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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 19:03
Dernier désir de Olivier Bordaçarre (Fayard)

J’ai découvert Olivier Bordaçarre avec La France Tranquille, que j’ai beaucoup aimé. Il y avait un ton, un style et une verve pour décrire la vie d’une petite ville provinciale que l’on lit trop peu souvent. Son dernier roman est plus intimiste et parait d’ailleurs en littérature, probablement parce que le sujet peut paraitre de prime abord moins étiqueté polar, ce que je ne pense pas du tout. Il n’en reste pas moins que c’est un roman formidable.

Mina et Jonathan Martin est un ancien couple de Parisiens qui, ont commencé par déménager de Paris en banlieue parisienne avant de se rendre compte que leur vie serait plus confortable s’ils allaient vivre en province. Evidemment, ils vivraient plus chichement, Jonathan s’occupant de son jardin, d’ébénisterie et de bricolage tandis que Mina se contenterait de son poste de guide dans un château local. Ils ont donc choisi de s’installer au fin fond du Berry, proche de l’écluse de Neuilly-en-Dun avec leur fils Romain âgé de dix ans.

Un nouveau voisin débarque à quelques centaines de mètres de chez eux. Son prénom est Vladimir et son nom est le même que le leur, Martin. Si la coïncidence peut s’avérer amusante au début, celui-ci s’avère vite énigmatique, toujours aimable, légèrement distant, mais surtout extrêmement riche. Vladimir n’arrête pas de leur faire des cadeaux, entame la rénovation complète de sa maison en faisant appel aux artisans du coin, et commande les derniers équipements nec plus ultra pour améliorer son confort.

Mais certains petits détails vont transformer la vision qu’ont Jonathan et Mina de Vladimir. Il s’achète le dernier modèle de chez Volvo, de couleur rouge, le même que Jonathan et Mina, mais en véhicule neuf. Puis il fait repeindre les murs de la même couleur qu’eux, aménage sa cuisine exactement de la même façon. Quand Vladimir commence à offrir des cadeaux à Romain et qu’il devient de plus en plus intrusif, le couple commence à chanceler sur ses fondations.

Formidable ! D’une situation d’une simplicité extrême, Olivier Bordaçarre construit un petit joyau de roman noir, en distillant de petits détails par ci par là, mais sans en dire trop de façon à faire monter la pression. Sa façon de ne pas donner trop de détails laisse la place à l’imagination du lecteur, ce qui fait que l’on est pris dans la tenaille dès les premières pages sans pouvoir en sortir. On a vraiment l’impression qu’Olivier Bordaçarre tient notre cou entre ses mains, en serrant petit à petit, tout en relâchant la pression avant de resserrer vicieusement et sans prévenir dans la scène suivante.

Et quand je parle de pression, je dois dire que la sensation qui prédomine au fur et à mesure de la lecture est aussi et surtout le malaise. Car quoi de plus normal que d’avoir un nouveau voisin, charmant qui plus est ? Quoi de plus normal que de l’accueillir quand l’alimentation en eau de sa maison est coupée pour trois jours ? Certes, mais quand il se lève la nuit, fouille la maison, quoi de plus inquiétant ? Et puis, quand Vladimir sort de sa maison pour aller en ville, il s’avère un personnage autoritaire, étrange et sans pitié.

En disséquant le couple, Olivier Bordaçarre montre combien le contexte peut jouer sur notre vie quotidienne, tout en balançant le véritable sujet de son livre : Jonathan et Mina sont deux personnes ayant choisi de vivre loin du monde de l’ultra-consommation. Mais combien de temps peut-on résister à la facilité de l’argent, au confort de l’argent, même quand tout ce à quoi l’on croit semblait former des fondations à l épreuve de tous les obstacles. Olivier Bordaçarre nous offre une formidable démonstration de la fragilité du couple, de l’illusion des rêves, de la naïveté des principes de vie.

Je ne peux vous dire qu’une chose : en 275 pages, vous allez vous sentir mal, reconnaissant des situations que vous pourriez rencontrer, parce que vous allez forcément vous identifier à ce couple comme les autres. Et puis, vous ferez comme moi, vous relirez deux, trois, quatre fois ce passage des pages 263 à 265 car le sujet est bien là : la surconsommation n’est qu’une futilité qui ne fait avancer personne. Ce roman est une démonstration à la fois subtile et dure d’un sujet social important dans le fond, avec une forme d’huis-clos formidable. Un des romans incontournables de ce début d’année 2014, selon moi.

Ne ratez pas l'avis entre autres de l'ami Claude ici.

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Published by Pierre Faverolle - dans 2014
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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 19:08

Voici, comme d'habitude, de nouvelles idées de polars :

L’information du mardi : idées de polars …

Fils de Sam de Michael Mention (Ring)

Il a ensanglanté les rues de New York et traumatisé des millions d'Américains. Pour la première fois en France, l'histoire vraie du « fils de Sam ».

Été 1977. L’Amérique croit avoir tout subi : assassinat de JFK, émeutes, fiasco au Vietnam, crise économique. Meurtri dans sa chair et saigné dans ses ambitions, le pays est à genoux. New York aussi, soumise à une canicule sans précédent, au blackout et à son bourreau.

