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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 18:30

un nomme peter karrasLe voici, le roman culte de George P. Pelecanos, annoncé comme le meilleur de son auteur selon les fans absolus de cet auteur américain dont on n’entend pas assez parler. George P. Pelecanos écrit Washington, il écrit les Grecs immigrés, il écrit l’évolution de la société américaine. Un nommé Peter Karras parle des années 40.

Dans les années 30, Peter Karras traîne avec sa bande de copains dont Billy Nicodemus, Perry Angelos, Joe Recevo, Jimmy Boyle et Su. Ces jeunes gens passent leur temps à jouer dans la rue au baseball, à parler de combats de boxe, et à se bagarrer contre des bandes de noirs. Leur vie va changer avec l’arrivée de la deuxième guerre mondiale. Peter Karras y apprendra à tuer des hommes et Billy n’en reviendra pas.

En 1946, Peter le Grec et Joe le Rital vont travailler pour Burke, un mafieux local, en allant récupérer l’argent issu de l’usure et du racket des commerçants. L’une de ces descentes va mal se passer et Peter va se ranger pour devenir cuisinier chez Nick Stephanos. Joe est devenu le bras droit de Burke, Jimmy un flic, et l’entrée dans leur petit monde de Mike Florek, à la recherche de sa sœur prostituée va les amener à se retrouver.

Que puis-je dire qui puisse vous convaincre de lire ce livre ? Les fans le connaissent, ceux qui ne connaissent pas George Pelecanos croiront que ce n’est qu’un polar américain de plus. Erreur, fatale erreur ! En lisant de roman, j’ai compris pourquoi Pelecanos est fort et pouquoi il a autant de fans, j’ai compris aussi ce qui différencie un polar d’un grand livre, j’ai compris enfin que Pelecanos écrit son histoire de  Washington au même titre que Ellroy écrit son histoire de Los Angeles.

Pour ce roman, d’une subtilité rare, on y suit la trajectoire d’un homme qui, à la base, est un gentil, qui croit dans certaines valeurs qui semblent être dépassées, telles que la famille, l’amitié ou la loyauté. La guerre va le changer irrémédiablement, il va passer un peu de temps de l’autre coté de la ligne jaune avant d’essayer de toucher le rêve américain du doigt. Il est Grec, et bien que cette ville soit mondialement connue et reconnue, elle est très éloignée de l’image de la Maison Blanche que l’on connaît tous. Elle est une somme de petites ethnies, de ce que l’on appelle aujourd’hui les ghettos, qui vivent ensemble mais qui gardent leurs règles, leurs racines, leurs amis de sang.

Autour de lui, gravitent une dizaine de personnages, tous aussi bien dessinés les uns que les autres. Si l’affaire du tueur de prostituées sert plus ou moins de fil conducteur à cette histoire, c’est bien la vie d’un quartier, des communautés, qui est la vraie histoire de ce roman. N’y cherchez pas une enquête policière, ni un thriller haletant, mais plutôt un roman noir où chacun mène sa barque comme il peut sur le fleuve turbulent de la vie.

Les années 40, vues sous un autre angle que celui de la grande histoire, sont bien passionnantes sous la plume de Pelecanos. Après la guerre, de nombreux hommes sont revenus et la ville se retrouve envahie par une foule de gens qui, pour la plupart, sont sans travail. Naturellement, les clans vont se former, mais la cohabitation est encore possible tant qu’il n’y a pas de guerre de frontière. C’est l’époque où les gens se retrouvent dans les bars pour écouter la radio qui passe du jazz, ou regarder la télévision qui retransmet les matches de boxe, sport phare de cette époque.

La force de ce roman, c’est l’accumulation de petits détails qui construisent petit à petit le tableau dans son ensemble. Les personnages ne font pas l’objet de descriptions très détaillées, mais sont croqués par un geste ou juste quelques expressions dans des dialogues évidents. Les décors sont juste brossés par une ambiance et un simple poste de radio. La fluidité du roman est telle qu’il se lit d’une traite, tant je me suis senti imprégné de cette époque comme par magie. D’ailleurs, le travail du traducteur (Jean Esch) est remarquable de ce point de vue.

