec Ce qui reste en forêt un très bon roman policier.

Excellent quand il s’agit de parler des terres vierges, excellent quand il s’agit de décrire au plus prêt ses personnages, excellent aussi dans ses dialogues, ce roman policier est un excellent cru à propos duquel on se dit qu’il va encore mieux faire dans le prochain. Bref, j’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman et je serai au rendez vous du prochain. Et n’oubliez pas : Ce qui se passe dans la forêt, reste en forêt.

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 17:00

Voici une petite sélection des sorties chez Points qu'il me parait important de mettre en avant. Et surtout n'oubliez pas le principal : lisez !

L'information du mardi : Allez voir chez Points

Le dernier lapon de Olivier Truc

Depuis quarante jours, la Laponie est plongée dans la nuit. Dans l’obscurité, les éleveurs de rennes ont perdu un des leurs. Mattis a été tué, ses oreilles tranchées ? le marquage traditionnel des bêtes de la région. Non loin de là, un tambour de chaman a été dérobé. Seul Mattis connaissait son histoire. Les Lapons se déchirent : malédiction ancestrale ou meurtrier dans la communauté ?

Journaliste depuis 1986, Olivier Truc vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point, après avoir travaillé à Libération. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est aussi documentariste pour la télévision.

« Ambiance polaire, traditions religieuses et querelles d’éleveurs, le Français Olivier Truc réussit un étonnant thriller qui n’a rien d’une promenade exotique. »

Télérama

L'information du mardi : Allez voir chez Points

Cool de Don Winslow

Une graine. Tout commence avec une graine de cannabis. Venue d’Afghanistan dans les valises de Chon, membre des Forces spéciales de retour de mission, la voilà entre les mains magiques du botaniste Ben, qui la cultive à grande échelle. Aidé par Ophelia, leur atout séduction, le trio commence à dealer. Jackpot. Les dollars pleuvent. Et les cartels qui tiennent la Californie exigent leur part du gâteau.

Don Winslow est né à New York en 1953. Ancien détective privé, il est l’auteur d’une quinzaine de romans. Cool raconte les débuts du trio ravageur de Savages, adapté au cinéma par Oliver Stone.

« Cool est porté par les mêmes dialogues corrosifs et percutants, et par la même vivacité d’esprit, que Savages. Noir et éclatant. »

The New York Times

Vous pouvez lire mon avis ici

L'information du mardi : Allez voir chez Points

Conséquences de Darren Williams

La morte a les yeux de sa sœur disparue. Gibson s’abrutit d’alcool mais ne peut oublier cette adolescente retrouvée dans une maison abandonnée. Elle fuyait Angel Rock, ville désertée aux confins du bush australien. La commune dévore ses enfants depuis longtemps. Ils meurent sans explications. Gibson remue le passé des jeunes sacrifiés. La chaleur trouble se peuple de fantômes…

Darren Williams est né en 1967. Il vit à Brisbane en Australie. Conséquences est son premier roman traduit en français.

« Un page-turner envoûtant où l’écriture à la fois puissante et poétique distille le suspense de façon oppressante. À lire portes closes et rideaux fermés. »

The Daily Mail

L'information du mardi : Allez voir chez Points

La contrée immobile de Tom Drury

Barman fantasque au Valet de Carreau, Pierre aime les tours de magie et les situations insolites. S’attirer des ennuis, même dans ce patelin sans histoires du Midwest, c’est sa spécialité. Un jour de grand vent, il chute dans les eaux glacées du lac de Verre. Stella le sauve de la noyade. Mystérieuse, tourmentée, la jeune femme obsède Pierre. Dans la Contrée immobile, le quotidien n’est pas si banal…

Né en 1956 dans l’Iowa, Tom Drury est l’auteur d’une demi-douzaine de romans. La revue Granta l’a désigné comme l’un des 20 meilleurs romanciers américains. La Contrée immobile est son premier roman traduit en français.

« Entre les frères Grimm et les frères Coen. » Los Angeles Times

« Une lecture hypnotique, inoubliable, La Contrée immobile flirte avec le chef-d’œuvre. » Time out Chicago

L'information du mardi : Allez voir chez Points

Baltimore de David Simon

À Baltimore, le crime fait la loi. Journaliste au Baltimore Sun, David Simon a suivi pendant un an les inspecteurs de la brigade criminelle de la ville. De jour comme de nuit, il a partagé leur quotidien, sur les scènes de crime et dans les salles d’interrogatoire. Avec une empathie rare et un sens du détail exceptionnel, il nous offre le portrait profondément humain d’une cité à la dérive.