Un tueur mystérieux qui rôde la nuit et décime la jeunesse avec son revolver. Un prédateur unique dans la sphère des tueurs en série, défiant les autorités, les médias et le pays tout entier. Cette affaire criminelle a fait l’objet d’un film, Summer of Sam, réalisé par Spike Lee avec Adrien Brody, mais tout n’a pas été exploré...

Pour la première fois en France, un auteur retrace cette stupéfiante enquête, méconnue en Europe, à travers de nouveaux axes d’investigations. Entre document et thriller, Fils de Sam vous fait revivre la croisade du « Tueur au calibre .44 » à la faveur de nombreux documents et photos qui en font bien plus qu’un livre : un ouvrage qui se lit comme un film, en immersion dans la tête de l’un des tueurs les plus complexes. Une plongée au cœur des États-Unis du rock au disco, du L.S.D. à la C.I.A., d’Hollywood au satanisme… portrait d’une nation à travers l’un de ses exclus, devenu icône des serial killers.

Né en 1979, Michaël Mention est romancier et scénariste. Grand Prix du roman noir français au Festival International du Film Policier de Beaune en 2013 pour Sale temps pour le pays (Rivages/noir), il s’impose aujourd’hui comme l’un des nouveaux prodiges du thriller.

L’information du mardi : idées de polars …

La Fable des cloportes de Patrice Dauthie et Maryse Cherruel (Riffle Noir)

Prenez une fliquette épanouie, flanquez-la d’un lieutenant stagiaire introverti et hypocondriaque dont la maman artiste-peintre trouve l’inspiration dans des herbes opiacées ; immergez-les dans une fondation se consacrant aux sans-abri où des vieilles dames décèdent dans des conditions suspectes ; agrémentez l’affaire avec un ex-éditeur d’ouvrages libertaires devenu SDF et philosophe ; plongez le tout dans le décor dantesque des Grands Moulins de Paris à Marquette-lez-Lille ; saupoudrez largement d’humour noir. Enfin, servez chaud avec une sauce de mots détonants en substituant des space-cakes aux blinis, pour faire plus joli. Enfin, buvez une bonne pinte de raki pour faciliter la digestion.

L’information du mardi : idées de polars …

Family killer de Francis Huster (Le passeur éditeur)

En librairie le 23 janvier 2014

Quatrième de couverture :

2011, une affaire sulfureuse, la « tuerie de Nantes ». Un accusé, Xavier Dupont de Ligonnès. 2012, une affaire identique. Un assassin présumé, père de famille. Des victimes, sa femme et ses enfants. Une arme, une carabine 22 Long Rifle. Un coupable, toujours introuvable aujourd’hui.

Francis Huster, dans un roman noir brut, acéré et trash, nous entraîne dans les méandres d’une véritable tragédie d’aujourd’hui. Obsédés par le crime multiple dont ils ont eu connaissance, deux flics défient leur hiérarchie et reprennent l’enquête. Qui était vraiment le mari ? Comment un père peut-il tuer ses enfants et disparaître ? Où se cache-t-il maintenant ? Sa femme était-elle aussi innocente que ça ? Avait-elle un amant ? Cachait-elle d’indicibles secrets ?

Ils se débattent avec des témoignages véreux, un système judicaire autiste, des médias irresponsables et leurs vies personnelles à la dérive. D’interrogatoires musclés en révélations inattendues, en passant par des règlements de compte sordides, une autre version émerge peu à peu. Un roman habité, un polar gouailleur et haletant.

L'auteur

Francis Huster est un monstre sacré du théâtre depuis plus de quarante ans. Également réalisateur, scénariste et metteur en scène, il apparaît régulièrement sur les planches, au cinéma et à la télévision. Il est l’auteur, entre autres, de Albert Camus, un combat pour la gloire (Le Passeur, 2013).

Et surtout n'oubliez pas le principal : lisez !

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 18:51
Terminus Belz de Emmanuel Grand (Liana Levi)

Premier roman d’Emmanuel Grand, Terminus Belz nous propose de faire un tour sur une île bretonne, dans le monde difficile et apre des pêcheurs, sous fond de polar. Outre que c’est un roman remarquablement écrit, plusieurs des thèmes abordés font de ce roman une curiosité à coté de laquelle il serait dommage de passer.

Ils sont quatre Ukrainiens, trois hommes et une femme. Si Marko Voronine est le personnage central de ce roman, ses trois compagnons d’infortune que sont Anatoli Litovchenko, Vasili Buryak et Iryna Belanov vont assouvir leur rêve, passer en France de façon illégale. Ils s’adressent à des Roumains dont l’une des activités est l’immigration clandestine. En plein voyage, Iryna se fait violer par les passeurs et les Ukrainiens arrivent à tuer leurs agresseurs sur une aire d’autoroute. Ils récupèrent leur argent (25 000 euros) dans la boite à gants et décident de rejoindre la France en se séparant.

Marko décide d’aller le plus loin possible et se dirige donc vers la Bretagne, à Lorient puis sur l’île de Belz où il trouve dans un journal local un offre d’emploi de pêcheur. Après un coup de fil, il est embauché et atterrit dans le seul bar de l’île, où l’accueil est froid pour un étranger qui débarque dans un endroit miné par le chômage. Après une altercation avec les clients du bar, c’est Caradec qui le sort de cette mauvaise passe, ce qui tombe bien puisque c’est lui qui l’a embauché.