C’est un magnifique roman, accessible à tous, qui ravira tous les amateurs de romans bien écrits, ceux qui aiment suivre une tranche de vie d’une ville au destin inéluctable, ceux qui aiment suivre des personnages droits avec des principes, qui flirtent avec la ligne jaune, qui essaient de mener leur vie face aux difficultés de l’époque, à la montée de la violence et à l’inéluctabilité de la loi de la jungle : la défense de leur territoire. C’est un roman qu’il faut classer parmi les classiques, à ne pas rater, à lire, relire et savourer.

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Published by Pierre faverolle - dans 2011
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Ber 26/03/2014 09:46

C'est mon prochain livre à lire. En grand fan de Pelecanos, votre chronique m' a vraiment mis l'eau à la bouche!

Pierre FAVEROLLE 26/03/2014 20:25

De l'excellent ! Bonne lecture

Jean-Marc Laherrère 22/11/2011 15:08

Entièrement d'accord avec tout ce que tu écris. Ce roman est fondateur pour la suite, les personnages et les lieux mis en place ici se retrouvent dans toute l'œuvre à suivre, et on s'apercevra un
jour que pour savoir comment on vivait à Washington entre les années quarante et aujourd'hui il suffit de lire Pelecanos (comme on peut lire McBain pour savoir comment on a vécu à New York).

Pierre faverolle 22/11/2011 20:21



Salut Jean Marc, il ne me reste plus qu'à lire la trilogie suivante. Pour Mc Bain, je vais bientôt avoir tout le 87ème district grace au père Noel. Il m'en manque 2. Donc, je vais commencer ça
aussi !


A bientôt



Cathy 22/11/2011 09:15

Damned, je suis faite !

Pierre faverolle 22/11/2011 10:33



Eh oui



Cathy 21/11/2011 23:34

Et donc d'après ce que j'ai lu, on retrouve dans d'autres Pelecanos, Dimitri Karras et Nick stephanos ? Comment passer à coté de ça !

Pierre faverolle 22/11/2011 06:31



C'est cela ! Une trilogie a pour héros Dimitri, le fils de Peter



La petite souris 21/11/2011 23:20

j'en connais un autre qui sait vendre les livres qu'il a lu ! Très belle chronique mon ami ! oh je sais ce que tu vas me dire, que je ne perde pas de temps pour le lire !! mais le temps c'est bien
ce qui me manque le plus en ce moment. Mais promis je le lirai !! croix de bois.....

Pierre faverolle 22/11/2011 06:30



Salut Petite souris, certes mais c'est un roman formidable. Tu verras demain avec l'avis des lecteurs volontaires !



Claude Le Nocher 21/11/2011 20:04

Salut Pierre
Un roman prévu dans de futures lectures (tu sais, quand j'aurai le temps, un jour), mais différé pour cause de Camilleri & Lucarelli, et autres lectures bien réjouissantes.
Amitiés.

Pierre faverolle 21/11/2011 20:07



Salut Claude, j'ai lu ça ce matin. Il est déjà sur ma liste d'achat bien sur !


A bientôt



benoit 21/11/2011 16:54

En tout cas c'est bien noté et on ne va pas le rater, merci Pierre !

Pierre faverolle 21/11/2011 20:06



Salut Benoit, à ne pas rater, c'est un superbe roman ...


A bientôt



gridou 21/11/2011 09:24

"Pelecanos écrit son histoire de Washington au même titre que Ellroy écrit son histoire de Los Angeles." c'est tout à fait ça. J'ai vraiment manqué de mots pour parler de ce bouquin mais toi tu le
fais très bien...

Pierre faverolle 21/11/2011 20:06



Salut Gridou, C'est à peu près la seule phrase dont je suis fier. Le reste ne me plait pas, surtout au vu des messages que j'ai reçus ! tu verras mercredi ...


C'est de l'annonce, ça, hein ?


A bientôt



Cathy 20/11/2011 21:47

Un bijou ! le bar de Nick m'a beaucoup manqué.

Pierre faverolle 21/11/2011 06:31



ça m'a donné envie d'en relire un !



Lystig 20/11/2011 19:49

noté ! mais pas lu... pas pu participer donc à cette lecture commune...

Pierre faverolle 20/11/2011 20:35



C'est un magnifique roman et mon bilan des lecteurs finira par te convaincre. Suspense jusqu'à mercredi ...



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