Né à Washington en 1960, David Simon a travaillé pendant douze ans pour le Baltimore Sun. Journaliste, écrivain, producteur et scénariste, il est notamment le créateur des séries The Wire (Sur écoute) et Treme.

« David Simon produit un document à vif, une fascinante autopsie du mal. » Les Inrockuptibles

« On a déjà lu des documents sur la police, celui-ci est de loin le plus fiable, le plus prenant, le plus éprouvant… en un mot, le meilleur ! » The Washington Post

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 17:47
Akhänguetno et sa bande (Tonton, la momie, et Set et Ra) de Samuel Sutra

Attention ! coup de cœur ! Ce roman est un pur joyau de comédie, le troisième de la série après Le pire du milieu et Les particules et les menteurs et il devient pour moi l’un de mes livres de chevets. Un grand roman de comédie à ne pas rater.

Ce matin là, Tonton affublé de sa toge romaine, dominant sa propriété boisée tel le Jules César de la truande, le dinosaure du crime qu’il est, est allongé en cette nuit de canicule quand il entend un bruit. Pas de doute, de curieux malotrus ont osé faire un trou de la taille d’un camion benne dans son jardin, celui là même où il enterre les cadavres d’autres malotrus. Le verdict est sans appel : on lui a volé un mort !

Affublé d’une bonne à tout faire bonne à rien, Donatienne, Tonton de son vrai nom Aimé Duçon tient à faire le jour dans cette affaire, car le vol étant son métier, il est hors de question qu’on lui dérobe quoi que ce soit. Le nombre de cadavre étant trop nombreux pour que les quelques neurones qui lui restent en retienne les emplacements de leur sépulture, d’autant plus que son propre père avait enterré les siens, il va demander des éclaircissements auprès de Guy La Fosse, le creuseur de son père.

Faute d’indices pouvant le mettre sur la piste de ses dérobeurs, Tonton n’a plus qu’à se jeter sur les souvenirs et les vieux papiers cachés au grenier. C’est alors qu’ils mettent la main sur un vieux livre contant l’expédition de Errol Lingston et de sa découverte du caveau de Akhänguetno, l’un des plus célèbres pharaons de la quatrième dynastie. Aidé par son équipe de bras cassés (et encore, je suis gentil !), ils vont chercher à récupérer le fameux tombeau.

J’aurais pu écrire un billet humoristique pour ce troisième volume des aventures de Tonton et sa bande, comme j’ai essayé de la faire pour Les particules et les menteurs. Mais il m’a semblé plus judicieux d’essayer de vous décrire pourquoi ce roman est un grand moment de comédie et d’humour, et pourquoi je pense que Samuel Sutra a écrit un grand moment de littérature comique qui je l’espère rencontrera un grand succès, ou du moins le succès qu’il mérite.

Car ils ne sont pas nombreux, ceux qui osent s’aventurer sur le chemin de croix du rire, et ce roman est une formidable réussite. Car le scenario est parfaitement maitrisé, cachant des moments de rire incroyables. Samuel Sutra joue sur tous les registres, du jeu de mots au comique de situation avec toujours autant de réussite. C’est un vrai régal, et je me suis surpris à avoir des éclats de rire lors de la lecture, ce qui est bien rare. En plus, il n’est pas utile de lire les précédentes aventures pour suivre celle-ci, même si je vous le conseille fortement pour vous dérider les zygomatiques.

Cette troisième aventure de Tonton et sa bande est encore meilleure que les autres, disais-je. Tout y est plus drôle évidemment, mais surtout sans répit, j’y ai trouvé plus de maitrise dans les scènes, les dialogues. Samuel Sutra écrit du Tonton flingueur avec son identité à lui. C’est un roman qu’il faut lire attentivement, pour se délecter de chaque mot, de chaque phrase, car chaque ligne recèle un sourire, voire un rire.

En plus, chaque chapitre commence par une phrase qui devrait entrer au panthéon des meilleures citations, et je vous livre celle que je préfère : « Je dépense moins d'énergie à m’accommoder de mes problèmes qu'à tenter de les résoudre ». Comme le disait l’oncle Paul, les livres de Samuel Sutra devraient être remboursés par la sécurité sociale, et celui-ci est un pur joyau de rigolade, un grand moment de divertissement, un immanquable qui rejoint ma table de chevet. Coup de cœur !

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