Mais Marko va être tenaillé entre l’agressivité des gens du cru, la peur d’être pris en situation irrégulière par la police, la mafia roumaine en la personne de Dragos qui fait la chasse aux Ukrainiens, et sa sœur et sa mère avec qui il arrive à communiquer par mail et qui veulent aussi rejoindre la France. Quand un corps est retrouvé décapité, la situation déjà peu brillante devient pour Marko carrément inextricable.

La première chose que je retiendrai de ce roman, c’est son style, que je qualifierai de littéraire. C’est extrêmement bien écrit, sans être bavard, l’auteur trouvant toujours les bonnes expressions pour nous faire ressentir l’ambiance de cette ile, balayée par le vent, qui rend la vie de ses habitants aussi difficile. Emmanuel Grand en profite aussi pour rendre un hommage prononcé aux pêcheurs, dont le labeur est réellement synonyme de pénibilité, avec au bout du compte, l’obligation de vendre le résultat de leur pêche au supermarché du coin.

Si le roman ne veut pas ouvertement dénoncer cette situation, il se veut en tous cas, un excellent documentaire sur la vie quotidienne de ces gens-là. De même, le fait qu’un étranger débarque et trouve rapidement un travail dans un endroit miné par le chômage va déclencher des bagarres, des engueulades et des remarques qui sont bien l’image de ce que l’on peut entendre dans certains bars. Tout cela est extrêmement bien fait. Et comme c’est très bien écrit, c’est un roman très vivant, où tous les gens se connaissent et se parlent, savent tout sur tout.

Et l’intrigue me direz vous ? Si le début m’a vraiment emballé, parce qu’il m’a semblé très maitrisé, petit à petit l’intrigue passe au second plan. Le meurtre mystérieux va aussi déclencher chez les habitants le retour de leurs peurs ancestrales, et le monstre mystérieux que l’on appelle là-bas l’Ankou, et le roman oscille entre roman social, roman policier avec l’intervention d’un commissaire qui vient d’être muté de la région parisienne, et roman fantastique avec les légendes diaboliques qui assombrissent le moral des gens. Et j’ai eu l’impression que l’auteur oubliait un peu le stress constant que devait ressentir Marko.

Ceci dit, c’est un premier roman très bien écrit, de ceux que je classe dans les polars littéraires, qui prend le temps de regarder les gens, de leur parler, de montrer le quotidien de leur vie, car elle est si éloignée de tout ce que l’on peut imaginer. Tout au long de ces 360 pages, on ne s’ennuie pas, suivant le rythme lancinant et incessant des vagues venant s’abimer sur les falaises, et on passe un sacré moment en compagnie de ces pêcheurs. C’est un roman à découvrir, à savourer, pour le plaisir du beau verbe.

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 18:06
Mais je fais quoi du corps ? de Olivier Gay (Editions du Masque)

Olivier Gay a commencé à se faire un nom il y a deux ans, avec Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, son premier roman qui a remporté le prix de Beaune 2012. Son roman mettait en scène John Fitzgerald Dumont dit Fitz, jeune dealer aux prises avec des problèmes plus grands que ce qu’il était capable de gérer avec son attitude de jeune irresponsable. Mais le style, humoristique et ironique en faisait un très bon roman drôle à lire et à suivre.

L’année dernière, Olivier Gay remettait le couvert, avec Les mannequins ne sont pas des filles modèles. De la traque au serial killer de sa première aventure, Fitz se retrouvait plongé dans le monde peu reluisant et sans pitié des mannequins. Pour donner un coup de main à son ami Moussah, il résolvait une affaire de kidnapping à travers une enquête haute en rebondissements.

Dans cette troisième aventure, Fitz, affublé de Moussah et Deborah se retrouve au centre de l’intrigue. Il se réveille après une soirée arrosée dans le lit d’une jeune femme dont il n’a aucun souvenir (ni la soirée, ni la jeune femme). En plus, après les présentations d’usage, il découvre qu’il est en présence d’une avocate, Daniela. Ce n’est pas trop le genre de la maison, pour un dealer.

Dans l’art de se fourrer dans des ennuis incroyables, il cède enfin devant l’insistance de ses parents pour venir manger avec sa dulcinée. Sauf que, en guise de dulcinée, il décide d’y aller avec Deborah, qui fait merveille. Et voilà que, en plein repas, il reçoit un message d’un de ses clients, le député Georges Venard, pour un besoin express de soleil, c'est-à-dire de coke. Quand Fitz se pointe chez le député, personne ne répond. Le lendemain, c’est par les journaux qu’il apprend le suicide du député, et son ami hacker lui apprend sur son portable qu’un homme est entré par effraction chez lui, vraisemblablement pour le tuer. Les ennuis de Fitz ne font alors que commencer …

Que l’on se rassure, cette troisième aventure peut se lire sans avoir lu les autres. Par contre, ceux qui ont succombé aux deux précédentes enquêtes vont se jeter sur ce Mais je fais quoi du corps ? avec avidité. Et outre le fait qu’ils vont retrouver leurs personnages favoris, toujours aussi bien brossés et formidablement attachants, ils vont noter une certaine évolution dans le cycle Fitz, voire une évolution certaine.

Si Moussah est toujours prêt à se jeter dans la gueule du loup, par besoin d’action mais aussi avec une naïveté d’aveugle, faisant confiance à Fitz, on sent Deborah en attente d’un geste de Fitz pour qu’il lui déclare sa flamme. C’est aussi elle qui a des doutes quant à la maturité de Fitz, et elle est presque prête à le laisser tomber, tant il va loin dans cette aventure rocambolesque. Par contre, en ce qui concerne Fitz, on découvre un personnage, qui, si on le connaissait comme un jeune homme immature et inconscient, se montre foncièrement égoïste, ne pensant qu’à lui, quitte à mettre ses proches en danger (sauf ses parents). La sympathie que l’on pouvait éprouver envers lui se transforme petit à petit en doute, voire par moments en dégout. Il faut dire que c’est sa vie qui est en jeu, même si il ne comprend rien aux règles de ce jeu qui est trop grand et trop compliqué pour lui.

C’est donc un roman plus sombre, sans être noir, un roman d’aventures avec beaucoup de péripéties, où l’enquête avance grâce aux merveilles de la technologie qui permettent de vous pister, de savoir qui sont vos contacts, de savoir où vous habitez, sans que vous en soyez conscients. D’ailleurs, je suis bien content de ne pas voir de portable ! On sent aussi une grande évolution chez Olivier Gay dans la façon d’aborder ce roman : le style s’est affirmé, est plus direct même si cet épisode m’a paru moins drôle. L’intrigue est plus contruite, plus rigoureuse, et les questionnements de Fitz permettent d’alterner les moments de course poursuite avec les temps calmes.

Mais je fais quoi du corps ? s’annonce comme un roman plus mature, de la même façon qu’on sent que Fitz se dirige vers un comportement plus adulte. C’est un épisode qui, s’il n’est pas une conclusion d’un cycle, ou du moins je n’en ai pas l’impression, me fait me poser la question de ce qu’il va y avoir après … en tous cas, je serai fidèle au prochain roman, tant j’ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir.

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 18:41

Voici quelques idées de polar à propos desquels je vous conseille de jeter un oeil, voire les deux. Et n'oubliez pas le principal, lisez !

L’information du mardi : Des polars encore et toujours

Crime, murder et delitto de Vincent Boly (L’Harmattan)

Victoire, commissaire-adjoint au Quai des Orfèvres, est chargée d’une enquête sur la disparition d’un éminent chercheur en informatique. Elle est appelée d’urgence par son chef de service, une voiture accidentée vient d’être retrouvée en plein cœur de Paris, un cadavre git sur le siège arrière. Michael Fax n’a jamais quitté Londres, sa réputation de policier perspicace et punchy n’est plus à faire au sein de Scotland Yard. Il est sur le point de clore une enquête sur le meurtre d’un Professeur d’Université, quand il est contraint de s’exiler outre-manche. Lorenzo piétine depuis des mois sur une affaire de meurtre d’un jeune garçon dans le quartier Trastevere de Rome, son moral est au plus bas, sa séduisante épouse décide donc d’organiser des vacances loin de la capitale italienne. Par hasard, mais le hasard existe-t-il, ils vont se rencontrer. Et les évènements vont alors se succéder.

Le roman est avant tout un ouvrage de littérature policière, mais il aborde la question de la valeur des résultats des chercheurs et de la lutte pour l'exclusivité dans l'exploitation des nouvelles technologies. Le fond du roman traite (de manière romancée) de la problématique du dépôt de brevet, et de l'avenir de ce mode de protection dans le futur (influence des réseaux internet entre autres). Plus précisément les questions posées sont: peut encore avoir le monopole d'exploitation d'une connaissance avec un réseau ouvert tel qu'internet, peut-on "cacher/protéger" des savoirs malgré les réseaux sociaux, la connaissance est-elle ou non universelle dans le domaine technologique, quel mode de protection et de reconnaissance de l’antériorité est le plus adapté...?

L’information du mardi : Des polars encore et toujours

Amérithrax de John N. Turner (Editions de l’Aube)

Alors que le World Trade Center n’en finit pas de -tomber en fine poussière sur Manhattan, un retoucheur photographique d’un tabloïd de Floride -succombe, foudroyé par un mal rapidement identifié, l’anthrax. Dans la foulée, quatre autres victimes en Virginie, à New York et en Nouvelle-Angleterre. Des lettres truffées de poussière mortelle circulent à travers les États-Unis ; l’angoisse paralyse l’Amérique, passe par Bagdad, contamine l’Europe. Pour Darrin Speman, agent du FBI, débute une enquête particulièrement difficile. Celle-ci se perd vite dans l’hystérie collective et la désignation d’un coupable trop évident, avant de s’échouer dans les méandres d’une analyse scientifique indéchiffrable… Inspiré de faits réels, ce roman narre l’une des plus vastes et complexes investigations de l’histoire moderne du FBI. Palpitant.

John N. Turner est bactériologiste, spécialiste notamment de l’anthrax ou « maladie du charbon ». Il signe ici un brillant premier roman.

L’information du mardi : Des polars encore et toujours

Corps à l'écart de Elisabetta Bucciarelli (Asphalte)

Dans une gigantesque décharge, en Italie, un groupe d'adultes et d'adolescents survivent en triant des déchets qu'ils recyclent, réparent et vendent. Il y a Iac, en rupture avec sa famille, Lira Funesta qui parle trop, Saddam le Turc qui lance l'appel à la prière du sommet d'un monticule de déchets, et Argos, le géant zimbabwéen. Il y a aussi le Vieux, toujours endormi sous sa couverture. Autour d'eux gravitent Silvia, fille d'un grand chirurgien esthétique, et Lorenzo, le pompier qui veut le bien de tous. La survie de la petite communauté va être mise en péril par la découverte de déchets toxiques, qui n'auraient jamais dû se trouver là...

Véritable microcosme, la décharge, lieu de vie, de transit et de trafics, est un personnage à part entière de Corps à l'écart.

Elisabetta Bucciarelli écrit pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Elle a également de nombreux romans noirs à son actif, primés en Italie et traduits en espagnol et en allemand. Elle vit à Milan où elle donne des cours d'écriture.

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 19:00
Rouge est le sang de Sam Millar (Points)

Attention, Coup de cœur !

« Paul Goodman se sentait comme un condamné, tandis qu’il s’avançait vers l’abattoir à travers l’herbe détrempée. Un rosaire de nœuds s’accrochait à son estomac et le serrait un peu plus à chaque pas. La pluie et un froid vicieux lui pinçaient la peau. Un frisson involontaire lui parcourut l’échine et les boyaux à l’idée que, dans moins d’une minute, il serait à l’intérieur du bâtiment, à l’intérieur de l’énorme ventre de la bête. »

Paul Goodman est au chômage depuis un an. Le seul espoir qu’il lui reste est d’être embauché à l’abattoir. Quand il va passer les portes de ce gigantesque et inquiétant bâtiment, il ne sait pas qu’il va mettre les pieds dans son plus atroce cauchemar … et le lecteur avec lui.

Car Rouge est le sang (ou Redemption Factory édité en 2010 aux éditions Fayard) est avant tout une histoire de personnages, tous plus horribles et horrifiques les uns que les autres :

Il y a Shank le propriétaire de l’abattoir, le maitre des lieux, qui attire et emmène derrière lui toute une troupe de monstres, tout droit sortis de l’imagination délirante de l’auteur, un homme étrange, violent, sans état d’âme. Il a engendré deux filles, Violet, une psychopathe aussi belle qu’elle est dangereuse, et Geordie, une infirme affublée de prothèses pour ses jambes qui est aussi horrible de l’extérieur qu’elle est pure à l’intérieur.

Il y a Taps, l’homme de main de Shank, un pur tueur à gages, un homme de main à la fidélité à toute épreuve, un boucher qui aime la viande bien découpée, qu’elle provienne d’un animal ou d’un être humain.

Même Philip Kennedy, qui tient une boutique d’objets anciens et qui est le seul à ressembler à un être humain normal, est affublé d’une femme monstrueuse, sorte de bibendum couché sur son lit, recluse dans sa chambre en haut des escaliers poussiéreux, avec un esprit cynique et méchamment mortel.

Paul Goodman (Homme bon) est comme un extraterrestre dans ce monde d’horreurs, le seul à paraitre normal, à se faire un ami comme Lucky Short, un jeune homme malchanceux, qui porte son nom comme on porte son fardeau, car il ne sert à rien d’avoir de la chance pour se sortir d’un monde d’horreurs. Son seul rêve est de devenir un champion de snooker, son pire cauchemar est de proter le poids de son passé et de sa destinée.

La plume de Sam Millar est magnifique dans son épouvantable réalité, montrant des lieux aussi inquiétants qu’effrayants, nous plongeant dans une atmosphère lourde et poisseuse, nous faisant renifler des odeurs à base de fer et de sang, nous jetant à la figure des tableaux rouge sang dans des scènes hallucinantes et hallucinées.

Le choix des adjectifs sont effroyablement évocateurs, aussi bien avec les images que les odeurs ou les sons. Pour preuve ce nouvel extrait pioché au milieu du roman : « L’odeur lourde des bouses se mêlait à celle, enivrante, du foin et du grain moisi, et flottait dans l’air, presque visible, ponctuée par la puanteur âcre du sang frais ». Et on ne peut que rendre hommage à Patrick Raynal pour avoir rendu cette œuvre si monstrueusement belle.

Ce roman n’est pas seulement un roman fantastique (dans tous les sens du terme), surfant entre le roman noir, le roman d’horreur ou le fantastique. Il ressemble à un cauchemar que Sam Millar a longtemps porté en lui, une sorte de vision qu’il a de son pays, après une absence longue. Il pose la question de la rédemption, celle que Paul Goodman recherche après la disparition inexpliquée de son père, celle de Geordie envers son père, celle de Kennedy envers sa propre vie, celle que Sam Millar voudrait donner à son pays, celle que l’on ne veut pas lui accorder.

D’un roman très personnel, et pour autant très positif, car Sam Millar trouve dans chaque monstre peuplant ses scènes, des raisons d’y croire, de trouver la beauté, la pureté, il en a fait un tableau fait de plusieurs scènes marquantes, et a construit une œuvre au-delà de tout genre, au-delà de toute classification, unique, incroyable, d’une lecture presque biblique. Tous les ingrédients pour faire de ce roman un coup de cœur, un formidable coup de cœur.

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 18:15
Chronique virtuelle : On ne joue plus depuis longtemps de Karine Gehin (Storylab)

Décidément, Storylab fait un travail de qualité, en dénichant des auteurs qui savent nous fournir un divertissement de qualité, en format numérique. Ce roman encore une fois est une vraie réussite.

Quatrième de couverture :

Dans une rue cossue de la banlieue parisienne, un riche industriel est retrouvé mort devant son bureau, une balle en pleine tête. En charge de l'enquête, la dingue et le breton – comprenez Valentine Dulac, physique de mannequin et gouaille de camionneur, et Yann Kervalec, gueule de catcheur et cœur de midinette. Le duo découvre que, la veille, une jeune femme à la beauté troublante a rendu visite à la victime. Impossible, pourtant, de mettre la main sur elle… L'enquête les conduira au cœur d'une affaire sordide.

L’auteur :

Si elle était née dans le sud de la France, elle aurait passé tout son temps libre au bord de la plage, aurait entretenu son magnifique bronzage et n’aurait peut-être jamais commencé à écrire. Mais elle est née en Lorraine. Et en Lorraine, trois cents jours par an, ça caille.

C’est donc bien au chaud chez elle qu’armée de sa seule imagination, elle a commencé petite fille à écrire des poèmes sur son papier à lettres violet puis, adulte, des histoires dramatiques, drôles, érotiques sur son ordinateur, violet aussi.

Elle écrit à l’instinct, dans différents styles, car elle aime la diversité. Vous la lirez ici dans un style, ailleurs dans un autre. Et ça, ça lui plait !

Mon avis :

Si vous cherchez un roman policier à lire en une heure environ sur votre liseuse, ne cherchez plus. Vous allez trouver dans ce roman un couple de policier bien campé, entre Valentine qui n’a pas la langue dans sa poche et qui va nous narrer cette enquête avec une gouaille bienvenue, et Yann son équipier homosexuel de son état et qui réfléchit la tête sur son bureau comme s’il dormait.

Vous n’y trouverez pas de descriptions à n’en plus finir, juste quelques lignes pour présenter le contexte, le décor ou même la psychologie des personnages. En termes d’efficacité, c’est redoutablement bien fait. En plus, la franchise de Valentine fait que l’on sourit souvent et que, quand on a finit la dernière ligne, on apprend qu’il y aura une suite. Et la première chose que je me suis dite, c’est : chouette !

Vous trouverez tous les détails pour vous procurer ce roman ici : http://www.storylab.fr/Collections/One-Shot/On-ne-joue-plus-depuis-longtemps

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 18:37
L’ile des hommes déchus de Guillaume Audru (Editions du Caïman)

Il semblerait que les mois de janvier soient, en ce qui me concerne, le mois des découvertes, des premiers romans emballants. L’année dernière, j’avais été emporté par C’est dans la boite de Fréderic Ernotte, cette année, c’est le roman de Guillaume Audru qui m’a énormément plu.

Eddie Grist revient sur son île natale, l’île de Stroma, située au nord de l’écosse, après en être parti pendant treize années. Ancien flic d’Inverness, il a répondu à la proposition de son père, maire du village, pour reprendre la boutique de souvenirs. Au milieu des gouttes de pluie et de la grisaille, il reprend connaissance avec ses anciens amis et ses connaissances, dont les habitués du pub local, le Puff Inn.

Un soir, alors qu’il rentre d’une visite chez Samuel, des ouvriers découvrent sur un chantier des os de squelette. Tout le microcosme de l’île est rapidement au courant, et Eddie, de par son expérience, dirige les premières investigations, et appelle le médecin de l’île. Puis, il confie l’enquête à la police de Wick. C’est l’inspecteur Moira Holm qui va être chargée de résoudre le mystère, l’ancien amour de jeunesse d’Eddie. Finalement, les gens qu’il croyait connaitre ont beaucoup de lourds secrets à cacher.

Pour un premier roman, c’est une sacrée réussite, un polar comme je les aime, avec des personnages forts, une ambiance très bien rendue et un suspense qui tient jusqu’à la fin. En fait, la première chose qui m’est venue à l’esprit est le style très brut, très efficace aussi, comme peuvent l’être les gens du Nord. On a vraiment l’impression de les côtoyer, d’entendre leur accent si particulier et guttural. On les imagine fort bien, tous des hommes forts, taillés dans la masse, se déplaçant comme des armoires.

Et puis il y a les femmes, avec deux générations, celles qui ont la cinquantaine, légèrement effacées, s’occupant de leur foyer et de leurs enfants, et les femmes modernes, tenant tête aux plus durs des mâles. Et puis, il y ces dialogues formidables de bout en bout, disant juste ce qu’il faut pour faire avancer l’intrigue. Fichtre ! Un premier roman, ça ? Non, mais vous voulez rire !

On sent bien que l’auteur a voulu ce livre exactement dans la forme qu’il nous arrive, qu’il a mis sa passion pour les gens du bord de mer du Nord, ceux qui sont habitués à affronter les vents violents, qui subissent de la bruine et vivent sous un ciel gris. Il a voulu ces événements tragiques, dégoutants qui nous montrent que l’homme n’a pas évolué et qu’il est finalement resté un animal.

Et puis, il y a la forme du roman. J’insiste mais pour un premier roman, Guillaume Audru l’a voulu choral, faisant parler à la première personne six personnages qui se donnent le la pour faire avancer l’enquête. Si ce n’est pas nouveau, quand c’est bien fait, cela donne un roman extraordinaire, et il l’est. Il faut être sacrément gonflé pour oser cela dans un premier roman, et je vous le dis : Guillaume Audru a des couilles … énormes.

Quand on tourne la dernière page, on a le sentiment d’avoir lu un roman fort, poignant, avec de formidables personnages avec suffisamment de zones d’ombres pour envisager une suite. Ou pas. En fait, on a surtout l’impression que Guillaume Audru a parfaitement capté l’esprit écossais, grand breton du nord, qu’il nous a concocté un roman écrit comme seuls savent le faire les Irlandais et qu’après ça, il est capable de tout faire. Impressionnant !

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 18:15
L’information du mardi : Polar SNCF sélection hiver 2014

Le prix du polar SNCF récompense des polars de très bonne qualité, et c’est aussi l’opportunité de découvrir des titres qui n’ont pas forcément la chance de faire les gros titres, et de découvrir de nouveaux auteurs. Pour voter, il suffit de s’inscrire sur le site (c’est gratuit), de lire les titres proposés et de choisir son roman préféré.

Ainsi, le vainqueur de la sélection automne 2013 est Né sous les coups de Martyn Waites (Rivages) et se retrouve en finale aux cotés de Sandrine Colette pour Des nœuds d’acier (Denoel – Sueurs Froides). Vous avez jusqu’au 17 février minuit pour voter pour l’un des cinq romans de la sélection hiver :

L’information du mardi : Polar SNCF sélection hiver 2014

Thèse sur un homicide de Diego Paszkowski (La dernière goutte)

Un brillant étudiant français, Paul Besançon, est admis à suivre le séminaire de droit pénal de la faculté de Buenos Aires, que dirige l’éminent professeur Roberto Bermúdez. Tandis qu’en France, la famille du jeune homme découvre qu’il a volontairement laissé d’étranges indices derrière lui, Roberto Bermúdez remarque bien vite que son étudiant méthodique et obsessionnel n’est pas qu’un bon élève.

Paul Besançon emploie manifestement toute son intelligence à défier son professeur, jusqu’à élaborer une thèse singulière qu’il compte bien valider dans le sang.

Né en 1966 à Buenos Aires, Diego Paszkowski est romancier et nouvelliste. Il dirige des ateliers d’écriture et enseigne à l’université. Thèse sur un homicide s’est vu décerner le prix du meilleur roman de l’année par le grand quotidien argentin La Nación. Best-seller en Argentine, traduit dans plusieurs langues, le livre a été adapté au cinéma avec un succès retentissant.

L’information du mardi : Polar SNCF sélection hiver 2014

Dans la rue j'entends les sirènes de Adrian McKinty (Stock – La cosmopolite)

Sean Duffy sait que le crime parfait n’existe pas. Abandonner un torse dans une valise s’en approche de beaucoup. Mais il suffit souvent d’un indice infime pour faire basculer une enquête… Un tatouage. Sean Duffy, remis de l’attentat qu’il a essuyé dans sa dernière affaire, n’a plus qu’à suivre le fil rouge, la trace de sang - si ténue soit-elle -, qui lie toujours un corps à son meurtrier. La ténacité et l’obstination légendaires de Duffy se muent ici en obsession pour cette énigme qui le détourne des ruines de sa vie amoureuse, et le met à rude épreuve.

Des rues sous haute-tension de Belfast à la lande irlandaise, Duffy ne laisse aucune piste au hasard et ne se départit jamais de son sens de l’humour, même dans les moments de plus grand doute…

Adrian McKinty est né et à grandi à Carrickfergus, Irlande du Nord. Après avoir étudié la philosophie à l’université d’Oxford, il a émigré à New York puis à Denver dans le Colorado. Il a écrit une douzaine de romans, dont la trilogie Michael Forsythes (publiée en France à la Série Noire). Il vit aujourd’hui près de Melbourne en Australie.

L’information du mardi : Polar SNCF sélection hiver 2014

Le dernier arbre de Tim Gautreaux (Seuil)

Randolph, fils d’un riche négociant en bois de Pittsburgh est expédié par son père en Louisiane pour y récupérer son aîné Byron, qui fait office de constable dans une exploitation forestière perdue au milieu des marais. Les ouvriers sont rongés par les fièvres et l’alcool, et Byron, moralement dévasté par son expérience de la Première Guerre en Europe. Un misérable saloon tenu par des Siciliens (la Mafia étend son bras tout-puissant jusqu’aux bayous) catalyse la violence et le manque d’espoir de ces hommes coupés du monde. Tandis que Byron règle les problèmes à coups de feu et de poing, Randolph, lui, croit encore aux vertus du dialogue et de la diplomatie pour maintenir l'ordre dans la "colonie".

Plus approche le moment où le dernier arbre sera coupé, et les ouvriers renvoyés chez eux aussi pauvres qu'ils étaient arrivés, plus l'on doute de voir Randolph ramener son frère à la civilisation — et à la raison.

Né en 1947 à Morgan City, Louisiane, Tim Gautreaux est le fils d’un capitaine de remorqueur. Il a obtenu un diplôme de littérature à la Nicholls State University de Thibodeaux, puis enseigné à la Southeastern Louisiana University. Il a commencé à écrire de la fiction après avoir suivi les ateliers d’écriture de Walker Percy. Il est l'auteur de deux autres romans (dont The Missing, à paraître au Seuil en 2014) et de nouvelles publiées par The Atlantic Monthly, GQ, Harper's Magazine et The New Yorker. Professeur émérite d’anglais à la Southeastern Louisiana University, ii vit à Hammond.

L’information du mardi : Polar SNCF sélection hiver 2014

Les impliqués de Zygmunt Miloszewski (Mirobole)

Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances.

Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ?

Zygmunt Miłoszewski, né à Varsovie en 1975, est une étoile montante de la fiction polonaise. écrivain, journaliste et scénariste, il fait ses débuts en 2005 avec un roman d’horreur remarqué, Interphone. Les Impliqués (2007) a été adapté au cinéma en Pologne et a remporté le Prix du Gros Calibre récompensant le meilleur polar de l’année. Ses romans ont été traduits dans 9 pays. Mirobole éditions publiera en 2015 le deuxième volet des enquêtes de Teodore Szacki, Un fond de vérité.

L’information du mardi : Polar SNCF sélection hiver 2014

Yeruldegger de Ian Manook (Albin Michel)

Dans un pays à l’histoire et aux paysages sauvages, une guerre sale d’argent et de pouvoir s’est déclarée autour d’une des richesses minières les plus rares et les plus convoitées de la planète.

Pour lutter contre les puissances qui veulent s’accaparer son pays, et pour résoudre le mystère qui entoure le meurtre d’une fillette, l’inspecteur Yeruldelgger va puiser ses forces dans les traditions héritées des guerriers de Gengis Khan, dans les techniques modernes d’investigation, et dans la force de ses poings. Parce qu’un homme qui a tout perdu ne peut rien perdre de plus. Il ne peut que tout reconquérir, sans pitié ni pardon.

Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.

Ian Manook a sûrement été le seul beatnick à traverser d'Est en Ouest tous les États-Unis en trois jours pour assister au festival de Woodstock et s'apercevoir en arrivant en Californie qu'il s'ouvrait le même jour sur la côte Est, à quelques kilomètres à peine de son point de départ. C'est dire s'il a la tête ailleurs. Et l'esprit voyageur !

Journaliste, éditeur, publicitaire et désormais romancier, Yeruldelgger est son premier roman, et le premier opus d'une série autour du personnage éponyme qui nous conduit des steppes oubliées de Mongolie aux bas-fonds inquiétants d'Oulan-Bator.

Il vit à Paris.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 18:41
Voilà l’aurore de Damien Ruzé (Rouge Sang éditions)

J’avais énormément aimé son premier roman Fin d’Amérique pour son écriture et la maitrise de son intrigue. Changement de registre et de ton avec ce roman, portrait d’un voleur de voiture, trajectoire et chute d’un raté.

4ème de couverture :

Après dix-huit mois derrière les barreaux, Stan retrouve simultanément la liberté et la capacité de lâcher la bride à son ambition démesurée. Objectif : prendre du galon, tracer son chemin dans le cercle très fermé des truands patentés, grimper dans la hiérarchie de l’illégalité. Seulement gaffe, hors de question de retomber. Fini l’amateurisme et les comparses branquignollés. Terminé. Durant son séjour au frais, Stan a accouché d’une pure idée, lumineuse, imparable, un truc à breveter. Il va l’appliquer. Seul contre tous. Déterminé. Et tandis qu’au plus profond des bois de la Sologne se déploient les joutes de la folie et de la cruauté, le destin – cet insatiable joueur de dés – va exaucer le fraîchement relaxé, plaçant sur son chemin un cartel d’individus à l’abyssale dangerosité.

Mon avis :

Stan est un jeune qui vient de faire dix huit mois de prison. Il ne veut plus y retourner, mais pour cela, il lui faut réaliser LE gros coup. Voleur de voiture, il a un truc infaillible. Cibler la boite ou le restaurant de luxe qui a un parking plein ou pas de parking. Le voiturier est alors obligé de garer la voiture dans la rue, à trois ou quatre minutes de là. C’est amplement suffisant pour prendre sa place et s’approprier une voiture comme il en a toujours rêvé ! Ce jour là, c’est une BMW qu’il emprunte. Même le bébé sur le siège arrière ne le désarçonne pas, il le laisse à l’abribus suivant. Son fourgue va alors le mettre sur le coup dont il rêvait.

Ecrit à la troisième personne du singulier, avec des bouts de phrases, ce roman dopé à l’adrénaline … voire plus, nous fait galoper de Paris à la Sologne pour suivre le parcours d’un jeune délinquant dont la destinée est déjà écrite. On n’a pas le temps de respirer, on suit ces morceaux de mots au rythme de sa course effrénée vers son rêve, qui pourrait bien devenir un cauchemar.

A peine a-t-on le temps de respirer quand apparait au milieu du livre le commissaire Bohr, obsédé de films pornographiques en tous genres, ou Sawn, le boss qui va leur dégotter une bagnole à quatre cent mille euros à sortir d’un garage protégé par une combinaison, le lecteur cout, de rues en rues, à en perdre haleine.

Et même si parfois Damien Ruzé prend de l’avance, pas beaucoup, juste quelques dizaines de mètres, avec son style haché dans des paragraphes un peu trop long, il nous rattrape, nous prend par le col de la veste pour nous pousser à poursuivre l’aventure. Vous avez intérêt à avoir du souffle avant d’entamer cette course poursuite après nulle part, ce bon roman sait où il vous emmène et ça va vite !

Vous pouvez trouver tous les renseignements concernant le livre et son achat sur le site des éditions Rouge-sang : http://www.rouge-sang-editions.com/livres/voila-laurore/

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